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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

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J’étais là à attendre des nouvelles des autres. Les réserves de café avaient grandement diminué tout au long de l’après-midi, il m’avait au moins fallu ça pour ne pas succomber à l’ennui. J’étais seul dans une maison au luxe plus que discutable. Si j’avais pu croire que le fait d’être au calme m’aurait été bénéfique, il n’en était rien. J’étais dans l’attente de quelque chose que je parvenais pas à définir. Je voulais juste… arrêter d’observer ces quatre murs qui m’entouraient. Devant éviter autant que possible de sortir d’ici, ma vie à ce moment précis n’était pas très loin de celle que pouvait avoir un prisonnier.

Mon gummiphone finit par vibrer, ce qui me laissa afficher un sourire. Enfin des nouvelles, en provenance de Reno de surcroît. Gageons qu’elles sauraient s’avérer utile.


Oui ?

« Ouais. Ça se passe comme vous voulez, el Presidente ? »

Vous n’avez rien d’un espagnol. Vous avez du nouveau ?

« Ouais… plusieurs trucs ! Vous préférez que je commence par le laptop de Blake, ou de ce qu’on a découvert en le filant ? »

J’allais pour lui témoigner mon mépris, mais me ravisais.

Commencez par son ordinateur personnel. J’imagine que vous avez reçu les analyses, qu’ont-ils découvert ?

« Ben là, on a clairement son relevé de compte. Donc y’a bien des virements de la part de Pavani, c’est mensuel. On a aussi une correspondance avec lui, ça parle de services rendus, de port d’armes illégaux passés à la trappe… On a appris aussi que l’un de ses fils, le plus grand est actuellement scolarisé au Jardin Radieux. Une grande école, bien chère, vous voyez le genre. Bref des trucs intéressants quoi. Je vous fais parvenir une copie sur votre gummiphone, que vous puissiez potasser un peu tout ça. »

J’amenai ma main libre à mon menton, c’étaient de bonnes nouvelles pour sûr.

Et donc, à propos de cette filature ?

« Là c’est plus compliqué, le mec est super précautionneux. Rien d’étonnant d’façons, vu que Rude à défoncé sa porte ! »

Je le devinais se tourner vers lui à ce moment là.

« Donc ouais, il est sorti vachement tard du commissariat, sûrement dans les derniers. Il a pris sa voiture et de là on a commencé à le suivre, sauf qu’il a commencé à faire des détours sans grand sens, sûrement pour vérifier si quelqu’un était sur ses traces. »

Vous avez été repérés ?!

« Non, pas du tout. Il aurait changé de cap dans ce cas. Non, il a fini par se rendre à l’hôtel Marque- »

Donc, chez Pavani. J’imagine qu’il pense que nous contrôlons ses télécommunications.

« Voilà, on l’a pris en photo, il est identifiable dessus et il est ressorti au bout de quoi ? Cinq minutes ? »

Donc il n’a pas pu être reçu, sûrement Pavani était-il trop occupé avec nos deux Arad. Et ensuite ? Faites moi parvenir ces photos que je constitue un dossier. Soit le maire soit sa femme sera sûrement ravie d’apprendre que Blake fréquente des lieux de débauche.

« Ensuite il s’est arrêté dans une cabine téléphonique, il a passé un appel avant de rentrer directement chez lui. C’est pas du tout le comportement d’un mec qu’a rien à se reprocher. »

J’entendis la porte s’ouvrir au loin. Je me redressais d’un bond sur le canapé et jetai un oeil dans sa direction. C’étaient nos deux agents spéciaux qui venaient de rentrer.

Si vous avez fini Reno, je vais devoir vous laisser. Retournez à la suite et faites part de vos découvertes à Veld. Je vous transmettrai vos instructions demain en fonction de ce qu’elles me raconteront. Bonne soirée.

« Ça marche, bo- »

Je reposais mon gummiphone sur la table basse avant d’aller à leur rencontre et de les accueillir. Je les dirigeais vers le salon avant de m’affairer à la préparation de trois tasses de café. Je finis par les apporter sans le salon. Après tout, c’est un peu comme si elles étaient mes invitées.

