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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

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La zone se rapproche, les environs ne vont pas tarder à être envahis par les derniers concurrents. Vous êtes tous prêts ?

Nous avions finalement investi la serre et avions fabriqué un petit abri avec des restants de caisses qui trainaient ça et là. Nous avions une vue directe sur les portes qui, malgré quelques barricades, se verrait enfoncée d’une minute à l’autre. Nous attendions peut-être une vingtaine de personnes, tous finalistes, et probablement armés jusqu’aux dents.

La serre comportait de nombreux chemins, mais seuls deux menaient à notre perchoir. Nous avions redistribué les munitions de façon a ce que les quatre Turks restants puissent se charger d’une tâche en particulier. Freyra et Rod étaient équipés de lance-roquettes et avaient pour mission de tirer en alternance sur les portes dès lors que la foule de participant les forceraient. Reno et Juget, eux, portaient des pistolets semi-automatiques et devaient s’occuper des participants approchant un peu trop de notre position. Enfin, devant moi se trouvait mon canon scié, ainsi qu’un troisième lance roquette récupéré de l’équipe secondaire.


On attend qu’ils passent les portes, ou on les bousille dès qu’ils sont à portée de tir.

Vous attendez que les portes soient enfoncées, de cette façon le souffle de l’explosion pourra plus facilement se propager. Si nous ne les faisons pas tous exploser, certains pourront peut-être éliminés par leurs brûlures.

Le temps passe, et je sens une tension monter entre nous. Elle est presque palpable. Nous imaginons ce à quoi nous allons devoir faire face sans vraiment n’avoir aucune certitude. Il n’y a pas qu’une inconnue, ici, et nous ne pouvons pas nous préparer plus que nous ne le sommes déjà avec autant de données manquantes.

Scarlett, vous savez ce que vous avez à faire ?

A dire vrai, je ne donnais pas cher de sa peau lors de cette dernière phase. Il fallait appeler un chat un chat. Si elle était encore en lice aujourd’hui, c’était surtout grâce aux Turks et à la chance qui était de son côté. Je ne la méprisais pas pour autant, en disant cela. Mais si les Turks devaient choisir entre elle et moi… ils ne se poseraient même pas la question.

Des coups de feux commençaient à raisonner au loin. La distance et l’épaisseur des murs faisait même ressembler ça à des coups de tambour et pourtant… L’heure approchait, les retardataires étaient en route. Dans quelques minutes la zone les aurait rapprochés à portée de tir.


Comme en mission. Je ne veux pas de pitié, pas de demi-mesures. Vous tirez pour tuer, pas simplement pour blesser.

J’espérais au moins abattre le quart des participants dès lors qu’ils franchiraient les portes. Peut-être le tiers en restant optimistes. Des silhouettes commençaient à se dessiner au loin. Certaines se dépêchaient d’arriver sur les lieux pour récupérer les meilleures cachettes. Au travers des fenêtres nous pouvions voir leurs sourires retomber dès lors qu’ils comprenaient que l’arène finale n’était qu’un fort à défendre, dans un cul de sac.

Nous avions au moins l’avantage d’avoir pris connaissance du terrain, et d’avoir pu l’investir sans rien pour nous gêner. Si ce n’est cette fameuse boîte mystérieuse nous ayant coûté la vie de deux de nos hommes. J’ouvris les communications pour joindre les Turks présents sur les hauteurs.

Qu’est-ce que cela donne, quelques rues plus loin ?

C’est la cohue. Les gens se pressent de rejoindre la zone, mais plusieurs groupes tentent de s’éliminer en chemin. Je dirais que cette fois-ci, il n’y a vraiment plus de règles.

Très bien, gardez nous informés de la situation à l'extérieur.dis-je retirant mon doigt de mon oreillette. Lance-roquettes, prêts à tirer.

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« Mince… Cachons-nous ! » Je… J’ai pas d’idée. Je cherche une maison, un truc. Y a une énorme serre, absolument énorme, lumineuse de dingue, tape à l’œil. Je… Évidemment qu’il y a des gens dedans. Mais au-delà de la serre, au-delà la petite place devant la serre, on est dans une arène entourée de grandes villas, de maisons de dingue, genre… Maison du maire, maison de riche, etc. Et si personne me vise, si personne me menace, je suis quand même pas rassurée par la cohue que j’entends de tous les côtés. Pas seulement depuis le quatrième quartier mais tout autour. Comme si les gens allaient venir des toits. « Peach ! Détruis-nous cette porte, s’il te p… » Elle va vers une des maisons qui délimitent le cinquième quartier, brandit son club. Une étincelle blanche l’illumine et elle swing, détruisant l’entrée. On entre toutes. Tant pis, la porte est cassée, c’est évident qu’on est entrées. Mais je compte sur un truc :

La serre est trop lumineuse, trop centrale, et trop visiblement fermée aux intrus, pour que les concurrents ne se ruent pas sur elle. Sincèrement, c’est fini maintenant, le moment où on joue prudent. J’ai aucune idée du nombre de personnes encore en jeu. Je me doute qu’il y a des fous, des purs malades, plein de types de l’acabit de Lord Business. Et ils savent que genre, bah, s’ils sont supra costauds, il leur suffit de dégommer tous les autres et c’est GG. Je suis pas… aussi destructrice qu’un Roxas. Pas sans mes mekas. Donc je vais devoir la jouer fine.
Bref. On monte à l’étage comme des pures tarées.
« Je vous laisse, les copines. » dit Peach, d’une voix enjouée. Je me retourne, les yeux écarquillés. Deux caméras nous suivent tout le temps, maintenant, mais c’est la princesse golfeuse qui a toute mon attention. « Hein ? »

« Je reste ici. » Elle se cache dans l’angle de la porte, pose la crosse de son club à terre, comme si elle s’apprêtait à taper une balle imaginaire. Et elle fait quelques gestes d’échauffement, de pure précision, genre… Elle lève bien haut son club avant de le rebaisser. Elle… ajuste son tir, oklm, légèrement cachée par l’obscurité de la pièce. « … Le premier qui rentre, je lui fais un Birdie en plein dans la figure. » Elle rigole. « Et puis je rentre dans la mêlée ! »

Je… Énorme respect. Et en même temps, tu sens la meuf qui passe son temps à se foutre sur la tronche dans les Super Smash. Forcément, qu’est-ce que tu crains quand t’es l’illustration type de la gladiatrice des temps modernes ! Purée… Je sais qu’elle est badass, oui. Mais là… Je monte les escaliers et je rejoins Hengameh. Elle est déjà postée à une fenêtre, légèrement ouverte. La pièce est dans l’obscurité. La nuit est retombée. C’est fou. Je… j’étais ébahie de voir le jour se lever, et ça me fait super drôle de voir que c’est de nouveau la nuit. Voilà le niveau de débilité où j’en suis. Je sais tellement plus compter jusqu’à dix que je suis là à m’extasier devant la révolution des planètes autour d’une étoile !
Et la zone… Au même moment où elle se fige juste autour du quartier où nous sommes, des dizaines de personnes arrivent dans l’arène. Certains par les deux lourdes portes mais la plupart d’ailleurs. Genre y en a un qui était déjà dans une maison.
« On reste planquées. » Ca n’a aucun intérêt d’attirer l’attention. Beaucoup se ruent les uns sur les autres. Y a personne que je reconnais vraiment mais d’ici, ils ont tous l’air d’être des gros monstres, des combattants d’exception. Je vois une espèce de magicienne survoler la zone, faisant graviter autour de sa tête des gros blocs de pierre… Un pur centaure, un monstre de muscles, galoper autour de la place en percutant les dingos qui se mettent sur son chemin. Une femme tellement sclée-mu qu’elle fait tourner dans ses mains un gros lampadaire comme si c’était un bâton.

Je… J’ai beau être Soldat 1ère Classe, y a plein de moments où j’ai l’impression de pas mériter de manger à la table de ces cadors du combat. Je vois un gladiateur énorme s’approcher des portes de la serre et frapper celle-ci comme il aurait frappé un steak de veau pour l’attendrir. Et il recommence. D’autres le rejoignent. Ses alliés ou… je sais pas. Des mecs qui comprennent que c’est là-bas que la zone ira.
Purée mais ça se trouve ils ont raison ? Grave ! La zone va encore se réduire ! Bientôt,  on va tous devoir courir, et c’est… clairement l’endroit le plus logique pour faire la bataille finale ! Ca va pas viser la petite place devant la serre ou ma maison dans le décor !

Bon. C’est clair qu’on va devoir y aller, à un moment. Mais ! J’attends. Quatre gros bras arrivent à enfoncer la porte. Je pointe mon fusil vers la place.
« À mon signal. » Je sursaute. Les portes de la serre explosent et les quatre mecs sont soufflés dans les flammes. L’un des types est projeté mais garde ses couleurs, bien qu’inconscient.
Donc oui. La serre est bien protégée.
« Tire sur qui tu peux. » Je shot un genre de pirate obèse à la poitrine. Il… titube quelques secondes, avant de s’effondrer. Hengameh tire une salve de balles sur un cavalier à cheval, blesse la monture, faisant chuter l’homme. Mais il se relève et court, en même temps que quelques autres, vers la serre.
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Le chaos se déverse. L’on aurait pu le comparer à l’un de ces films de zombies qui passait a la télé. Une destination, un objectif et ils détruiraient tout ce qui se trouveraient sur leur chemin. Une première roquette part directement en direction de ceux tentant de forcer les portes. Elles explosent, soufflent nos assaillants, et je vois déjà Freyra tirer sa deuxième roquette alors que Crisis rechargeait son arme. La deuxième roquette fusa, passa entre les jambes d’un de ces bodybuilders à l’apparence sauvage et explosa sur les pavés de la petite place devant la serre.

