Identité

  • Nom  : Vexen

  • Titre  :  Savant glacial

  • Camp :  Shinra

  • Monde d'Origine : Jardin Radieux

  • Race  : Simili

La fin d'un règne

Le couloir obscur s'ouvre, laissant sortir une silhouette noire, encapuchonnée, qui l'ôte bien vite, dévoilant le visage allongé du Numéro IV, Vexen. Il est seul et commence déjà à s'habituer à l'être. Il fut un temps qui n'est pas si lointain, durant lequel il faisait partie de l'Organisation XIII, suivait le seul Supérieur ayant eu un sens à ses yeux. Xemnas était bien l'un des seuls membres à reconnaître ses talents, lui permettait de poursuivre ses recherches et imposait un véritable respect.

Hélas, la sempiternelle faction dissidente avait fini par prendre le contrôle du groupe. Xaldin s'en était allé confronter un vulgaire clone de l'assassin sublime contre lequel il avait perdu un bras. Zexion avait été abattu. En l'incapacité de voter de ses autres opposants, il n'avait eu d'autre choix que de se soumettre malgré lui à l'autorité de cet ignorant de Marluxia, sans quoi son existence aurait pu être mise en péril. Celui-ci lui avait alors fait concevoir une prothèse qui permettrait de remplacer le bras perdu de la lance tourbillonnante, mais surtout d'obtenir un certain contrôle sur lui. Heureusement, celui-ci était parvenu à prendre la fuite. On raconte même que par la suite, celui-ci a demandé à se faire enfermer dans les cachots de la Lumière.

Ce fut peu après que l'Organisation fut précipitée vers sa fin. Du jour au lendemain, en son absence, le Manoir Oblivion cessa d'exister, laissant place à un autre lieu, plus lumineux, plus impressionnant. Il chercha partout, en vain. Marluxia, Larxene, même les autres membres étaient introuvables ! Son laboratoire avait totalement disparu et avec lui, la totalité de ses travaux. Tout était parti en fumée en un instant. L'Organisation XIII était réduite à néant. Tout cela constitue la raison de son errance entre les mondes. Ses seuls alliés sont loin, quelqu'un de puissant semble avoir tiré les ficelles de ce sombre événement.

Le savant glacial se doit désormais d'agir seul, glaner des informations, reconstituer ses travaux... mais il devrait surtout faire tout cela en discrétion.

Pensif depuis tout ce temps, Vexen foule pourtant toujours du pied les terres de ce monde fascinant. Une contrée étrange qu'il a visité de nombreuses fois où la logique semble défier toute raison. Et pourtant, comme toute chose de l'existence, se monde est régit par des lois. Il obéit à une logique, le scientifique en est convaincu. Mais il demeure un mystère pour le moment indéchiffrable, même pour un esprit de son envergure !

Ses visites récurrentes lui ont permis de constater que le Pays des Merveilles est dans une lente décadence. Il se trouve dans ce qui fut autrefois un jardin. C'est complètement désert. La terre semble mourir, le ciel est obscur et l'air a ce quelque chose de vicié. Les ténèbres se s'y sont insinuées et ne font qu'y croître. La source du problème n'est pas de nature sans-cœur, cela, il l'a vérifié lors de ses visites précédentes. Bien que les globes sombres y apparaissent parfois, même si les sans-cœur y sont présents en quantité, les rares interventions positives des différents groupuscules n'y ont eu presque aucune influence. La princesse de cœur semble également avoir disparu.

Vexen arrive au niveau du château de la Reine de Cœur. Il est ici afin de mener une expérience, un entretien avec la souveraine de ce monde afin de vérifier son hypothèse concernant le déclin de ce monde. Il est convaincu qu'elle en renferme le secret. Bientôt, il arrive face à elle, passe son bras à l'horizontale près de son torse et s'incline pour la saluer, révérencieux de façon assez obséquieuse.

- Halte là ! Qui êtes-vous ? Tonne la voix de la monarque, brandissant de façon inquisitrice son sceptre dont l'extrémité a une forme de cœur.
- Vexen, si vous l'ignorez.
- Je n'ai jamais entendu ce nom.

Le chercheur n'en prend pas ombrage : du temps de l'Organisation, ses missions ici étaient surtout de l'ordre de la reconnaissance et depuis sa dissolution, il a conservé sa discrétion. La reine se redresse, paraissant impressionnante depuis son trône avec sa silhouette bedonnante et sa petite couronne penchée vers l'avant.

- Je cherche une manière de rendre à votre monde son état originel, ment-il pour se donner du crédit.

