Kingdom Hearts RPGConnexion
Kingdom Hearts Rpg
Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

Il faut sauver le Père Noël

more_horiz
Noël... une fête merveilleuse, qui apportait joie, sourire, cadeaux, surprises, bonne humeur... une fête rayonnante de lumière et pourtant... depuis que la princesse Ariez avait enlevé le Père Noël, celle-ci n'existait plus réellement... ou en tout cas, n'était définitivement plus la même. Pire : le portail menant vers le monde de Noël semblait, de toute évidence, avoir été détruit. Malgré les efforts de la Lumière, la fête avait été différente cette année encore. Il y avait même cet enfant, Ioan Kappel, qui avait sûrement passé ses fêtes de Noël dans le Monde du Jouet, toujours en pleine tension à cause de la bataille désormais imminente qui permettrait à ce monde d'être libéré de la menace des Commandos.

La Lumière n'avait jamais rien tenté pour libérer le Père Noël. Cela, Ven pouvait en quelque sorte le comprendre : le groupe était débordé, devait combattre et s'investir sur de nombreux fronts et peinait à assurer la sécurité de ses propres mondes. Mais à titre personnel, il ne pouvait admettre que le Noël suivant se déroule dans les mêmes conditions.

Alors de sa propre initiative, le jeune homme avait décidé de monter une opération pour secourir le Père Noël. La perspective l'excitait au plus au point : il avait toujours souhaité le rencontrer ! Mais bien sur, une telle mission n'était pas sans risques : bien que l'Éclaireur ait montré la Coalition Noire comme étant affaiblie, il s'agissait tout de même de s'introduire dans les cachots de l'un des mondes appartenant au groupe et de l'en libérer... lui, ainsi que les autres prisonniers, dans l'idéal.

C'est pourquoi dans un premier temps, il avait commencé par aller voir Aqua mais... au moment de lui en parler, il s'était ravisé. Elle aurait pu trouver l'idée trop dangereuse et tenter de l'en dissuader.

Ventus avait donc eu une idée : il était allé voir Roxas. Son... double pouvait parfois se montrer particulièrement inconscient et insouciant, selon certains. Il se racontait plutôt du mal à son sujet dans les couloirs du Château Disney mais Ven ne s'en était pas soucié. Pour lui, il était une personne de confiance et il pouvait tout à fait lui demander.

Enfin, il l'avait suivi dans son idée sans vraiment hésiter et du coup, les voilà tous les deux qui arrivaient au niveau du Château de la Bête. Leurs planeurs Keyblade s'étaient posés dans la forêt. Si les prisonniers n'avaient pas été transférés depuis le changement de Boss du groupe, le Père Noël devrait en toute logique se situer dans les cachots de ce monde qui était autrefois le QG de la Coalition Noire.

- T'aurais une idée pour passer sans se faire remarquer ?


Ven réfléchit : ils ne devraient pas se précipiter. D'autant que rien ne lui garantissait que les conséquences de l'assaut de ce Jecht sur la Cité du Crépuscule se soient ressentis jusqu'ici. Il valait mieux éviter de passer en force, la discrétion était de mise. Surtout s'ils souhaitaient éviter qu'il y ait des victimes inutiles.

- Et dis, t'aurais pas une idée d'où seraient les cachots ?


Hmm... qu'est-ce qu'ils pourraient faire si Roxas n'était lui aussi jamais venu par ici, ce qui était plus que probable.

- Je crois avoir aperçu un village tout à l'heure. On pourrait peut-être interroger les habitants au cas où ils en sauraient plus, au pire ?
more_horiz
J’étais charmé. J’t’explique ; j’étais en train de me toucher les couilles au château comme d’hab, c’était la fin d’aprem, on était bien. J’étais dans ma chambre, puis j’avais envie d’un shinracola. Alors j’suis descendu parce que j’en avais plus, et je visais la réserve là, près des cuisines. Je m’étais dit que si je tirais un pack ça se verrait pas, puis comme ça je pouvais le foutre dans mon mini frigo t’sais.

Donc ouais, j’descends, et là j’vois mon… putain, faudra que j’éclaircisse ça quand même. Bon bref, y’a Ventus qui arrive en galopant t’sais et il m’expose son plan : aller sauver le père noël. Au début j’me disais que c’était chaud, parce l’emmener direct toquer chez la coa ça ressemblait à tout sauf à un bon plan. Mais ça avait l’air de tellement y tenir à coeur, puis c’était comme un rêve de gosse pour lui de rencontrer le père noël… J’ai craqué ouais. Quoi de mieux pour un daron que de faire un make a wish pour son gosse, hein ?

Donc on s’est tirés en planeurs, et… putain j’avais l’impression de me revoir tout gamin, trop content d’aller sauver le monde. Le mec était souriant et tout, et moi ça me faisait tout bizarre. Surtout que l’gamin était équipé, planeur, donc keyblade, armure et tout l’bordel. J’regrettais limite qu’y s’soit pas pointé plus tôt, j’aurais adoré lui apprendre tout ça.

Bref, j’étais bourré de questions, mais j’devais d’abord m’assurer qu’il lui arrive rien.

Et alors a peine arrivé, il était méga chaud. Il enchaînait les questions, et moi j’étais méga content d’y répondre en plus !


Bon ! Alors… Le village déjà c’est moyen comme idée. Faut réfléchir méga large dans ces moments là. Déjà, petit disclaimer, on est en plein plein dans le territoire ennemi, et personne sait qu’on est là. Ça veut dire que si on se fait chopper, on peut compter que sur notre cul, tu comprends ?

Bah ouais. On avait prévenu personne avant de se barrer. Donc si on revenait pas, nos « potes » sauraient même pas où chercher. Hm.

Bon, normalement t’as pas à t’inquièter, j’connais la coa, y’en a pas un qui tient la route. Si on en croise un, on le démonte aussi sec. On le bute p’tête pas parce qu’on est pas des connards, enfin, ça ça dépendra de c’qu’y nous fait.


Ouais, c’était p’tête pas la meilleur perspective de noël que de buter des mecs. Puis, j’devais la jouer sympa, parce que si j’y allais comme d’hab, j’allais passer pour un boucher… ce qui était pas le plan de base.

Donc, le village, c’est non. J’sais pas si les mecs de la coa te connaissent, mais moi ils ont ma tronche, et à mon avis j’suis pas leur pote depuis qu’j’les ai humiliés au tournoi. Et comme on se ressemble, on risquerait de s’attirer une tonne d’emmerdes si des gardes patrouillent là-bas. Va falloir qu’on se démerde.

Et là, petite pause dramatique. J’fais genre que c’est la galère, qu’il faut improviser un plan en urgence et tout.

FORT HEUREUSEMENT, du temps où je bossais pour les XIII… J’ai eu des missions à faire ici. Alors j’connais un peu le patelin. Les cachots sont, comme tu t’en doutes, au sous-sol, dans l’aile ouest. Sauf que si on passe par la porte d’entrée, on est baisés. ‘fin p’tête pas, mais j’trouve que c’est pas discret comme start, qu’est ce que t’en penses ?

Je marque une pause, j’sens qu’il suit, qu’il a l’esprit vif, et ça c’est bien !

Bon, t’inquiètes pas, j’connais un passage secret. Viens.

On a traversé le pont en courant, parce que le moins de temps on restait à découvert, forcément, le moins de temps ils avaient pour nous voir. Puis on a atteint la grille, et j’ai passé la tête pour voir. Ça va, franchement ça se tentait.

Ven, viens voir. Tu vois la grande porte, tu vois les escaliers juste avant ? Bon de chaque côté t’as un genre de tour, ronde, en pierre ? A mon top, tu cours en ligne droite là-bas. Flippe pas, si y’a une couille j’suis là.

Nan, nan c’était vraiment une porte dérobée, sauf que personne la connaissait celle-là. En fait c’était un mécanisme avec les quatre statues qu’il y avait dans le jardin, fallait les aligner d’une certaine façon, sauf qu’elles pesaient une tonne et que devait y’avoir personne en mesure des les bidouiller. Du coup ils ont dû laisser comme ça, et voilà.

Donc moi j’allais m’occuper de ça, puis refermer derrière nous avec un petit coup de psychisme.


A vos marques, prêts…. Partez !
more_horiz
Elle avait quitté la chambre tôt ce matin-là et je ne l'avais pas vue de tout le jour. J'étais descendu dans le hall puis avais rejoint la salle de bal pour profiter en fin de journée d'une vue sur la  vallée à travers la verrière . On n'allumait pas de bougies si ce n'était pas nécessaire ; en journée ce château pouvait dégager une ambiance particulièrement sinistre, sombre. Plus encore alors que nous venions à peine de voir passer le solstice d'hiver. Le soir avait l'avantage des lumières incandescentes, feutrées, ennivrantes.

Je bus une gorgée dans la tasse de thé au visage d'enfant servie un peu plus tôt par Mrs Samovar. Une couche épaisse de neige recouvrait le sol de la terrasse. J'ouvris la porte-fenêtre rencontrant une certaine résistance  causée par le gel qui avait solidarisé la structure. Plein d'enthousiasme, j'avançai tout droit enfonçant mes pieds d'une quizaine de centimètre dans cette poudre encore vierge. Immédiatement, je fus saisi par le froid, définitivement pas équipé pour affronter l'hiver. Mes pas n'en furent que plus maladroits mais j'atteignis la balustrade et cachai mes mains dans mes manches pour les réchauffer autant que possible. Je les frottai l'une contre l'autre et les amenai à portée de bouche, soufflant dessus et faisant de petits mouvements de pas sur place pour ne pas m'engourdir. La vue, eh bien, était comme à son habitude spectaculaire. Une vue que je n'aurais jamais pu avoir au Jardin Radieux —s'il était encore nécessaire de trouver des arguments pour rester ici .

Oui, il y avait le Sommet des Arts, oui, de grands chantiers, mais cette nature à perte de vue, apparemment sans limite, tous ces arbres recouverts par le givre, ces pans de montagne enrougis par le soleil couchant, ce n'était qu'ici. Je baissai les yeux vers le précipice inquiétant, cette immense falaise meurtrière destiné à protéger le château de quiconque oserait.

-Monsieur ?

Sans avoir besoin de me retourner, j'avais reconnu les manières et la voix du majordome.

-Prendrez-vous votre souper dans la grande ou la petite salle à manger, devant la cheminée ?
-Bien euh...dans la petite, j'imagine. Faites comme vous préférez en fait.  Je ne sais pas si elle sera rentrée à temps. Pourquoi cette question si tôt ?

Big-Ben eut l'air soudainement très gêné.

-Eh bien justement, puisque Madame n'est pas là, je... Enfin, c'est mon devoir de m'assurer que vous seriez d'accord.
-D'accord...pourquoi ?

Tout cela était bien mystérieux.

-C'est Noël, Monsieur. Et le personnel, ainsi que moi-même organisons toujours une petite fête entre nous dans notre office. Habituellement, je m'assure que Madame est d'accord, mais puisqu'elle n'est pas là.
-Ah.

Oui, je ne comptais pas les jours. Je n'avais jamais été un grand admirateur de Noël à vrai dire mais je savais que cela comptait pour d'autres et c'était apparemment le cas des personnes habitant ce château. Ces personnes qui en dépit de leur état avaient une âme, des souvenirs, une famille, des amours.

-Cela vous déplait-il Monsieur ?
-Non, du tout. Je vous souhaite de très bonnes fêtes, Big-Ben, à vous, et aux autres.
more_horiz
Interroger les habitants du village n'était peut-être pas l'idée la plus brillante qu'il ait eu. Ventus n'avait pas, ou plutôt pas assez réfléchi au niveau de surveillance que le groupe pourrait attribuer à ce lieu. De premier abord, il lui aurait semblé possible de s'y glisser discrètement et de questionner un villageois mais il avait sûrement tord. Parfois, Ven avait cette impression d'être déphasé avec les événements actuels, cette époque à laquelle l'équilibre des mondes est en péril.

- L'entrée doit être gardée, répond-il pour acquiescer au fait que la porte d'entrée ne soit également pas une bonne idée.


Puis vint le moment où Roxas évoqua un passage secret, option bien plus raisonnable... mais qui ne leur laissait d'autre choix que de traverser le pont. Le jeune homme ne voyait pas vraiment d'autre issue. Dans le pire des cas, il aurait proposé de passer par une fenêtre, le planeur Keyblade permettant de se frayer facilement un chemin par la voie des airs. Mais il n'aimait pas l'idée de la briser, ni d'effrayer d'éventuels innocents. Sans compter le fait que cela manquerait également de discrétion.

Jusqu'au niveau de la grille, tout se déroula sans accroc. Tout se passait presque trop bien : les jardins étaient vides. Même la porte d'entrée elle-même ne semblait pas gardée, provoquant un haussement de sourcil interrogateur au porteur de la Keyblade. Le groupuscule ténébreux n'était pas au meilleur de sa forme. La Cité du Crépuscule avait subi quelques attaques successives qui devait l'avoir hautement affaibli, si bien que l'idée que le château soit déserté ne lui sembla pas complètement absurde.

