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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

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Toutes ces années à diriger cette entreprise. Toutes ces années à, sans cesse, la tirer vers le haut, augmenter sa productivité, élargir ses horizons, de l’armement à l’énergie en passant même par le divertissement… Tout ces années, pour ne jamais avoir réussi à me débarrasser de cette question. Quel pouvait être le pire rendez-vous auquel il m’était possible d’assister ? J’avais deux prétendants étonnements solides. Le premier en la personne de Marcel Bonte, adjoint de la section marketing de l’entreprise, qui brillait par sa capacité à nous présenter des idées toutes plus… originales les unes que les autres, et le second n’était autre que Samuel Smithees, l’un des ingénieurs que j’avais affecté à l’un de nos projets à venir. Celui-ci avait la particularité d’être doué dans son travail, mais souffrait de gros, gros problèmes d’élocution rendant toute conversation aussi éprouvante que pourrait l’être l’ascension du Mont Hua, en Terre des Dragons. C’était un effort considérable qui m’avait été demandé à chacune de nos entrevues.

Evidemment, quand j’eus le privilège de les recevoir tout les deux en même temps dans mon bureau, je ne pris même pas la peine de sauver les apparences. Je les avais reçus et m’étais accordé le droit de reposer ma tête sur mon poing, le coude posé sur l’accoudoir de mon fauteuil. Je les entendais débattre, l’un s’énervant sur l’autre devant sa difficulté à le comprendre. Leurs arguments respectifs n’étant pas les plus intéressants, je détournais le regard en direction d’une étagère sans grande importance, une autre fois je me saisis d’un stylo posé sur mon bureau et me mis à l’examiner sous tout ses angles…

Sauvé par le gong, l’interphone se mit à sonner. Je me redressai d’un bond et tendis la main dans leur direction pour leur intimer de se taire. Je fus soulagé d’entendre Scarlett de l’autre côté de la ligne, m’annoncer un rendez-vous surprise, s’excusant d’ailleurs de m’interrompre. Je la rassurai d’une voix calme, cachant ma joie naissante avant de remercier mes deux collaborateurs. Ils finirent par se lever et quitter mon bureau ; je pus les entendre poursuivre leur conversation, les mots s’étouffant dans l’épaisseur du mur au fil de leur marche.


Merci Scarlett, vous n’avez pas idée de la bonne nouvelle que vous venez de m’annoncer. Qui est-ce ?

Nous avons reçu un message de la part de la BAC. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, mais il semblerait que votre rendez-vous surprise ne soit autre que le dénommé Sora.

Sora ? Comme…

Eh bien, il peut exister plusieurs Sora, peut-être même que la BAC les a confondus. Dans le doute, vous souhaitez le faire patienter ?

Il y avait très peu de chances pour que le Sora en question ne soit le célèbre porteur de keyblade. Toutefois, il me fallait une justification pour ne pas faire revenir les deux énergumènes qui occupaient les sièges face à mon bureau quelques minutes plus tôt. Je lui demandais de le faire venir aussi vite que possible, intrigué par les raisons de sa venue.

Pour quelles raisons la BAC l’aurait-elle fait venir ?

J’arrangeais les quelques papiers laissés en désordre sur mon bureau, réarrangeais les chaises laissées là par leurs précédents occupants et sortis de mon bureau pour rejoindre celui de Scarlett.

Il n’arrivera que dans quelques minutes, si c’est votre question.

Vous savez à quoi le Sora porteur de keyblade ressemble ?

Oui, enfin je crois. Un peu comme tout le monde.

Très bien. S’il s’agit vraiment de lui, proposez lui un rafraîchissement à son arrivée. Apportez-moi un café en même temps. Je vous remercie.

Je tournais les talons avant de retourner en direction de mon bureau. Seulement quelques pas séparaient nos bureaux respectifs. Je me rassis dans mon siège, et attendis patiemment la venue de l’élu.

