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Au-dessus des étangs… au-dessus des vallées… des montagnes, des bois, des nuages, des mers… par delà le soleil, par delà les éthers, par delà les confins des sphères étoilées ; mon âme en nuée y glisse avec agilité. Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde, je sillonne gaiement l'immensité profonde, avec indicible et mâle volupté.

Envole-moi bien loin de ces terres morbides ; que j'aille me purifier dans l'air supérieur pour y boire, comme une pure et divine liqueur, le feu clair qui remplit les espaces limpides. Que j'aille m'imbiber de La Lumière.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins, qui chargent de leur poids nos existences brumeuses, heureux celui qui peut -d'ailes vigoureuses- s'élancer vers les champs lumineux et sereins ; heureux moi qui vole si haut et si loin ! Celui dont les pensées, suivis par des cortèges entiers d'alouettes, vers les cieux du jour prennent un libre essor.
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort, le langage des fleurs et des choses muettes !

On croirait voir au loin une flotte de couleurs qui sombre, quand, d’un bond furieux fendant l’air ébranlé, l’ouragan de plumes aux fracas de bombes, fond sur le Château Disney et prévoit de s'y asseoir comme un pilote ailé.

Levez les yeux ! C'est moi qui passe sur vos têtes, diaphane et léger, libre dans le ciel pur ; l'aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes, je plonge haut, nage en plein azur. Comme un mirage errant, je flotte et je voyage. Coloré par jour et plumes tour à tour, sauvage aérien, je reflète au passage, les sourires changeants du jour. Le soleil me rencontre au bout de sa carrière, couché sur l'horizon dont il enflamme le bord ; dans mes flancs colorés, le roi de la lumière, lance en fuyant ses flèches d'or. Rien ne m'arrête plus ; dans mon élan rapide, j'obéis au courant, par le désir poussé, et je vole à mon but comme un grand trait liquide qu'un bras invisible a lancé.
Sur le sol altéré je m'épanche en ondées, car voici le Porte-Parole au Château Disney.

Vous qui me jugez, vous n’êtes rien pour moi.
J’ai trop contemplé les ombres infinies.
Je n’ai point l’orgueil de vos fleurs, ni l’effroi
De vos calomnies.

Vous ne saurez point ternir la pitié
De ma passion pour la beauté des âmes,
Changeantes ainsi que les couchants d’été,
En flots et flammes.

Rien ne souillera les fronts éblouissants
Que frôlent mes chants brisés et mon haleine.
Comme une Statue au milieu des passants,
J’ai l’âme sereine.

Où j’ai passé, soudain tout verdit, tout pullule ; le sillon que j’enivre enfante avec ardeur. Je suis onde et je cours, je suis sève et circule.
Caché dans la source ou la fleur, et dans les coeurs.

A mon arrivée, soudain, s'allument des lucioles en diamants verts qui scintillent comme des étoiles ; et qui rient. Venant de nulle part et partout, elles s'allument, et tout d'un coup, comme par magie elles s'éteignent, pour laisser d'autres s'allumer. Les sylphides par ce jour serein, scintillent et ainsi se laissent voir, dansant la danse du destin en vigiles de l'espoir.
Elles parlent ainsi, riant et s'illuminant en flambeaux verts incandescents.

Dans les jolis jardins, merveille !
Quand au grand jour,
Un tout petit faon s’éveille ;
C’est un amour !

Dès que le soleil aux doigts de perle l'ébloui
Et joue en ses yeux,
La candeur chez lui déferle et vit
En traits joyeux !

Alors bientôt, course folle,
Il est partout.
Il gambade, il rit, il vole ;
Son cœur est fou !

Devant les jardins en fête,
Tout l'ébloui,
Il se lance à la conquête
De l’inouï.

Chacun lui fait une place.
Il n’a rien vu.
Sa gaieté court, jamais lasse,
Vers l’imprévu.

Les buissons bien taillés l’étonnent un peu !

Tiens ! Un papillon qui bouge ?! Tiens ! Un lapin ?! Et forcément là-bas, un oiseau tout rouge à l’œil mutin. Et soûlé par l’aventure, Ô doux trésor !
Voilà que sur la verdure Bambi sème de la vie en sphères d'or.

Orchestre des Muses, bardes de leurs louanges, les oiseaux blancs chantent à l'hiver des notes de bonheur ; ils parcourent les airs avec des ailes d'anges, échappés tout joyeux du Jardin Radieux. Ils remplissent le ciel de musique et de joie, caressent le vent de leurs duvets de soies.

