Kingdom Hearts RPGConnexion
Bravo à tous
Rufus Shinra Top-1 !
Rp final

more_horiz
Avant même d’ouvrir les yeux, la douleur était bien là. Mon endurance, ma résistance aux effets psychiques n’y avaient rien changé. J’allais payer pour mes erreurs. En clignant des yeux pour m’habituer à la lumière agressive d’une matinée déjà bien avancée, je découvris une pièce autour de moi qui m’était parfaitement inconnue. Je ne me rappelais pas, ou alors pas précisément comment nous étions arrivés jusque là. J’eus alors une vive inquiétude : est-ce que l’un de nous avait été éliminé durant cette journée de laisser-aller complet ? J’inspectai la peau de Maxence, puis la mienne, nous étions toujours aussi coloré que cela était possible ; nous étions toujours dans le jeu.

Je m’appuyai sur les coudes, toujours allongée, pour regarder à travers la porte-fenêtre qui était grande ouverte. C’était une belle et grande chambre avec vue sur mer. J’ignorais si elle avait été dévastée par nos soins ou par quelqu’un passé avant mais les meubles étaient renversés, certains coussins avaient été éventrés et de petites plumes se promenaient innocemment dans la chambre.

Je frottai mes lèvres l’une  contre l’autre et les trouvai sèches. J’avais soif. Je me penchai vers mon voisin et embrassai le milieu de sa nuque, juste à la naissance des cheveux. Il réagit timidement mais ne se réveilla pas vraiment.

-Hm..? 

Je parvins enfin à me lever, ressentant le contrecoup et ma tête remuer plus qu’elle ne l’aurait dû. Je rejoignis la salle de bain et me servis un verre d’eau que je vidai d’une traite. Cette salle de bain ne me rappelait rien non plus, même si elle aurait dû étant donné son aspect plus que luxueux. Il y avait une très grande douche italienne en en marbre blanc ainsi qu’une grande baignoire-spa de l’autre côté de la pièce, de quoi y entrer —très facilement— à deux. Qui pouvait se payer ce genre de chambre en temps normal ? Je me rendis devant la porte et regardai les tarifs affichés.

« Chambre pour 2, tarif basse-saison  pour une nuit : 1200 munnies, tarif haute-saison : 1500 munies »

C’était presque le prix d’un vaisseau. Je restai plusieurs secondes scandalisée par les prix proposés et songeai ironiquement à ouvrir un jour des chambres d’hôtes au Château.

« Pour votre Saint-Valentin, venez passer une soirée au Château de la Bête, encore marqué par la malédiction de son ancien maître. Dormez dans une chambre et soyez observés par votre penderie pendant que vous vous endormez dans les bras de votre cher et tendre. »

Heureusement à la Coalition —et en dépit de l’état de Death— nous n’étions pas encore suffisamment désespérés pour en arriver là.

J’entendis les couettes remuer et le matelas bouger quelques mètres plus loin.

-Qu’est-ce que tu fais ?
-Je réfléchis à une reconversion.
-Quoi ?

Il eut l’air de prendre ma réponse au premier degré alors je réapparus devant lui, un sourire encore fatigué sur le visage. Il était plutôt pâle lui aussi et me regardait un oeil mi-clos.

-Je plaisante. Ça va ?
-Euh…Ou-ais ?

Je me retins de rire, me pinçant les lèvres, à nouveau essayant de réaliser, voire même de deviner, ce que nous avions pu faire la veille.

-Tu crois vraiment que c’était la meilleure façon d’affronter cet événement ?
-Bah… pour le moment, je dois dire que je suis plutôt satisfaite de mon choix. Pas toi ?
-Et dire que tu m’as fait rater un véritable champ de bataille au Château. Tu crois qu’ils se débrouillent comment, là-bas ?
-Je suppose que Big-Ben a enfin réglé son compte à Lumière. Mais que Madame Samovar a fini par s’imposer… après un paquet d’année à les écouter se disputer le pouvoir, et ils vivent désormais sous un régime matriarcal fait de goûter et de dix-heures.
-Oh mais…moi je vivais déjà sous un régime matriarcal bien avant cela.

Je pris un air offusqué puis interloqué et m’assis sur lui à califourchon.

