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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

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Aujourd’hui était le jour de mon retour à Costa Del Sol. J’avais rejoint Schultz au quai que je lui avais indiqué et nous étions montés dans mon vaisseau. Nous parcourions l’espace depuis peut-être une bonne demie heure maintenant. Nous discutions de choses autres, surtout de son futur post. Je le rassurai en lui disant que le maire était un homme bon, qu’il avait toutes les qualités requises pour ce travail, mais je ne lui fis pas croire que l’affaire été jouée d’avance. Je lui fis comprendre qu’une entrevue avec le maire était prévue, et qu’il devrait y faire bonne impression. Nous n’étions pas à l’abri d’un refus.

Nous finîmes par atterrir et je fis signe au capitaine de me suivre. Nous descendîmes les marches, rejoignîmes la terre ferme et avançâmes jusqu’à une voiture qui nous attendait. Si le logement de fonction ne pouvait encore lui être attribué, j’avais pris les précautions nécessaires en lui réservant une chambre à l’Estrella. Nous nous quittâmes plutôt rapidement, avec pour seule instruction qu’il reste joignable.

Une fois de retour à l’extérieur, je pris mon gummiphone et demandai un rendez-vous avec le maire pour demain, ce qu’il accepta. J’étais quelque part soulagé que tout se déroule sans accrocs. Bien sûr, notre plan n’était pas sans failles, mais c’était bel et bien ce qui le rendait efficace. Un plan trop travaillé devient vite suspect. Si les choses sont trop parfaites, elles ne relèvent plus de la coïncidence.

Mes pas m’amenèrent à la location. Je pris quelques détours pour m’assurer de ne pas être suivi. Devant la porte, je la frappais de trois coups sans obtenir de réponse. Je réitérais ma demande sans plus de résultats avant de clencher la porte et d’entrer. Les tables avaient été déplacées en mon absence, et il y avait une odeur de tabac qui planait là, dans l’entrée. Elle se poursuivait jusqu’à la fenêtre du salon.

Rude ne fumait pas, Reno ne fumait plus. Qui d’autre avait bien pu venir ici ? Je grinçais des dents. Je continuais d’observer les lieux, utilisant le moindre petit détail pour obtenir mes réponses. Premièrement, l’odeur de tabac venait de cigarettes comme j’avais pu en voir quelques mégots écrasés au deux-tiers dans un cendrier posé près de la fenêtre. Deuxièmement, il n’y avait que quatre chaises autour de la table ce qui concordait avec cette idée de « soirée pizza » dont Reno avait eu l’intelligence de me parler.

Je finis par m’asseoir dans le canapé du salon, m’accordant le droit d’allumer un cigare. Je passais ma main sur le tissu de l’assise et vins ensuite la porter à mon nez. C’était toujours la même odeur, mais lointaine. Elle était comme effacée. Je remplis mes poumons d’une bouffée de tabac avant de la recracher et de poser mon cigare dans le cendrier posé là.

En mon absence, la location s’était transformée en… collocation d’adolescents. Je n’osais même pas imaginer la teneur de la soirée qui s’était déroulée ici. Les tables avaient été déplacées oui, mais pas seulement. Les canapés voyaient certains de leurs coussins tombés au sol, la vaisselle n’avait pas été faite, en témoignaient les différentes tasses empilées les unes sur les autres dans l’évier. Il n’y en avait même plus une seule de disponible.

Soupirant longuement, j’enlevais ma veste que je posais sur le porte manteau. Je défis les boutons de manchette de ma chemise et les remontai jusqu’au dessus de mes coudes avant de les remettre. Je jetai un dernier regard vers le haut des marches et ouvris l’eau. Je me saisis d’une éponge que je mouillais avant de déposer une goutte de produit nettoyant dessus. J’attrapais une tasse et commençais à frotter pour la nettoyer ; je m’arrêtais une fois fait.

Je pris la tasse propre et l’essuyais avant de me préparer un café. Je jetai un oeil à ma montre pour m’apercevoir qu’il était bientôt onze heures et demi. J’allais pour les réveiller en frappant dans mes mains en bas des marches, mais me ravisais. J’allais plutôt attendre patiemment qu’elles se levent, afin de les voir évoluer dans leur milieu naturel.

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Je crois entendre un bruit en bas, puis rien. Cela doit être les canalisations sans doute. Quelle heure ? Onze heures trente. Avoir discuté tardivement de notre visite à l’Asmodée avec Odile m’aura fait faire la grasse matinée. Je ne suis d’ailleurs pas encore totalement réveillée.

Je recompte les jours. Ce soir, nous retournons au Marques. Je secoue l’épaule d’Odile, elle ne réagit pas. J’insiste, elle grogne puis finit par soupirer dans son coussin.

-Tu pourrais m’amener un café ?

Je ne suis pas spécialement portée sur la serviabilité… mais s’il n’y a que ça pour qu’elle se mette au travail, j’imagine que je peux m’y conformer. Je glisse mes jambes en dehors de ma couverture et les pose à terre. La trace noire est toujours présente sur ma cuisse mais je ne la sens presque plus. Je me mets donc en route vers la cuisine en me frottant les yeux, descendant les escaliers, ouvrant la porte, entrant dans le salon et…

Quoi ? Non, c’est.. Non ça ne peut pas. Si. Il est là, Rufus Shinra, assis dans le fauteuil, me faisant face. Oui, moi, vous savez, son employée, debout devant lui avec pour seule tenue un tee-shirt. C’est idiot : ma première réaction aura été de cacher la trace sur ma cuisse avec ma main, la seconde, de bafouiller quelque chose et me retirer aussitôt sans lui laisser le temps de répondre.

Définitivement réveillée cette fois, je monte les marches quatre par quatre, entre dans la chambre et fais mon annonce à Odile comme si j’étais venue annoncer le jour du jugement dernier.

-Il est là.

Elle grogne encore.

-Odile ?
-Quoi ?

Elle lève les yeux vers moi, agacée et l’esprit encore manifestement embrumé.

-Où est mon café ?
-Je ne l’ai pas. Je te dis que Rufus Shinra est là, putain.
-Hein ?

Elle se redresse immédiatement.

-Mais… mais il ne devait pas être là. Et la maison, elle est en bordel.
-Je crois que… c’est le moindre de nos soucis à l’heure actuelle. Bon, je prends la douche en première.
-Ok, mais t’as deux minutes.

Deux minutes ce n’est pas beaucoup, mais il faudra bien. Après le temps imparti je sors rafraichie et trempée, je noue la serviette au dessus de ma poitrine. Sans avoir le temps d’en avoir fini, je vois Odile arriver, se déshabiller devant moi et entrer dans la douche. La pudeur n’est manifestement pas sa priorité non plus. Je m’habille rapidement enfilant un tee-shirt gris assez court et un short en jean, tenue que je choisis au hasard et uniquement parce que c’est la première chose qui me tombe sous la main. Puis je passe un coup de brosse et prends environ trois minutes montre en main pour me maquiller, puis je descends en premier. Autant ne pas le faire attendre plus longtemps. Reprenant mes esprits, je réfléchis à ce que je vais dire avant d’ouvrir la porte et d’entrer.

