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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

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Nous continuons notre progression dans le quartier. La récolte n’est pas énorme mais c’est l’occasion d’empocher quelques kills en plus. Les sans-coeurs me manifestent progressivement leur envie de rejoindre le troisième quartier, là où ils sentent que de nombreux coeurs résistent encore. Ce n’est pas l’envie qui me manque d’aller voir ce qui se trame autour de mon patron. Mais le même risque me nargue, encore et encore. Et si quelqu’un faisait le rapprochement entre moi ce mon apparence originelle ? Et si quelqu’un —de plus— comprenait que  j’étais celle qui les maîtrise. Non, si je veux me rendre là-bas, il faut que je joue le jeu de l’agent Shinra bien sous tout rapport, si l’on peut dire. Je reprends mon apparence humaine et invite les sans-coeurs à se disperser un peu plus et ainsi éviter de révéler une évidence.

Au moment où nous nous approchons de la porte qui mène à notre destination, je suis surprise de voir la porte s’ouvrir d’elle même, j’ai un mouvement de recul, comme sentant la menace arriver. Je suis prête à faire demi-tour, puis je la vois apparaître devant moi, la coréenne, la renommée streameuse, le pendant jeune et positif de notre entreprise. Elle semble me reconnaître instantanément. Nous ne nous sommes jamais vraiment rencontrées, si ce n’est par écrans interposés.

Elle ne s’arrête pas, elle fuit quelque chose à l’évidence, et elle crie pour me mettre en garde. Je remarque à cet instant qu’elle est accompagnée d’une jeune adolescente au teint mat.

-Lord Business ! Il me poursuit ! On doit se barrer ! ».

Il est ici, alors ?  Sans trop réfléchir, j’écoute sa suggestion. Je leur emboite le pas tout en regardant l’espace d’un instant au loin la grande silhouette du jouet version menace interplanétaire.  Aucune de nous n’est particulièrement rapide puis D.Va semble particulièrement veiller sur la jeune fille qui la suit, ce qui la ralentit inévitablement. Elles semblent toutes les deux sous le choc. Nous courrons sans dire un mot. Après quelques minutes, j’ai l’impression que notre hôte ne nous suit pas, alors nous nous arrêtons. Je sens la douleur remonter dans mon ventre, je me plie sur moi-même. Je dois me contrôler, ne pas lui laisser voir ce que je cache.

-Ca…ne va pas ?
-Ne t’approche pas de moi !


Je le dis avec une certaine violence dans la voix, sans ménagement. La douleur resurgit, plus forte que jamais, comme si je sentais encore sa keyblade marteler mon ventre à chaque pas de course. Je leur tourne le dos. Je me mords les lèvres pour ne pas laisser ma rage ressortir.

-Di… tu la connais cette fille ?

Je les entends murmurer. Leurs voix tournent dans ma tête, la douleur se déplace à présent dans ma tête, frappant sur mes tempes, bourdonnant dans mes oreilles. Je suis en cet instant persuadée qu’elles sont en train de comploter contre moi, elles cherchent forcément à me nuire. Je me recroqueville sur moi-même, prostrée. Je sens que de petites volutes de ténèbres sortent de mon corps. Si D.Va est au courant, autant dire que toute la Shinra le sera bientôt tout autant. Je… je ne peux pas laisser faire ça. Mais comment, comment l’empêcher ? Leur élimination ne résoudra rien.

Sans m’en rendre compte je laisse les sans-coeurs nous rejoindre à nouveau. Ils se montrent rapidement menaçants, en particulier envers l’adolescente au coeur pur. Son coeur qui me rappelle à chaque putain de battement qu’il est bien vivant.
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Hengameh sursaute quand le meuf lui répond trop mal alors qu’elle a juste été gentille. « Hey ! » Premier réflexe : lui crier dessus, la descendre et la remettre à sa place, cette meuf. Mais deuxième réflexe ?... Ouais. Quand je vois qu’elle a l’air de se tordre de douleur, qu’elle me tourne le dos… On est dans une petite ruelle, juste à côté de ruines enflammées de je-sais-pas-quel-lieu-c’était-avant. Et on est assez bien dissimulées pour que Business ne nous trouve pas et aille ailleurs. Et je la regarde, genre… j’ai un frisson. La fille, quand je l’ai vue, non seulement je l’ai reconnue mais direct je lui ai fait confiance ! Genre elle était toute pimpante, en un seul morceau, visiblement pas trop amochée. Ouais elle a un visage fatigué mais euh… qui ne l’a pas ? Y a pas un PJ dans ce monde qui a dormi depuis les trente-deux dernières heures !

