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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

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En vrai ? On avait eu tellement chaud, putain. Je réalisais que maintenant parce qu’on était… enfin moi en tout cas, j’étais trop dans le truc. Mais quand t’y réfléchissais… on venait juste d’attaquer la seconde place forte de la coalition avec … certes le mec le plus balèze que tu puisses connaître mais surtout avec mon clone plus jeune d’une dizaine d’années ! C’était littéralement l’histoire de deux mecs qui, entre le fromage et le dessert s’étaient regardé dans les yeux et s’étaient dit « tiens on va aller faire chier la coa ».

Ça montrait quand même deux choses. Ven, son audace il la tenait pas de nulle part, et j’étais plutôt fier quand même ! Pis ça montrait aussi que la guerre… avec deux beaux gosses comme nous, ça allait se remporter en une aprem. On se pointerait devant leurs rangées de débiles, et on les éclaterait avant que le soleil se couche. Ouais ! Ça s’annonçait un peu comme un entraînement quoi.

Donc on s’était tirés, parce qu’on avait plus rien à foutre sur place, puis on avait livré ce gros colis qu’étaient le père noël, ses lutins, et la tête de Jack aux gardes de la lumière. Comme tout les autres réfugiés, ils allaient bien lui trouver une place dans une chambre de libre. Je crois que y’en avaient même qui connaissaient Jack et qui avaient parlé vite fait de monter sa tête sur un corps de balai, j’sais pas trop quoi. Ils avaient dit ça en s’éloignant et comme je m’en battais un peu les couilles mine de rien, j’avais pas écouté plus que ça.

J’m’étais retourné vers Ven plutôt, et j’avais pas oublié notre deal !


La journée est pas finie cowboy, je crois que t’as bien mérité ta glace !

J’sais pas s’il a vu mon clin d’oeil amical, parce que juste après avoir fini ma phrase, j’ai enfilé mon armure et appelé mon planeur. Je l’invitais à me suivre à travers l’espace pour rejoindre le seul endroit décent où manger une glace. J’te passe les détails, ça a fini en course jusqu’à la Cité du Crépuscule, normal. Mais comme on est pas cons, on s’est pas posés comme des fleurs en pleine rue, non non… On s’est posés directement sur le clocher, pis on s’est assis au bord, les jambes dans le vide.

Je lui ai dit que j’allais chercher les glaces vite fait, donc j’suis allé trouver un des vendeurs et j’y en ai pris deux. J’ai bien essayé de savoir si y’en avait une des deux qui avait le truc de gagnant sur le batonnet, mais fidèle aux principes de vendeurs de glace, le mec refusa de me répondre. J’suis donc retourné jusqu’à la tour de la gare, en me magnant un peu le cul, sait-on jamais qu’un plouc de la garde noire nous ait vu arriver et qu’il décidé d’aller casser les couilles à … Ventus.

J’suis arrivé, j’lui ai tendu la glace et je me suis rassit à côté de lui. J’restais silencieux quelques secondes en fixant l’horizon, pas pour faire le mec mystérieux mais parce que j’avais quand même une pointe de nostalgie. L’ancien moi se serait sûrement mis à chialer mais… tu sais bien ce qu’on dit, les darons ça pleure jamais alors…

Reste que c’était super bizarre. La dernière glace que j’avais bouffé ici, c’est avec lui. J’étais pas du tout dans un délire de « oh, je le trahis machin » parce que j’suis sûr qu’il s’en serait foutu comme il se foutait de tout en fait. J’me disais juste que… ce panorama, cette vision… Je les avais pas oubliés, et je les revoyais là comme si c’était hier que je l’avais mangée cette dernière glace. Des souvenirs me revenaient, incomplets, brouillés par le temps qui s’était écoulé sans que je le remarque. Au mieux j’me rappelais de l’une ou l’autre connerie qu’il avait pu sortir et… c’est tout.

A peu de choses près, c’était pareil. Sauf que le ciel s’était assombri, que le crépuscule avait été chassé par les ténèbres. Y’avait plus tout ces gens qui courraient dans les rues de la ville, qui jouaient et qui étaient… bah ils étaient juste heureux quoi. Si je voulais pas déprimer un peu, fallait pas que je regarde la ville. La coa avait beau être des nazes, ils avaient quand même réussi a bousiller ce monde qu’était un peu mon chez moi.

J’avais pas dit mon dernier mot, d’façons. Et c’est en pensant ça que j’me suis mis à sourire. Allez ! J’l’ai pas amené pour blaser comme un connard. J’me suis retourné vers lui et j’ai posé ma main sur son épaule.


Alors cette glace ? Celles de la Cité du Crépuscule sont vraiment les meilleures. Imbattables en tout point, tu peux pas en trouver une meilleure c’est pas possible !
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« Qu'est-ce qu'il fout là, lui ?! »

« Il mange une glace avec son jumeau. »

« Parce qu'il faut qu'il ait un jumeau maintenant ?! Un seul de sa trempe ne suffisait pas, il en faut deux comme lui ?! »

Calme et sérieuse, l'égo broyé par l'idée que Roxas se ballade chez nous... comme si de rien n'était... elle observe tranquillement le sommet de la tour au travers d'une paire de jumelle. Finalement, après une longue observation silencieuse, elle croise les bras sans lâcher son matériel d'observation. D'un calme olympien, juste dérrière elle, je m'agite en touts sens et fait les cents pas en m'arrachant les cheveux ! On ne peut pas juste... y allez et le défoncer, ce n'est pas un intru comme les autres, c'est... c'est Roxas. Death ordonne de l'ignorer mais comment le pourrait-on ?! On ne peut pas juste... le laisser déguster une glace à l'eau de mer dans notre Q.G alors qu'il est le fer de lance du plus ennemi de touts nos ennemis ! Quelle horreur ! Pourquoi il ne peut pas allez bouffer sa putain de glace à l'eau de mer ailleurs ? Et Vesper, la vipère... celle qu'on soupçonne particulièrement puissante... qu'est-ce qu'elle a foutu au Château de la Bête pour lui céder le Père Noël ?! Et c'est qui ce jumeau dont elle parle ?!
Soudain, je me fige en voyant que l'air songeuse, Skinner ne l'observe plus.