Il sait ce qui se raconte concernant cette femme et préfère trop en faire si cela peut lui permettre d'obtenir des informations ayant un intérêt scientifique.

- Sachez qu'ici, toutes les manières sont les miennes, crie-t-elle en brandissant son sceptre de façon menaçante.
- Et pourquoi cela ? Questionne-t-il, surpris, une pointe d'intérêt dans la voix.
- Silence ! Je suis la seule à décider de si vous avez le droit de parole.

Vexen ne peut s'empêcher de se couvrir les yeux et le front de la paume de sa main, exaspéré par le manque de coopération de la Reine de Cœur.

- Mon royaume est parfait ainsi. Ce changement est bon pour mon monde, Songe d'Ombrage me l'a dit.

A cette évocation, le savant glacial ne peut s'empêcher d'afficher une grimace. Il a eu ses réponses et celles-ci ne lui plaisent guère. Il ne ressent même plus le besoin de faire semblant, son interlocutrice ne le mérite pas.

- En somme, vous n'êtes qu'un pantin sous l'influence d'un sortilège. Une vulgaire esclave agissant selon la volonté de ce "Songe d'Ombrage". Votre existence... ne vaut rien !

La Reine de Cœur observe un instant le simili, incrédule face à sa virulence, puis tape du pied, bouillonnant de haine, au point que son visage rougit intensément. Elle se met alors à vociférer l'ordre de lui couper la tête à ses sujets... absents. Désintéressé, le scientifique ouvre un nouveau portail de ténèbres.

- Vous courez à votre perte. Bientôt, votre monde retournera aux ténèbres. Il ne me tarde alors de découvrir ce qu'il résultera pour ses lois.

L'un de ses yeux émeraude s'arrondit, devenant immense en comparaison du second. Un rictus déforme son visage qui n'est bientôt plus visible. Ayant compris la raison de la chute inévitable de ce monde, Vexen remet la capuche de son manteau de l'Organisation, puis il s'engouffre simplement dans le portail, sans regarder en arrière.

Imperfection

Un crayon s'agite et frappe contre un petit carnet, déjà bien couvert de lignes d'écriture rédigées à la hâte. Vexen est assis sur un toit, observant un monstre se déchaîner sur la place des fêtes de la Cité du Crépuscule. Regarder ne lui a donné que peu d'informations jusqu'ici. Il préférerait éviter de se faire remarquer dans ce monde-ci avec une méthode plus radicale. Jusqu'ici, il continuait assidument d'observer son carnage et la lutte des résistants qui tentent toujours de contenir la créature, mais cela fait un certain temps qu'il n'a rien noté.

Le scientifique finit par refermer son carnet d'un geste sec. Il ne lui semble pas raisonnable d'aller au contact pour le moment, pas sans plus de données. Et il n'en aura pas d'autres sans agir. Le choix le plus logique serait donc de tenter de glaner des informations auprès des victimes. Le simili attend donc patiemment, puis une fois qu'il estime la créature suffisamment éloignée, il descend et s'approche de l'une d'elles.

Une femme aux cheveux bruns coupés courts. Son visage est déformé par la douleur et une balafre sur son front. Elle semble souffrir terriblement. Les doigts de Vexen, couverts par des gants, effleurent son menton. Une lacération sous forme de griffres est bien visible, déchirant ses vêtements au niveau du buste. L'hémorragie externe est bien visible. Elle doit également avoir quelques côtes fêlées. Il ne prend même pas la peine de tenter de stopper le saignement. S'il s'était approché un peu plus tôt, ses compétences en médecine auraient peut-être suffi à l'aider.

La seule chose qui puisse encore la sauver serait une magie curative de premier ordre. Il est donc trop tard pour elle. Une minute, peut-être moins. C'est plus qu'il n'en faut pour tenter d'en soutirer des informations.

- Comment est-elle arrivée ici ? Questionne-t-il froidement.
- Je l'ai vu... quelqu'un a injecté un produit... à un prisonnier.

Cette scène de mort et de désolation est donc l’œuvre d'une arme chimique. Malheureusement, le regard de la victime semble déjà se figer. Il n'en tirera pas plus d'elle. Au même titre que qu'il ne pourrait probablement obtenir bien plus de qui que ce soit y ayant assisté, de toutes les manières. Il s'accroupit, ses chaussures crissant légèrement contre le sol de l'estrade. Il cherche parmi le chaos ambiant, mais en vain. Aucune trace de la seringue dans les environs, la dose entière doit avoir été injectée à l'individu.

