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Il ne pleut pas. Nazik se fait donc remarquer, ainsi à marcher sous son parapluie déployé, quoiqu'on puisse confondre la chose avec une ombrelle. De manière très ordinaire, le jeune homme tient son petit parasol à la cheville, le manche étant une jambe de couleur bois à la texture chair. L'ouvrant de l'objet est rouge sang, quasiment écarlate dans les ombres violettes du soleil noir. Les passants, les gardes avec eux, regardent avec crainte et dégout ce drôle de duo. Car le parapluie a un gros oeil et une bouche d'où s'échappe une horrible langue fourchue, dans un style nippon, c'est un démon prenant la forme d'une sinistre ombrelle.
Pas peu fier de lui, Nazik se ballade en souriant… un démon à la main en guise d'accessoire, lui prend alors un goût certain pour l'apparat.

" Je crois que j'ai compris le truc. "

" Tant mieux pour toi ! " Le parapluie râle sans parvenir à cacher sa joie et provoque un rire léger chez l'invocateur, celui-ci levant les yeux vers le ciel obstrué.

" Désolé qu'on ne fasse que se ballader, je cherche encore quelque chose d'intéréssant à faire. " Déclare Nazik, ralentissant le pas à la manière d'un félin qui guette une proie qui passerait par-là. " J'ai quelques idées mais… "

" …mais ? " Demande le parapluie, s'impatientant de la suite. Paraissant presque le provoqué, le jeune homme reste un certain temps plongé dans ses idées, les yeux dans le vague.

" Disons qu'elles sont toutes très dangereuses et très immatures. " Répond-il, enfin, ayant l'air de s'arracher à un endormissement momentané.

" Au moins, pour une fois, je suis appelé pour autre chose que me prendre la pluie. " Le parapluie râle encore mais, au moment de conclure, laisse sa voix qui déraille s'éclaircir d'un peu de joie. " Ca fait du bien d'être au sec, pour une fois ! "

Karakasa prend une grande inspiration et savoure l'air sec de la Citée du Crépuscule, fait le bruit d'une créature contentée. Brusque et froid, bien qu'ayant conservé son sourire, Nazik l'interrompt dans son moment de dégustation.  

" Voilà une de mes idées. " L'invocateur s'arrête et tend le bras, lâchant son parapluie pour qu'il tombe sur sa seule jambe fléchie. Patient, le jeune homme attends que d'un bond, l'invocation se retourne pour lui faire face. Le jeune homme a un regard de fer et celui-ci se marie sournoisement à son sourire de velours, le charbon de ses prunelles s'anime d'une sombre lueur rien qu'à l'idée. Avant de poursuivre en murmurant, le jeune homme observe les alentours pour s'assurer qu'aucune oreille indiscrète ne traine par là. " Il m'est possible d'invoquer des sans-cœurs… d'ordinaire, ceux que j'invoque, à défaut de m'obéir si facilement, peuvent être aisément vaincu. "

Karakasa écoute attentivement, et peu à peu, laisse paraitre une expression peu rassuré.

" Je crois… " Non, Nazik s'interrompt et lève le menton au point de se cabrer vers l'arrière dans une posture bien orgueilleuse. Le jeune homme pose une main sur sa hanche, de l'autre, il lève l'index d'un air professorale. " …non. Je sais pouvoir invoquer un sans-cœur qui serait un véritable monstre. Entre nous ? Cette sombre créature dont je te parle, il n'y a aucune chance que je puisse la contrôler. Encore moins que je puisse la vaincre à moi tout seul. "

Son gros et unique oeil déterminé, le parapluie prend un air bien sérieux, prêt à en découdre sur sa jambe fléchie capable de bondir à tout moment ! Pire que ça, il ondule d'excitation, d'une façon semblable à celle des similis.

" Je suis chaud ! "

" Haha… " A défaut de véritablement rire, Nazik dit son rire en se grattant la tempe en mimant un air gêné. " …tu a beau être très fort, même à nous deux, ça ne suffira pas. "

Le jeune homme croise les bras, dirige son regard partout autour de lui sans rien regarder… il rêve à yeux ouverts, se projette au coeur de sa nouvelle aventure. Jusqu'ici, c'est assez dur de côtoyer d'autres membres de la Coalition Noire. Les gardes ne sont ni très accueillants, ni très enclins à fréquenter la nouvelle recrue. Ils sont aussi sympathiques que des gargouilles mouvantes, à dire vrai. Ce qui n'empêche pas Nazik d'apprécier ces drôles de fauves dressés. Quand aux autres membres du groupe, ils paraissent tous bien occupés.
Si un sans-cœur suffisant dangereux et menaçant fait son apparition, la garde ira s'en occuper… tous ont l'air d'attendre un prochain combat avec impatience.  

