" Quel bazar. "

A ciel ouvert, un gris que la rend saturation rend très clair, la gare Shinra n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était. Elle est en ruine. Mains jointes à l'arrière du crâne, Nazik observe les lieux d'un air placide, s'y ballade en flânant. Entre les débris de bâtiments reposent les carcasses de vaisseaux éviscérés et démembrés, des petits comme de gros. Il est vrai qu'à la Citée du Crépuscule, tous se précipitèrent d'instinct en direction des vaisseaux, ce fut le cas ici aussi, apparement. Des oiseaux errent par ici mais s'enfuient vite à l'arrivée du jeune homme qui, surpris, s'arrête pour chasser du pieds quelques composants mécaniques à ses pieds. Quelque chose l'interpelle pourtant au point de déjoindre les mains et de faire apparaitre sa clef dans l'une d'elle. Un instinct inutile le fait ranger une main dans sa poche et l'autre armé, ses yeux jaunes scrutant l'origine des sons. Des bruits de métaux qui s'entrechoquent ou percutent la pierre, un son de bric et de broc qui s'agitent. Sans flâner plus, prudent et particulièrement appliqué, le jeune homme s'approche à pas de loup. De la poussière se lève, des choses sont attrapés puis jetés avec rapidité. A l'approche, l'obscurantiste doit se décaler et se mettre de profil d'un doux sursaut pour éviter de prendre, pleine tête, un composant gummi dont on a jugé l'utilité douteuse.

Nazik s'est arrêté pour l'occasion, n'a pas repris d'avancer. Simplement posé là, curieux, il observe le petit manège qui s'offre à sa vue avec intérêt. Une peluche en mouvement se dessine, presque trop vive pour être suivie des yeux. Celle-ci vole à toute vitesse à l'aide d'une paire ailes de chauves-souris ridiculement petite en comparaison de son corps potelées duveteux. Le pompon rouge qui peine à suivre tant il est speed. Son pelage blanc est tacheté de crasse et de suie. La créature est vêtu d'un pantalon bouffant bleu qui ressemble à un treillis, d'une veste noué en ceinture à sa taille, d'un t-shirt de la même couleur que son pantalon et d'une paire de lunette, de pilote ou de soudure, au-dessus des yeux.
Premier détail qui saute aux yeux, première chose que l'on inspecte faute à la bataille royale, le mog a perdu sa saturation.

La créature fait le tour d'un moteur, passe sous l'aile d'un vaisseau appuyé sur un cockpit et se pose juste en face de son visage. Le jeune homme recule d'un pas, d'un seul seulement. Trop rapide pour afficher la moindre expression, il n'affiche qu'un air doucement ahuri en savourant le frisson d'un sursaut intérieur.

" Heu... salut ? " Dit-il, bien hésitant mais fatigué aussi, peut-être heureux d'avoir retenu un coup de clef.

" Kupo ! T'es qui toi ? " Sans même attendre la réponse, le mog fait volte-face et retourne à ses affaires, pas trop loin. " On s'en fiche. "

Une pile de... composants électroniques, d'outils et de matériaux gummis se fait disperser par des petits bras hyperactifs. Tranquille, Nazik observe la créature en se demandant quel genre de sans-cœur, à ses ordres, pourrait en naitre. Avant de pouvoir achever son imagination, le mog revient en volant vers lui mais sans le regarder, ses petits yeux plissés rivés sur un plan. Ce genre de croquis en papier bleu avec des schémas techniques en blancs plus obscurs que les premiers grimoires des sorcières.

" Je me construis un vaisseau, Kupo ! Si tu m'aides, je te déposerais quelque part avec. C'est bien pour ça que t'es venu ici, Kupo ? Pour trouver un vaisseau et allez sur un autre montre ? "

" Tout à fait... " Déjà, le mog file contre une paroi métallique, y plaque un plan et se met à gribouiller dessus avec un stylo sortit d'on ne sait où. Le jeune homme s'avance, cherche à détailler le plan mais déjà, vif et insaisissable comme une fée, la créature file à l'opposée ! Emballé par la petite boule d'énèrgie, Nazik hausse les épaules et se met à le suivre avant de l'avoir en face de lui, route coupée !

" Tiens ! Regarde ! " L'obscurantiste attrape le petit papier jauni que lui tend le mog et l'inspecte, ça ressemble à une liste de course, en tout franchise. " Y a une cache d'armes pas loin et dedans, y a des armes que je pourrais désassembler pour trouver ce dont j'ai besoin et finir mon vaisseau, Kupo ! "

Soudain, le mog recule et croise les bras, furieux.

" Sauf qu'un idiot a établi son camp là-bas et garde tout pour lui ! Il dit qu'il en a besoin, à cause de la bataille royale et tout ça... mais j'm'en fiche, Kupo. Je suis désaturé de toute façon, pas comme si j'allais l'éliminer, Kupo ! "

" Quel imbécile. "

" Kupo ! " Nazik sourit, se permet même de rire un peu, ça ressemble à un Kupo approbateur ça !

" Non seulement je vais récupérer ce qu'il te faut... mais en plus ? Je vais lui donnez une bonne leçon. "

" Tu vas lui botter les fesses, Kupo ? "

" Kupo ! " Lâche Nazik, un peu moquer envers le tic de langage des mogs. Celui en face de lui n'a pourtant pas l'air de le prendre mal du tout. Sans attendre, l'obscurantiste s'en va en inspectant le papier qui... le laisse pantois. En même pas une minute, le mog y a dessiné un plan incroyablement précis et détaillé ainsi que la liste des "éléments" à rapporter.

Nazik n'en revient pas, et pour cause, il n'est même pas sûr que le mog avait des doigts !