Détendu, probablement à cause du cadre moins formel imposé par l’heure et la situation, je pris une gorgée de café avant de le reposer sur la table basse.


Je vous attendais, pour tout vous dire. Quelles sont les nouvelles ?

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1H23, un mercredi soir Dd736708773db3f50ba2
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Il est tard. Les bourrasques de vent marin s’engouffrent dans nos vêtements à intervalles réguliers. Odile accélère le pas en se repliant sur elle-même pour se protéger du vent. Nos vestes légères par dessus nos tenues d’hôtesses n’y changent pas grand-chose. Toujours scrupuleuses, à chaque coin de rue, nous veillons à ce que personne ne nous suive sans avoir l’air pour autant suspectes.

Juste avant d’arriver à la maison, Odile m’interrompt en tendant sa main au niveau de ma poitrine.

-Attends.
-Quoi ?
-Qu’est…ce que tu vas lui dire ? Au Président, je veux dire.
-Non.
-Quoi ?
-Non, je ne vais pas parler de ce à quoi tu penses. Parce que je ne pourrais pas expliquer comment nous avons réussi à nous débarrasser de « ça », ni comment je suis entrée dans la chambre, et encore moins comment je compte faire « le » faire apparaître demain en plein jour.
-D’…accord.

Elle a l’air rassurée. Cela me semblait pourtant évident.

-Non, nous avons bien d’autres choses à raconter. Je suppose…

Je croise son regard.

-…qu’il sera content.

Je l’espère en tout cas. Nous nous remettons en marche et arrivons devant la porte que nous ouvrons à l’aide du double qui nous avait été laissé. Je laisse Odile passer devant moi. Quelle n’est pas ma surprise en voyant mon employeur, cette personne en tout temps inaccessible arriver à notre rencontre, presque… chaleureusement ? Etrangement, je baisse les yeux, sans trop savoir pourquoi. Peut-être est-ce parce que je crains de l’impact qu’il semble avoir sur moi, mes réactions, mes ténèbres. Puis nous nous asseyons, dans le même canapé, sur son invitation et nous sommes bientôt réconfortées avec un café.

-Oh… Merci. C’est réconfortant.

Encore fébrile, Odile saisit la tasse entre ses deux mains rougies par le froid et se laisse aller à un soupir d’apaisement, fermant les yeux, un sourire aux lèvres. Il faut croire qu’elle récupère vite de « ses émotions », et c’est aussi pour cela qu’il est bon de travailler avec elle. Maladroitement, je l’imite.

-Oui, euh… merci.

Nous goûtons à la boisson, je suis plus absorbée par le comportement de mon employeur en face que par son contenu. Il semble… différent. Je n’irais pas jusqu’à dire que nous allons passer une soirée entre amis, mais son attitude est plus… ouverte.

-Alors Nina, tu lui expliques ?
-Quoi ?

Sa question me ramène à la réalité assez violemment. Je tourne la tête brusquement dans la direction de mon simili et la fais presque sursauter.

-Eh bien, ce que nous avons retiré de cette soirée.
-Ah. Oui.

Je me racle la gorge, alors que je n’en ai pas besoin, pour reprendre mes esprits. J’ai conscience d’être en train de me ridiculiser. Non, je ne peux pas. Je lève les yeux vers le Président qui attend déjà depuis quelques instants que les mots sortent de ma bouche.

-Tout d’abord, Odile a réussi à convaincre Pavani de nous prendre directement à son service.

J’essaie d’avoir l’air le plus neutre possible. Ils me regardent tous les deux, comme s’ils attendaient une suite.

-Mais encore Nina ? Oh, désolée, je crois qu’elle est un peu fatiguée.

Comme enjouée par la situation, Odile reprend immédiatement le contrôle de la parole.