Ca sera l'occasion de faire connaissance !

" D'autres membres de la Coalition Noire viendront nous aider, ils n'auront pas le choix si un monstre suffisement dangereux fait son apparition. Essaye juste de ne pas vendre la mèche, d'accords ? "

" Je ne comprends pas trop pourquoi tu fais ça. Tu cherches à leur nuire de l'intérieur ? Ou tu veux juste à t'attirer un peu de gloire en jouant le pompier pyromane des ténèbres ? "

" Je m'ennui, tout simplement. "

" Au final, je m'en fiche un peu. "

L'invocateur et l'invocation s'échange un hochement de tête complice avec des yeux malicieux.

" Tope-là ! " Karakasa le dit vif comme un ninja, déjà en l'air pour un coup de pied retourné auquel Nazik répond maladroitement, scellant l'accord d'un high-five à l'ancienne. " AÏE ! "

" Je dois attendre un peu et… " D'abords doucement enjoué, Nazik s'interroge, incapable de mettre des mots sur cette sensation de vide lorsqu'il invoque des créatures. Pendant que l'invocateur cherche ses mots, Karakasa ondule comme une limace en tentant péniblement de l'aider. De longues secondes passent, de galères pour le parapluie et de réflèxions pour le jeune homme. Ce dernier, ignore royalement l'air rancunier du parapluie qui s'est finalement relevé et le fixe, peu content de ne pas avoir reçu d'aide. De toute façon, il aurait probablement râler d'avoir été aider et blessé dans sa fiertée. N'en faisant quoiqu'il en soit pas grand cas, Nazik reprend, légèrement frustré puisque… si on ne peut pas expliquer un problème, on ne peut pas le résoudre selon lui. " Je dois attendre un peu mais dès que je suis prêt, je t'appelle et on se fait ça. "

" J'ai hâte ! "

Pour conclure, Karakasa saute et se déploie en l'air, flotte pour retomber lentement, se dissipe avant de toucher le sol. Quand à lui, mains dans les poches et enjoué, Nazik s'en va. Ce dernier, le pas doux et dansant, retourne au manoir pour s'offrir une petite sieste féline avant de lancer les hostilités. Le chemin se fait sans encombres aucune… d'un ennui mortel… si seulement le jeune invocateur n'était pas sûr d'avoir trouvé de quoi s'amuser !
Le jeune homme se rend donc jusqu'au manoir, s'affale dans un lit qu'on daigne lui prêter pour une sieste et repart en ville une fois débarrassée de sa sensation d'être vidée. Après ça, il retourne en ville.

Tout ça prend quelques heures… et l'aller-retour, bien inintéressant, ne mérite pas qu'on le raconte. Sinon parler du drôle de sourire amusé que le jeune homme adresse aux gardes sur sa route avec un regard fuyant. On se retrouve en ville, à l'heure où le soleil noir se couche sur la Citée du Crépuscule. Nazik tient nonchalamment son parapluie, laisse son manche en forme de jambe reposé sur son épaule pour un effort moindre. Et l'ombrelle trépigne, d'autant appréhension que d'impatience, semble-t-il.
L'invocateur est déjà ailleurs, présent physiquement mais dont la présence concrète ne vaut pas celle d'un spectre.

Nous sommes à l'heure d'une frontière bizarre, le jour violet et la nuit noire s'y embrassent. Entre quelques nuages luisants, fins comme de la brume, un croissant de lune pâle se dessine avec pudeur. Immobile, Nazik se présente léger comme sur le point de s'enlever et l'ombre dense s'alourdit, l'air a soudain quelque chose d'inquiétant. Le jeune homme sourit doucement mais très vite, son visage s'assombrit à son tour et ses lèvres s'inversent. Karakasa trépigne d'autant plus et râle sans dire mot, l'invocateur resserre sa poigne comme tétanisé, son corps se tend tout entier.
La sensation est intense, le fait vibrer, Nazik se sait lancé dans une pente qui pourrait bien le tuer mais c'est déjà trop tard, il ne peut plus reculer.