Si cette femme était présente lors de l'injection et n'est malgré tout pas parvenue à s'échapper à temps, le sérum doit avoir infecté le sujet à une vitesse plutôt impressionnante. Mais il serait difficile de déterminer les effets exacts qu'il a eu sur le cœur du cobaye et en l'absence d'une autre portion, il ne pourra pas en analyser la composition.

Le savant glacial s'éloigne des victimes, décidant de se rapprocher du monstre. Sa curiosité est trop piquée, il ne peut pas la laisser repartir sans au moins l'analyser. Vexen fait apparaître un symbole au sol : celui des simili dans une marque circulaire, puis il la fait se diriger vers le dangereux spécimen. Les combattants le remarquent, bien évidemment, mais sont trop occupés à préserver leurs misérables vies pour se préoccuper de sa présence. Mais ces analyses seules seraient insuffisantes à concevoir ce à quoi il aspire. Un éclat de glace se plante bientôt dans l'un de ses bras, le moins volumineux des deux. Il se contente ensuite d'attirer le pic de glace jusque lui.

- Cela suffira pour aujourd'hui

Estimant avec cela qu'il n'obtiendrait rien d'autre d'intérêt pour le moment, l'ex-numéro IV ouvre un portail de ténèbres et s'y engouffre avant que cette créature vaguement humanoïde n'achève ses victimes. Il reviendra dans ce monde une autre fois. Ce n'est pas à chaque fois qu'il relève quelque chose ayant un intérêt scientifique dans ce monde. Dans quel autre monde pourrait-il se rendre la prochaine fois ? Certainement pas la Fin des Mondes. Bien qu'il se soit intéressé autrefois au Pays des Merveilles qui y a sombré, comme il se l'imaginait, ce n'est pas une bonne idée. Peu de choses y représentent un quelconque intérêt pour ses priorités actuelles.

Depuis le tournoi de Léto, il se rend assez fréquemment au Colisée de l'Olympe, mais aucun autre tournoi n'y est prévu prochainement. Ce ne serait pas une destination pertinente. La Contrée du Départ est un cas intéressant, la terre des porteurs de la Keyblade et anciennement le Manoir Oblivion où se trouve son premier laboratoire, mais il n'y trouvera sûrement rien dans les conditions actuelles. Le monde est presque désert. La Ville d'Halloween est l'un des derniers qu'il ait visité, il y retournera une autre fois. Fantasia a des lois mystérieuses, mais n'est également pas parmi ses priorités.

Peut-être pourrait-il simplement se rendre dans ce monde découvert récemment, la Salle d'Arcade, afin de déterminer s'il peut y trouver de bons spécimens.

Pour l'heure, le chercheur a du pain sur la planche. Celui-ci est arrivé dans un laboratoire temporaire parmi tant d'autres l'ayant précédé. Une maison au Jardin Radieux, dont il peut notamment financer le loyer grâce à ses paris majoritairement gagnants aux bookmakers des combats "underground" d'Illusiopollis. Les lieux sont en désordre, débordent de notes dont il doit prendre le temps de faire des copies.

Vexen paie toujours les frais de la disparition de son laboratoire. Dans les faits, même s'il était toujours présent, il aurait toujours fort à faire à cause d'une vieille erreur du passé. Il a perdu et perd toujours bien trop de temps à son goût à reconstituer certains de ses anciens travaux dérobés de son laboratoire par le passé, alors qu'il se trouvait toujours à l'Organisation XIII. Il ne l'oublie pas, ce vol a contribué à la montée au pouvoir de Marluxia, puisqu'il a permis la création des clones.

Et en parlant de clones... il serait peut-être temps pour lui de s'atteler à la conception de sa prochaine réplique ! Il ôte son manteau de l'organisation, optant ensuite pour une blouse qui serait plus pratique afin de manipuler le sujet. Ensuite, il fait de la place sur son bureau, balayant d'un geste sec du bras feuilles et carnets de sol et les éparpillant au sol. Voilà qui lui fera une table d'opération suffisamment convenable.

Tout d'abord, l'étape la plus simple. Il commence par dresser le bras, y concentrant suffisamment de flux magique. Bientôt, un réceptacle vide n'ayant aucune vraie apparence se forme. Il est tout juste comparable à un mannequin blanc à forme vaguement humaine. L'échantillon et les données récoltées font ensuite de la suite un jeu d'enfant. La silhouette se déforme assez vite, prenant une forme humaine. Une fois le processus terminé, c'est un homme plutôt maigrelet qui est allongé sur son bureau. Aussitôt, une épaisse couche de glace recouvre son corps, alors que le visage de Vexen n'exprime qu'une grimace emplie de dégoût.