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Le voyage était plutôt agréable. On lui avait même fait bénéficier des privilèges de la cabine VIP : un fauteuil bien plus confortable, un peu de musique classique en fond sonore, un plateau de gastronomie multimondes, des toilettes personnelles et surtout, surtout, personne pour le déranger. La porte était gardée pour empêcher tout voyageur curieux de venir fureter. Sora n'avait pas tenté de voir si lui pouvait sortir. Pourquoi ferait-il cela ? Là où on l'emmenait était précisément l'endroit où il souhaitait aller et il n'avait aucun intérêt à être reconnu par quiconque.

Il profita du calme, de la musique sourde et lancinante pour somnoler un peu, les yeux sur son hublot et, par delà, sur l'espace. Ses nuits restaient sans rêves, ses jours sans voix. C'était comme être seul. A force, on s'habituait.

Un gigantesque monstre de métal lui boucha soudain les étoiles de sa vue. Sora cligna des yeux, cœur battant, mais ne bougea pas. Une voix nasillarde crachota dans le haut-parleur fixé en haut de sa cabine. "Chers passagers, ici le Capitaine. Bienvenue au vaisseau-mère de la Shin-Ra. Nous nous arrimerons dans une minute, merci de bien rester assis le temps des manœuvres."

Il obtempéra.

***

Capuche vissée sur la tête, Sora suivait de près l'homme armé qui l'escortait à travers les longues coursives, les immenses halls, les puissants turbolifts du vaisseau mère. Ca et là, des milliers d'ouvriers et de SOLDATs s'affairaient, couraient, criaient et obéissaient aux ordres, dans un seul but : faire fonctionner l'ensemble. Ce n'était pas un monstre, c'était une ruche, une immense ruche volante. En d'autres temps, il aurait sans doute du affronter tout cela, se frayer un chemin à coups de clef. Aujourd'hui, il avait simplement rendez-vous avec le boss. C'était plus pratique... et beaucoup moins fatiguant.

Ils durent passer de nombreux contrôles de sécurité. Plus ils en passaient, moins il y avait d'ouvriers, plus on entendait le bruit sec de leurs bottes sur le sol métallique. Puis ils marchèrent sur des tapis feutrés, on n'entendait plus rien sinon le vrombissement sourd des moteurs du vaisseau. Il y avait de moins en moins de SOLDATs mais un autre genre d'ouvrier, plus habillé. Enfin ils arrivèrent. L'escorte de Sora se mit au garde à vous et une grande et belle femme blonde vêtue de rouge leur adressa un signe de tête. Elle était en train de faire couler un café. Derrière elle, deux hommes avaient cessé de jacasser.

"Vous pouvez disposer, 1ère classe." Professionnel, le SOLDAT s'en retourna par où ils étaient venus.
"C'est donc ça, le rendez vous surprise du Président ?"
"Je-je vous en prie Mon..Monsieur Bonte.. un peu de res-de respect. Vous ne s-savez même pas qui s-c'est."
"Personne, Smithees ! Personne ni rien n'est plus important que ce projet !"
"V-vous voul-voulez parler de votre rid-ridicule campagne pour-"
"Taisez vous."

La femme avait parlé normalement, sans hausser le ton, sans même les regarder. Ils avaient obéi, Bonte en toussotant, Smithees en déglutissant. Un léger sourire aux lèvres, la tasse de café fumante à la main, elle s'approcha de Sora, ses talons hauts s'enfonçant dans la mousse du tapis blanc. "Le Président vous attend. Mais je dois m'assurer que vous êtes bien qui nous pensons. Retirez donc votre capuche." Il y avait quelque-chose d'intimidant dans cette voix douce. Sora découvrit sa tête, libérant ses longues mèches brunes qui partaient dans tous les sens.

"Oh mais c'est-"
"J-je-je... je-je"
"Le Président vous rappellera."