Reno, Juget, les têtes !

Je me saisis d’un fusil de précision posé contre le mur derrière nous et pose le canon sur le garde corps qui nous empêche de tomber dans le vide. J’aligne la mire sur une espèce d’homme…chat, et je fais feu. La balle part et vient directement se loger dans sa gorge, ressortant de l’autre côté au travers de sa nuque. Je ne touche personne en plus.

Ils commencent à avancer. Je sais que derrière nous se trouve une arrière salle qui peut nous permettre de nous replier le cas échéant mais j’essaie de retarder cette option le plus possible. Scarlett à mes côtés se sert de mes enseignements - et entre nous, de son savoir déjà acquis, pour mitrailler les quelques concurrents qui passent les portes. Elle essaie de les atteindre avant qu’ils ne réussissent à se mettre à couvert mais ne parvient tout au plus qu’à en blesser certains.

La situation pourrait nous échapper si nous ne prenons pas les devants. Ils doivent nous craindre, ils ne doivent pas oser s’avancer sous peine de mourir et de perdre leur vie d’emprunt. Je vois comme un genre de répit se profiler à l’horizon lorsque la petite troupe tentant une percée se voit attaquée par derrière. Ce sont d’autres prétendants au titre. L’idée peut paraître bizarre, mais nous devons les aider.


Arrêtez les roquettes, tirs de balles sur ceux qui rentrent nous devons profiter de cette occasion.

Je reste calme, en apparence, mais je sens mon regard devenir incontrolable, à chercher la moindre information au moindre moment. Pendant qu’ils tirent, je me dois de connaître le terrain à la perfection, pour être capable de prévenir d’un danger, ou de saisir une opportunité.

Scarlett, toujours à côté de moi, recharge. Il en est de même pour Reno et Juget qui prennent dans les chargeurs qu’ils ont accroché à leur ceintures. Tirer pour peu de résultats… est-ce réellement rentable ?


Je regarde autour de moi, j’essaie de voir à l’extérieur s’il n’y a pas quelque chose qui pourrait nous être utile lorsque j’entends la voix de Ruluf dans mon oreille.

Plusieurs personnes dans les bâtiments autour de la zone. Ce ne sont pas des dangers immédiats, mais si la zone se rétrécit, vous aurez à vous en soucier.

Si seulement nous avions pas subi autant de pertes, ce dernier combat aurait été largement plus simple à appréhender. Je recharge mon fusil de précision, plus par conscience que par besoin immédiat et je me sers de la lunette pour observer les environs. Un tir de roquette est tiré juste à côté de moi en direction des portes.

Doucement, les roquettes. Nous pourrions en avoir besoin pour la femme au lampadaire, pour les structures, ou qu’en sais-je. Frappez avec précision, gardez les explosifs pour les cibles les plus dangereuses.

Et puis, j’aperçois le montant des deux immenses portes qui menaient au quatrième quartier, celles d’où étaient arrivé un bon nombre de concurrents.

Elena. Les portes sont solides ?

Ca dépend, vous comptez en faire quoi ?

Ensevelir ceux qui s’en servent comme d’un couvert.


Ça peut marcher. Je les vois en contrebas, mais ils ne sont pas si nombreux que ça. A la limite y’a cette fille de la Lumière.

Je transmets immédiatement l’ordre à Freyra qui vise et tire en direction des grandes portes. La roquette file à travers la serre, passe à travers le mur de verre et finit sa course dans la structure. Elle se fissure, et lentement s’effondre sur les rares concurrents s’étant dissimulés derrière.

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Je sens mon téléphone vibrer avec insistance. Quelqu’un m’appelle apparemment. Je reconnais l’icone de Temerys immédiatement. J’accepte l’appel et me retrouve en visio avec le deuxième classe. Elle remue son gummi dans tous les sens tandis qu’elle gueule.

-NINAAAAAA. J’ai cru comprendre que le petit lapin t’a dégommée.
-Les nouvelles vont vite. Je viens juste de me réveiller.
-Ca va, t’en as pas trop bavé ?
-Moins que toi j’imagine.

Evidemment je suis passée sous les mains expertes du maître de la keyblade et je pense avoir eu plus que ma part, mais il ne m’a pas défigurée moi. Question de goûts je suppose.

-Enfin… Au moins la personne qui t’a éliminée entre dans la phase finale. C’est pas comme Roxas, tellement…décevant qu’il ait merdé au dernier moment. A croire qu’il le fait exprès.
-La phase finale ?
-Ouais, apparemment la brume va encore prendre plus de place et réunir les survivants dans un endroit où il leur sera impossible de se cacher.
-Et c’est où cet endroit ?
-5ème quartier je crois. Pourquoi ?
-J’ai cru comprendre que le Président était toujours dans la course.
-J’ai cru comprendre que son aimable secrétaire aussi.

Je fais une moue désapprobatrice et regarde ailleurs. Ne pensons pas aux choses qui fâchent. J’ai assez perdu mon calme aujourd’hui, je pense.

-J’ai une super idée ! Alors.

Elle affiche un grand sourire devant son écran, un sourire presque idiot de naïveté.

-Je te rejoins dès que je peux et on y va ensemble. Allons soutenir les membres de notre groupe.

Je hausse les sourcils, voilà bien la première fois qu’elle parle d’encourager le Président. La plupart du temps, elle semble avoir une opinion assez fermée sur lui.

-Bien sûr que non, je ne pensais pas au Président ! J’ai un crush sur D.Va, je t’avais pas dit ?

A la réflexion, je commence à me dire que cette fille pourrait bien la être la réincarnation de  Roxas en fille. Elle s’intéresse au  même genre de filles : D.Va, Adonia.

-C’est difficile de suivre, avec toutes tes histoires de crush.
-Bon ! Je te laisse, je me grouille de trouver un moyen de te rejoindre. Je fais au plus vite.

Quelques heures plus tard, le brume me traverse, me laissant parfaitement égale, là où je vois quelques survivants courir pour y échapper. Au moins la fin de cette journée devrait se passer sous de meilleurs auspices.

-C’est sympa ici ! Je connaissais pas.
-Allez, viens, je n’ai pas envie de rater le début.
-Regarde ce que j’ai amené Nina ! Des chips, à boire…
-Temerys, il faudra qu’on ait une discussion sur ta consommation d’alcool.
-Ouais, ouais… Puis regarde… j’ai bricolé ça pendant le trajet en mettant le pilote automatique.

Elle me sort des petits drapeaux blancs, tout a été collé à l’aide d’un gros ruban adhésif assez grossier. Elle a tenté de reproduire le logo de la Shinra mais c’est un échec.

-Tu crois que je devrais écrire Shinra dessus ? Pour que les gens comprennent ?
-Ouais je crois.

Nous entendons une explosion venant directement du lieu où nous nous rendons. Nous nous mettons à courir comme deux groupies avides de spectacle.
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Une roquette traverse la serre, transperce le verre comme… Hmm… J’ai rien, là. Et va s’abattre super précisément sur les portes qui mènent au quatrième quartier. Ok alors. C’était précis ou totalement au pif, mais à mon avis c’était précis. Le truc écrase des gens, mais… une meuf sort de là, sonnée, une hache à la main. Les petites robes de la lumière. Bien sûr que je connais. Je me focus pas sur une meuf en armure avec une arme blanche, ça va hein, y a plus gros morceau. Hengameh loge une balle dans le pied d’un cowboy. Il grogne, nous vise, et tire à répétition avec son colt ! « Baisse-toi ! » Je le vois recharger en un clin d’œil, je tente un tir désespéré, même pas le temps de bien ajuster mon scope. Il fait une roulade sur le côté et… « Ahhh ! » Une balle m’érafle la joue. Je… Il pose son index sur son chapeau et m’adresse un de ces clins d’œil. Sérieux, il a fait exprès de me rater de peu ?! Je le vois s’approcher de notre bâtiment. « Non ! » J’empêche Hengameh de tirer. Le mec, c’est déjà de l’histoire ancienne. Première fois dans cet event que je joue vraiment en teamplay. Alors bon, autant vraiment le faire et garder confiance en les mates. Je cherche une cible dans la foule mais avec le tir de roquette qui a touché le centre de la place, les gens stationnent moins.

