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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

Il faut sauver le Père Noël

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S’cuse moi Lucky Luke, mais on se serait barrés si ton mec avait pas pris sa dose de seum.

Parce que c’est vrai ! Nous dans le fond on était là pour sauver le Père Noël et ses potes, pas pour foutre la merde. Tu me crois ou pas, mais si j’avais pu avoir la certitude qu’on se barrait sans que Ventus risque un coup en traître, bah on serait déjà plus là. Tss…Fallait toujours qu’ils compliquent tout ces cons, c’est dingue.

En plus je suis méga déçu. T’es pas censée être la numéro un à la coa ? Celle qui démonte tout le monde ? Genre une arme secrète ou quoi. T’es la seule Maréchale non ?

C’est vrai que ça, j’avais pas entendu parler d’un autre aussi gradé. Mais comme quoi, tu vois, le grade ça voulait rien dire. Si Vesper était Maréchale à la coalition, ça pouvait vouloir dire que deux choses. J’explique ! Première hypothèse, les standards sont pas les mêmes d’un groupe à un autre. Genre, si tu pues la merde à la lumière, p’tête t’es un méga beau gosse à la coalition. Ou, seconde hypothèse et c’est celle que je préférais, je suis vraiment, vraiment, un putain de Dieu. Outre la légende, outre le mythe, franchement si même dans le haut du panier, j’trouvais personne… bah, pas pour me battre hein, j’suis pas con, mais personne pour au moins rivaliser un petit peu, histoire que je m’amuse… Putain ça craint.

Parce que ça veut dire quoi si on y réfléchit ? Ça veut dire qu’à force de me battre contre des nuls, je vais finir par le devenir aussi. Et ça, ça me ferait chier. Tiens, tu prends Jecht, ou… Kuro pour un exemple plus récent. Bon, j’les nique tranquillement en soi, mais ils ont une marge de progression encore. J’suis sûr qu’avec un peu d’entraînement ils peuvent devenir encore plus balèzes, surtout Kuro. Sauf que moi, bah… si j’ai rien qui me résiste, si je … salope mon génie combatif contre des équipes B… Rah ça m’énerve, parce que si je donne tout, cette affaire est pliée dans deux minutes. Plus de Vesper, plus de château, plus rien, mais une tonne d’emmerdes derrière ouais.


Pause, attends… Y’a un truc que je saisis pas. Si t’étais ok pour qu’on se barre… avec vos prisonniers… ça veut dire que tu t’en branles non ? Donc… pourquoi, ne pas l’avoir libéré en fait ? Parce qu’à part volontairement péter le noël des gosses de l’univers entier, là j’avoue que je comprends pas le délire.

Je jette un regard à Maxence, il à l’air flippé, ou au moins, pas méga sûr de ce qu’il se passe. Franchement c’est de sa faute tout ça, et j’espère qu’il regrette. Ça me donnerait presque envie d’en flinguer un des deux pour la petite vengeance. Pour le petit piment de la situation t’sais. Mais j’suis pas con, connaître la relation entre les deux, c’est un truc de fou. Parce que se servir de l’info implique de kidnapper un des deux, et ça m’arrange pas mal que ce soit le Maxence qui pue la merde. C’est genre un backup pour tenir la si précieuse Maréchale de la coalition en laisse.

Je regarde ma keyblade et je resserre ma poigne autour pour y transmettre mon énergie magique. Elle s’irradie d’une lumière limite aveuglante. Avec ça, on va voir si son coeur est si sombre que ça. J’sais pas si c’est parce que je sens Ventus en sécurité, mais j’me sens plus détendu. J’me sens plus de jouer avec, de faire des petites expériences, tout ça. Qui sait, j’pourrais p’tête même éprouver de la difficulté si je me mets des handicaps.


Et dire qu’il a fallu qu’tu débarques pour te la péter comme tu le fais tout le temps. C’est toi qui m’as tendu, j’serais pas un bon daron si j’avais pas pris les devants, que j’dis en venant écraser mon arme contre la sienne. On dirait presque qu’elle est en garde.