« Ô mes charmants oiseaux, vous si joyeux d'éclore !
La vie est donc un piège où le destin vous prend ?
Hélas ! C'est comme nous… mais nous chantons encore !
Que l'univers serait cruel, s'il n'était pas si grand ! »


Voilà qu'arrive le Chocobo Eternel ! Et qu'il fait, pour éblouir, la roue ? Il étincelle de feux plus chatoyants qu'un oiseau de vitrail. Dressant sa huppe d'or, hérissant son camail, chaque aile soulevée en hautaines allures ; son plumage s'emplit de lueurs, les marbrures de son col doré et l'ourlet d'or de ses pennes, fais de lui l'incarnation du beau et des splendeurs incertaines.

Et, sur ces yeux muant de claires pierreries s'unissent, se brisant en des joailleries que sertissent le bronze et l'acier, et l'argent, court encore un frisson d'or mobile et changeant ! Cet éclat qui naît, s'étale, fuit, se rétrécit, tressaille, éclate, glisse, meurt, coule, ondule, s'écaille, s'écarte en lacis d'or, en plaques d'or s'éploie, palpite, s'alanguit, se disperse, poudroie…
Et d'un insaisissable et féerique réseau enveloppe le corps enflammé de l'oiseau, ainsi que celui de Sir Rainbow.

Des couleurs et de la vie en mouvements, le Château Disney envahi d'enchantements ; les jardins si bien taillés qui se font irradiés. D'un geste, une caresse, les buissons eux-mêmes frémissent et glissent pour le saluer. Un à un, chaque buisson s'incline et répond, un par un, à un salut de la main.

Ainsi, jamais d’arrêt ! L’immortelle matière, un seul instant encore ne peut se reposer. La Symbiose ne fait, patiente ouvrière, que séparer et retrouver. Tout se métamorphose entre ses mains actives ; partout le mouvement incessant et divers, dans le cercle éternel des formes fugitives, agite l’immense univers.
En prince altier de ce don inné, la main leste caresse les plumes de son familier doré.

Une colombe sur l'épaule, dans son bec apaisé, tient un rameau d'olivier.

« Au clair de la paix… »

Un corbeau à l'autre pôle, avec un oeil crevé, n'est là que pour se méfier.

« …mon ami Disney ? »

Moi-même, vêtu de rouge comme un grecque et échevelé d'or, les yeux ambrés en sourire mélancolique, qui ne sait trop sur quel pied nu danser ! Torse-nu malgré le froid, qui en frisonne avec un sourire pour la mise en scène. Dans tout l'enivrement d'un orgueil sans mesure,
ébloui des lueurs d'un esprit borné… j'ai déclamé !

« Préparant le futur, je viens parlementer ! »

Car aujourd'hui, me voilà sur un caprice, et le Château Disney reçoit de ma visite le supplice. C'est l'Espoir Doré du Consulat que voilà au beau milieu de leurs jardins verdoyants, venu y enfanté milles enchantements.
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Le lieutenant Bunger était alors aux premières loges, alors en patrouille sur le chemin de ronde sur les remparts du château. Si jusqu’ici, il n’avait vu rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie… la cime des bâtiments de Disney Ville qui n’évoquaient en lui aucun souvenir, puisqu’il ne l’avait jamais connue et jamais vraiment approchée… et quelques sans-cœurs toujours maîtrisés par d’autres que lui. En bref, il n’avait rien vu. Mais ce bonhomme était… visible, il fallait bien le dire. Bunger n’était pas un fainéant, vraiment pas, mais cette fois-ci, il aurait aimé faire semblant de ne pas avoir vu, prétexter une crampe d’estomac, se cacher dans une des tourelles. Il faut dire qu’il sentait la complexité de l’affaire, et il sentait que ce n’était pas pour lui. Mais au fond, c’était toujours pareil. Tout sentiment mis à part, il finirait par descendre de son perchoir pour rejoindre les deux, trois, quatre et bientôt dix gardes autour de l’intrus. Il ferait son travail avec précaution. Quelqu’un sonna l’alerte, malmenant une cloche au timbre aigu… Pas celle qui prévenait une attaque, mais celle un cran en-dessous, signifiant une intrusion, suffisante pour réveiller la moitié des gardes et pour que l’autre se tienne en stand-by, au cas où.

