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Bravo à tous
Rufus Shinra Top-1 !
Rp final

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D’abord un frémissement sur les murs, puis plusieurs tremblements saccadés, puis une vibration constante. Au début, il n’y qu’à ne pas y prêter attention, se rendormir. Puis, progressivement, faire abstraction de cette tension permanente devient mission impossible.

J’ai beau essayé, j’ai beau ressentir toujours le coup de la fatigue, je ne peux plus dormir. Il faut vraiment que je sache ce qui se trame. Un moteur qui dysfonctionne, des conflits spatiaux à proximité voire une attaque sur le vaisseau-mère ? Je me frotte le poing sur la paupière droite pour tenter d’accélérer mon retour sur terre. Temerys nous a installées ensemble dans un dortoir initialement prévu pour cinq personnes. Etant donné que la situation s’est un peu calmée, on aurait sans doute pu choisir parmi un millier de possibilités plus confortables… par exemple en essayant d’atteindre l’étage 70, mais nous avons décidé de rester humbles et surtout non loin du pont principal. De cette façon, nous pouvons veiller l’une sur l’autre.

Je laisse glisser à terre mon sweat et mon short puis je file dans la douche, ultime tentative pour me réveiller. J’entends la porte s’ouvrir.

-C’est toi ?

J’ai laissé la porte vers la salle de bain ouverte. J’aperçois du coin de l’œil Temerys venir se poser devant l’ouverture et me regarder faire sans l’ombre d’une pointe de pudeur.

-Ouais c’est moi ! Ca va ? T’as une petite voix.
-J’aurais bien encore dormi un peu mais… il y a ce bruit, là, tu sais ce que c’est ?

Même dans la douche, je ressens ces vibrations à travers la plante de mes pieds. Puis je vois l’eau couler sur le sol et créer des ondulations au même rythme.

-Ouais, bah justement !

Tout en massant ma nuque au savon, je tourne les yeux vers elle, curieuse de savoir ce qu’elle va pouvoir me dire là-dessus.

-Tu vas halluciner quand tu sauras ce qui est en train de se passer dans le vaisseau.

Elle va me dire qu’une partie de l’équipage a finalement survécu au gazage et qu’ils sont en train d’essayer de faire tout sauter pour reprendre la main sur le vaisseau.
-Vas-y.
-Bon. On sait toutes les deux que les officiers de pont, les pilotes et tout ça, les mécanos, la plupart des techniciens, ouvriers, machinistes, sont restés à leur poste et continue de bosser dans le plus grand sérieux.
-Et on… les en remercie ?
-Ouais ! Mais pas seulement. Du coup, il reste l’autre partie de l’équipage.
-Les soldats ?
-Ouais, puis tout le personnel administratif, ou logistique, les cuisiniers, tout ça, même les gens de la sécurité qu’on sait qu’ils sécurisent plus grand-chose.

Bref, le personnel pas totalement indispensable.

-Ok, qu’est-ce qu’ils ont ?
-Bah apparemment, on l’avait pas vu venir, mais des premières classes ont décidé de reprendre possession du vaisseau « à leur manière » en attendant que la crise passe et que tout le monde redevienne mortel. Ets ils ont invité tout le monde à faire pareil.
-En faisant quoi ?
-En transformant le vaisseau en une ville de débauche.

Je sors de la douche et enroule une serviette autour de ma poitrine.

-Hey, tes taches noires ont disparu, c’est cool.
-Rassure-moi, t’es au courant qu’une autre personne t’aurait déjà traitée de perverse ?
-Par chance, t’es toi. Et visiblement tu t’en tapes, alors…

Donc ce que j’entends là, c’est de la musique. Si je l’entends d’ici, c’est qu’ils ont transformé le vaisseau en boite de nuit ambulante.

-Tu sais ce que le commandant en pense ?
-Bah la dernière fois que je suis passée du côté du pont il gueulait des ordres sur qui il pouvait. Je t’assure qu’il faisait moins le vieil homme digne que l’autre jour. Ils essaient de reprendre le contrôle mais tout le monde s’en fout. Personne n’a plus rien à faire ni à perdre, ils risquent pas de mourir avant le 28, donc…
-Donc c’est parti pour une semaine d’excès.
Il est certain que nous ne pouvons pas faire grand-chose contre cela, contre eux, pour rétablir l’ordre. On ne peut atteindre personne qui soit déjà mort. L’on aurait pu croire que ce serait les survivants qui occasionneraient le plus de dégâts au Vaisseau-Mère, mais peut-être que tout compte fait, cela allait s’avérer inexact.

-Enfin… tant que le vaisseau reste fonctionnel, on est bons, non ?
-J’imagine…
-Cool, parce que j’allais te proposer de se pointer là-bas pour en profiter.

Je la regarde, les yeux écarquillés. Vient-elle vraiment de m’inviter à aller me mêler à une foule de désaturés qui n’ont plus rien à perdre ? Je la regarde fouiller dans les effets privés des deuxièmes classes qui vivent ici en temps normal. Elle en sort une petite jupe en cuir et un crop-top kaki.

-T’as qu’à mettre ça ! Je suis sûre que ça t’ira. Moi je me trouve une chemise, des lunettes de soleil, un costume et je fais genre je suis un turk.

Elle est vraiment sérieuse, donc.
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Nous nous aventurons dans le grand hall du vaisseau, empruntant les balcons qui donnent une vue imprenable sur le centre de la salle. Partout où nous allons, là où régnait avant cela le plus grand des ordres, des employés de la Shinra désaturés occupent l’espace. Ils boivent, ils dansent collés les uns contre les autres, bondissant en même temps au rythme de la musique.

La musique d’ailleurs. En lieu et place d’une fontaine majestueuse habituellement entourée de plantes , se trouve une estrade de fortune, faites de caisses d’armes, de tréteaux sur lequel un dj est en train de mixer et de gérer les effets de lumière des projecteurs monochromes.  

Sur certaines autres petites estrades autour, de jeunes femmes et de jeunes hommes dansent d’une façon particulièrement débridée et dans des tenues qui laissent assez peu place à l’imagination. Des dizaines d’employés se trémoussent autour, tendant les bras vers eux pour les toucher.

Les lumières habituelle de la pièce ont pratiquement toutes été éteintes et remplacées par des bandes leds, des néons gris, blancs, noirs. Ces derniers émettant une très légère couleur violette qui n’est pas sans me rappeler les ténèbres. Avec Temerys nous progressons autour de cet impressionnant spectacle. Je ne sais pas où elle m’emmène.

Nous sommes bien forcés de constater que nous ne laissons personne indifférents. Nous ressortons forcément dans ce paysage, d’autant plus du fait de notre brillance saturée. Les gens se retournent sur notre passage.

-Ils sont jaloux de notre sens du style.

Certains poussent des cris d’encouragement, certains d’insultes, et d’autres se contentent de faire des messes basses entre eux. Par chance, tout ce petit monde ne peut pas grand-chose contre nous.

Nous arrivons dans une pièce habituellement réservée aux archives qui a été transformée en bar de fortune. Dans plusieurs coins, les bouches sont collées, les mains se baladent dangereusement et avidement. On dirait que tout ce petit monde vit une seconde jeunesse avec ce retournement de situation inattendu.

Nous nous asseyons au « bar » qui était avant cela le comptoir d’une dame assez stricte et vieux jeux. Qui sait ce qu’elle pense de l’utilisation de son bureau. Qui sait d’ailleurs où ce genre d’employés s’est caché pour affronter une nouvelle crise.

-Barman, sers-nous un verre à ma meuf et à moi !

Temerys en profite pour passer la main sur ma taille et la serrer avec une certaine insistance. Je commence à croire qu’elle ne le fait pas juste pour jouer le jeu. Le barman se retourne avec une certaine irritation et s’apprête à dire quelque chose, puis la reconnaissant, son expression change du tout au tout.

-Ah Temerys !
-Salut Kal !
-Mais… t’es pas désaturée ? Ne me dis pas que…

Il nous regarde toutes les deux.

-Putain c’est vous deux qui avez foutu tout ce merdier.

Tout en s’agitant devant nous il fait en sorte de murmurer son cri pour qu’on ne l’entende pas crier à trente mètres aux alentours. Je ne sais pas si ça change grand-chose puisque notre apparence nous trahit déjà mais bon.

-Ouais, faut croire…

Temerys est particulièrement fière d’afficher cette victoire.

-Bon, alors, ils viennent ces verres ?!

Ledit Kal nous sert une fil de petits shots de vodka. Temerys en vide un d’une traite, puis un autre.  Je la suis sur le premier, puis recommence à observer la salle tandis que Temerys discute avec le barman. Quelle opportunité cela pourrait être pour les ténèbres de naître en ces lieux si seulement tous ces coeurs n’étaient pas bloqués dans leurs enveloppes corporelles. Tout ce petit monde répond à ses envies, à ses pulsions, sans maîtrise. Ca aurait été l’occasion parfaite pour faire exploser les ténèbres dans le coeur des gens. Une petite dispute créée par-ci, deux-trois sans-coeurs lâchés par là. Et ma « fortune » aurait été faite.

Cela aurait été tentant évidemment, mais après quelques années d’errance et d’erreur, je me rends bien compte désormais que je ne peux plus procéder ainsi. Je me rappelle de ce qui m’a amenée à rejoindre cette entreprise, je sais ce que je suis venue y chercher. Et bien que je me prépare vraisemblablement à affronter « ses » foudres, c’est le seul objectif que je me suis fixée. Le reste importe peu. La faim peut me rendre folle ; la douleur et la fatigue peuvent m’emporter dans des errances et des voyages insurmontables ; je regarderai toujours le numéro « 70 » avec le même reflet jaune dans le regard.

Plus l’heure avance, plus Temerys prend des verres et plus je suis forcée de retourner mon attention vers elle et le barman. Elle commence sérieusement à devenir entreprenante. Je m’approche de son oreille et met les choses au point. Je ne voudrais pas que ses ambitions déplacées et ses envies me portent préjudice à l’avenir en ayant une attitude trop ouverte avec elle en public. Sans compter le fait que j’ai pris la décision de longue date de ne plus jamais jouer la belle horizontale pour des miettes.

-Si tu veux pas dormir toute seule cette nuit, t’arrêtes tout de suite ton petit manège.

Je m’éloigne d’elle, feignant un sourire et l’abandonne au bar pour quelques temps, le temps qu’elle se calme, ou qu’elle soit trop bourrée pour pouvoir me différencier d’une autre.
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Et dans ce rêve incolore, je guette ton retour, ô toi, être, au-delà de toute convoitise. J’ai traversé mille portails pour te retrouver. Aucune issue ne répond jamais à mes attentes. Tu étais là un soir, attablé avec les tiens et l’instant d’après, tu n’étais plus de ce monde.

Tu as dû en rejoindre un autre car je te crois incapable de périr avant que n’arrivent les derniers jours. Sur bien des aspects, je le sais, nous pouvons nous comparer, nous égaler. Ta détermination et ta fierté t’ont mené jusqu’à ces instances stellaires, à présent elles t’ont éloigné de moi. Alors j’erre, seule ou presque dans cet espace hostile.

J’ai enfin fini par rejoindre tes quartiers, toujours par l’intermédiaire d’un de ces portails. En arrivant à l’étage 70, je me réjouis de constater que personne ne semble avoir réussi à envahir les lieux pour en détourner l’utilisation. Non, ces terres sont restées vierges, elles portent toujours ta marque sobre et dépouillée. Malgré tout, malgré la distance, je continue de ressentir ces vibrations à travers le sol.

Je traverse le salon, remarque quelques tasses de café abandonnées sur la table quelques jours plus tôt avant même d’avoir été finies. Je me risque dans ta chambre où je prends possession des lieux en me laissant tomber sur le lit. Les draps, comme à Illusiopolis, y sont en soie, rien de moins pour ta peau précieuse. Je n’avais pas eu le temps de les toucher lorsque tu les occupais l’autre jour, alors que j’entrais une première fois avec effraction dans tes appartements. Des images floues de toi dans ces draps me montent à la tête.

Je cherche les signes de l’occupation de cette chambre par Scarlett, des indices qu’elle aurait laissés pour marquer, comme par victoire personnelle, son avancée dans ses ambitions amoureuses. Je ne sais pas vraiment ce que cela change mais je ressens le besoin de savoir comment les choses ont évolué.  Car c’est bien ce dont il s’agit, n’est-ce pas ?

Je finis par trouver sur un des coussins un long cheveu blond, bien trop long pour être celui du Président. J’en trouve d’autres entre les couettes. Il est à peu près désormais certain qu’elle a dormi dans ces draps.

Alors que j’ignore encore les circonstances de cette occupation, je sens mes instincts refaire surface avec plus de conviction que j’en ai ressentie lors ces derniers jours. Plus encore que lorsqu’il fallait que j’empêche le docteur de prononcer les mots indésirables sur la raison de mon état physique. Des sans-cœurs naissent autour de moi et se mettent à errer dans l’appartement, à la recherche d’une proie qu’ils ne peuvent trouver. Car la réalité est bien là, je semble incapable de me défaire de cette solitude qui me poursuit. Et alors que je devrais m’en réjouir par ma nature, cette ignorance de sa part détruit ma raison, progressivement, à petit feu. Après avoir fait tout cela pour capter quelques instants d’attention, je suis l’ignorée, l’évitable, l’importune.

Je n’ai plus qu’à attendre cette sentence, « l’après » pour exister le temps que l’on accordera à l’énonciation des châtiments qui me seront réservés. Tant de possibilités s’offrent à moi : meurtre, suicide forcé, torture, bannissement dans une zone où les chances de survivre sont de l’ordre de l’improbable, réalisation d’une tâche irréalisable. Tout ce qu’il me reste c’est d’attendre, et d’ici là, maintenir le vaisseau « à flot » et ainsi peut-être tenter ainsi de racheter une part de ma valeur.