Et là… à être voûtée sur elle-même, à se tenir le ventre comme une pure cinglée. Je suis moins sûre de vouloir lui chercher des problèmes. Ou franchement, plutôt je regrette d’avoir agi comme je l’ai fait. Je vois juste son dos voûté, son corps qui tremble. Elle a une tenue que n’importe quel Soldat 2ème Classe aurait. Le coll roulé, une tenue de combat qui permet des mouvements amples. Et…
« tu la connais, cette fille ? » Je regarde Hengameh. Je… « Oui. » soupiré-je. « Enfin, je crois que c’est elle. » J’essaie de pas parler trop fort, qu’elle m’entende pas avoir un doute sur qui elle est. Ca se trouve c’est une random que j’ai confondue avec l’autre meuf. « Elle est de la Shinra. » Enfin je crois. Dire que je la connais, c’est vraiment déjà une grosse exagération. Genre la meuf, je l’ai jamais vraiment remarquée mais elle m’a taggée une fois sur un post, et Le Président aussi. Lui, il a répondu, du coup j’ai répondu aussi, en me disant que ça devait pas être n’importe qui. Je crois que j’ai son prénom en tête mais… te dire si elle est SOLDAT, Turk ou madame pipi, franchement je sais pas dire ! La tenue me fait dire Soldat, mais euh…

Et on va pas se mentir, c’est pas mon genre. Tout l’event, elle a fait un petit jeu du chat et de la souris avec Le Président, genre je t’envoie des piques en te draguant. Même moi, je fais un peu ma jolie avec le Président, mais ça reste mignon. Rien de lourd ou de creepy. Et là quand je la vois recroquevillée, style : meuf la plus malsaine de l’event. Pitié, je prie pour qu’elle ait juste mangé un truc avarié parce que j’ai l’impression qu’elle va se retourner et qu’elle aura des poils sur le visage, des crocs de dingue et une mauvaise SFX en support.


« Tu me fais un peu flipper. » finis-je par reconnaître en faisant un pas en arrière. Et je vois qu’Hengameh est tout sauf à l’aise. Elle lève légèrement son fusil d’assaut et me fait un regard appuyé. Je fronce les sourcils. Je… Purée mais… « What… ? » Y a une aura violette qui commence à sortir d’elle. Je recule davantage, et je commence à lever un poil mon fusil d’assaut. « Nina, c’est ça ? C’est toi qui fais ça ? » Je regarde cette aura et je sursaute de dingue quand tout autour de nous, des sans-cœurs apparaissent, tous au même moment ! Hengameh réagit direct, elle vise deux petites cloches jaunes et elle les descend avec son semi-auto. « D.Va ! C’est elle ! »

Je… Je sais même pas pourquoi je doute, mais je doute. Je sais pas, c’est le côté Shinra, le fait qu’elle fait partie de la maison et qu’il a jamais été question de trahir mon groupe pendant cet event !Ok bon, si je me retrouve face au Président à la fin, j’envisagerai de le descendre. Mais là ? Trois singes courent vers Hengameh. J’en descends un de deux balles dans la poitrine, puis le deuxième. Le troisième la baffe dans le dos. Elle crie de douleur, se remet sur ses genoux au bout de quelques secondes. D’autres… D’autres arrivent, et ils vont vers elle, surtout. Des plus gros, des plus menaçants. « On part, ou tu la tues ! » me crie Hengameh, qui tire un feu nourri sur les sans-cœurs qui s’approchent d’elle.
Elle a raison. Je prends mon avant-dernière grenade, la dégoupille, et la lance dans la direction des sans-cœurs qui viennent pop le plus loin. Ils explosent avant d’avoir pu ne serait-ce que se rapprocher. Je braque mon fusil d’assaut sur la miss.
« Tu les renvoies, ou je te mets une balle dans la tête, la dingo ! »
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En temps normal, cela me serait parfaitement égal de m’en prendre à une gamine comme celle qui accompagne la streameuse. Je ne ressens pas plus de pitié pour les enfants que pour les adultes. Mais là, je suis tout bonnement en train de perdre le contrôle de ma vie. Ma couverture, je la perds au même rythme que mon corps est en train de me lâcher. Je l’entends m’appeler, d’abord inquiète, puis progressivement, je la sens plus menaçante. Je me retourne enfin vers elle. Vont-elles finir par comprendre que je ne peux rien y faire, quand bien même je le souhaite intensément ?

