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Bravo à tous
Rufus Shinra Top-1 !
Rp final

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Tu ouvres le feu et laisses errer ta mitrailleuse dans les airs, dans le vide, les étincelles t’aveuglent.  Et tu gueules, tu gueules pour qu’elle t’entende.

-Toute façon c’est des scientifiques, ils sont sûrement déjà morts ces nazes, pire que des informaticiens !

Elle réagit pas vraiment, elle sourit pas, tu te demandes pourquoi t’espères et t’essaies encore. On dirait qu’elle sait que se forcer. Au bout de quelques secondes, tu regardes le bordel que tu viens d’empirer. Les plexis sont troués, les échantillons s’écoulent  et se répandent sur les tables puis sur le sol.

Tu te dis qu’il y a quand même des choses pires que de voir son patron quitter le boulot et pouvoir faire la fête sur son lieu de travail, mais elle semble pas voir les choses comme ça. Son absence de réponse pour la fameuse question sur le Président, c’était comme un aveu non ? Alors tu te sens conne et tu te demandes encore pourquoi tu te poses la question.

-Je vais inspecter la chambre froide au bout, je crois qu’ils gardent les cuves dedans. T’as qu’à regarder les ordinateurs, il y aura sûrement des traces des projets en cours.
-Et qu’est-ce que je fais s’il y a, comme je le crois, un mot de passe ?
-Regarde sur le dos du clavier. Il y en a toujours assez con pour faire ça dans le lot.

Tu la laisses toute seule dans la pièce, à moitié parce que tu penses qu’elle peut se démerder toute seule si quelqu’un débarque, et à moitié parce que tu lui en veux quand même un peu pour ça.

Tu entres dans ladite pièce et tu te frictionnes les bras. Putain qu’est-ce qu’il fait froid. Une multitude de très grandes bonbonnes se  succèdent. Tu perds pas de temps, t’inspectes les inscriptions au dessus. Des noms de gaz assez classiques et nécessaires à la survie apparaissent. Il y a aussi des gaz explosifs, mais c’est définitivement pas ce que tu recherches.

Tu sors de là et tu aperçois le haut de sa petite tête ronde dépasser d’un écran, ses yeux gris-clair glissent de part et d’autre de l’écran. C’est quand même un peu dommage qu’elle ait même pas réagi d’un poil à ta proposition. Mais si elle n’a rien dit, c’est pas un non non plus, si ? Tu te sens de plus en plus tendue et instable alors tu masques ça par une pointe d’agressivité.

-Bon. T’as trouvé quelque chose ? Y’a rien là-bas.
-Il me faut un peu plus de temps, je viens juste de trouver un poste accessible.
-Bon bah, grouille-toi.

Tu te promènes entre les ilots sur lesquels les laborantins travaillent habituellement puis tu surprends un liquide en train de faire sa petite vie et de trouer la surface sur laquelle il s’est posé. Tu t’apprêtes à dire quelque chose, tu tournes les yeux vers elle et tu la vois froncer les yeux.

-Tu devrais peut-être porter des lunettes.

Elle se tourne vers toi et pointe le doigt vers son écran.

-Non, c’est juste un truc que je viens de trouver et qui a l’air intéressant. Viens voir.

Tu t’approches, t’appuies une main sur le bureau et tu te penches, de sorte que vos têtes sont proches l’une de l’autre.

-C’est une pierre qui exposée à un contact avec de l’acide silicique dégage un gaz très volatile et mortel, genre… vraiment nocif pour les voies respiratoires.
-Parfait ! Où est-ce qu’on la trouve cette pierre ?
-Dans une des salles scellées sans doute. Mais…

Elle te regarde bizarrement, comme si elle attendait une réaction de ta part.

-Bah, ça te dérange pas ? C’est plutôt violent comme élimination ?

Depuis quand elle en a quelque chose à foutre de tes scrupules ? Tu te relèves et croises les bras.

-T’as l’impression que je t’aurais épargnée si Carter m’en avait empêchée ? Non, je t’aurais déformé ta jolie petite gueule, j’aurais brisé ton dos, puis seulement je t’aurais éliminée.
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-Voilà, vous avez été éliminés, il ne vous reste plus qu’à… vous remettre au travail sans faire attention à nous et bien sagement sous peine de…

Je la regarde l’air curieux, qu’est-ce qu’elle va bien pouvoir dire pour les forcer à travailler de façon normale après les avoir éliminés sans aucune forme de procès.

-Sous peine de voir notre bon vieux vaisseau-mère s’écraser sur une planète random sur laquelle vous allez devoir vivre les vingt prochains jours. J’ai entendu parler d’Oerba, c’est pas très loin d’ici, et on peut dire que c’est vraiment la zone…

Les machinistes reprennent leur travail comme si nous n’étions jamais entrées dans la salle des machines. Le bruit des turbines est pratiquement assourdissant, je ne comprends pas comment on peut supporter de travailler dans cet enfer. Je regarde autour de nous et j’aperçois un plan d’évacuation affiché sur le mur. Je m’en approche.

-Bon, le système de refroidissement du vaisseau est alimenté par cette unité, là au fond.

C’est un ensemble de tuyaux, de cuves à très haut volume, de machines, commandées par plusieurs moniteurs. Nous nous y rendons aussitôt.

-Putain mais j’ai aucune idée de comment ça fonctionne ce truc. C’est quoi cette interface, là ?

Moi non plus, et on va essayer d’éviter de faire surchauffer le vaisseau et d’exploser avec.

-Tout ce qu’on veut c’est accéder au conduit principal. Celui qui est relié à toutes les voies du vaisseau, histoire d’oublier personne.
-Ouais, même pas les quelques intrus qui auraient déjà réussi à rejoindre le niveau 70.

Cette vision ne m’est pas indifférente. Son étage désespérément vide, puis occupé par des charognards qui n’ont rien à faire là. Il faut qu’on règle le problème. J’interagis avec l’écran tactile pour visualiser le plan d’aération de l’entièreté du vaisseau-mère. C’est tellement gigantesque, un chantier absolument extraordinaire, que seul un homme désirant conquérir le monde aurait pu concevoir. Des lignes parcourent la silhouette de toute part surlignées de couleurs variées : bleues, oranges, rouges.

Je pointe du doigt le trait le plus épais , il semble effectivement alimenter tout le réseau.

-C’est là qu’on doit poser le minerais en réaction.

Par réflexe, je jette un oeil à Temerys pour vérifier qu’elle a toujours bien ledit minerai dans son sac. Elle tapote dessus, laissant apparaître vaguement la forme.

-T’inquiète, il est bien au frais et scellé.
-Le problème c’est qu’on ne peut pas accéder au conduit tant que la machine est en route. Même en admettant qu’on trouve un accès, on arrivera pas à ouvrir la porte, la différence de pression est trop forte.
-Merde…
-C’est tout le principe de cette sécurité.
-Alors quoi ? Il faut arrêter la machine ? Non ?

Elle me pose la question le plus simplement du monde, comme si c’était une chose évidente et aisée. Je la fixe droit dans les yeux, comme y cherchant une solution. J’hésite.

-Le problème c’est que… Si tu coupes cette alimentation, même très peu de temps, vu la surchauffe que certaines zones entrainent, ça peut…
-Cramer ?
-Même exploser oui.
-Ouais mais pas tout le vaisseau, si ?
-Normalement, les cloisons de sécurité vont s’actionner, condamner les accès aux zones touchées et…
-Et ?
-Les vider en oxygène instantanément en créant un genre de contact avec le vide stellaire.

Nous inspectons les zones qui seraient possiblement touchées par ces explosions.

-Même avec ça, on n’aura pas beaucoup de temps. Il faudra que l’une d’entre nous commande l’arrêt de la machine, et que l’autre mette le minerai en fusion dedans puis referme rapidement.
-On doit pas pouvoir arrêter la machine si facilement, je suppose.

Temerys s’approche du panneau de contrôle de l’unité centrale. Elle remarque un petit boitier recouvert d’une vitre, elle l’ouvre et m’invite à venir voir. Nous découvrons une serrure.

-‘Faut déjà qu’on trouve la clé qui va avec ça.
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-Qui détient la clé qui gère le système de refroidissement ?

Nous interrogeons le premier homme que nous trouvons à proximité de dudit système. Il est affairé à lever et baisser une multitude de leviers tout en vérifiant les répercussions que ses actions ont sur le monitoring qu’il surveille en permanence. Il nous adresse à peine un regard.

-Bon, alors ?! Réponds-nous, merde, on a pas 20 jours devant nous !
-Bah vous m’excuserez mesd’moiselles, mais vu que vous m’avez d’jà éliminé, je vois vraiment pas pourquoi je vous répondrais ou vous obéirais.
-Parce que je vais aller trouver ta femme, que je l’éliminerai et que je buterai tes gosses après le battle royal.
-N’importe quoi. Tu t’es prise pour qui ma grande ? Tu travailles à la Shinra, j’te rappelle. Tu peux pas te permettre d’aller buter la famille de quelqu’un de la compagnie sans en subir de dures représailles.

Je regarde Temerys l’air de lui dire « Bah, il a pas tort ».

-Ok donc ça te dérange pas si je…

Elle se jette sur ses leviers et commence à les baisser et les lever dans tous les sens à une vitesse  étourdissante, le monitoring s’emballe.

-Putain mais arrête ça, ARRETE MERDE. Ou sinon !
-Ou sinon quoi ? Ou sinon tu me frappes ? Tu peux même pas me toucher, t’es désaturé.

Pendant qu’il s’empresse de remettre tous ses leviers correctement avec la plus grande détresse du monde, nous attendons. Pour en rajouter je tape même du pied sur le sol assez fort pour qu’il m’entende faire.

-Alors ?
-Je vous signale que si vous bousillez mon travail le système de stabilisation et donc pas extension, de navigation du Vaisseau va merder. Je vous laisse deviner la suite…
-Ah bah merde alors…
-Oui, ce serait vraiment dommage.

Nous nous apitoyons toutes les deux comme deux écolières carnassières sur un bout de viande déjà à moitié mort.

-Mais vous voyez le problème, c’est que elle et moi on s’en fout un peu de «et  si le Vaisseau s’écrase ». Parce que si vous ne nous aidez pas, on n’aura plus de raison de rester, on va faire tout pour que ce vaisseau s’écrase et on trouvera bien un moyen de s’échapper.

Enfin, Temerys, je ne sais pas, mais moi, oui, certainement. Elle m’interroge du regard puis feint l’idée lumineuse.

-Oui, puis qui pensez-vous que le Président va blâmer si… dès qu’il s’en va, son plus grand vaisseau, la prunelle de ses yeux, le projet de toute une vie, sombre et s’écrase ? Les machinistes incapables de faire leur travail. Peu lui importera  que les choses soient réinitialisées, tout ce qu’il verra c’est votre incompétence.
-Et vous serez virés.
-Ou même pire. Alors que c’est bien ça votre boulot, savoir gérer n’importe quelle éventualité et maintenir ce vaisseau, si j’ose dire, à flot.
-Alors que si vous nous aidez, on vous promet qu’on fera tout pour que ce vaisseau passe le reste du mois dans son orbite habituel.

Bon, concernant ce point, nous n’étions pas tout à fait certaines de pouvoir laisser intact l’entièreté de cette énorme base stellaire.

Une voix arriva de derrière.

-C’est la chef-machiniste Haegel qui détient la clé !
-Putain mais ferme-la toi !
-Désolé mais moi je veux pas avoir de problème avec le Président !
-T’as vraiment l’impression qu’on peut leur faire confiance à ces deux-là ? Non. Parce que c’est des salopes.

Nos regards passent respectivement d’un côté de la salle à l’autre, alertées à tout moment par les retentissements de leurs voix. Il faut dire que tout le monde devait presque hurler pour se faire entendre.

-En attendant, le gamin a compris le jeu. Il vaut mieux nous avoir avec toi que contre toi.

Pour l’heure en tout cas, je ne suis plus tout à fait sûre que quelqu’un voudra avoir affaire avec nous à la fin du mois lorsque nous devrons rendre des comptes.

-Alors, où est-elle cette chef-machiniste ?
-Au bout du couloir, elle se repose dans sa petite cellule privée d’où elle peut intervenir en cas de besoin.
-Mais t’es vraiment un vendu en fait ! Si elles t’avaient pas déjà buté, je t’aurais défoncé moi-même !

Très bien, allons voir cette chef-machiniste. C’est toujours agréable de rencontrer une autre femme de pouvoir. Il y a toujours beaucoup à dire et à apprendre.
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Nous faisons des messes basses dans le coin du couloir, fixant la porte coulissante donnant accès à la chambre de la personne que nous recherchions.

-A trois, je donne un gros coup de pied dans la poignée. La porte s’ouvre et on tire.
-T’as assez de force ?
-Bah ouais, bien sûr que oui, pourquoi ? Tu douterais de moi ?
-Non j’ai pris un de tes poings dans le nez, je sais à peu près de quoi il retourne. Mais ces verrous sont solides. Et si tu rates ton coup la première fois, elle aura le temps de réagir, de prendre son flingue et ça pourrait aussi bien mal se terminer pour l’une d’entre nous.
-T’as qu’à rester en arrière si t’as peur.