- Le dernier arrivé... paie une glace à l'eau de mer à l'autre, lança-t-il sur le ton de la plaisanterie.


Tout charmant que le style architectural des lieux pourraient lui donner l'air d'être, Ven ne put vraiment prendre trop de temps pour admirer le château. Au signe de son double, il s'élança en direction du mur qu'il lui indiquait. Il s'arrêta toutefois, perturbé par le fait qu'il ne soit pas talonné par celui-ci. Il semblait... concentré, son attention focalisée sur... une statue ! Le garçon reprit sa course vers cette paroi du côté Ouest, comprenant la nécessité de déplacer les statues pour ouvrir le passage.

A mi-chemin, il dut faire halte, s'arrêtant au niveau de la statue la plus proche du passage que Roxas venait de révéler. Il se dissimula derrière elle, joignant ses jambes l'une contre l'autre. Il tourna la tête et retint sa respiration. La porte d'entrée du château s'ouvrait dans un grincement terrible, laissant passer deux silhouettes obscures. Ven ne prit pas le temps de les détailler : il devait s'agir de gardes noirs. Ils étaient sûrement tombés pendant la relève du tour de garde.

Lorsque ceux-ci se retournèrent afin de refermer la porte, Ventus décida de profiter du nouveau grincement afin de se ruer de nouveau vers son objectif. Une fois proche, il effectua une glissade au sol très rapide afin de parcourir le peu de distance qui le séparait encore de la zone sûre. Haletant, il jeta un œil vers l'arrière, soucieux du fait que son partenaire soit parvenu à le rejoindre sans se faire repérer.
more_horiz

Bon, Ventus y était arrivé sans se faire chopper, j’avais plus qu’à le rejoindre. Evidemment, j’allais le laisser gagner, j’pense que c’est ce que tout bon daron aurait fait, hein ? J’avais plus ou moins dans l’idée de l’emmener manger une glace après, j’avais visiblement plus le choix. Je me mis donc à courir, rasant le sol pour éviter d’être repéré, et je rejoignis l’entrée du passage secret sans aucun mal.

Tiens regarde ça !

J’ai posé l’index et le majeur sur ma tempe, invitant Ven à regarder l’une des statues. Par la pensée, j’en fis pivoter l’une d’elles ce qui referma le pan de mur précédemment ouvert. Magie !

Pas mal hein ? Bon, on continue !

J’me retourne vers la volée de marches qui s’offrent à nous.

Donc quelques marches à monter, ça va nous mener jusque dans les plafonds du hall. En gros à l’intérieur t’as un méga hall central qui mène aux deux ailes du château. La bonne nouvelle, c’est qu’si on s’démerde assez bien, on va pouvoir éviter tout les gardes du hall. La mauvaise, c’est que si tu veux aller aux cachots, y’a pas le choix, faut passer par l’aile ouest… qu’est la plus grande, la plus lumineuse, et la plus peuplée, sans oublier que ça mène direct à la Maréchale de la coa, pour te situer un peu.

Je reste pensif quelques secondes. Le plus gros de la question ça va être de traverser cette aile de cassos. En soi, on pourrait y aller à pieds, en marchant normal, les gardes devraient pas trop oser venir nous emmerder s’y savent qui je suis. Mais… j’suis pas tout seul, et ça a l’air de lui plaire de jouer aux ninja, alors…

Jouons aux Ninja.

J’m’engage dans le premier couloir, j’pousse une pile de caisses pour pouvoir passer et j’tiens le tout en attendant qu’il passe lui aussi, des fois que ça y retombe sur la gueule. On finit par atteindre un garde corps qui nous donne vue sur quasi toute la totalité de ce fameux hall. Deux gardes gardent la porte de la salle de bal, deux patrouillent en bas des marches et y’a du bruit qui vient du petit salon.


Tiens pas j’vais te faire un petit cours, ça te fera pas de mal. Regarde. Déjà, faut compter le nombre de gardes, normalement t’en vois quatre. Deux ici, et deux là. Sauf ! Faut jamais se dire « ils sont quatre j’me les fait » parce que, de une, on est en territoire ennemi, donc tu sais pas c’qui peut se passer, tu connais pas le terrain, et d’deux, regarde là…

J’y montre la porte du petit salon qu’est entrouverte, de laquelle s’échappe un mince filet de lumière.

Là dedans, p’tête que c’est des domestiques, d’ailleurs si on les croise tu vas t’taper une barre, mais ouais… p’tête, mais p’tête aussi que c’est des gardes supplémentaires qui vont rappliquer à la seconde où l’un des quatre en bas va sonner l’alerte. Et c’que tu pensais être un combat facile contre quatre pleupleus devient un truc vachement chiant à gérer. Genre… une douzaine p’tête. Si tu te fais péter, tu finis en taule, et on est obligé de risquer des gars pour venir te chercher. Tu m’suis ?

J’espère qu’y m’écoute quand même, parce que là par exemple, c’est son idée, son initiative, et putain heureusement qu’il est venu me demander à moi, parce que si il avait été demander… j’sais pas moi à… « Sergent Duschmoll », bah il serait dans la merde là. Bref, j’ai pas fini.

Donc on sait qu’y’a quatre mecs, et qu’il faut passer sans se faire gauler, sous peine de s’retrouver dans la merde. Un autre truc qu’il faut prévoir c’est ta sortie si jamais ça tourne mal. Logiquement, on est dans le hall, donc y’a la grande porte qu’on a contourné, mais rien te dit qu’elle est ouverte. Le petit salon, c’est une impasse, y t’reste que les escaliers. Tu vois c’que j’veux dire ? On va direct arriver dans les escaliers et supprimer les deux gardes qui gardent la porte de la salle de bal. T’as un essai, un seul coup ! Tu donnes le coup le plus fort que tu peux sur le crâne de celui de gauche, il a pas de casque. Moi j’m’occupe du deuxième, et ensuite on passe direct sur les escaliers là, là. On monte, et on disparaît avant que les deux qui patrouillent aient le temps de se retourner.

C’tait pas un plan super méga élaboré, mais ça allait marcher. D’façon, dans le cas où un des gusses nous cramait, j’y fonçais dessus avant même qu’il pense à ouvrir la bouche. 


Allez, tu donnes le feu vert !

more_horiz
Le passage secret était plutôt sombre : du sol au plafond, jusqu'aux escaliers, presque tout y était grisonnant. Même les caisses en bois étaient si couvertes de poussière qu’elles en étaient plus ternes. Les chemins étaient étriqués, tout y était si petit, rien à voir avec ce qu’il avait pu observer depuis l’extérieur. A bord de son planeur, puis sur le pont, il avait eu tout le temps de s’émerveiller à ce propos. Les tours étaient si hautes ! Il s’éloigna, apercevant une porte plus loin. Mais il ne l’ouvrit pas, son regard s’arrêtant sur une autre curiosité : un vitrail représentant le château se trouvait face à la porte.

Il effleura la surface vitreuse de la main, prenant un instant pour la contempler. Puis il s’aperçut que Roxas lui parlait et ne l’avait pas suivi. Il rebroussa chemin précipitamment, puis observa au travers d’un trou dans l’un des murs comme son double l’y invitait. Il y avait là, sous ses yeux, un énorme hall éclairé par des chandelles. Le lieu possédait une certaine classe, au moins digne de ses espérances. Deux gardes patrouillaient en bas des escaliers, près de quatre portes. Leurs itinéraires n’étaient pas vraiment réguliers et il y avait effectivement peu d’angles morts pour les assommer hors de vue.

L’option raisonnable restait donc effectivement de réduire au silence les deux qui gardaient la salle de bal. Roxas savait ce qu’il disait et s’il ne s’était pas dirigé vers l’autre porte, c’était sûrement pour de bonnes raisons. Ven acquiesça donc en silence : le plan lui semblait logique. Il fit donc apparaître Brise Légère entre ses doigts et se lança sans réfléchir dans l’ouverture. Il tomba en silence, glissant sur la rampe des escaliers et asséna un coup vertical du plat de sa clé. Le jeune homme se réceptionna en douceur, attrapant aussitôt le corps perdant son équilibre avant qu’il n’ait pu terminer sa chute.

Son équilibre fut bouleversé momentanément, ses bras peinant sur l'instant à le soulever, mais il tira de toutes ses forces, traînant ensuite le corps hors de vue, le dissimulant derrière la rambarde des escaliers. Ceci fait, il se glissa en silence dans la porte de l’Aile Ouest. Le groupe improvisé déboucha dans un nouveau couloir au tapis rouge impeccable et aux rangées d'armures interminables. Il ne détailla pas plus les environs. La voie semblait libre, Ven marcha donc en silence jusqu'à un embranchement, n'y passant pour le moment que sa tête. Des bruits de voix ! Il se recula hâtivement, attrapant le bras de Roxas afin de l'avertir. Ce dernier le suivit et ils s'abritèrent ensemble derrière un pan du mur qui dépassait suffisamment pour s'y cacher.

- Des gardes, précisa-t-il dans un murmure.


Il plaça ensuite ses mains sur sa bouche, se muselant et coupant sa propre respiration. Son coeur battait la chamade : que faire s'ils étaient repérés ? La seule voie de sortie semblait être de là où ils étaient venus et il ne voulait pas revenir de là bredouille. Quelque part, dans ces sombres cachots, le Père Noël attendait sûrement encore qu'on le sauve et il comptait bien le sortir de là. Le jeune homme ne prendrait pas avant le temps de songer à la manière dont ils pourraient sauver les prochaines fêtes, son atelier étant désormais inaccessible.

- Regarde-moi comme t'es rouge ! Ricana grassement l'un des gardes, brun et plutôt trapu, portant une sorte de combinaison noire sans manches et un bandana où l'on pouvait voir un motif ressemblant à un loup.
- C'est pas ça, protesta le second, un roux au visage fin sur lequel on pouvait distinguer des tâches de rousseur. Lui était dans une sorte de tenue de militaire vert foncé, auquel était attaché une dague au niveau de la cuisse. Sa carrure n'avait rien à envier à l'autre. C'est juste que...
- Tu lui as acheté quoi, pour son retour ? Poursuivit l'autre sans se soucier de la réponse de son camarade


Les deux marchaient ensemble, côte à côte, avec une certaine insouciance. Le premier revint sur ses pas, tandis que le roux fixa dans la direction des deux infiltrés quelques instants, ne relevant toutefois rien et reprenant sa ronde avec l'autre garde dans la direction opposée.

- Non, je n'ai rien de tel ! S'exclama-t-il avec une certaine énergie. Dame Earl est si belle, mystérieuse mais... elle est surtout inaccessible.
- Et ça te fait craquer, surenchérit le brun avec insistance. Tu vas lui avouer, quand même ? Fais pas ta mauviette !


Ven s'autorisa à souffler de nouveau normalement. Les voilà qui se trouvaient suffisamment loin pour que le duo ne les entende plus pour le moment. Mais il demeurait un problème : ils devaient passer et la zone ne leur donnait pas vraiment d'excellent angle mort, puisqu'ils ne s'approchaient pas suffisamment. Puis il eut une idée en fixant l'armure derrière Roxas.

- J'ai une idée. Y'a des armures de l'autre côté. Tu pourrais peut-être en faire bouger une pour les attaquer une fois qu'ils sont au milieu du couloir et moi, en suite, je bondirai pour les prendre en tenaille. Ça te semble possible ?
more_horiz
Passant la porte qui mène au hall, je m’attends à rencontrer les deux gardes noirs juste devant la porte, j’ouvre la bouche pour les interroger sur la position vraisemblable de Vesper et les espoirs de la voir rentrer aujourd’hui — avec un peu de chance ils en savent plus que moi sur la mission qu’elle est partie exécuter — mais je ne trouve personne devant moi. Je tourne la tête vers les deux rangées d’escaliers symétriques. Rien non plus.

J’entends alors un bruit familier approcher dans l’obscurité.

-Monsieur ? Je peux faire quelque chose pour vous ?
-Non je... Big-Ben, avez-vous vu Goldstein et Draynor ?
-Eh bien, ils étaient là, il y a cinq minutes à garder la porte. Peut-être sont-ils allés faire une inspection dans l’aile est ?

Je ne vais pas me mettre en chasse de deux gardes qui sont peut-être en train de boire des coups, dieu-sait-où dans le château.

-Bon, tant pis, merci quand même. Comment avancent les préparatifs pour votre petite fête, Big ?
-Très bien monsieur, Madame Samovar est... pleine d’enthousiasme, elle veut décorer chaque centimètre des murs de l’office.

Je le laisse d’abord partir puis l’interromps.

-Vous savez Big ? Je pense que vous devriez organiser votre petite fête dans la salle à manger. Ce serait plus... festif devant le grand âtre. Plus festif pour vous mais aussi pour tout le monde. A la réflexion, je pense pouvoir me contenter d’un jambon-fromage dans la chambre. Je commence à douter de revoir madame apparaître aujourd’hui.
-Monsieur est extrêmement obligeant. Si vous pensez que c’est mieux, nous ferons ainsi. Avez-vous eu des nouvelles de Madame ?
-Non, c’est juste une impression.