« Qu'est-ce que tu fabriques ?! Continue de le surveiller ! »

En réponse, je n'ai le droit qu'à un soupir alors qu'elle me tend la paire de jumelle... j'ai envie de la gifler mais son insolence attendra plus tard, j'ai d'autres chats à fouetter là !

« Il bouffe une glace avec son jumeau, t'as qu'à regarder si ça te passionne tant. »

« Comment veux tu que je surveille nos arrières si je suis en train de l'observer avec les jumelles ?! Comme si je te faisais confiance ! »

« Tu me fais de toute confiance pour te décrire ce qu'il fait là tout de suite... »

Sans manière, je lui arrache avec violence les jumelles des mains, ce qui la brusque si peu qu'elle en lève les yeux aux ciels et... en effet, lorsque j'observe, c'est bien ce qu'il fait. Après quelques secondes, je plaque les jumelles sur la poitrine de Skinner jusqu'à la forcer de quelques pas à reculons pour qu'elle me débarrasse de la paire. Je rumine mille jurons dans ma barbe naissante, je grogne et lâche des bruits gutturale, d'un sauvage que le trémolo de ma voix fait pareil à celui d'une bête acculée. Si je ne fais rien, je vais passer pour le dernier des lâches... si je fais quelque chose, je vais me faire tuer et la moitié de mon monde s'en retrouvera ravagé.
Sans attendre, je me saisis de ma radio et, mécontent, je râle mes ordres... la voix qui tremble encore un peu.

« Roxas est là, que toute la garde noire se réunisse en ville pour encercler le Clocher du Crépuscule. Trouvez-moi Kuro, Nazik, Yasuo, Salazar et... touts les Coalisés disponible. N'essayez pas d'être discret. »

Bordel de merde, il... à quel point il est égoïste, celui-là ?! Il ne se rend pas compte qu'il nous fout tous dans une merde noire en venant ici ? Ca l'amuse ou quoi ?! Probablement que oui... et j'ai beau réfléchir, je ne trouve pas de solution à ce dilemme... quoique, il est de la lumière après tout.

« Et n'oubliez pas de prendre des otages avec vous. »
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Un soleil noir. Un monde plongé dans un manteau de ténèbres. Une atmosphère oppressante. L’air qui en deviendrait presque vicié. Des habitants qui luttaient toujours pour la liberté de leur monde, réprimés, sous l’influence d’un groupuscule qui régnait dans la terreur. Des créatures prêtes à tout pour assouvir leur faim, face à ce plat de qualité premium fraîchement débarqué. Ven soupira. Il ne pourrait pas simplement faire le vide en attendant le retour de son double. Le voilà contraint de cesser d’admirer ce panorama désolant.

Trois soldats et un nocturne rouge.

Sa clé apparut entre ses doigts dans un halo lumineux et ses appuis se firent plus fermes au sol. Le long chapeau pointu du sans-cœur en retrait s’illumina, montrant qu’il chargeait un sort de feu. D’un agile bond, Ven franchit la distance qui l’en séparait, mais dut dévier de sa clé le plus vif des soldats. La Keyblade du jeune homme vrilla et la frappe manqua le nocturne rouge. Celui-ci poursuivit sa valse lors de son prochain coup qui n’atteignit également pas sa cible. Les soldats bondissaient alors et frappaient le vide, manquant le keyblader qui s’était retiré d’une roulade.

La boule de feu fut propulsée dans sa direction, ne lui laissant pas de répit. Il parvint à la stopper de sa clé, puis la lança pour se débarrasser de la créature. Lorsqu’elle revint à lui, Ven l’attrapa et fit immédiatement la toupie, pourfendant les engeances ténébreuses qui s’étaient de nouveau précipitées sur lui. Le calme étant revenu, le garçon prit un instant pour souffler et reprendre ses esprits avant de prendre de nouveau place au bord de la tour.

- La Cité du Crépuscule, hein…


Ven s’allongea comme il le souhaitait initialement, positionnant ses deux bras derrière sa tête. Il admira de nouveau cette nuit sans étoiles avec mélancolie en attendant son retour. Cette terre froide lui rappelait la Contrée du Départ après SON passage.

Ven tressaillit lorsqu’il aperçut le corps de Roxas en sens inverse.

- Tu m’as un peu surpris, s’exclama-t-il pour se justifier, un sourire gêné mais toutefois honnête affiché au visage.


Le jeune homme se redressa et empoigna le bâtonnet de glace à l’eau de mer qu’il lui tendait en lui adressant un sourire timide, puis l’observa prendre place à ses côtés. Et son regard se perdit de nouveau vers l’horizon.

- Xehanort…


Être ici faisait remonter ces regrets dont le poids alourdissait toujours ses épaules. S’il s’était réveillé plus tôt, il en serait peut-être autrement. Sa gorge s’était nouée et sa glace, intacte, pendait dans sa main. En baissant ses yeux, il réalisa que sa glace fondrait s’il continuait ainsi et secoua la tête. Ventus lança un regard vers Roxas, puis sourit avec optimisme, se remémorant les paroles d’Aqua à son réveil.

Il y a toujours un chemin.

Ven porta la glace à sa bouche et prit une bouchée qui ne fit qu’élargir son nouveau sourire.

- T’as raison ! L’équilibre salé/sucré est juste parfait, répondit-il avec enthousiasme. C’est le top.


Un jour, il. Non, ils ramèneraient l’ordre dans ces mondes. Après tout, ne venaient-ils pas, ensemble, de retrouver un espoir de sauver le prochain Noël ? Tout n’était pas perdu. Cette dernière action, bien que risquée, venait de leur donner l'opportunité de ressusciter les fêtes de Noël ! Le jeune homme mettra tout en œuvre pour aider le Père Noël à organiser le suivant qui sera plus beau que jamais !