-Monsieur Pavani m’a demandé si je me plaisais à mon poste actuel. C’était sans doute un peu rapide mais… je pense avoir compris que c’était un homme d’action, et d’instinct. J’imagine que cela peut autant l’aider que le desservir. Il m’a aussi demandé quelles étaient mes aspirations, j’ai dit que je souhaitais être au contact des gens qui changent le monde. Bref, j’imagine que ça l’a flatté. A présent, il souhaite que nous travaillions pour lui dans les soirées privées qu’il organise dans son appartement, que nous fassions le service, l’accueil, bref, ce que nous faisions déjà un peu en bas mais pour sa clique.  Il a dit que cela se déroulerait environ une soirée sur deux. Je ne prétends pas qu'il n'y a aucune chance pour que cela soit un piège, mais dans ce cas, il se donne beaucoup de mal...

Je hoche la tête.

-Et pendant ce temps là…?

Ah oui, c’est à moi. Tandis que je regarde Odile attraper un plaid et le déposer sur ses épaules, je me concentre sur la façon avec laquelle je pourrais présenter cela.

-Je… j’ai réussi à avoir accès au bureau de Pavani.

Sans un regard pour mon interlocuteur, je me lève brusquement et j’attrape de quoi écrire, un stylo-bille et… une serviette, c’est tout ce que je trouve. Je me mets alors à esquisser le plan de l’appartement, ou du moins ce que j’en ai vu.

-Là il y a le grand salon, il donne sur la chambre de Pavani, probablement sur une salle-à-manger et une cuisine. Il y a aussi une porte là, qui, vraisemblablement donne accès à un hall de nuit donnant lui-même sur d’autres chambres. Mais le plus intéressant se situe au niveau du hall d’entrée. Là, il y a la chambre de l’homme de main, là, le poste de sécurité avec des caméras, là une salle de bain et puis… là, un bureau.

Je lève les yeux vers l’intéressé pour voir s’il suit. Il hoche la tête, attendant la suite.

-Je… je… suis parvenue à entrer dans le bureau.

Je ne peux pas ne pas parler des caméras de surveillance. Non, il doit savoir que les lieux sont surveillés et qu’on n’y entre pas comme dans un moulin.

-Le poste de surveillance donne une vision sur les caméras. J’en ai vu dans le salon, et dans le bureau, dans la chambre du garde-du-corps  mais pas dans le hall et la salle de bain.

Comment expliquer que je n’ai pas été vue en entrant dans le bureau ?

-J’ai réussi à désactiver momentanément la caméra. Et j’ai pris des photos à l’intérieur. Avant que les hommes ne se rendent compte de cette panne et ne viennent vérifier.

J’attrape mon gummiphone dans ma poche, sélectionne les photos et lui tends pour qu'il puisse voir de lui-même.

-Voilà ce que j’ai pu photographier. Je ne sais pas si… c’est intéressant à vos yeux, mais le deuxième dossier, sur « the Bloody Key » a particulièrement retenu mon attention.

Le Président semble curieux de savoir pourquoi, il me le fait comprendre d’un regard.

-D’abord, par la tête des plans. Je ne comprends pas à quoi servent toutes ces petites cellules. Ensuite, parce que « Bloody », connaissant un peu l’homme, je ne crois pas que cela soit innocent.
-A qui le dis-tu.

Je tourne les yeux vers Odile, puis elle me fait un signe de la main tout en continuant de vider sa tasse.

-Et ensuite à cause de ce post-it où il est inscrit « Histoires de Grimm ». L’on pourrait croire que c’est l’endroit où Monsieur Pavani souhaite faire construire son club mais… je ne crois pas que cela soit ça. Et je me dis…
-Qu’il y a peut-être matière à trouver quelques informations compromettantes derrière ce projet. Je le crois aussi. Si le décrédibiliser est toujours ce que vous souhaitez, Monsieur.

Nous le regardons toutes les deux, fixement. Que va-t-il penser de tout cela ?


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Je l’avais regardée dessiner le plan du penthouse avec attention, écoutant et enregistrant le moindre des faits qu’elle me rapportait. Son débit était rapide, à tel point que j’éprouvais quelques difficultés à tout comprendre. Je ne l’interrompis pas pour autant, et ne lui posais des questions que lorsqu’elle eût terminé.