Leurs menaces m’agressent, me rendent plus réactive encore. Plus je me sens mal, plus les créatures se montrent belliqueuses avec mes interlocutrices, plus elles surgissent de nulle part, s’ajoutent à la foule et les coincent dans ce cercle restreint. Elles continuent toutes les deux de se défendre tant bien que mal. D.Va en élimine autant qu’il en apparait. D’autres sans-coeurs dans la mêlée quant à eux se mettent à m’entourer comme pour me protéger de mon incapacité à me défendre en ce moment, me protégeant de la coréenne.

Je sens leurs tirs pointer dans ma direction, des salves de balles se répandent de part et d’autres. Ils sont arrêtés par mes protecteurs.

Il est probablement temps d’admette que je ne peux plus rien contrôler. Si elle n’a pas encore compris ce que suggère les symptômes que j’ai pu afficher, les sans-coeurs, les ténèbres s’échappant de moi, elle finira par le comprendre en très peu de temps. Au fur et à mesure que je commence à accepter cette situation, je sens que la marque de kleyblade est moins douloureuse sur mon ventre, comme moins profonde. Comme si le fait d’accepter d’afficher cette nature rendait ses blessures moins dommageables. C’est donc cela, je dois accepter d’afficher ma véritable apparence, mes véritables intentions.

La douleur ne disparait pas totalement, pas dans ma tête en tout cas. La pression est toujours bien présente. Mais je sais qu’à présent je n’ai plus à jouer le jeu de la sororité. Ne plus faire semblant, laisser aller ses ténèbres.

J’envoie plusieurs sans-coeus attraper l’adolescente et la ramener à moi. Elles se défendent toutes les deux avec énormément de détermination mais le nombre l’emporte et je suis bientôt rejointe par la jeune fille qui n’a d’autre choix que de s’approcher de moi. Je la regarde. C’est une jeune femme en devenir, avec un potentiel certain. Je sens toute la haine de D.Va cogner dans son coeur non loin de moi, tandis que les battements de celui de l’adolescente ralentissent progressivement mais notablement.

Après tout, j’étais venue chercher des kills faciles. S’il n’y avait pas eu cette histoire de douleur, j’aurais pu jouer le jeu, mais de la même façon que Temerys avait échoué avec Roxas, j’avais échoué aux faux-semblants avec D.Va. Et son élimination représentait sans conteste un bel ajout pour mon palmarès.

Les sans-coeurs ont repris son arme à la jeune fille et « s’amusent avec » en la lançant dans les airs. Pendant ce temps, je m’approche et caresse ses cheveux comme pour mettre en garde son aînée. Je suis juste à côté, va-t-elle oser s’en prendre à moi et risquer de rater sa cible dans la foule turbulente ?

Et bien sûr, il aurait fallu que je retire mes sans-coeurs alors qu’ils représentent ma seule défense face à des humains qui ne voient en nous que des monstres dès lors que ressort une pointe de ténèbres. Je leur avais pourtant dit ne pas m’approcher.
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« Barrez-vous !! » Je crie sur les sans-cœurs. L’un d’eux me frappe dans le dos, je me retourne et le flingue, je tourne sur moi-même et décharge mon fusil d’assaut pour tous les éloigner, pour essayer de détruire les plus faibles ! J’essaie de… Je fais quelques pas en avant, vers Nina, pour me rapprocher de Hengameh. Il y a trop de sans-cœurs, je n’arrive même plus à la voir, à juste… avoir un petit point de vue sur sa silhouette, sur sa peau. Je n’ai rien. Un gros lard me repousse de son ventre, me fait tomber au sol. Je serre les dents alors que mon dos vient frotter le sol, réveillant toutes les douleurs, celle au dos, celle aux côtes, celle au genou. Je suis… J’arrive même plus à voir autre chose que ma colère, que cette fille morte dans mes mains. Je vais la détruire. Je parle même pas du jeu, je vais l’exécuter, je m’en fiche complètement ! Je cours vers le rondouillard, me laisse tomber au sol, glisse sous ses pieds et me relève avant de le flinguer dans le dos. Je recharge. J’avance. Il y a un magicien et un dragon. Tête. Tête. Et j’essaie d’avancer.