Je finis par réapparaître, plus présentable cette fois.. J’entre dans la pièce, m’approche de lui et…

-Bonjour, Monsieur le Président.. Veuillez nous excuser pour l’heure tardive.

Je passe mon temps à essayer de le regarder dans les yeux puis détourner mon regard pour fixer n’importe quoi autour.

-Et aussi pour le désordre.

Puis, pour le bordel dans la cuisine tant qu’on y est. Merde, la vaisselle. Je jurerais qu’il n’y avait pas de tasse propre hier soir, et pourtant, il en tient bien une dans ses mains. Se pourrait-il que…?

-Vous… vous avez fait bon voyage ?

Absolument désolant. Je suis… lamentable. Odile nous rejoint alors, se tenant debout à mes côtés. Je la sens un peu peu plus à l’aise, mais pas non plus particulièrement fière.

-Bonjour, Monsieur. Nous ne vous avons pas entendu arriver.
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J’entends des pas descendre les escaliers pour finalement me retrouver nez à nez avec Arad Ière. J’aurais pu la saluer si ce n’avait pas été dans des conditions aussi particulières. De ses pieds jusqu’au seuil limite du haut de ses cuisses, il n’y avait rien d’autre que le ton étrangement pâle de sa peau. Je restais coi quelques secondes alors qu’elle semblait tenter de se cacher, vainement. Je finis par tourner la tête et l’entendis remonter plus haut à un rythme trahissant sa surprise à elle aussi.

J’entendis quelques mouvements précipités à l’étage, toutefois étouffés par l’épaisseur des murs et du plafond, puis l’eau coula, à deux reprises. Notre exhibitionniste redescendit la première et commença a me présenter ses excuses quant à l’heure tardive. J’allais pour la rassurer poliment avant qu’elle ne rajoute le désordre ambiant à la liste. Je me tus, donc, ce dernier point n’étant excusable en aucun point.


Oui, je l’ai remarqué Odile. La porte était ouverte, ce qui… faisait de cet appartement un lieu de choix pour les hommes de Pavani si jamais étaient-ils en quête d’informations sur vos véritables identités.

Je me levais et ouvris la fenêtre. C’était maintenant une odeur de Pizza trop exposée à la chaleur qui venait prendre la pièce.

Remercions Reno et Rude pour leur discrétion. Vous m’excuserez, je n’ai pensé à laver qu’une seule tasse comme il n’en restait plus de disponible, dis-je souriant, mais plutôt par amusement que par fausse politesse.

Je rallumais mon cigare posé dans le cendrier et en pris une bouffée avant de la recracher de l’autre côté de là où elles se trouvaient.

Vu l’heure, vous demander du nouveau quant à la situation ne presse pas. Je vous laisse le temps d’émerger et de boire quelque chose.

Je n’arrivais pas à juger la situation. Ayant le recul nécessaire, j’étais tout à fait capable de comprendre que je puisse être dur. De toute évidence, cette maison était davantage devenue la leur depuis que j’avais quitté les lieux il y a quelques jours. Devais-je réellement les blâmer pour avoir pris leurs aises ? Si cela n’émoussait pas la qualité de leur travail, qu’est-ce que cela pouvait changer.

Quant à l’heure… Je décidais de ne plus en faire mention. Nous étions sur un jour pair ; elles allaient travailler chez Pavani ce soir. Leur service finissant relativement tard, il n’était pas non plus inconcevable qu’elles se lèvent à des heures avoisinant… midi.

Les yeux fixés sur mon gummiphone, je ne parvins pas à prendre de décision non plus quant à la nature de notre livraison. Si l’envie avait pu me passer d’offrir un repas à mes deux… à mon employée et sa soeur temporairement à notre service, je n’étais pas certain de vouloir attendre que la vaisselle soit faite avant de pouvoir me restaurer. Cette dernière étant visiblement tout en bas de la liste des priorités.

Un doute me vint quant à l’hygiène. Je jetai un regard presque dégoûté au canapé sur lequel je m’étais assis. Et si… Non. Non, c’était impossible.


Odile ?

Elle arriva dans le salon, toute droite en face de moi. Je lui tendis mon gummiphone pour qu’elle le prenne.

Choisissez pour nous trois. C’est pour moi.

Qui eût parlé d'un test ?

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Odile. C’est ainsi qu’il l’a appelée. Deux fois. Et lors de la seconde, c’était pour l’inviter à choisir à manger. Cela peut sembler idiot. Je déglutis. Elle ne se fait pas prier et saisit le gummiphone du Président. Je regarde l’objet passer entre leurs mains, un geste a priori dérisoire, sans aucune importance, mais que je trouve insupportable car trop… intime.

On ne prête pas son gummiphone à tout le monde. Le Président de la Shinra ne prête certainement pas son gummiphone à tout le monde. Mais non, cela lui semble parfaitement normal, à elle. Hors de question que je me ridiculise à nouveau. Et puisque je semble être là pour faire tapisserie… Je me lève brusquement, ce qui semble presque faire sursauter les deux autres personnes présentes dans la pièce, et disparais dans la cuisine sans explication. Je pose les mains sur les rebords de l’évier et exerce une pression importante sur les arrêtes, au point d’en sentir la dureté entrer dans ma chair. Puis je fais tourner le mitigeur et fais couler l’eau chaude, très chaude.

N’est-ce pas cela que la Shinra m’a appris à faire récemment ? Faire la vaisselle ? Etre serveuse ? Une bonne à tout faire ? J’y ajoute le liquide vaisselle puis plonge mes mains dedans. Le contact est brûlant, déchirant, puis il se transforme en frisson.

De l’autre côté de la pièce j’entends Odile commenter les différents restaurateurs ayant pignon sur rue à Costa. Avec sans doute un peu trop de vigueur je lâche la vaisselle dans l’eau, éclaboussant le mur puis moi avec.

-C’est très gentil en tout cas ! J’ai faim. C’est tellement dur de choisir.

Il ne répond pas vraiment, tout juste un « ah ». Après en avoir fini avec la vaisselle que je laisse sécher dans l’égouttoir, je vide le cendrier dans la poubelle et nettoie rapidement la surface de la cuisine pour lui donner un aspect plus convenable. Autant que toute cette « expérience » du nettoyage soit mise à profit n’est-ce pas ?

Finalement, je me sers un verre d’eau fraiche et je prépare un café pour Odile, un café bien fort. Je les rejoins alors dans le salon, dans la même position que quelques minutes plus tôt. Je dépose la tasse devant Odile qui est trop absorbée par sa lecture pour me remarquer puis je m’assieds, buvant une gorgée puis patientant à nouveau en jetant un regard tantôt à l’heure, tantôt à l’écran qu’Odile fixe, puis très rapidement à mon employeur qui va peut-être finir par s’impatienter.

-Odile… tu devrais peut-être…
-C’est bon, j’ai commandé !

Comme si elle venait d’accomplir un exploit ! Je hausse les sourcils puis, machinalement, appuie le menton sur ma main.

