On aurait cru entendre l'impact d'un météore. Parmis touts les bruits, les coups de feux, les explosions, les déflagrations, magiques ou non, parmis les chants de destructions et râles de concurrents poussés à bout, ce son de comète écrasé les a tous effacé. Dans un instant de furie, mû par l'instinct de furie, Nazik s'est levé et s'est dirigé vers la fenêtre. Au rez-de-chaussée, toutes les entrées sont obstrués par du mobilier alors que lui reste au premier, et seul, étage. Avec l'empressement d'un voisin excédé par la tapage, il ouvre grand les deux vantaux à carreaux vitrés, si fort qu'ils en rebondissent sur les murs. Déjà prêt, toujours si décidé mais froid et concentré malgré son empressement, il enjambe la pièce d'appui de la menuiserie pour mettre un pied sur les tuiles brunes de la toiture en pente. Face à lui, immédiatement en contrebas, il aperçoit la terrasse café où un trio de malheureux s'empressent de chasser un quatuor. Ces dernières, facilement brutalisés et troublés, se ressaisissent d'un coup sous l'oeil jaune furieux du ténèbreux. Leurs mouvements se coordonnent, elles s'immergent et surgissent en un ballet de petits monstres vicieux, n'attaquent même pas.
Le changement de rythme est si brusque qu'il se transmet en concurrent en contrebas, les chaises volent et les tables se renversent ! Les bougies chutent, inévitablement, au moins une a embrasé une table.

Et, sans prévenir, une chaise trop proche s'enflamme à son tour, puis une autre, encore une autre table... le panneau qui pend au toit de pierre de la terrasse et... tant pis, on verra plus tard. Les structures sont majoritairement de pierre, ça laisse encore une chance à l'abri de Nazik, malgré les poutres apparentes qui roussissent déjà.

Une boule noire, folle avec un sourire qui la fait paraitre en train de rire en silence, éclate et se recompose, emportant des fractions de sols pavés avec elle à chaque explosion ! Elle sait ce qu'elle fait et son boucan à répétition, ce n'est pas ce qui intéresse l'élu de la clef pour l'instant. Quand à la vouivre... sans rugir ni gémir, chacun de ses assauts fracasse le sol et à l'instant, un lampadaire déjà peu droit se retrouve en angle droit.
Le son ressemble à ça mais... en dix fois, non, en cent fois plus lourd et en plus... pyrotechnique ?

Ce son que cherche à ouïr Nazik, il est unique. A retentit une fois avant de se taire. De là où il est, parce qu'il se passe énormément en contrebas, l'obscurantiste ne voit pas ce que ca pourrait être. D'une impulsion de son pied sur les tuiles, le jeune homme bondit en avant mais se retourne immédiatement pour enfoncer sa clef comme un pic alpin. La partie contente de son arme fracasse une tuile qui glisse déjà et le force à tirer ! Maladroit, le fragment de toiture s'échappe déjà, le force à patiner et à jeter son bras désarmé pour se rééquilibrer. Un court instant où la gravitée se fait clémente, il bondit au sommet de son bâtiment.
Quelques secondes le temps de se stabiliser... et bien heureux d'avoir des sans-cœurs pour occuper tout le monde en contrebas.

" Je sais pas si c'est un météore... " Des fumées noirs qui s'échappent haut dans le ciel... une bataille qui resplendit parmis toutes les autres, à la façon de la lune dans le ciel étoilé. Nazik se sert de sa main en visière, le regard confus et l'air perdu, benêt même. " ...mais ça y ressemble ? "

Le jeune coalisé se permet de sourire, léger mais carnassier, quoique ce soit... ca a l'air de bien attirer l'attention de tout le monde là-bas ! Et en bas, les cinq sans-cœurs font le boulot. Jusqu'ici, tout va bien. Nazik cesse alors de sourire pour mieux se concentrer. De là où il est, plus visible, il garde un oeil sur l'incendie qui ravage le bar et entame de grignoter le magasin d'item juste en-dessous. De l'autre, il veille à optimiser ses créatures ténébreuses. Une seule, en l'occurence. Que les ombres et la boule noire agissent comme le veut la nature des sans-cœurs... instinctivement, de manière chaotique.
La vouivre, elle, survole la place... et de manière chirurgicale, s'abat tel un petit météore sur le premier qui ose poser les yeux sur l'invocateur, avant de se replier à l'abri dans les cieux.

Ce sans-cœur doit subsister, dès que le besoin s'en fera sentir, ça deviendra sa monture. Ca permet aussi de situer les alentours... le point de vue est pas mal et l'avantage de la hauteur, ça ne se refuse pas.