Au-dessus de ce qu'il en reste, la vouivre survole la place de la fontaine, y promène son ombre que le mouvement allonge. Nazik, sur son dos, s'accroche d'une main à chaque pointe d'épaulière. Ca s'agite en bas. Les tirs parviennent mais de trop loin, de trop bas, pour que le sans-cœur volant ne les esquive pas.

" Kupo ! La maison rouge avec des fenêtres en losange doré ! " Accroché au dos de Nazik à la façon d'un sac à dos, le mog bat inutilement des ailes et d'un petit bras, pointe dans la direction. Les yeux de Nazik suivent.

L'instant d'après, il oriente sa monture qui se décale en biais et entame une longue virgule, finalement parfaitement positionné, elle fond en direction de la bâtisse. En piqué, précis comme un faucon, avec la violence progressive d'un météore. Peu avant d'atteindre un vieux toit troué, le jeune homme force pour que la vouivre remonte, la faisant continuer un vol en ligne droite. Porté par son élan seulement, sans battre des ailes en charpie, la vouivre ralentit sans effort. Au-dessus, le mog bondit et s'empresse, avec une démarche rigolote, de rejoindre le dernier étage de la maison pour débuter les fouilles.
D'un battement d'aile fluide, la vouivre gagne un peu d'altitude et charge de nouveau vers le bas, si vite que Nazik en reste le carreau.

Il a lâché prise juste au moment de sa charge, chute sur place après un moment de suspension. Et, plutôt haut, il fléchit les jambes jusqu'à s'aider de ses bras pour atterrir lourdement. Cette bataille royale, doucement, le fatigue et l'agace jusqu'à la plus grande frustration. Soit il a le temps de s'ennuyer, soit il doit se presser et se brusquer... si l'on omet sa rencontre avec la sorcière... ? Tout ce jeu a été térrible, dans le mauvais sens du terme. Alors qu'il se relève, son poing serré s'ouvre et se ressert sur un éclat violet qui dévoile sa clef en ronces.
Quelque part, le légo a peut-être réussi, Nazik aurait bien de l'empathie pour ce que vivent les personnages de jeux vidéos.

De l'empathie tant qu'il le vit, une fois tout ceci terminée, le jeune homme n'en aura rien et... en fin de compte, rien n'oblige à jouer. Sinon que la convoitise quand aux récompenses promises.

" La vouivre ne les occupera pas éternellement. "

" Deux secondes, Kupo ! "

Le jeune homme soupire, arme à la main, qui observe depuis son perchoir le massacre commis par sa vouivre. L'idée est qu'un sans-cœur attire suffisement l'attention pour la détourner des deux voleurs... mais pas éternellement. Un réflexe salvateur fait lever la Keyblade pour qu'y ricoche quelques balles. L'instant d'après, entre des doigts crochus comme des serres, Nazik appelle à lui l'ombre... et la lumière se meurt dans le creux de sa paume, y nait un trou noir miniature. Sa main se referme en un poing pour éclater celui-ci, dispersant l'ombre en miasme noire.
D'un geste, Nazik projette le sort jusqu'à l'origine du tir, n'espère rien toucher.

Il provoque juste assez de panique pour que les concurrents en contrebas se disperse et ne poursuive pas les tirs. Puis jette sa clef sur le toit d'à côté, avec ce même objectif envers un tireur à l'arc.

" Kupo ! " Le mog ressort des décombres par battements d'ailes furieux... lui-même, alourdit par un lance-flamme et un taser trainé par des câbles noués en un étrange filet steampunk. Un simple regard vers sa clef qui revient comme pour le frapper, Nazik la réceptionne et de sa main libre, s'aide de deux doigts pour un affreux sifflement aigu.

Le vouivre revient, à toute vitesse, attrape chaque comparse par une patte à trois griffes et les emporte au loin.