Je me remets en marche, direction l’aile ouest et la chambre. Arrivé dans le hall plus lumineux de l’aile ouest, je croise deux autres gardes. Ils ont l’air de plaisanter mais je n’ai pas compris le sujet de leurs railleries. Quand ils m’aperçoivent, l’un est d’abord livide puis contrarié tandis que l’autre se retient de pouffer.

-Un problème Messieurs ?
-Non nous...réfléchissions déjà à la Saint-Valentin.
-La Saint-Valentin ? N’est-ce pas un peu tôt pour ça ? J’ignorais que nous avions de telles fleurs bleues à la Coalition.

C’est à mon tour de me retenir de rigoler, je viens déjà de me payer leur tête sans aucune subtilité alors... Effectivement, cela ne semble pas plaire à Raphael, le garde roux. Il affiche à présent une mine impassible. Son collègue lui donne un coup de coude dans le ventre. Mais qu’est-ce qu’ils ont encore ?

-Non, Monsieur, il n’est jamais trop tôt pour réfléchir à sa déclaration. Hein, Raphael ?

Je ne pourrais pas vraiment répondre à cela : une déclaration ? Je me suis pratiquement imposé à Vesper, il n’y avait rien de prévu ou d’étudié, rien de cérémonieux. Détournons cette conversation gênante.

-Hem...Je suppose que vous ne savez pas où se cachent Goldstein et Draynor ?
-Aucune idée, Monsieur. Peut-être se sont-ils déclarés l’un à l’autre au soleil couchant ?
-Très drôle, Nolan.

Raphaël semble excédé et regarde ailleurs. J’en profite pour les contourner et poursuivre vers le grand escalier à droite.
more_horiz
…en suite, je bondirai pour les prendre en tenaille. Ça te semble possible ?


Il finit à peine sa phrase que, bim, main sur la bouche, deuxième bras autour de la taille et décollage. Je saute, avec Ven dans les bras, j’y chuchote de surtout pas crier, et une fois arrivés au plafond, je retire ma main posée sur sa bouche pour m’accrocher à un genre de rebord. On est pas invisibles.. mais faut avoir l’idée de regarder au plafond quoi.


Regarde ce qui arrivait derrière, qu’j’y indique avec un signe de tête dans la direction.

Un mec, chelou j’dirais. Genre, pas du tout fringué comme un type de la coa quoi. Mais il était là, et y s’baladait normal dans les couloirs. Mieux, il s’était même arrêté taper la discute avec les gardes. Et, putain ils l’appelaient « Monsieur » ? Pourquoi ? C’était pas Vesp..

Oh la coquine. C’était p’tête son mec. Une donnée intéressante à prendre en compte pour mes prochains moves. Un moyen de pression p’tête ? Putain, choqué j’pensais qu’elle était goudou moi. Comme quoi ! Enfin… le mec finit son p’tit brin de discute et il finit par se tirer, ce qui laisse les gardes retourner à leur petite ronde. Ven toujours dans les bras, j’essaye de revenir au sol sans faire de bruit, mais forcément… a deux on pèse plus lourd. Comme un teubé, j’me ramasse sur le sol et Ventus atterrît sur mon dos.


Merde, putain… Ca va ?

Pas le temps de souffler, avec le barouf qu’on à fait j’entends déjà les gardes se pointer. Euh, merde. Merde, merde, merde. Je réfléchis même plus là, j’fais tout dans l’instinct, et j’espère que Ven va suivre.

T’as une armure ? Mets la s’tu peux.

Je me magne le cul, je dégage deux armures au fin fond du cul de la Fin des Mondes et j’active la mienne. En un instant elle recouvre tout mon corps, et j’prends la place d’une des statues que j’ai viré, t’sais celles qui bordent le couloir où on se trouve. Je bouge plus, et putain je prie pour que Ven ait suivi et qu’il se fasse pas gauler.

Les gardes arrivent à peu près à l’angle je dirais, le volume de leurs voix s’intensifie, comme s’il s’apprêtait à ne plus être bloqué par le coin du mur. J’vois que dalle, parce que je peux pas tourner la tête, et ça me saoule. En vrai, j’aurai pu les exploser, mille pour-cent qu’ils puaient la merde, mais j’avais Ven avec moi, et j’me disais qu’un truc trop violent pouvait p’tête le… traumatiser ? J’sais pas.

Ils arrivent à notre hauteur. Je prends énormément sur moi. Parce que dans ma tête, j’suis déjà parti en couille. Je saute de la petite estrade à armure là, j’pète deux côtes au premier, j’esquive un coup venant de l’autre en me baissant, ce qui fait qu’il frappe son pote. J’les balayes les deux, et gros pain dans la gueule pour les sonner. On reprend la route avec Ven, on rattrape le mec de Vesper, là, pis on le fout dans les cachots à la place du Père Noël pour faire une petite blague.

Ça c’était si j’oeuvrais en solo. Mais Ven, bah… y’a rien qui me dit qu’il trouverait ça marrant, y’a rien qui me dit qu’il me suivrait dans mon délire, et surtout, y’a rien qui me dit qu’il se ferait pas péter la gueule, et ça à la limite, c’est p’tête c’qui m’dérange le plus.

Ah non, mais en vrai. Le premier plouc qui vient l’emmerder ? Ça devient un deux roues jusqu’à la fin de ses jours.


more_horiz
Le cœur de Ven fit un nouveau bond dans sa poitrine lorsque Roxas l'emporta au plafond. Il ne put retenir une exclamation de surprise qui fut étouffée par la main de son double plaquée directement sur sa bouche. Il ne résista qu'un instant par instinct, puis ne fit plus un bruit. Effectivement, un homme arrivait derrière eux et passait sans les remarquer. Par chance, il ne devait pas être passé par la salle de bal où Roxas avait entreposé les corps inconscients avant de le suivre dans le couloir.

Raphaël et Nolan - il s'agissait là de leurs prénoms, discutaient avec le nouvel arrivant. Un autre homme qui, tout comme eux, semblait tout ce qu’il y a de plus ordinaire, loin du cliché que Ven imaginerait du coalisé type. Les trois hommes discutaient de la Saint-Valentin, ce qui dessina un sourire sur les lèvres du garçon, puis "Monsieur" s'éloigna, assez vite suivi par les deux gardes qui reprirent leur ronde. Ils tombèrent lourdement au sol, attirant l'attention de ceux-ci qui se précipitèrent dans leur direction.

- Tu te souviens du plan ? Il hocha la tête en prononçant ces mots pour acquiescer aux paroles de son ami. On le fait dans quinze secondes.


Ils n'avaient plus véritablement d'autre choix s'ils désiraient passer les deux gardes. Dans la confusion, il frappa le morceau d'armure situé à son épaule comme Roxas le lui demandait, saisissant l'épée de l'une des armures renversée par la maréchal de la Lumière et se plaçant là où elle devrait se situer. Raide comme un balais, il tenait la lame verticalement, frôlant son casque, son second bras le long de son corps et les jambes serrées. Il retenait une nouvelle fois sa respiration, espérant ne pas se faire repérer par les deux miliciens.

- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? lança Nolan en butant immédiatement dans l'une des armures au sol, faisant rouler son casque.
- Je vais inspecter le hall, répondit Raphaël qui semblait craindre la présence d'intrus.


Pendant ce temps, Nolan inspectait déjà les armures en haussant les sourcils, ayant l'impression que quelque chose clochait il passa entre chacune d'elles, s'arrêtant finalement à la hauteur de Ventus, un sourire carnassier sur les lèvres.

- Trouvé !


Une main ferme empoigna le cou de Ven qui agitait ses jambes, lâchant son arme et tentant de se défendre sans grand succès. Tout en gesticulant, le jeune homme aperçut dans la confusion Nolan qui se faisait barrer la route par une armure. Sa poitrine se souleva. L'air peinait à atteindre ses poumons, se raréfiait. Il devait vite faire quelque chose ! Brise Légère apparut dans l'une de ses mains, puis il la jeta aussi fort qu'il le pouvait encore dans son état en direction de Raphaël. Elle percuta son crâne, assommant l’homme sur le coup.

- A…


Il ne parvint même pas à conclure son appel à l'aide, sa vision commençant à se brouiller, le manque d'oxygène lui donnant l'impression que sa gorge était en feu, causant également une douleur au niveau de sa poitrine.
more_horiz
Donc j’bougeais pas, jusqu’à ce que j’entende un des gardes cramer la position de Ven, et que je vois sa keyblade - qu’il sait définitivement pas tenir dans le bon sens - traverser le couloir pour atterrir en plein dans l’arrière du crâne de celui qui se barrait vers le hall. J’me tourne et j’vois ce p’tit trou de balle en train de soulever Ven par le coup. Toi mon gars, t’as pas perdu ta journée. J’cours, à grandes foulées, et quand j’arrive à sa hauteur, je saute, les deux jambes tendues en avant pour lui mettre le plus gros pied-bouche qu’il a jamais pris de sa vie. J’sens un truc craquer à l’impact, et c’est pas ma cheville.

Il relâche Ven, qui tombe sur les fesses, avant de se vautrer dans le mur juste à côté. J’m’approche en révoquant mon armure, j’attrape l’arrière de ses cheveux et j’le boume dans le mur, tout pareil. K.O, il m’a saoulé. J’me retourne vers Ven, qu’à l’air de reprendre son souffle, et j’commence à m’occuper des gardes. J’me sens pas d’les tuer, alors j’vais plutôt chercher l’autre qu’était à la sortie du couloir, et j’le ramène à côté de son pote. De là, j’me démerde pour arracher un brassard d’une armure, et j’fous les mains des deux gars dedans avant de serrer la pièce de fer de toutes mes forces pour qu’elle les emprisonne. Impossible pour eux de se défaire sans outils, d’autant plus que j’ai pas été tendre et que le fer à sûrement pénétré leurs chairs.

J’finis tout mon bordel en ouvrant un portail direction le jardin du château disney, et j’les balance dedans. Les gardes de Primus devraient savoir quoi en foutre, en espérant pour eux qu’ils tombent pas direct sur elle, tiens. Sinon, ça va finir en cours d’exécution pour toute la plèbe. J’retourne vers Ven, et j’y tends la main pour l’aider à se remettre sur ses jambes.



Sacré lancer ! Y’en a là-dedans, que j’dis en tâtant son bras. Bon ! Les cachots sont juste à côté, on y va !

Je sors mon gummiphone, histoire d’envoyer quand même un message à Ciss pour la prévenir du colis, et on s’engage dans la dernière partie du couloir. A notre droite, un escalier monte jusqu’à la chambre de la maîtresse des lieux, c’qu’on vise c’est plutôt la petite porte qui paye pas de mine sur notre gauche. La voie étant libre, on s’en approche et on la passe, le plus simplement du monde.

A l’intérieur, c’est pas tout à fait la même ambiance. On passe d’un couloir relativement lumineux, à un truc genre… plus médieval. Plus genre le Sanctum, un peu froid et un peu triste. Y’a deux fois deux vieilles bougies de chaque côté de la pièce pour éclairer, et entre quinze et vingt kilos et toiles d’araignées au coin des murs.  En face de nous descend un escalier, le second est brisé, et nous amène devant une grosse porte de pierre, le truc bien stock. Même à la TNT ça bouche pas, ça.


Il est derrière, j’en suis sûr. J’espère que c’est pas verrouillé, parce que j’ai pas les clés, qu’j’y dis, en tentant une blague. Parce que… tu sais, on est des porteurs de keyblade et… Hm. Allez, avant ça, petite photo pour marquer le coup !

Je reprends mon gummiphone, et j’vais dans l’appli photos. Je prends la pose à côté de Ven, et j’appuie sur le bouton pour capturer l’image. Je regarde si ça va, et je rigole quand je vois sa tête. Je crois pas qu’il m’ait suivi direct sur ce coup là ! Boh, pas grave. En vrai, ça me fait plaisir d’prendre une photo avec lui. Et puis… c’est vrai qu’on se ressemble putain. C’est mon portrait craché, en p’tête un poil plus jeune. Mais ça, j’t’ai déjà dit, va falloir que j’éclaircisse c’t’histoire.

J’la mets sur gumminow, et j’finis par tendre mon bras vers la porte.


C’était ton idée, alors à toi l’honneur ! Sois le gars qui sauva le père noël !