Le charbon de ses prunelles bavent comme de l'encre, remplit peu à peu le blanc de ses yeux et une fois parfaitement noir, deux éclats dorés perlent pour lui servir d'iris. La jambe de son parapluie se contorsionne pour que celui-ci puisse observer, l'oeil grand ouvert par la peur, ceux de l'invocateur qui se dilatent de souffrance. Bientôt, l'encre noir de ses yeux se déversent jusqu'à tâcher sa peau, comme le mascara d'une veuve.
Nazik a vu sa vision s'assombrir jusqu'à être plongé dans un noir total… et lorsqu'enfin, sa vision lui revient ?

Ses yeux ont repris une teinte normale mais lui-même a la peau pâle, conservant les tâches noirs sur son visage, tremblant comme une feuille. Il a froid. Il a peur. Il a vu quelque chose qui dépasse, et de loin, les ombres avec lesquels il se plait à jouer. Nazik a vu… entraperçu, le coeur des ténèbres et cette vision a suffit à le terroriser. La plupart des gens naissent, vivent et meurent sans rien savoir des ombres qui couvent, en refusant de voir le désespoir absolu qui peut exister.
Qui existe.

Des bruits violents le réveillent alors ! Il sursaute mollement, peine à tenir debout et titube, lâche son parapluie pour s'écrouler contre un mur. Encore debout, c'est avec peine que ses deux mains le soutiennent contre le mur. Une créature se déchaine non loin, ça hurle et ça pleure, ça court ou ça se bat. Des coups de feux retentissent comme une pluie de foudre entre deux seismes… Nazik manque d'air, en respire des litres mais peine encore à reprendre ses esprits.
Le parapluie bondit et crie aussi, se plaignant de la réaction en bondissant furieusement !

" C'est quoi ton problème Nazik ?! " L'ombrelle, plus inquiète que furieuse, s'acharne à sortir le jeune homme de sa torpeur mais sans succès. Il ne parvient qu'à rajouter à la confusion, au bruit et au chaos. " Allez ! Dis quelque chose ! Je sais pas moi ! "

Nazik ne répond pas mais se fait violence, s'écarte du mur d'une impulsion des bras et après un pas chancelant, s'en va en direction de son méfait. Une petite guerre a éclaté un peu plus loin. Sans sourire, parce que le coeur n'y est pas, l'invocateur y va à pas pesé et fébrile, le coeur enserré. La démarche irrégulière, surtout forcée, Nazik sait devoir poser les yeux sur son méfait. Qu'a-t-il donc bien pu arracher aux profondeurs sombres de l'univers ?!
Il doit poser les yeux dessus, doit le voir malgré la terreur qui étouffe son coeur !

Nazik y va alors en courant péniblement, à peine plus vite qu'en marchant simplement. Karakasa le suit à petits bonds effrénés. Une symphonie se fait déjà entendre. La créature n'est pas encore visible pour notre duo, rien qu'aux sons de fracas, on la devine pourtant d'une taille formidable. Les gardes sont déjà là, ayant accourus et en train de guerroyer, ça hurle si fort que même les coups de feux ne peuvent couvrir leurs voix affolés. Un petit morceau de guerre éclate. Des arbres se déchirent ! De la pierre explose !
Le jeune homme se fige enfin sur place. Ses appuis se refont stables, les yeux écarquillés d'admirations et un semblant de stature retrouvé.

Quel orgueil immense… que de joie malgré tant de peurs ! Nazik se demande plusieurs fois si c'est bien lui qui a invoqué ça et, soudain, affiche un immense sourire qui tremble, au point de rire dément. Sa main se referme sur sa keyblade qui apparait à l'instant. C'est bien lui qui a invoqué cette calamitée !
Vivement, quelque chose de rouge apparait dans le coin de son oeil et par réflexe, l'invocateur se saisit de l'ombrelle avant de se rapprocher à pas véloces !