La foule de sans-cœurs se referme de plus en plus sur moi. Il se passe pas dix secondes sans qu’une  magie ne me frôle ou ne me stun… et pas beaucoup plus sans que je reçoive une grosse tarte. J’ai… l’impression d’être juste une poupée qu’ils manipulent, qu’ils écrasent, en attendant que cette folle se décide à me tuer. Je… Comment le président a-t-il pu être aussi idiot pour recruter ce monstre ?! Je m’en fiche que ce soit qu’un jeu ! Je fais un pas sur le côté pour esquiver le coup d’un gros mec avec son bouclier de chien. Je m’agrippe à son bouclier et, alors qu’il le ramène à lui, je grimpe dessus. Je me mets debout, pose mon pied gauche sur la tête du sans-cœur pour être plus haute, pour avoir une chance de la toucher et de débarrasser Hengameh de cette…

Des sans-cœurs volants. Des cloches. Ils continuent de la protéger. Je tire, encore, encore, encore. Toujours en équilibre sur le défenseur, je recharge. Il va frapper, je sais pas comment. Je lève mon pied gauche pour découvrir son visage et lui mets trois balles dans la tête ! Avant de tomber, je vois qu’elle touche le visage d’Hengameh.
« Nina ! » crié-je. « Tu la laisses ! Tu la laisses !! » Je retombe au sol, fais une roulade. Plus qu’un seul chargeur. C’est la cata. Mais… tant pis. Je les aurai aux dents, je les aurai aux poings ! Je tire pour exploser deux magiciens. Il doit me rester le fond du chargeur. Je vise des cloches et les finis. Et toujours autant de sans-cœurs, toujours autant. Devant moi, même si je me prends des coups, je peux… réussir à esquiver le gros ; Mais derrière ce n’est pas possible. Un cabot me mord le mollet, puis un aviateur me tire dans le dos. Mais…

Je ne peux pas reculer.
Dernière grenade. Je la dégoupille. Un Soldat, un de ces sans-cœurs tout secs avec un casque sur la tête, m’attaque. Je l’attrape, lance la grenade vers le groupe qui m’attaque par derrière, à même pas deux mètres de moi, je me baisse comme je peux et me protège avec le corps du sans-cœur.
L’explosion m’assourdit mais je me redresse, alors que le sans-cœur disparait dans mes mains. Je lâche mon fusil d’assaut, le laisse retomber en bandoulière, et saisis mon sniper. J’ai une fenêtre sur Nina. Très brève. Je la vise à travers le scope. Non. Non non non ! Je tremble trop ! J’enrage trop, je ne sais plus me calmer sur un shot ! Je pulvérise un, puis un deuxième sans-cœur qui la protègent et j’essaie d’approcher.
Mais c’est fini. Je n’ai plus rien. Plus de grenade. Plus de munitions pour l’assaut, pas le temps de recharger mon fusil sniper. Je suis… Je cherche Hengameh. Elle se débat encore. Vas-y. Prends ta dague, je ne sais pas, et… fourre-lui dans la poitrine ! Prends ton pistolet laser et tire-lui dans la tronche, je sais pas.
Ma rage commence à se transformer en… je… je suis désespérée. Je regarde ma main. Si seulement j’avais une keyblade. J’ai toujours été bof avec les sans-cœurs, mais avec… avec une keyblade ? Je ferme les yeux, très fort, j’ignore le sort de foudre qui me touche, je me concentre juste sur… je sais pas ? Mon cœur ? Je la voulais, cette keyblade, je l’ai vraiment souhaitée, j’ai commencé à faire des démarches mais…


« Je peux savoir ce qu’il se passe ?! » prononce une voix toute pimpante. Je… Je lève les yeux. Au-dessus d’une charpente toute carbonisée, comme une purée de super héroïne, Peach est là, dans sa tenue de golfe, des blessures au visage, un bras recouvert d’un bandage. Elle me sourit et saute près de moi. Pas de paroles ! Et tant pis pour la keyblade ! Elle soulève son club de golf, elle charge un coup, faisant briller l’extrémité de son arme jusqu’à ce qu’elle devienne jaune, et elle fait un giga swing devant elle !
Une dizaine de sans-cœurs sont projetés super loin, comme des feuilles au vent.
« Allez ! » Je profite du temps qu’elle m’offre. Je prends un chargeur de snipe et je le mets dans le fusil. Je tire le levier longuement, avant d’entendre le clic, et le bloque.
Je me mets en position, un genou à terre, l’œil dans le scope.