Purée. Je soupire. Les roquettes ça aura été vraiment la catastrophe de cet event. Si Lord Business nous refait un comeback, je veux un correctif et qu’il me nerf ça. Je cherche une des personnes qui se bat devant l’entrée de la serre. Il y a ceux qui sont rentrés, et ceux qui attaquent dans le dos ceux qui sont rentrés. Et là-dedans, je choisis mon camp. Je vise les deuxièmes, ceux qui font en sorte que ça soit à ce point le delbor au niveau des portes. Des gens rentrent, ok, mais pas assez vite. Je vais devoir y aller et je pourrai pas encaisser des combats de gladiateurs ou je ne sais pas quoi. Je vise un autre pirate et lui loge une balle dans le dos. Je tire le levier de mon arme et vise la tête d’un genre de… C’est un robot de deux mètres, haut en couleur, et genre il fait bip bip en agitant ses bras, qui sont aussi des scies circulaires. Euh… un jouet ? Ma balle le traverse, je le vois frémir mais ça l’arrête pas et il avance dans la serre, poussant un peu tout le monde, créant une brèche. Je sais pas si je l’ai énervé mais…

Notre regard est attiré par le cowboy, qui… traverse la place, éjecté par le plus beau swing de Peach, avant de perdre ses couleurs en s’écrasant contre la façade d’un bâtiment. La Princesse sort, ultra déter.
« Ok. On va y aller aussi. » J’essaie de me lever en m’aidant du battant de la fen…

« Attends. » Hengameh me retient par le poignet alors que je me redresse pour aller vers les escaliers. Je le regarde en haussant les sourcils. Ses yeux sont rivés sur l’appui de fenêtre. Elle prend quelques secondes. « Hengameh ? » Elle… Purée mais qu’est-ce qui lui prend ?
Je vois ses traits se contracter, ses yeux se plisser et…
« Oh mais chérie… » Je me penche vers elle, la prends dans mes bras et lui caresse les cheveux. Je la laisse poser sa tête sur mon épaule, et je… je l’entends sangloter. Je… Je suis paumée. Il y a toujours une caméra, en permanence sur nous, comme autour de beaucoup de participants, dehors. « Tu… faut pas t’en faire, Hengameh. C’est qu’un jeu, au final. On en fait des tonnes mais tu vas pas mourir ! Franch… « Non c’est pas ça. » dit-elle dans son sanglot. Je… sens mon cœur se serrer, mon ventre me torturer et… j’ai peur de la regarder. Et je sens qu’elle a peur, qu’elle n’ose pas. L’event attendra. Il m’attendra, oui. Je lui ai donné vingt-huit jours de ma vie, alors il va respecter mes deux minutes.

Alors moi j’ose.
« Je ne veux pas que tu partes. » avoué-je comme un soupir. Mes doigts viennent se glisser dans ses cheveux et descendent jusqu’à sa nuque, avant de remonter. « Je ne le supporterai pas. » Mon regard est… un peu vide, perdu devant moi. J’essaie de parler, malgré la honte, malgré la gêne, malgré l’énorme peur de me faire rejeter encore une fois par l’aînée des enfants d’Agrabah. Mais voilà. Si elle retourne dans son pays, avec son frère et ses sœurs, moi je serai toute seule. Et… Roxas, Kotetsu, Nakada, Amasa ou même de nouvelles rencontres comme Peach, Go Go et Freddy, n’y changeront rien. Je vais juste… « Je vais juste mourir de chagrin. »
Elle redresse sa tête. Ses joues sont trempées, ses yeux sont tout rouges. Pas besoin de beaucoup de lumière pour le voir. Et… je sens ses larmes sur mon épaule. Je souris. Et je détourne les yeux à nouveau mais… « Bon et… je vous aime. Tes sœurs, ton frère et toi. » Et pas : je les aime énormément. Pas je les adore. On se calme sur les adverbes qui diminuent l’impact. C’est gênant à dire pour moi. C’est… nouveau, en fait. C’est surtout nouveau. Et pourtant je le dis h24 à mes fans, limite c’est un des mes 4 autographes par défaut.

« Je… » Ses traits se raidissent un peu. Je sens venir l’avalanche. Elle détourne les yeux. « Oui moi aussi. » C’est à peine dit.  À peine. Genre j’entends plus le murmure des types qui défendent la serre, que le son de sa voix. Mais crois-moi que mon cœur explose de joie. Enfin. Enfin… Enfin enfin enfin ! « Mais je ne peux pas abandonner la Seyy « Je m’en fiche ! » Je le crie limite, avec un énorme sourire ! « On l’accueille, votre Seyyede ! On la fait vivre avec nous, et je la mets ultra bien ! »

Hengameh fronce les sourcils. Genre elle me croit pas. « Vraiment ? » Je lève les yeux en l’air. « La moitié d’Agrabah si tu veux, je m’en moque. » Je lui refais mon plus beau sourire éclatant. Je lui tends la main. « On voit ça demain, si tu veux bien. Mais c’est déjà le plus beau jour de ma vie. » Mon sourire est plus léger, plus sobre. Et elle me sourit aussi, plus timidement. Je l’aide à se lever, on recharge nos armes. On a assez pleuré. On descend au rez-de-chaussée. Merci Lord Business pour les deux minutes. « Je suis de nouveau à vous ! » dis-je en saisissant mon fusil à pompe attaché à ma sacoche.
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Les derniers concurrents s’amassent de plus en plus a l’entrée de la serre. Ils se bloquent entre eux, essaient de forcer le passage, certains se frappent aussi. C’est comme si toute la solidarité entretenue ces derniers jours avait disparu avec ceux absorbés par la zone.

Reste que notre cachette est envahie et que notre feu ne permet pas de les stopper assez rapidement. Pour deux touchés, c’est peut-être cinq personnes qui rentrent. Heureusement, les combats à l’extérieur ont contribué à réduire les rangs ennemis comme en témoignent les quelques corps désaturés jonchant les pavés de la place extérieure.

Les participants s’engouffrent donc dans un couloir ou un autre. Bientôt la serre est constamment animée par le bruit de coups de feu et d’hurlements. On entend de la casse, ceux n’ayant pas pu se frayer un chemin au niveau des portes brisent simplement les fenêtres pour se créer leurs propres accès. De notre perchoir, je vois déjà les Turks à l’extérieur revenir vers l’entrée et investir à leur tour la serre.


Dévoilez nous les positions des plus dangereux, vous connaissez notre visuel.

Couloir droite, juste après l’entrée, il y a un … truc… avec une gigantesque hache double. Il progresse assez rapidement et détruit tout ce qu’il peut. Vous devriez peut-être vous en occuper.

Reno va pour prendre la parole. Pourquoi souhaite t-il toujours quitter son poste, celui-ci ?

Vous restez là, vous couvrez les couloirs derrière nous. Le premier qui passe vous me le massacrez.

Et pour la hache double ?

J’ai le sentiment que Freyra saura quoi en faire.

Je lui jete un regard complice qu’elle me rend d’un signe de tête entendu. La bataille dure, et s’étend dans tout le bâtiment. Pour autant les divers affrontements ne semblent pas trouver d’issue. Aucun d’entre eux ne semble avoir réellement de cible définie. A peu de choses près, le spectacle sous mes yeux pourrait se confondre avec une simple soirée dans une taverne de pirates.

En parlant de pirates, l’un des concurrents habillé comme tel pointa un tromblon dans notre direction. Il tira et je n’eus à peine le temps de me baisser pour me mettre à couvert. Adossés au garde fous, je regardais les Turks qui eux, semblaient m’interroger du regard. Peut-être avaient-ils étés aussi surpris que moi.

Grenade. Et vous tirez dedans pour éviter qu’il ne nous la renvoie.

Je vois Crisis se relever, arracher l’un de ces explosifs a sa ceinture et la lancer dans la direction d’où provenait le tir quelques secondes plus tôt. Il sort son pistolet, vise pendant une fraction de seconde et appuie sur la détente. La balle part, je ne peux pas voir le résultat mais le devine lorsque j’entends l’explosion retentir.

Vous pensez que vous pourriez fabriquer une bombe ?

Pour faire sauter la serre entière et nous avec ? Ça me semble compliqué.

Couloir, couloir. Dépêchez vous. Le… merde… le… droite !

Elena termina sa phrase qu’un nain armé de deux dagues surgit de derrière nous. Il m’attrape la jambe et vient pour me planter ses deux couteaux dans la cuisse mais est arrêté d’un coup de pied dans la tête de la part de Reno. Il récupère son attention et le petit homme le charge, décidé à en découdre. Reno esquive sa série de trois coups de simples pas en arrière et en profite pour déployer sa matraque électrifiée et en coller deux coups rapides sur la joue de son opposant. Le nain recule, il me tourne le dos. Je me lève, récupère mon canon scié et tire à bout touchant dans son dos.

Plus rapide la prochaine fois Elena ?

Désolée, je surveillais un autre couloir.

Ruluf, la hache double, qu’est-ce que ça donne.

Il… est… en train de se battre avec le mobilier. Non, attendez… y’a quelqu’un de caché dans l’arm… ah, bah c’est déjà fini. C’est… pas beau à voir.

La fin de sa phrase est ponctuée par un hurlement bestial que j’entends à le fois dans mon oreillette, et aussi au loin, plus bas, dans les étages inférieurs. Je jette un oeil par dessus la rembarde. Rien d’étonnant à ce que ces combattants aient tenu aussi longtemps. Ils semblent inépuisables pour le moment.

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« Vite vite vite vite ! » La zone a commencé à se rapprocher genre au moment où on a traversé le seuil de la porte. Doucement, genre, vraiment doucement, mais clairement ! En quelques secondes, une partie des toits des maisons autour de la serre sont recouverts par le voile, et ça continue, centimètre par centimètre. Je tire quelques shots de suppression, pour nous laisser le temps d’avancer ! « Regarde ! » me dit Hengameh en me montrant le côté du bâtiment-objectif. Je… je regarde pas sérieusement au début mais si. Il y a un gars. Un grand mec, sec, super élancé, habillé tout en noir, super élégant. Et il emprunte un escalier dans le plus grand des flegmes, assez discret et passe partout pour que personne ne s’attarde sur lui. « Il a trouvé un accès. » dit Hengameh, sûre d’elle. Elle avance, commence à le suivre jusqu’à ce qu’on arrive à un escalier extérieur, qui en effet semble mener à un accès annexe.
J’entends…


« Et RonRonRonRon RonRon… » Hum ?... Je me tourne vers la voix ou plutôt l’écho, braque mon pompe derrière moi. Je… La zone se rapproche de nous et on va devoir taper un ultime sprint pour finir de gravir l’escalier et passer par la porte dérobée, on va dire. « Viens, Di ! » me dit Hengameh en continuant à avancer, discrètement. Je hoche la tête et la suis. On arrivera au premier niveau de la serre, autrement dit plus haut qu’une bonne moitié de la quinzaine de concurrents encore en lice ! Et c’est un gros avantage. On arrive devant la porte que l’espèce d’agent secret en smoking a… superbement ouverte. Comme s’il avait eu la clé. Je lève les yeux vers la gauche et le voit marcher à pas feutré, essayant de sa cacher dans les ombres, et se rapprocher du plus haut perchoir. Je lève mes yeux là-haut, en essayant de rester encore un peu à couvert. Je vois quelques costards. Et pas dans le genre de smoking de l’espion, non. Des costards de travail, du pur Turk comme celui que j’ai rencontré tout à l’heure.
« Mince. »

Le Président est toujours en jeu et coordonne depuis là-haut. J’ai… aucune envie de me mesurer à eux. Si j’avais su, je me serais pas rapprochée du sommet, je serais entrée par l’avant comme tout le monde ! Alors, je… Je pointe de deux doigts les mecs en contrebas. Et… « C’était quoi ça ? » me dit Hengameh, genre en tendant l’oreille. Je lève les yeux pour… Non mais y a trop de boucan.

