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« Où je suis ? » dit une voix.

L’écho se répand dans les couloirs plongés dans les ténèbres. Quelques torches permettent d’apercevoir des ombres étranges se mouvoir au gré des courants d’air. On entend un crissement métallique au loin, comme une cellule que l’on aurait ouverte.

Des bruits de pas se font entendre à leur tour, au loin eux aussi. Des gardes certainement en patrouille ou qui déplacent un prisonnier doit-il penser. Tout ceci est bien normal, après tout, nous sommes dans les prisons de la Coalition. Cependant, nous faisons sentir une pression à notre nouveau locataire.

Oui. Une pression… Après tout, nous n’avons pas pour ordre de tuer… Et c’est tant mieux…

L’homme enfermé se redresse, comme attiré par l’inexplicable succession de bruits étranges qui résonnent un peu partout. Il n’y a aucune voix et pourtant la prison semble plongée dans un brouhaha discret et infernal.

Des chaînes grattent le sol, des pas déambulent dans les allées, de l’eau ruisselle dans certains petits craquements qui agrémentent les murs des cellules, un héritage des anciens locataires, depuis longtemps morts ou relâchés après torture. Cependant, les ténèbres peuvent réserver bien des choses à ceux qui osent nous défier.

Un cri retentit.

Pas un simple cri, non… Un cri glaçant, terrifiant, mêlant à la fois douleur et peur. L’effroi le plus total. Notre bien malheureux prisonnier s’approche des barreaux, comme pour savoir de quelle cellule cela vient. Il ne semble pas déterminé à parler, ni à appeler un garde… Après tout, il est peut-être le prochain ?

Une démarche lourde d’hommes en armure se fait entendre non loin de là, dans un des couloirs annexes. L’atmosphère est lourde et le jeune prisonnier quitte ses barreaux pour se réfugier au fond de sa cage de rats, dans un certain moment de lucidité.

Sauf que l’homme en armure… C’est nous.

Nous nous arrêtons à proximité d’une torche, notre carrure est imposante, massive, renforcée par cette épaisse armure de plaques noire que nous portons avec un certain panache. Il ne nous voit pas encore directement, mais l’ombre que la torche projette, elle, est partiellement visible de sa cellule.

Il fait froid. Il doit commencer à s’en rendre compte. Nous avançons de nouveau de trois pas, de quoi faire vibrer notre armure à chaque impact sur le sol en pierres de la prison. D’un bref et grand mouvement du bras, nous ouvrons la porte d’une cellule d’où retentit à nouveau un horrible hurlement.

Il doit commencer à trembler de terreur dans sa cage, le petit oiseau délicieux. Nous pouvons sentir sa peur d’ici… Elle nous nourrit. Elle nous fait grandir et avec elle… Non… Ne nous emportons pas, il nous faut encore du temps… Du temps, oui.
Nous refermons avec fracas la cage que nous venons d’ouvrir. Nous avançons de nouveau de deux pas, un pas lent. Un pas mesuré, un pas qui fait monter la pression sur le pauvre homme. Nous voyons qu’il s’approche un peu des barreaux en rampant sur le sol, certainement une technique qu’il a appris parmi les rebelles d’Hayner. Ces petits êtres aux grandes ambitions sont assez divertissants en vérité, bien qu’ils soient plus difficiles à noircir que le reste des humains peuplant ce monde.

Il ne dit rien, il ne fait que nous entrevoir du coin de l’œil. Il regarde surtout cette ombre qui semble immense et qui se rapproche peu à peu de lui, comme si elle était douée elle-même de conscience. Comme si quelque chose l’animait…


« Je sais que tu es là. Death m’envoie. » lançons-nous d’une voix grave masculine.

Un chevalier noir au service de Death pour terrifier les prisonniers ? Cela nous semble très crédible… Cela devrait l’être aussi pour notre partenaire onirique. Nous décidons d’avancer encore, le pas décidé pour apparaître finalement dans la pénombre devant le rat des égouts.

Notre visage n’apparaît guère, cependant notre taille et notre armure, toutes les deux immenses en comparaison du jeune homme, fait son petit effet. Une grande épée, salie par du sang encore frais qui coule le long de la lame. Le rat se proscrit au fond de sa cage, peu enclin à s’approcher d’une telle montagne.


« Ton nom, être inférieur ? » demandons-nous, la voix froide et impassible.