- Tu te rends compte ? On va pouvoir sauver Noël !


Mais penser aux festivités et au vieil homme lui rappelait ses mots. Malgré son omniscience, il doutait de toute évidence autant de son double que les gardes du château, puisqu’il ne figurait même pas sur sa liste. C’était profondément injuste ! Il se promettait de parvenir à l’y faire s’inscrire avant la fin de l’année.

- Lorsque Noël sera de retour, tu voudras quoi, comme cadeaux ? Demanda-t-il avec une pointe de curiosité.
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Xehanort… ?

Genre, LE Xehanort ?

Je l’avais entendu souffler son nom, j’avais percuté que maintenant. Pourquoi il sortait son nom comme ça ? Il le connaissait ? Il était revenu et j’étais pas au courant ? Non, ça c’était pas possible. Putain. Trop perturbant.

Il avait continué en me parlant de Noël. De ce qu’on venait de faire et tout. Et… ouais, j’étais quand même méga content qu’il soit content. C’est con à dire mais ça c’est le genre de trucs que j’aurais pas pu ressentir sans coeur… je crois ? Ouais.

Et mine de rien c’était quand même… méga plaisant. On était là à bouffer nos glaces, il me parlait du cadeau que j’aimerais recevoir, bref de conneries tout simplement. On venait de faire un truc de ouf, alors on s’était posés pour passer un petit moment… limite hors du temps. Un crépuscule à la place des ténèbres et c’était par-fait.


Ce que je voudrais comme cadeau… je portais ma main libre à mon menton. J’allais pas chercher une réponse trop compliquée, c’était pas ça. C’est que je l’avais ma réponse, et que j’arrivais pas à la sortir. Elle était là, comme bloquée au fond de ma gorge. C’était plutôt relou en fait.

J’sais que là, t’allais me traiter de gonzesse mais finalement… mon cadeau c’était lui quelque part. Non, non… oublie tout de suite l’idée de venir me draguer, mon truc ça reste les nanas hein. Mais ouais… j’sais pas. C’était quand même évident, et j’aurais bien aimé pouvoir lui en parler sans que ça devienne bizarre. D’façon, il devait bien se douter au bout d’un moment. C’est pas comme si on avait pas du tout la même tronche.


Mon cadeau, je l’ai déjà, qu’j’y dis en lui souriant. J’avais nerfs mon truc mais… bah qu’est-ce que tu veux, ça sortait pas à la base, fallait bien que je module le truc pour que ça rende pas trop con. Et quand j’disais ça, bah j’le pensais. J’avais quelqu’un avec qui discuter, au moins d’autre chose que notre prochain coup, ou ailleurs qu’au comptoir d’un bar paumé dans le cul d’Illusiopolis. Non, là ce moment là il était vrai de chez vrai !

J’étais content. Nan, stop pas savoir dire les trucs. J’étais heureux, voilà !


Et toi, tu voudrais lui demander quoi au Père Noël ? Un cheval en bois ? Une console de jeux ? Une peluche en forme de sans-coeur ?

Mes exemples étaient méga pétés. Mais ça soulevait un point. J’avais aucune foutue idée de c’qu’il pourrait aimer. Une glace, c’était facile, d’autant plus que c’est lui qui l’avait proposée. Mais en dehors de ça, putain c’était le vide, le néant, le zéro absolu ! Ouais, y’allait y avoir du taff.

Ven.

Je pris un ton plus sérieux que ce à quoi j’avais pensé. Tant pis.

La question va te sembler super bizarre mais… ta mère. C’est qui ?

Ouais, non. Bizarre, bizarre, limite si y’avait un détecteur à malaise, il aurait retenti dans toute la putain de ville. J’invoque le plan de secours le plus pourri du monde, attention !


Moi par exemple, j’ai pas de parents, forcément. J’suis un simili. Mais toi, t’es… une vraie personne, complète et tout. En tout cas si t’es un sans-coeur, tu le dissimules bien. Non enfin, ce que je veux dire c’est … putain.

Ouais. Putain, ouais. C’est quand même dingue de raser un monde en un claquement de doigts d’un côté, et de l’autre côté de littéralement puer la merde quand y s’agit de discuter de trucs importants. C’pas que j’étais qu’à moitié concentré, c’est que j’avais l’impression de marcher sur une pente glissante, boueuse, avec du verglas, cirée et savonnée.

Mais bon, fallait bien que je les aies mes réponses aussi !
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Une paire de jumelle devant mon regard, une radio devant ma bouche, Skinner à mes côtés ne peut qu'à peine distinguer mon visage plein d'effroi mais elle le devine surement. De la même façon, ma voix à travers la radio est... nerveuse, peut-être fébrile mais en même temps... décidé.

« Dispersez-vous autour du Clocher du Crépuscule, par paire. »

En se basant sur ce que l'on sait... en rationalisant... une foule de garde noire se ferait balayer d'un seul gigantesque sort. Là où éliminer des ennemis suffisement éloignés les uns des autres, deux par deux, lui prendrait plus de temps. Quand à miser sur le corps à corps, quand je me rapelle à quel point il m'a éclaté à la coupe noire, je ne mise pas un seul instant sur un garde noir.

« Privilégiez les armes à longues distances. »

Les Gardes Noirs ne sont pas réputés pour leurs incroyables précisions aux tirs, malheureusement... mais une forêt de fusil touche toujours sa cible. Et si on pourrait penser à des explosifs, je ne me résout pas à détruire ma ville pour ses beaux yeux bleux. Pas encore. Disons que sacrifier des kilomètres d'infrastructure dans l'espoir de peut-être l'égratigner, ça ne me va pas.