-Quoi ? Qu’as-tu osé dire ?
-Qu’est-ce que je disais ? Une vraie amazone.

Je me penchai vers lui et l’embrassai tendrement. Je sentais encore les effluves d’alcool émaner de sa peau mais ça ne me dérange pas, curieusement.

-Par contre, si tu dois vomir, dis-le moi tout de suite.
-Ouais, euh, prenons pas de risque.

Je me relevai et lui laissai de l’espace pour respirer… ou dieu sait quoi d’autre. Il se leva pour aller à la salle de bain mais continua la discussion la porte ouverte.

-Par contre, j’étais sérieux.
-Par rapport à ?
-Bah, j’ai raté une sacrée bataille et je crois bien que tu m’as promis de m’apprendre à me battre. Hier je crois me souvenir que tu as blessé mon orgueil de mâle viril en te débarrassant toute seule de Pierre-Pol-Jack.

Je fronçai les sourcils ne me souvenant pas de ce à quoi il faisait référence.

-Pierre-Pol-Jack ?
-Regarde le carnet, sur ma table de nuit.

Je l’attrapai et l’ouvris. Les premières pages étaient pleines de noms de boissons et de pats écrits de façon illisibles. Au bout de quelques pages, je découvris les noms de Pierre, Pol et Jack, écrits de façon très irrégulière.

-C’est les gars qui sont venus hier à la piscine, t’as oublié ça aussi ? T’as dit qu’on devait inscrire les noms de tes proies sur un carnet pour établir un score, mais vu qu’on avait pas leurs noms, bah on a improvisé.

Une très vague image me revient en tête. Je ne devais pas être si alcoolisée à ce moment là mais il semblerait que le reste de la soirée m’ait fait oublié cet événement.

-Ah… Oui. Et donc ? Tu voudrais apprendre à te battre et faire ton propre carnet ?

Il réapparut devant moi, un peu rafraichi.

-C’est surtout que j’aimerais passer un peu moins souvent pour "le" mec inutile. Puis c’est surtout pour « l’après ». Tu sais ? Quand on pourra plus mourir pour de faux.

J’avais toujours essayé de le préserver de tout cela. Je m’étais déjà dit une multitude de fois qu’il n’en avait pas besoin mais à l’évidence, les choses n’allaient pas aller en s’améliorant. Le pouvoir de Death s’amenuisait, une tension permanente grandissait dans l’ombre, des forces dont nous n’avions tout simplement pas idée. Nous, nous étions les ténèbres ? Nous, le boss final d’un jeu à la salle d’arcade ? J’en doutais parfois sérieusement.

En le liant à moi, et en dépit de ma « protection », je l’avais justement exposé à des menaces bien plus grandes que celles qu’il aurait dû affronter en tant que simple messager du Consulat. Pour n’importe quelle personne voulant me nuire, Maxence était une cible de choix, la seule véritable cible en vérité pour peu qu’on ait enquêté un tant soit peu. Alors oui, j’avais gardé la plus grande discrétion sur notre relation, seuls les gardes et le personnel connaissait Maxence. Mais un jour peut-être… des gens finiraient par apprendre. Et cette idée me semblait tout simplement insupportable.

Je levai les yeux vers le fusil couché sur le divan près de la fenêtre.

-Ouais, on n’a qu’à commencer par ça.
more_horiz
-Ok, maintenant tu respires. Essaie de stabiliser ton arme sur ton bras gauche. Regarde le viseur, et essaie d’avoir le guidon bien au centre et bien net. Choisis une cible et aligne là par rapport au guidon, toujours bien au centre.
-Il y a une poubelle là en bas.
-Choisis quelque chose que tu peux casser mais de suffisamment gros. Si tu tires sur la poubelle et qu’elle est trop solide, on ne pourra même pas être sûrs que tu l’as atteinte.

Je quittai Maxence des yeux et cherchai un objectif à travers la fenêtre. Quelqu’un passa en courant, non, c’était un peu tôt pour ça.

-Regarde, il y a une boule sculptée là, juste au niveau de la tour à gauche, à 15 mètres environ.

