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Bravo à tous
Rufus Shinra Top-1 !
Rp final

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Il marche, encore et encore.

Que la terre des dragons est immense. Avec ces rizières interminables, ces forêts de bambou, ces chemins de terre aux montagnes majestueuses.  Il a désormais quitté la capitale depuis un jour, longeant la montagne interdite, une seule direction en tête, l’ouest.

Un véritable voyage vers l’ouest, dénué de ses mythes. Le fauve n’est ni un moine, ni le roi des singes, et c’est solitaire qu’il mène son périple.

Le calme est ce qui l’interpelle. Sortant du champ de bataille chaotique qu’est le domaine enchanté, ici, tout semble d’un calme presque ennuyeux. Il aurait pensé le contraire. Il se serait attendu à voir des batailles, à voir des offensives mongoles, et autre opportuniste.

Non, rien. Pas même n’a-t-il rencontré d’individus saturé. Tous les chinois qu’il croise, dans leurs habits ancestraux, sont hors du jeu. Seul les gardes font exception, attaquant le fauve à la moindre rencontre.

Il a depuis pris soin d’éviter les routes, préférant marcher dans les hautes-herbes et chemins sinueux. Visiblement, c’est le patriotisme qui a pris le devant sur les gains personnels. Si seul les gardes sont en course, c’est que l’armée impériale a pris le problème à bras le corps. Massacrant tout participants dès les premiers jours. Le résultat a le mérite d’être présent, ce silence…

Son regard se dirige vers la montagne interdite, rapetissant à vue d’œil derrière lui. Derrière, les grandes plaines mongoles, qu’il a parcouru jadis. Son poing se serre à l’idée de l’insolente mongole, que deviens-t-elle ? Joue-t-elle à ce jeu sous cette apparence empruntée ? Si la situation au mont Gagazet ne le préoccupait pas autant, il serait presque tenté de s’y rendre pour l’éliminer lui-même. Une sorte de charge de revanche. Après tout, n’est-il pas devenu bien plus puissant depuis ?

Le ciel c’est couvert, mais la pluie ne semble pas venir. Le fauve ne peut retenir une moue, lui qui espérait entendre le son de son divin. Qu’importe, cela aura le mérite de rendre la terre praticable, il n’a pas de temps à perdre après tout. La luminosité est tombée depuis longtemps, signe que la nuit à démarrer son règne. La pupille du fauve c’est élargi, sa vision grisée, cela s’est fait si progressivement qu’il n’a même pas fait attention.

Perdu dans une plaine immense, bordé de forêt, et aux herbes dansantes. Une par une, ce sont des petites lumières qui s’élancent depuis la végétation. Jaunâtre, parfois verte, les boules de lumière brillent d’une douceur aussi sublime qu’apaisante. Entourant le fauve, illuminant la plaine, elles semblent avoir dérobé la lumière de la lune, kidnappé par les nuages.

Ce n’est que lorsque l’un de ses phénomènes vole trop près de l’œil du fauve qu’il les distingue. De petits insectes, aux ailes fine et frénétique, et à l’abdomen luminescent.

Mais c’est autre chose qui interrompt sa course. Une odeur qui lui est inconnue, différente. Son œil unique parcourt les environs. Quelqu’un, ici ? Perdu au milieu de nulle part ?

Les lucioles continuent de virevolter autours de lui, dans une scène presque mystique. Le fauve se redresse de toute sa hauteur, humant l’air.

Un effluve portant des élans de ronces, mais aussi une acidité tel du vinaigre. Étrange, très étrange.

Le fauve vient lentement porter sa main contre le manche de son Katana.

Inutile qu’il se cache, avec sa fourrure bleue saturé, au milieu de lucioles, ça ne marchera jamais.

Plus qu’à attendre l’indésirable, et espérer le dissuader. Dans le cas contraire…

… La foudre tombera sans pluie.
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Une cache d’armes, au milieu de nulle part. Une de ces lumières rouges, qui dans cette pénombre ambiante luit et attire l’attention. Je m’en méfie d’une certaine façon, mais ne me dissimule pas. De toutes les manières, dans cette plaine verdoyante, les obstacles qui puissent me dissimuler ne sont que peu nombreux. Toutes celles que j’ai croisé depuis le début du Battle-Royale, jusqu’ici, étaient plutôt défendues. J’en ai aperçu une à la Cité du Crépuscule de laquelle un petit groupe d’habitants avait cherché à en tirer profit pour se démarquer. Il y a également celle de la Conquête de l’Ouest qui était défendue par les gardes du pénitencier.