-J’ai commandé un assortiment de sushis, de makis, sashimis et tutti quanti, je me suis dit que c’était l’occasion vu l’histoire de « Humitsi Boka ».
-Himitsu-Bako.
-C’est ça ! J’espère que…cela vous convient, Monsieur.

Elle lui sourit, l’air enjôleur et lui rend son gummiphone. Est-ce que Rufus Shinra mangerait du poisson ou serait-il exclusivement carnivore comme le prétend la rumeur ?


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Je récupère mon gummiphone des mains d’Odile. Nos doigts s’effleurent quelques secondes alors que je lui souris, poliment. Son choix s’était porté sur un repas asiatique, très bien. Sans dire que le test avait été pleinement réussi, il était en tout cas satisfaisant. Elle aurait pu jeter son dévolu sur des restaurants chers, étoilés… elle aurait aussi pu choisir ce que l’on appelait communément la « baraque à frites du coin » mais non.

C’est une très bonne idée, j’espère que vous appréciez le poisson cru Arad.

Je me levais, reposant mon gummiphone sur la table basse et fis quelques pas en direction de la cuisine. Je jetai le restant de café devenu froid et allais pour me prendre un verre d’eau. La vaisselle venait d’être faite. L’oeuvre d’Arad-employée de toute évidence.

Il nous fallait patienter encore une vingtaine de minutes avant que notre livreur ne vienne frapper à la porte. J’en profitais pour monter à l’étage et rejoindre ce qui était ma chambre il y a encore quelques jours. Rien n’avait bougé, visiblement la chambre n’avait même pas été utilisée. C’était étrange, pour quelle raison n’auraient-elles pas profité de pouvoir dormir dans deux lits séparés ?

De toute évidence, cette pièce était restée la mienne. Une question me traversa l’esprit, une question que je ne m’étais pas encore posé. Qui étaient-elles ? Je connaissais mes agents les plus proches, mais il me fallait avouer avoir encore a faire à quelques zones d’ombre. Les seules choses que je savais d’eux étaient qu’elles me semblaient avoir reçu une bonne éducation, qu’elles n’avaient pas peur ou presque de prendre des risques, et… qu’il fallait le souligner, elles étaient efficaces. Ces trois points me réconfortèrent dans l’idée que leur compagnie ne m’était pas désagréable.

Je continuais de reprendre possession de ma chambre, regardant à l’intérieur des étagères, avant que mon gummiphone ne vibre dans ma poche. Je décrochais alors que je redescendais les marches, et demandai à ce que l’on réceptionne la livraison. Quelques secondes plus tard, nous étions attablés, et j’observais Odile faire la distribution. Je pris mon paquet et le déballai, me saisissant de deux baguettes. Il allait bien falloir rentrer dans le vif du sujet.


Comment cela s’est passé chez Pavani ces derniers jours ? Vous sentez-vous plus en sécurité, ou au contraire, pensez-vous qu’il ait des doutes sur vous ?

A l’aide de mes baguettes, je me saisis d’un maki que je vins porter à ma bouche. J’attendis de finir ma bouchée avant de reprendre.

Par ailleurs, j’ai cru comprendre que vous aviez été indisposée et qu’Odile avait dû se rendre sur place seule. Que vous est-il arrivée, allez-vous mieux ?

Ces bouchées valaient leur prix. Sans non plus crier au génie culinaire, ils n’avaient pas ce poids caractéristique sur l’estomac. Au contraire, je leur trouvais une certaine légèreté. La consistance du riz avait été bien travaillée, il n’était ni trop dur, ni trop mou, délicatement vinaigré. Nul doute que la personne en charge de leur confection maîtrisait son art. Probablement un natif.

Je crois même vous avoir entendue d’Himitsu-Bako ? En avez-vous trouvé un dans les affaires de Pavani ? Avez-vous réussi à l’ouvrir ?

J’avais l’impression qu’en quelques jours, elles avaient davantage avancé qu’en une semaine. Soit les choses s’accéléraient, les pièces du puzzle commençant à s’assembler. Soit, il était tout à fait possible d’imaginer que ma présence leur procurait une forme de stress.


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Nous sommes à table. Bien que plutôt adroite en temps normale, j’ai quelques difficultés à saisir les sushis avec les baguettes, aussi fixé-je avec une certaine intensité les gestes précis et habiles de mon employeur. J’ai malheureusement peu visité San Fransokyo ou la Terre des Dragons où l’on pratique cette coutume, ou en tout cas pas assez longtemps pour essayer leurs coutumes culinaires, d’autant que c’est un sujet qui m’importe peu en temps normal. Mais ici il me faudra bien jouer le jeu. Les humains semblent manifester un tel intérêt à la nourriture, comme pour l’art, alors je joue à aimer, à connaître les goûts, même si je n’en apprécie pas la saveur. Je suis si concentrée sur la manoeuvre que j’en oublie presque d’écouter la question du Président.

Je sens le pied d’Odile venir frapper dans ma cheville, je tourne les yeux vers elle, l’air de dire quoi. Elle fait un geste de la tête en direction du Président, l’air de dire «et si tu répondais pour une fois ? »  Se rendant sûrement compte que j’ignore à peu près de quoi il est question, résignée, elle ouvre la voie après avoir avalé sa bouchée.

-Plutôt bien, merci, enfin, je crois. Disons que Nina n’y est plus retournée depuis votre départ, et nous y retournons ce soir… Je dois reconnaître que ça a été plutôt… tendu quand il a su qu’elle ne viendrait pas. Je le suspecte d’avoir un petit penchant pour la plus taciturne du duo.

Elle tourne ses yeux malicieux vers moi. Quel coup bas, merci vraiment. Je la fusille du regard puis roule les yeux dans l’autre sens.

-Mais c’est donc grâce à cette soirée, avant-hier, que j’ai appris pour le Bloody, pour la fin des travaux, alors que le permis de construire n’est même pas encore attribué. Ce qui semble être un sujet de tension entre Monsieur Pavani et son associé, Monsieur Trotta. D’ailleurs, Nina, tu peux dire au Président ce que nous avons fait hier soir ?

Je hoche la tête et prends le temps de rassembler mes idées pour présenter la chose de la façon la plus cohérente possible.

-Le Himitsu-Bako est en réalité une possession de Monsieur Khalil, et déverrouillé par l’un de vos hommes, Monsieur, Rude. Khalil est un marchand d’esclave que j’ai rencontré à Agrabah et qui est…

Je baisse machinalement les yeux vers ma cuisse. J’espère que ce manquement à mes devoirs ne va pas m’attirer ses foudres, à nouveau. Cela serait bien trop agréable à une certaine secrétaire.

-…ou plutôt était responsable de ma blessure. Et… oui, je vous remercie, je vais mieux. J’ai malheureusement dû me débarrasser des personnes présentes, puisque l’homme avait compris que je n’étais pas qui je prétendais être. Et donc… Il y consignait tous ses secrets, ses bons de « commande »,  ses reconnaissances de dettes. C’est ainsi que nous avons trouvé une adresse à Costa. Et même si aucun nom n’était inscrit dessus, nous avions la conviction que cela devait être l’adresse de livraison, et donc peut-être… Le Bloody Key.
-Appelé officiellement l’Asmodée. Comme ils l’ont dit avant-hier soir.
-Nous avons donc visité l’Asmodée, de nuit, au moment où il n’y avait personne. Nous sommes parvenues à y entrer par une fenêtre qui n’avait sans doute pas été fermée par les ouvriers.
-La maison n’étant pas encore directement raccordée à l’électricité, nous avons pu la visiter sans déclencher le système d’alarme, mais nous avons dû quitter les lieux en voyant un probable tour de garde arriver.

Mais le plus problématique restait à venir. Je levai les yeux vers le Président qui avait cessé de se servir de ses baguettes pour écouter notre récit pleinement.

-Le souci c’est que… L’Asmodée n’a rien d’un club spécialement honteux ou déviant. Au contraire, en tout, il semble plutôt basique.
-Si l’on oublie certaines installations dans les chambres.

Je tourne les yeux vers Odile qui croise les bras et sourit en coin.

Ce n’est pas du tout conforme aux plans que j’avais photographiés, ceux avec de petites cellules. Donc, je suis pratiquement convaincue que l’Asmodée cache le Bloody, probablement dans un étage sous-terrain dont nous n’avons jamais découvert l’accès, peut-être faute de temps.

Nous avons fait là un assez bon résumé de l’évolution de la situation. Odile ne semble pas avoir autre chose à ajouter, du moins pour le moment. Elle se contente donc de poursuivre son assiette avec appétit.
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Intéressant. Il m’était impossible de le dire au sujet de sa soeur, mais Arad semblait doubler en efficacité dès lors qu’elle oeuvrait aux côtés d’Odile. Peut-être était-ce les liens qui les unissaient, plus qu’une aise ou une autre chose de ce genre.

Rappelez-moi, vous êtes jumelles ? Ou bien l’une est plus âgée que l’autre ?

J’avais posé mes baguettes et avais porté ma main à mon menton.

En tout cas, laissez-moi vous dire que votre progrès sont conséquents, dis-je en croisant tour à tour le regard de mes deux locutrices.

Arad, si vous avez suffisamment couvert vos traces, ce n’est pas un problème. Du moins pour le moment. S’il est impossible de vous relier à cet événement, je dirais que votre sécurité n’est pas comprise. Toutefois…

Je pris un sashimi et attendis de terminer ma bouchée avant de reprendre.

Il y a un problème. Si vous commencez à vous en prendre à chaque marchand d’esclaves, il n’est pas impossible que Pavani réussisse à un moment ou à un autre à lier ces disparitions à votre présence à ses côtés au moment où le nom des marchands ont été évoqués. Vous me suivez ?

Il était une terrible erreur de ne pas penser que Pavani était doué de reflexion. Il était tout bonnement impossible qu’il ait réussi à se hisser jusqu’à sa position sans tout un jeu de manigances, d’apparences…

Je reviens sur l’Asmodée, nouveau nom du Bloody Key, si j’ai bien compris.

Mon gummiphone vibra dans ma poche, probablement rien qui ne mérite mon attention actuellement.

Pour ce qui est de la zone cachée… Nous n’avons donc aucune certitude quant à son existence. Nous ne pouvons pas nous baser sur des incertitudes, surtout pas quand la plus grosse partie du plan repose sur son ouverture. Malheureusement, si l’Asmodée n’est qu’un bâtiment vitrine, on peut imaginer que sans électricité il nous soit impossible d’accéder à la partie qui nous intéresse le plus.

Je détournais le regard en direction du salon, m’accordant quelques secondes de silence afin de pouvoir réfléchir. Les plans pouvaient être incorrects, l’Asmodée pouvait tout simplement être l’Asmodée, et le Bloody Key tout à fait autre chose, peut-être même en dehors de Costa Del Sol… Non.

Il nous fallait découper ce bâtiment sur tout ses étages, réussir à en établir…

… un plan.


Je pris mon gummiphone et envoyais quelques messages aux Turks. Je demandai à ce qu’au plus vite l’on nous livre un Architecte. C’était une petite machine qui avait été développée par un de ces jeunes de San Fransokyo. Je relevais la tête, accordant un sourire à mes deux employées.

J’ai la solution à notre problème. Il y a quelques années, nous avons embauché de jeunes talents de San Fransokyo aux inventions toutes plus intéressantes les unes que les autres. Parmi l’une d’elles, il y avait une sorte de badge capable de se fixer sur les murs d’un bâtiment et d’en dresser une maquette holographique interactive.

Je pris une gorgée d’eau avant de reprendre.

Si nous arrivons à obtenir les plans complets du bâtiment, nous y verrons déjà plus clair. Il reste juste une zone d’ombre. Vous me dites que vous êtes entrées à l’intérieur. Si votre raisonnement quant à l’électricité me semble bon, une question demeure. Un tel endroit, s’il renferme les secrets que vous lui attribuez, est forcément gardé. Comment avez-vous fait pour passer la sécurité ?

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Se rappeler de ce que nous avions prétendu. Je ne laisse pas le temps à Odile de répondre.

-Fausses. Fausses jumelles, Monsieur. Nous nous ressemblons mais nous sommes aussi différentes physiquement.
-Sans parler de la personnalité.

Je ne pourrais dire si elle se moque de moi, avec son sourire mutin, mais je décide de ne pas en tenir compte. Nous sommes effectivement un peu différentes. J’ai un visage plus rond, des traits plus doux et enfantins, tandis que son visage est plus ovale, ses traits, ceux d’une femme. Mes yeux sont gris-clairs, les siens bleus foncés. Les formes de mon corps plus marquées, le sien plus élancé. Mon teint presque malade, le sien rosé. Nous inclinons toutes les deux la tête en guise de reconnaissance pour ce qui ressemble le plus à des félicitations. Je n’y suis définitivement pas habituée mais je ne voudrais pas en faire trop. Cela reste… encourageant en tout cas.

Il y a évidemment un mais. Sa remarque sur Khalil est assez juste, je regarde dans le vide, réfléchissant aux genres d’événements communs qui pourraient nous avoir reliées à cette intrigue aux yeux de Pavani. Il y a Hick, évidemment, aujourd’hui disparu. Qui sait combien de temps la nouvelle prendra pour parvenir aux oreilles de Pavani. Il s’est tout de même… évaporé peu de temps après avoir quitté son hôtel. Une coïncidence fâcheuse, restons sérieux. Il faut donc, effectivement, que je prenne garde à ce qu’un autre événement de ce genre ne se reproduise pas, ou notre sécurité sera définitivement compromise et il ne nous sera plus possible de conserver notre couverture. Rôle dans lequel il semble que nous soyons les plus utiles au Président.

Nous écoutons ensuite l’ingénieuse proposition du Président pour connaître la disposition des lieux et avoir le mot de la fin.

-Ce serait idéal oui ! Mais… en admettant que nous puissions y retourner sans trop de danger, l’engin va-t-il mémoriser le plan ou cela sera-t-il uniquement le temps que le badge est posé sur le mur. Enfin… c’est peut-être idiot comme question. Je vous avoue que je ne suis pas portée sur la technologie, gummiphone mis à part.