Le temps où on pouvait s’écarter du droit chemin était mort au moment où la générale Primus était revenue de la Forêt de Sherwood, avait destitué la clémente Capitaine Fiona, pour finalement réaffirmer ses principes. Il ne se plaignait pas, en règles générales. Mais là… Il sentait que c’était pour lui, comme on dit.   Il avait vu tous les oiseaux survoler le château pour atterrir au beau milieu du jardin, portant le garçon. Et puis… il y avait tous les animaux. Le faon, le chocobo, et il y avait des petites lumières qui dansaient partout.

Il commença à descendre l’escalier depuis son poste, pour rejoindre des gardes autour du porte-parole du Consulat. Bien sûr qu’il le reconnaissait, le bougre, plus ou moins en charge de son propre monde. À l’instar de la Générale Primus, le Lieutenant Bunger avait passé quelques années en tant que soldat du Consulat, à la Cité des rêves. Et avant ça, plusieurs décennies dans ce monde, occupant la même fonction, avec juste les artistes en moins. Donc, il arrivait quand même à reconnaître le consul le plus important depuis la mort de Genesis et de Claude Frollo.

Quelques gardes entouraient le consul, reconnaissant l’emblème ou le bonhomme – l’un des deux – et le mettant en joue de leur arme. Bunger connaissait les règles et connaissait le regard que lui adressait notamment Piskariov, le gosse, la bleusaille qui était arrivée il y a deux semaines. En tant que plus haut gradé du secteur Jardin & Remparts Jardin, comme on appelait la zone, c’était à lui de gérer. Il dégaina donc son épée, qu’il tint d’une main, et se mit en garde.


« Veuillez rester immobile, monseigneur. » ordonna-t-il au consul. À l’époque où il avait des contacts avec les consuls, il était de bon ton de les appeler ainsi aux premiers abords, même s’il ne comptait plus le nombre d’entre eux qui lui avaient rétorqué un chaleureux : Appelez-moi Edouard, Achille ou encore Ptolémée. Il baissa sa main pour saisir son gummiphone et appeler aussitôt… Klingermans ! C’était lui qui était assigné à la porte de la générale Cissneï, jusqu’à 18h00. Il attendit, attendit, attendit… une main serrant avec force le manche de son épée. Il avait davantage peur de faire une erreur diplomatique, stratégique ou… n’importe quel type d’erreur, que du bonhomme en lui-même. Il pouvait bien être éclatant, accompagné du plus scintillant des chocobos, il n’en demeurait pas moins un homme habillé en robe, dresseur d’oiseaux, et surtout… il n’était ni Death, ni Kefka. « Klingermans, mon vieux. » commença-t-il enfin, la voix légèrement tremblante. « Entre dans le bureau et passe-moi la générale. » Quelques secondes passèrent durant lesquelles la petite troupe devant les sculptures topiaires n’entendit que la respiration lourde de Klingermans, et enfin… « Générale. Lieutenant Bunger au rapport. Le porte-parole du Consulat est dans le jardin. Il est venu avec des animaux, une colombe avec un rameau. Je préviens la générale ? » Une petite pause… plus ou moins longue à vrai dire, son regard passant de l’invité surprise aux nombreux gardes. Il reconnaissait enfin la Caporale Fatoumata, prête à renverser Arthur Rainbow, ainsi que son amie qui portait le trident le plus terrifiant et rouillé qu’il avait pu voir de sa vie. Il y en avait d’autres, bien entendu… Ce blanc-bec insupportable d’Azel, ce bon vieux Jensen, notamment.. Et pour la première fois, même pour quelques minutes, Bunger était aux commandes. « Entendu. Je lui dis. » Il raccrocha et rappela aussitôt, non pas la générale mais sa seconde qui était aussi sa voisine de chambrée, qui décrocha plus prestement. « Lieutenant Ambre, merci de répondre aussi vite. Vous êtes avec la Générale ? » Elle répondit par l’affirmative. « Dites-lui que la générale Cissneï la convoque. Le Porte-parole du Consulat est dans le jardin. »

Bunger raccrocha enfin, reportant son attention sur le porte-parole et sur les autres gardes. « Anouar, va vérifier que tout va bien dans le garage Gummi. Severn, va prévenir les gardes sur le chemin de ronde de surveiller les oiseaux. » C’était ridicule. « Des renforts pourraient arriver. » Il se souciait assez peu de dire toutes ces choses-là, peut-être bizarroïdes, peut-être irrespectueuses, devant le concerné, de la même façon qu’il les aurait dites s’il n’avait pas été là. Arthur Rainbow était toujours le chef de la nation qui leur avait déclaré la guerre.