« Que chaque paire s'arme d'une otage et se place bien visible, si possible sur les toits. »

A quel point c'est précis, la magie ? Si la menace de toucher un innocent peut le dissuader de gérer ça à distance et le forcer à quitter son perchoir, ça ne se refuse pas. Comme l'eau érode la falaise, de le forcer à s'occuper de chaque paire de Gardes Noirs une par une... pourrait nous laissez l'opportunité de l'affaiblir un maximum à distance. Possiblement pour que je vienne le finir moi-même.
L'idée m'arrache un sourire distordu... je n'y crois pas et l'idée de devoir y allez moi-même me glace d'effroi.

La Shinra n'accepterait pas de nous aider, je le sais d'avance... et ça m'arrange pas. Ca me fait une excuse pour ne pas avoir à leur demander. Kuro et Nazik sont introuvables pour l'instant, j'attendrais bien mais on a pas le temps, là. Quand à Death, je refuse de croire qu'il ignore que Roxas est présent en notre monde et je crois plutôt qu'il l'ignore, simplement. Qu'il s'en lave les mains. De même que Salazar est un lâche et que je n'ai pas vraiment le temps d'allez au Manoir Abandonné, d'y justifier ma présence à Death et d'arracher je ne sais quelle horreur chimique à cette sorcière aux cheveux gras. On fait avec ce qu'on a.

« Une fois n'est pas coutume, la Garde Noire ne peut compter que sur elle-même. Dès que vous êtes en position, signalez-le et une fois tout le monde en place... on ouvrira le feu. Moi et Skinner avançons vers le Clocher du Crépuscule. »
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- Comment ça, tu l’as déjà ? C’est quoi ?


Ven l’observait d’un air interrogateur, sans réellement comprendre où il voulait en venir. Mais sa question ne reçut pour l'instant aucune réponse, vite balayée lorsque Roxas la lui renvoya simplement à l’envoyeur. Malgré sa curiosité, il n’insista pas, préférant éviter de l’embarrasser, réfléchissant à son tour à ce qu’il pourrait bien demander. Bien qu’il aimait beaucoup les objets provenant d’autres mondes, aimait régulièrement en emporter des souvenirs lorsqu’il en visitait un, le jeune homme n’avait pas vraiment d’idée.

Le carnet de voyages qui lui avait été offert par Aqua l’avait énormément réjoui et il s’en servait beaucoup. Mais non, il n’y était pas. Quel serait le meilleur des cadeaux ? Celui qui ferait du prochain Noël un Noël parfait ? Il se souvenait précisément de ce qu’avait été pour lui l’un des meilleurs Noël. Ventus avait donc bien une réponse, mais il savait bien qu’il s’agissait d’un souhait inaccessible. Quelque chose que le Père Noël lui-même ne saurait trouver et lui ramener dans sa hotte.

- Mon souhait le plus cher…


La réponse se perdit quelques instants au plus profond de sa gorge de nouveau nouée. Ce serait de pouvoir passer Noël avec tous ses amis.

- … Ce serait de retrouver Terra.


Mais il était introuvable. Et quand bien même il parviendrait à avancer sur les recherches… Rien ne lui assurait que Xehanort ne serait pas toujours aux commandes de son corps. En évoquant son ami, le sourire de Ven s’était évanoui. Il devait chasser ces pensées négatives de son esprit mais n’y parvenait tout simplement pas. Alors il se contenta de se murer quelques instants dans le silence après avoir sorti ce qu’il avait sur le cœur, cherchant le réconfort dans une bouchée de sa glace qui commençait à fondre.

Pourtant, le jeune homme finit par se reprendre. Il n’était jamais bon de conserver ses craintes et ses angoisses au fond de soi-même. Une oreille attentive, des conseils, du soutien et partager de bons moments… Les amis étaient faits pour ce genre de choses, non ?

- Roxas.


Ventus releva la tête de son bâtonnet de glace et croisa le regard de son ami, affichant une expression plus sérieuse sur son visage.

- Je voudrais te raconter une histoire. Ça concerne ce qui s’est passé avant mon réveil.
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Le mec avait… snobé ma question et en plus il était parti en mode ultra sérieux. Il me regardait avec ce genre de regard là, du mec résigné, concentré, sérieux ouais. J’sais pas si tu visualises. ‘fin bon c’tait quand même marrant de le voir comme ça alors qu’il tenait une glace dans sa main.

Il venait de me parler de Terra. C’était sûrement un de ses potes. P’tête même son Axel, ce que j’y souhaitais pas évidemment. Parce que si c’était le cas, ça voulait dire que le mec était cané, depuis longtemps. D’façon, avec tout les moyens qu’on avait pour retrouver des mecs de nos jours, bah… si on les trouvait pas, c’est pas qu’y se planquaient hein. Malheureusement, la plupart du temps, c’était surtout devenu des cadavres.

Je décidais quand même de pas l’alarmer. On sait jamais et puis… s’il avait hérité de ma connerie, là dans les cinq minutes il paniquait et il se mettait à retourner les mondes en gueulant son nom. C’est le genre de trucs qui aurait pu passer au monde du jouet ou… au pays imaginaire, ouais. Par contre, j’suis pas sûr que les mondes coalisés ou même consuls aient apprécié la blague. C’était ça le truc… On avait tous perdu quelqu’un, et on avait tous un petit peu l’espoir qu’un jour on finisse par les retrouver. Sauf qu’on pouvait plus se permettre de les chercher aussi activement.

D’façon, plus j’y pense et plus cette histoire de groupes c’est d’la merde. Y’a toujours eu une bande de gentils, et une bande de connards, ça d’accord. Mais après t’as des mecs chelous qu’ont commencé à monter des trucs qu’avaient zéro sens genre… Je comprends pas en quoi c’est pertinent de se branler sur des tableaux, ou de prier des mecs qu’existent pas. Parce que… allez, faut être sérieux deux minutes. S’ils existaient, fallait au moins qu’ils aient une bonne excuse.