« Et jeeeeeeeeeeeeeeeee !!! » Un mec hurle, crie, chantonne, je ne sais pas mais… « suis merveilleux ! » Le sommet de la serre se brise quand arrive un… un tigre ? Plutôt dans le genre peluche que grand félin, mais un tigre. Il atterrit en toute vitesse sur la tête du cavalier de tout à l’heure et l’assomme super vénère. Le mec perd ses couleurs, alors que le tigre est complètement passé à autre chose ! Il bondit, bondit, bondit ! Sur TOUTES les têtes de tous les mecs qui sont au premier niveau. Et il a l’air d’y mettre suffisamment de force pour qu’ils aient l’air stun. Je vois Peach essayer de le swing ! Raté ! Mince ! Le Tigre lui saute dessus, la fait tomber et continue de chantonner en parlant super vite, je comprends rien, sautant à plusieurs reprises sur la Princesse, avant de faire un grand bond et d’arriver à la passerelle qui mène jusqu’à nous.

« Cours ! » crié-je à Hengameh ! Tant pis, on doit monter ! Le tigre bondit pour avancer dans l’escalier, encore et encore, avec son sourire aux lèvres et… Mais c’est quoi ce dingue ?! On arrive à un palier. Je tire un coup de pompe dans le ventre d’un Chinois en armure avec une barbe grise. Il bronche, sert les dents, met sa main sur son abdomen et observe son sang. « Misérable. » Il brandit sa lance. « Euh… » Il commence à me faire un pur enchaînement que… j’esquive en reculant ! Henga arrive à sauter sur le côté, je recule, je recule. Le type fait tourner sa lance autour de son cou, de son corps, fait des mouvements aussi amples qu’effrayants. Je suis dos au vide. J’ai même pas assez d’espace entre le bout de sa lance et moi pour lever mon gun et tenter un tir.
Mais Henga peut le faire. Elle tire une salve sur le torse du général. Il s’immobilise, encaisse le coup difficilement, crache à ses pieds, avant de se rapprocher brusquement de moi et de me flanquer un coup de genou dans le ventre….
« Arrh… » je vais chuter mais j’arrive à m’aggripper à son armure. Il a l’air ultra mal en point mais… il me plante sa lance dans la poitrine, dans mon sein gauche. « Meurs, chienne ! » Je recule, juste… aveuglée et étourdie par la douleur, par le fer dans ma cage thoracique.  Un pas en arrière, je tombe… et. « Ah ! » Ma main réussit à saisir le bord de la passerelle et je réussis à rester suspendue dans le vide, tenue par ma seule main. Il s’approche, ignore complètement Hengameh qui… Je sais pas.

Il va m’achever.
« Et jeeeeeeeeeeeee. » Le tigre l’aplatit au sol « suis merveilleux ! » et bondit sur lui plusieurs fois avant de continuer son chemin, de bondir encore et encore, montant lui aussi vers le Président et les Turks. Le Chinois a pas le temps de se relever. Hengameh lui plante son couteau dans le crane, avant de saisir ma main en catastrophe, avant que je ne tombe. « Tire… » grogné-je, sentant du sang dans ma bouche et dans ma gorge.
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-Merde, regarde moi cette place c’est trop classe !

C’est vrai que je n’y avais pas fait attention lorsque je m’étais réfugiée dans cette serre qui est l’attraction principale de ce quartier. Mais voilà, il faut le reconnaître, les maisons qui l’entourent laissent penser que seuls les privilégiés peuvent avoir la chance de vivre dans cette partie de la ville. En tout cas cela devait être le cas quand elle était habitée.

Mais ce n’est pas l’architecture qui attire le plus nos regards, ce sont les gens courant dans tous les sens. Ils se tirent dessus de toute part. Comme si, dès qu’ils trouvaient quelqu’un à frapper, il arrivait au même moment une autre cible, plus proche, plus intéressante. De sorte que tout cela ressemble à un grand foutoir.

-Tu penses qu’ils sont où ?
-Qui ça ?
-Bah…
-Ah ! J’en sais rien, mais regarde, toute l’attention semble se concentrer autour de la serre. Apparemment le but du jeu c’est de rentrer dedans. On y va ?

Je la suis. C’est vrai que s’il existe une position stratégique dans cet endroit, il est à parier que le Président et ses hommes s’en seront emparées à temps. Au vu du nombre de participants restants, ils ont largement leurs chances.

-Oh, regarde, y’a D.Va là ! DIIIIIVAAAAAA.
-Mais arrête, mais ferme-la !

Effectivement, elle se trouve de l’autre côté de la place, elle semble sortir d’une maison. Elle est toujours accompagnée des mêmes personnes. Temerys a réussi à capter son attention, à mon plus grand déplaisir. Nous nous reconnaissons de loin. Je me contente de la regarder, je ne peux pas déchiffrer son expression à une telle distance mais il est certain que ma présence ne la laisse pas indifférente. Même maintenant que je suis désaturée. Evidemment, puisqu’elle sait. Et si elle sait, qu’est-ce qui l’en empêche d’en référer au Président, avec qui elle semble entretenir une communication privilégiée, une fois que ce jour aura pris fin ? Rien.

Un frisson me traverse le dos. Je suis totalement inoffensive en l’état mais je ne peux empêcher mes ténèbres de se manifester quand je pense à mes ennemis.

-Bon, on dirait que finalement, on va être obligées de rejoindre la serre. Tout le monde va le faire.
-Quoi ?
Temerys m’indique l’extérieur du décors qui est en train de se raboter progressivement. La fumée envahit bientôt l’entièreté de la place tandis que tout le monde se rue vers les différentes entrées. Le problème pour eux, c’est qu’elle sont couvertes et gardées. On peut le deviner aux coups de feu qui retentissent depuis l’intérieur et aux cadavres qui occupent les devant de la serre.

-Allez, viens Nina, nous on s’en fout !

C’est vrai, j’oubliais presque ce détail. Personne ne peut rien nous faire. Ils peuvent nous voir, nous parler, nous interroger, mais c’est tout. Nous passons au travers de carreaux précédemment brisés par une explosion de taille. Même le verre du décors ne peut atteindre notre chair.

Nous entrons dans la serre. Nous levons les yeux vers le ciel et apercevons des indices sur les raisons qui m’ont amenée ici. Un des Turks se tient en hauteur et tire sur tout ce qui entre dans sa ligne de mire. Il semble hésiter quelques instants en passant sur nous, puis, passe à autre chose. Nous nous apprêtons à montons les escaliers pour voir ce qui semble attirer tout le monde et la plupart des luttes en hauteur.

Puis, nous sommes alertées par un cri étrange, euphorique, puis des paroles prononcées à moitié correctement, dans un amas de postillons.

-Regarde moi ce mutant, c’est quoi ce truc, et pourquoi ça parle ?

Il neutralise momentanément un certain nombre de survivants. La vision est surréaliste. Certes le battle royal a pu s’avérer surprenant jusque-là, mais pas à ce point.

-C’est un putain de nounours en fait.
-Un nounours avec une queue en acier.

Temerys pouffe à ma remarque. Je lève les yeux. Il faut vraiment que j’apprenne à filtrer mes idées quand je suis avec elle.

-Tout ce que tu veux qu’en haut on va croiser nos potes les Turks. Y’aura Reno puis…
-Puis… ?
-Euh… Merde.
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J’aperçois Song, la vraie, en piteux état. Elle est accompagnée d’une gamine qui… lui sauve la vie. Il faudrait peut-être que je pense à vérifier le niveau de compétence de mes SOLDATs. Non, ce qui était plus étonnant encore était le tigre en peluche qui dominait littéralement le champ de bataille. Après une arrivée fracassante, il s’était affairé à assommer la moitié des concurrents en contrebas. Un stratège dont il allait falloir nous méfier.

Cependant, il décida de s’en prendre à nous, se propulsant à l’aide de sa queue d’un promontoire voisin jusqu’au nôtre. J’eus un mouvement de recul lorsqu’il rebondit la première fois sur le garde fou. Il continua de sauter autour de nous, tentant particulièrement de s’en prendre à Reno qui esquivait ses assauts de justesse. Il était rapide, et ce même pour un félin, à tel point qu’il me semblait compliquer pour nous de l’attraper. Nous avions surtout besoin de nous en débarrasser. Si Maur ou Rude étaient encore parmi nous, cela n’aurait pas présenté de problèmes.

