" Quitter ce monde ne va pas être une mince affaire… "

La vouivre dessine des ronds dans le ciel, à la manière d'un vautour qui survole une carcasse en devenir. Ses yeux jaunes ronds et vides ne regardent rien, n'ont ni objectifs, ni directions. Sur sa sombre monture ailée, qui erre à un rythme de croisière, Nazik est suffisement à l'aise pour ne se tenir qu'à une main, ainsi, l'autre reste armé de sa Keyblade. Peut-être pas assez à l'aise pour simplement chevaucher sans les mains. Suffisement haut dans les cieux violacés, les balles et les flèches et les carreaux et les roquettes fusent en bas. Qu'on le vise ou que les projectiles se perdent malheureusement sur lui, la vouivre doit parfois interrompre son cercle pour esquiver.
Soucieux, l'obscurantiste se rapelle qu'il sait ne rien savoir de Death ou de ses capacités… se dit aussi que si l'intendant est capable de mettre à genou un géant à coup de poing, il peut surement sauter très haut et très loin.

Quand à Kuro, il fait de la magie et qui sait jusqu'à quelle hauteur sa foudre peut frapper. Au moins, d'ici, on a le temps de voir venir les attaques mais… plus bas, c'est la cohue, la mêlée générale. Là-bas, c'est l'émeute, une mêlée gigantesque où des gens, ternes ou saturées, se livrent à une véritable guérilla pour fuir le monde. Car la Coalition Noire joue comme elle a l'habitude de le faire, sans retenue. On ne tue pas, on élimine mais…
…même là, il y a des extrémités possibles que les Coalisés ne se refuseront pas. Et surtout, alors que chacun de ses membres se la joue perso, c'est l'occasion où jamais de profiter du chaos pour s'enfuir.

Finalement, plus il y réfléchit, plus Nazik se dit qu'il a plus à perdre qu'à gagner à tenter de s'en allez. Fuir ou se cacher peut fonctionner, un temps seulement. Tôt ou tard, il n'en restera que deux et on ne peut rester éternellement dissimulé. Sans oublier que… plus le jeu dure, moins il y aura de participants… et plus les survivants seront visibles, exposés. Néanmoins, ce n'est pas une compétition de qui aura le plus d'éliminations à son actifs, c'est une épreuve de survie. A qui survit le plus longtemps.
Le sombre chevaucheur s'en va alors en direction du sommet de la tour de l'horloge pour y faire son nid, atteint l'endroit rapidement.

Le vouivre fond à vitesse modéré en direction du sommet, et d'un noble battement d'aile, s'y suspend au rebord de l'horloge. De manière féline, Nazik s'échappe de sa monture jusqu'à la bâtisse et s'y assoit… un sourire en coin aux lèvres, il se dit que le spectacle peut s'apprécier tranquillement de là. Une jambe qui pend dans la vide, l'autre replié contre son torse, l'obscurantiste reprend une expression douce et sérieuse, il ne sourit plus. D'ici, on peut voir l'émeute qui assaille le pied de la tour, à la gare… pour les esclaves en quête de libertée, c'est l'occasion ou jamais de s'échapper.
Et pour ceux qui restent décidés à jouer, c'est l'occasion ou jamais d'accéder à une zone plus sûre que le Q.G de la Coalition Noire. Un index plié posé sur sa lèvre inférieure, il y réfléchit quelques instants.

" Faisons ça. "

Nazik se lève d'un bond sur sa seule jambe et, aidé de sa seule main libre, s'agrippe à la petite aiguille de l'horloge. A chaque seconde, tic-tac, tic-tac, tic-tac, l'aiguille le hisse par à coup un peu plus haut encore. Ca ne sera peut-être le seul à penser à prendre de la hauteur… et il a peut-être envie de déguerpir du Q.G, lui aussi. C'était d'ailleurs son plan à l'origine.

Lorsque l'aiguille pointe tout en haut, d'une impulsion du bras, l'obscurantiste se hisse jusqu'à une ouverture et s'y engouffre, entamant de rejoindre la base de la bâtisse par l'intérieur. Le bâtiment tremble, tousse poussières et graviers à travers quelques fissures naissantes, plus encore à chaque nouvelle explosion. A toute vitesse, les jambes emportés par son propre élan, Nazik cède à l'empressement, dévale les escaliers de la tour comme si ça vie en dépendait.
Et si un ascenseur sait lui fait de l'oeil, lui préfère avaler les marches quatre par quatre pour l'instant.

Au point de sauter jusqu'au palier ! D'emprunter un couloir pour éviter des bruits de pas ! De passer par-dessus une main courante ! Sans y réfléchir, il parait connaitre le chemin par coeur mais vraiment, ce n'est que son instinct qui le guide : vers le bas ! Déjà, à travers les fenêtres, on voit des vaisseaux décollé et certains, au prix d'un trou dans la tour !