Je la regarde s’exprimer, hésiter, montrer son enthousiasme, être modeste. Ses gestes, sa façon d’être, tout semble… si vrai, si humain. Parfois je l’envie. J’ai souvent cette impression qu’elle a le meilleur des deux mondes, pas de coeur, et donc, elle ne peut pas être vraiment touchée ou détruite, et puis, les souvenirs de ce qu’elle était autrefois qui la rendent, à ses yeux je le crains, définitivement… plus authentique et réelle que l’être que j’ai construit à la Shinra, Nina Arad.

La dernière remarque me semble tout à fait destinée puisque j’ai expliqué notre intrusion. Là aussi, c’était à prévoir, j’avais plus ou moins essayé d’éluder la question en parlant d’ouvriers, mais il semble qu’on ne puisse pas berner si facilement l’homme à la tête de l’empire Shinra. Nous évitons toutes les deux de croiser nos regards histoire de ne pas avoir l’air suspecte. Un mot sur un portail et il est à peu près certain que les dés seront jetés. Je me refais le plan du bâtiment, essayant de situer une fenêtre inaccessible et donnant sur une pièce en particulier dont je me souviendrais.

-Comme je vous le disais, il y avait visiblement des tours de garde. Mais au moment d’arriver sur place, il n’y avait personne, aucun bruit, aucune lumière. Le domaine étant assez grand et éloigné par rapport à la route, pour éviter les regards indiscrets j’imagine que les gardes devaient inspecter les extérieurs. Je pense que si la fenêtre donnant sur la cuisine était ouverte à l’arrière, c’était simplement un accident. Je ne pourrais vous l’expliquer autrement.
-En outre, j’aurais pu tout aussi bien déverrouiller une porte avec mes pouvoirs, comme je l’avais fait pour le bureau de Pavani, si vous vous en rappelez, et c’est ce que nous avions prévu initialement. Mais nous avons effectivement fait le tour du bâtiment pour en découvrir l’accès le plus discret et puisque l’entrée nous était pratiquement offerte…

Quelle imbécile, pourquoi n’avais-je pas pensé à ses pouvoirs avant cela…? Cela aurait été tellement plus vraisemblable. Espérons que cela l’aura convaincu. Il est après tout… logique de réfléchir comme il le fait, de façon procédurale et analytique, mais tout le monde ne pense pas à tout, et en particulier des ouvriers qui n’auraient aucune connaissance de la chose qu’ils sont en en train de construire.
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Passons sur l’explication plus que bancale. Je me contentais de répondre à la question d’Odile.

Hélas non. C’est peut-être là mon erreur, j’aurais dû allouer plus de fonds au développement de ce dispositif.

Nous n’avions certainement pas le temps de financer les recherches sur l’Architecte, il nous faudrait l’utiliser en l’état.

Soit vous prenez les plans en photo, ce qui risque d’avoir un rendu plutôt brouillon. Soit vous les étudiez sur place, puisque vous avez visiblement certaines facilités à vous introduire à l’intérieur, soit vous en faites simplement un croquis, bien plus représentatif qu’une photo donc.


La meilleur solution restait tout de même la deuxième. Elle comportait son lot de risques, mais serait celle nous apportant le plus de réponses.

Si vous optez pour la deuxième solution, la meilleure à mon sens… Vous pourrez en profiter pour localiser l’entrée du véritable bâtiment et continuer vos fouilles. Je dois cependant vous mettre en garde.

Je pris la dernière pièce de mon plateau. Un simple maki thon avocat.

Chaque jour qui passe nous rapproche de l’ouverture de l’établissement. Cela veut dire que vous rencontrerez peut-être plus de résistance. Au minimum, vous devrez vous assurer que l’électricité n’est pas encore active.


Si Pavani s’était passé d’autorisation pour lancer ses travaux, il ne fallait pas le croire incapable d’alimenter son établissement.

Vous devez aussi savoir que vous n’aurez qu’une seule chance. Loin de moi l’idée de vous mettre la pression, mais la réussite de cette opération repose exclusivement sur vos épaules. Echouez, et dans ce sens je parle de la perte de votre couverture, et c’est tout le plan qui tombe à l’eau.

Je les savais conscientes de ceci, mais je m’étais dû de leur rappeler.

Si jamais vous veniez à être découvertes, faites prisonnières ou qu’en sais-je. Vous devez absolument détruire l’Architecte. C’est une condition non négociable. Je suis on ne peut plus sérieux, nous ne pouvons laisser ce dispositif tomber entre de mauvaises mains.

Cela aurait bien entendu des conséquences désastreuses. Je rassemblais le reste de cartons qu’abritait mon repas et les rangeais dans le sac en papier. Je me levais et rejoignis le salon où elles étaient invitées à me suivre. J’ouvris la fenêtre et m’assis sur le canapé, allumant un cigare.

Du reste… Vous me préviendrez moi, personnellement, dès lors que vous partirez pour cette mission. A partir du moment où vous m’aurez prévenu, vous aurez très exactement trois heures pour accomplir votre mission et revenir ici. Passé ce délai, je serais obligé… de prendre certaines dispositions dont j’aimerais pouvoir me passer.

Je pris une bouffée de tabac que je recrachais en direction de la fenêtre, pourtant loin de quelques mètres. Le nuage se précipita dans sa direction avant de se disperser de façon totalement chaotique.

Je tournais mon regard vers les deux soeurs.


Dites-moi… Est-ce que Pavani vous à déjà demandé des services, disons… particuliers ?



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Nous suivons le Président dans le salon. Je m’installe dans un des fauteuils adjacents, tandis qu’Odile s’assied sur l’accoudoir, juste à côté de moi. Il vient de poser les consignes, à nous de nous adapter pour trouver la meilleure solution. Trois heures donc, c’est à la fois… long et court.

Odile finit par se rendre dans la cuisine sans rien dire, puis elle revient avec son paquet de cigarettes, l’air préoccupé. Sans l’ombre d’un doute, elle en sort une et s’approche du Président. Il comprend immédiatement son intention et se relève pour lui allumer. Elle le remercie distraitement. Encore un geste supposé innocent n’est-ce pas ? Elle devait pourtant bien avoir un briquet, hier soir, pour les allumer toute seule. Ensuite, elle marche jusqu’à la fenêtre donnant sur le jardin, nous tournant le dos.

-Il y a tout de même un monde entre y aller l’espace d’une demi-heure et y rester trois heures, Monsieur.

Elle tire dans sa cigarette, inspire, bloque,et se tourne vers lui, l’air à moitié amusé, à moitié inquiet. Effectivement, sur un laps de temps aussi court, nous avions peu de chance de rencontrer quelqu’un, mais avec une mission de cette importance et le temps qu’il nous faudra pour la réaliser… Les probabilités sont contre nous.

-Ne vous inquiétez pas pour l’Architecte.