Mais pourquoi ces  choses ne sont-elles jamais simples ?
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Tu grognes, tu inspires un bon croup et avales de travers. Tu tousses, une fois, deux fois et te redresses sur le bar. Mais où es-tu bon sang ? Pourquoi est-ce que la salle d’archive ressemble à un lieu échangiste. Puis, tu te rappelles, le changement d’ambiance, la découverte avec Nina, puis les verres, beaucoup de verres.

-Où ‘s qu’elle est ?

Tu demandes ça à Kal qui te regarde avec pitié. Quelle chance que tout le monde est déjà mort dans cette carcasse métallique, sans quoi tu aurais eu le temps de mourir cent fois d’une bouteille fracassée sur la tête.

-Qui ça ? Ta copine, là ?
-Ouais, ma cop…ne, c’est ça.
-Bah, je crois qu’elle est pas revenue depuis toute à l’heure, depuis qu’elle a dû te refroidir.

Il ricane, ça ne te fait pas rire. Non seulement, tu te sens ridicule, mais en plus c’est vrai. Mais qu’est-ce que tu pues parfois. Bon bah, allez, va la chercher. Faudrait pas qu’elle rencontre un nouveau première classe ou qu’elle essaie de remonter dans un de ces méchas. Parce que bordel, elle est loin d’être à la hauteur. Parler, ça, elle sait, prendre des décisions dingues, pas de souci, retourner le vaisseau, la base, mais la mécanique et les flingues, c’est ton truc. Alors tu sais et elle sait qu’elle a besoin de toi. Et c’est tout ce que t’as, au moins jusqu’à la fin du mois.

Tu te remets en marche, titubant à moitié dans les couloirs. Certains se marrent en te voyant passer, toi la survivante colorée incapable de tenir debout sans t’accrocher à la rampe d’un escalier.

-Non mais… v’vous êtes vus bord…el ?

T’arrêtes plusieurs gens que tu crois reconnaître, et tout compte fait non.

-S’que t’as vu ma copine là ? Celle qu’est colorée mais qui est pâle comme un cul ?
-Non je… Je ne vois pas de qui vous parlez.

Puis tu les entends s’en allant en pouffant. Mais putain c’est quoi ce monde où tu peux pas taper les gens qui se foutent de ta gueule ? L’ECOLE. Oh non, pas ça, t’as horreur de l’école.

Alors tu crois la reconnaître un peu plus loin, tu lui sautes pratiquement dessus. Et elle se retourne sur toi, d’abord effrayée puis offusquée.

-Mais putain, c’est quoi votre problème ?!

Faut dire que tu l’as pratiquement attrapée par le ventre la dame.

-C’est bizarre, avec l’alcool, t’as changé de voix. C’est comme le truc de la peau là ? Encore une maladie génétique ?
-Mais dégage connasse !

Ah bah non, c’était pas elle. Tu t’excuses, pas platement, mais un peu, faudrait surtout pas abuser. Pendant que tu te fais traiter de tous les noms tu repenses à cette histoire de plaque noire. C’est quand même l’histoire de peau la plus dingue que t’aies entendue. Bon, t’en as pas entendu des masses non plus mais ça reste bizarre. En plus, ça apparaît comme ça, super vite, et ça disparait de la même façon, sans trop prévenir, sans laisser aucune trace. Tu retrouves sa peau blanche, intacte et parfaite. Le genre de peau dont t’as rêvé toute ta vie et quand tu voyais les mannequins à la télé et que tu bavais devant, ta mère te disait « C’est du flan tout ça, juste de la retouche photo, il n’y a qu’une femme qui est comme ça. » Eh bah si, maintenant tu le sais, Maman avait tort.

C’est un peu comme de la magie mais pour la peau. Et tu sais qu’elle est un peu magique, Nina, tu l’as déjà vu faire avec les corbeaux. Pourtant à part ça, elle la montre pas beaucoup sa magie, non, elle semble décidée à cacher tout ce qu’elle sait faire en combat, tout ce qu’elle montre c’est l’intérieur de sa bouche quand elle parle. Faut vraiment que tu lui donnes des cours, parce que niveau combat, on est loin du lot. Alors tu sais pas trop comment elle compte arriver à ses fins, avec l’autre, celui d’en haut là, mais si son seul atout c’est son cerveau et son cul, bah un moment donné ça suffira pas. Tu le sais toi, qu’il faut plus pour réussir ici. Surtout quand tu espères aller aussi haut et aussi loin.
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