Les deux hommes se turent à nouveau et partirent sans demander leur reste, non sans fixer Sora au passage. Il ne leur accorda aucune attention. La femme était très proche de lui maintenant, elle était plus grande et, surtout, sa robe était décolletée. Il ne pouvait voir que ça. Lentement, elle se pencha sur lui, prenant garde à ne pas renverser la tasse de café. Elle le toisa des pieds à la tête, le huma et se redressa l'air satisfait. Un instant, Sora crut qu'elle allait le dévorer sur place. Rougissant, il releva le menton pour ne voir que ce visage qui le surplombait.

"Vous êtes..."
"Sa secrétaire. Vous voulez... boire quelque chose ?"
"N-non merci."
"Très bien ! Alors allons-y. Le Président déteste attendr- agh." Les yeux de Sora s'arrondirent. En faisant volte-face, elle avait du faire un faux mouvement. La tasse tressauta dans sa main droite tandis qu'elle portait la gauche à sa hanche. "Un petit accident, rien de grave", admit-elle dans une grimace, visiblement à contrecœur, en notant son regard curieux. Il ne lui offrit aucune réaction. Elle n'en attendait pas. Ils avancèrent, elle devant, lui derrière, et pénétrèrent dans le bureau suivant.

"Votre rendez-vous, Monsieur. Je lui ai offert un rafraîchissement. Il a refusé, mais poliment."

Tandis que Scarlet alla déposer le café encore chaud sur le bureau, Sora s'arrêta pour aviser l'homme assis. Il semblait si petit face à l'immensité de l'espace derrière lui, au delà de la vaste baie vitrée. Et pourtant c'était Rufus Shinra, l'homme qui contrôlait cet univers. Du moins c'est ce que disait la publicité. Il n'avait pas l'air si monstrueux... mais il n'avait pas encore parlé.

Ils étaient seuls tous les trois. Sora s'avança vers lui. Une seule chose lui importait, tout le reste leur ferait perdre du temps.

"Vous avez récemment pris possession d'un artefact. Je suis venu..." Il sembla hésiter un court instant, puis termina sa phrase : "le voir."

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Ainsi c’était donc bel et bien lui. L’on aurait pu s’attendre de sa part à une entrée empreinte d’un peu plus de prestance. Sans aucune politesse, il entra dans mon bureau accompagné de Scarlett et m’annonça directement la raison de sa venue. Je devais dire que cette … franchise, s’il en était, me déstabilisa quelques secondes.

Bonjour, répondais-je agacé avant de reprendre un ton plus amical. [b]Je suis ravi de vous rencontrer enfin, vous, le sauveur de notre univers. Vous pouvez-vous asseoir, mettez-vous à l’aise, dis-je en désignant les chaises me faisant face.[/b]

Le but de sa venue était maintenant tout à faire clair, puisqu’il l’avait directement évoqué. Il savait que nous étions en possession du fragment de pierre angulaire et souhaitait tout simplement le voir ? Je tentais de mesurer sa sincérité. Il semblait inoffensif au premier abord. Pour être tout à fait honnête, j’étais peut-être même un peu déçu. Scarlett déposa mon café sur le bureau, apposant sa main par moments sur sa blessure.


Vous souffrez ?

Ce n’est rien, Monsieur.

Retournez donc vous asseoir, je ne vous solliciterai plus. Vous avez besoin de repos.

Elle me sourit, puis se dirigea vers la porte de mon bureau qu’elle quitta. Je me reconcentrais sur mon visiteur.

J’avais parlé de déception, car il était loin de ressembler, de par son attitude, de par sa façon de se tenir, de par bien des choses en fait, à l’image que l’on pouvait se faire d’un tel héros. Peut-être était-ce dû à une sorte de déchéance, après tout son heure de gloire datait maintenant d’il y a plus de dix ans. Je pris une gorgée de café avant d’enfin lui répondre.


J’imagine que vous parlez du fragment de la pierre angulaire de Lumière ? Vous ne vous êtes pas trompé. Nous l’avons effectivement en notre possession. Ne vous inquiétez pas cependant, nous en prenons le plus grand soin.