J’avoue ne pas comprendre à quel point l’objet pourrait être dangereux dans les mains de Pavani. Ou peut-être… si quelqu’un venait à l’utiliser dans l’enceinte même du Vaisseau-Mère ? Il pourrait alors comprendre toute sa structure et son fonctionnement, il pourrait localiser le cœur de la machine ou ses faiblesses. Une chose qu’évidemment Rufus Shinra ne pourrait admettre.

-Très bien, nous le ferons.

Elle écrasa sa cigarette sur l’appui de fenêtre, faute de cendrier et se tourna vers nous, appuyée contre le châssis.

-Qu’en penses-tu Nina ? Si nous récupérons l’Architecte d’ici là, nous pourrions y aller demain soir.
-Excusez-moi de vous demander cela Monsieur, mais quel est l’objectif final de la mission sinon récupérer des informations sur le Bloody ? Je veux dire… même en admettant que nous y parvenions, nous n’aurons que des photos de l’endroit et nous devrons nous contenter de supposition quant à la disposition des lieux et son utilité. Ce ne sera pas suffisant pour écraser Pavani, si ? Ou… avez-vous une idée en tête pour le Bloody ?

J’y suis allée peut-être un peu fort, et il n’est pas dit qu’il acceptera de me répondre et de révéler ses plans, mais je pense que cela pourrait m’aider à savoir ce que je dois chercher, si je sais dans quel sens va sa stratégie.

Sa dernière question concernant Pavani nous fait tourner la tête vers lui au même moment. Odile ne se retient pas d’émettre un petit rire.

-Pas de lui, non.

J’imagine qu’elle pense à Hick, son ombre risque de planer au-dessus de nos têtes tant que cette mission à Costa ne sera pas terminée.

- Enfin… il… y a bien des regards, oui, regards qu’il ne cherche pas à dissimuler, mais… J’imagine qu’il n’est pas suffisamment bête pour croire que nous pourrions…

Je la regarde les sourcils froncés, pour lui marquer mon désaccord.

-Non Odile, ce genre d’homme semble penser que tout lui est dû. Peut-être qu’il attend le meilleur moment après nous avoir amadoué avec sa promotion et son salaire… Ou bien il s’amuse juste d’avoir deux sœurs à son service qu’il peut montrer à tout Costa comme le dernier trophée.

J'ai beau connaître assez peu de choses de la vie, et probablement tout rater avec mon employeur, s'il y a bien une chose que j'ai dû côtoyer, c'est la perversion des hommes. Il n’y a qu’à voir son traitement des humains pour se douter qu’il ne s’embarrasse pas de concept de consentement.
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Une question intéressante que celle que venait de poser Arad. Je détournais mon regard de sa soeur postée à la fenêtre pour lui répondre. Exposer mon plan quant au Bloody Key leur permettrait d’avoir une vue d’ensemble quant à ce que nous recherchons.

Pour être tout à fait honnête, j’aimerais que le Bloody Key ouvre. De cette façon, il nous sera facile de provoquer un scandale, de révéler le business de Pavani au grand jour. Un coup dur pour son image. Avec les menaces de tout divulguer, celui-ci deviendra certainement plus docile, dis-je souriant.

C’est pour cette raison qu’il me faudrait m’entretenir avec le Maire à ce sujet. Je devais l’inciter à accepter le permis de construire. Bien que j’aie sa confiance, il n’était pas impossible qu’il s’y oppose. Cela étant dit, je pourrais toujours le rassurer en lui disant que son image de maire serait protégée, n’étant pas au courant du sous-sol evidemment.

Voici comme je vois les choses, dis-je en me levant et me dirigeant aussi vers la fenêtre.

Le Bloody Key ouvrira, grâce à nous. Comme tout nouvel établissement, il y aura très certainement une soirée d’ouverture. J’imagine que vous serez déjà sur place, puisque vous êtes maintenant les deux servantes de Pavani. Vous n’aurez aucun problème pour entrer.

Je me retournais pour m’adosser contre le rebord de la fenêtre, balayant toute la pièce de mon regard.

Le plus dur sera de nous introduire nous, avec les Turks, à l’intérieur. Il faudra qu’au moins l’un d’entre d’eux parvienne à rejoindre les sous-sols le plus tôt possible dans la soirée afin d’être témoin de tout ce qu’il s’y passe. Je finirais par descendre, avec un autre Turk, et le dernier restera dans le… premier bâtiment si l’on peut le qualifier ainsi, afin d’être prêt à intervenir si jamais vous rencontriez quelques problèmes.

La seule erreur à ne pas commettre étant de se faire remarquer.

Il n’est pas impossible que Pavani nous remarque, et ce, malgré la foule d’invités que je suppose être conviés ce soir là. Seulement, à l’instar des rues de Costa Del Sol en pleine journée, il ne pourra pas intervenir sans créer de scandale. Il existe une superstition dans le monde des affaires qui dit que si la cérémonie d’ouverture se passe mal, alors l’établissement est perdu. Il ne prendra pas de risques.

Je me retournais vers Arad, encore assise sur le canapé. Elle écoutait attentivement. Je plongeais mon regard dans le sien avant de reprendre.


Une fois les informations récoltées, photos, vidéos, enregistrement audio, tout ce qu’il nous sera possible de trouver, j’irais trouver Pavani et lui proposerai de nous écarter un peu de la fête. Je vous passe les détails mais… si tout se passe bien, nous pourrons faire de cet endroit quelque chose de plus… moral ? C’est ça, moral.

Je pris une bouffée de tabac avant que mon cigare ne finisse par s’éteindre et recrachais la fumée en direction de l’extérieur. Odile se retourna vers moi au même moment, nos deux visages face à face. Je croyais bien ne pas l’avoir encore vue aussi proche. Deux secondes, peut-être trois passèrent avant que je ne lui sourisse avant de me retourner vers celle qui était encore assise.

Vous avez des questions ?

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Les choses ne se déroulaient… pas du tout de la façon qu’elle avait pu imaginer. Cela avait commencé assez peu de temps après son arrivée à Costa. Alors qu’il s’était joint à elle près de la fenêtre, elle s’était écartée, de quelques centimètres à peine, afin que cela reste discret et naturel. La chose ne pouvait échapper à Nina, elle fixait la scène, avec une certaine insistance. Par moment il lui semblait que les yeux du sans-coeur changeaient de teinte, pourtant elle semblait encore maître d’elle-même. Elle hochait la tête docilement à chaque fois qu’il en dévoilait un peu plus sur le plan. Quelle parfaite petite employée elle faisait.

Odile se rendit ainsi compte qu’elle jugeait sa « soeur », incapable de faire en quatre ans, ce qu’elle avait peut-être réussi à faire en quelques jours : susciter l’intérêt de l’homme qui lui était pratiquement accoudé. C’était peut-être cruel. Mais combien de fois le sans-coeur avait pu l’être envers son simili. Combien de fois lui avait-elle rendu service, s’était glissée dans des situations périlleuses, était venue à des rendez-vous à n’importe quelle heure de la nuit ? Pour finalement… très peu de retour sur investissement, il fallait l’admettre.