Et encore ceux-là, c’était pas les pires. Au milieu de tout ça… Puisqu’ils étaient humains, du moins pour la plupart, bah ça avait tourné en histoire de fric. Je te le donne en mille, les mercenaires et la Shinra. A la limite, les deuxièmes étaient pas si relous. Le mec il avait une entreprise à faire tourner, et on se demandait toujours quand est-ce qu’on finirait par se faire enculer mais dans le fond il faisait de mal à personne. Non, les plus gros connards, c’était quand même les mercenaires, je vais t’expliquer.

Tu prends tout le malheur du monde. Tout les gens en difficulté. Tu vas les voir et tu proposes de les aider. Ça c’est la lumière. Par contre, si tu vas les voir, et que tu proposes de les aider uniquement contre rémunération… bon bah ça c’est pas la lumière, c’est être un gros trou de balle. Et encore… tu paierais pour un service efficace, je dis pas. Mais les mercenaires, c’est quoi leur dernier tour de force en fait ? Venir péter la porte du hangar du château Disney et se faire bloquer comme des merdes ? Allez, c’est bon on a compris. D’façons, dès que je commence à cogiter je diverge, alors…

Je me retournais vers Ventus. Je saisissais pas exactement c’qu’il voulait dire avec ses histoires de réveils. En tout cas, il souhaitait décharger son coeur alors…


Vas-y, je t’écoute.

Je me concentrais sur ce qu’il allait me raconter, en essayant de me jurer à moi-même de ne pas trop le couper. Ça, c’était mort d’avance, mais … j’sais pas. J’voulais absolument dégager le sentiment que j’en avais quelque chose à foutre. Parce que c’était le cas ! J’étais méga chaud pour remplir mon rôle et tout, ça y’avait pas à s’en faire. Seulement voilà. J’sais aussi qui j’étais, c’est à dire le dernier mec auquel t’aurais envie d’exposer tes problèmes. Même si j’avais fini par avoir un coeur bah… ça m’était plus tombé sur le coin de la gueule qu’autre chose. J’veux dire, il avait pas été fourni avec le notice. J’savais comment ça marchait, j’savais juste pas comment ceux des autres fonctionnaient. ‘fin c’est con mais t’as compris.

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« Quand il faut invoquer un sans-cœur géant dans ma ville sans raison, Nazik est là... » Rumine Jack alors qu'il arpente les rues à marche forcée, poings fermés. Skinner peine à le suivre, obligé de trottiner alors qu'elle coordonne les gardes noirs en déclamant ses ordres à la radio. « ...quand il faut électrocuter mes gardes noirs, Kuro est là... » Rumine-t-il, un peu plus fort, ses mots un peu plus hachurés. « ...mais quand deux Roxas font les beaux au sommet du Clocher du Crépuscule ? Là ! » Il s'arrête, serre les dents si forts, tétanisés par la frustration. « ...là, y a plus personne ?! »

La Garde Noire s'arrête à son tour mais à peine arrêté qu'elle repart déjà, suivant le Chien Noir... comme un bon petit chien, justement.

« Jack... » Dit-elle, presque en murmurant, avec un ton équivoque : elle parle à contrecœur. « ...on préviendrait pas Death ? »

Jack s'arrête de nouveau et silencieux, le visage vide, éteint. Plus une seule pensée ne le traverse à ce moment-là, son esprit s'emplit d'un néant absolu.

« ... » Impossible de démêler le nœud que forme son cerveau à l'instant. Déjà... comment Death peut ne pas être au courant que deux Roxas bouffent des glaces au sommet de son propre Q.G... ? Et quand bien même. S'il ordonne de ne rien faire, il faudrait ne rien faire... ? Et quel horreur ca serait pour l'égo de prétendre que Death est faible... pour ensuite implorer son aide... ? Quand bien même Death y va, il se fera probablement défaire et après ça... on fait quoi ? Malgré tout, l'idée que le Faucheur et Roxas puissent suffisement s'affaiblir l'un l'autre pour en ramasser les restes...  
...Jack affiche un rictus mécontent et rageur, bien frustré. C'est trop compliqué, trop risqué et trop effrayant... plus que s'en prendre à Roxas directement ?

Lâchement, il repart à marche forcée et fait comme s'il n'avait rien entendu.

« Très bien. » Conclut-elle, avec un petit ton de pétasse suffisante, là aussi, Jack ignore. Il ignore beaucoup de choses mais, peut-être, il est un peu plus calme. La question de sa lieutenante le force à remettre les choses en perspective.

Brusque, Jack fait volte-face et trop porté par son élan, percute le brune aux yeux d'ors. Celle-ci affiche un air outré, peine à conserver son équilibre en titubant à reculons et foudroie l'intendant du regard. L'ignorant royalement, mais y éprouvant un plaisir certain cette fois, le chien noir lui arrache sa radio des mains et la porte à sa gueule mécontente.
Avant d'allumer la temporisation de l'appareil de communication, l'intendant observe Skinner avec... une lueur dans les yeux, quoiqu'assombri par sa gueule aigrie.

« On sait tous de quoi est capable Roxas... tu crois que son jumeau l'égal... ? »

Elle croise les bras et détourne le regard, plus de rancœur que de peur, reste silencieuse à boudé quelques instants. Les plis sur son visage se défont alors.

« Hum... » Et finalement, elle décroise les bras pour hausser les épaules. « ...s'il y en avait deux comme Roxas, on en aurait entendu parler, je pense. »

Jack grogne un peu, jamais l'univers ne lui fera cadeau de la moindre certitude. Il en a toujours été ainsi et ça ne changera jamais.