« Des responsables arriveront bientôt. Vous devrez attendre. Où est votre vaisseau, monseigneur ? Par où êtes-vous arrivé ? »
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Y’avait l’autre guignol qu’était dans la cour. Je te fais la scène sinon tu vas rien comprendre. Donc j’me baladais dans les couloirs, à rien branler mais en écoutant à toutes les portes du t’sais. Genre, en fait, je récoltais des informations.

Sauf que lesdites infos, elles valaient rien. Y’avait pas d’opé spéciale qui se profilait, à la limite t’as Samuel du 5B qui vantait les oranges qu’il avait acheté ce week end mais ça s’arrêtait là quoi. Puis j’avais eu la bonne idée de tourner la tête vers le jardin. Et là, je voyais juste un gros connard tout seul, avec un garde, j’sais pas c’qu’y foutaient. Mais le gars, je l’avais reconnu direct. C’était Arthur du Consulat.

Donc là, pas con, j’me suis dit que y’avait embrouille. On était en guerre contre eux, qu’est-ce qu’ils pouvaient bien nous vouloir si ce n’est revenir pinailler pour que la Lumière me livre à ces cons ? J’savais que Ciss ferait pas ça, parce que balancer un de ces gars c’était quand même bâtard, et que les bâtards dans l’histoire c’était eux pas nous.

Fallait que j’surveille ça d’plus près. Alors, j’ai ouvert le premier placard à balai… qui ressemblait bizarrement à un dortoir, ici. Et puis pouf, petit portail pour arriver sur le toit. J’étais pas spécialement caché, si Arthur se retournait, il pourrait me voir. Au pire, j’y ferais un petit coucou de la main, c’était pas tant l’idée de me planquer. C’était qu’il me voie, qu’il sache, et surtout que JE sache.

Comme ça, j’écoutais. Je savais ce qu’il se passait. Et puis si il bougeait de trop, bah écoute… le consulat aurait une vraie raison de pas nous sacquer. Pis au bout d’un moment c’est sa faute, s’il est assez con pour nous attaquer tout seul, faut pas venir chouiner non plus quoi.

Donc j’attends, et j’me dis que j’aurais du prendre de la bouffe. Personne sait combien de temps ça allait durer cette histoire. Et au pire… bah, si ça devenait trop relou, j’me tirerai. Si y’avait bagarre, t’aurais forcément un débile en armure pour souffler dans son tut-tut. Si il pouvait sonner pour quelque chose pour une fois… parce que l’entendre à huit heures du mat’ pour l’entraînement, j’te l’dis, ça m’a saoulé plus d’une fois.


Alors… qu’est-ce que tu mijotes, petit con ? Que je me murmure à moi meme, assis en tailleur sur les tuiles.
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« C'est parfait… » Je m'assoit d'un saut en l'air et y flotte un instant ; puis chute à terre en tailleur, léger comme deux ou trois fleures, j'ignore le temps. « ...j'attendrais ! »

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève, d'un oeil indifférent je le suis dans son cours ; en un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, qu'importe le soleil ? Je n'attends rien des jours. Le corbeau, à mon épaule, me croasse bas quelques bricoles. Dérrière-moi, me dit-il, se trouve le scélérat et vil, posté haut sur les toits.
Je ne le regarde pas mais touts les oiseaux, eux oui, de leurs yeux chauds.

Un léger tremblement, une pâleur extrême ; une convulsion de la gorge, affreux blasphème ! Quelques mots sans raison balbutiés tout bas, chez lui comme chez moi. Mais Erato, ma maîtresse elle-même, n'en sentit rien, sinon que je reste dans l'éther de ses bras.
Sans haleine et sans force, elle ne répond pas. Ni de honte, ni de chagrin car… car rien n'importe, pas même les Consuls, sinon le Consulat. Calliope elle-même acquiesça et silencieuse, s'en désintéressa jusqu'à Melpomène l'affreuse.

De même que toutes les autres muses, toujours si radieuses.

Mais à cette bizarre et ridicule ivresse, succède comme ordinaire un tel enchantement !
Que je commence d'abord par faire à ma maîtresse, mille et un madrigaux, le tout très lourdement.
Je devins tout miel, tout sucre et tout caresse.