Mais ce n’était pas juste un jeu d’ego, ni pour le sans-coeur, qui avait jeté son dévolu sur lui, plusieurs années plus tôt, ni pour le simili, à dire vrai. Cet homme, dont la réputation de requin n’était plus à faire, pouvait paraître comme terriblement froid à certains moments, et définitivement humain à d’autres. Il y avait bien un coeur derrière ce regard gris-metal. Et il y avait cette aura de mystère derrière sa réserve permanente. Il avait éveillé sa curiosité.


Moral ? Etait-ce donc cela que la Shinra aspirait à être ? Donner une image de vertu aux yeux du monde ? Ils se regardèrent quelques instants, pas comme des adolescents qui n’osent soutenir le regard de l’autre. Non, comme deux âmes, égales l’espace d’un instant, curieuses des forces et des faiblesses l’une de l’autre, avides de savoir à qui ils avaient affaire.

Et cet instant figé prit fin, et Nina put rentrer en scène à nouveau. Ce qu’elle fit mais très brièvement, trahissant un trouble manifeste.

-Non, Monsieur. Tout est clair pour moi. Il ne nous reste plus qu’à… faire en sorte d’être impliquée dans le projet Bloody par Pavani.

Elle n’était pas énervée, ou du moins elle ne le laissait pas paraître dans sa voix, mais à l’évidence ses ténèbres la submergeaient. Elle se leva prestement, comme elle avait pris l’habitude de le faire et, sembla chercher quelque chose autour d’elle. Ne pouvant à l’évidence pas trouver, elle finit par toucher les poches de son short et se rendit compte que son gummiphone était déjà dedans.

-Si nous avons fini, je me permets de sortir, je… vais faire quelques courses  pour remplir le frigo.

Sans demander son reste, elle prit la direction de la porte, sous les yeux presque amusés d’Odile. Juste avant de disparaître dans le hall, elle ajouta quelque chose, tournant à peine la tête. Il était évident que tout son dos était contracté. Elle se maitrisait tant qu’elle le pouvait.

-Et je suppose que s’il y a autre chose, vous pourrez en informer ma soeur.

Quelques secondes passèrent après que la porte eut claqué. Ils virent la tête de Nina dépasser de la fenêtre très légèrement. Odile laissa échapper un rictus puis se hasarda à lever les yeux à nouveau vers son employeur pour un temps, l’air espiègle.

-Vous ne craignez pas de vous mettre inutilement en danger en vous rendant à cette soirée …? Que nous, les petites fourmis, nous y allions, n’a rien de surprenant, mais vous, l’homme dont il veut la tête par dessus tout… entouré par la clique de Pavani ?

Il l’avait testée, c’était à son tour de le faire. Et pour dire vrai, la réponse l’intéressait réellement. Ce projet risquait bien d’être périlleux.
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J’étais sidéré. J’avais regarder l’Arad originelle sortir de la pièce comme si la discussion ne l’intéressait pas. J’allais demander des explications à sa soeur lorsqu’elle m’interrogea au sujet de cette fameuse soirée d’ouverture.

Sa question était intéressante, il y avait plusieurs choses à discerner dedans. Tout d’abord sa qualification de petite fourmi, qui m’avait fait hausser un sourcil. Etait-ce là l’image qu’elle avait d’elles deux, comme une fausse modestie, ou était-ce plutôt une façon sérieuse de voir ce que je pensais d’elles ? Ensuite venait son questionnement quant à ma sécurité.

Et que croyez-vous que la clique de Pavani ferait ? Tout comme les Turks, eux auront des ordres et ne bougeront que lorsque Pavani l’aura décidé. Je vous l’ai dit, il n’a aucun intérêt à provoquer un scandale le jour de l’ouverture. Cela ne ferait qu’une mauvaise presse à son établissement.

Costa del Sol était une ville sans armes. Que croirait la population si jamais ses hommes venaient à les utiliser ? En plein coeur de ce nouveau club qui plus est. Non, c’était impossible.

Aussi longtemps que je me tiendrais au milieu de la foule, je serais en sécurité. Bien sûr, il y aura le moment où j’aurais à le confronter mais encore ici, je ne me fais que peu de soucis. Dans mon idée, nous resterons en contact radio tout au long de l’opération.

Et nous n’entrerions bien évidemment pas tous ensemble, sinon autant arriver devant les portes avec des grosses enseignes en néon indiquant notre présence.

C’est pour vous que je me fais le plus de souci. Vous et votre soeur. Il est impossible de prévoir à quel poste Pavani vous affectera. Vous pourriez très bien être demandées à ses côtés, ce qui serait bien évidemment à notre avantage. Comme vous pourriez ne pas être invitées dans les sous-sols. Il n'est pas impossible qu'il se serve de vous comme d'otages non plus.

Ce qui m’amenai à une réflexion.

Je n’y avais pas pensé, mais peut-être devriez vous parasiter la liste des invités, s’il en existe une. Il serait dommage de ne pas pouvoir entrer faute d’être sur la liste. Vous devrez rajouter mon nom puisque je serais le seul à me présenter sous ma véritable identité. N’en inventez pas pour les autres, nous nous contenterons de subtiliser des cartons d’invitation.

Dès lors que j’entrerais, Pavani serait alerté de ma présence. Peut-être que cela le pousserait à commettre une faute dont nous pourrions profiter.

Aussi, vous profiterez de votre prochaine visite à l’Asmodée pour y dissimuler des armes de poing. Trouvez un faux plafond, une salle de bain, une réserve, peu importe du moment que vous nous transmettez leur position et que vous êtes sûres qu’elles ne seront pas découvertes avant le jour J. Nous n’aurons très probablement pas à nous en servir, mais une protection supplémentaire ne sera pas de refus.

Il ne restait plus qu’à revenir sur son qualificatif.

Une dernière chose, Odile. Je plongeais mon regard dans le sien, cherchant une mimique, un haussement de sourcil ou quoi que ce soit qui puisse trahir ses intentions quant à cette petite pique lancée à mon encontre. Je vins même poser le bout de mes doigts sur son avant-bras. On ne base pas la réussite d’une opération aussi périlleuse sur de petites fourmis. Non, les fourmis s’écrasent du plat de la botte, comme je compte bien le faire avec Pavani.

Je fis quelques pas en direction du canapé et écrasais mon cigare presque terminé dans le cendrier posé sur la table basse. Je jetai un oeil en direction de la porte. Arad était partie depuis quelques minutes déjà, en plein milieu de notre discussion.

Pardonnez-moi ma franchise mais, votre soeur est un véritable cas d’école. Qu’a-t-elle eu ?

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Elle écouta le raisonnement du Président. Il avait l’air sûr de lui, sûr du fait qu’il ne risquerait aucun danger au sein même de l’Asmodée ou du Bloody Key. Et il avait peut-être raison pour l’Asmodée, mais… moins certainement pour le Bloody. Elle le laissa terminer. Il disait s’inquiéter pour leur sort et à contrario souhaitait qu’elles trafiquent la liste d’invités. Rufus Shinra n’était certainement pas un nom que l’on pourrait glisser dans une liste sans que cela se sache tôt ou tard. Quelqu’un s’en rendrait compte, forcément. Elle fut même troublée de sentir sa poigne à la fois sûre mais douce sur son bras, mais ne se laissa pas démonter.