« Ca vaut le coup d'essayer. » Un instant, Jack épie le sommet du clocher à l'aide de la paire de jumelle dans son autre main et tâche de détailler les deux blondinets aux yeux bleux. Ils paraissent parfaitement identiques, sinon dans leurs tenues. Enfin, il allume sa radio en reprenant sa route. « Quand l'ordre de tirer sera donné, concentrez vos tirs sur celui qui porte un manteau de l'organisation XIII. »

Pour peu que ce soit bien lui le véritable Roxas, celui à la puissance inimaginable... et pour peu que l'autre soit plus faible que lui... ça lui fera quelqu'un à protéger, encore autre chose pour le distraire de la victoire. Ou, simplement, ça l'énervera au point de non-retour. Entre nous, le point de non-retour a été franchi depuis l'instant où ces deux-là se sont permis un rancard au sommet du Q.G de la Coalition Noire.
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Ven hocha la tête en réponse à Roxas et lui adressa un timide sourire. Puis il tourna de nouveau la tête et ferma les yeux. Et il se lança simplement, se laissant juste porter par son récit tel qu’il lui venait.

- Au départ, j’étais l’apprenti de Xehanort.


Et il était fort important de noter l’absence du titre de Maître derrière son nom. Depuis longtemps, il ne méritait plus ce titre honorifique. Ven n’avait que des fragments de souvenir de cette époque, comme celle qui la précède. Si le vieillard ne l’avait jamais trouvé, il serait encore entier. Dans ce lieu marqué par son passage, il lui paraissait peut-être plus naturel de commencer par ce début.

- Beaucoup de destins ont été bouleversés par lui. Le tien… comme le mien.


Tout comme ceux de Sora, Riku, Kairi, Aqua, Terra, Maître Eraqus et tant d’autres encore… Le vieil homme a semé les graines de la discorde partout où il est passé. Enfin, il commençait à s’égarer. Il devait poursuivre en allant droit au but. C’était une histoire longue et lointaine histoire. Et pourtant, elle n’était toujours pas close.

- Ses entraînements étaient durs. Il voulait réveiller les ténèbres qui sommeillaient en moi. Il me manipulait, espérant que je les laisse éclater… Pour qu’il puisse forger la X-Blade.


S’il y avait bien une question qu’il attendait de la part de Roxas, ce serait sur ce terme nébuleux.

- Je n’ai pas cédé. Alors il me les a enlevées de force. Ainsi est né Vanitas. C’est là que j’ai fait sa rencontre.


Ventus marqua une pause, balançant ses pieds dans le vide et croquant directement sa glace. Il prit un moment pour profiter de cette fraîcheur sucrée dans sa bouche. Puis il tourna de nouveau la tête vers son double. Parfois, il lui arrivait encore d’être un peu perturbé par ce sentiment de… se voir plus vieux. Mais il commençait doucement à s’y faire. Le jeune homme lui adressa un sourire, pensant que bien qu’intrigué, Roxas comprenait peut-être où il allait en venir.

- Sora. C'est lui qui a comblé la partie qui me manquait. Et c’est dans son cœur que plus tard le mien s’est réfugié.
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Trop d’infos. TROP. D’infos. Là, c’comme si j’venais de lire un livre, regardé un film ou même joué à un jeu en… vingt secondes. J’comprenais mieux le ton sérieux qu’il avait pris un peu avant. Wow… J’étais sur le cul. Le mec c’était l’apprenti de Xehanort ? Genre, rien que ça ? Et ma première réaction…

Donc c’est Xehanort qui t’as appris à tenir ta keyblade n’importe comment ?

Non mais c’était la panique, ou le stress ou c’que tu veux. J’ai même souri après la vanne, mais c’était clairement pas le bon moment. Pause, pause, pause. Fallait que je me reconcentre le temps qu’il se taisait.

C’était quand même difficilement possible son histoire. Il était plus jeune que moi, et il me parlait de trucs qui dataient de fou. Et pour autant j’avais envie de le croire parce que… putain, là j’te raconte mais tu l’aurais à côté de toi, tu comprendrais mieux. Le mec il avait aucune aucune once de connardise en lui. Non vraiment. Je regardais sa tête là, c’était à se demander s’il savait mentir.

Alors il aurait pu se la jouer t’sais. Genre « regarde, j’ai un passé de fou ». Mais vraiment, il donnait pas cette impression. Et puis… bah ça m’a fait un coup quand même en vrai. J’étais limite prêt à me foutre de ma propre gueule ! Ventus… bah ouais. Toujours en admettant que ce qu’il disait était vrai, putain en fait c’était pas mon gosse. C’était ultra bizarre comme sensation, proche de la douche froide. Genre moi j’étais content et tout et… au final c’était quoi ? Un random ? Bon, un random sympa mais… Oh t’imagines le malaise s’il m’avait laissé parler tout à l’heure. C’te con que je fais. J’suis passé à ça de la plus grande humiliation de ma vie.

Je me reconcentrais un peu sur c’qu’il me disait. Là, d’façons, il était pas question de moi. Il était question de lui. Le mec se confiait, j’pouvais pas partir sur un délire égotrip.


Attends. De quoi tes ténèbres arrachées ? De quoi forger une keyblade ?

Je comprenais rien, mais c’était pas pour autant que j’avais plus de questions.

Donc attends… Le mec, il a défoncé ton coeur ? Mais pourquoi ? A force de trop vouloir faire ressortir les ténèbres ?

Mille et une questions je t’ai dit. Autrement dit, un merdier sans nom.

Et le rapport avec Sora ? Comment t’as pu trouver refuge dans son coeur t’es pas… Attends. Si t’as perdu ton coeur, du coup ça veut dire que t’es un simili, comme moi ! Parce que t’as pas trop les yeux jaunes, t’sais comme les sans-coeurs et…

J’suis même pas sûr que mes questions suffiraient à ce que je comprenne tout ce bordel. Le mec il faisait genre quinze ans, et il avait plus de vécu que moi. Quand t’y penses, c’était quand même quelque chose de ouf. Et ça voulait aussi dire que sa crème anti-âge était pas dégueulasse et qu’y faudrait p’tête la filer à Cissneï, ouais. Nan, nan, on les as vus tes cheveux blancs, fais pas genre.

J’suis pas sûr d’arriver à comprendre ton histoire jusqu’à la fin. Détaille un peu plus, sinon j’pourrais pas suivre, qu’y fais en souriant.