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Il jouait avec moi, avec nous, avec Maxence, puis osait prétendre que ce dernier était responsable de cette dispute. Pourtant, n’était-il pas celui qui quelques instants plus tôt faisait des sous-entendus lamentables sur des munnies déposées sur la table de nuit. N’étaient-ce pas là qu’une provocation destinée à humilier ou tout de moins énerver au moins l’un d’entre nous. Décidément, sa venue un soir en ces lieux après le meurtre d’Ariez ne m’avait apportée que des désillusions et des problèmes. Il avait profité de sa puissance pour imposer sa volonté, et à présent il jouait avec nous comme avec des poupées.

Je le regardais me faire la leçon mais je surveillais avant tout Maxence du coin de l’œil. Chaque nouvelle phrase, chaque nouvelle provocation, auraient pu venir à bout de la patience de n’importe quel homme. Tout le monde a ses limites, même quand on se trouve face à l’homme le plus fort du monde. Une chance qu’il n’eût pas d’arme, je me laissais convaincre que ça pouvait le dissuader d’intervenir. J’essayai de faire diversion en répondant à deux de ses remarques en une fois.

-Tu seras peut-être déçu d’apprendre que Death me surpasse en puissance. Et c’est justement pour cela que, je ne pouvais me permettre de libérer gratuitement des prisonniers de la Coalition, même s’ils semblent si peu importer pour lui. Je reste son obligée malgré le confort dont je bénéficie ici. Je peux aussi te demander pourquoi, si tu le savais, tu n’es pas passé le chercher les deux fois où tu t’es invité chez moi sans aucune espèce d’invitation. Mais puisque… Maxence a semblé avoir à cœur de vous aider, je ne voulais pas m’interposer.

Peut-être cette phrase pourrait-elle apaiser l’intéressé quelques instants. Puis il fallait continuer de donner l’illusion au reste du monde que Death continuait d’être une véritable menace. Car je n’étais plus moi-même certaine qu’il serait capable de garder sa place encore longtemps.

Une ultime provocation mit fin à cet intermède oratoire. J’arrêtai le coup de sa keyblade scintillante à l’aide de mon épée. La lumière illuminait nos corps, si proches de son arme, je sentais les battements de mon cœur accélérer et souffrir de ce contact infernal et puissant. Croisant son regard, je crus distinguer une pointe d’inconfort. Alors il en souffrait aussi, malgré toute sa puissance, malgré toute sa résistance, cette lumière lui faisait mal. Cela confirmait ce que je supposais déjà, son cœur devait être sombre. Je serrai les dents et repoussai sa keyblade puis l’attaquai à nouveau, un coup en direction de la gorge, puis un autre de l’autre côté vers l’épaule, j’échouai les deux fois, il n’avait qu’à bouger la tête. Puis je pris un risque.

Plutôt que de foncer à nouveau vers lui, je sautai sur une des armures, prenant appui dessus puis bondis dans les airs passant au-dessus du guerrier de la lumière et réatterrissant de l’autre côté, comme il l’avait fait quelques instants plus tôt. Je sentis son unique keyblade lumineuse frapper mon bras. Et plutôt que de me réceptionner debout, j’atterris accroupie et balayai le bas de ses jambes avec le tranchant de ma lame. Il ne tomba pas évidemment mais ressentis le coup. J’aperçus alors Maxence, s’approcher de l’armure que je venais de faire trembler et tenter d’y prendre l’hallebarde pour s’en servir.

Je perdis alors tout sang-froid. Avant même que Roxas ne s’en aperçoive, je me glissai entre lui et Maxence, et bloquai le coup tranchant le bâton de la hallebarde entre ses deux mains. Ensuite, je fis ce que je n’aurais jamais voulu faire à cet homme que j’aimais, je le frappai de ma main au niveau du thorax, de toutes mes forces. Il se retrouva projeté plusieurs mètres en arrière et alla s’écraser par terre. Je l’entendis grogner, froncer les yeux, puis les rouvrir sur moi. Mon regard était dur, je voulais qu’il s’en aille.

-Va-t’en. C’est la dernière fois que je te le demande. Tu ne peux rien contre lui.

Et s’il se vexait, c’était tant mieux. Tout plutôt qu’il restât ici.

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Ouais enfin… Death je l’ai maltraité, alors s’il te baise, c’est… dommage pour toi ? D’façon, il a jamais su tenir sa faux dans le bon sens, tu parles d’un cador.

J’la bourre, on fait deux trois passes genre, je suis sympa j’la laisse danser quoi. Et là, petite strat maison, elle fait j’sais pas trop quoi, et elle me tranche les deux chevilles. Combo mu par la force de l’amour véritable, je gerbe,  y’a le Maxou qui tente un vieux truc avec une hallebarde et qui se fait téj limite avec une claque à pute, t’sais celle du revers de la main. ‘fin c’était pas ça, mais c’était la même franchement, l’humiliation du gars. J’ai souri, et v’là qu’elle lui ordonne de se tirer.

J’peux pas laisser faire ça, boy power et tout le bordel. Même si c’est un p’tit enculé, il mérite pas de se faire bolosser comme ça. Alors, j’fais disparaître mon arme, j’ouvre grand les yeux pendant que je serre les poings. L’iris disparaît un peu t’sais, genre j’ai les yeux tout blancs pas’que je suis concentré. Toutes les hallebardes du couloir se mettent à trembler, et j’en viens à les contrôler au fur et a mesure.

Je rouvre les yeux d’un coup et je fais un mouvement de bras, toutes les hallebardes flottent derrière moi et suivent mes mouvements, c'est méga stylé. Pis je le tends vers Vesper et elles filent toutes sur elle. Je la vois en parer une, deux, avec sa lame, mais j'regarde déjà plus c'qu'y s'passe, j'm'en désintéresse méga vite.

Pendant qu'elle est occupée, je monte sur un rebord de fenêtre dans le couloir, je l'ouvre, la fenêtre, et je sens le vent d'hiver me glacer le bout des cheveux. Je jette un coup d'oeil derrière, je tends mon plus beau majeur à Maxence, qu'à limite qu'une envie, celle de me cracher a la gueule, et j'saute.


Allez, la bise.

Pis j'saute. Je vois le méga vide en dessous de moi, tellement profond qu'au fur et a mesure de la chute je vois genre, zéro sol se rapprocher. J'appelle ma keyblade, je la lance encore plus bas, pis elle finit par revenir en forme de planeur. Je l'attrape, je me hisse dessus et je remonte le précipice à la recherche de Ven. Juré, j'espère qu'il y est pas retourné entre temps, parce que sinon c'est la douille. J'arrive à la hauteur du pont, je prends encore un peu d'altitude pour mieux voir la zone. J'ai plus qu'à le trouver, et on s'casse.

Ouais, j'sais. Tu vas me dire "pourquoi tu les as pas butés en fait ?". Parce que c'est vrai, c'est des coalisés, j'suis censé être de la Lumière et, si ça arrive aux oreilles de Ravness, elle trouvera toutes les raisons du monde de dire que j'suis un connard. Sauf que... autant Maxence j'm'en fous, autant Vesper bah... elle, en comparaison à c'que j'disais tout à l'heure, elle arrive à tenir son épée du bon côté, et elle s'en sert pas pour griller des saucisses. On va juste dire qu'elle saura se rendre utile, à un moment. Ouais ?

J'continue de regarder tout autour, j'le vois mon petit clone. Pourtant un gamin avec un gros rouge et des p'tits verts doit pas y'en avoir cinquante dans les parages. C'est plutôt spécifique. Ouais, j'finis par retourner vers la zone dans laquelle on s'est posés. C'était tranquille, et y'avait personne... c'est p'tête la bonne planque.
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Ven ne pouvait pas perdre une seule seconde. Le temps pressait, si bien que le jeune homme avait décidé d’opter pour la solution de Roxas. Pour aller plus vite, il s’était contenté de faire descendre chacun des prisonniers jusqu’à la terrasse de la salle de bal. Mais ce passage n’était que de courte durée. Déjà, ils s’engouffraient à l’intérieur, couraient à perdre haleine à travers la pièce, passaient cette nouvelle porte.