Il a l’air de ne pas vraiment comprendre ce qui plane au-dessus de sa misérable tête de pitoyable rebelle. Qu’est-ce qui nous retient d’arracher cette pauvre barrière pour plonger notre lame dans son torse et lui saisir la cage thoracique pour l’écraser pour le mur.

Qu’est-ce que cela serait plaisant de voir le sang dégouliné tandis que nous contemplons les derniers sursauts de vie dans ses yeux avant que tout ne s’éteigne. Regarder cette vie partir au loin, anéantie par notre colère plusieurs fois millénaires.

Mais non… Non.

Auparavant dissimulés par les ténèbres, nos yeux s’illuminent désormais d’une lueur jaunâtre aussi mystérieuse qu’inquiétante. Quel genre de créatures peut bien avoir un tel regard ? De nombreuses, en réalité.

Nous plongeons notre regard dans le sien. Les murs de sa cellule semblent se rapprocher de lui, de plus en plus. L’espace change, l’espace diminue, l’espace évolue. Bientôt, l’air devient glacial, les flammes des torches changent de couleur pour adopter un bleu froid et sans joie tandis que les murmures des ruissellements semblent s’amplifier à mesure du temps qui passe.


« Trop faible… »

« Tes amis t’ont abandonné… »

« Tu es si seul… Tu n’es qu’un bon à rien. »

« Pourquoi se battre face à l’inévitable ? Tu as échoué, enfuis toi pendant que tu le peux encore. »

« Tu vas mourir ici, et plus personne ne se souviendra de toi. »


Il se prend les mains entre les oreilles, comme pour faire taire nos honnêtes et franches vérités. Mais c’est impossible, l’esprit en marche pas ainsi. Tu es seul ici, petite chose sans défenses et ce n’est pas tes pauvres mains qui peuvent nous arrêter.

« Si tu parles, je pourrais peut-être arrêter les murmures. Sinon, je peux aussi les amplifier. » disons-nous avec un petit pouffement de rire qui fait grincer notre armure rutilante.

Il redresse la tête vers nous avant de la rebaisser face à notre regard jaunâtre perçant.


« Liam… Je m’appelle Liam… Arrêtez les murmures s’il vous plaît.
- Peut-être… Pour l’instant, je n’en ai pas envie. »

Nous posons la main sur la grille. Même sans clefs, le mécanisme se déverrouille sans encombre. Je n’ai plus qu’à pousser légèrement pour pénétrer dans la modeste résidence de notre prisonnier. De toute façon, il ne peut aller nulle part avec moi.

Un éclair de génie lui fait prendre confiance de la gigantesque lame ensanglantée que nous tenons dans la main et qui vient abreuver les minuscules flaques d’eau de sang frais. Nous devons faire preuve d’une immense retenue pour ne pas lâcher les enfers cauchemardesques sur lui.

Se retenir est si difficile…


« Tu travailles pour le fameux Hayner, c’est ça ? Un de nos gardes t’a trouvé dans les égouts avec un autre comploteur… Ce n’est pas bien de se rebeller contre la véritable autorité de ce monde, hum ? Qu’as-tu à dire pour ta défense, pauvre merde ? »

Le langage est cru et grossier, mais nous ne devons pas réellement jouer dans la finesse ici. Il faut l’interroger, point. Pas tuer, pas tuer, pas tuer…

« Je… Enfin, nous… Euh… Je ne peux pas parler… » dit-il d’un ton qu’il n’assume pas vraiment, il sait très bien ce qui va se passer ensuite.

Nous plantons la lame dans le sol d’un geste rapide mais puissant en apparence, puis nous avançons de quelques pas vers lui. Il est à nos pieds, rampant au sol.

Nous mettons un genou à terre, pour être à « son niveau » tandis que les murmures l’assaillent de plus bel.


« Écoute moi bien Liam… Dis-moi tout ce que tu sais et je ne te tuerai pas. Si tu refuses… Ou si tu me mens, je prendrais ta tête entre mes mains et je l’écraserai comme une grosse pomme de terre. Et crois-moi bien que cela fait très très mal quand le crâne se fissure. »

Il tremble et lâche même quelques larmes discrètes. Il hoche finalement la tête, en signe d’acceptation lorsque nous faisons mine de nous baisser pour poser une main sur sa nuque.

« Bien. Hayner… Où est-il et qu’est-ce que les rebelles prévoient contre la Coalition prochainement ? » demandons-nous, calmement.

Un nouveau cri retentit dans les couloirs, un cri de douleur. Suivi d’une série de « non, non » et enfin d’un grand coup sourd. Peut-être un marteau, ou une hache. A vrai dire, nous nous en fichons un peu, contrairement à ce petit Liam.