Je croque moi aussi dans ma glace, un peu par mimétisme, et j’me bousille les dents. J’dis rien parce que… voilà, mais normalement dans mon regard tu peux voir le regret. Une vague de froid horrible qui vient mordre mes gencives. Dans ma bouche, j’fais sautiller le morceau de glace avec ma langue. C’est… putain de froid.
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Pendant que la Shinra fait ses affaires... pendant que peine à subsister ce qu'il reste des mercenaires... pendant que la Lumière patrouille sur ses murailles... pendant que le Sanctum prie ses dieux... pendant que le Consulat fait de l'art... la Garde Noire se prépare à la guerre. Peut-être avec l'espoir secret que les deux intrus repartent d'eux-mêmes, Jack et ses lieutenants revérifient les placements des tireurs après les avoir vérifier. Et ils les revérifieront encore, autant de fois qu'il le faudra. Rien ne peut être laissé au hasard.
L'intendant refuse désormais de s'arrêter, il va en pressant le pas, bondit à même une façade pour l'escalader. Un coup d'oeil en inspectant le toit, il saute au prochain comme si de rien n'était.

A marche forcée, rapide mais qui parait le pas léger, presque fébrile. Les différents guerriers en positions n'ont qu'à peine le temps de se retourner pour l'apercevoir que déjà, il inspecte le prochain perchoir. Les paires de tueurs sont répartis sur les toits, les plus hauts forcément et suffisement espacés pour que seul un gigantesque sort puisse éliminer deux duos en une fois. Ce qui ne se fera qu'au prix de pertes civiles auquel la Lumière ne peut se résoudre. C'est du moins ce qu'espère le Chien Noir. Sans cesser sa ronde, Jack dégaine et porte à la bouche sa radio, avec la vivacité d'un cow-boy quand commence le duel.

« Skinner, tu es en place ? » Jusqu'à sa voix a accéléré.

« Oui, Boa est là aussi. »

« Bien. » Ce n'est pas parfait, ce n'est pas très bien, ce n'est pas génial, c'est... tout juste suffisant mais dans son état, Jack considère qu'un ordre exécuté "en temps et en minutes", c'est bien. « Si Roxas et son jumeau quitte le Clocher du Crépuscule d'un bond... » Ce à quoi Jack s'attends, bizarrement. Ca lui apparait assez peu probable que l'as de la Lumière cherche à se mettre à couvert en prenant les escaliers et... impossible de savoir à quoi s'attendre de son compère. « ...vous prenez la hauteur et vous tirez depuis là. S'il descende par le bâtiment lui-même, n'essayez pas de les intercepter et repliez-vous. »

« Compris. »

« L'hippopotame est là Jack ! »

« Ah ! » Jack marche et se laisse tomber du doigt, bien content, fléchit les jambes en atterrissant. « L'ingénieur a fini de... ? »

« Oui ! Oui ! »

L'intendant sprint jusqu'à sa position et admire l'oeuvre d'art.

L'hippopotame est recouvert d'une armure d'épaisse plaque d'acier hérissé de pics, tout en noir. Deux gardes noirs, pas très massifs mais la musculature sèche et nerveuse, sont postés dessus accroupis : les mains harnachés à des tourelles mitrailleuses rivés sur l'armure de l'animal ! Tree, un garde noir extrèmement massive armé d'une gigantesque hache faisant à sa force, se tient à côté avec des yeux fiers et presque enfantin tant l'admiration y est palpable. Bien que plus rongé par le souci, Jack se permet un soupir d'admiration face à la machine de guerre.
Puis fronce d'un coup les sourcils.

« Qui surveille le chantier ? »

« Girard, Melkiore et Ben. »

Jack ne reconnait aucun nom... fouille dans la poche de sa chemise à carreau noire et violette, la poche sur sa poitrine. Ses doigts fouillent activement la poche et en extirpent des petits bouts de papiers, un ou deux s'envolent sans qu'il ne le remarque ; avant qu'il en inspecte un. Un post-it froissé et sale. Un coup d'oeil puis il le range.

« Ca va. »

Jack jette un regard inquiet en direction du clocher du crépuscule... et repart peaufiner les détails.

« Allez vous mettre à l'abri dans la Gare Shinra et ne sortez que quand je vous le dis. »
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- Je sais pas.


Ven éclata d’un rire clair, franchement amusé par la manière dont son récit parvenait à déstabiliser autant Roxas que lui-même. Sa montagne de questions l’avait honnêtement submergé. Il n’était même pas certain de comprendre toute l’étendue de ce qui lui était arrivé à cette époque. Il n’avait jamais été doué pour appréhender et expliquer les choses compliquées. Après lui avoir demandé d’écouter son récit, il ne pouvait tout de même pas le laisser dans une telle détresse, sans réponses ! Alors il allait simplement essayer. Qu’importe si son ressenti était erroné, il voulait au moins tenter.

- J’ai perdu la mémoire par la suite.


A moins qu’alors, il ne possédait déjà plus à cette époque de souvenirs antérieurs à ces événements ? Bon sang, mais qui était-il vraiment ? D’où venait-il ? Que lui était-il arrivé ? Et qu’en était-il de Vanitas ? S’il était retourné à lui lors de leur confrontation. Si celle-ci avait bel et bien morcelé son cœur, qu’en était-il aujourd’hui ? Était-il toujours en lui ? L’angoisse commençait à le prendre et… une douleur au crâne le lança. Si aiguë que ses mains s’y cramponnèrent et qu’il se recroquevilla sur lui-même. Non, il le réalisait bien. Et plus il y pensait, plus la douleur s’accentuait.

Quelque chose manquait toujours.

- Euh… Tout va bien ?


Ventus releva son regard. La main de Roxas venait de refermer sur son épaule, attirant son attention. Le visage de son ami s’était penché vers le sien, inquiet. Il n’y pensait plus. Ne souffrait plus. Tout ce qui lui importait, désormais, c’était de…

- Oui, excuse-moi. Je… ça va.