Attendez, attendez… Il y a un surplus d’informations. J’aurais plusieurs questions.

Je raclais ma gorge avant de me saisir d’un cigare que je portais jusqu’à mes lèvres. Je me saisis de mon briquet avant de m’interrompre, croisant le regard d’Arad soeur. Je me levais du canapé et allais ouvrir une fenêtre avant d’enfin l’allumer. Je pris une bouffée que je recrachais en direction de l’extérieur avant de passer derrière le canapé. Je crois qu’être debout m’aider à réfléchir.

Vous êtes entrée dans son bureau. C’est une bonne chose. Mais… comment avez-vous fait pour y accéder aussi facilement ? A vous entendre il s’agissait là d’un jeu d’enfant.

Peut-être comme si Pavani avait compris et l’avait délibérément laissée faire ? Ce genre de déductions seraient beaucoup plus simples si j’avais pu le côtoyer.

Par ailleurs, vous me parlez de caméras, mais comment avez-vous pu les désactiver ? Comment pouvez-vous être sûre de ne pas avoir été vue à ce moment là ?

Désactiver une caméra n’était pas chose aisée. Il existait plusieurs façons de le faire, mais si Pavani était aussi précautionneux que je le croyais, il était équipé en haut-de-gamme. Les meilleurs modèles préviennent de ce genre de tentatives en déclenchant une alarme silencieuse si certains câbles sont coupés, par exemple. A partir de là, il était impossible de savoir si Pavani n’avait pas orchestré sa soi-disante négligence.

Je me rassieds pour leur faire face à toutes les deux, plongeant mon regard dans le leur. Leur réaction à ma prochaine question me permettrait d’y voir un peu plus clair.

Odile, vous venez de le décrire comme un homme d’action et d’instinct. Il n’est pas impossible que vous ayez vu ce qu’il avait envie que vous voyiez, dis-je me retournant vers sa soeur. Ne vous méprenez pas, je ne doute pas de votre efficacité ici, ce que vous avez accompli n’est pas négligeable, cependant je n’écarte aucune possibilité. Ce serait la meilleure façon de courir droit dans un piège.

Je leur portai la plus grande attention dès cet instant.

Avez-vous été témoins de quelque chose pouvant amener à croire qu’il connaîtrait vos véritables identités ?

Machinalement, je pris une autre bouffée de tabac avant de la souffler au dessus de nos têtes. Depuis mon arrivée à Costa Del Sol, je n’avais cessé de répéter qu’il ne fallait pas céder à la paranoïa, et c’était bel et bien ce que je faisais. Il était difficile de garder les idées claires lorsque l’on était plongé dans une situation en permanence.

Mais pourquoi les embaucher aussi vite alors qu’elles pourraient être témoin de nombreuses discussions privées ? Pourquoi leur permettre de fréquenter tout son cercle, sans même avoir pris le temps de les connaître et de s’assurer de leur fiabilité si ce n’est pour les piéger. Là-bas, elles étaient seules et…

Je tournais mon regard vers celle des deux qui semblait avoir le moins de contrôle sur la situation.

… et Pavani n’était pas seul, lui. Armé, de surcroît. Et ce en toute impunité, d’après ce que les analyses de l’ordinateur de Blake nous avaient démontré. La présence de ce commissaire commençait à se faire de plus en plus pesante. Il faudrait que je pense à m’en occuper personnellement les jours qui viennent, mais pour ça je devais attendre de faire évacuer ma secrétaire afin de la protéger de tout dommage collatéral.

Pour l’heure j’attendais leurs réponses avec le plus grand intérêt. Si Arad première du nom était effectivement sûre de son entreprise, alors elle possédait des compétences non négligeables. Et si tel était le cas, alors quelle en était toute l’étendue ?