Je m’en approche tout de même. L’avantage qu’elles procurent est trop conséquent et surtout, j’ai besoin de m’armer sur ces terres inconnues. Rien ne me dit que les mongols qui pourraient encore être en lisses ne m'attaquent pas en premier lieu. Mais finalement, tout se passe bien, il ne semble y avoir aucun piège, malgré les apparences. Mon score n’est pas faramineux. Il y a qu’à la Conquête de l’Ouest que j’ai fait un nombre respectables de kills. Je suis sûrement loin d’être celui qui a éliminé le plus de participants depuis le début des hostilités. Ceci dit, je ressors d’un bref affrontement avec un soldat dont j’ai réussi à prendre l’arme. Je suis donc en possession d’un katana… ne me manque qu’une arme à feu.

J’en ressors en conséquence de la cache avec une des armes les moins chères, un simple flingue sans extravagance. Dans sa forme, il a pas l’air aussi “confort” que mon habituel. J’ai encore des Business, la monnaie qui permet d’échanger des armes mais… va sérieusement falloir que je fasse plus de kills. Là où moi j’ai pris le temps de me construire une fine équipe, je pense que certains des participants toujours en lice doivent avoir des armes absolument démentes ! Je reprends la route, considérant que je ne dois pas m’attarder dans les parages. Défendre la position serait une erreur, le terrain est beaucoup trop ouvert et bah je suis loin d’être aussi bien armé que certains autres concurrents.

Quelque chose finit par attirer mon attention. De la lumière. Serait-ce encore une cache d'armes ? Non, ça serait trop gros. Des lucioles et une masse bleue. Un bleu bien trop vif à mon goût, saturé. Je resserre immédiatement l’emprise de mes doigts sur l’arme, sur mes gardes. Encore un participant ici, au milieu de cette verdure paumée ? Je m’approche lentement, sans m’efforcer de faire preuve de discrétion. La lumière révèle bien assez vite ma présence. Je peux bientôt détailler l’individu. On dirait un hybride, un fauve couleur schtroumpf possédant une corne.

- Un Ronso ?

Qu’est-ce qu’il fait ici ? Je croyais qu’ils vivaient au Mont Gagazet. Ou alors je me suis inconsciemment rapproché du Mont Gagazet comme je connais pas le coin et je suis tombé sur un guerrier qui a quitté le nid. Il a vraiment cette "aura" guerrière, ce petit truc qui en impose et qui me conduit à me méfier de lui. Le félin est clairement sur la défensive. Mon katana est déjà sorti et traine au sol, lacérant l'herbe sur mon passage, mais demeure baissé. Cet inconnu ne semble pas m'attaquer sur le champ, je peux peut-être tenter la voie diplomatique ? Plus j'aurai de personnes derrière-moi, mieux ce sera lorsque je devrai être confronté aux grosses pointures telles que… Roxas.

- Tu souhaiterais pas intégrer une équipe ?

Pour le moment, il ne semble pas répondre. On se jauge tous les deux du regard, sans réellement agir. Il y a comme une tension électrique dans l'air. Je ressers ma poigne contre mon arme, prêt à me défendre. Au vu de sa carrure, je préfère rester prudent. Je ne m'approche pas plus, laissant encore un peu de distance entre nous deux. Mais je poursuis l'approche diplomatique, préférant ne pas passer à côté d'une nouvelle alliance pour une ambiance mal lue.

- J'imagine que tu me connais, vu ton regard. Mais je me présente : je suis Kuro, de la Coalition Noire. Et toi ?
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Le fauve reste immobile de longues secondes. Une luciole s’approche dangereusement de ses babines, éclairant de sa lueur les crocs acérés qu’elles cachent. L’œil du borgne ne tarde pas à lentement se plisser, fixant le jeune homme à la chevelure dorée.

Il y a deux choses qui lui déplaisent dans ce qu’il vient d’entendre. Et bien qu’il reste stoïque, bien que son visage félin ne laisse apparaître aucune émotion, il est troublé. Premièrement, comment par Etro a-t-il reconnu sa race ? Il est bien le tout premier à avoir vu juste, et en prime, il a donné le nom exact. Sans même parler de ça, il n’aborde pas les yeux bridés des humains vivant au pied du mont, les seuls à sa connaissance à savoir leur existence. Alors comment ?

Et la deuxième chose, c’est son appartenance. La Coalition Noire… Ceux qui ont attaqué le domaine enchanté, ceux qui ont détruit bien des vies. Ceux que ses collègues maudissent encore et encore, où cauchemarde à cause d’eux.

De fait, le mélange de ses deux informations provoque chez le prêtre-guerrier une sensation plus puissante que tout. Si forte, qu’il en est presque pris de vertige, masquant avec peine cette perte d’équilibre soudaine.

La coalition noire est au courant de l’existence de son peuple. Par conséquent, il y a fort à parié qu’ils sont au courant du mont Gagazet, et scénario catastrophe, du cristal lui-même.