Le jeune homme reprit une position normale et observa le paysage, profitant une nouvelle fois de sa glace qui commençait à fondre de manière plus sérieuse. Il y eut un certain temps de silence durant lequel il continua de savourer ce goût sucré et salé. Désormais de nouveau calme, il pouvait reprendre, réessayer de lui expliquer.

- Je me souviens du bruit des vagues, puis j’ai entendu sa voix. Et nos cœurs se sont connectés.


C’est ainsi, avec cette douceur, cette tendresse que Sora l’avait secouru pour la première fois. Il avait comblé le trou que Xehanort avait laissé dans son cœur lorsqu’il avait donné naissance à Vanitas. C’était également en lui qu’il avait trouvé refuge une fois qu’il était parvenu à empêcher la création de la X-Blade. Ven était bien embêté. Sora n’était jamais revenu de la guerre de Sherwood. Il lui avait tant donné, tant fait pour lui et il n’avait jamais pu lui rendre la pareille.

Ventus aimerait tant partir. Il aimerait tant penser qu’il pouvait prendre cette décision. Chercher ses amis. Sora, Terra. Leur venir en aide, les secourir comme ils l’avaient fait tant de fois chacun. Et pourtant, il ne pouvait plus vraiment. Il devait diriger ses efforts vers ses entraînements. Le soutien à la Lumière. Le maintien de l’ordre et de l’équilibre. Ainsi était cet univers dont l’équilibre n’avait jamais tant été en péril. Tant de personnes souffraient, des mondes nécessitaient du soutien, de l’assistance, de la surveillance. Et pourtant, il se le promettait.

Un jour, il les trouverait et arrangerait tout.

Ven sourit, apaisé par cette pensée, enfonçant une nouvelle fois le bâtonnet dans sa bouche. Il avait hâte de passer à la suite du récit, la plus importante à ses yeux.

- Xehanort m’a emmené à la Contrée du Départ où j’ai vécu les années suivantes. Les meilleures de ma vie ! Insista-t-il en croisant de nouveau son regard, tout en pointant le ciel avec ce qu’il restait encore de sa glace. C’est comme ça que je les ai rencontrés… Terra et Aqua.
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T’sais c’que j’me dis là ? Que j’me plante depuis le début. J’me félicite p’tête même d’avoir quelques connaissances sur le sujet maintenant parce que ça m’permet d’établir un angle de réflexion. Tiens toi bien, parce que ça va être compliqué, même moi j’suis pas sûr de suivre.

Y’m’dit que son coeur a été détruit chais pas quoi. Du moins que ses ténèbres ont été arrachées et qu’il a du rejoindre le coeur de Sora. Si on essaye de le dater… il me dit que c’était du temps d’Aqua donc… ça remonte. Ça veut dire que moi, j’étais pas là. J’pense que tu commences à voir où je voulais en venir.

J’ai aucune idée du procédé hein, mais il a rejoint le coeur de Sora parce que le sien était incomplet. Ça veut dire que quand Sora a perdu son coeur, quand il a fait son bolosse là pour sauver Kairi… Bah quand j’suis né en fait. Rah putain c’est compliqué, mais c’que j’veux dire c’est que j’suis p’tête pas le simili de Sora. J’suis p’tête le simili de « Sora avec un coeur qui abrite un autre ». Et… là, ça me casse quand même bien les couilles, parce que ça veut dire que ma gueule à moi… c’est pas ma gueule.

J’préferais la version où j’avais un gosse caché. J’avais l’impression de pas être authentique, à moitié. Mais j’allais pas non plus l’engueuler hein, c’était pas sa faute.

Et puis… ça soulevait un autre point. Encore plus bizarre. Comment il avait réussi à découper son coeur en deux, l’autre vieux là ? Pourquoi Ventus s’est pas transformé en sans-coeur à ce moment là ? Et est-ce qu’il les a retrouvés ses ténèbres, ou c’est un genre de princesse de coeur ?

Non, mais… Si j’avais su qu’aller bouffer une bête glace allait remettre en question tout ce sur quoi j’me suis basé. J’avais l’impression d’être con d’un coup et de plus rien comprendre. Mais bon, passé le choc j’allais continuer de l’écouter. J’arriverais p’tête à comprendre des trucs avec la suite de son histoire. N’empêche qu’il m’avait jamais paru aussi étranger qu’à cet instant. Merde.

Il en est venu à me parler de ses potes, et c’était un autre truc qui me frappait de ouf. Ça servait complètement à rien de l’analyser, mais regarde… Sora, il avait deux potes… enfin plus, mais on pouvait faire des trios. Genre… Sora, Kairi, Riku, puis Sora Donald et Dingo ! Ventus était dans le même cas, avec son Terra et Aqua. Et moi, c’était pareil. Y’avait Axel et… et… bah non. Putain, j’avais l’impression que. A voir plus tard. A carrément voir plus tard, parce que j’étais déjà reparti et je l’écoutais plus qu’à moitié.

Donc en gros, on était genre une famille quoi. Sora c’était … comme mon frère, et par ricochet, Ventus aussi. On avait qu’à dire qu’on était jumeaux alors ! Ça faisait genre… qu’on avait tout les deux une personnalité et que c’était pas l’un qu’avait copié sur l’autre. J’sais pas ?

Je regardais le ciel nocturne en continuant de l’écouter, terminant ma glace mais doutant pas une seule seconde que quelques gouttes auraient pu tomber en contrebas, sur le parvis de la gare. Je regardais le bâtonnet pour voir si j’avais gagné, mais non.

Je gardais le bâtonnet en me retournant vers lui.


Vas-y, je t’en prie continue, t’arrête pas, lui souriais-je. Promis, si j’suis en galère, j’t’arrête et j’te dis ce que j’ai pas pigé !

Je tendis mon pouce dans ma direction, j’sais pas pourquoi je faisais ça, quelque part, c’était con.
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