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1H23, un mercredi soir Dd736708773db3f50ba2
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En entendant Rufus Shinra aller au bout de ses réflexions, démonter chacune des avancées de Nina en insinuant qu’elles ont été acquises avec trop de facilité, Odile sent que cette dernière est en train de se retendre à nouveau. Le sans-coeur est allée même jusqu’à chercher un peu de soutien chez son simili, l’air… suppliant ? Il fallait s’y attendre évidemment, l’homme étant loin d’être idiot, il s’est posé les questions qu’il devait se poser pour assurer la pérennité de son plan. Mais comment aurait-elle pu présenter les choses autrement pour expliquer qu’elle était entrée en contact avec ces documents ? Non, il y a forcément un moyen de se sortir de cette situation inconfortable.

Nina s’apprête à reprendre la parole, mais Odile pose sa main sur l’épaule de sa soeur, comme pour la soulager de ce fardeau.

-Excusez-la.

Elle prend un air solennel et fixe le Président dans les yeux, sans faillir.

-Nous n’avons pas été tout à fait transparentes avec vous. Et effectivement, si nous n’avions pas… forcé l’ouverture, d’une certaine façon, il aurait été beaucoup trop évident qu’on nous invitait délibérément à entrer dans une pièce de cette importance. Je…

Elle tourne les yeux vers Nina qui les garde baissés.

-Sans doute cela ne vous intéressera-t-il pas mais… Notre père était un mage puissant. Il nous a transmis une partie de ses pouvoirs il y a des années, avant de disparaître.

Cette histoire est  presque identique à la réalité … si ce n’est qu’elles n’étaient pas plusieurs mais bien une descendante. Rothbart était un mage puissant à Histoires de Grimm, et il avait transmis ses pouvoirs à sa fille unique, Odile.

-J’ai une certaine prédisposition avec la magie. Je suis donc capable d’ouvrir des portes verrouillées. Avec tous ces pouvoirs qui parcourent nos mondes, j’imagine que cela ne doit pas vous impressionner outre-mesure. J’ai donc verrouillé et déverrouillé cette porte à distance.

De fait, le simili a toujours surpassé le sans-coeur en matière de magie et force psychique. L’important est d’éloigner Rufus Shinra de l’idée que Nina est capable de traverser des murs, ou des portails. N’étant pas capable de déverrouiller des serrures, il ne faudrait pas qu’il croit  qu’elle en est capable, cela pourrait la mettre dans une position inconfortable..? Le sans-coeur parvient à reprendre son calme, elle soupire et poursuit.


-Je ne suis pas aussi à l’aise avec la magie que ma soeur mais je…

Nina lève la main et fait apparaître une boule noire, qu’elle fait voler dans la direction de son employeur. Celui-ci a un léger mouvement de recul en la voyant approcher de son visage.

-N’ayez crainte. Elle ne vous fera pas de mal.

Elle l’étire en faisant un mouvement avec ses mains qui s’écartent et lui fait prendre une forme de grand cercle noir.

-J’ai caché la vision de la caméra avec cela. C’est tout. J’ai tendance à ne pas m’étaler sur le sujet car… ce genre de pouvoir a tendance à effrayer les foules.

Ils restent silencieux quelques instants tandis que le planisphère ténébreux gravite autour de Rufus Shinra. C’est un demi-aveu.

A la dernière question du Président, évidemment, elles ne peuvent totalement répondre, lui révéler que Hick avait découvert l’identité de Nina, pour qui elle travaillait et qu’il faisait chanter Odile. A moins de lui révéler cette histoire de portail, ce qui finirait d’écarter le Président de Nina, à la lumière de sa véritable nature. Non, si elles en parlent, il posera les questions qui fâchent « qu’avez-vous fait du corps ? Où se trouve-t-il ? Nous devons envoyer quelqu’un. ».

De plus, Odile continue d’être persuadée que Hick était un homme perfide, oui, mais qui savait où étaient ses intérêts. Une relation de confiance avec Rufus Shinra, cela ne se refuse pas, bien au delà du pouvoir très localisé de Pavani.

-Je ne vois pas non. Mais comme vous dites, tout est allé très vite, il se peut que quelque chose nous échappe. Il se peut que Pavani souhaite que nous enquêtions sur cette histoire de club, pour détourner l’attention d’un plan qu’il aurait pour… vous éliminer.