J'eût communié dans un pareil moment.

« Ah ! Roxas… j'aurais besoin que parfois, dans une calme et longue aurore, l'univers m'apparût sans toi… et ne t'eût pas fait naître encore ! Jamais je n'ignore un instant… que tu respires, parles, rêves… encore… mais j'éprouve, triste combattant renonçant à ta mort, la nécessité d'une trêve. »

Frollo le comprendrait… nul ignore touts les crimes commis au nom de son pays, parfois seulement pour son partit à lui. Ce frère, vieux comme un grand-père, je ne l'ai jamais vu mais à jamais je l'ai connu. Le lien des muses nous unit et ainsi, je sais tout de lui. Je sais tout de sa verve opiniâtre, de son âme acariâtre, de ses humeurs âpres, de ces crimes et secrets faisant si honte aux diacres.
Je n'ignore pas plus ces sacrifices que ces ignominies… et, d'une sagesse bien acquis, son spectre pardonnera celle-ci.

Quand au Tragédien, qu'il sache que je suis bien malin ; je vois que la nuit se profile, pas si loin… et dans le noir, qui refuse la Lumière, l'espoir ? Ce frère, vieux comme mon père, sait de nos réussites les prix parfois si amers. Et il ne fera pas sa vierge effarouchée, la Corneille n'est plus à une irrévérence prêt.
Ainsi, souriant et serein… j'attendrais que la nuit passe -tant pis pour Roxas !- car la justice peut bien attendre l'aurore du matin.

L'art, les muses et la beautée le valent bien…

« Comme les grèves subissent des marées l'incessante nuisance, je tolère de force l'affront de ton existence. Ai-je seulement le choix ? Bien lâs, je ne crois pas. »

Pourtant, même lui ne me parait pas si inatteignable. Qu'on lui envoit la Chine et son Impératrice, qu'on lui envoit des Nymphes Félines, des Centaures et des Olympiens ; des Orcs et des Géants ; des fées et des ronsos ; des Indiens Sauvages, de Nobles Sages ou de Fanatiques Prolos ; qu'on charge sur lui toute la fureur des milles et uns alliés du Consulat. Car je pourrais tous les convaincre, évidément, de châtier l'insolent… même si celui ne le fut pas réellement. Vraiment.
Qu'Aphrodite passe par-là, et Hélios sur son char -pourquoi pas ?-, qu'un ange lui-même saurait descendre des cieux face à mes vers soudain si pieux.

Que le Rois des mers profondes me pardonnent enfin et déchainent des ras-de-marées en ondes ; que Jupiter lui-même m'adore lorsque je lui lâche quelques vers ; que Dyonisos me suivent aux grés de mes festivités.
Au lieu d'arriver avec quelques oiseaux ici, je serais arrivé avec quelques divinités et des créatures touts droits sortis des comtes et légendes !

Et bien serein, tout aussi souriant, pas moins confiant ; je caresse assis l'échine dorée de mon chocobo et du jeune faon au pelage d'un doux brun. De toutes ces fantaisies que me susurrent les diables malins ? Je n'en ferait rien. Pas avant que n'arrive le matin, pas avant que ne soit passé la nuit noire. Qu'importe l'honneur des enfants de muses, à mes ouailles je compte leur ramener l'espoir.
Au moins, me dis-je bien petit, je ne l'aurais pas regardé. Je lui aurais à peine parler. Et ma décadence attendra, ce qui compte le plus pour moi, la seule chose d'ailleurs, c'est bel et bien que le Consulat vivent de belles heures.

Et les oiseaux cessent de la regarder soudain, retour à la scène digne d'un rêve !

« Je suis arrivé des cieux, au cas où vous ne l'auriez pas vu ! » Dis-je soudain, avec entrain, riant même assez fort ! Censé taire mes langueurs et peines, de peur qu'elles m'étreignent… j'éclate d'un rire de Crystal sonore. Et la colombe danse, autour de moi, vêtu de son pelage qui m'étreint. « Et vous, pas trop dure la journée ? J'imagine que me recevoir n'est pas chose aisée, sachez que j'en suis bien désolé ! »

J'étais très joyeux, et pourtant très maussade. Que suis-je un détestable voisin ! Pourtant un excellent camarade. Extrêmement futile, et pourtant très posé. Indignement naïf… et pourtant très blasé ? Horriblement sincère… quoique très rusé… ! C'est que je pleure en riant ; c'est que j'en suis innocent ? Je suis un bon enfant dans la force du terme. Très bon et très enfant ! Mais quand je  dit : je veux que cela soit , il est comme un terme. Je change de dessein comme on change d'habit ; mais il faut toujours que le dernier se fît. Ou se défit.
Voilà mon heure, celle où l'océan devient terre ferme.