- L'expérience est un échec, commente-t-il pour lui-même.

Cette réplique aussi est imparfaite.

Kingdom Hearts

Vingt-heures. Le sommet d'un gratte-ciel, un lieu parfait pour contempler ce qui pourrait bientôt être. Mais pour l'heure, Vexen s'y est allongé et profite d'un moment de calme, une jambe en équerre contre son genou, dans un relâchement total plutôt inhabituel chez lui. La fraîcheur dans sa bouche fait écho à de vieux souvenirs. Il se souvient de la façon dont il pouvait se mettre en colère contre Ansem le Sage pour acheter de ces glaces à l'eau de mer à Ienzo.

- Il le gâtait trop.

Ansem le couvait énormément et parfois, il estimait même qu'il ne pensait pas assez à lui. Au final, Ansem le Sage était toujours si occupé que c'était surtout lui qui s'occupait de Ienzo. Il n'avait de cesse de disparaître pour se promener seul. Et peut-être comprenait-il ces signaux puisque Ansem finissait toujours par lui accorder cette attention. Il lui achetait même une glace à l'eau de mer à lui aussi.

Vingt-heures quinze. Le savant glacial ôte une nouvelle fois le bâton de sa bouche, terminé et le lâche simplement dans le vide. Si quelqu'un se trouvait là-dessous, la gravité rendrait le projectile dangereux, mais il n'en a cure. Vexen se redresse, ramène ses jambes vers lui, sans toutefois se relever et fronce légèrement ses sourcils, reprenant un air plus sérieux. Il ne devrait plus penser à cette ancienne vie. Pourtant, tant de choses l'y renvoient sans cesse. A commencer par ce monde, car il lui rappelle l'Organisation XIII et notamment ses membres fondateurs.

Il n'est pas si éloigné du quartier des prostituées où Luxord s'est fait un nom dans le proxénétisme. Savoir un autre ex-membre de l'Organisation qu'il n'apprécie guère si proche lui donne la nausée. D'une certaine façon, Luxord lui semble plutôt calculateur et il se méfie de lui. Il ne lui rendra pas visite, même si cela pourrait peut-être lui permettre d'obtenir des données intéressantes concernant d'autres membres de l'Organisation... ou la fin de celle-ci.

Vingt-heures vingt-cinq. Il y a également l'Illusiocitadelle, qui ne semble pas si lointaine depuis un point si élevé. Elle trône sur la ville entière. C'est pour bientôt, c'est là qu'est dirigée son attention. Hier, de nombreux flyers sont tombés au Jardin Radieux, donnant rendez-vous pour une menace des plus intéressantes. Megamind, un criminel notoire, la seule personne étant parvenue à mettre en déroute la sécurité du vaisseau-mère de la Shinra prévoit d'abattre le Kingdom Hearts artificiel que l'Organisation a tant travaillé à créer.

Vingt-heures trente. Peut-être n'y est-il pas parvenu ? L'alien a distribué des affiches en si grande quantité qu'une quelconque personnalité importante doit bien avoir fait le déplacement. Peut-être même en la personne du "héros" à la Keyblade, Sora.  Oui, sa présence ici est ridicule, les forces mobilisées sont forcément parvenues à le sto...

Vingt-heures trente-et-un. Quelque chose semble partir, haut dans le ciel, depuis la position de l'autel du néant.

- Personne n'est venu ?

Voilà qui est un retournement de situation inattendu. Bientôt, tout ce labeur sera réduit à néant. Vexen s'en contrefiche bien, ne se soucie pas un instant des nombreuses vies qui pourraient être bouleversées par cet événement. Bien au contraire, ce qui l'importe est de voir ce qui va résulter de la destruction de ce satellite, de cette immense union de cœurs assemblés, réunis en majorité par les coups de Keyblade de Roxas.

Le choc est si terrible que même depuis sa position, le chercheur en ressent les effets. Le souffle perturbe son équilibre, le faisant basculer sur le côté avec violence, si bien qu'il manque de chuter du bâtiment. Lorsque celui-ci se calme, il peut contempler les dégâts : la lune n'a pas conservé sa forme de cœur. Celle-ci se disloque, se décompose. Elle se désagrège lentement, ses morceaux tombent tels des étoiles filantes, un spectacle magnifique. Il doit s'approcher, aller au sol, voir de lui-même la façon dont les corps humains pourraient réagir face à ces collisions de cœur.