Ventus passa en tête de groupe, conservant les deux Keyblades en main - à l’envers, bien sûr - alors qu’ils traversaient le hall d’entrée, prêt à faire face aux gardes de l’entrée qu’ils avaient laissé plus tôt. Mais même eux n’étaient plus là, avaient sûrement rejoint l’affrontement qui faisait rage dans l’Aile Ouest du château. Il s’inquiétait du sort de Roxas, mais devait absolument mener le groupe en sûreté avant toute chose.

Lorsque Ven poussa la grande porte du château, il y eut des exclamations réjouies. Des sourires s’étaient dessinés face à la lumière blafarde de la lune qu’ils ne devaient pas avoir eu la chance d’apercevoir bien souvent depuis leur emprisonnement. Le vent frais de l’hiver soufflait de nouveau sur leurs cheveux. Le Père Noël frissonnait dans son long manteau rouge à la suite de ce changement brutal de température. Il n’en était plus accoutumé. Des lutins sautillaient, d’autres marchaient avec plus de lenteur, observant le manteau blanc recouvrant le sol avec un air tristement rêveur.

La nostalgie gagnait les captifs désormais libérés de leurs chaînes. Ven eut un doux sourire en les amenant plus loin par précaution, tout de même ravi du succès du but principal de l’opération. Mais celui-ci se figea bien vite alors qu’ils arrivaient au niveau du pont. Le jeune homme s’immobilisa et jeta un regard vers l’arrière. Non. Ce ne serait une réussite totale que lorsque Roxas les rejoindrait. Le garçon serra les poings avec impatience et fit demi-tour. Un lutin lui retint le bras, mais il s’en dégagea doucement, estimant qu’il ne pouvait perdre plus de temps.

Il se tourna tout de même une dernière fois vers le Père Noël. Celui-ci hocha la tête. En dépit de tout ce qu’il avait pu dire à son sujet, derrière sa barbe, le vieil homme était heureux. Ventus était de ces bons garçons qui méritait amplement sa place dans sa liste, de ceux qui ne pouvaient se résoudre à abandonner un ami en plein cœur de ce territoire ennemi.

- Tu peux y aller, mon garçon. Ne t’inquiète pas, je veillerai sur eux. Vas-y.


Il tapota le dos du blond qui se massa la nuque avec embarras, gêné à l’idée de les laisser ici et pourtant bien décidé à ne pas repartir sans son équipier.

- Ne vous inquiétez pas, je reviendrai !
- Sois prudent.


Ven rebroussa chemin, mais n’eut pas à retourner jusqu’au château : comme il le lui avait promis, son double s’en était sorti et se dirigeait vers lui, sorti par une fenêtre de l’étage.

- Rien de cassé ? T’as assuré !


Il avait peut-être à redire légèrement concernant certains points, mais ils étaient parvenus à leurs fins et à priori… sans laisser trop de dégâts derrière eux. Il y eut un échange de regard un peu étrange. Enfin, le regard qui signifiait que Roxas s’attendait pas vraiment à le trouver ici à faire marche arrière.

- J’allais tout de même pas te laisser derrière !


Ven sourit à pleine dents en lui rendant sa Keyblade. L’essentiel était que tout le monde était ressorti de là sains et sauf. Puis ils retournèrent ensemble de là où ils venaient initialement. Le sauvetage était un succès, mais il restait tant à faire : passer jusqu’au concessionnaire Shinra pour ramener tout ce beau monde au Château Disney et y faire leur rapport, retrouver le reste du corps de Jack Skellington…

Mais de tout cela, ce qui l’excitait le plus, c’était de travailler avec le Père Noël pour ramener la magie de Noël à travers les mondes.
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Sous les yeux impuissants de Maxence qui se trouvait de l’autre côté du couloir, en sécurité jusqu’à preuve du contraire, je me démenais à neutraliser chacune des hallebardes mues par la seule volonté du Maréchal de la Lumière. Du coin de l’oeil je finis par le voir s’échapper par une fenêtre. Et au bout de quelques minutes, le combat prit fin.

Je regardai alors Maxence, laissant tomber mon épée à terre, il se trouvait à une trentaine de mètres de moi. Je me fichais pas mal d’où se trouvaient à présent Roxas, son compagnon, le Père Noël ou qui que ce soit d’autre. Tout ce que j’avais bien pu faire depuis qu’on m’avait annoncé la nouvelle dans mon vaisseau, de bien ou de mal, tout ça avait été dans le seul but de le mettre en sécurité.

