Le souffle du vent. Une brise froide taquine les parterres de fleurs, fait osciller les hautes herbes, avant de venir caresser son visage encore légèrement tuméfié. Par delà les tours et le dôme du sommet des arts, le soleil brille haut dans le ciel, baigne de sa vive lumière saturée le Jardin Radieux. C'est agréable, revigorant... un faible sourire vint brièvement éclairer son visage blessé à la vision des ruines. Quel beau décor ! D'un pas lent, presque flânant, le jeune homme arpente les rues, cueille au passage une rose aux pétales d'un rouge flamboyant. Il se sent dans son élément. Combien de fois a-t-il cavalé entre les décombres colorées ces derniers temps ? Par moment, il lui semble presque pouvoir déceler des itinéraires, qui ressortent entre les bâtiments, puisqu'à gauche de la fontaine l'on trouve une boutique de vêtement. De ces fragments de mémoires mouvementés mais récents naissent un frisson revigorant qui se diffuse du fond de son cœur jusque dans tout son corps. Il y eut, pendant un instant, une accalmie dans le chaos. Mais le temps de l'insouciance et de la contemplation prend bien vite fin.

Le quartier s’agite soudain comme une fourmilière et la nuit tombante d’une fin d’après-midi d’hiver ne semble pas en mesure de freiner son activité. Des dizaines, des centaines de personnes affluent, arpentent avec empressement les rues. Les échos mêlés d’un millier de voix et de conversations différentes forment un tout presque homogène, auquel vient s’ajouter les tirs et explosions d’une guérilla intense. Les lampadaires balisant les rues bondées peinent à rester allumer, pour la plupart clignote où sont carrément décédés.

Et au coeur de toute cette activité, anonyme au milieu de la foule agitée, Nazik court en flânant, d’une foulée légère qui contraste avec la frénésie ambiante. Son regard ne peut s’empêcher de dériver, virevolte époustouflé pour essayer de détailler les mouvements de foules, qui scrutent quelques habitants qui se frayent un chemin péniblement dans cette affluence.

Un coup sec, dans ses mollets. Il se sent partir en arrière, échappe aux mains fantomatiques qui tentent de la tuer, avant que son corps et l’arrière de son crâne ne heurtent le sol brutalement. Mais ce choc n’a que peu d’importance. L'agresseur est toujours là, le surplombat de tout son haut, penché comme un prédateur qui s’apprêtait à se jeter sur sa proie. Sur lui. Sans même réfléchir, dans un pur instinct de survie, le jeune homme tend la main dans sa direction ! De l'autre, il s'aide d'une impulsion pour se relever.

Sa main suinte alors d'un liquide verdâtre, juste avant que ses doigts ne se resserrent sur son agresseur. Il y a un cri horrible, inhumain, et l'agresseur recule, s’agite en tous sens comme pour se débarrasser du liquide qui lui brûle les yeux. Nazik se relève, les sourcils froncés dans une expression concentrée, sa Keyblade soudain apparu pointée vers le bas, légèrement en retrait, tandis qu’il fléchit les genoux pour se mettre en position de combat. Son regard parcourt l'individu.
Sans demander son reste, il fait disparaitre sa clef et court pour se mêler à la foule.