" On y va ! "

" O-o-ouais ! "

Le sans-cœur est gigantesque ! Et ça ressemble à un colosse, la silhouette d'un héro grecques, aux yeux jaunes qui perlent dérrière sa tête emmitouflée de tentacules aux faux-airs de serpents. L'entité a son bras levé, qu'elle abat, et qui percute le sol avec la violence d'une cascade et le secoue tout entier, non sans provoquer une onde de choc au passage ! Projeté en arrière et les bras qui valdinguent, Nazik se retrouve à descendre lentement en flottant, sa chute ralentie par l'ouverture de son parapluie façon Mary Poppins.
Ce n'est peut-être pas aussi chaotique et catastrophique vu d'ici… bien que se retrouvant à plusieurs mètres de hauteurs, sa drôle de pesanteur lui donne un meilleur point de vue.

Les gardes sont une dizaines seulement mais tiennent vaillamment tête… ils hurlent mais surtout pour se coordonner et s'insulter entre eux, les passants se taisent désormais. Puisqu'il n'y a plus de passants ou alors, ils sont si simplement cachés dans leurs appartements ou déjà bien loin.
Colossale, le gigantesque sans-cœur tutoie les immeubles et de son autre bras, balaye à poing fermé de manière horizontale.

" Woh ! "

Nazik n'a que le temps de tourner les yeux dans cette direction, l'ouïe en avance sur sa vue, que Karakasa se referme d'un réflexe salvateur. Le duo chute soudainement à pleine vitesse et le géant écorche un bâtiment, à défaut d'avoir atteint sa cible première. L'atterrissage se fait, rude mais supportable, les jambes encore raides et l'esprit perplexe.

" C'est pas le moment de s'extasier ! "

" Hum ? " Nazik n'ignore pas le parapluie qui parle mais trop absorbé par l'observation de la créature, ne l'écoute tout simplement pas, l'entends vaguement peut-être. " Il est… massif. "

" Il est trop résistant ! On aura jamais assez de munitions ! " Hurle un garde en train de recharger un pistolet en panique !

" Redis-moi ça quand tu seras à sec… " Répond, en hurlant, un autre garde armé d'une hache à deux mains et courant pour frapper le gargantuesque poing toujours posé au sol. On sent un certain dédain dans sa voix à l'encontre du tireur indemne alors que lui-même est déjà couvert de blessures. Celles-ci n'ont pourtant pas l'air de le déranger pour l'instant. " …en attendant, tais-toi et tire ! "

Un autre garde, bien plus véloce et armé de deux épées, coure avec suffisement d'intelligence. Contrairement avec son compère qui charge le poing, celui-ci contourne pour attaquer à revers. Semble apercevoir Nazik au détour de sa traque mais n'en fait pas grand cas. Celui-ci est athlétique mais à sa suite, un garde grassouillet armé d'un fusil s'arrête…

" Nuzik ?!  " ...il a l'air content, les joues grasses et toutes rouges, d'avoir une excuse pour s'arrêter de courir. L'orgueilleux jeune homme, malgré la présence d'une entité menaçant de le tuer rien qu'en marchant… l'orgueilleux sort de sa torpeur contemplative. Comment ça "Nuzik" ?! " Va chercher de l'aide au lieu de rêvasser ! "

Vexée, la nouvelle recrue emboite le pas et quitte son retrait pour plonger au coeur des hostilités, se mélangeant à la dizaine de gardes qui le remarquent, sans plus de réaction que ça.

" Va chercher de l'aide toi-même ! " L'égo presque consolé, une dernière fois, l'invocateur crache en murmurant ceci. " Gros lard… "

Le susnommé tilte de manière explicite et l'invocateur, du coin de l'oeil, le regarde avec un air aigri. Plus important ! Les deux bouffons sursautent et leurs attentions convergent au-dessus d'eux. Une ombre les recouvre soudain, l'ambiance déjà obscur de la ville l'est soudainement bien plus, un poing large comme un toit s'apprête à s'abattre sur eux !
Le gros lard tire à ses pieds ! Son fusil, plus semblable à un tromblon, a alors suffisement de recul pour le projeter hors de danger mais Nazik, lui, n'a que ses yeux pour pleurer.

En panique, le jeune homme court à coeur perdu, bien encombré par Karakasa mais, étrangement, trimballant sa keyblade de ronces comme si de rien n'était. Soudain ! Son parapluie remue et échappe à son emprise, pliant sa jambe… puis la déployant à nouveau, projetant l'invocateur d'un coup de pied ! Pivotant de force, Nazik attrape la cheville de son ombrelle au passage et bien coordonné, les deux parviennent à s'échapper ! Du moins, ils esquivent l'impact primaire mais pas l'onde de choc qui les projette au loin. Ils percutent le sol, y rebondissent et y roulent sans ménagement…
…le jeune homme se relève en s'aidant de ses deux mains tandis que le monde autour lui parait flou.