En héros, qu’il allait revenir. Il avait ce petit truc, là, qu’avait Sora. Ce p’tit truc qui fait que peu importe ce que tu fais, tu finis toujours par être amené à sauver le monde. En fait, Ven… c’était un peu moi, quand je flirtais pas encore avec les Songes. Ouais… il était jeune, il avait encore le temps de s’apercevoir que la Lumière était pas si lumineuse que ça, et qu’il fallait bien finir par vivre pour soi, et abandonner les rêves de prospérité et toutes ces conneries qu’la garde a bien voulu gober. J’dis pas qu’il doit succomber aux ombres, parce que niveau perspective d’avenir, c’est à chier, suffit de voir tout ces gogols de la coa qui sont tous genre « regardez moi comme je suis méchant ». Bon, bah ils servent à rien. Mais… savoir mener ses propres combats… Non, un jour il comprendrait, tu peux pas donner ta vie pour une cause, à moins que tu sois très con.
more_horiz
-Maréchale ? Est-ce que vous me recevez ? Ici le poste de contrôle de la Cité du Crépuscule. Je répète : est-ce que vous me recevez ?

J’actionnai le levier de communication et redresse mon micro pour qu’il soit à portée de voix.

-Je vous reçois, poste de contrôle. Quel est le problème ?
-Maréchale, où vous trouvez-vous en ce moment ?

J'observai l’espace à travers le cockpit et mon panneau de navigation.

-Là tout de suite ? Au fin fond de l’espace.
-Où exactement ?
-A environ vingt minutes de Fantasia, j’ai encore des choses à faire là-bas avant de rentrer.

J’avais déjà fait escale aujourd’hui à la salle d’arcade et j’avais voulu regrouper mes obligations pour éviter de faire plus de déplacements que nécessaire.

-A quelle distance vous trouvez-vous du Château de la Bête ?

Son empressement et sa nervosité commençaient à trahir quelque chose de préoccupant.

-A environ une heure, je dirais. Je répète, poste de contrôle, quel est le problème ?
-Nous venons d’être alertés par un message préoccupant sur le réseau gumminow.

Quel rapport avec le Château de la Bête ? Rien de bon certainement. Mais pour l’heure, j’étais dans l’ignorance, je n’avais pas encore fait l’acquisition d’un gummiphone. Il allait falloir y remédier. Avant même de savoir de quoi il retournait, je modifiai ma trajectoire pour la mettre en conduite automatique destination le Château.

-Maréchale ? Vous êtes toujours là ?
-De quel ordre ? De quel ordre était le poste ?
-Le Maréchal de la Lumière vient apparemment de libérer le Père-Noël au sein même du château de la Bête. Nous n’avons aucune raison de penser que c’est un leurre mais… restez sur vos gardes.
-Combien de temps depuis le poste ?
-5 minutes environ. Par chance, nos bureaux restent à l’affût de la moindre information d’ordre géopolitique, surtout quand elles émanent d’une personnalité aussi… populaire.

Bien sûr. Il avait fallu qu’il revînt un jour. Je repris les commandes manuelles et poussai mes turbos à plein régime pour rejoindre le plus rapidement possible notre monde. Après l’humiliation qu’il m’avait infligée très... personnellement lors d’une soirée complètement surréaliste, hors du temps, qui me laissait un souvenir flou de l’ordre du traumatisme ; l’humiliation qu’il avait infligée à la Coalition en jouant les partenaires, « et puis non tant pis », il revenait finalement en grand sauveur des orphelins, comme en territoire conquis.

Mais ce n’était pas tant ma fierté blessée ou celle de Death qui étaient en train de prendre un coup, non, une idée commençait à grandir en moi. Je n’avais pas eu de nouvelles du Château de tout le jour. Et s’il avait croisé le chemin de Maxence ?

-Poste de contrôle, je change de fréquence, je vais essayer de contacter le Château.
-Très bien, Maréchale. Contactez-nous dès que vous en savez plus.

Je fis tourner le bouton rotatif sur la bonne fréquence.

-Château, vous me recevez ? Ici Maréchale.

Quelques secondes inquiétantes passèrent avant que je reçoive une réponse.

-Je vous reçois Maréchale. Quel temps dans l’espace ?
-Château. Il semblerait que Roxas, le Maréchal de la Lumière se soit introduit dans les cachots pour libérer le Père-Noël. Je veux que vous contactiez les gardes en poste dans l’aile ouest et que vous leur envoyiez des renforts pour intervenir et aller vérifier cette information. Immédiatement.
-Très bien, Madame. J’envoie des hommes tout de suite.
-Lieutenant Shephard ?
-Oui Madame.
-Envoyez quelqu’un à la recherche de Monsieur Maxence et mettez le en sécurité. Contactez-moi dès que c’est fait. Je devrais être là dans une cinquantaine de minutes au maximum pour tirer cette affaire au clair.

Evidemment ils n’avaient aucune chance contre le Maréchal de la Lumière, pas plus que moi en vérité. Quelques minutes passèrent encore.

-Maréchale ? Vous êtes toujours là ? Ici Château.
-Je vous écoute, Château.
-Nous avons trouvé deux gardes inconscients dans le hall et aucune trace de Raphael et Nolan qui étaient en poste dans l’aile ouest.

Je n’étais pas particulièrement surprise par son efficacité. Mais s’il devait s’éterniser sur les lieux, je n’étais pas certaine d’avoir encore un seul garde noir en vie à mon arrivée.

-Et Maxence ?
-Nous ne l’avons pas encore localisé.

Deux hommes disparus dans l’aile ouest, et Maxence également qui y passait le plus clair de son temps. Etait-ce une coïncidence ? Une coïncidence angoissante dans ce cas.

-Cherchez-le encore et préparez une offensive. Mais… attendez-moi pour vous rendre dans les cachots. Evitons une boucherie.

A moins qu’il eût décidé d’attaquer le Château pour de bon, deux hommes perdus ne valaient pas le coup de faire une opération suicide, pas plus que le Père-Noël, à mon sens. Et si cela ne plaisait pas à Death…

-…qu’il aille au diable.
-Je n’ai pas bien compris votre dernière instruction Maréchale.
-Une erreur, Château. Je me dépêche.

Mais restait le sort de Maxence en suspens, et c’était bien tout ce qui m’importait en cet instant.
more_horiz
- Merci, répondit Ven encore haletant en attrapant la main de Roxas.


Sans lui, il ne serait plus conscient à l’heure actuelle. Il aurait perdu la vie ou aurait été enfermé avec celui qu’il venait délivrer. Mais ce n’était pas arrivé. Il l’avait échappé belle ! Le jeune homme prit le temps de reprendre son souffle, tandis que son ami envoyait les deux gardes noirs dans un portail de ténèbres… de ténèbres ? Ven haussa un sourcil, surpris de le savoir capable d’une telle chose. Cela fit écho à certaines conversations qu’il avait pu avoir à son propos. Le cœur du Maréchal de la Lumière avait cédé aux ténèbres au Palais des Rêves. L’une des circonstances qui avait contribué à ce que ce monde soit englouti par les ténèbres.

- Tu devrais éviter de te servir de ces portails un maximum, le conseilla-t-il, soucieux à l’idée qu’il puisse de nouveau perdre le contrôle un jour, bien qu’ayant confiance.


Ils traversèrent le couloir, ouvrant une nouvelle porte et débouchant dans une nouvelle salle dont l’ambiance n’était pas sans rappeler celle du passage secret qu’ils avaient emprunté plus tôt. La pièce n’était éclairée que par quelques bougies. Dans l’ensemble, les rares meubles et les murs étaient plutôt ternes, exactement tel qu’il le craignait. Son cœur se serra à l’idée que le Père Noël ait été retenu si longtemps dans ces lieux, mais il n’y pouvait plus rien, sinon le délivrer maintenant.

Un flash lumineux le prit de court dans ses pensées : visiblement, Roxas n’avait pu s’empêcher de prendre un selfie avec lui. Il lui montra la photo, achevant de le faire rire aux éclats, de manière bien plus sonore qu’il le devrait au vu de leur situation. Le garçon avait tant été pris par surprise qu’il en faisait une drôle de tête, sa blague précédente l’ayant déjà amusé.

- Merci, dit-il en souriant doucement à son sauveur, une fois qu’il était parvenu à retrouver contenance.


Puis il tendit sa Keyblade en direction de la porte de pierre, le bout de celle-ci s’illuminant. Un trait de lumière la quitta, atteignant le seul rempart les séparant du prisonnier. La porte étant désormais déverrouillée, Ven s’approcha de celle-ci, poussant de toutes ses forces avant qu’il ne parvienne à l’ouvrir. Ce qu’elle était lourde ! Il dut se voûter, tenant ses genoux et reprenant un peu son souffle suite à l’effort.

- Oh, bonjour les enfants. Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas eu de visiteurs.
- Père Noël !


L’excitation gagna Ven, lui donnant un regain d’énergie dont il se servit pour se précipiter à la rencontre du vieil homme tout de rouge vêtu, le regard plein d'étoiles.

- Je suis ravi de voir que quelqu’un croit encore en moi, malgré mon incapacité à organiser les fêtes de Noël pendant neuf années, lui expliqua le Père Noël.
- Ces scélérats ont ravagé notre ville !


Ven remarqua alors la présence d'un certain nombre de lutins dans la pièce qui, jusqu'ici, étaient restés plutôt silencieux. Il crut lire un faible sourire à travers la barbe du vieil homme en prononçant ses mots. Il n’était pas aussi bedonnant qu’il se l’imaginait, sûrement parce qu’il était moins alimenté dans ces cachots.

- Bien sûr, j’ai toujours voulu vous rencontrer, s’enthousiasme-t-il. Lorsque j’ai su que la Coalition Noire vous avait enlevé… j’ai voulu monter un plan pour vous sortir de là. Ça n’aurait pas été possible sans lui, dit-il en tentant d’introduire Roxas au Père Noël. Monsieur, on a besoin de vous, il faut sauver Noël !
- Dans ce cas, ne perdons pas de temps, Perce-Oreilles !


Ven eut un sursaut, surpris par cette intervention soudaine. Il se tourna, observant en direction de la source de la voix. Ce qu’il aperçut alors était plutôt singulier...


Dernière édition par Ventus le Sam 20 Fév 2021 - 20:55, édité 2 fois (Raison : Correction d'un oubli)
more_horiz
Il était comme un gosse. J’l’avais donc laissé passer devant, adossé au cadran de porte et regardant la scène de loin. J’avais l’impression d’être le daron qui offre son premier scout’ a son gosse, t’sais. Genre, j’regarde de loin, je kiffe de savoir que tu kiffes, mais j’te laisse faire connaissance avec le truc que tu voulais, et franchement j’me sens méga bien. Limite ça me fait bizarre, c’est pas tout les dimanches que ça m’arrive d’être content pour quelqu’un et…

Ven me présente au père noël. Il détourne le regard et… fronce les sourcils ?


Oh, oui… Roxas. Je te connais bien, toi. Ça fait un moment que tu n’es plus sur ma liste, mon garçon. J’ai été soulagé de ne plus devoir raturer ton nom chaque année, ho, ho, ho. Dis-moi, t’es-tu enfin calmé ? Parce que…

Ça va ! Tout roule, t’inquiètes pas.

Ven voulait sauver noël. J’me grattai le derrière de la tête à cette nouvelle. C’était pas… c’était pas gagné quoi. Avec Ciss on avait explosé la porte qui menait à son monde et, j’avais complètement zappé. Bah ! On aura qu’à dire que le sortir de ces cachots tout pourris répare la faute, hein père noël qu’on s’ra quittes ?

Et là, t’as une voix qui vient du fond de la pièce. Ok, il faisait sombre, mais pas assez pour dissimuler un corps, normalement. Sauf que non, c’était évidemment pas un corps, mais une tête roulante sur le sol, sans corps.


Jack ? Y t’es arrivé quoi ?

Il nous explique, et franchement c’est dur de se concentrer. J’en ai vu des conneries dans ma vie, mais là, voir une tête roulante nous raconter à quel point sa vie est dure, ça relève du sketch. ‘fin bon, j’l’écoute et il nous raconte qu’il s’est fait enlever par un mec de la coa, qu’il s’est fait jeter ici, et que, le plus important, le gars l’a démonté et a enfermé le reste de son corps dans un coffre.

Evidemment, tu te doutes bien que la première question qui m’est venue, c’était pour savoir où se situait le coffre et, evidemment, ni le père noël, ni Jack n’en savait plus. Il disait lui même qu’il ne les sentait plus, ce qui… était notre seul indice en fait.


Ven, si on embarque la tête p’tête qu’il pourra nous guider d’une façon ou d’une autre pour trouver le reste de son corps, non ? Comme un genre de chaud/froid ? J’sais pas, t'en penses quoi ?

Et puis, je commençais à le cerner, il serait hors de question qu’on reparte avec une seule moitié de Jack. On allait donc s’amuser à faire une chasse au trésor dans tout le château, avec une tête squelettique qui sait pas la boucler, et des gardes à notre cul. Parce que faut pas se leurrer, le fait qu’on en ait déboité deux plus tôt, forcément qu’ils sont en alerte les cons. Faut qu’on se casse.

Père noël, si ça t’dérange pas, on va commencer par se mettre à la recherche du reste du corps de Jack. Tu… c’est bizarre de dire ça, tu peux prendre sa tête Ven ?