« Mais sachez surtout que… » Un sourire malicieux sur mon visage audacieux, et les ombres d'un sourire qui viennent plisser jusqu'à mon front. « …de toutes les guerres qui se profilent à l'horizon, vous n'en aurez que trop pour vous permettre celle-là. Et cela vaut autant pour nous au Consulat. »

Un moineau faisant l'idiot m'interpelle aussitôt, me faisant reprendre l'air idiot d'un jeunot doux comme un angelot. Enfin, je rétorque d'un ton chaleureux : « Appelez-moi Arthur ! »
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« À vos ordres. » répondit la Générale Primus avant de se retourner et de quitter la pièce, laissant sa supérieure ignorer ce problème-là. Bien qu’elle restât fidèle à celle-ci, il fallait bien reconnaître que depuis son retour de la guerre de Sherwood, elle la saluait moins militairement qu’auparavant. Les quelques années passées à guerroyer avaient causé une certaine aigreur en elle vis-à-vis de certaines personnes et de leurs dernières actions. Toutefois, l’ordre qu’elle venait de recevoir ne la contrariait pas, et elle aurait sûrement agi de la même manière si elle en avait pris l’initiative.

Suivie de la lieutenante Ambre, la capitaine des gardes se dirigea donc vers les jardins, empruntant l’escalier sombre au bout du couloir royal. Le dernier intrus dans le château avait été capturé alors qu’elle était encore absente, à son grand désarroi, puisqu’on avait laissé partir l’énergumène au bout d’un moment, sans qu’elle n’ait vraiment son mot à dire. Mais celui-ci était d’un intérêt différent. Dans cette même situation, à d’autres reprises, elle s’était retrouvée dans une rage folle, la hallebarde à la main, prête à retourner le château entier pour exécuter les attaquants ou les gêneurs. Étaient-ce ses trente ans qui l’avaient assagie, fatiguée ou était-elle juste d’une humeur plus clémente ? Elle refusait de le penser. La situation était différente. Tout invité surprise qu’il était, le nouvel énergumène était… assis dans le jardin. Entouré de bestiaux qu’il avait amenés avec lui, il discutait avec le Lieutenant Bunger.

La générale soupira, marcha vers la compagnie non loin de la reproduction du château taillée dans une série de haies. Il lui fallut une bonne dizaine de secondes, alors qu’elle balayait les gardes d’un regard, essayant de voir si l’un d’eux n’était pas à sa position ou commettait un acte compromettant, pour remarquer le garçon sur un des toits d’un poste de garde. Elle fronça les sourcils et avança sans dire un mot, contrariée, sentant une légère colère monter en elle. Là où il y avait un problème de Consulat, Roxas n’était jamais bien loin et… s’il pensait qu’elle changerait sa manière d’agir juste parce qu’il menaçait le ciel de la lumière de sa présence, il était clair qu’il se trompait.

Ravness ignora tous les animaux, les lumières et les plus gros énergumènes fantastiques, pour seulement regarder le porte-parole du Consulat, débraillé mais vêtu richement, assis à même le sol, sans aucune déférence envers la lumière. Genesis était venu d’une manière assez semblable, il y a des années, réclamant des choses, en exigeant d’autres. Le tout était finalement de ne pas laisser les oiseaux de malheur la moindre opportunité de parler.
Bunger s’approcha d’elle, inquiet et bredouillant. Elle le laissa parler avant de s’occuper du souci consul.


« C’est Arthur Rainbow, le porte-parole du Consulat. » murmura-t-il, ne lui apprenant ou plutôt ne lui rappelant que le nom du gaillard. Elle le détailla. Pour diriger l’entièreté des consuls, il était d’une jeunesse surprenante. À vrai dire, il ne semblait même pas avoir vingt ans. Bien sûr, le Consulat avait toujours eu la réputation de privilégier les jeunes et beaux gens. Mais à y réfléchir, elle-même avait été nommée capitaine des gardes alors qu’elle était encore bien jeune, à la différence qu’elle avait fait ses preuves avant cela. « Visiblement, il vient négocier la paix. Je ne sais pas d’où il vient. Il a survolé ce mur-ci. » Il désigna un des remparts. « Son vaisseau doit être passé inaperçu. Je ne sais pas. »

La générale hocha la tête. Elle n’avait pas besoin d’en savoir plus.