Evidément, si les deux mains libres, Nazik a lâché sa keyblade et… panique un peu à l'idée, s'empresse de tâter le sol à sa recherche. Lorsque sa main retrouve enfin son arme si spéciale, quelque chose d'étrange se passe. L'arme a une forme de clef, faites de ronces… sans jamais y réfléchir, d'instinct, sa main se resserre dessus sans jamais se blesser sur la moindre épine.
Bien qu'ayant repris sa clef en main, une douleur aigue à celle-ci l'inquiète… pour la première fois, prendre son arme en main ne lui a pas paru naturel. Au point la petite douleur, par surprise, lui fait lâcher prise.

La keyblade disparait sans que Nazik ne comprenne ni comment, ni pourquoi et cela lui fait peur, bien plus que n'importe quel risque de mort. Son arme… a fuit… l'a abandonné… ? Livide comme en train de vivre une petite mort, le jeune homme est pétrifié… se sent comme un enfant abandonné qui cherche son erreur.
Karakasa, lui, peine et de son corps en virgule, cherche à relever l'invocateur mais ploie fatalement sous son poids.

" Gnnnng... ! C'est pas le moment de faire ta poule mouillée bon sang ! "

Serait-ce sa peur qui aurait fait fuir son arme ? A-t-elle eu peur avec lui, en résonnance avec son coeur… ? Ou bien refuse-t-elle d'être tenu dans la main d'un lâche ?

" A quoi tu joues ?! " Nazik est soudainement relevé par l'aide d'un garde noir. Celui-ci l'attrape par le bas et le force debout sans ménagement à sa suite… l'aide bel et bien, pourtant, le jeune homme a surtout l'impression de se faire molester à l'occasion d'un kidnapping. " C'est quoi ça ?! "

Le garde remarque soudain le parapluie vivant et s'écarte avec dégout, son pistolet braqué sur l'invocation.

" T'as vu ta tête pour me parler comme ça ?! " L'oeil froncé de colère, Karakasa fixe l'insolent avec fureur et soudain, sursaute, d'un rouge un peu plus pâle en entendant la rafale de "clicks" d'une arme à feu déchargée qui tente de tirer. " T'es sérieux là ?! " Hurle-t-il, prêt à en découdre face à un garde noir qui, simplement déçu, regarde son pistolet avec dépit.

Nazik arrache l'un et l'autre de leurs gamineries, trop occupé à regarder attentivement le combat qui se déroule un peu plus loin. Machinalement, le jeune homme ouvre et ferme la main en essayant désespérément d'y faire apparaitre son arme. Pour une raison ou une autre, le sans-cœur se concentre sur les gardes noirs. L'entité arrive à comprendre que ses ennemis les plus dangereux sont ces gardes noirs qui, là-bas, lui offrent de quoi s'inquiéter pour sa survie.
La voix de l'invocateur n'est pas calme mais elle est faible, sans le vouloir, sa crainte le force aux murmures comme s'il avait peur d'attirer l'attention de l'entité.

" Je vois pas comment… il est juste… massif. " Sa keyblade lui revient en main et de resserrer sa main sur sa garde, sans percuter d'épines, réveille pourtant la douleur de sa dernière tentative. Sa poigne en saigne encore.

" De toute façon, je suis à court de munitions… " Nazik ne le regarde pas mais reconnait le son d'une épée dégainée. " ...et les ombres sont un problème aussi, regarde bien. "

En effet, d'un coup d'oeil aux alentours, Nazik comprend le problème. Lorsque le géant plaque son poing au sol, sa main fermé se fond dans le sol pour créer une marre d'ombre d'où s'échappent des ombres. Sans parler de quelques orbes qui surgissent en projectiles !

" Ah non ! Pas maintenant ! Désolé Nazik, tu me raconteras ! "

L'invocateur regarde le parapluie qui se dissipe et… ce n'est pas de sa faute si Karakasa s'en va, ca serait plutôt celle de l'invocateur, en vérité. Qu'importe, le jeune homme adresse un tendre sourire moqueur à l'ombrelle, n'a pas le temps de lui dire quoique ce soit et… est un peu trop chamboulé pour savoir quoi dire.