Sora n’avait jamais quitté le Château Disney. S’il faisait partie des rangs de la Lumière, il était tout à fait possible qu’il eût souhaité nous voler cet artefact. Cependant, je voyais mal la… « Générale » Cissneï le charger d’une telle tâche. Si nos relations n’étaient pas amicales, elle n’en étaient pas non plus conflictuelles et, … Non, des éléments semblaient m’échapper. Comment aurait-elle été au courant ?

Je devinais que ce n’était pas la Lumière qui était derrière tout ça, mais qu’il s’agissait de l’initiative d’un homme seul. Je me risquais à quelques questions. Jusqu’à preuve du contraire, la compagnie était en position de force, tout du moins tant qu’elle n’accepterait pas sa requête.

Que vous vouliez voir cet artefact me fait me questionner au sujet de sa nature. Pourrais-je vous poser quelques questions à son sujet ?

Je n’attendis pas de réponse de sa part et renchéris directement.

Pourquoi souhaitez-vous voir le fragment ? Vous semblez connaître un peu le sujet, j’aimerais que vous m’expliquiez ce qu’il est réellement. Quelle est sa nature ? Quel est son fonctionnement ?

J’attrapais ma boîte à cigare posée sur mon bureau avant d’en prendre un et de le porter à ma bouche. Ne le quittant pas des yeux, je fis tourner la boîte dans sa direction pour l’inviter à se servir. Puis, je l’allumai en me renfonçant dans le fond de mon siège.

S’il répondait à mes questions, il pourrait voir la pierre. Après tout, ma qualité de chef d’entreprise faisait de moi un homme de parole.

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Rufus Shinra était poli. C'était une agréable façade mais ça n'aidait pas Sora à se faire une idée très précise du bonhomme. Il se concentra pour mieux ressentir sa présence, là, juste là, de l'autre côté du bureau. Il était... il était bien là. Tangible, ou presque. Peut-être qu'en insistant, il pourrait-

Sauveur de l'univers, disait Rufus. Sora perdit sa concentration. Pour toute réponse, il cligna des yeux puis s'assit sur le fauteuil qu'on lui avait désigné. Immédiatement, comme par réflexe, sa jambe droite se replia pour que son mollet repose sur sa cuisse gauche. Ses bras se croisèrent au niveau de son ventre. Il fixa posément Rufus tandis que ce dernier congédiait sa secrétaire. Oui, ce qu'il avait sauvé était là, devant lui. A cette idée, il n'eut aucune espèce de réaction.

Mais alors Rufus évoqua l'artefact, en l'appelant par son vrai nom, en évoquant son origine, et le coeur de Sora bondit dans sa poitrine, ses yeux s'écarquillèrent, il décroisa les bras et se redressa dans son fauteuil. Il lui fallait faire le tri : d'abord, la Shin-Ra possédait bien le fragment, Sesheta n'avait pas menti, c'était rassurant. La Shin-Ra savait d'où il venait, c'était embêtant mais pas surprenant. La Shin-Ra en prenait soin. Ca, par contre, c'était très inquiétant. Qu'est ce qu'ils pouvaient bien faire avec ? Quels bénéfices pouvait en tirer la Compagnie ?

Les questions que lui posa alors le Président l'apaisèrent un peu. Si il lui demandait de lui expliquer sa nature, son fonctionnement, c'est qu'ils n'avaient pas beaucoup avancé. Sora se détendit, se leva du fauteuil et, sans demander l'autorisation, sans accepter de cigare, il dépassa la bureau de Rufus pour rejoindre la grande baie vitrée. Devant lui, il n'y avait plus que le cosmos.

"Vous savez déjà ce que c'est. Un fragment : une part de quelque-chose de plus grand. Quelque-chose qui n'est pas entier." Il empoigna le médaillon à son cou. Et qui en souffre terriblement. "Sa nature aussi, vous la connaissez : la lumière. J'aimerais pouvoir vous dire ce que c'est, mais ce n'est pas à nous de la définir. Elle est absolue." Brièvement, il ferma les yeux et baissa la tête, puis se retourna vers Rufus, sourire au coin des lèvres. "Pour nous, c'est un test. Un test de caractère. Et elle n'admet ni fêlure, ni faiblesse."