-Je ne sais pas bien quelle est votre vision du Bloody, mais la soirée d’ouverture ne sera certainement pas ouverte au tout Costa. Pour la bonne et simple raison que ce qui s’y passera est déjà illégal, et peut-être même choquant. C’est en tout cas ce que m’évoque cette histoire d’esclavagisme et de salle secrète. Quel intérêt d’en faire tout un secret si c’est pour ensuite le montrer à une foule de gens ? Qui sait ce qu’ils veulent faire de leurs esclaves ? Les prostituer, les…?

Elle s’arrêta juste à temps, avec une vision d’horreur en tête. Elle ne parvenait pas à deviner les limites d’un homme comme Pavani. Elle réfléchissait à ce qu’elle avait appris sur le Bloody Key, les intentions que Pavani avait manifestées.

-Non. Pavani l’a dit lui-même devant Trotta et le conseiller communal, tout le monde n’aura pas une invitation. On pourrait en revanche supposer qu’il y aura le même soir, deux soirées. Une soirée à l’étage, quelque chose de mondain avec l’élite de Costa destiné à faire diversion du véritable événement : une soirée plus privée avec le cercle très restreint de Pavani, et d’éventuels clients prêts à débourser des sommes importantes pour vivre une expérience illicite. Si vous souhaitez absolument entrer à cette soirée, vous pourriez peut-être songer à changer d’apparence momentanément. Puis nous pourrions faire en sorte que vous puissiez accéder à cette deuxième partie de soirée et vous reprendriez alors votre apparence normale pour attirer les regards sur vous et ainsi vous mettre en sécurité.

Elle détailla sa silhouette de haut en bas, toisant sa hauteur, imaginant ce que cela ferait de changer son style vestimentaire, changer sa couleur de cheveux et lui faire porter des lentilles, peut-être même lui faire mettre une prothèse au visage. Cela restait de l’ordre des suppositions évidemment, mais oui, Pavani allait certainement organiser une soirée d’ouverture pour l’Asmodée, cela semblerait trop suspect vu de l’extérieur sinon pour un bâtiment de cette taille.

-Ceci dit, vous avez raison, il ne tenterait certainement pas de vous éliminer, même devant son cercle privé, sachant qui vous êtes. Il faudrait le convaincre que porter atteinte à votre vie l’exposerait immédiatement à la révélation des éléments que nous avons sur lui en direct, sur gumminow ou auprès de l’éclaireur. Quelqu’un à l’extérieur se chargerait de répandre les informations directement envoyées depuis la soirée.

Elle repensa alors seulement à cette histoire de fourmis. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il voit la chose si mal. A vrai dire, elle avait plutôt cherché à le tester sur son audace et sur les risques de l'intervention, plutôt que sur l'appellation des rouages de la machine. De son point de vue, la Shinra était une gigantesque fourmilière faite de tous petits éléments travailleurs. Voilà ce qu’était une fourmi, un élément tout petit, presque insignifiant, une madame personne, mais travailleuse  et indispensable à quelque chose de bien plus grand.

Elle laissa alors échapper un rire nerveux en l’écoutant l’interroger au sujet de son employée. Ne voyait-il vraiment rien au mal qui agitait Nina ? Ne comprenait-il pas quelles étaient à chaque fois les circonstances dans lesquelles elle avait changé d’attitude drastiquement ?

-Je suppose que ça n’a pas dû lui plaire de passer pour la fourmi, une fois de plus.

Elle afficha un sourire audacieux à l’homme se trouvant à présent à quelques mètres d’elle.
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Arad serait donc susceptible ? Un coeur sombre atrabilaire pouvait être quelque chose de dangereux, d’instable. Un véritable bombe à retardement. Heureusement, c’était peut-être à la plus sérieuse des deux que je venais d’exposer mes idées. Je soupirais.

Je n’arrive pas à la comprendre. Elle peut tout aussi bien prouver son implication dans nos plans, et à la minute d’après faire preuve de cette désinvolture qui la caractérise tant. Je me demande si elle avait eu à bouder, lorsqu’elle a décidé de s’en prendre à notre quartier général.

Je me levai avant de me diriger vers la sortie du salon. Je repensais à ce qu’elle m’avait dit. Que je devais changer d’apparence. Je n’étais pas un vulgaire clown qui s’amusait à se déguiser. Je réussirais à atteindre le sous-sol de ce Bloody Key, je ne me faisais pas de soucis vis à vis de ceci, et ce sans artifices. Ce n’était que sous les traits de Rufus Shinra que je gagnerai cette partie d’échecs.

Ne vous méprenez pas, je suis très touché par votre inquiétude quant à ma sécurité, dis-je souriant mais ne me retournant pas vers elle pour autant.

Je quittais le salon et me dirigeais vers les marches que je montais jusqu’à rejoindre ma chambre. Je m’assis sur le lit et laissais échapper un souffle. La soeur d’Arad avait compris comment tout cela fonctionnait bien plus vite qu’Arad elle même, et ce, alors que nous n’avions pris connaissance de sa présence que depuis un peu plus d’une semaine.

Même si j’étais sûr de moi, j’avais cette désagréable sensation que tout ne se passerait pas conformément au plan. Et si elle décidait de se rebeller au dernier moment ?

Je me changeais, retirant mes vêtements pour adopter quelque chose de plus passe-partout. Je me saisis d’un simple t-shirt kaki et troquais mon pantalon de costume pour un simple jean gris. Je pris une paire de chaussures simples, noires et montantes au bout blanc avant de redescendre dans le salon.

Je pris mon gummiphone laissé sur la table basse et m’employais à envoyer un message à la plus imprévisible des deux soeurs Arad. Je lui dis de me rejoindre Aux Grands Hommes, et de prendre une table à l’étage, à l’abri des regards indiscrets.

Une fois fait, je pris mon gummiphone que je rangeai dans la poche de mon jean et m’approchais de la porte.


Je reviens plus tard, j’ai à faire, dis-je en mettant ma paire de lunettes de soleil. J’ouvris la porte et rejoignis la rue, en direction du café.



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On continue.

Bon là encore quelque chose de très simple, un peu plus long certes, mais toujours très facile à lire.
Là encore, ça va être très court, mais ça n'est pas mauvais pour autant ;)


Nina comme à son habitude fini par partir mais Odile quand à elle, elle s'inquiète pour le président (en même temps qui ne s'inquièterait pas pour lui tongue)

Plus sérieusement, comme je l'ai dis, c'est très bien. Il n'y a pas non plus de grosses fautes, ou du moins rien de bien grave (peut-être quelque chose au début et encore sans grande conviction, je n'ai pas envie de tout relire encore une fois... Comment ça feignasse ? Tssssss Chut !)

Petit cliffhanger des familles...


Non sérieusement, c'est très court, ne cherchez pas, il n'y a rien d'autre xD


Du coup la notation :

Le Cygne :
Très facile : 5 xp, 50 munnies, 1 PS en Magie.

Rufus Shinra :
Très facile : 5 xp, 50 munnies, 1 PS en Défense.

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