Elle boit encore une gorgée et observe l’homme tourmenté par toutes ces possibilités à travers le nuage de fumée qui l’entoure.

-Il se peut aussi qu’en dépit de toutes nos précautions nous ayons été suivies et qu’il sache que nous sommes ici en ce moment.

Elle fixe alors la fenêtre donnant sur la rue, même si elle est actuellement recouverte par un épais rideau.

-Mais dans ce cas, pourquoi ne pas vous éliminer tout de suite, alors que c’est si facile ? Vous êtes seul, avec nous. Et pourquoi avoir tenté de le faire plus tôt dans la journée assez directement ? Je ne peux pas vous promettre qu’il n’y a pas de risque. Mais si je comprends bien, le plus grand risque est…
-Pour nous.
-C’est cela, laissez-nous enquêter sur cette histoire de Bloody Key. Je trouve que ce plan semble… plutôt convaincant pour un projet qui serait fait, « juste pour faire semblant ». J’imagine que vous n’y perdez pas grand-chose, de toute façon.


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Je m’assieds dans le fond du canapé alors qu’Odile terminait d’exposer ses pensées. Le petit spectacle d’Arad m’apportait quelques lumières sur … une infinité de choses. Si l’on en croyait les livres et nos recherches, seuls les coeurs tournés vers l’obscurité étaient capables de telles choses. A en croire ce que me racontait sa soeur, ce n’était pas une faculté qu’elle avait acquise hier, ce qui pouvait en dire long sur sa manière de procéder.

Intéréssé ? Peut-être. Mais un problème m’apparaissait.


Je vous confie nos avancées. Je vous traite comme je traite mes hommes. Peut-être même me suis-je à un moment surpris à me soucier de votre sort durant votre absence…

Je repris une autre bouffée de tabac que je laissais plus longtemps dans mes poumons.

Si vous disposez d’autres atouts comme celui-ci, je vous serais gré de m’en tenir informé. Il serait dommage de s’en priver.

Evidemment, cela pourrait avoir des répercussions sur son coeur. Mais les Turks par exemple avaient depuis longtemps laissé tomber l’idée que leurs coeurs soient emplis de lumière. Veld, le premier et ce malgré le code qu’il s’imposait.

Je tournais le regard vers la fenêtre. Jamais elle ne m’avait paru aussi suspecte que depuis qu’Odile avait évoqué la possibilité d’être sur écoute. Heureusement, ses mots avaient eu le mérite de me rassurer quant à la situation actuelle. Elle avait vu juste ; bien que l’erreur la plus commune était de sous-estimer ses ennemis, je doutais que Pavani soit doué d’une intelligence aussi poussée. Preuve en était qu’il avait osé s’attaquer à moi.

Elle était aussi revenue sur cette histoire de « Bloody Key ». L’une de ses possessions en chantier en Histoires de Grimm. Elles avaient l’air de s’intéresser à ce lieu, et ce même si elles n’avaient apparemment vu que l’ébauche de plans.

Quel pouvait être l’intérêt de faire construire un bâtiment censé recevoir du monde dans un monde si… loin de tout ? Aucunement moderne, il ne m’était apparu que comme désuet, dénué d’intérêt. Mais c’était le leur, et peut-être avaient-elles senti leur chez-elles menacé ?

Je portais la main à mon menton, signe trahissant ma réflexion.


Si vous sentez qu’il s’agit d’une piste sérieuse, alors je vous fais confiance, Odile. Plusieurs fois déjà vous m’avez démontré disposer de bonnes capacités d’analyse. Si vous n’y voyez pas d’inconvénients, et si vous êtes toujours disposée à nous aider, j’aimerais que vous alliez toutes les deux y faire un tour demain.

Je repris une gorgée de café, m’apercevant qu’il commençait déjà à refroidir. J’en repris donc rapidement une deuxième.