Sora cligna rapidement des yeux, inspira et souffla, focalisa toute son attention sur Rufus. Il était toujours là. Son sourire s'élargit et sa tête, curieuse, pencha légèrement sur le côté.

"Vous avez essayé de le toucher ?" Bien sûr qu'il l'avait fait. Personne n'y résistait. "Qu'avez-vous ressenti ?"

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A sa question, je ne répondis que par un sourire entendu. Elle n’était que rhétorique ; il devait déjà en connaître la réponse, au moins dans les grandes lignes. Cela ne pouvait vouloir dire qu’une seule chose. Lui aussi était déjà entré en contact avec l’un de ces fragments, ce qui confirmait l’hypothèse qu’il en existait plusieurs, tout du moins que plusieurs avaient survécu à la destruction de la pierre angulaire. De là à le soupçonner d’être en la position d’au moins un…

Je restais distant dans mon investigation et me levais de mon siège. Il n’avait pas répondu à ma question précédente. Je n’étais pas plus avancé à cet instant, mais quelque chose me laissait croire que lui présenter le fragment pouvait justement faire avancer les choses. J’avais de toute évidence devant moi la personne la plus à même de les comprendre, si ce n’est le Savant Glacial.

Je me vois mal refuser le voeu de celui grâce à qui nous sommes ici aujourd’hui. Allons-y, dis-je souriant, désignant la sortie à mon visiteur.

Nous sortîmes de mon bureau et nous engageâmes en direction de l’ascenseur permettant de quitter l’étage soixante-dix. Nous ne nous arrêtâmes que lorsque nous fûmes arrivé au niveau du laboratoire où était étudié le fragment qui faisait le coeur de toute cette entrevue.

La porte s’ouvrit et je l’invitais à ouvrir la marche, lui indiquant le numéro de la porte. Il ne fallut que quelques minutes pour rejoindre notre destination. La porte s’ouvrit et nous dévoila une pièce immense dans laquelle fourmillaient d’innombrables blouses blanches.

Je tentais de trouver Vexen parmi tout les laborantins, sans succès. Vraisemblablement avait-il dû s’absenter.

Au coeur de la pièce se trouvait une machine qui faisait toute la hauteur du plafond. En son centre l’on pouvait apercevoir une porte avec une fenêtre de laquelle s’échappait des rayons de lumière verdâtres. Ayant lu les rapports de Sesheta, j’avais interdit quiconque de manipuler la pierre directement pour prévenir les éventuels vols. Ce n’était pas parce que c’était déjà arrivé que ça ne pouvait pas se reproduire.


Le voici, le fragment de pierre angulaire, lui dis-je en désignant l’habitacle du doigt. Comme vous le voyez, nous limitons les contacts directs avec lui. Il est surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, il n’a même pas été sorti depuis que nous l’avons placé ici.

Je fis quelques pas dans la pièce, en me retournant en direction de Sora.

N’ayez aucune crainte cependant, cette machine ne sert qu’à l’analyser. Nous essayons d’en comprendre les propriétés, son utilité… Je vous passe le détail. Reste que nous essayons de le reproduire. Nous avons essuyé pas mal d’échecs, mais j’ai la certitude que nous sommes en bonne voie.

Je le regardais quelques secondes avant de tourner mon regard vers le fragment, en haut des marches menant à l’habitacle. Je devinais qu’il souhaiterait le récupérer, à cela je devrais lui répondre que c’est impossible, du moins pour le moment. A moins que…

Vous allez peut-être enfin pouvoir me répondre. Quel est le lien entre vous et ces fragments, dis-je insistant sur le pluriel. Vous avez voulu le voir, et vous l’avez vu, je pense mériter quelques réponses, dis-je toujours souriant.