Mais il fallait faire sans. Tenter de tirer sur une cible aussi mobile, c’était risquer un tir allié, et donc la dernière chose dont nous avions besoin à cet instant. Il nous suffisait juste de l’immobiliser quelques instants le temps de lui infliger un coup sur le crâne mais la bête continuait de sauter dans tout les sens et donc nous tourner en ridicule. Juget réussit toutefois à attraper sa queue, et finalement ce qui lui servait d’arme.

Attendez ! Dis-je alors qu’elle posait le canon de son arme sur son front. Il pourrait nous être utile. Lancez le en contrebas et faites des tirs de suppression sur ceux immobilisés par ses assauts. De là à recruter cet allié malgré lui dans nos rangs, il n’y avait qu’un pas.

Elle s’approcha du bord et le lança avec force en direction d’une mêlée générale. Le tigre exécuta une pirouette dans les airs avant de rebondir sur le crâne d’un homme renard. Juget profita de sa surprise pour lui tirer une balle dans la tête. Je me ruais sur le fusil de précision pour la soutenir alors que Reno la rejoignait à ses côtés.

Nous profitons de la diversion du tigre. L’équipe roquette, vous couvrez les couloirs arrières. Je ne veux pas que six autres nains viennent venger leur frère.

Nous échangeons nos places, donc, et éliminons respectivement deux pirates, un gladiateur ainsi qu’un jouet. Le tigre se déchaîne, réalise t-il seulement dans quoi il vient de se jeter ? Il traverse le rez de chaussée de la serre et disparaît dans l’un des couloirs annexes. Nous nous reconcentrons sur le combat qui fait rage.

Pour l’instant notre plateforme est sûre. Je ne peux pas l’affirmer à cent pour-cent mais hormis le tigre, nous n’avons pas subi d’attaques directes. Je me retourne pour voir le contrebas de l’autre côté de la plateforme, manquant de trébucher sur le corps du nain. Je fais claquer ma langue entre mes dents avant de le ramasser et de le jeter dans la fosse aux serpents qu’est la zone en dessous de nous.

Nous n’avons pas de nouvelles des Turks désaturés patrouillant dans les lieux. Hors d’atteinte, j’en déduis que leur silence était voulu, il n’y avait rien à nous signaler. En revanche, Crisis attira toute mon attention alors qu’une roquette venait d’être tirée depuis l’arrière salle, depuis notre retraite. Il se retourna, cherchant à voir si je m’en étais aperçu et ouvrit la bouche pour commencer à se défendre. Je me contentai de froncer les sourcils et il se retourna.

Nous étions six sur la plateforme, et peut-être n’étaient ils plus qu’une dizaine encore actifs plus bas, sans compter ceux dispersés dans les couloirs. La zone était stable, pour le moment, épousant les formes du bâtiment dans le quel nous étions. Par endroits il nous était possible de voir le voile rouge nous menacer de sa présence.


Elena ? La zone dispose t-elle d’un sommet ?

De ce que j’en ai vu, oui. Mais il est assez haut.

Très bien.

C’était une idée comme une autre, mais pour le moment, elle était inenvisageable.

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« Ce diable fait pleuvoir sur nous tous les tourments de l’Enfer ! » crie une voix en-dessous de moi. Ca m’intéresse passsss ! J’essaie d’attraper le bord de la passerelle avec mon autre main. Hengameh tire comme elle peut mais… c’est vraiment pas les muscles, son point fort. Et il nous faut longtemps, bien une vingtaine de secondes, avant que je ne réussisse à remonter sur la promenade… sans rambarde. Cette passerelle n’a pas de rambarde. Et c’est… stupide. Je suis couchée sur le dos et je… « Hmf. » Je tousse, encore, encore. J’étouffe. Je mets ma tête sur le côté et je vomis le sang qui bloque mes voies respiratoires et mon œsophage. Et je reste, joue contre le sol, quelques secondes, à… essayer de trouver de l’énergie là où je n’ai plus rien. J’en peux plus. Je sens mon sang couler le long de ma poitrine, alors que je suis couchée sur un de mes flancs. Mes côtes me tuent de l’intérieur. En vrai.. Pourquoi mes couleurs ont pas disparu ? Je… En vrai, en situation réelle, ça ? Tout ça ? Je pense que je le supporte pas, que je meurs bien avant la lance, bien avant les coups des sans-cœurs de Nina.

Hengameh pose sa main sur mon épaule. Purée ce que sa main est froide… Ou c’est moi qui ai de la fièvre. Mais ça fait du bien. J’ouvre les yeux, je sens le sang continuer de couler, gouttes à gouttes, de mes lèvres.
« Allez Di ! Relève-toi ! » Je… j’ai pas la volonté de faire autre chose que d’obéir. Alors j’essaie de me redresser. J’y arrive. Purée… J’ai encore assez de force. Et il doit rester encore un peu d’énergie dans ce corps pour quelques moves de génie, peut-être. Elle fouille dans sa sacoche et sort une bouteille d’eau. Je l’engloutis, je bois tout d’une traite. « Montez ! Montez, agneaux ! Gravissez cette montagne de douleur et de passion ! Montez ! » Mon esprit s’embrouille. Je… dois monter ? J’essaie de me relever pour me diriger vers le sommet de la passerelle mais… « Arrête ! » Hengameh me tire vers elle d’un geste sec. Ses yeux sont durs, ses traits intransigeants. Je secoue légèrement la tête. « Viens ! On ressort ! » On descend. Quelques hommes montent, ensemble, avec derrière, l’homme à la Voix, un prêtre noir de peau tenant une dague à la main ! On ne va pas jusqu’à eux, on resort par le chemin qu’on a emprunté pour entrer et… on est juste à côté du mur de la zone. Les escaliers qu’on a utilisés sont recouverts par le voile. « On ne peut pas rester là, Hengameh. » J’essaie de reprendre mes esprits. Elle a son couteau en main. « On va partir. » Elle tire le tissu de mon top, fait un trou dedans avec la pointe de sa lame, et déchire le vêtement en deux. Elle me manipule comme si j’étais sa vieille poupée, et je finis en soutien-gorge. Rien… de très sexy pour la caméra qui nous filme, vu que tout mon thorax est recouvert de sang.

« Attends. » Elle pince ma plaie avec sa main gauche. « Ahhh !! » J’essaie de la repousser tant la douleur est énorme mais elle se fâche. « Arrête ! Il faut essayer ! Tu saignes trop ! » Elle essaie de rapprocher les deux bouts de peau, et prend l’agrafeuse cutanée que Go Go et ses amis nous ont prêtée. Je fronce les sourcils, je ferme les yeux et je contracte tout mon corps. Elle me fait des points de suture comme elle perfore une pile de feuilles : mal. Mais va savoir, cette fois c’est pas une douleur qui m’assomme. Ca me pique, ça me réveille. J’ai envie de pleurer ! Mais au moins je sens de l’adrénaline qui vient titiller mon rythme cardiaque. Je regarde la plaie. Hengameh ouvre une deuxième bouteille d’eau et verse son contenu sur son travail et sur mon visage. Dégueulasse. Le truc a été refermé mais c’est… dégueulasse. Jila aurait fait mieux. Jila aurait fait mille fois mieux ! « Et le désinfectant ?! » grogné-je. Je me relève. Ah tu veux que je me relève ? Ah tu veux que j’y retourne ?! Je vais y retourner, ma petite !

« File-moi ton blouson. » dis-je d’un ton sec. Je tourne le dos à la caméra. Avec l’eau sur mes deux seins, ça n’a pas tout nettoyé mais… je me méfie des pervers parmi mes followers. « J’ai qu’un débardeur en-dessous. » proteste-t-elle. « J’ai pas envie que les gens me voient en débardeur ! » J’ai envie de me retourner pour m’énerver mais… « Euh eh ben ! Eh ben tant pis ! Je l’ai mérité, ton blouson ! Je vais pas finir le BR en soutif et toute en sang ! J’ai l’air d’une zombie ! Tu me le dois bien, après le saccage que t’as fait sur mon corps ! »
Elle l’enlève en grommelant et me l’envoie. Je l’enfile, ferme le zip et la regarde. Elle a un débardeur vert, et… « Oh mais ça va ! T’as un soutien-gorge de sport ! »

« Oui bah je veux pas qu’on voie  mon soutien-gorge, même si c’est un soutien-gorge de sport ! » Je lui souris. Qu’elle est susceptible ! Je m’approche pour la serrer deux secondes contre moi. La zone recommence à bouger. On ne peut pas traîner.
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La zone se rétrécit de nouveau, Monsieur. Faites attention à vous.

Bien reçu.

Je transmets l’information à mes équipiers occupés à tirer sur ceux qui tentent de rejoindre les hauteurs de la serre. Parmi l’agitation je remarque un homme à l’apparence sereine. Il monte la promenade, lentement et est entouré de plusieurs autres hommes, le regard vide. Quelque chose ne tourne pas rond.

Je les désigne pour cible auprès de Juges qui tire dans la tête de l’un d’eux. Le prêtre nous regarde, sourit et commence à s’approcher de nous. Il marmonne des choses sans aucun sens, et pourtant ses paroles pénètrent mon esprit. Il parle d’ascension, de lui suivre. Sa voix, bien que commune, dégage quelque chose de mystique.

Je regarde à ma gauche et vois Scarlett qui fixe le même homme. Sa voix résonne dans ma tête, il nous demande de le rejoindre. Je regarde autour de moi, doutant de ce que je devais faire et je fais un pas dans sa direction. J’ai conscience que le vide nous sépare et pourtant je continue d’avancer, précédant Scarlett. Si son talon est encore sur la plateforme, la pointe de son pied est dans le vide, au prochain pas elle tombera, et moi, je continue d’avancer dans la même direction.