« Ah, je crois que Gork en a fini avec son prisonnier… Si tu veux que je lui dise de ne pas passer te voir, il va falloir que tu me donnes quelque chose en échange… Parle… Et vite ! » insistons-nous.

« Je… Je… Je ne sais pas où est Hayner. Sa planque change très régulièrement…
- Il est sur ce monde ou ailleurs ?
- Je pense qu’il est ici oui !
- Tu « penses » ?!
- Il est là, c’est sûr ! C’est sûr ! »

Tsss… Saletés de chiens.

« Où est sa dernière planque connue ?
- Une section des égouts, pas loin du Clocher… Mais il a déjà dû partir… J’imagine…
- Qu’est-ce que vous prévoyez comme actions ? Pourquoi tu montais la garde dans les égouts ?
- On protégeait un transport d’armes et de nourriture… Et… On a deux actions de… Plus ou moins prêtes.
- Lesquelles ?
- Nous allons… Nous avons vu que le chantier est très protégé par la garde noire… Nous voulons donc attaquer le manoir de Death qui a été affaibli par un assaut récent pour faire diversion et libérer des esclaves et ouvriers… Et…
- Et ?
- Et on veut se procurer un poison pour empoisonner les réserves d’eau de la garde noire pour qu’ils tombent malades et qu’on en profite pour voler leur matériel et leurs armes…
- Cela me semble bien… Très bien mon petit Liam… » disons-nous tout en appuyant sur la blessure au genou du prisonnier.

Il crie de douleur avant tandis que plantons nos doigts armurés dans la plaie que nous triturons dans tous les sens. Dans un dernier hurlement de terreur, il disparaît… Il est réveillé, quel dommage.

Hum… Cela nous a fait du bien… Allons voir la garde noire, elle sera ravie d’entendre ce que nous avons appris de ce petit rebelle endormi… Vivement que notre puissance se réveille elle aussi, servir de simple serviteur "allié" de Death nous... Agace quelque peu... Tsss...

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L'Ombre dans le couloir Rk1Fvqx

Le coeur du Sombre Titan est-il fait de glace noire ?
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Me voilà ! Je crois que c'est la première fois que je vais pouvoir noter Yhl'Ganoth et ses tentacules...

A moins qu'il ne s'agisse de Famfrit et sa grosse armure... Ah non.

Bon, après avoir lu une seconde fois le rp, je dois dire que tu sais poser l'ambiance et annoncer la couleur du rp : t'es venu terroriser une pauvre âme pour la faire parler. Les descriptions sont suffisamment fournies pour que je puisse m'imaginer à quel point c'est creepy. De ce côté-ci, ça me fait penser à certaines choses que j'ai pu lire du côté de l'Innommable.

On va déjà en venir au cœur du texte : la mission en elle-même. Bon, je t'avais annoncé que le PNJ n'était pas vraiment défini lors de sa première apparition. Ça pouvait être l'occasion de rattraper le coup. Je dois avouer être resté sur ma faim de ce côté. Pas de description, même vague de ce Liam (puisque tu l'as nommé, ce qui est déjà bien, je te l'accorde). Après, je peux comprendre pourquoi elle n'est pas venu tôt dans le texte, tu racontais plutôt comment lui voyait les événements. Ça alimentait l'ambiance. Néanmoins, je pense que oui, peut-être aurait-ce été bien d'avoir une description vague qu'on puisse se visualiser la scène autant que possible. Mine de rien, ça contribue à l'immersion.

Concernant la réalisation en elle-même, Liam a vite pris peur et parlé, c'était pas bien difficile. Mais au moins, il n'a pas trop parlé. Dans un premier temps, il a donné une info dont on aurait aucune utilité. Il parle de chantier, mais visiblement ne semble pas en savoir plus ce qui n'est pas anormal. Et donc on en arrive à l'information importante : les rebelles veulent attaquer le manoir. On ne sait cependant pas quand ni comment. En soi, on comprend facilement pourquoi ils font ce choix, mais ça reste quand même un gros coup, mais c'est juste le moment où jamais pour eux en fait.

Par contre, l'idée de s'en servir comme diversion (ce qui, en cas de pépin, assure tout de même leurs arrières) pour empoisonner la garde noire et subtiliser du matériel, c'est une bonne idée. La fin semble teaser quelque chose également.

Mission accomplie !

Facile : 11 points d'expérience, 100 munnies et 2 PS en Symbiose.
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