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Combien de portes y avait-il dans le couloir du laboratoire ? Combien d'expériences insensées menaient les chercheurs de la Shin-Ra ? Sur qui, sur quoi, pourquoi ? Avec quelles conséquences sur les sujets, sur les victimes, sur les mondes ? Autant de questions qui effleuraient l'esprit de Sora sans pour autant y rester. Et quand il entra dans la pièce, quand il vit la machine trônant en son centre, la fenêtre, la lumière verte qui émanait de l'autre côté, il oublia toutes ces questions. Les laborantins qui vaquaient en blouse blanche n'étaient plus que des essaims grouillants, à peine plus dérangeants que des mouches. Il s'approcha de la fenêtre, tout juste conscient que Rufus s'adressait à lui, et posa sa main gantée sur la vitre.

Oui, il était là. Il était bien là.

La lumière ne le dérangeait pas. Elle était douce et accueillante, elle lui procurait du réconfort. Mais elle criait aussi une supplique lancinante, plus forte à chaque seconde qui passait. Ses doigts se mirent à trembler. "Je suis désolé", murmura-t-il. Désolé de ne pas être allé le trouver quand il en était encore temps. Désolé d'avoir gaspillé ce temps dans de vaines quêtes pour satisfaire qui ? Ses amis ? Les opprimés de Sherwood ? Ceux qui se faisaient appeler "La Lumière" ? Son propre ego ?

Sora ferma les yeux. L'envie était trop forte. Détruire la vitre d'un coup de clef, sauter à l'intérieur, toucher, juste toucher le fragment, le protéger et le ramener là où il devait être, à la maison. C'était plus qu'une envie, c'était un besoin, une obligation. Mais ce n'était pas raisonnable. Il ne sortirait pas d'ici vivant. Or, il y en avait d'autres à récupérer.

A contrecœur, mû par sa seule volonté, il décolla sa main de la vitre et recula, recula encore jusqu'à ce que la mélopée entêtante cesse de lui vriller les tympans. Alors il se tourna vers Rufus, à temps pour comprendre ce que la Shin-Ra comptait faire du fragment. Ses yeux fixaient l'homme qui lui expliquait tranquillement vouloir maîtriser de la lumière pure, la plier à sa propre volonté, la reproduire même. Il voulait le détester, le mépriser, mais non. Il ne pouvait que le fixer, le visage neutre. Seuls ses sourcils arqués exprimaient intérêt et questionnement.

Rufus Shinra méritait-il des réponses, comme il se plaisait à le croire ? Sora resta songeur quelques secondes avant d'avouer calmement : "Je ne sais pas ce que vous méritez." Il ne parvenait pas à sonder cet homme mais il voulait croire. Croire que derrière le président d'un empire interstellaire, il y avait un être vivant, un cœur qui comme tous les cœurs se posait des questions. Rufus avait été touché par le fragment. Il savait.

"Cette lumière est dangereuse. Vous pensez pouvoir la maîtriser mais c'est elle qui vous maîtrisera." Il se tourna de nouveau vers le fragment, la voix ailleurs : "Elle n'est pas sensée être ici parce qu'elle n'est pas d'ici." Son regard traîna sur l'immense machine qui analysait en permanence les moindres changements dans la composition du fragment et qui le retenait prisonnier. "Vos précautions sont inutiles. Elle est si pure, si parfaite qu'elle finira par vous aveugler. Vous n'aurez plus que sa voix comme guide."

Quand il fit de nouveau face à Rufus, son œil droit cillait légèrement. "Vous serez son esclave."

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Lorsque je le vis s’approcher dangereusement de la vitre, je ne pus m’empêcher de retenir ma respiration. Si l’homme ayant réussi l’exploit de défaire à lui seul l’organisation XIII décidait de reprendre possession de ce qu’il pensait être son bien, alors le laboratoire allait être le théâtre de choses dont je me serais passé volontiers.