Le même sort m’attend, je me vois déjà le rejoindre, flotter au dessus du gouffre et marcher à ses côtés. Je me fais rattraper par le bras, je sursaute au contact de la main de Reno sur la manche de mon haut. Je cligne rapidement des yeux et vois Scarlett trébucher. A mon tour je la rattrape par le bras, et la tire vers moi. Les paroles de ce prêtre nous placent dans un état second.

Je lui jette un regard noir, et celui-ci me répond par un sourire. Un sourire qui semble tomber lorsqu’un tir provenant de ma droite atteint une autre de ses brebis égarées en pleine tête. Je vais pour me saisir de mon canon scié mais me ravise. L’agacement se devine derrière son visage faussement amical. Il continue d’avancer, je vais pour donner l’ordre de lui tirer dessus lorsque je vois Juget monter sur le garde-corps et sauter en direction de la plateforme.

Elle tente une série de trois tirs dont seul le dernier touche un des suivants du prêtre au niveau des cotes. Celui ci ne bronche pas pourtant, pire, il se jette directement sur Juget et lui assène plusieurs coups dans le buste. Elle recule, range son pistolet à sa ceinture et vient lui donner un coup de pied rotatif au niveau de la joue. La marionnette trébuche, puisque la promenade n’a pas de rambarde et chute finalement. Le corps s’écrase sur le sol, et perd instantanément ses couleurs.

Le prêtre, toujours lent dans sa démarche s’était suffisamment rapproché de Juget pour lui planter une dague dans le bas ventre. Au moment où il la poignardait, ses yeux s’écarquillèrent comme s’il en ressentait du plaisir. Il en vient même à ouvrir la bouche, comme fasciné par le sang qui vient recouvrir sa lame et qui se déverse sur le plancher. Elle titube, tourne son regard vers nous, puis vers le vide. Elle essaie de faire marche arrière, elle essaie de s’éloigner du bord, mais sa perte d’équilibre suite à la douleur l’entraîne vers le fond.

Reno appelle sa collègue, sans succès. Il se saisit de mon canon scié dont je n’étais pas équipé et vise la tête du prêtre. Il fait feu, et celle ci explose, nous offrant un spectacle aussi coloré que répugnant. Il se précipite auprès du garde-corps pour confirmer ce que nous savons déjà tous. Juget est eliminée.


Vous comprenez mieux pourquoi je ne veux pas vous quittiez votre poste ?

Ouais, bah en attendant, le tir aux pigeons ça va bien cinq minutes.

Je le vois rejoindre Crisis et lui prendre son lance roquette des mains. Il revient, fier de son idée et monte son pied sur la rembarde qui nous entoure. Il vise les promenades qui permettent de gagner de l’altitude.

Le plan, c’était de prendre de la hauteur pour garder de l’avance. Pas pour se faire balancer dans le vide par des papys malsains. Je fais tout sauter.

Il vise et tire sur un groupe qui commençait son ascension. Il recharge et tire une seconde roquette toujours dans la même direction, mais cette fois ci plus bas pour couper l’accès à ceux occupant encore l’entrée de la serre. Il finit par reposer le lance roquette, quand même conscient que nos munitions ne sont pas illimitées, et retourne récupérer son pistolet qu’il avait « échangé » avec Crisis.

Maintenant, on mitraille. Vous y voyez un inconvénient peut-être ?

Je me saisis de deux grenades et les jette en contrebas. Il ne nous coute rien de jouer selon ses propres règles.

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-Hey, Nina.
-Hmm.. ?
-Regarde un peu là, droit devant !

Temerys nous fait stopper notre ascension en plein escalier colimaçon. Je regarde dans la direction qu’elle indique avec son index. Dans un premier temps je ne remarque rien, que des gens avec une caméra qui semble les suivre. Puis, je réalise. C’est elle. Les habits en moins. Elle du recevoir un coup important au niveau de la poitrine au vu de la couleur de sa peau à cet endroit du corps.

-On dirait que D.Va a décidé d’élargir ses horizons avec un nouveau type de contenu.

Je ne réalise pas vraiment ce qu’elle entend par là. Etant donné la gravité des blessures, il n’est pas improbable que cela ait une influence sur l’issue du combat final. Je crois que la gamine est en train d’essayer de suturer ses plaies. Au vu de la tête qu’elle fait, on peut suppose que ce n’est pas bien glorieux.

-Bon, allez montons. Allons voir ce qu’est devenue la peluche.

Nous arrivons sur une passerelle. A plus de dix mètres, nous assistons à une scène qui nous semble surréaliste. Ils sont sur une autre estrade dont l’ascension est indépendante de celle que nous avons empruntée. Quelques mètres nous séparent, ainsi que le vide.

-Attends, Nina, regarde.

Devant nous, se tiennent Le Président et sa secrétaire.  Personne ne parle, personne ne bouge. Ils auraient eu mille fois l’occasion de faire feu et de vaincre leurs adversaires à l’apparence simple et dépouillée, mais ils n’en font rien. Leur attitude me semble curieuse, comme s’ils n’étaient pas totalement eux-mêmes.

-Ce sont des maîtres du psychisme. Ils peuvent te contrôler avec la seule pensée.
-Oui, merci je le sais.

En revanche, je n’ai jamais été réellement sous l’emprise de l’un d’eux. Bien des fois on a fait plier ma volonté à coup de violence physique, mais jamais par l’esprit. Le Président s’avance dangereusement vers le vide, son allure est rigide, il ne se contrôle pas, à tout moment il risque de tomber, tout comme Scarlett, mais là c’est moins fâcheux. Je m’apprête à avancer.

Temerys me retient par le bras.

-Ca ne sert à rien Nina, quand bien  même tu pourrais atteindre l’autre côté, tu ne peux pas l’aider ou le sauver, ou quoi que ce soit d’autre.

Par chance, plusieurs Turks interviennent, reprennent les choses en main et se débarrassent des mages. Le sacrifice de l’une des leurs ne m’a pas échappée. Leurs forces commencent à s’amenuiser, de même que leurs munitions je suppose. Nous sommes toutes les deux accoudées sur le bord de la rambarde et nous les regardons se déplacer d’un côté et de l’autre du passage. Puis, au bout d’un moment, Reno s’agite et emprunte un lance rocket à l’un de ses collègues. Il se met à détruire une partie des accès vers leur étage, visiblement assez satisfait de son initiative.

-Qu’est-ce qu’il fout ?
-Je suppose qu’il limite les accès à leur étage. Un seul côté c’est mieux que deux à surveiller.

Temerys se met à applaudir et à parler suffisamment fort que pour être entendue des intéressés.

-Et un point pour le Président, un !

Je grince des dents. Il faut toujours qu’elle en fasse trop, qu’elle se fasse remarquer. Je doute que nous soyons en odeur de sainteté ces derniers temps.

-Tu pourrais peut-être essayer d’être moins agaçante la prochaine fois que tu t’adresses à ton patron ?
-Moi, agaçante ?
-Oh que oui.
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On revient dans la serre et c’est la grosse pluie. Un premier mec tombe de tout en haut. Je lève les yeux. Le prêtre est en train de se battre avec ses « agneaux… » contre Le Président Shinra et ses Turks. Et ça a l’air bien bien sauvage. Je… je capte pas pourquoi les gars y sont allés comme ça, en frontal, alors qu’avec une bonne tactique, à cinq, ils auraient pu faire de sérieux dégâts à l’équipe principale de la Shinra. Ouais parce que bon. Là, j’ai pas… trop trop l’impression d’en faire partie, de la DreamTeam de la Compagnie. Non parce que… je suis toute seule avec l’aînée des enfants d’Agrabah, la tête levée, à les regarder faire leur plus grand show depuis leur super promontoire. Non ouais. Disons-le, ils m’excluent de ouf. La pluie continue. Une Turk ! Je suis bouche-bée en la voyant s’écraser contre le sol. Entre la pitié et… et bah disons que c’est pas plus mal ! J’aime bien le Président mais il semble évident qu’à un moment, quand tout le monde sera dead, ce sera peut-être lui contre moi !

Alors pas de souci. Mais du coup, je préfère que ses hommes tombent av… Plusieurs tirs de roquette détruisent les deux passerelles qui mènent à eux. Les chiens ! Donc ils m’excluent de ouf ! Je regarde Hengameh, super énervée. Donc en gros, je dois me débarrasser de tous les autres, du centaure, du robot jouet, de Peach, genre toute seule, pendant qu’ils font la fête dans la haute société ?! Bon.
« Viens. »
« Attention ! » Hengameh court en avant, me tire vers elle, alors que des tirs commencent à fuser, à tomber pas loin de nous. Je… Ils viennent de m’attaquer ?

Je…
Je regarde la caméra qui guette ma réaction et je lui offre un sourire. Mon plus beau sourire. J’ai pas été offensive, je l’ai laissé tranquille. Mais s’il me traite comme la piétaille ou comme l’ennemie, je vais changer de ton ! Une grenade explose au rez-de-chaussée, et une autre tombe sur le pallier au-dessus de moi, avant de gentiment rouler dans ma direction. Je cours vers elle et tire dedans d’un bon coup de pied pour l’envoyer exploser contre un mur. Je serre les dents. Je dévale la passerelle. Le Centaure est sur mon chemin, saisit son javelot.
« Attends ! » C’est pas mon genre. Je déteste faire ça. Mais là… « Ils veulent qu’on s’entretue, et ils tueront les survivants. » dis-je en pointant le promontoire au-dessus de la serre. « Qu’est-ce que tu racontes ?! » hurle-t-il, sûrement aussi épuisé et énervé par ses blessures que moi. « Descends ! » lui dis-je ! Faut se cacher en-dessous des passerelles ! Je passe à côté de lui, sans le frapper, sans rien. Hengameh me suit. C’est surréaliste. Mais je pense tous mes mots. On arrive au rez-de-chaussée. Peach est là. « Oh ! Vous êtes ensemble ! » Le centaure a pas l’air trop d’accord mais je hoche la tête en soupirant. « Moi aussi j’ai une nouvelle amie ! »

Et elle arrive. La meuf ultra stock, sautant depuis son petit balcon, avec dans les mains la tête du robot qu’elle lance et qu’elle rattrape. Elle nous regarde, Hengameh et moi. « Quitte à perdre. » Elle prend la tête du robot entre ses deux mains et l’écrase entre ses doigts dans des grésillements qui fait peur. Eh ben j’espère que les robots non plus peuvent pas être éliminés. « Je préfère perdre en ayant abattu ces morveux. » Je hoche la tête. J’en reviens pas de lui donner raison alors qu’elle parle littéralement de mon patron. Mais comme qui dirait : c’est le jeu ! Et c’est lui qu’a commencé !

« Alors ! J’ai pas de plan. » Je pose mes mains sur mes hanches, et je regarde Peach. Elle a plus l’habitude des combats que moi ! Elle prend une de ses balles de tennis, fait disparaître son club pour saisir sa raquette. « J’ai quelques sets à jouer. » Elle fait un super clin d’œil à Hengameh. Nice. Je mets un genou à terre, sors mon snipe, et vise le promontoire. Une cible. Une cible…
Peach fait rebondir la balle avant de la lancer un mètre au-dessus de sa tête… et tu sens toute la puissance. Elle tape la balle de sa raquette, et celle-ci vient siffler comme une météorite, traverser la serre et frapper le perchoir des Turks et du Président. Et… ça se fissure ! Oui je ! Je suis sûre ! Ok ! Je vise le socle, et je tire une balle pour affaiblir la structure.

Peach prend trois balles en même temps, les lance en l’air et… les frappe toutes les trois d’un même geste ! Les balles prennent feu, volent vers le sommet de la serre et s’éclatent contre le palier.
« Il va s’effondrer ! » s’écrie le centaure ! « Cette alliance est une aubaine ! » Je hoche la tête. Ils vont répliquer. C’est logique. Je ne tire pas, j’attends d’avoir une vue sur le premier mec qui essaiera d’atteindre Peach.

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Nous nous faisons attaquer. Le promontoire vibre, d’abord faiblement suite à un impact, puis plus sérieusement. J’essaie de voir d’où peuvent provenir ces tirs, mais je suis tiré en arrière, dans l’un des deux couloirs parallèles situés derrière nous. Le fameux repli. Je tourne la tête pour vois Reno, là une fois de plus pour nous sauver la mise. Le promontoire s’affaisse, je jette un regard vers Scarlett et lui tend la main. Elle saute dans ma direction. J’attrape son poignet et la tire de toutes mes forces vers moi. Nous tombons à la renverse.

Nous nous relevons immédiatement, nous trainant autant que faire se peut en arrière, dans l’idée d’éviter d’éventuelles prochaines attaques. Crisis et Freyra nous regardent, Reno leur explique la situation.

Vous avez pu voir d’où venaient ces tirs ? C’était quel type d’arme ?

Euh… une raquette…. De tennis.

Vous vous moquez de moi ?

Pas du tout, c’était littéralement une fille qui tirait des balles de tennis sur la plateforme.

Les mondes et leurs conventions, j’imagine.Il nous fallait contre-attaquer immédiatement et pourquoi pas rejoindre un autre promontoire.

Crisis, vous descendez. Vous prenez un lance roquette, vous trouvez une fenêtre de tir et vous me les descendez. Je me tourne vers Reno, où étaient-ils ?

Dans cette direction à peu près, dit-il me désignant ce qui était notre nord-ouest.

Bon, eh bien vous descendez et vous me faites tout sauter, quitte à créer une cave à cette serre. Arrangez vous comme vous voulez, mais utilisez toutes vos munitions avant de vous faire éliminer.

Une mission suicide ?

Pas si vous vous débrouillez bien.

Je regarde autour de moi. Nous sommes dans l’arrière salle. En face de nous se trouve une porte fenêtre dont la zone est visible au travers, ce n’est donc pas une option. Sur les côtés par contre se trouvent deux nouveaux pontons en bois qui descendent, je l’espère, vers de nouveaux promontoires.

Notre position est corrompue, nous devons nous déplacer.

Ouais mais tant qu’ils ont leur raquette c’est…

En position.

N’attendez pas mes ordres, faites feu et dépêchez vous de recharger.

Durant les prochaines secondes, nous entendons quatre explosions régulières, puis plus rien pendant quelques autres secondes avant d’en entendre une dernière.

Crisis ?

La fille a…

La transmission se coupe pour ne laisser place qu’à un bruit blanc. Je me retourne vers Reno, le regard inquisiteur.

Me regardez pas comme ça.

J’ai toujours des balles pour le fusil de précision, dit Freyra en plongeant la main la poche arrière de son pantalon. Vous pourriez peut-être réussir à éliminer une cible prioritaire ? Ce n’est pas vous qui vous vantez de ne manquer aucun tir ?

Je lui prends les balles des mains et charge le fusil de précision. J’enlève le cran de sécurité avant de le placer canon vers le bas, le long de mon corps.

Il n’empêche qu’il me faut un poste de tir. Nous n’en n’avons plus.

Et les pontons sur le côté ?

C’est trop exposé, il nous faudrait une diversion.

Je … vais le faire.

Je n’étais pas sûr de la réussite d’une telle opération.

Freyra donnez moi votre veste, nous faisons la même taille. Je ne dois pas être une cible privilégiée, vous si. Si je suis prise pour une Turk, alors ils me viseront. Ça vous laissera peut-être assez de temps pour viser ?

Je réfléchis quelques instants. L’idée se tenait, la confusion aiderait forcément beaucoup, nos ennemis n’ayant pas forcément le temps d’analyser en détail les cibles sur lesquelles ils tiraient.

Vous allez finir désaturée.

Peut-être, peut-être pas. Nous verrons bien.

Scarlett enfila la veste de Freyra qui se retrouvait donc en chemise et se positionna à la sortie de l’arrière salle. Je lui donnai le signal, et elle se mit à courir le long de la passerelle de bois. Je pris la seconde sortie, attendis qu’elle capte l’attention avant de me positionner et de viser le groupe de la joueuse de golf. Tiens donc… Song faisait partie de leur petit groupe. Je visai le centaure qui les accompagnais et le supprimai d’une balle dans la tête avant de rejoindre mon couvert.

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Franchement. On tire comme des énormes dingos, on flingue la Turk qui traverse la passerelle. Elle pointe son arme vers nous mais nous rate. Hengameh lève son fusil et l’abat et tire assez pour la forcer à être encore moins précise avec son arme. « Laisse, Peach. » Je colle mon œil au scope. Je prends une inspiration. Elle recommence à courir. Le recul de mon sniper m’engourdit l’épaule mais elle tombe.
Et le centaure aussi. Je… Mince !
« Quelqu’un a vu d’où venait le tir ?! » D’ici, en bas… On… On a genre énormément d’angles morts, de vue sur des plateformes, sans voir ce qu’il y a dessus. Le Président a eu du bol. Non, c’est rien d’autre. Ou alors il a fait le meilleur chèque à Lord Business de sa vie parce que… il était posté ici avant tout le monde, il a eu le temps de tout fortifier, de tout bien faire pour défendre sa position ?! C’est bon ! Il savait ! Il savait que ce serait ici que la fin de l’event se jouerait ! Tant pis ! On guette le moindre petit bout de canon, la plus petite cape blanche ou n’importe quel costard !
La zone se resserre encore. On doit avancer vers le centre de la serre pour ne pas être éliminée, mais… eux aussi. Une chemise blanche apparait, depuis l’alcôve située juste derrière la plateforme qu’on a brisée ! Je… Pas le temps de viser. Hengameh tire mais les balles ne font que toucher les parois de la serre, brisant encore un peu plus cette dernière. La chemise blanche s’est repliée, elle doit être… à quelques centimètres de la zone ! Si elle s’en éloigne, je… À mon avis, on la verra !
La meuf super costaude se fait tirer dessus à son tour. Mais ça vient pas de la personne à la chemise. C’est sûr. On a les yeux rivés dessus. Notre alliée râle, grogne, crache du sang. Un de ses bras est inutilisable, transpercé par une bonne balle de sniper. Elle se met sur le côté, à couvert. Je fais signe à Hengameh d’y aller aussi.


« Je l’ai ! » dit Peach. Elle lève un talon et tape le tranchant de sa raquette dessus pour… le style. 100% pour l’allure. « Visez-moi cet effet, les filles ! » Elle lance la balle au-dessus de sa tête, saute et fais un mouvement trop spécial, tournoie sur elle-même avant d’enfin frapper la balle de sa raquette. Il y a comme un tourbillon de paillettes de princesse qui guide la balle ! Elle se dirige vers l’alcôve où se cache la chemise, et comme par enchantement, s’y propulse à toute allure.
« Je suis sûre que je l’ai eue ! » chantonne Peach avant d’elle-même se faire tirer dessus. Hengameh crie, je… Je reste bouche-bée en voyant les boucles blondes, la tenue trop chou, la peau toute rose de notre amie, devenir… ternes. « J’ai vu ! » dit Hengameh. Elle pointe son doigt vers un endroit. Un autre renfoncement, avec devant une passerelle traversant la serre. Je serre les dents. Président, ça, vous allez me le payer.