On arrive de la pièce de là où on vient, et je désigne le couloir qui s’enfonce dans l’obscurité droit devant nous. Je leur dis qu’on va passer par là, normalement ça nous amène de nouveau dans l’aile ouest, mais dans un coin plus tranquille. On pourra revenir aux couloirs principaux avec plus de discrétion.

On arrive donc dans un dédale méga sombre et méga humide, j’allume une bougie qui pend à une chaîne à côté de moi, ça nous éclaire au moins un peu sur quelques mètres, c’est déjà ça.


Vous avez pas peur du noir, j’espère ?

Je ferme les yeux, je m’attends tellement à ce qu’il y en ait un qui me réponde que oui, pour pas faciliter la tâche. Je mets deux billets sur Jack.
more_horiz
- Ça se tente ! On pourrait presque voir ça comme une chasse aux trésors, plaisantait Ven avec un certain enthousiasme.


Le jeune homme attrapa donc précautionneusement la tête squelettique de Jack Skellington entre ses mains. Le phénomène était bien curieux : comment parvenait-il à vivre avec les membres séparés de son corps ? Serait-il capable de le sentir s’ils étaient proches ? Il devait tout de même avoir une certaine connexion avec eux. Il s’agissait tout de même de son corps ! Son histoire était à glacer le sang, presque autant que son visage. Cela ne faisait qu’accroître ce besoin de mettre fin aux agissements de la Coalition Noire. Comment pouvaient-ils être suffisamment cruels pour le laisser ainsi, des années durant ? L’idée elle-même le sidérait, le révoltait.

Roxas qui connaissait décidément ce château comme sa poche, emmena le groupe par un escalier dans un nouveau passage. Une sorte de couloir zigzaguant super sombre, humide et poussiéreux. Le groupuscule ténébreux ne prenait définitivement pas soin de son château ! Ven préféra s’en amuser plutôt que s’en énerver, découvrant cette nouvelle pièce. Des caisses grisonnantes de poussière étaient disposées ici et là, le contraignant parfois à stopper sa progression puis à les contourner.

Apparemment, pour une raison ou pour une autre, Roxas n’était pas sur la liste du Père Noël, ce qui fit poindre une moue attristée sur le visage de Ventus. Est-ce que le Père Noël lui-même se trompait sur le compte de son propre ami ? Prenait-il compte de la manière dont il avait cédé aux ténèbres au Palais des Rêves ? Non, le problème semblait plus insidieux, puisque d’après ses dires, il n’y figurait plus depuis un moment, maintenant. Mais il balaya cette question, son ami en ayant posé une nouvelle plus importante actuellement.

- J’ai peur du noir, répondit un lutin à la question de son double.


Le jeune homme observa avec sérieux les lutins qui l’entouraient. D’autres firent la même affirmation, certains se rapprochant inconsciemment de lui sous l’emprise de leur terreur. S’ils étaient si proches de lui, cela n’allait pas leur faciliter la tâche en cas d’imprévu. Il tâcha toutefois de se montrer rassurant et bienveillant avec eux.

- Est-ce que tu sens ton corps près ?
- Froid comme ce couloir.


Il y eut un nouveau silence, tandis que le groupe continuait de progresser dans ce dédale sombre.

- Sauver Noël ne sera pas une chose facile, mon enfant, avertit le Père Noël pour rompre ce calme.
- Nos collègues ont été changés en sans-cœur. Reprendre l’atelier sera une tâche périlleuse.


Le visage de Ventus se fendit d’une grimace. Si ce n’était que ça. La situation était bien pire encore que celle que les lutins lui décrivaient. Le jeune homme déglutit, anxieux à l’idée de devoir leur annoncer la terrible nouvelle. Pourtant, il était seul à pouvoir le faire. Le keyblader était le seul à avoir constaté le plus grand obstacle pour parvenir à ramener la magie de Noël.

- Ce sera impossible, dut-il se résoudre à répondre avec tristesse. Le portail menant au monde de Noël a été détruit.


La nouvelle sembla secouer les prisonniers qu’ils comptaient bien libérer. Hélas, il ne pouvait rien à ce sujet, sinon tenter de trouver un autre moyen d’accéder à leur monde. Mais ce n’était ni le lieu, ni le moment de penser à cette problématique. Ils devaient procéder par étape, à commencer par sortir de ce château obscur et poussiéreux. Après quelques marches, Ven observa les alentours : ils étaient confrontés à un nouveau problème.

- Il n’y a pas de sortie ?
more_horiz
Euh ouais... merde. Attends.

On etait arrivés au bout du petit passage. Jack nous avait laissé comprendre que non, ses membres étaient pas dans le coin, c'qu'était un peu relou. J'étais déja en train de réfléchir à comment fouiller le château entier avec tout les gardes qui allaient nous casser les couilles mais... bah ouais voilà. Y avait pas de porte. On etait complètement au bout, et ça finissait en cul de sac.

On a oublié une lanterne peut-être ? Je sais pas.

J'y croyais pas trop. Avec les lutins qui flippaient dès qu'on s'éloignait un peu trop des lanternes on avait quand même dû toutes les allumer. P'tête alors qu'ils avaient condamné la sortie ? Genre, en cas que quelqu'un viendrait libérer les prisonniers ? Ça me semblait peu probable, ils auraient pu oui, pour nous forcer à sortir par l'unique accès, maintenant encerclé par des gardes, mais allez restons sérieux, en tant d'années personne n'était venu essayer de les libérer ; tout le monde s'en foutait clairement. C'était autre chose.

Je me suis assis sur une caisse qui traînait là, et j'essayais de fouiller dans mes souvenirs... on va dire partagés avec mon double. Je le revoyais là dans ce sous-terrain en train d'allumer les lanternes avec l'aide de Big Ben, et arriver au bout du couloir où...


C'est bon je l'ai.

Je me suis levé et suis allé au bout du couloir. Une pierre dépassait legerement du mur, je posais ma main dessus et la renfonçait. De là, le mur s'est mis a trembler, jusqu'à se soulever dans un vacarme assourdissant. Quelques secondes plus tard, la voie était libre et les lutins toussaient à cause du nuage de poussière qui s'était soulevé.

Bon... j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne on l'a sous les yeux. La mauvaise c'est que vu le bordel, je serais pas étonné que les gardes commencent a rappliquer dans notre direction.

Donc il allait falloir se battre contre un nombre de gardes indeterminé, protéger nos VIP, tout ça en retrouvant les membres de Jack. Que du bonheur.

Tout le monde court tout droit. On va rejoindre la chambre de la Bête. Ne vous arrêtez surtout pas !

On se met a courir, on grimpe la volée de marches, puis la suivante pour arriver dans le dernier couloir qui nous sépare de notre objectif. Je prie interieurement pour que les membres de Jack soient dans la chambre. De là, on se casse par la fenêtre, mission accomplie, tout ça...

On arrive dans la chambre. Jack ne dit toujours rien. Enfin... rien de pertinent. Je soupire. Au moins on a un moment pour souffler je dirais. De toutes façons, la vraie fête va commencer d'ici cinq minutes, quand on viendra toquer a la porte.


Euh... bonjour ?

Oh puis merde il manquait plus que lui. Vas-y essaie d'appeller les gardes pour voir.
more_horiz
T-50 minutes avant l’arrivée de Vesper.

Je reviens de la bibliothèque. C’est le gros plus de ce château. On ne va pas se le cacher, au Jardin Radieux, il y a toute une floppée de livres, qui traitent de tous les sujets qu’on peut imaginer étudier. Il y a absolument de tout. Il faut simplement savoir où chercher. Il y a plusieurs bibliothèques localisées à plusieurs endroits dans la ville, au sommet des arts, puis à l’académie. Mais la Bibliothèque du Château de la Bête surpasse en taille et en beauté tout ce qu’on peut trouver là-bas. Sur trois niveaux, sur tous les murs de la pièce, une quantité absolument étourdissante d’ouvrages rassemblés et organisés sur de larges étagères. Une échelle coulissante est absolument nécessaire pour pouvoir les voir tous. Et quand l’on est sur la dernière échelle, au troisième niveau, il vaut mieux éviter de regarder vers le vide tant le sol semble lointain.

J’ai interrogé le bibliothécaire, un grand atlas animé justement, pour savoir ce qu’il pouvait me recommander comme roman, une histoire pleine de suspens, une enquête sombre. Sans attendre, il m’a affiché sur ses pages sous la forme d’encre mouvante les coordonnées d’un livre d’un auteur que je ne connais pas. Un certain « Harlan Coben ».

Sur le chemin du retour, je n’ai croisé personne, je m’en étonne un peu mais pas plus que cela. J’entre dans la chambre et sans traîner, ouvre la porte fenêtre donnant sur le balcon rond et pousse un fauteuil molletonné dehors juste au bord de la balustrade. Il fait un assez froid évidemment, et la journée est presque terminée, on ne profite pour ainsi dire plus des rayons du soleil se cachant derrière les montagnes. J’attrape un seau en métal reposant près de la cheminée et me servant de buches, j’allume un feu au milieu du balcon. Satisfait de mon œuvre, je m’installe sur le fauteuil, recouvert d’une couverture et démarre ma lecture à la lumière des chandeliers à l’intérieur. Il ne manquerait plus qu’un peu de musique et je pourrais presque m’endormir ainsi. Je me dis qu’à tout moment je peux apercevoir le vaisseau de Vesper amorcer sa descente et atterrir dans les jardins du domaine. C’est une nuit agréable, pleine de promesse.

T-20 minutes.

Un bruit pourtant finit par attiser ma curiosité, des pas qui s’approchent, une… troupe il semblerait ? Sans me questionner sur qui cela pourrait être, je me relève et dépose mon livre sur le fauteuil  puis regagne l’intérieur et m’apprête à interroger les gardes sur les raisons qui les amènent à exceptionnellement pénétrer dans les appartements privés de leur supérieure. Je ne pense pas être particulièrement dédaigneux, loin de là même, mais je ne recherche pas particulièrement leur compagnie quand je peux l’éviter. Peut-être est-ce encore cette histoire de Saint-Valentin.

Pourtant, je tombe nez à nez avec une troupe de l’ordre de l’extraordinaire. Ils ne sont ni des gardes noirs, ni des meubles, de toute évidence. Le seul pouvant s’approcher de cette description étant la tête tenue dans les mains du plus jeune de la bande. Le meneur, je le reconnais sans peine, et il n’a a priori, rien à faire ici.  Le plus jeune lui ressemble beaucoup mais je ne sais qui il est. Le troisième, enfin, est reconnaissable entre mille, même si ça fait très longtemps que j’ai cessé d’y croire. Que font-ils ici ?

-Euh…bonjour ?

Ouais, c’est tout ce que j’ai trouvé à dire. Je n’ai aucune connaissance de ce qui pourrait amener le maréchal de la lumière, accompagné d’une bande pour le moins hétéroclite à pénétrer dans ce château. Par ailleurs, je croyais savoir que le Père Noël était porté disparu et que selon la rumeur il était le prisonnier de la Coalition Noire. Naïvement, j’interroge le Père-Noël, je doute qu’il soit venu ici pour régler son compte à la maitresse des lieux. Mais après tout, tout est possible.

-Père Noël, que faites-vous ici, avec eux ?

Je n’ai aucune arme, aucun moyen de me défendre, juste mon ignorance à combler.

-Il est sérieux, lui ?

La tête de mort vient de se manifester, il me regarde l’air mauvais. Nul doute qu’il m’aurait frappé s’il en avait eu le pouvoir en cet instant.

-Maxence, c’est ça ?
-Oui, c’est bien ça.

Je n’arrive pas trop à comprendre ce qui est en train de se passer sous mes yeux.

-Je crois savoir que tu as été la plupart du temps un gentil garçon quand je m’occupais encore de Noël.
-Lui, gentil ? Simplet et gentil sont deux choses bien différentes.
-Euh…merci ?

Ok, c’est carrément dingue. Qu’est-ce qu’il veut que je réponde ? Ne me dites pas qu’il est venu pour les cadeaux.

-Ces deux garçons sont venus me libérer des cachots de ce château, au péril de leur vie. Ils veulent sauver Noël.

Je tourne les yeux vers les deux hommes apparentés.  Je ne peux évidemment nier mon indifférence pour cette fête, mais je ne sais quoi répondre. J’ignorais qu’il se trouvait ici avant cet instant. Bien sûr j’ai cru comprendre qu’il y a des cachots ici, et bien sûr je ne m’y suis jamais rendu, préférant sans doute fermer les yeux sur qui on peut y cacher. Vesper sait que je désapprouve la plupart des actes de la Coalition, alors nous ne parlons jamais trop de ces choses-là, et je tente toujours d’éviter le maximum de commérages les concernant, au risque d’apprendre des choses qu’elle aurait commise et que je ne pourrais cautionner. Oui, c’est bien ça, je me suis complètement fourvoyé.

-Bon c’est un crétin ou quoi ? Bats-toi ou dis quelque chose, bigre !

Je tourne les yeux autour de moi, observant les lutins sauter partout dans la chambre, jouant avec le pommeau de douche de la baignoire, sautant sur le lit. Je suis partagé entre l’idée de les aider ou tenter coûte que coûte de leur barrer la route. Je ne sais quelles seront les conséquences pour Vesper si l’on apprend que quelqu’un au sein du château a aidé ses ennemis. J’hésite encore, puis, résigné, je me prononce en leur faisant face à tous les trois « et-demi ».

-Je veux vous aider. Dites-moi ce que je peux faire.
-Déjà pas nous couvrir, c’est évident que tu ne sais pas te battre.

J'aimerais pouvoir me défendre, mais il n'a pas vraiment tort. Je me contente de faire sortir les lutins trempés du bain.
more_horiz
La pièce dans laquelle se trouvait désormais le groupe était déjà plus propre que ces passages secrets qu’ils avaient arpenté ensemble précédemment. A l’inverse, elle était totalement impeccable, à l’instar de ce couloir dans lequel ils avaient capturé deux gardes. Les murs étaient décorés de peintures, sûrement l’un des vestiges de la décoration du précédent maître des lieux. Celui que la Coalition Noire avait chassé de ce château. Le mobilier comme le grand lit double étaient d’excellente facture. Cette chambre lui inspirait une certaine classe qui n’était pas sans le ramener à celle que dégageait le Château Disney, bien que l’ambiance fut toute autre ici.

Ven, Roxas et les fugitifs se trouvaient face à l’homme qui avait plus tôt traversé le couloir de l’Aile Ouest. Ce Maxence ne semblait pas bien méchant, bien que la discussion qu’ils avaient écouté plus tôt laissait penser qu’il était une personne importante dans ce château. Bien au contraire, il lui semblait plutôt perdu et peu au fait de la situation actuelle. Le jeune homme ne comprenait pas. C’était plutôt surprenant ! Et pourtant, il ne se laissa pas désarçonner par la situation, reprenant contenance presque immédiatement.

- Hey, je m’appelle Ventus, mais tu peux m’appeler Ven !


Le garçon venait de s’approcher de Maxence pour se présenter, lui tendant sa main pour une poignée de main tandis que l’autre retenait toujours la tête de Jack Skellington.

- Tu serais pas quelqu’un d’important ici, Maxence ?
- Ça m'étonnerait, commenta la tête séparée de son corps.


Il préférait se focaliser sur ce qu’il y avait d’essentiel. L’aide de Maxence leur serait précieuse afin de démêler ce mystère et parvenir à sortir de ce château sans trop prendre de risques. Ainsi, il lui semblait important de s’assurer de la véracité de son hypothèse avant toute chose. Cela permettrait au groupe d’évaluer le soutien qu’il pourrait leur apporter en les rejoignant dans cette dangereuse évasion.

- On voudrait sortir d’ici en évitant au maximum les confrontations. Mais avant ça, on voudrait trouver le reste de son corps qui a été enfermé dans un coffre. Ça te dit quelque chose ?
more_horiz
Hmpf… Ça pue c’t’histoire. Pourquoi est-ce que ce type voudrait nous aider si ce n’est pour pas qu’on le fume ? Et Ven qui se présente comme si, d’un coup, c’était devenu son meilleur pote. J’ai l’impression que y’a que Jack qui reste un minimum rationnel. J’annonce.

Si tu veux nous aider, tu vas rester là avec les lutins, et le père noël. Se déplacer à douze dans le château, c’est jamais discret, alors qu’à… deux et demi on à nos chances, que j’dis en fixant la tête arrachée de son corps. Y’a une salle des coffres ici ? Un endroit où on pourrait garder des trucs précieux ?

Je le fixe avec le regard dur. J’essaie d’y faire comprendre qu’il a pas le choix que de faire ce qu’on lui dit, sinon je le bousille. Vesper est pas là, c’est confirmé, mais… j’aimerais encore bien qu’il s’amuse pas à refiler ceux qu’on est venus sauver aux gardes. De toutes façons, c’est ça le plan. Ven veut sauver noël, on sauvera noël, peu importe que ça implique de péter des châteaux, ou de buter des gens. Puis… c’est pas vraiment des gens, c’est des mecs de la coa. Du moment que c’est autorisé je vais pas me gêner, déjà que je me gêne pas en temps normal.

Je commence à inspecter la pièce pendant que je laisse Ven se faire un pote et Jack décharger sa haine. Il perd quand même pas le nord et visiblement cherche à obtenir quelques infos. Maxence me voit, mais ne dit rien, j’me demande s’il à peur ou s’il sait juste que ça le rendrait suspect. J’ouvre une armoire, soulève des fringues, rien. J’enchaîne avec une commode, en ouvre les tiroirs, toujours rien de spécial. Je soupire.


Jack, tes jambes, tes bras ? Y’a un truc ou… ?

Absolument… je souris, rien du tout, je tire la gueule. Ventus tu peux me gratter le nez ?

Et comme je te disais c’était même pas le pire. Quand bien même le père noël serait sauvé, il aurait toujours pas accès à son atelier comme je t’avais dit. J’avais limite été content que Ventus le sache et qu’il en parle. Ça m’évitait d’avoir à jouer les faux surpris devant le portail défoncé. Faudrait trouver autre chose, parce que réparer la porte me semblait, en plus d’être impossible, relativement relou. Je faisais pas des trucs pour les Songes si c’était pour les annuler juste après, moi.

P’tête qu’on pourrait y reconstruire un atelier, ailleurs ? P’tête au château, p’tête à Disneyville si jamais on se sortait les doigts du cul ? Ou au monde des jouets ? Ça serait raccord, ‘fin je crois.

Je tombe enfin sur une boîte, cachée dans un meuble. Je la prends et l’ouvre, mais c’est que des lettres. Je les prends et m’assieds sur le lit, jetant un regard à un Maxence agacé. C’était des lettres de sa famille, de Maxence aussi, j’en survole deux trois avant de me dire que c’est pas intéressant. ‘fin si ça l’est p’tête, mais moi je m’en bats les couilles. Je pouffe de rire sur une dernière avant de les remettre dans leur boîte et de la laisser sur le lit. Je me retourne vers la tête du lit et…


Il est pété votre lit ?

Je monte carrément dessus, sans retirer mes pompes mais en faisant quand même gaffe à rien dégueulasser, et je m’approche d’un espèce de morceau d’étoffe enroulé autour d’un montant en bois. Le truc est noué solidement, le tissu est vraiment doux, et je m’aperçois que y’a le même de l’autre côté. C’est chelou comme déco. Pire encore, on devine que la partie attachée l’est depuis un moment, si l’on compare avec la partie pendante qui elle, comporte plusieurs marques de plis.

Les bras tendus, je peux facilement les attraper tout les de… Oh ! J’ai un tacle, j’ai un tacle et j’peux vraiment pas m’empêcher de le lui sortir.


Ah… Vesper, toujours une folle du cul !

Je fais ma mine étonnée, vraiment pour le mettre à fond dans l’embarras. J’y fais pas confiance à ce connard. « Père Noël ? VOUS ICI ? » allez c’est bon nique ta mère un peu, va au Consulat si ton truc c’est le théâtre. J’me relève, et je regarde même pas une seconde Maxence. Il va essayer de nous enculer c’est sûr à mille pourcents. Il gagne du temps sûrement, en attendant que sa super snob se pointe ; il croit vraiment qu’elle va nous niquer ? Je rigole fort, mais intérieurement c’est plus pour l’image. Si on veut pas éveiller de soupçons et lui faire croire qu’on croit en lui, je reste sur mon idée de base. On repart qu’à trois, et on finit de fouiller le château.

Bon allez, on se casse. Oublie pas de donner des cookies aux lutins.

Retrouver les membres de Jack. Quelle merde.
more_horiz
T-15 minutes

Au Consulat, on vous apprend que Roxas, le guerrier de la lumière, est tout ce qu’il faut chasser et réprouver, qu’il est la véritable cause du conflit entre nos deux groupes. J’avoue n’avoir jamais eu trop d’avis sur la question. De ce que je sais, Frollo était un vrai connard, c’est tout. Evidemment, les différentes frasques du maréchal de la lumière ont nourri un certain a priori sur lui. Mais… c’était tout. Jusqu’à ces instants.

Devant l’enthousiasme de Ventus, je serre sa main chaleureusement. Je n’ai aucune raison d’être désagréable avec lui, malgré mes liens avec Vesper et avec le Consulat. Il semble, comme le Père Noël, mû par de véritables et bonnes intentions et malgré le manque d’enthousiasme de la tête de mort et du Maréchal, j’ai envie de les aider. Je ne sais pas si l’on peut dire que je suis véritablement quelqu’un d’important ici. Comme je viens de m’en apercevoir, il est déjà évident que certaines choses stratégiques se déroulent à mon insu.

En écoutant l’histoire de Ven, je comprends donc que c’est la raison pour laquelle ils sont toujours ici. Et s’ils restent dans les parages longtemps, nul doute que les gardes vont rappliquer, ou pire Vesper. Je commence à souhaiter qu’elle ne rentre pas suffisamment tôt pour éviter cette confrontation. J’ai entendu parler de l’étendue de ses pouvoirs et je suis quasiment certain qu’elle ne pourrait en ressortir quitte.  Je réfléchis quelques minutes à la localisation éventuelle des restes du corps de la tête de mort dont je ne connais toujours pas le nom et qui pendant ce temps ne se prive pas pour se foutre de ma gueule.  

Au même moment, je peux voir Roxas fouiller la chambre sans l’ombre d’une forme de pudeur pour son hôte. Il lit des lettres, je ne peux que supposer ce qu’il y a dedans, cela fait longtemps déjà et cela me met mal à l’aise. Mais qu’est-ce que je peux faire, et puis qu’est-ce qu’il y trouverait de compromettant si ce n’est l’intimité que nous avons développée elle et moi. Ces phrases qui nous appartiennent, pour lui ne représentent rien. Dès qu’il a fini avec et qu’il monte sur le lit dans la plus grandes des indifférences, j’attrape la boite et me dirige vers le secrétaire pour les ranger comme elles étaient avant, à l’abri. Cela me donnerait presque envie de les envoyer balader tous autant qu’ils sont. D’autant que personne n’a l’air véritablement dérangé par la scène qui se passe sous leurs yeux. Bien sûr, elle est leur ennemie, mais est-ce une raison ? Bon. Ce n’est qu’un lit, que du papier, rien de…grave.

Mais en entendant Roxas prononcer son nom, et mettre « toujours » dans la même phrase, le sang me glace. Je serre les poings, leur faisant dos, je baisse la tête et me concentre pour ne pas perdre mon sang froid. Qu’est-ce qu’il y a Roxas, tu tiens absolument à prouver que je n’ai aucune chance de t’infliger ne serait-ce qu’une égratignure ? Plus vite ils auront trouvé le corps, plus vite ils seront partis. Et qu’est-ce que cela veut dire « Vesper » et « toujours » dans la même phrase ? Bien sûr, il vient de lire les lettres. Pourtant, cela me pique au vif, je sens comme un sous-entendu dans cette remarque, comme s’il l’avait déjà connue, et si pas intimement, dans des circonstances autres que formelles. Je brûle d’envie de lui demander ce qu’il entend par là, outre le fait que nous avons manifestement une vie quand elle n’est pas affairée à tuer des gens.

Je n’en fais rien et me dirige à nouveau vers Ventus pour lui répondre enfin alors qu’ils semblent être sur le départ, et ce n’est définitivement pas plus mal.
-Franchement, j’en sais rien, je suis déjà allé un peu partout dans le Château à part dans les cachots, et visiblement c’était pas là. Après il y a des greniers, comme partout. Mais, une chose est sûre…

Ventus a un éclair dans l’œil en comprenant que j’ai une idée.

-S’il y a bien quelqu’un qui connait tout l’historique de ce château depuis la conquête de la Coalition et même avant, c’est Big-Ben. Il est toujours là à traîner et à fouiner. Il n’y a rien ou presque qui lui échappe. Il faut lui demander. Il était peut-être là quand votre ami est arrivé au Château et qu’on a séparé son corps de sa tête.

Je les interromps encore alors qu’ils pensaient que j’avais fini.

- Et juste au cas où, c’est le maître d’hotel, une petite pendule. Ven, j’imagine qu’il n’est pas utile que je te demande de ne pas lui faire de mal ?
-Ne t’inquiète pas Maxence, Ven veillera à ce qu’il ne lui arrive rien. N’est-ce pas Roxas ?
-D’accord.

Je me fiche pas mal des gardes noirs et de ce qui peut leur arriver, je me fiche pas mal qu’on m’en veuille de libérer des prisonniers qui prennent la poussière dans ces cachots sans jamais voir la lumière du jour en presque dix ans. En revanche, les domestiques c’est une autre histoire, ils n’ont jamais rien demandé. Je m’approche de la sonnette et tire la chaine pour déclencher l’appel dans l’office.

T-5 minutes

-Il devrait rappliquer bientôt, si vous voulez l’interroger, vous n’avez qu’à continuer dans ce couloir, vous le croiserez sans doute.
more_horiz
- Bien sûr ! T'inquiète pas Maxence, avec moi Big Ben sera en sécurité !


Ven frappa du poing contre sa poitrine, comme pour sceller cette promesse qu'il venait de faire à ce jeune homme. Quelques petits détails l'avaient surpris. Déjà, la manière qu'avait eu Roxas de fouiller la pièce était peu respectueuse. Elle était un peu brute, lui ressemblait effectivement, mais il trouvait déplacé cette façon qu'il avait eu de lire ces lettres ne lui étant pas destinées. Bien sûr, il avait ses raisons et il les comprenait, mais il avait violé l'intimité de Maxence et sa correspondante, une certaine Vesper, crut-il comprendre à la provocation de son double.

Le deuxième point qu'il avait relevé, c'était à nouveau ce manque total de confiance envers son ami. Ce n'était évidemment pas la première fois qu'il y faisait face, ayant bien vu le comportement des gardes de la Lumière à son égard. Le jeune homme en avait lui-même fait les frais lorsqu'on l'avait mépris pour Roxas au Jardin Radieux. Heureusement, il avait vite su démêler ce problème. Les autorités avaient fini par comprendre le malentendu et l'avaient libéré.

Enfin, la dernière chose lui avait arraché un sourire, piqué sa curiosité et il aurait sûrement bientôt l'occasion de le constater en personne. La tête de Jack Skellington reposait évidemment toujours dans les bras de Ven. Elle serait forcément utile pour aller au bout de cette "chasse aux trésors" improvisée en plein territoire ennemi. Le groupe passa le couloir par lequel ils étaient venus, atteignant de nouveau celui où se trouvait l'accès aux cachots. A cet instant, quelque chose percuta sa jambe, lui faisant baisser la tête.

- Faites attention où vous marchez.


Ven se baissa au niveau de la curiosité, posant la tête de Jack Skellington en équilibre sur ses genoux. Puis il attrapa le nouvel arrivant, l’inspectant sous tous les angles avec une certaine curiosité. Maxence ne mentait donc pas, il s’agissait de l’un des domestiques du château, une horloge à pendule au visage en forme de cadran. La magie de ce maître d’hôtel fit poindre un nouveau large sourire amusé sur son visage.

- Excuse-moi. Tu serais pas Big Ben ?
- Laissez-moi descendre ! Protesta-t-il en dressant une poignée insurgée vers le ciel.


Le jeune homme reposa son interlocuteur qui cessa de s’agiter, s’assurant alors en premier lieu que sa porte vitrée ne s’était pas ouverte par accident. Il reprit alors contenance, acquiesçant à la question de Ven.

- Maxence nous envoie. Il nous a expliqué que tu sais plus ou moins tout ce qui se passe ici alors…
- Où sont le reste de mes membres ?
- C’est important, souligna Ven en dressant un index d’une voix calme.


Jack venait d’aborder la question de manière plus brute, rappelant à tout le monde sa présence puisqu’il était toujours question de lui. Big Ben s’approcha alors de la tête, la détaillant tout en réfléchissant à la question.

- Lorsqu’il est arrivé au château, Bell nous a demandé de les enfermer dans un coffre en nous menaçant de nous jeter dans la cheminée. On n'avait pas vraiment le choix, nous ne sommes plus que des meubles !
- Ça a dû être dur… il posa une main compatissante un peu au-dessus de l’une des poignées, là où devrait se trouver une épaule. Et ensuite ?
- Il a emporté le coffre et sa clé. Probablement vers la Cité du Crépuscule.


Ven grimaça à cette mention. Quels fourbes ! Ils étaient parvenus à libérer la tête des griffes de la Coalition Noire mais ils devraient s’introduire dans un autre de leurs mondes afin de retrouver le reste de son corps.

- Je vois. Merci Big Ben.


Il s'apprêtait à se redresser, lorsqu’il s’arrêta sur l’une des phrases de l’horloge à pendule. La tournure était étrange, comme si…

- Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Vous n’en étiez pas avant ? S’étonna-t-il.
- Avant qu’on ne nous jette un sort, nous étions humains.
- Un sort ?
- Eh bien… c’était par une froide nuit d’hiver...
more_horiz
Je laissais Big Ben raconter sa petite histoire alors que je me plongeais dans mes pensées. Le reste de Jack était donc à la Cité du Crépuscule. Ça c’était la merde, parce qu’autant se balader dans ce moulin c’était tranquille, autant la Cité, avec Ven, ça allait être une méga galère. A mon avis Jack était pas près de remarcher tout de suite. J’avais bien une idée, mais on allait avoir besoin d’un mage pas trop dégueu pour lui animer des membres de remplacement.

Puis ce coffre… s’il était effectivement stocké à la cité du crépuscule, il devait forcément être dans le manoir et ça… c’était sûr d’avance que Ven pourrait pas y foutre les pieds. Pour autant, j’voulais pas lui flinguer le plaisir de mener a bien la mission qu’il s’était donnée. Faudrait réfléchir, au moins un peu plus qu’avant de venir ici.

Big Ben eût à peine le temps de finir son histoire que des gardes nous interpellèrent. Ils dégainèrent leurs armes et se mirent en garde, en avançant vers nous. Ça me vexait presque qu’ils se mettent pas à partir en courant, mais qu’est-ce que tu veux, y’avait encore deux trois mongols qui se croyaient à la hauteur.

J’ai laissé le restant du groupe derrière moi, et, keyblades en main, j’ai foncé vers les gardes. Un peu avant l’impact, j’ai sauté et ai tourné sur moi même pour faire un genre de toupie en plein dans leur gueule. Fallait que je pense non létal, au moins devant Ven. J’ai atterri, j’ai balayé le sol autour de moi d’un revers d’épée avant d’attraper un des gardes en plein vol, par la jambe. Je l’ai tiré vers moi et j’y ai mis un gros pain dans sa gueule pour le faire rejoindre le sol. Sa tête s’enfonça dans le pavé du couloir, mais il était toujours vivant !

Pis, j’ai mis mon arme dans mon dos pour bloquer un coup d’épée, avant de recouvrir son arme de ma seconde. J’ai fait un flip arrière pour me repositionner derrière lui, et d’un habile jeu de jambe dont moi seul ai le secret, je l’ai mis à genoux, là pour le coup sûrement en lui pétant tout les petits os du genou.

Il m’en restait que deux. Un avec une lance, et l’autre avec une hache. J’ai roulé sous un coup de hache venant de mon côté gauche et, en me relevant, j’y ai décoché mon meilleur kick dans les côtes avant de temporairement lâcher mes armes et de venir le claquer des deux mains au niveau des oreilles. Le garde fut sonné, et je n’eus qu’à lui faire un croche-pied pour qu’il chute au sol, tout blanc.


T’aurais pas du me tourner le dos !

Calme toi on est pas en prison. Ça n’a pas de sens. J’écartai les bras, libérant mon torse. Vas-y, j’me rends. Fais toi plaiz’.

Le gars resserre son emprise sur le manche de son arme et s’apprête à me planter en plein dans les bide. Je souris, et je contracte mes abdos en béton. La pointe de la lance pique ma peau, mais explose en de multiples fragments de fer qui sont projetés de part et d’autre du couloir. La vibration du choc revient jusque dans ses bras, puis se propage jusqu’à ses épaules. Le gars lâche son arme et me regarde, les yeux limites en train de se barrer de leurs trous.

Mais… Euh…

BOUH !

Le gars hurla, et se mit à fuir, retournant de là où ils étaient tous venus sous les provocations de Jack. Il disparut de notre vue en tournant dans l’angle d’un mur, moi, je me retournais en direction de Ven.

Bon bah en fin de compte, ça devrait pas être si dur de ressortir, on a plus qu’à se barrer, dis-je avant d’être coupé par un son de moteur résonnant dans tout les murs. Un vaisseau qui venait de survoler le château ? Ou qui venait de se poser peut-être ?

C’était quand même pas le coup de l’événement inattendu qui survient juste après une phrase du genre de celle que je viens de sortir, quand même. Si c’était ça, la coalition s’enfonçait vraiment trop dans le cliché.


On attendait du monde Big Ben ?

Eh bien, Dame Earl s'était absentée. J'imagine qu'elle est de retour, en tout cas ces sons ressemblent fortement à ceux de son vaisseau.

Ouais... ok... Bon, c'est chiant. D'jà si on te demande, tu nous as pas vus, ça t'évitera peut-être des emmerdes. File, va te planquer.

Je me retournais vers Ven.

Va falloir trouver un moyen de tous les sortir de là. Si on tombe sur la Maréchale de la Coalition, ça va être la douille.
more_horiz
Je n’avais pas pris la peine de poser le chasseur dans le jardin comme je le faisais habituellement, j’avais directement atterri sur les terrasses qui bordaient le château. M’étant éjectant dès que possible du vaisseau, je m’étais ruée vers l’intérieur. Ma seule priorité était de retrouver Maxence, m’assurer qu’il allait bien et si possible l’écarter tant que faire se peut de Roxas. Je ne me faisais aucune illusion sur ses scrupules. Il n’avait pas adopté d’attitude cohérente envers nous jusque-là, tantôt l’allié de Death, tantôt son ennemi, je ne pouvais donc me fier à lui.

Je pris une des petites portes qui menaient à l’office et y pénétrai en ouvrant la porte violemment. Elle claqua contre le mur plus fort que je ne l’aurais voulu, faisant trembler le verre dans les châssis. Les domestiques sursautèrent et arrêtèrent leur occupation. Je me rappelai le jour qu’on était, ils devaient sans doute être en train de préparer leur petite fête.

-Savez-vous où est Monsieur Maxence, Mrs Samovar ? L’avez-vous vu récemment ?
-Pas depuis que je lui ai apporté une boisson chaude il y a déjà quelques heures, Madame.

Je m’apprêtai à reprendre ma course vers les étages supérieurs quand elle ajouta une information.

-Mais Big-Ben est sans doute déjà dans votre chambre à l’heure qu’il est, il est parti il y a quelques minutes environ. Monsieur Maxence avait sonné.

Dans ce cas, pourquoi est-ce que mes hommes ne l’avaient pas trouvé dans sa chambre quand je les y avais envoyés ? Il y avait quand même à cet instant une menace qui se promenait peut-être dans le château. Et si c’était quelqu’un d’autre qui avait sonné dans la chambre, et si… ?

-Madame, puis-je vous demander ce qui se passe ?
-Des étrangers ou des ennemis se promènent en ce moment dans le château, Mrs Samovar.  Je vous laisse. Barricadez-vous ici et n’en sortez que sur mon ordre ou sur celui de Monsieur Maxence.

Je me mis à courir direction l’aile ouest, je croisai mes hommes en chemin qui m’interrompirent au milieu du hall principal.

-Madame, vous êtes rentrée !
-Faites moi un point rapide sur la situation, lieutenant.

Le lieutenant Shephard était entouré d’une dizaine d’hommes, en tenue de combat et armés. Ils étaient manifestement prêts à en découdre. Prêts à mourir aussi, je l’espérais pour eux.

-Bon. On a fait comme vous avez dit. On a attendu ici que vous rentriez. Nous n’avons pas de nouvelles des quatre hommes que nous avions envoyés dans un premier temps donc on suppose que…
-Je vois. Donc pas de nouvelle de Maxence ?
-Aucune Madame. Mais il se peut qu’il soit tout simplement dans votre chambre.

Effectivement cela restait une possibilité. Mais que les hommes envoyés soient sains et saufs, je commençais à en douter sérieusement. Non, ils avaient forcément du croiser le chemin du Maréchal de la Lumière.

-Très bien, allons-y.

Nous pressâmes donc de rejoindre l’aile ouest, j’ouvrais la marche. Et nous les vîmes ainsi de l’autre côté du couloir. Ils étaient deux. Lui et une version miniature d’après ce que je pouvais voir de si loin. Puis il y avait Big-Ben. Ils nous remarquèrent immédiatement. Je continuai donc d’avancer, mais en marchant cette fois et en intimant d’un geste de la main aux gardes de rester près mais légèrement en retrait. Mon épée était encore dans son fourreau mais j’étais prête à la dégainer n’importe quand.

Plus je me rapprochais, plus je voyais ce visage sûr de lui, et plus les souvenirs restés volontairement vagues dans mon esprit se reprécisaient dans ma tête. Quand je fus suffisamment proche pour être à portée de voix, je fis un commentaire comme mot de bienvenue.

-Je vois que tu fais toujours comme chez toi, ici, Maréchal.