« Je vais vous demander de vous lever. » ordonna-t-elle d’une voix froide, catégorique, mais sans crier ou s’énerver. « Vous reprenez votre vaisseau et vous retournez dans vos cités dorées. »

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Réussir son entrée  Signatureprimus
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Comme pour acquiescer, en silence, je me suis levé en prestance. Et sans me faire prier, en danse, je me suis levé pour l'élégance.

Pourtant, si l'air impérieux fait fuir mes deux bestiaux, cela ne la secoue même pas un peu et j'ai soudain l'air d'un idiot.

« Vous reprenez votre vaisseau et vous retournez dans vos cités dorées. »

Tout mon être en est blessé, et, baissant mon front hagard, je médite longuement son regard. Et je recommence à penser. Je suis sûre de sa bonté mais moins de son zèle trop tendre.

Mon front méditatif, et qui porte le poids de sentir s'emmêler à mes pensées les astres, la bénit pour m'avoir appris juste là les rêves resserrés et leurs humbles désastres. Tout le tragique humain, je le dit simplement.
Comme est simple sa voix, comme est simple son geste. Comme est simple, malgré son fastueux tourment, mon invincible esprit que son oeil froid rend modeste.

Les vers que je lui écris ne sont pas si grands !
Je ne l'ai pas connu dans de beaux paysages. Je ne l'ai point vu mobile, anxieuse ou en riant, je ne l'ai point vu en ces lieux de pure beauté qui animerait son visage. Je n'en voit point l'enfant d'antan.

Elle me donne pourtant la paix par tant de confiance en soi ; et ainsi l'aisance se répand en moi ; je me tais. Et elle répond à mon silence du siens. Je n'ai plus à questionner, plus à perdre, plus à gagner, rien à savoir, rien à nier !
Je suis, dans l'ombre où je repose, insensible comme les choses…

...je sens bien tout le poids de sa mission, pesant sous doute plus lourd que cette armure. Mais que m'importe ses raisons, car mon regard est sûr. En dépends le futur.

« Dussé-je finir brûler plutôt que de me renier, je préfère encore vos cachots à nos vaisseaux. De gré ou de force, vous m'hébergerez, en invité ou prisonnier ; mon corps vivant ou mon spectre grelotant. »

Ô volonté simple et féroce, que tout méprise et veut tout dompter, toi seul connais la gloire atroce de ne pouvoir pas accepter ! Volonté ! C'est toi l'horreur et la noblesse du désir qui, triste, assagi, ne saigne plus quand tout le blesse…
...et qui se tait quand il rugit.

Que je fasse bien comprendre toute mon insistance… léger mais sans sourire, avec ces yeux d'ors insolents de chances qui paraisse presque en rire. Très sérieux néanmoins, le ton plus posé que l'infini déhanché des marées. Comme les grèves subissent des marées l'incessante nuisance, la Lumière tolèrera de force l'affront de mon existence. Qu'importe que je relève de l'impie ou du bénie ? Qu'importe que je descende de la voie lactée ou remonte des enfers les plus viciés ?

« J’ai vu la guerre en raccourci et bien caché : mais la Lumière d'horriblement plus prêt. Et s’il faut en parler sans feindre, puisque la guerre est faite ainsi ? Guerre ! Que la guerre est à craindre !

Des cœurs qui ne sauraient en guérir, elle est partout accompagnée. Et dût-on cent fois en mourir ? Mille de plus voudront l’avoir gagnée.

Je voudrais vous dire : que je vous aime ! Que la vie est belle ! Et que je suis satisfait ! Mais non. Je ne suis pas content. Et je ne sais pas qui vous êtes… alors comment puis-je vous aimer ? Et la vie est dure, surtout… lorsqu'on se prend vos murs.

Seulement. Seulement voilà ; ma confiance en vous peut me donner confiance en ce que je voudrais vous dire.
Et je pourrais sourire et compter sur vous, vous sur nous, pour quelques avenirs à chérir.

Peu m'importe qui accepte bien de me parler ; je suis venu ici parlementer ! »
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