Devenir esclave de la pierre, vous dites ? Mon sourire se changea en une expression totalement neutre. Son ton, presque moralisateur, trahissait presque ses pensées. Ce ne serait pas aujourd’hui que la compagnie se ferait un nouvel ami.

Parleriez-vous en connaissance de cause, Sora ?

Il la définissait comme dangereuse, mais avec un calme discordant avec son message. Au moins, nous étions d’accord sur un point. S’il était de notoriété commune que les ténèbres étaient dangereuses, l’erreur la plus commune était de sous estimer la lumière. Pour peu, cette dernière m’inquiétait presque plus que son contraire.

J’accordais du crédit à ses mots. Si mon hypothèse se vérifiait, il était effectivement la personne la plus à même de comprendre le fonctionnement de cet artefact. Ce n’était pas pour rien que je m’en étais tenu aussi éloigné que possible, laissant ces scientifiques et surtout Vexen s’en occuper. La Lumière et les Ténèbres ne pouvaient pas corrompre quelqu’un dénué de coeur. C’était peut-être la la plus grande force du Savant Glacial.

Je fis quelques pas pour m’éloigner du coeur de la machine, avant de faire face au dos de mon interlocuteur. Je pris une bouffée de cigare que je recrachai au dessus de nos têtes.


Je regrette, mais vous ne me dites pas tout. Pourtant, j’ai joué franc-jeu avec vous. Je vous ai parlé de mes espoirs, de mes envies quant à cette pierre qui semble si chère à votre coeur… Je vous ai même permis de la voir de vos propres yeux et… de ce dont j’ai pu être témoin, je vous ai aussi permis d’en ressentir son aura, n’est-ce pas ?

Je fis un pas, suivi d’un autre, jusqu’à poser ma main sur son épaule.

Si elle vient du tout qui protégeait autrefois les murs du Château Disney, il n’en reste qu’elle a fini par dériver dans l’espace. Plutôt que nous haïr pour l’avoir en notre possession, vous devriez voir les choses différemment.

Je claquais des doigts pour que l’on vienne me débarrasser de ce cigare dont je ne voulais plus.

Sans nous, il y a fort à parier que votre fragment se serait perdu au fin fond des routes stellaires. Vous avez voyagé par delà les mondes, vous savez comme l’espace est vaste. Or, aujourd’hui, il est ici, en sécurité. Si vous le voulez, je serais éventuellement d’accord pour passer un marché avec vous…

Je lâchais son épaule avant de faire quelques pas dans la direction opposée. J’avais ma propre épingle à tirer de ce jeu. Il avait fini par me confirmer implicitement qu’il existait plusieurs fragments, et il était évident qu’il était à leurs recherche. Pourquoi ? Je ne savais pas encore répondre à cette question.

La seule certitude que j’avais à cet instant était que si nous voulions mettre la main sur les autres, nous aurions tout intérêt à suivre ses allées et venues.

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Sora ne se sentait pas très bien. Ce n'était pas dû qu'à l'odeur acre du tabac qui planait au dessus de leurs têtes et menaçait de le faire tousser à tout instant. Ce n'était pas dû qu'au contact prolongé de la main de Rufus sur son épaule qui le faisait serrer les dents. La faute en revenait surtout aux mots qu'employait cet homme et qui semblaient avoir la capacité spéciale de semer le trouble dans son esprit.

Non. Non. Rufus avait tort. La lumière n'était certainement pas sa maîtresse, elle ne le contrôlait pas. C'était une amie et il se devait de la protéger. Mais ça, il doutait que le président pragmatique d'une mégacorporation puisse l'accepter. Il n'épuisa donc pas ses forces à essayer de le l'en convaincre.

Rufus se donnait le beau rôle. Celui qui avait accédé à toutes les requêtes et n'avait rien eu, ou si peu, en retour. Mais le Président ne semblait pas avoir saisi la teneur, l'importance de son message. "Je ne vous hais pas", précisa Sora d'une voix rendue rocailleuse par la fumée du tabac. "Si je vous haïssais, je ne vous aurais pas prévenu." Ne comprenait-il donc pas qu'il jouait là avec des forces qui lui étaient bien supérieures, tout puissant qu'il était ?

