Passer deux jours loin de tout à rien branler et à bouffer du poisson ? Bête de plan. Ce matin j’me réveille, franchement, je pète la forme. J’ai vidé une canette de coca pour le p’tit déj’, ai tiré du pain frais chez un boulanger qui faisait pas trop attention à son étal et j’me suis tiré des mondes de Grimm. Ce pêcheur, c’était quand même marrant, j’avais pas son nom, jamais je l’reverrai sûrement, on le savait, et pourtant la gars avait été vachement cool ! Enfin.. j’y avais laissé une belle bourse quand même, c’était un marchand fallait pas non plus le prendre pour un con mais… ouais.

Du coup, là, devine où j’étais ? Au Jardin Radieux mon gars ! Bah, ouais, j’étais obligé ! On a le droit de tout péter, tout le monde s’en fout ? J’allais pas rater l’occase d’aller retourner le monde de ces gros connards de pédés. Donc j’étais arrivé dans le centre-ville comme une putain de fleur, puis j’avais pris une grosse inspiration. Un peu le genre d’inspiration qui sonne « ah, ça va être une bonne journée ».

J’ai frappé dans le mur d’une maison. Il a commencé à se fissurer, puis s’est écroulé sur lui même. Le toit a tangué de gauche à droite, et un deuxième coup dans un deuxième mur a eu raison de la baraque. Elle était vide, donc pas d’élimination, mais ça, je m’en foutais. J’ai continué comme ça, sur toute une allée, puis sur tout un quartier. Non allez, tout un quartier sauf une baraque, parce que j’avais vu un gosse à la fenêtre. Et… même s’il risque rien, vas y comme c’est pas cool de le foutre à la rue.

J’m’arrête quelques minutes, pour… bah déjà souffler un peu, même si franchement ça va. Mais aussi pour regarder un peu autour de moi. Ouais, j’ai niqué un quartier, et pourtant… ça m’amuse même pas tant que ça. Parce que… c’est normal. Y’a personne qui va gueuler, y’a personne qui va essayer de m’arrêter parce que tout le monde s’en branle. Au pire, ça fait des habitants charclos jusqu’à la fin du mois et… c’est tout.

Je vois le sommet des arts au loin, qui dépasse de quelques maisons que j’ai pas encore eu le temps de démolir. J’me demande si y’a un des débiles qui s’est dit qu’il allait se planquer là-dedans en vrai. Parce que quand t’y réfléchis c’est quand même la pire des idées. Suffit d’une mauvaise explosion ou quoi, à la base de la tour, et pouf y’a plus personne. Limite, un truc qui serait super marrant, ce serait de foncer dans une de ces tours avec un vaisseau, genre gros kamikaze.

Enfin, ma pause finie, je reprends ma route jusqu’à arriver auprès d’une maison qui… franchement tranche pas mal avec les autres. Les maisons du jardin radieux, sont… jolies, objectivement. C’est pas forcément ultra détaillé avec des trucs dans tout les sens, bon y’en a, mais c’est surtout un espèce de dosage ultra bien foutu de simplicité. Et celle devant moi là.. c’est ça, mais avec des fleurs dans tout les sens. P’tête un consul du lierre ou de la plante grimpante, j’en sais rien. Ou alors, le meilleur jardinier qu’ils auraient recruté dans le fond du cul du monde, d’façon tu sais jamais à quoi t’attendre avec des snobs pareils.

J’hésite. J’pourrais la péter, d’façon elle va respawn. J’pourrais aussi entrer à l’intérieur et regarder c’qu’y s’y passe, qui habite là, en bref, j’étais curieux. J’suis rentré dans le jardin donc, en passant le petit portail. Depuis la rue, on s’en rendait pas compte, mais c’était pas que la maison qu’était décorée, c’était absolument tout le jardin. Des fleurs de toutes les couleurs, des plantes grimpantes, sculptées même, et un parfum qui, étrangement, était pas envahissant. C’était pas la parfumerie d’Illusiopolis où, dès que tu fous le pied dedans, tu perds ton odorat pendant trois heures, non là c’était plein de senteurs mélangées, mais qui donnaient un tout super sympa.

J’me suis approché d’une fenêtre, pour regarder à l’intérieur. Et puis, j’ai senti comme un coup sur la tête. Un truc… un peu violent dans l’intention, mais pas du tout dans l’exécution. Un truc assez bizarre, presque une tape d’enfant. J’me retourne, et j’vois un con de mog, armé d’une cuillère en bois, voletant un peu au dessus de moi.

Tu fous quoi ? T’es con ?

Il me dit qu’il me connaît, mais que moi je le connais pas. Je lève un sourcil. Il me retape, et me demande de partir. Je souffle du nez et décide de l’ignorer, en me remettant face à la fenêtre, mais il continue. Le petit manège dure p’tête bien cinq minutes comme ça, cinq minutes où il commence à v’là me casser les couilles et où je me dis que merde, c’est un mog et que de toutes façon ces bêtes là sont pas réputées pour être les plus fines du monde. Je vais te dire, j’ai essayé, vraiment, de pas l’exploser contre le mur mais… sa solution semi pacifique, de me taper sans me faire mal, sa façon de ponctuer toutes ses phrases par un vieux kupo… Au bout d’un moment j’ai vrillé.

Je l’ai choppé, autour du cou et j’l’ai frappé contre le mur avant de lui faire traverser la fenêtre. Il à filé droit dans une étagère portant des assiettes, qui elles sont tombées sur un autre mog qui se mit à voleter. Un troisième mog est apparu, depuis les escaliers que je devinais sur la droite, et puis enfin un quatrième. Ils arrivaient tous dans ma direction, le pompon tout affolé, surement prêts à venir m’emmerder.

J’en ai dégagé un du revers de la main, puis tentai d’un virer un second qui volait un peu trop haut pour que je le touche. Et puis, elle est descendue. C’était probablement la maîtresse des lieux qui venait d’arriver par les escaliers. Pamela Isley, la célébrissime consule des couvertures de magazines.

A ce moment, j’ai pas réfléchi plus que ça. Le raisonnement était simple. Consul : taper. J’ai levé la jambe, et j’ai claqué mon pied sur le sol pour en faire éclater tout les environs. Y’avait plus de jolies fleurs, plus de respect, que dalle. Les consuls, ça devait dégager. Le sol s’est mis à trembler, à se craqueler, puis à se retourner et très vite, la maison disparaissait dans le sol, mi-ensevelie, mi-détruite par le mouvement de terrain que je venais de provoquer.

Les mogs m’ont lâché la grappe directement, tous paniqués, et sont tous repartis en direction des débris, sûrement à la recherche de leur pote qui devait maintenant être éliminée. Je souriais à cette idée. La bonnasse du groupe qui perdait ses couleurs, quoi. Elle était là, ma petite activité.

J’allais niquer des consuls.