Sans tourner les yeux vers mes gardes, je les congédiai.

-Capitaine, occupez-vous des blessés et contacter la Cité du Crépuscule. Pas la peine de chercher les fugitifs.
-Mais madame…
-Ce sera tout, capitaine.

En quelques secondes, ils embarquèrent de nos hommes blessés plus ou moins gravement qui jonchaient le sol du fait de Roxas, puis ils disparurent au fond du couloir.

Nous n’avions pas encore bougé, comme figés dans cet instant de soulagement. Je n’étais pas certaine de vouloir bouger, de peur que cela fasse trembler ce fragile équilibre dans lequel Maxence était sauf.

En quelques secondes, je le rejoignis et m’engouffrai dans ses bras, encore fébrile et tremblante des combats que je venais de surmonter. Il était là, son coeur battant contre ma tempe, je sentais son odeur, la même sueur que celle des nuits trop chaudes, j’entendais sa respiration, il vivait, et c’était tout ce qui importait. Nous restâmes ainsi quelques secondes sans rien dire. Puis, il saisit mes épaules entre ses mains et me recula légèrement pour pouvoir croiser mon regard. Je ne savais pas à quoi m’attendre, est-ce qu’il m’en voudrait de l’avoir traité de la sorte quelques secondes plus tôt ?

Son expression indiquait qu’il était mal à l’aise.

-Vesper, je… suis désolé.
-Quoi ? Pourquoi ?
-…Je les ai quand même aidés. Résultat, tu t’es fait malmener et insulter au final, c’est du bon boulot.
-Je m’en fiche.
-Mais ton groupe… Et Death ?
-Death n’est pas en position de dire quoi que ce soit en ce moment. Ça n’a plus d’importance à présent.

Je resserrai mon étreinte comme pour réaliser que nous nous en étions vraiment sortis indemnes, si l’on oubliait notre honneur, qui avait pris un certain coup. Il m’écarta encore une fois.

-Mais ce mec, c’est vraiment un connard.
-Ouais, je pense qu’on peut dire ça ?

Il hésita quelques secondes avant de poser une question. Il semblait gêné.

-Il faudra quand même que tu me dises ce qui s’est passé entre vous.
-« Entre » nous ? Quoi que tu imagines, ça ne peut pas être ça…
-C’est quoi alors ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
-A vrai dire je crois que je préfère que tu penses encore qu’on a…
-Heeey !

Quelques minutes plus tôt, nous nous faisions écraser et menacer, à présent nous plaisantions comme deux insouciants. Maxence s’éloigna de moi tout en gardant mon poignet entre ses doigts. Il ne se dirigeait pas vers l’aile ouest, non, il allait plutôt dans l’autre sens, vers le hall principal.

-Qu’est-ce que tu fais ?
-Je pensais…
-Oui ?
-Que j’avais envie.
-Quoi, maintenant ?
-Ouais.
-Tu es au courant que notre chambre est dans l’autre sens ?
-Ouais, mais il a foutu du bordel, et ça risque de m’énerver d’autant plus, puis il a fait une remarque en voyant les liens. Donc.
-Donc.
-Bah il ne nous reste plus qu’à rejoindre la chambre de la Princesse.

Je n’aimais pas cette pièce, elle me rappelait de mauvais souvenirs, le règne de cette Princesse possédée, cette atmosphère malsaine qui y régnait quand elle vivait encore. Non, je lui avais déjà montré la pièce parce qu’il était curieux mais il était hors de question que j’y passe la nuit.

-Non, j’ai une autre idée.
-Laquelle ?
-On a qu’à faire… comme quand tu venais me rendre visite en cachette et que je n’étais encore qu’officier dans ces lieux.
-Quoi ? Ta petite chambre de bonne ?

Je croisai les bras dans le dos, affichant un sourire malicieux.

-Très bien, Caporal Earl. Je vous suis dans… hem… vos appartements, pour faire … un débriefing de vos missions aujourd’hui.

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