" Débrouille-toi tout seul après tout ! " Râle soudain le garde noir, déjà partit et se lavant bien les mains du sort de "Nuzik", après tout. " Je vais les aider ! "

Un peu sonné, jusque dans le fond de ses entrailles, Nazik met de côté son égo… avec un sourire amer. Jusqu'à ne plus avoir qu'une expression hostile, sans être si nombreuses, des petites ombres aux corps potelés sont disséminés un peu partout. La keyblade disparait mais… cette fois, le jeune homme exactement pourquoi et ne s'en émeut pas.
Il fuit lâchement les lieux, refusant d'assumer son idée très dangereuse et très immature jusqu'au bout. Que la garde noire s'en occupe, après tout !

Hélas ! La fuite du jeune homme est très vite interrompu. Impossible de s'échapper sans devoir se frayer un passage au travers de quelques sans-cœurs mineurs. Ses vêtements sont déchirés et ensanglantés, lui-même bien froissé, pourtant heureux de devoir se contenter de quelques ombres.
C'est avec plaisir que Nazik, un peu mal à l'aise, laisse la garde noire se débrouiller avec l'entité…

" Je crois comprendre le truc. "

...et d'un revers dépité, son arme lui apparait en main aussi naturellement qu'il soupire. Finalement, il fera sa part et nettoiera les ombres mineurs !
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J'ai repéré ma cible. Ça fait un moment que je la suis après avoir guetté son arrivée... Ma proie surveille la gare en début d'après-midi, c'est là que je l'aperçois tout du moins avant de retourner à mon poste. Après ça, vers 15h environ, il se dirige vers la zone du chantier où je le perds rapidement de vue, suite à quoi je l'ai aperçu retourner au manoir vers 17h. Ça fait trois jours que j'observe les gardes qui pourraient convenir, en espérant dégager des habitudes dont je pourrais me servir. Cette piste me semble la plus solide jusqu'alors.

J'aurai pas mal galéré à le trouver tout de même, mais au moins, maintenant, j'en suis convaincu, je parviendrai à achever les préparatifs à temps. C'était sûrement le plus dur parmi ce que je devais faire en prévision de la visite de Roxas. Je devrai aussi trouver un moyen d'éloigner Gertrude par sûreté. Même s'il m'a dit le contraire, il pourrait bien se prendre l'envie d'embarquer le document qu'il aura lu, dans quel cas je préfère avoir assuré mes arrières de sorte à être le seul témoin. Par ailleurs, ce n'est pas que Gertrude : d'ici le jour J, il vaut mieux que je trouve un moyen d'éloigner autant de monde que possible au moment où il arrivera. Moins il sera vu, mieux ce sera.

Bref, heureusement, le gars est un bon candidat : il est blond, imberbe, plutôt jeune, mais pas trop non plus, mais surtout : sa tenue sera idéale pour l'intrusion. C'est sobre, une sorte de combinaison noire dans laquelle on doit être plutôt à l'aise pour le combat et une petite cape sombre pour... la classe j'imagine ? Je devrai l'assommer discrètement, lui piquer ses fringues et l'attacher quelque part en attendant qu'on fasse notre affaire. Il suffira de compléter ça par un chapeau pour dissimuler sa coupe pour le moins... atypique et ça devrait aller, il devrait passer sans trop de soucis... j'espère.

Alors que je suis en plein service, là, j'essaie de jeter un regard discret plus loin pour voir si je ne l'aperçois pas s'éloigner vers le manoir. Mais bien vite, la vipère me lance un regard appuyé. Ah, oui, parce que vous ne connaissez pas encore la meilleure : Jack a eu la merveilleuse idée de m'assigner dans une équipe de gardes en poste dans la zone du chantier... et cette connasse de l'armurerie en fait partie. Inutile de vous dire qu'elle n'a pas arrêté son petit jeu et que j'ai fini par décider de la surnommer Boa car elle m'est aussi toxique que l'air pollué environnant. Elle s'en était autant amusée qu'elle m'en avait fait une scène agaçante.