Mais l'un d'eux s'approche à toute vitesse de sa position. Il est trop tard pour ouvrir un couloir obscur. Le savant glacial lève le bras vers le ciel obscurci. Un dôme de glace se dresse autour de lui. Fierté gelée apparaît ensuite entre ses mains. Le bouclier bleu, en forme de larme retournée ayant deux creux sur les côtés et des épines à son sommet fait rempart entre son corps et le projectile. L'impact est bien plus puissant que prévu. L'épaisse couche de glace craque, puis se brise en mille morceaux. Son bouclier ne parvient évidemment pas à l'en protéger correctement.

La peur l'étreint, lui fait pousser un cri. Sa protection se fend, il n'a pas le temps de protester. Ses forces le quittent immédiatement, puis tout devient noir.

Entretien

Les portes du hangar du vaisseau-mère de la Shinra s'ouvrent, laissant entrer un vaisseau de petite taille, comme il en y circule de nombreux autres par jour. Comme tous les précédents, celui-ci a vu l'identité de son pilote et du passager vérifiée avant de pouvoir se poser. Lorsque ce dernier foule pour la première fois le sol métallique du véhicule, il est aussitôt rejoint par deux hommes, vêtus du costume noir sobre et caractéristique des TURKS. Le premier d'entre eux, chauve et l'allure athlétique, semble l'observer un instant derrière ses lunettes de soleil noires. Rude jauge le nouvel arrivant afin d'estimer s'il s'agit de la bonne personne.

Il n'a pas vraiment une silhouette de sportif, plutôt mince et élancée. Des cheveux longs, d'une nuance sombre de blond. Deux franges légèrement plus courtes encadrent son visage pour le moment inexpressif. Mais ce visiteur porte surtout le manteau. Rude salue Vexen, ancien numéro IV de l'Organisation XIII.

- Le rendez-vous de Monsieur Shinra est arrivé, commente-t-il de façon circonspecte.

Pourtant, le TURK ne se contente pas de ce constat et décide de procéder aux fouilles, dans le respect le plus total de la procédure. Le savant glacial semble exaspéré par le procédé, si bien qu'il balaye le bras de l'homme au costume d'un geste sec de la main.

- Que croyez-vous faire ? Proteste-t-il avec agacement.
- Fouilles corporelles.

Le scientifique grince des dents et grimace de mécontentement, mais cela ne semble pas affecter Rude qui reprend simplement sa tâche avec professionnalisme.

- Avez-vous conscience de qui je suis ?
- Relax, Vexen, c'est juste une formalité, s'exprime Réno, jusqu'ici plutôt en retrait, pour tempérer les ardeurs du simili.

Le chercheur tourne la tête, n'appréciant guère l'intervention de l'autre TURK, puis le jauge du regard. Beaucoup en lui lui rappelle rapidement Axel, l'ancien Numéro VIII : ses expressions faciales, sa chevelure rouge hérissée, les marques sur son visage, ses manières... bien qu'il puisse déjà remarquer nombre de différences subtiles, ce rappel à son ancien meurtrier ne peut que lui être désagréable. Pourtant, il s'en tiendra là. S'il lui ressemble tant, il se méfie de ce qu'il pourrait bien tenter de lui faire un jour... il ne tient désespérément pas à retourner une nouvelle fois au néant. Jamais plus ! La destruction du Kingdom Hearts lui a déjà laissé un souvenir impérissable, ses blessures ayant pris un certain temps à guérir.

Son collègue ayant terminé cette stupide mascarade, le simili préfère donc se mettre en route pour son objectif. En tête de groupe, Rude mène la marche afin de guider le visiteur dans les couloirs du vaisseau-mère. Comme il en serait attendu de cette multimondiale à la tête d'un réseau de transport interplanétaire, les lieux sont à la pointe de la technologie. Au moins, le matériel pourrait se montrer à la hauteur. Bien qu'il serait de toutes les façons tout à fait capable de se procurer tout ce dont il aurait besoin par ses propres moyens. Il l'a déjà fait plusieurs fois, par le passé.

Non, ce que le scientifique voit surtout dans ce lieu, c'est une démentielle base de données et une source inépuisable d'excellents sujets pour ses expériences de réplication en la personne de tous ces SOLDATS expérimentés. Lorsqu'il sera parvenu à reproduire l'expérience, les pouvoirs, les souvenirs, mais surtout l'essence du cœur des cobayes dans leurs moindres détails, lorsqu'elles seront capables de remplacer et non plus simplement répliquer, alors il pourra seulement considérer qu'il sera parvenu à créer une réplique parfaite. En concevant toutes ces répliques, peut-être parviendra-t-il enfin à comprendre les cœurs ?