Peach est attaquée par plusieurs sans-cœurs, elle fait mine de fuir mais… sort, de sa poche, un Toad qu’elle utilise comme bouclier. Le Toad est touché mais avant de perdre ses couleurs, semble stocker tous les dégâts et les renvoie sur les autres monstres. Ca en tue une bonne dizaine, et…
Je tire. Ma balle touche Nina aux côtes. Je tire le levier alors que Hengameh profite de la souffrance de la sorcière pour dégager un bras de sa menotte, saisir la dague qu’elle a à la ceinture, et le planter dans le poignet de l’ennemie.
Hengameh est dégagée. Je vise la tête.
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Cette garce d’ado attardée au lapin rose a réussi à se défaire de toute cette attention qui lui a été donnée par mes soins. Je l’ai vue sous mes yeux, lutter pour plus que sa vie, coeur battant à mille, se déchainer sur mes sans-coeurs, à chaque fois que l’un est apparu et qu’il a tenté de l’entraver, elle s’en est défait.

Puis évidemment, ça ne pouvait pas s’arrêter là, car les héros doivent toujours l’emporter à la fin, après un retournement de situation. La lumière doit l’emporter, n’est-ce pas ? Avec une princesse c’est toujours mieux. Et s’il n’y a pas de princesse de coeur disponible, faisons avec une version bon marché japonaise. Le genre vraiment pas classe, si vous voulez mon avis. Mais si je puis me permettre une petite rectification, on travaille bien pour le même patron n’est-ce pas ? Je ne peux pas nier que je sens en elle une certaine quantité de lumière qui ne laisse pas indifférent mon instinct de chasseuse.

Et donc, la princesse a rappliqué, et elle a…swingué mes sans coeurs, c’est ça, il n’y a pas d’autres mots ou de synonyme pour vous explique. Et là, j’étais tout simplement incapable de réagir. Après tout ça, après tous ces efforts dans cette compétition, je me fais avoir par une streameuse lapin et une princesse joueuse de golf.

J’ai le temps de voir que j’étais dans le champ de tir de D.Va, et l’instant d’après, je sens l’impact au niveau des côtes. La douleur à l’abdomen me revient instantanément, le coup de la keyblade, puis cette balle coincée dans mon corps. J’écarquille les yeux, je garde la bouche entre-ouverte, lâche prise, et recule de quelques pas, prenant appui sur mes sans-coeurs. J’ai l’impression que le temps s’arrête. Mais l’adolescente n’en a pas fini avec moi, je la vois approcher son couteau de mon bras est l’y planter, sans l’ombre d’une hésitation. Et moi je reste là, impuissante. Cela me brûle un instant puis ça disparait. Je ne trouve plus l’énergie pour me défendre et essayer de lui retourner ce poignard dans la trachée comme j’aurais normalement dû le faire.

Je tourne ma tête une dernière fois vers la première classe, je sens son collimateur sur moi. Je sais que c’est le moment.

J’entends la détonation puis tout s’arrête, je n’ai pas le temps de sentir la douleur naître entre mes deux yeux là où la balle entre. Tout ce que je vois c’est le regard de la jeune femme qui vient de m’éliminer, il est plein de détermination, il ne flanche pas, il sait ce qui doit être fait pour obtenir ce que veut son coeur, il ne tremble plus.

Je sens cette étrange sensation de survitalité m’ayant accompagnée ces 28 derniers jours quitter mon corps. Je sens les couleurs m’abandonner, comme drainée par une force imperceptible. Et puis tout est gris, un grand fond gris autour de moi. Aucun bruit, pas même un bruit de coeur. J’essaie de comprendre où je suis. Je cligne des yeux et je me relève en sursaut au milieu du premier quartier. Je suis couchée à terre. J’ouvre la bouche, cherche à trouver quelque chose dans l’air en l’inspirant, profondément, comme si l’on m’avait privée de quelque chose qui m’était essentiel.

J’en étais proche, n’est-ce pas ?

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