Une "cache" d'arme n'aura jamais aussi mal porté son nom. La fontaine est à moitié défaite, en ruine et l'eau s'en écoule en conséquence, sans être contenu. Pourtant, les jets continuent de s'élever en l'air et de retomber en une petite pluie pour s'étaler grassement sur la place. Tout autour, encerclé par des habitations dévastés, une bande de types saturés patrouillent arme à la main. Si la place ronde offre une vue dégagée, elle est desservie par tout un tas de rue à couvert de ce qu'il reste des maisons. Plaqué dos au mur, Nazik ne se penche que timidement, laisse à peine et brièvement sa tête jeter un oeil à travers la rue jusque dans la place. Soucieux, il ne les compte pas précisément mais aurait bien affaire à un joli petit groupe. Une "cache" porte peut-être bien son nom au départ... car rien qui y ressemble ne se présente à l'oeil jaune du jeune homme. Est-ce qu'elle serait dissimulé dans la parcelle eau que la fontaine retient encore en son sein ? Bien caché, l'obscurantiste sort un bout de papier de sa poche et l'inspecte, prononce à voix basses ce qui y est écrit pour s'en rappeller.

" Un lance-flamme... un taser... et un lance-roquette... " Un instant sceptique, Nazik range finalement le papier dans sa poche et se décide à se mettre au boulot.

Tranquillement. Puisqu'il sont nombreux, et armés, Nazik ne peut pas tellement se permettre de foncer tête baissée. Et puisqu'il a des choses à récupérer, il doit y allez plus finement que de déchainer sans-cœurs et invocations sans réfléchir. Un Bombo, ou même un Darkside, c'est réglé ? Ca parait trop facile et ici, vu ce qu'il faut récupérer, ça pourrait se montrer contre-productif.
Il attendra la nuit pour frapper, saura se montrer patient, ce qui ne signifie pas ne rien faire en attendant.

Nazik se met alors accroupit, soucieux du bruit qu'il fait et passe, de dérrière un mur jusqu'à un autre, vivement, pour les voir sans être vu. Ce sont des gens... ordinaires, pour la plupart, qui encercle la fontaine et la surveille. Un rouquin, là-bas, est plutôt costaud mais ça pourrait être le boulanger, ou le boucher, s'il n'avait pas trouvé un lance-roquette.
Déjà prêt à bouger, dos au mur, le jeune homme claque des doigts et file pour changer de cachette.

Une ombre sort du sol peu après, près de la fontaine ! Et la bataille commence, s'arrête aussi vite qu'elle a commencé. Tout ça pour qu'une deuxième arrive de l'autre côté, provoquant à son tour un bref vacarme. Un troisième ensuite.
Néanmoins, Nazik reste sceptique, c'est peut-être encore trop faible pour les user même à la longue.

Déjà, l'on peut les entendre râler et se plaindre, s'inquiéter... s'agiter... ca les mets sur les nerfs. Ils seront plus vigilants mais plus prompt à faire des erreurs. Puis ils sont tous saturés, alliés mais jusqu'à quand ? Peut-être qu'en jouant suffisement bien ses cartes, il y a moyen de les faire craquer mais... ça attendra la nuit. Pour l'instant, il est trop visible, surtout ainsi saturé. Non, malgré son ennui et son impatience, il se doit d'attendre, d'observer. De les écouter.
Peut-être même de les rejoindre ? S'ils se sont alliés entre eux... pourquoi ne pourrait-il pas rejoindre la petite troupe ?

Par le boulevard, Nazik arrive à découvert et les mains en l'air, avec une expression si finement dessiné, à peine un sourire sous ses yeux jaunes fatigués. Calme et lent, visible de loin mais... peut-être inquiétant, par allure... pas menaçant pour l'instant. Très vite, la troupe se rameute toutes armes dehors. Bien évidement prêt à tirer mais ils ne le font pas encore. Sur les ordres aboyés de quelques durs plus endurcis que le reste, certains retournent patrouiller.
En un peu plus d'une quinzaine de jours, ils ont réussi à s'organiser en une petite milice, c'est impressionnant.

" Qu'est-ce que tu veux toi ? "

" Un lance-flamme... un taser... et un lance-roquette... " Répond machinalement Nazik qui mime de ne pas être impressionner mais il continue d'avancer. Chaque pas en avant rend sa poursuite dans la bataille royale moins certaine, alors, au bout de trois, il s'arrête. " ...maintenant, c'est à vous de me dire ce que vous voulez. "

" C'est le mog qui l'envoit ! " Celui qui s'exclame, les muscles asséché par de durs labeurs, sort de la foule et de son fusil, met Nazik en joug. Soudain, son comparse en haillons le retient et... il porte les restes d'une tenue semblable à celle des gardes.

" On peut peut-être s'arranger... "

" Peut-être... " Nazik va à reculons, perçoit des présences en train de le contourner. " ...mais je reviendrais ! "

Et il s'enfuit ! Encore !