- Alors, ça profite de sa visite guidée ? T'y habitues pas, tu jouiras pas tous les jours d'une telle escorte !

Quelle question idiote ! Ne devrait-il pas déjà en connaître la réponse ? Un garde du corps, un membre de la sécurité ou... quoi qu'il puisse être d'autre du point de vue de Vexen, devrait être au moins capable de percevoir la façon dont il avait détaillé les couloirs, le matériel, les passants et le léger rictus qui s'en était suivi, qui, depuis, s'est effacé. Décidément, jusqu'ici, ses accompagnants ne semblent pas se montrer à la hauteur de ce qu'il attend de la compagnie. Mais la façon la plus simple de s'en assurer serait de mener une expérience.

- A votre avis ? Questionne-t-il, le ton tranchant pour le tester.
- Hmm...

Réno fait mine de réfléchir, croisant les bras avec relâchement derrière la tête.

- Bien sur. Y'a forcément quelque chose qui a retenu ton attention. Peut-être les lunettes de rechange de Rude ?
- Hum.

Soit il ne fait que se contenter de voir la surface des choses sans chercher à observer correctement à l'instar de la façon dont Roxas observait la Cité du Crépuscule lorsqu'il a été laissé à ses bons soins à l'époque de l'Organisation XIII... soit il fait tout simplement exprès de ne pas répondre ce qu'il attend. Dans le premier cas, il lui manquerait l'une des plus importantes qualités qui soit. Mais cette ressemblance déplaisante avec Axel pousserait plutôt le chercheur vers la seconde option. Et puis, la façon qu'il a de le tutoyer constamment commence sérieusement à l'incommoder. Il considère mériter plus de respect ! Il ne préfère pas tenter de vérifier son hypothèse.

Le savant glacial ne perdra pas plus de son précieux temps avec un être d'une telle insignifiance. Déjà las de ce personnage sans intérêt, son visage se ferme encore plus et il décide de cesser d'écouter ses âneries.

Ils arrivent bientôt dans l'ascenseur. La montée est longue, bien trop longue. Vexen y croise les bras, tapotant ses doigts contre l'un de ses coudes, exaspéré par son escorte toujours présente et la durée de ce trajet. Des dizaines d'étages plus tard, les portes s'ouvrent enfin, laissant apparaître un grand hall. Les deux hommes au costume le laissent ici, leur rôle s'arrête là et il ne s'en plaindra définitivement pas. Une réceptionniste semble avertir le Président de son arrivée, puis le guide jusqu'à la bonne porte.

Le simili pénètre enfin le bureau du Président. La pièce est plutôt lumineuse grâce à quelques éclairages disséminés ici et là et une baie vitrée à travers laquelle on peut voir les nombreuses étoiles. La décoration est dans l'ensemble assez sobre, c'est même, de manière surprenante moins extravagant que ce à quoi il se serait attendu. Il lui serait difficile de manquer Rufus Shinra, vêtu tel qu'il est. Le costume blanc de l'homme d'affaires contraste totalement avec son manteau de l'Organisation XIII.

- Bien le bonjour, Vexen. J'attendais votre visite avec impatience. Bienvenue dans mon bureau ! Asseyez-vous, je vous prie.

Il lui reconnaît facilement le stéréotype du gosse de riche, blond et surtout bien coiffé, dans un ensemble de bonne facture et... à l'inverse des apparences de sa pièce de travail, il lui trouve un air plutôt suffisant et cette confiance typique de l'entrepreneur. Le scientifique le rejoint et prend place devant son bureau, au fond de la pièce. Le chef d'entreprise lui tend la main, un sourire au visage en le détaillant de ses yeux bleus. Le simili se contente de lui faire une brève poignée de main en guise de salutation. Rufus actionne l'interphone.

- Scarlet, pourriez-vous m'apporter deux tasses de café, s'il vous plaît ?
- Oui, monsieur le président.
- Monsieur Shinra, il serait difficile de ne pas remarquer toute l'attention que votre société porte à mon égard, répond-t-il froidement, couvrant la fin de la phrase de Scarlet.