Je fis un geste de la tête vers mes hommes à terre, plusieurs étaient inconscients, d’autres gémissaient de douleur. Je n’allais pas le vouvoyer étant donné notre dernière entrevue. Je m’apprêtais à rajouter quelque chose quand j’entendis des bruits de pas provenir de l’escalier. Je reconnus la démarche de Maxence, puis le vis apparaître. Il s’approcha du groupe ennemi, sans trop sembler s’inquiéter. Je ne pus m’empêcher de laisser paraître une fissure dans l’armure que je m’étais construite à sa vue, il était sain et sauf. Je ne pus pas non plus m’empêcher de le fixer quelques secondes alors qu’il semblait mal à l’aise.
Tout ce que je voulais maintenant, c’était qu’ils s’en aillent, qu’ils s’éloignent de lui, de nous. Tant pis pour les gardes, tant pis pour la raison de leur visite.

-Tu n’es plus le bienvenu ici, tu as blessé mes hommes, et fait dieu-sait-quoi des autres, tu as récupéré cette chose… et ton bonhomme rouge. Maintenant va-t’en.
-Mais Vesper ils…

Où était le Père Noël d’ailleurs ? Je savais d’après les informations du gummiphone données par la tour de contrôle que c’était lui qu’ils étaient venus chercher. J’interrompris Maxence.

-Non. Maxence. Je me fiche des raisons qui les ont menés ici. Ils ont eu ce qu’ils voulaient. Il va s’en aller comme un voleur parce que c’est tout ce qu’il sait faire.
Evidemment, je ne pouvais m’empêcher de laisser passer dans mes mots l’agressivité et la rancœur qu’il m’inspirait désormais. Et je savais qu’il nous méprisait tout autant, sinon il ne nous aurait pas autant bafoué au Palais des Rêves, et il m’aurait traitée avec un peu plus de respect ce soir-là, même en étant ivre mort. Non, je savais que j’avais fait ce que j’avais pu à l’époque, pour tenter de gagner une aide précieuse. Mais tout cela n’avait finalement servi à rien. Et cela ressurgissait en moi plus que jamais, ma gorge était obstruée, mes épaules tendues. Je sentais mon arme glisser le long de ma jambe, prête à servir n’importe quand.  Tout cela sous les yeux incrédules de Maxence qui ne devait surtout pas apprendre le déroulé de cette fameuse nuit.
more_horiz
Bah en fait, c’est un partout chez moi… ? J’veux dire, j’connais personne qui soit en mesure de m’interdire quoi que ce soit alors…

En vrai je fais le malin, mais c’est tendax. Il me faut un plan. Si elle charge, j’la bloque easy, mais c’est pas la même chose pour Ventus. Si y’a bagarre, j’dois a la fois lui botter et le cul, et protéger le sien. Note que si jamais elle le touche, elle s’expose quand même a un pétage de gueule comme jamais elle a du en recevoir ; en fait, une leçon d’humilité. Je vais gagner du temps. Si je la provoque, elle va p’tête me bourrer moi, donc Ven pourra sûrement se tirer sans problèmes. Y’a encore les gardes derrières qui nous barrent la route, mais la « maréchale » ne serait plus un problème. J’me retourne vers Maxence.

Putain mec tu déconnes. Elles sont où tes couilles ? Tu vas la laisser te couper comme ça ?

Et elle continue. De quoi je vais me barrer comme un voleur ? Mais quelle pute celle là. Vas-y comment elle me saoule à péter plus haut que son cul. Elle vaut que dalle, tout le monde raconte que c’est une ouf, p’tête même qu’elle est crainte et… Tss. J’sens qu’avant de la journée elle aura eu un aperçu de ce que c’est que d’être le numéro uno. Je gagne du temps.

Me barrer comme un voleur ? T’abuses ! T’aurais préféré quoi ? Que j’te dépose dix munnies sur la table de chevet ?

Je rigole, genre j’me fous bien de sa gueule. Et d’un autre côté, ça marche parce que l’Maxence, j’le sens qu’il grince des dents. On dirait pas comme ça, parce que je parais serein mais, j’essaie de débloquer la situation. Si je bouge, y’a quatre-vingt dix pour-cent de chances que Ven se fasse cartonner.

…. ça les valait même pas !

J’me baisse pour éviter un coup de la part de Maxence. Genre un gros coup en traître là. Son poing passe au dessus de moi, j’me relève pour attraper son bras, le frapper au niveau du coude et j’viens le passer derrière son dos. J’invoque une keyblade et je la met sous sa gorge. J’suis sûr que Ven me regarde sidéré, mais j’ai pas trop le choix.

Jamais se fier a qui que ce soit quand il s’agit de la coalition. Ventus, file. Tu fais demi tour, tu prends le père noël et les lutins. Tu sais utiliser le planeur, alors prends ça.

Je fais apparaître Tendre Promesse et je lui tends.

Moi d’habitude je fais un deux places, j’imagine que ça peut marcher pour toi aussi.

Il décale pas.

Bouge ! J’te rattrape plus tard, genre… au pont.

Je reporte toute mon attention vers Vesper. J’ai son mec sous ma lame. J’attends qu’on soit tranquilles et j’le repousse d’un coup de pied dans le dos. Il traverse le couloir en direction de la fausse maréchale et disparaît de ma vue.


J’suis vexé. Il a plus de couilles envers moi qu’envers toi. J’suis censé comprendre quoi ?

J’ai qu’une arme. Ça fait vingt ans que je me suis pas battu comme ça. Faut que je pense que j’ai qu’un bras qui sert vraiment à quelque chose, même si je pense que je l’étale les mains liées. Je commence à scintiller, y’a la lumière qui m’enveloppe et je disparais pour réapparaître dans son dos, prêt à la frapper.
more_horiz
- Vous déconnez, j’espère ?!


Ven fronça les sourcils et serra les dents. Il matérialisa sa Keyblade, manquant de s’élancer dès cette pique agressive de la Maréchale. Il devait contenir son impulsivité pour le bien des opérations, mais l’envie ne lui manquait pas de flanquer son poing dans la figure de la coalisée. Cette nouvelle invitée semblait être une personne importante dans ce château. Mais en seulement quelques instants, elle avait totalement dépassé les bornes. Pourtant, il ne s’en étonna même pas. Ven avait bien écouté attentivement le récit de Big Ben.

Les domestiques ainsi que le maître des lieux, la Bête, avaient à une époque été maudits par une sorcière. Le prince auquel ce château appartenait l’en avait chassé parce qu’elle était une mendiante. Elle s’était alors vengée en jetant ce sort au château. Un sort que Belle, l’une des princesses de cœur ainsi que la Bête étaient parvenus à briser par la force de leur amour.

Mais évidemment, la Coalition Noire ne l’avait pas entendu de cette oreille. Le groupuscule ténébreux avait un jour attaqué le château. Pour le défendre, le Prince s’était vu contraint de retrouver son apparence monstrueuse, transformant par la même occasion de nouveau en meubles les domestiques du château. Ils avaient chassé la Bête, qui n’avait pour autant pas abandonné. Elle avait tenté une fois sans succès de libérer sa bien-aimée des cachots dans lesquels elle avait été enfermée, qui fut pourtant délivrée plus tard par Jecht. Ce même homme qui avait délivré les princesses Jasmine et Aurore, d’après l’Éclaireur.

Le jeune homme n’avait pas vraiment eu le temps de digérer ce récit, ni de réfléchir trop amplement à la manière dont il pourrait aider les domestiques du château. Bien sûr, l’idéal serait de réunir la Belle et la Bête et de libérer ce château de l’emprise du groupe. Mais l’objectif était pour le moment trop ambitieux. Les risques étaient trop conséquents pour les innocents meubles.

Pour l’heure, les mots de cette Vesper Earl l’avaient fortement irrité, vis-à-vis de cette histoire.

- Vous êtes gonflée, c’est pas croyable ! Il balaya l’air de son arme, sur l’effet de la colère. C’est vous qui êtes les voleurs ici ! Et un jour, vous serez bien forcés de rendre son château à son véritable propriétaire. Il pointa sa clé de manière accusatrice en direction de la Maréchale. Et puis ce sont VOS hommes qui ont cherché à nous blesser, non l’inverse.


L’ambiance était électrique. Ven s’était tant emporté, tant révolté face à l’injustice de la coalisée qu’il fut pris de court lorsque Maxence tenta d’agresser Roxas et que celui-ci se retrouva avec une Keyblade sous la gorge. Il étouffa une exclamation de surprise, scandalisé par cette trahison soudaine. Jusqu’ici, il lui avait semblé sensible aux problèmes des prisonniers, volontaire pour les aider. Mais donc, c’était ainsi. Il était des leurs. La Coalition Noire fonctionnait donc de cette manière. Ils n’étaient rien de plus qu’un groupe de lâches sans parole.

Le garçon n’avait pas été à ce point courroucé depuis un bail. Même la manière dont son double lui demanda de faire demi-tour ne lui plut pas, tant il souhaitait en découdre avec ces vils personnages. Et pourtant, il ne perdit pas le nord, prit une inspiration calme, se remémorant ce qui lui avait été enseigné jusqu’ici. Maître Eraqus le lui avait déjà expliqué. Sa manière de s’emporter était tant une qualité qu’un défaut. Il était important de suivre son coeur, mais il ne fallait pas succomber à la colère, à la haine, à la rage. Car celles-ci ne conduisaient qu’aux ténèbres.

Ven fit disparaître Brise Légère, attrapa la Keyblade de Roxas et hocha la tête. Il n’avait pas d’autre choix que d’acquiescer. L’un d’entre eux devait mettre en sécurité les prisonniers avant qu’ils ne soient pris dans cette confrontation. Et visiblement, Roxas était largement en mesure de les retarder. Il allait lui faire confiance.

- Compte sur moi pour les amener en sûreté. Sois prudent. Je reviendrai t’aider !


Ventus s’élança enfin dans la direction opposée, en direction de la chambre dont ils venaient.
more_horiz
J’avais pu écouter les deux doubles avoir leur propre interprétation de ma façon de les accueillir. L’un me donnait sa leçon de bon samaritain alors que je venais de leur donner une occasion de s’en aller, tandis que l’autre me narguait avec sa délicatesse habituelle, puis provoquait Maxence par pur plaisir alors que…

Et Maxence avait commis l’erreur de se laisser emporter par quelques provocations franchement risibles. Mais voilà, il n’y était pas habitué. Il ne savait pas ce que c’était d’être le méchant dans l’histoire et d’être détesté. Il ne savait pas non plus ce que c’était de faire face à un homme contre lequel tu savais que tu ne pouvais pas l’emporter. Et oui, j’avais déjà dû m’écraser par le passé. Et s’il n’avait pas été là, j’aurais recommencé mille fois sans hésiter. Je l’aurais repris sur mon dos ce merdeux, on aurait rejoué au cheval et au cavalier… mais non. En cet instant, Roxas tenait Maxence sous son emprise, lame contre sa gorge, et c’était mon univers qu’il tenait ainsi avec si peu d’égards. Il envoya le gamin promener mais tout ce que je pouvais voir c’était l’expression confuse et tétanisée de Maxence. S’il mourait là en cet instant, je ne savais pas ce qu’il adviendrait de moi. Tout s’arrêterait.

Au bout d’un instant il lâcha son emprise et le propulsa violemment de l’autre côté du couloir, je sentis son corps m’effleurer le bras, puis s’écraser à terre. Je m’assurai qu’il allait bien, et c’était le cas. Mais j’étais déjà trop énervée. Je n’écoutais même pas sa remarque sur ses histoires de virilité.

Je le vis disparaître devant mes yeux et je sentis sa présence dans mon dos. Tandis que je me retournai, je sentis son coup dans le dos au milieu des omoplates, douloureux, aigu, je me crispai immédiatement. Mon arme continua pourtant son chemin, je dirigeai son tranchant vers le flanc gauche du Maréchal de la lumière. Il stoppa le coup, mon épée allant résonner violemment sur le métal de sa keyblade. La vibration traversa mon bras, il était plus véloce que moi. Je continuai malgré tout, retirant mon épée vers moi puis donnant un coup d’estoc en direction de son sternum, mais il l’évita en se baissant de justesse, comme disparaissant d’une image rétinienne à l’autre. J’enchainai ainsi plusieurs coups qu’il bloqua ou évita. Nous étions à quelques mètres l’un de l’autre, ma respiration était déjà plus saccadée qu’au départ, même si je n’avais pas encore montré tout ce dont j’étais capable.  

-Il faut vraiment que la « lumière » soit tombée bien bas pour traiter aussi mal la seule personne qui a bien voulu l’aider.

Je faisais évidemment référence à Maxence qui était toujours là dans le couloir. Je n’arrivais pas à lui en vouloir d’avoir cherché à les aider mais voilà tout ce qu’on pouvait attendre de la lumière. Et c’était ainsi qu’il était remercié, avec des railleries. Roxas savait visiblement mieux se faire obéir de ses compagnons. Je lui avais fait un signe de tête, grave et suppliant, pour lui intimer de s’en aller mais il n’en avait rien fait. Il avait dû comprendre la gravité de la situation, il devait savoir qu’il était possible que je ne ressorte pas vivante de cet échange.

-Je t’ai donné une occasion de t’en aller avec ta bande, et tu as préféré cracher sur sa bonne volonté. C’est comme ça que tu passes ton temps quand tu te fais chier, Maréchal ?
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum