Tu sais, c’était pas toujours facile de faire une grasse mat’ d’un trait au château disney. Parce qu’à un moment t’avais toujours les balais qui passaient pour clean ton appart, et la discrétion c’était pas la spécialité de la maison. Du coup, t’entendais un petit peu, mais dans le fond ça allait quand même, parce que si t’ouvrais pas les yeux, tu pouvais te rendormir. Tout au plus ça durait cinq minutes et puis c’était propre.

Là, par contre… Depuis vingt minutes, y’avait le coq qui me cassait les couilles a gueuler tout c’qu’y savait. Alors oui, c’était le matin, mais merde ! Ce con réveillait tout le village, et ça commençait à faire un sacré merdier dehors. Fallait que j’me fasse une raison, c’était mort et fallait que je me lève. Donc j’ouvre les yeux, j’me retourne et je vois qu’Adonia est déjà levée. C’qu’est fou puisque je l’ai même pas entendue ; une vraie Ninja.

J’avais fini par faire passer la pilule de ma connerie d’hier soir, et maintenant avec le recul c’était vrai que c’était pas super malin. Enfin, on s’était couché, on avait soufflé la bougie et j’étais tombé comme une masse. C’était marrant parce que dans mon sommeil, et puisque j’y avais raconté tout ce truc, elle aurait eu mille fois le temps de m’éliminer si elle avait voulu concourir, mais non. Je crois qu’elle comprenait mais qu’elle en avait genre rien à taper. C’était pas plus mal.

J’me suis fringué, et j’suis descendu dans le salon où je l’ai retrouvée assise à la table en train de bidouiller sur son nouveau gummiphone. Elle avait réussit a appréhender le truc, dans les grandes lignes. Par imitation, j’avais sorti le mien et j’avais vu qu’elle m’avait envoyé des messages, et une photo d’elle, sûrement pour voir si ça marchait. J’avais aussi un message de Di.



D.VaSuper ta réponse à ma publication

D.VaUn petit compliment comme ça, pour que les gens se posent des questions ! Wink

MoiOuais ! haha
 

C’était peut-être pas la réponse que j’attendais. Je soupirais, mais pas dans le genre démonstratif pour forcer les autres à me demander ce que j’avais, nan c’était plus profond, plus… Putain mais j’avais pas le temps pour ça en fait.

Bon, je vais repartir, t’as besoin d’un dernier truc avant ?

Elle leva les yeux de son écran et m’adressa un sourire. Elle me dit que non, qu’elle ne voyait pas, là, dans l’immédiat, et que dans le pire des cas elle était maintenant en mesure de me contacter. Je souris en retour, mais plus un sourire forcé, de convenance en fait. C’était ouf, on aurait pu être en train de me parler du Kingdom Hearts que j’aurais pas écouté.

Putain mais c’était quoi cette réponse de merde ? C’était la faute à la compét’ ? Parce que j’sais pas, mais d’habitude j’avais l’impression qu’elle était plus dans… tss. Dans son rôle, ouais. C’était qu’un rôle de toutes façons, fallait bien que j’me rentre ça dans le crâne, avec un marteau et un burin s’il le fallait.

Adonia ne me regardait plus, l’écran du gummiphone accaparant toute son attention. Et pour autant elle tourna la tête vers moi et me demanda instantanément ce qui me tracassait.


Attends, tes pouvoirs peuvent sentir ça, là ?

Non. Mais tu es tellement tendu que ça se sent, dans l’air.

Hm. J’m’assieds à la table.

Imagine que PEUT-ÊTRE, y’ait un mec qui te plaît et qu’il est super populaire. Genre, limite inatteignable.

Oui ? Parce que tu te sens inatteignable, toi peut-être ?

Hein ?

Attends, parce que je te plais ?

Mais non !

Ok ! Ca va ! Enfin, t’es mon type ouais, ok, mais… Roh puis merde. C’est pas de nous que je parle, comme ça au moins c’est clair.

Elle hausse un sourcil.

Très honnêtement. J’ai vécu les cinq dernières années séquestrée dans une cabane perdue au fin fond de la forêt. Je ne sais pas à quoi tu t’attendais, mais je… n’ai pas les clés pour t’aider, si c’était ce que tu attendais de moi.

Mais c’est toi qui me demande !

La seule chose que je peux te dire, c’est que les contes de fées, ça n’existe pas. Regarde-moi, la seule personne qu’est venue à mon secours est loin d’être le prince charmant, me piqua t-elle.

Hm. Ouais. C’est dur mais, t’as p’tête raison.

J’me suis levé de table, j’ai repris mon sac à dos et j’me suis dirigé vers la porte menant sur l’extérieur.

Merci, quand même, assurai-je en lui tendant un pouce levé. J’y vais du coup. Si y se passe quoi que ce soit, tu m’appelles.

Bonne chance, j’imagine ?

Ouais !

J’suis sorti et j’ai invoqué mes keyblades pour en faire un planneur. Les villageois autour de moi me saluèrent, et je leur rendis alors que je quittais l’atmosphère du Domaine Enchanté.