En effet, plusieurs des employés de sa compagnie étaient entrés en contact avec lui, de façon directe ou non. Après coup, ils semblaient s'être montrés tant curieux à son sujet qu'il était revenu une nouvelle fois dans son monde natal. Là-bas, il s'était aperçu que quelqu'un s'était introduit dans sa maison, avait pris un certain nombre de ses notes et s'était introduit dans SON ordinateur. Il n'appréciait guère le procédé. S'il n'avait pas appris à se montrer prudent depuis un certain indicent, il aurait pu perdre de précieuses données ! Il avait aussi pu découvrir qu'il s'agissait de ceux ayant participé à la Coupe des Héros qu'il avait suivi avec intérêt.

Par la suite, le savant glacial s'est retrouvé au milieu d'un règlement de comptes entre un bookmaker et un gang rival alors qu'il observait les combats underground d'Illusiopollis. Il avait alors fait la rencontre d'une employée de la Shinra asiatique qui était loin de l'avoir impressionné. Bien qu'il ne puisse en être certain, il ne serait pas surpris qu'il ait également été observé à San Fransokyo, lorsqu'il observait les merveilles de l'intelligence artificielle en action.

- Effectivement. L'intérêt que je vous porte est tout naturel. Vous êtes un esprit brillant et vous me semblez avoir tout à fait l'ambition, les capacités et la volonté d'aller au bout de vos recherches. Comment se portent-elles ?

Au moins, le dirigeant de la compagnie reconnait son génie à sa juste valeur, contrairement à... presque tous les membres de l'Organisation XIII. Mais il ne se laissera pas amadouer par quelques paroles mielleuses. Cette dernière question l'ennuie. Elle est porteuse de mauvais souvenirs et il n'a aucune raison d'y répondre. Bien que les choses aient depuis progressé, ce renvoi au temps considérable qu'il a perdu pour reconstituer une grande partie de ses notes lui laisse un goût âpre.

- Je ne suis pas ici pour échanger des banalités.
- Vous avez raison, je vais aller à l'essentiel. Je souhaite pouvoir vous compter parmi mes meilleurs collaborateurs. Ensemble, nous pourrions accomplir de grandes choses.

Le président est interrompu par la porte de son bureau qui s'ouvre. Une femme qui doit avoir quelque part dans la trentaine pénètre la pièce. Blonde aux yeux bleus, à l'instar du boss de la Shinra, élégante et richement vêtue, elle semble avoir une certaine prestance.

- Voici vos deux tasses de café, monsieur le président.
- Merci, Scarlet. Vous pouvez disposer.

Vexen observe le bureau sur lequel l'une des tasses est disposée face à lui. Il n'a rien demandé, mais ne s'y refuse tout de même pas et en boit une gorgée.

- Quelle est votre offre ?
- Le contrat nous liant vous permettrait de poursuivre votre programme de réplication parmi nos rangs. Nous vous fournirions absolument tout ce dont vous pourriez avoir besoin jusque nos propres travaux, s'ils peuvent vous être utiles. Qu'en dites-vous ?

Les doigts de Vexen effleurent son menton. Les termes lui sont si avantageux qu'une certaine prudence s'impose :

- Et quelles en seraient les contreparties ?
- Comme je l'ai dit, nous sommes intéressés par vos travaux. Il faudrait que nous puissions nous en servir. Je pourrais également vous demander d'effectuer quelques tâches, dont un projet d'envergure qui vous apportera autant qu'à nous.

Le chef d'entreprise reste silencieux, dans l'attente de la réponse du simili qui fait mine de réfléchir. En somme, les conditions sont très semblables à celles auxquelles il était soumis lorsqu'il était encore dans l'Organisation XIII. Il se fiche bien de la façon dont ils peuvent utiliser ses recherches et ces "quelques tâches" qu'il mentionne vaguement ne l'inquiètent pas.

- Si les conditions vous conviennent, reprend Rufus, ouvrant un tiroir et en sortant un papier qu'il fait glisser dans sa direction, il vous suffit de signer ici.

Vexen s'approche et prend le temps de lire la feuille administrative avant de la signer une fois qu'il s'est assuré que tout est en ordre. Ceci fait, les deux hommes se lèvent et le Boss lui tend une dernière fois sa main.

- Ce fut un plaisir, Vexen. J'ai hâte de voir le fruit de notre coopération, conclut-il l'entretien suite à cette nouvelle poignée de main.

La Shinra

Le département scientifique du vaisseau-mère a récemment reçu un intéressant spécimen à étudier. Un objet qui ne devrait même pas être empli de vie. Un soldat en plastique qui bouge, pense, agit. Il s'est vu doté d'un cœur alors qu'il n'est à l'origine qu'un simple réceptacle. En quelque sorte, il représente l'idéal du programme de réplication. S'il parvenait à produire un jour un résultat similaire, un jouet doté de vie, d'un cœur, de souvenirs et de capacités identiques au cobaye, Vexen serait satisfait. Son but serait atteint, ses travaux seraient enfin achevés.

Le scientifique se tient droit, observant le sujet, puis la réplique qu'il est parvenu à créer à partir de celui-ci avec un dégoût qu'il ne prend pas la peine de cacher. Il termine d'écrire ses notes concernant la finalité de cette tentative, puis jette presque son presse-papiers et son crayon sur son bureau. Puis il pivote et s'en désintéresse aussitôt, reportant son regard en direction de son assistante. Une gamine recrutée de l'université de San Fransokyo. Le Président a eu la merveilleuse - notez le sarcasme - idée de la lui mettre dans les pattes. Heureusement que ce n'est qu'à mi-temps, la jeune fille ayant besoin de poursuivre également ses études de robotique à côté.

- Auriez-vous l'obligeance de me ranger ce gummiphone, Jia Li Kê ?

La question est rhétorique et sèchement prononcée. L'étudiante ne relève la tête qu'après quelques secondes, observant un instant ses faux ongles avant d'enfoncer nonchalamment l'appareil dans l'une de ses poches. Son regard est perturbant, un peu étrange : ses iris mêlent plusieurs couleurs... ou plutôt est-ce ce qui y est greffé qui crée cet effet. Le scientifique reconnaît aisément que pour son âge, s'être greffé des implants ophtalmiques qui semblent fonctionner correctement est impressionnant. Jusqu'alors, ceux-ci semblent avoir toujours fonctionné correctement, puisqu'elle n'a encore jamais semblé éprouver de difficulté visuelles depuis qu'il doit s'occuper d'elle.

Mais justement, elle est trop jeune. Bien qu'elle ait certaines compétences en robotique et même en médecine, cette fille n'a tout simplement pas sa place dans un laboratoire. Elle est bien trop dissipée. Vexen grimace en observant une bulle de chewing-gum qui éclate, confirmant une nouvelle fois ses pensées, mais ne commente pas ce point.

Elle n'est pas complètement inutile, son invention lui permet parfois d'apporter une expertise supplémentaire. Et puis, elle possède elle-même des compétences en médecine, comme en témoigne cette greffe qu'elle a effectué sur elle-même. Lorsqu'elle parvient à rester concentrée, elle est capable de montrer de résultats convenables. Sans oublier le fait qu'elle peut parfois s'occuper de quelques tâches pénibles. Le plus souvent, elle se contente d'observer, mais ne le fait pas correctement, c'est bien là l'épicentre du problème. Il doit sans cesse la recadrer !

- Quel est le résultat de l'expérience ?

Sa question est davantage un test qu'une véritable interrogation. Le chercheur en a déjà tiré ses propres conclusions. Mais il ne laissera personne remettre en doute ses compétences, c'est pourquoi il fera de cette gamine une véritable scientifique.

- La réplique est fonctionnelle, c'est un su...
- Taisez-vous ! Jeune fille, vous devriez l'observer d'un œil plus attentif. L'expérience est un échec. Cette réplique est dénuée de cœur. Bien sur, en tant que réplique, elle est parfaite. Elle remplira ses fonctions. Mais sans cœur, elle n'est pas réelle. Elle n'est pas humaine. Elle ne restera qu'une... pâle copie, dénuée d'importance !

Un tel pantin dont on peut remodeler l'existence à volonté ne peut être considéré comme l'aboutissement de ses recherches.

- Mais c'est exactement ce que monsieur le Président recherche !

Si Rufus se satisfait d'un tel résultat, grand bien lui en fasse. Mais un génie tel que lui ne se satisfera pas d'obtenir ce résultat, presque identique aux précédents, à l'exception de la taille du réceptacle requis pour son fonctionnement. L'assistante s'entête et tente de défendre son point de vue, mais cela ne fait que braquer d'autant plus le simili dont le poing se referme, frustré de ne pouvoir réellement contredire cette adolescente.

- Votre air suffisant me déplaît. Continuez donc de vous vautrer dans vos acquis, gamine... mais faites-le hors de ma vue !

Vexen pousse la jeune prodige vers la sortie, lui ordonnant de faire un rapport concernant les avancées des travaux sur le jouet. Il l'observe s'éloigner avec un regard assassin, non sans s'attirer l'attention de certains confrères scientifiques. Lui aussi quitte bientôt la pièce, furibond, se dirigeant immédiatement vers ses quartiers pour une pause durant laquelle il visionnera une nouvelle fois un enregistrement de la Coupe Noire.