Quoi que vous y découvriez, notez-le quelque part. Histoires de Grimm n’est pas la porte à côté, et il serait regrettable que des éléments vous échappent lors du trajet retour. De plus, si vous étiez amenées à prendre des photos, n’étant pas employée de nos services…

Je me saisis du stylo et d’une autre serviette, similaire à celle dont Arad s’était servie pour dessiner les plans, et écrivis mon numéro dessus. Je reposai le stylo sur la table basse et fit glisser le morceau de papier en direction de l’intéressée.

Vous pourrez me joindre directement de cette façon.

Je me levai et retournais près de la fenêtre que je finis par fermer. Je me retournais vers elles avant de me diriger vers les escaliers menant à l’étage, et donc aux chambres.

Je n’ai rien de plus à ajouter, dis-je en tendant la main en direction des escaliers. [b]Je vais donc vous laisser pour ce soir, n’oubliez pas de verrouiller la porte lorsque vous irez vous coucher. [/b]

Sans leur accorder le moindre regard, l’esprit déjà reparti sur ces histoires de « Bloody Key », je montais les marches et entrais dans l’une des deux chambres que comportait la location. Il était temps pour moi de me reposer ; j’avais la sensation que demain serait le jour où nous commencerons enfin à sortir de la confusion.


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Il est monté. Nous sommes à présents seules dans ce petit salon. Après le départ du Président, Odile s’est levée pour éteindre la dernière lumière subsistante, nous sommes donc plongées dans le noir. Je peux à peine distinguer son ombre dans cette pénombre, et son expression m’est encore plus inconnue.

Je n’ai pas fait disparaître la masse ténébreuse qui narguait mon employeur quelques instants plus tôt, je joue avec elle, la manipulant et lui faisant prendre plusieurs formes. Cela me calme en quelques sortes.

-Ca va ?

Elle ne peut pas le voir mais instinctivement, je mime une expression d’impuissance. Je ne sais pas, je ne sais pas si ça va. Mais voilà, je ne peux pas me permettre de m’exprimer en laissant sortir mes ténèbres, il est à l’étage, il pourrait aussi bien tout entendre. Je choisis cette fois de ne pas la faire culpabiliser, puisque visiblement, ça ne sert à… rien.

« Je vous traite comme un de mes hommes », c’est ce qu’il a dit, n’est-ce pas. Des plumes noires commencent à sortir de ma peau. « Me soucier de votre sort », en le répétant intérieurement, une ombre puis deux apparaissent autour de la table basse où résident les tasses vides.

-Qu’est-ce que tu fais ?

Mais c’est bien « Je vous fais confiance, Odile ». Ou encore « vous pouvez me joindre directement à ce numéro ». Dans quel monde quelqu’un de ma condition s’infligerait pareil discours, se laissant écraser de la sorte. Passer au second plan ? Être la source d’une profonde déception. A dire vrai, je commence à croire que je gère mieux mes ténèbres que ce que ma sœur semble croire. Car, peu de sans-cœurs peuvent se vanter d’en avoir fait si peu après en avoir entendu autant ou brûlé autant intérieurement.

Je me lève brusquement.

-Je vais chasser dans un autre monde. Tu peux aller dormir, ne m’attends pas.
-Si tu voyages trop, tu risques de te fatiguer pour demain.
-Je ne veux pas faire ça ici. J’en ai marre de devoir faire attention à… absolument tout.
-Alors n’y va pas, et reste ici.
-Je serai de retour avant le réveil du Président.

Dans la nuit je distingue que Odile se prendre le front dans la main.

-C’est de ma faute, c’est ça ?
-Non, de la mienne.

Je n’essaie pas de la décharger d’une quelconque culpabilité, je suis… simplement honnête. Il semble que j’aie commis une erreur de jugement en la faisant venir ici, ou en révélant que j’étais aidée. Bref, n’ai-je pas fait que cela, des erreurs ? A l’entendre, lui, …

Bref. Maintenant qu’elle semble indispensable et que je suis pratiquement considérée comme son assistante, je suis bien forcée d’accepter les règles, le temps que cela durera.

-Prends au moins ton gummiphone… si jamais tu as besoin d’…

Et je disparais avant de lui laisser le temps de finir sa phrase.
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