Des forces qui appelaient encore Sora par delà la fenêtre, et leur tapage était si insistant qu'il dut se mordre les lèvres pour ne pas y retourner. Il profita que Rufus lui ait enfin lâché l'épaule pour s'éloigner du centre de la pièce et de cette terrible cage-machine qui le séparait du fragment, qui l'empêchait de résoudre le problème là, tout de suite. Pour lui, pour Rufus, pour la Shin-Ra et bien plus encore. "Qu'elle soit ici ou ailleurs ne change rien", précisa-t-il dans un soupir. "Elle n'est pas à sa place. Si vous voulez protéger votre empire, remettez-la moi. C'est le plus simple."

Mais non, bien entendu. Rufus souhaitait l'équilibre, comme un véritable humain. Il voulait quelque-chose en échange. Quelle perte de temps, pensait Sora. Et pourtant, des tréfonds de sa poitrine lui vint un sourire. Il croisa les bras et observa celui qui pouvait tout obtenir ou presque d'un claquement de doigts. Qu'est-ce qu'un seul être pouvait apporter au Président ?

"Très bien. Je vous écoute..." il se raidit un peu, "... mais je ne promets rien."

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Il me disait ne rien promettre, mais avait-il seulement le choix que de collaborer ? La pierre était la seule et unique raison de sa venue. Il venait tout de même de me demander de la lui donner. L’on ne pouvait faire plus claires comme intentions.

Voici ce que je vous propose. Vous comme moi sommes intéressés par ce fragment. Dans un premier temps, vous me la laisseriez. J’ai conscience des risques que vous m’exposez, ne vous en faites pas.

Je pris une pause purement rhétorique. Son but était de l’énerver et de pousser sa réflexion à un refus. Seulement lorsqu’il en aurait eût l’idée, je reprendrais. Je lui proposerais la suite de notre accord, plus douce. De cette façon, il y aurait plus de chances d’obtenir une réponse positive.


Ainsi, nous pourrions finir nos analyses, notre compréhension… et notre réplication. Vous, de votre côté, vous vous servirez de ce temps pour repartir à la recherche de vos autres fragments, et dès lorsque nous en aurons terminé avec celui-ci, je vous en ferai don. En échange…

La promesse d’accéder à sa requête devrait être suffisante pour qu’il accepte l’entièreté de l’échange.

… de deux choses. La première est que j’aimerais que rencontriez un de mes scientifiques de talent. Vexen, le Savant Glacial.

Si mes souvenirs étaient corrects, et ils l’étaient, Vexen avait été capable de créer des clones des agents que j’avais mis sur ses traces. S’il venait à réitérer cet exploit avec le Sauveur, cela ne pourrait nous être que bénéfique.

La deuxième chose serait que vous me partagiez vos connaissances au sujet des mondes, des coeurs, de la Keyblade aussi qui est en votre possession. Je ne vous demande pas de me la transmettre, simplement d’élargir mes connaissances. Après tout, votre savoir doit dépasser de loin celui contenu dans les livres.

Je fis quelques pas en direction du fragment de lumière qui continuait d’irradier les environs de la machine.

Du temps, des connaissances, et une simple entrevue. Et je vous promets de vous céder ce fragment. En ma qualité d’homme d’affaires, je n’ai qu’une parole, Mons… Sora. Voudriez-vous peut-être que je couche cet accord sur papier afin de vous assurer de ma sincérité ?

Mon regard s’était fixé sur la pierre alors que je terminais ma phrase. Je réussis cependant à m’en défaire au prix d’une légère lutte intérieure. Il avait dit vrai, cette pierre était fascinante.

Marché conclu ? Dis-je en tendant la main dans sa direction. Il était libre d’accepter ou de refuser, bien que la seconde option ne lui soit pas réellement envisageable s’il souhaitait récupérer ce qu’il considérait comme étant son dû.

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