Non, je n’ai pas peur, je ne suis juste pas complètement inconsciente. Je n’ai pas envie d’offrir mon élimination à une technicienne, ça serait vraiment… dégradant. Temerys me fait un signe de main, trois, deux un, puis, elle s’approche à pas feutré, prend bien ses appuis puis son élan, et soulève sa jambe pour aller faire cogner sa ranger sur la poignée. Nous entendons le mécanisme sauter, et la porte valse d’un coup d’un seul de l’autre côté, allant taper violemment sur l’amortisseur. Temerys tombe en avant et se rattrape juste à temps, évitant de justesse de se prendre le mur en pleine face. Je me jette dans l’encadrement de la porte et tire deux coups dans la silhouette que j’aperçois, sans savoir si elle est encore saturée, sans savoir si c’est un homme ou une femme, ou simplement qu’elle correspond à la personne que nous recherchons. Je vois seulement des bras qui se replient sur le corps, par réflexe, mais sans avoir le temps de faire quoi que ce soit pour se défendre.

-Putain…

Je reprends mes esprits  et remets correctement en place ma tenue ; j’inspecte la cellule dans laquelle se cachait l’intéressée, qui est en tout cas bien une femme jusqu’à preuve du contraire si l’on en croit les rondeurs au niveau de la poitrine. Cette chambre c’est…C’est un renfoncement dans le mur, de deux mètres de haut sur deux mètre cinquante de large pour 80 centimètres de profondeur. C’est comme un placard avec une partie rangement en haut, une couchette en bas et un évier sur le côté. Tout est méticuleusement calculé pour prendre le moins de place. Mais quelle triste vie. Voilà ce qu’elle est, une personne qui prend peu de place. On reste toutes les deux là, quelques secondes à regarder les affaires de la chef-machiniste sans lui adresser un mot ou même un regard.

-Waw… Bah c’est pas la joie. Et moi qui croyais qu’être ingénieur ça payait bien.
-Bon, ça y est, vous avez vu ma piaule, vous m’avez éliminée, dégagez maintenant.
-Ah non, bah non en fait, on n’est pas venues pour ça.

Elle nous lance un regard déconcerté. C’est une femme d’environ trente-cinq ans, elle a deux nattes noires broussailleuses qui dépassent de sa casquette. Elle semble manquer d’amour propre vu l’image qu’elle donne aux autres et l’état de ses affaires. C’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher de juger mon « prochain ».

-Vous êtes là pour quoi alors ?

Je tends la main vers elle. Elle se recule comme prise de révulsion. A proprement parler pourtant, je ne peux pas l’atteindre personnellement. Tout ce que je peux faire, c’est attraper la chaine militaire qu’elle porte au cou et qui descend sous son débardeur kaki jusqu’entre ses deux seins. Nous voyons alors apparaître des écritures grasses sur une médaille, puis la clé que nous étions venues chercher.

-Pour ça.
-Vous n’avez pas le droit de prendre ça. Jeu ou pas jeu. C’est contre les règles.
-Ma copine et moi on a décidé qu’ici comme partout, il n’y avait pas de règle, alors on va instaurer les nôtres le temps que ça dure et en attendant que le Président revienne reprendre possession de ses quartiers.
-Vous devrez en répondre tôt ou tard.

Temerys referme la porte devant le visage outré de la machiniste. Nous faisons demi tour, je lui emboite le pas silencieusement.


-Tu sais qu’elle a raison hein ?
-Pour ?

J’éprouve de plus en plus grandes difficultés à rester concentrée sur les gens qui m’entourent plus de quelques instants, ce qu’ils disent, ce qu’ils font. Comme si j’assistais à une scène de gens parlant une langue que je ne connais pas. Faim ou perte de repère, d’objectifs ? Je n’en sais rien.

-Bah, tu crois vraiment qu’après cette petite histoire, on va nous laisser reprendre nos occupations respectives sans rien nous demander.
-Non, je suppose que non.
-Putain Nina, je sais pas ce que t’as, mais j’ai l’impression que tu te fous de tous.

Je réagis enfin, je m’arrête dans le couloir.  Elle se retourne vers moi, à environ cinquante centimètres  d’où je me trouve. Je pose ma main sur mon arme, sans la sortir.

-Si tu veux te départir de cette quête, tu le peux encore, on règle ça maintenant.
-T’es sérieuse là ?

Mon expression reste neutre, je n’arrive plus à feindre les émotions comme je suis habituée à le faire.

-Si effectivement ce qui t’inquiète c’est d’être associée à cette prise d’otage massive, c’est la meilleure solution. Ton implication dans les faits sera minimisée.

Ce n’est pas de l’altruisme en vérité, je n’en suis pas capable. En revanche, si elle est à mes côtés, j’ai besoin qu’elle le soit pleinement ou pas du tout. Je ne peux pas me traîner quelqu’un en qui je ne peux avoir confiance, même si c’est manifestement un atout.

-Tu peux pas gérer le coup du gaz toute seule je te rappelle. Et personne d’autre sera assez dingue pour marcher dans cette combine.
-Tu marches toujours alors ?
-Oui, je te suis.

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