Il dirigea le canon dans sa direction et essaya de positionner son regard et son fusil de façon à ce que le tout soit bien aligné.

-Il faut que ton guidon soit bien net, ce n’est pas grave si la cible est floue derrière, tant qu’elle est sans l’alignement.
-C’est bon, elle est bien nette.

Je posai ma main sur son épaule.

-Maintenant tu inspires normalement et calmement, prends ton temps, puis quand tu expires, au moment où tu sens que tu as presque fini de vider tes poumons mais sans ressentir de gêne, tu bloques la respiration, et profitant de ce moment d’inertie, tu appuies sur la détente.

Le coup parti et manqua la boule, mais de un mètre à peine.

-C’est pas mal, tu te débrouilles plutôt bien.
-Je vais pouvoir reprendre l’affaire familiale.
-Ah tu… tu veux que je te mette en contact avec Death, peut-être ?

Il grimaça et afficha un air dégoûté.

-Oh…euh…non, pas lui.
-Avec quelqu’un de la Cité du Crépuscule alors ?
-Non je… je pense que je vais lancer ma propre affaire, mon propre groupe tu vois.

Je savais tout le mal que Maxence pensait de la Coalition et pouvais-je décemment essayer de l’en dissuader ? Si je n’avais confiance en personne et encore moins en Death qu’en quiconque, c’était pour une bonne raison. C’était le genre de personnes à chercher et à obtenir des informations sur ses collaborateurs pour les tenir par les… Enfin bref.

-Ok, vas-y, réessaie. Stabilité, alignement, guidon bien au centre et net, cible floue, au bout de l’expiration, tire.

Le coup suivant atteignit la cible créant

-Très bien. Maintenant essaie de viser l’impact que tu viens de faire et réessaie plusieurs coups.

Je quittai la cible des yeux et entendis les coups partir, l’un après l’autre. Il toucha à trois reprises mais échoua deux fois. J’inspectai ses impacts et constatai qu’ils étaient à une certaine distance l’un de l’autre, mais rien de dramatique.

-Tu vois ? Plus la cible est loin, plus le moindre décalage d’angle devient pénalisant. Et c’est d’autant plus critique avec une cible mouvante.

Nous restâmes là quelques minutes à attendre que quelque chose se passe sous nos yeux, puis nous vîmes arriver un homme massif avec une veste bariolée. Je savais que proposer à Maxence de tirer sur une vieille dame sans défense ne l’aurait pas enthousiasmé, mais un passionné de l’armée, c’était bien différent, non ?

-Regarde l’homme, là, celui qui arrive de la droite et qui va vers la gauche, en bas.
-Ouais, je m’en charge.
-Si tu vises l’homme directement, tu arriveras toujours en retard avec la distance et le décalage. Essaie de tirer dans sa trajectoire, environ 1 mètre en avant.
-Logique mais…
-Pas facile à mettre en pratique, hein ?
-Ouais.

Il n’avait pas beaucoup de temps avant que l’homme disparaisse à l’abri des bâtiments. Je le sentis s’énerver légèrement et perdre son sang froid l’espace d’un instant mais je ne dis rien pour ne pas la perturber. Il réussit cependant à se stabiliser, respirer et tirer. Le coup partit, j’attendis de voir s’il avait touché. Non.

-Ok, couche-toi.

Je m’écartai de la fenêtre. L’homme avait immédiatement foncé en direction des murs mais en prenant soin de regarder d’où venait l’impact. Je ne savais pas si il nous avait vus.

-Par sécurité et vu que d’autres gens nous ont peut-être entendus ou vus nous entraîner, on devrait peut-être bouger et… aller ailleurs.
-Ok, je prépare mes affaires. Et dire que… j’aurais pu décrocher mon premier kill…

Il se passa un instant sans que je ne dise rien, un instant où je réfléchissais ce qu’on allait bien pouvoir faire maintenant. Le champ des possibilités qui s’offrait à nous rendait presque les choses plus… compliquées.

-Mais c’était pas mal. La prochaine fois qu’on fait un casse, tu me couvres.

Tandis qu’il remettait ses vêtements de ville, je l’entendis rire à moitié amusé par ma réflexion et à moitié satisfait de ce qu’il venait d’accomplir.
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum