Nazik ne cherche pas l'amour, il veut juste s'amuser et faire... n'importe quoi d'un minimum intéréssant.

Le sifflement d'une roquette qui décolle. Un son que la Bataille Royale a appris à tous dès les premiers instants. Sans frémir ni ralentir, pas plus qu'il n'accélère, le coalisé tourne la tête en direction de la petite fusée qui le menace. Une ombre glisse au sol et en surgit d'un bond ! Avec cette posture déraisonné, cet air vide qui arrache toujours un sourire attendri à son maitre. Léger et vif, le jeune homme saute sans se presser. A l'impact, l'ombre se fait pulvériser mais déclenche la déflagration en avance. Suffisement loin pour que Nazik ne soit heurté que d'un souffle chaud, suffisement proche pour qu'il puisse se laisser emporter comme feuille au vent. Son sourire est doux, et froid surtout, il prend du bon temps mais ne semble pas vivre véritablement.
Encore en l'air, la surprise brisant son expression stone, l'élu de la clef aperçoit une silhouette saturée.

Hélas, c'est la Saint-Valentin, il s'en souvient sans s'en rendre compte, c'est de là que vient la douleur sourde en son coeur.

Quoique cette silhouette ait tenté, une ombre l'en a distrait, le buste hors du sol qui s'échappe d'une mare noire pour lui saisir la jambe. Le temps de jeter un coup à la créature qui grimpe le long de sa jambe, Nazik jette sa clef qui file en tourbillonnant. Il atterrit sur un toit relativement bas, jette un oeil à son arme qui rebondit à l'impact et anticipe par l'habitude, sa main déjà levé prête à réceptionner.
Lorsqu'elle lui revient finalement en main, celle-ci emporte son bras pour que ce dernier emporte, à son tour, le reste de son corps.

Il a quitté son monde, ce n'était pas son monde favori mais c'était chez lui ! Il a quitté les Histoires Grimm sans rien, rien d'autres que ses rêves obscurs et sa clef à la main.

Nazik fait la toupie, plusieurs fois, à la façon d'un patineur artistique ! En plus brouillon, évidement, la violence de sa danse l'épargnant d'un tireur embusqué mais pas d'un sévère tournis. Un bref, heureusement, lui qui s'enfuit déjà en maudissant son ennui. Qui sont ces gens ? Ils n'ont rien de spécial à ses yeux, rien d'éclatant sinon leurs saturations. Mais lui, est-il particulièrement mieux ? Une clef et des sans-cœurs mais à part ça, qu'a-t-il de véritablement spécial ?
Alors qu'il lui tourne le dos, les trois ombres fusent à plat le long des pierres pour se jeter en direction du dernier tir.

Il se promet, bien évidement, de ne jamais tomber amoureux et c'est d'un commun sans nom, alors le voilà, qui se ment à lui-même comme beaucoup d'autres. Il se jure que ça ne l'intérèsse pas.

Déjà, le voilà qui se laisse tomber du toit à une lenteure anormale, à un rythme de croisière particulièrement confortable. Ses jambes fléchissent à peine, pour la forme, dans une ruelle et le laisse soupirer. Lâs, il ne comprend plus tellement ce qu'il fait là. Lui vient l'idée, saugrenue, d'invoquer un Darkside comme il le fit en pleine Citée du Crépuscule. Et quel en serait l'intérêt au juste ? Sa flemme l'enivre au point qu'il n'a même plus l'énèrgie d'un coup de pied dans la fourmilière.
Pourtant, son coeur bat et plutôt fort.

Sourd à sa propre envie, Nazik rêve secrètement de croiser quelqu'un ! Quelqu'un qui le regarderait comme il en a envie, quelqu'un qui le regarderait comme il en a besoin. Quelqu'un qui aurait l'air de sortir d'un magazine.

Ce combat ne l'intérèsse pas... à quoi bon se fatiguer à éliminer quelques concurrents ? Qu'ils s'éliminent touts seuls. Quelque chose tombe dans un bruit typique, ça fait "toc !" et du coin de l'oeil, le jeune homme voit une grenade qui roule jusqu'à lui. Son regard parait presque soupirer lorsqu'il se presse jusqu'à l'explosif pour le repousser d'un coup de pied sec. Puis il lève les yeux au ciel... parce que ça le saoule... mais parce que la grenade vient très probablement d'en haut. C'est sa main qui se lève ensuite, avec un dédain qu'une sorcière sexy ne renierait pas, pour que s'échappe d'entre ses doigts crochus des lasers violets et pointus.
Quelques-uns, moins de dix, qui filent en plein sur l'assaillant en train de dégoupiller sa grenade avec les dents.

Quelqu'un qu'il pourrait ramener chez lui... et qu'il voudrait bien inviter dans touts ses rêves. Nazik de voudrait ce quelqu'un d'être tout ce dont il a besoin ! Et voudrait l'emmener partout avec lui.

Et le jeune homme repart, fier de son indolence, sans même regarder l'homme du dessus. Pourtant, il regarde par-dessus son épaule quand même et le voit, bien embêté. Très brièvement avant de ne plus le voir, dissimulé par la fumée soufflé par l'explosif à ses pieds. Où sont ses ombres ? Il ne le sait plus et le lien entre eux s'est rompus. Lui qui ferme les yeux perçoit encore les présences, des gens qui s'agitent mais lui... voudrait simplement se trouver un coin tranquille.
Peut-être est-ce la fatigue qui le rend ainsi mais à son grand désarroi, il doit bien courir pour échapper au combat. Ce qui est pénible mais bien moins que de devoir le mener.

Lui voudrait simplement et se poser pour discuter... ou jouer au calme, pourquoi pas un jeu d'échec ? Ou une négociation autour d'un verre ? Ces escarmouches incessantes le fatigue, il en est désespéré. Quelque chose lui susurre d'abandonner et d'attendre que ça passe. Non. Dans le même temps, quelque chose lui hurle de persévérer.

Quelqu'un qui ressemble à une star, quelqu'un qu'on se demande qui c'est ! Parce qu'il n'y a pas d'amour à la triste Coalition, pas plus sur ses sombres voies qu'il emprunte alors, ce quelqu'un, il aurait tout son amour dans la minute.
Y a-t-il de l'amour dans cette Bataille Royale ? Car la rose, peu importe sa couleur ou son nom, sent toujours aussi bon.