« On n’a plus rien ! » dit la meuf super musclée, en grimaçant. Elle a l’air trop dégoûtée. Je vais vers elle. « On t’a toi, ma belle. Je pèse 45 kilos. Et la petite même pas 35. C’est dans tes cordes ? »

Elle… sourit. « Ça va être violent. » Je lui fais un clin d’œil. « Ça tombe super bien, je commence à m’ennuyer. » Pas le temps d’avoir peur. Pas le temps de laisser le choix à Hengameh. Je laisse mon fusil d’assaut et mon sniper pour ne garder que mon pompe, et j’enlève à Henga’ son fusil d’assaut aussi. « Le pistolet suffira. Dès que tu atterris… tu le flingues. Tant pis si moi je me fais avoir. » Elle hoche la tête, fronce les sourcils. « Je te promets, je vais l’avoir. » Du pur Hengameh. Le Président a zéro chance. Je pompe mon fusil, prends une inspiration. « Allez !! » crie la montagne de muscles ! Malgré sa blessure, elle me saisit entre ses deux mains comme si j’étais un petit crayon, elle tourne sur elle-même avant de me lancer super haut dans les airs. Quand je monte, ça va ! Je reste droite ! Elle… J’arrive au niveau de la passerelle et je retombe. Je m’é-cla-te le genou contre le sol. C’est fini. Il est dead. Mais j’arrive à me tenir sur l’autre. Je lève mon pompe vers le renfoncement après la passerelle. Hengameh est lancée elle aussi, elle ne crie pas. Je crois que j’ai crié. Je… Allez ! Le Président est là, devant moi. Je tire.
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Mon regard s’agite, j’essaye de couvrir tout les couloirs, toutes les passerelles, mais ça m’est bien évidemment impossible. Je m’apprête à retenter un second tir lorsque je vois Song et une petite silhouette arriver comme par magie à ma hauteur, la première armée d’un fusil à pompe et la seconde d’un unique pistolet. Elle va tirer, j’en suis certain, mais je n’ai pas le temps d’analyser la situation convenablement. Je tente une glissade au sol pour esquiver son tir, mais je sens quand même quelques plombs pénétrer ma chair au niveau du mollet, tandis que le second tir me passe au dessus de la tête. Je me relève, maintenant derrière mes deux assaillants et frappe la plus jeune des deux à l’aide la crosse de mon fusil. Elle chancèle, manque de chuter mais laisse échapper son arme. Je siffle.

Song, si je m’attendais à vous voir ici, souriai-je. Marre de la monotonie de San Fransokyo peut-être ?

Je voyais Reno arriver dans son dos, armé de sa matraque électrifiée Il s’avance à pas de velours sur le plancher de la passerelle sur laquelle nous nous trouvons, et, une fois à moins de dix mètres se téléporte dans un éclat bleuté aux côtés de mon ennemie. Il balaye ses jambes, et je glisse de nouveau pour esquiver les plombs qu’elle allait évidemment tirer. Cette fois-ci, c’est plus sérieux, je sens mon flanc droit me brûler.

Reno électrifie sa matraque avant de la frapper a plusieurs reprises, au niveau du visage et du buste.

Attends, mais t’étais pas blessée toi à la base ?

Il frappe un coup sec dans son poignet pour lui faire lâcher son arme et vient poser la pointe de sa matraque sur sa blessure dont nous avions été témoins. Il l’électrise quelques instants, avant de faire une pause pour recommencer.

Vous auriez du rester en bas, dis-je alors que Reno balançait son arme dans le vide d’un coup de pied.

Je jetai un regard en contrebas et pris le temps de viser une femme à la musculature impressionnante. Je tire, et la balle vient perforer son crâne de part en part, elle s’écroule.

Charmante équipe que vous avez là, dis-je en tirant une balle dans son genou. Une équipe pour le moins hétéroclite… Reno vous pouvez arrêter. Contentez vous de l’empêcher de bouger.

Je regarde par dessus la passerelle pour y constater que la bataille continue, mais avec un nombre de concurrents réduits. Je me dis qu’il faut que j’abrège, après tout elle reste mon employée, et il serait fâcheux de nous retrouver en mauvais termes.

Je tends le canon de mon arme devant moi. Reno l’électrise une dernière fois alors que je lui avais pourtant dit d’arrêter, et je tire une fois, puis une seconde. La première balle traverse son thorax, et la deuxième vient se loger dans son crane. La seconde d’après, elle est désaturée. La petite se jette sur moi en sortant un couteau de sa poche. Elle tente de me le planter dans le mollet où j’avais déjà été blessé, mais je lui mets un coup de crosse dans la machoire. Elle recule, sanglote et Reno attrape son pistolet. Il le pointe en direction de sa tête et tire. Je détourne le regard quelques instants.


Vous avez eu chaud, non ? Dit-il en insérant un nouveau chargeur dans son arme.

Oui, Reno, heureusement que vous étiez là, exagérai-je avant de reprendre mon sérieux. Merci. Freyra ?

Eliminée, de même que Scarlett. Qu’est-ce qu’on fait ?

Je regarde autour de moi, nous pourrions tenter de retrouver une nouvelle plateforme mais la leçon de la dernière fois me faisait me dire que c’était une mauvaise idée. Nous restâmes donc sur la passerelle, profitant de la liberté d’action qu’elle nous offrait, tirant dans les têtes des derniers concurrents restants. A force de tirs et de rechargements, il ne restait plus que deux concurrents en plus de nous. Ils s’étaient réfugiés sous des plateformes de sorte qu’on ne puisse plus les voir.


J’ai plus de grenades, et vous ?

De même. Et nous devons nous hâter sans quoi la zone nous rattrapera. Il faut descendre, suivez-moi.

Nous commençons à descendre. Maintenant, chaque bruit peut donner une indication aux ennemis, il faut donc redoubler de prudence. Nous apercevons le corps de Freyra au sol et continuons notre route.

Elena, où sont ils ?

Sur la gauche en faisant dos à l’entrée. Ils sont deux, le premier dispose d’un pistolet, le deuxième risque d’être plus compliqué à abattre.


Expliquez.

Il a un minigun.

Ah. Effectivement.

Comment on bousille un mec avec un minigun quand on a que des flingues ?

Nous étions maintenant redescendus. J’avais arrêté Reno a la vue d’un pied et d’un début de jambe dépassant d’un couvert.

On tire ?

Ce serait gaspiller le peu de munitions qu’il nous reste. J’imagine que vous allez devoir les attirer. Vous pouvez encore faire votre truc ?

Mon truc ?

Vous téléreporter.

J’peux pas dire. J’peux essayer. Au pire, je suis éliminé et ça vous arrange, non ?

Mais pour qui me prenez-vous ? Dis-je souriant.

Reno sort de son couvert pendant que je prépare mon tir. Il y a peu de chances que mon idée fonctionne. Dans ce cas, je devrais improviser avec les armes concurrents déjà tombés. Il s’approche, les provoque et l’homme un minigun sort de son couvert pour faire feu. Il se téléporte pour esquiver les balles pendant que j’aligne mon tir. Je presse la détente et la balle part en direction de l’arme de notre ennemi. Elle passe au travers des balles crachées par les canons de son arme et finit par rentrer à l’intérieur. La machine explose.

Reno me jette un regard d’incompréhension alors que je lui fais signe d’éliminer le dernier. Il se saisit de son arme et tire deux balles dans le dernier qui tombe aussi, désaturé. Nous nous regardons donc.


C’est donc vous contre moi. Confiant ?

Absolument. Exécutez l’ordre soixante-dix.

Il écarquille les yeux, avant d’ouvrir la bouche.

Vous êtes sérieux ?


Bien sûr, dis-je amusé.

Alors ça… franchement. Après tout le mal qu’on s’est donné ! C’est déloyal.

Ce jeu n’avait rien de loyal, au départ.

Il grogne, porte son arme a sa tempe et tire. Il tombe au sol avant de perdre ses couleurs à son tour. Je suis seul dans la serre. La zone et les couleurs vives du jeu s’estompent peu à peu alors qu’une musique commence à se jouer. Des caméras volantes viennent m’entourer alors que tout les participants se relèvent en ayant récupéré leurs couleurs. Les Turks me rejoignent, ceux encore inconscients aussi, de même que Scarlett.

Vous avez réussi, dit-elle en m’enlaçant. Je passe mon bras autour de sa taille et tourne le regard vers mes hommes ressuscités.

L’ordre soixante-dix, hein. Vous aviez vraiment envie de gagner.

En tout cas, c’est enfin fini ! C’est enfin fini, on va pouvoir prendre un boooon bain.

Très beau tir Monsieur, il fallait l’oser.

Ils étaient tous là, autour de moi. Ils ne me félicitaient pas forcément mais étaient surtout contents de ne pas avoir fait ça pour rien. Juget nous rejoigne aussi, m’apportant mon canon scié tombé avec la chute de la plateforme quelques minutes plus tôt. Je tournais le regard face à la caméra avant de prendre la parole.

Félicitations à toutes les personnes ayant participé à ce jeu. Un mois d’efforts, d’épreuves, de peur, de larmes… Un mois où nous sommes tous passés à travers la palette d’émotions que nos coeurs peuvent ressentir.

Je continuais mon discours encourageant, revenant bien vite à mon masque de président de la compagnie.

Pour l’événement, sachez que le trajet du retour vous sera offert. Pendant vingt-quatre heures, tout les vols au départ de la Ville de Traverse seront gratuits. Encore merci au Lord Business, cette racaille, pour cet événement de grande envergure. Si vous m’écoutez, je serais ravi de vous accueillir sur le vaisseau-mère très prochainement.

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