Il avait raison. Bryke avait raison, il y a bien une menace qui plane sur son temple, une menace venue du multivers, que ces paires ne sauront combattre. Le domaine enchanté lui-même, avec ces centaines de soldats d’élites, ses habitants par milliers, n’ont su résister à leur assaut. Qu’est-ce qu’une trentaine de pieux et fier Ronso pourront faire ? Rien… Ils ne pourront rien faire…

Il faut qu’il le fasse parler. Il faut qu’il sache, comment, pourquoi, d’où. Est-il le seul à connaître son peuple ? Est-ce que toute la coalition est déjà là ?

Mais comment lui faire comprendre, cette foutue peluche n’est pas là pour faire office de traducteur.

Le fauve lâche doucement le manche de son Katana, abordant une position plus détendue. Une façade pour cacher ses véritables intentions.

Il s’éloigne un instant, faisant signe au jeune homme de le suivre. Approchant d’un tronc d’arbre, seul et solitaire au milieu de la prairie. Il vient tracer un dessin directement dans l’écorce, le bruit strident résonnant.

Les lucioles continuent leurs rondes, éclairant tour à tour, tel un éclairage défectueux, la gravure grossière. Tatouage temporaire de l’arbe, le fauve le pointe un instant, son œil unique se reportant sur le jeune homme :

Dans sa tête, le destin de l’humain est déjà fixé. Qu’il obtienne ses informations ou non, il ne quittera pas cette plaine saturé…
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Je suis le ronso qui est décidément imprudent. Si je le désirais, il me serait possible de simplement dresser mon arme et le planter de dos. Mais je préfère attendre de voir ce qu’il cherche à faire. Il serait dommage de ruiner une éventuelle alliance temporaire qui pourrait m’être utile dans ce chacun pour soi. Puis le son que j’entends ne provient pas de sa bouche, mais d’une gravure qu’il trace dans l’écorce d’un arbre à l’aide de son arme, comme s’il était muet. Pourtant, de cette sphère que j’ai trouvé, je suis bien certain d’avoir entendu une voix grave.

- Tu ne parles pas ?

J’ai pour le moment ignoré son dessin, posant ma propre question qui peut sembler idiote. Il ne s'est même pas présenté. Mais j’en suis certain : ces créatures sont dotées de parole. J’attends quelques instants dans le cas où ça le ferait réagir. Je n’obtiens qu’un sobre signe de tête de négation. Peut-être est-il devenu incapable de parler suite à un incident ? J'observe la gravure. Il essaie de communiquer, me demande comment je sais qu'il est un ronso.

Je hausse les épaules. La discussion me semble déjà close et la voie diplomatique abandonnée. Au fond, je me fous bien de ce qui a pu lui arriver par le passé. Je tire déjà cette hypothèse de mes conclusions. Si cet hybride ne m'adresse pas la parole, il ne fera pas un bon allié pour les combats qui s'annoncent. Et puis, si je ramène un muet à la Coalition Noire, Jack va se foutre de ma gueule.

- Si tu n’as rien à me dire… tu ne mérites pas de savoir.

Je dresse aussitôt mon katana fraîchement acquis, tentant de profiter de l’effet de surprise pour l’abattre à deux mains dans l’abdomen du félin. La frappe horizontale n’atteint pas sa cible. La lame s’arrête et rencontre une résistance. Le fauve a lui-même redressé son arme dans une garde plutôt adroite. Je poursuis immédiatement mon assaut, ne souhaitant pas lui laisser de répit en exécutant quelques autres coups rapides dans diverses positions. Chaque fois, l’arme est stoppée net dans son élan par la force de mon opposant.

- Je vais te prendre ces couleurs !

Je recule mon arme, puis tente un coup d’estoc en croyant observer une ouverture. Je fais quelques pas vers l’arrière, tâchant d’esquiver une riposte. J’ai déjà perdu l’ascendant suite à ce combo surprenant qui n’a pas vraiment fait mouche. Je le calcule du regard, tentant d’évaluer son prochain mouvement et de lire dans son style de combat. Je reste donc ainsi, en position défensive avec cette arme de fortune, plus longue que celles auxquelles je suis habitué.

Pendant ce temps, je me concentre sur le flux magique de mon corps en attendant son prochain assaut. Je ne tente pas encore d’incanter, estimant que le timing risque d’être un peu serré. Mon cœur bat fort. La tension de l'affrontement est bien palpable.
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Au milieu de la danse des lucioles, c’est un bruit régulier qui résonne. Le bruit d’une lame, frappant un contenant de métal. Leur écho est irrégulier, rapide, et puissant. Quelques étincelles s’échappent des métaux lors de leurs rencontres, comme participant au ballet des insectes.

Le fauve ne peut retenir son dédain. L’humain le dégoûte, pour bien des aspects. Néanmoins, la situation est à son avantage pour le moment. Il parvient à parer chacune des tentatives du jeune coalisé. Premièrement, même si ses attaques ne manquent pas d’agilité, l’obscurité de la nuit rend ses mouvements imprécis. Les lucioles aident certes à distinguer la silhouette de sa fourrure saturée, mais la nuit sans lune rend la précision ardue. Un défaut à sens unique, le fauve distingue l’humain, dans des touches de gris certes, mais de bonne qualité.

Il attaque à droite, le mouvement de ses pieds pointe sur la gauche, redresser la garde. Et c’est paré.

Le fauve n’a même pas dégainé son katana, préférant usé de son fourreau pour contrer. S’il se permettait la parole, il aurait surement nargué son adversaire. Qu’est-ce que c’est cette manière d’user de sa lame ? Il va finir par la brisée… Une expérience que le fauve connait que trop bien.

Le minerais de fer est de bien mauvaise qualité sur le mont Gagazet, forçant les ronso à user d’une forge particulière. Leurs lames sont légèrement courbées, extrêmement coupante, mais aussi d’une grande fragilité. Et à en juger par l’apparence de la lame maniée par son adversaire, la technique est similaire.

Ça signifie que…

Le fourreau vient parer à nouveau l’arme ennemi, cette fois dans un choc bien plus puissant. C’est un bruit discret qui se laisse entendre, le bruit d’une lame grinçante. Les babines du fauve s’étirent dans un rictus carnassier, tandis qu’il reprend sa posture défensive.

L’humain est bien trop agressif, et il compte bien le punir. Voilà qu’il retente à nouveau, levant l’épaule pour porter son coup. Le fauve vient saisir son fourreau à deux mains, avant de le redresser, campant sur ses jambes. Non content de se préparer, il vient pousser en direction de son adversaire, cherchant non pas à subir le coup, mais à le confronter à une force contraire.

Le choc laisse teinté à nouveau un bruit sourd, résonnant. Mais bien vite, c’est un second qui le suit, plus cristallisé. La lame vient de se fendre, son morceau volatile tournoyant dans les airs. Les lumières des lucioles se reflètent à l’intérieur en clignement frénétique, tandis qu’elle se plante dans le sol.

« Mrm… Mrm… Mrm… » C’est un rire rauque et modéré qui s’échappe des babines du fauve, ses crocs se laissent entrevoir l’espace d’un instant.

Sa main griffue vient se poser contre le manche de son arme, en tirant la lame aussitôt. Pour autant, ce n’est pas en main qu’il le conserve, préférant l’apporter à sa gueule pour le saisir entre ses dents pointues.

Ses mains libérées, son adversaire, de son point de vue, désarmé.

Il se prépare à signer…
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- QUOI ?!

Qu’est-ce que c’est ce bordel ? J’ai senti une force s’opposer plus sérieusement à la mienne quand cet hybride a paré mon nouveau coup, restant dans sa posture défensive comme il n’a cessé de le faire depuis le début de ce combat. Et là, mon katana vient littéralement de se fendre en deux en plein centre, cédant totalement contre le fourreau de l’arme du fauve - qu’il n’a toujours pas daigné dégainer. Ce connard s’est ensuite foutu de ma gueule en voyant le morceau se planter au sol.

Je serre les dents, les sourcils froncés et le regard carrément enflammé. Ma poigne s’est bien refermée plus intensément sur le manche de mon arme désormais même un peu plus courte que ma lame osseuse habituelle. C’est de la camelote, ces armes de l’armée impériale ! Les forgerons de ce monde doivent vraiment pas être ouf. Si jamais je dois me refaire un arsenal, je passerai jamais commande dans ce monde.

Tant pis, puisque mon adversaire ne branle rien et me manque ouvertement de respect, se refusant décidément à passer à l’offensive, je vais le lancer, ce sort ! Je garde ce qui reste du katana en main, reprenant ma concentration et réunissant mon énergie magique. Mes bras décrivent un demi-cercle vers l’arrière, puis j’incante en tendant ma main vers l’énergumène :

- Lenteur.

Une horloge apparaît alors au-dessus de la tête couleur schtroumpf du ronso. Ses aiguilles tournent dans le sens inverse, puis celle-ci se dissipe, disparaissant dans la pénombre nocturne. Les lucioles passent, éclairant sur leur passage mon adversaire. J’aperçois ses mains qui font des gestes zarb’, des sortes de signe. Je sais pas ce qu’il branle en plein combat, mais je vais pas laisser passer cette ouverture grosse comme le monde. Je m’élance dans sa direction, aussitôt stoppé par une surprise de taille.

Une sphère d’eau me frappe de plein fouet en plein torse. Le courant m’entraîne alors vers l’arrière, la gravité me rappelant immédiatement dos contre terre. Des litres d’eau glaciale s’infiltrent alors dans mes vêtements, le froid resserrant alors son étreinte sur ma peau qui frissonne. Sur l’instant, le changement brutal de température me perturbe tant que mon geste tarde à venir. Mes doigts s’enfoncent dans la terre et s’enfoncent légèrement dans celle-ci de rage. Mon mouvement est si brutal qu'il cause un léger saignement, mais à cet instant, j’en ai plus rien à foutre.

Je projette avec fureur ces grains de terre que j’ai réunis au creux de ma main vers le visage de ce fauve pour l’aveugler, puis profite de cette diversion pour me redresser et me précipiter vers le semblant d’arme. Je la ramasse et me replace dans une position plus défensive. Je ne fonce pas une nouvelle fois tête baissée, j’ai bien vu où ça m’a conduit, attendant donc qu’il fasse le prochain geste. Le fait que la lame se soit brisée me met carrément dans le mal. Mais je trouverai un moyen d’atteindre son point faible, d’une manière ou d’une autre.
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Le fauve se frotte brièvement son œil unique dans un grondement. La terre lui pique la rétine, et rend sa vision trouble. Une technique de lâche dans un duel de lame, ce que cela le répugne. Soit, puisqu’il veut jouer à ça il va…

C’est un nouveau grondement qui s’échappe de la gorge du fauve lorsqu’il remarque quelque chose. Les lucioles semblent se déplacer bien plus rapidement qu’avant. Une sensation de déjà vu, comme si le monde entier c’était vu pris de célérité, ou plutôt, comme s’il avait été ralentit. Alors, le gamin a seulement à pointer et hurler « lenteur » pour que cela fasse effet ? Pas de projectile ? Pas de laser magique ? Un simple mot de pouvoir ?

« Kkkkksssssshhhhhh… » se contente de commenter le ronso, le son rauque s’échappant de ses babines en vitesse 0.5 .

Le voilà donc ralentit, et visiblement, le blond à décider de changer de tactique. Le prêtre-guerrier redresse sa garde un instant, avant de se déplacer latéralement. Il tourne au ralenti autours du jeune humain, observant ses pieds, observant avec quelle discipline il se tourne pour mieux lui faire face.

L’œil unique du fauve se plisse, avec cette fichu malédiction temporelle, se frotter au corps à corps est dangereux. Et son adversaire connait surement d’autres sortilèges. Il faut qu’il réussisse à disparaître du champ de vision de son adversaire s’il espère pouvoir le toucher. Disparaître…

Une idée commence à germer dans son esprit, tandis qu’il interrompt sa danse. S’accroupissant brièvement, prenant de l’élan, le fauve s’élance d’un grand bond dans le ciel nocturne.

La nuit nuageuse camoufle la lune, les lucioles se content de danser auprès du sol, et sa fourrure, même saturé, ne luira pas.

S’élevant dans le ciel et retombant tout autant en ralentit que ses gestes, le fauve rapporte le manche de son arme à sa gueule, commençant à signer à nouveau.

La première étape du plan est passé, et son adversaire est trempé jusqu’à l’os. De quoi rendre chacune de ses attaques foudroyantes les plus douloureuse qu’il soit.

Le fauve ne peut se prendre qu’à espérer que son stratagème fonctionne, a-t-il seulement disparu avec succès dans le ciel nocturne ? Qu’il est difficile de bien jauger lorsque sa perception entière est en vitesse réduite.

Il serre en premier ses mains en poing, avant de les accoler l'un contre l'autre. L'index et le majeur de la main gauche, par-dessus le poing serré. "Retsu".

Au-dessus de lui, plusieurs lignes blanchâtres se laissent entrevoir dans le ciel, tels des serpents d’électricités, nageant vers un point de rassemblement au-dessus du ronso.

Suivi de la même mudra, deux fois de suite. Main écartés, l'index, pouce et majeur de chaque main joint par le bout des doigts et écarté. Petit doigt et annulaire de chaque main liée. "Rin + Rin"

Le point de rassemblement devient visible, un point blanc crépitant, trouant le ciel de sa lumière tandis que l’air se charge intensément.

Il ne lui reste plus qu’un signe pour envoyer sa colère sur le coalisé. Le fauve prie pour qu’il ait le temps de l’effectuer maintenant que la foudre divine trahit sa présence dans le ciel nocturne.
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Après avoir tourné autour de moi sans oser m'attaquer, le fauve essaie de prendre la fuite d'un grand bond dans les airs. Affligeant. Je sors mon arme à feu et dirige le canon vers le semblant de silhouette que je crois percevoir, tout en tentant de prédire un peu la suite de sa chute. J’appuie sur la détente. La balle fuse dans le ciel nocturne, sans que je ne parvienne à distinguer si elle a fait mouche.

- T'as les chocottes ? C'est vrai que j'aurais peur à ta place, si j'étais incapable de rendre les coups.

La distance que le ronso est parvenu à creuser entre moi et lui est un peu élevée à mon goût. En considérant que la bulle d’eau qui a éclaté à ma tronche tout à l’heure était l'œuvre de la magie, mon adversaire est un mage et je risquerais de me prendre un sortilège à bout portant en fonçant à sa suite sans réfléchir. Je marque néanmoins un instant d'hésitation mar impulsivité, détestant l'idée de laisser potentiellement s'échapper ce froussard. Je peux pas m'empêcher d'essayer d'atteindre son orgueil, bien que la situation actuelle soit totalement à mon avantage. S'il continue de jouer le rôle du gibier, je pourrai me contenter d'incanter mes sorts sans rencontrer la moindre résistance.

Je fais donc l'exact inverse, effectuant une retraite précipitée dans un buisson vers l'arrière afin de me dissimuler comme je peux. Puis j'attends quelques instants, me concentrant les yeux clos le temps de détecter sa nouvelle position. J'essaie de contourner la zone comme je peux pour m'approcher aussi discrètement que possible, mais les obstacles ne sont pas foule et arrive le moment où je dois sauter le pas.

Mais il y a un fort grondement, un choc soudain, puissant, qui assourdit tous mes membres. La douleur se propage jusqu’au dernier centimètre de mon corps recouvert d’eau conductrice. Mon rythme cardiaque en est ébranlé. Je suis littéralement paralysé et ma respiration saccadée. Mon corps refuse de répondre à mes ordres, toujours sous l’emprise de cette sensation lancinante de brûlure et cette tension électrique qui secoue toujours mes bras et mes jambes. Mon dos se voûte et une mèche de mes cheveux mouillés finit par redescendre et restreindre légèrement mon champ de vision.

Il s’écoule des secondes entières avant que je parvienne à retrouver un état presque normal. Ce fauve veut jouer avec mon élément ? Eh bien je vais lui en donner, de la foudre ! On va voir lequel de nous deux la maîtrise le mieux… et ce sera moi ! Je croise les bras, puis en dresse un au ciel en concentrant mon flux magique au niveau de la paume. Puis j’incante mon meilleur sort de foudre. Ne jouant pas avec la nourriture, je sors ensuite de ma tanière, brandissant de nouveau à une main cette camelote.

- Alors, qu’est-ce que t’en dis ? Tes poils doivent être bien… hérissés ! Je ricane un bon coup, m’approchant convaincu que ma cible a été atteinte sans pourtant l’apercevoir, bien dans la confiance.

Je distingue mal sa silhouette, mais je la ressens, immobile pour le moment et ça me suffit. Il est sûrement effectivement touché, c’est ma chance ! Je m’élance vers mon adversaire, et tente de lui asséner un coup direct au niveau de sa corne avec ce qui reste de mon katana dérobé. Il s’agirait du point faible présumé des ronso. D’après l’étrange message vocal que j’ai eu la chance d’écouter, sans cette partie de leur corps, pourtant si anodine, ces créatures ne seraient plus que des coquilles vides, capables d’invoquer des engeances ténébreuses. Eh bien voyons cela !

Au terme de cette expérience, je suis sûr que le fauve fera un excellent sans-cœur...
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S’il y a bien une chose dont le fauve n’a pas l’habitude, c’est de goûter à sa propre médecine. Sur le dos, encore hébété, il ne peut que ressentir ses muscles fébriles. L’électricité qu’il a reçue est bien plus puissante que celle qu’il se plait à employer. Alors cet humain est un mage versatile ? En plus de disposer d’une arme à feu ? Par Etro…

Sa main griffue se referme de manière frénétique, ses muscles lui hurlant des injures, sa fourrure dégageant une odeur de roussie. La foudre a fait son chemin, parcourant sa chair jusqu’à la terre, laissant derrière elle des cicatrices qu’il abordera pour bien longtemps.

Quelle hérésie, que ce qu’il considère comme sacrée, élément de son dieu, soit ainsi manié contre lui. Par un membre de la coalition noire qui plus est.

Son œil cligne plusieurs fois, sa vision encore floue, il voit une silhouette s’approcher. Le fauve reprend doucement ses esprits, tout en ne bougeant pas d’un poil. Soit, approche, approche…

Voilà que le blond est à une distance suffisante, le fauve se reprend en main, se prépare à bondir à nouveau, katana en main. Un pas, deux pas… Maintenant !

Le prêtre-guerrier se redresse d’un bond, constatant avec plaisir l’évaporation du sortilège de lenteur, retrouvant un monde où le temps s’écoule convenablement.

La douleur le reprend à nouveau. Il a l’impression de nager dans une piscine de verre pillé, la douleur lui monte tant à la tête qu’il a presque la sensation de tourner de l’œil. Qu’un seul sortilège ait put le mettre ainsi à genou le terrifie, ça suffit, il doit lui empêcher d’en lancer un autre. Et pour se faire… Il ne va plus le lâcher au corps au corps, s’en est fini de ce jeu de rat et de souris. Il s’y engage silencieusement.

Dans son mouvement, il agite sa lame, se préparant à trancher. La rotation de ses épaules guide le katana, sifflant en un arc de cercle, partant du sol vers les cieux.

Et quel n’est pas sa surprise de sentir un choc, d’entendre le bruit de sa lame frappant contre une autre. Le ronso cligne de l’œil à nouveau sous la surprise. Mais qu’est-ce qu’elle fait là, la lame de l’humain ? S’il voulait l’attaquer, il aurait visé en bas, pas en ha…

La réalisation tombe presque aussi forte que la foudre qu’il a reçue plus tôt. Ça ne peut être un coup au hasard, il a visé sa corne. Alors il sait ça aussi ? Il sait pour les ronsos, jusqu’à même combien la corne est importante pour eux.

La colère, la fureur, la rage qui s’empare de lui l’aide à en oublier la douleur de ses brûlures électriques. Tel un berserker d’autrefois, il voit rouge.

Son katana toujours en main, le fauve voit son style migrer peu à peu, de l’épéiste défensive à la bête furieuse. Il tente dans un premier temps un coup de sabre vertical, s’attendant à ce que son adversaire pare, redresse cette lame brisée. Mais c’est au dernier moment que la transition s’effectue.

Tandis que les lames vont s’entrechoquer, il redresse sa main libre, le tout dans un grand grondement. Cherchant à saisir le poignet du blondinet, il tire de toute sa force pour immobiliser cette main, détenant le terrifiant pistolet. Sa gueule s’entrouvre pleinement tandis qu’il se jette en avant.

Son regard est concentré sur la gorge de l’humain. Son but, l’endroit où il enfoncera ses crocs, tel un animal.

Si la nature lui a remis tant d’outils à sa disposition, il se doit de tous les utiliser. Il a bien conscience d’une chose, cet individu et lui sont des rivaux, et la finalité de cet affrontement des plus incertaine.
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Je souris, satisfait de l'expression du ronso, malgré l'échec de mon assaut. Succombe à la haine, à la colère, perds le contrôle. Sois la bête que tu es. Ma lame a été arrêtée par celle du fauve qui semble même être galvanisé par mon agression. Une de mes jambes se fléchit légèrement, ployant sous la force de sa lame qui se croise avec la mienne. Son regain d'énergie est si vif que je ne parviens pas à parer la sienne. Mon arme tombe, son katana s'abat et me lacère l'abdomen, m'arrachant un râle de douleur.

L'expérience est en bonne voie. S'il devient un sans-coeur, je pourrai essayer de soumettre sa volonté à la mienne et il sera alors bien forcé de s'allier à ma cause. Je tente de redresser le bras qui tient le flingue pour le maintenir en respect d'un tir, mais mon mouvement est arrêté d'un geste adroit de la créature qui me tire par l'avant-bras en serrant si fort que je peine à conserver cette seconde arme en main. Poil de schtroumpf, dans sa rage, approche dangereusement sa tête de mon corps. Pris au piège, je fais la seule chose que je puisse faire afin d'éviter la mort. Mon crâne percute avec violence le sien sur le côté.

Cela n'arrête pas son attaque, mais m'évite une blessure fatale aux voies respiratoires. Bien qu'encore sonné par ma tentative de riposte, le ronso parvient à me mordre l'épaule avec puissance. Je hurle en ressentant les crocs qui en pénètrent la chair, tétanisant le membre sous le coup. Le sang coule et si je ne fais rien pour l'en déloger, la plaie n'en sera que plus profonde. N'écoutant plus que mon instinct de survie, je me sers de mon bras libre pour agripper son pelage, y enfonçant même mes ongles. Ensuite, je tente de lui balayer la patte, ce qui le secoue un peu.

Je profite aussitôt que l’emprise de son bras s’en fait moins forte pour dégager mon bras captif du sien. Le geste est sec à tel point que sa griffe me blesse superficiellement l’avant-bras, mais j’ai pas le temps de m’en soucier. Je l’attrape et me sers de tout mon poids pour le faire tomber au sol. La brutalité du geste fait pivoter ses crocs dans la plaie avant de les en dégager, me faisant pousser un hurlement. J’en peux plus. Je pense plus qu’à mon épaule qui se déchire, à la brûlure causée par son sort de foudre, à ce sang qui s’écoule. Je vois rouge, j’ai la rage au ventre, j’en ai marre. Mon regard d’or s’arrête un instant sur son corps inerte.

- On dirait que t’as gagné un sursis.

Ce connard ne perd rien pour attendre. Je suis terrorisé à l’idée que mon prochain assaut signe mon élimination du jeu dans une véritable agonie. Sans même en avoir tiré profit. Ça ne se passera pas comme ça.

Je dois fuir.

Aussi vite et loin que mes jambes pourront me porter. Je recule du corps étalé du fauve, ne tente pas d'attaquer. Je fais simplement volte face et je cours. Je couvre ma retraite en tirant régulièrement hasardeusement dans sa direction, jusqu’à ce que l’arme se disloque en même temps que le chargeur s’est vidé. Je m’en surprends pas, c’est une des armes les plus communes de la cache d’armes. Putain, je parviendrai pas à lancer de nouveau sort dans ces conditions.

S’il est parvenu à me suivre jusque là, je suis mort.
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Le fauve vient de s’écraser au sol, subissant de plein fouet la vélocité de sa course. Evidemment qu’il a poursuivi, aveugler par la haine, l’adrénaline lui permettant d’oublier l’espace d’un instant, la douleur de ses brûlures. Du sang coule encore des poils de son menton, imbibé d’un goût de fer.

Le fauve serre les crocs, même toute son adrénaline ne parvient pas à arrêter cette nouvelle douleur. Sa main griffue se porte immédiatement contre son épaule, du sang ne tardant pas à s’échapper entre ses doigts.

L’humain a réussi son coup, la balle l’a touché et a interrompu sa poursuite. Dans un premier temps, le fauve ne ressent que la douleur, le contrecoup. Son corps tout entier le pique, et son épaule elle, hurle.

C’est toujours dans un grognement, la vision trouble, qu’il remarque quelque chose. Sa couleur saturé est en train de clignoter, de plus en plus frénétique. Il est en train d’y passer, cette blessure est celle de trop.

Le prêtre-guerrier laisse échapper un hurlement, évacuant sa frustration, sa rage, sa douleur. Lâchant son arme, qui vient rebondir contre l’herbe épaisse.

La douleur ne s’arrête pas, dérivant par torrent depuis chacune de ses blessures. Il faut qu’il arrête ça, il faut au moins qu’il soulage ça avant qu’il ne soit…

Eliminé.

Usant de toute son énergie, ses mains s’écartent un instant, l'index, pouce et majeur de chaque main joint par le bout des doigts et écarté. Petit doigt et annulaire de chaque main liée. « Rin »

S'en suit un nouveau signe, Paume de la main droite retourner, paume de la main gauche au-dessus. Doigt joint entre eux. Pouce de la main droite croisé avec le petit doigt de la main gauche. Il le reproduit deux fois. "Kai + Kai"

Il vient conclure avec la dernière mudrâ, repliant sa main droite en un poing, avant de tendre l’index, comme s’il demandait le silence aux quelques lucioles encore présente.
Des petites lianes ne tardent pas à se matérialiser par-delà l’index du ronso. Tel des ficelles fusant dans les airs, elles viennent s’enrouler tout autour de son épaule, serrant de leur fibre végétale. Bientôt, c’est un bourgeon qui commence à pousser, accélérer à une vitesse de croissance surnaturelle. Une fleur blanche ne tarde pas à éclore, ses pétales reflétant les quelques lueurs autours.

Comme prise d’une explosion, les lianes et la fleur se désintègrent en une fine poussière lumineuse, se répandant sur la fourrure clignotante du fauve.

L’effet est immédiat, le fauve a l’impression qu’une main douce et bienveillante lui masse ses diverses blessures, avant de s’estomper aussi soudainement qu’elles sont apparues. Si la douleur lui revient en force, il constate néanmoins deux choses.

Sa blessure par balle a cessé de saigner, ne laissant qu’un cratère peu ragoûtant. Et sa fourrure a repris une couleur saturée stable.

Dans un long soupir, le fauve ne prend même pas la peine de se relever. Il se sent vidé, humilié, et plus inquiet que jamais.

Encore un combat qu’il n’arrive pas à gagner. Pourquoi est-il aussi faible ? Pourquoi n’arrive-t-il pas à vaincre ? N’est-il pas un ronso, race supérieur ? N’est-il pas un prêtre-guerrier de Rai ? Alors pourquoi…

Pourquoi…

Le fauve à beau questionner, personne ne lui répond. Et les lucioles continuent de lui tourner autours, insensible à la soudaine vague de tristesse qui s’empare de lui.
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