- T'as repéré quelque chose ? Questionne-t-elle avec un large sourire insolent qui m'annonce déjà ce qui arrive. A moins que tu ne sois simplement intimidé...
- N'importe quoi !

Je commence déjà à m'éloigner, las de son comportement aussi exaspérant que faux. Évidemment, ce serpent a bien fini par comprendre que je cache quelque chose à force d'observation. Je m'intéresse brièvement à un groupe d'esclave qui a cessé d'agir... mais qui reprend bien vite leur manutention en me voyant approcher.

- Tu ne me cacherais rien, j'espère ? Poursuit-elle après m'avoir rattrapé, tentant de m'amadouer, j'imagine.
- Ne comptez pas sur moi pour tenir la chandelle, décide de nous couper l'autre membre de notre fine équipe.
- Ce serait du gâchis, Garret...

Et voilà qu'elle poursuit en commençant à faire son numéro de charme à l'autre. Enfin, ça n'a pas grande importance puisque celui-ci ne semble pas très enclin à entrer dans le jeu de Boa qu'il observe du mépris... ou en tout cas ça y ressemble. Tant qu'elle est occupée à tenter de lui soutirer des informations qu'il n'a pas, je refais quelques pas mais m'arrête bien vite en entendant un bruit sourd lointain qui m'intrigue.

- Vous avez entendu ?

La connasse prend la peine de s'interrompre, mais finit bien vite par acquiescer négativement tout comme Garret, bien plus vif à réagir. Pourtant, un nouveau retentit, attirant définitivement mon attention.

- J'y vais.

Puis je me lance dans un sprint, quittant mes équipiers sur ces mots bien sobres. Néanmoins, ces pots de colle s'élancent à ma suite, sûrement davantage car ils sont sûrement chargés d'assurer ma surveillance pour le compte de l'intendant que parce qu'ils s'inquiètent de mon sort. Le son est de plus en plus distinct, quelque chose se passe au centre-ville et je compte bien déterminer de quoi il s'agit. Dans l'obscurité, je ne comprends pas encore ce dont il s'agit, mais il y a quelque chose, au loin.

Puis j'entends des cris, des pleurs, des bruits de pas précipités. Des habitants, pourtant si discrets habituellement semblent se hâter en direction de la forêt, vers le chantier ! Je décide de sortir de l'une de mes poches un talkie-walkie : un appareil dont la garde noire ne manque pas puisque plus ou moins tous les groupes de gardes constitués en sont équipés... et pour ceux ne l'étant pas, ils disposent au moins d'une radio afin de recevoir les ordres. Évidemment, doutez-vous bien que le chien noir ne s'est pas privé de m'en confier un pour le plaisir de me rugir ses ordres en direct.

- Boa !

Je lance immédiatement le talkie-walkie vers elle qui parvient à l'attraper sans problème, mon lancer étant relativement précis. Je les laisse prévenir les autres.

- Occupez-vous d'eux !

Ils semblent hésiter un instant puis décident d'acquiescer, n'ayant pas vraiment le choix. Ce groupe d'une quinzaine d'habitants ne doivent pas atteindre le chantier, il faut qu'ils se réfugient autre part, tout comme tous ceux qui pourraient suivre ! En poursuivant ma course, j'en aperçois d'autres, mais ils se font de moins en moins nombreux. Je grimpe sur un conteneur puis effectue un saut pour me hisser plus en hauteur, sur le toit d'une habitation. Je commence à passer de toit en toit. Bientôt, j'entends des bruits de combat qui se font de plus en plus proche. Je sens même du mouvement en contrebas. Mais c'est...

- Nuzik ?!

Je m'arrête sur le moment pour confirmer mes doutes. La récente recrue semble être encerclée par quelques ombres et blessée. J'hésite un instant : la situation me semble plutôt urgente, mais bien que faibles, les ombres sont nombreuses et pourraient le submerger. Je finis par intervenir instinctivement : je bondis du toit en dégainant deux dagues osseuses. Deux coups tranchants en croix tailladent l'une des ombres qui se dissipe à l'atterrissage. Je parviens également à limiter l'impact de la chute au niveau de mes jambes grâce à un sort préparé à l'avance.

- Quelle est la situation ? Dis-je pour profiter de sa présence afin de m'informer un peu, tout en me plaçant dos à lui en position de combat et le laissant couvrir mes arrières.
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Bien qu'en plein combat, Nazik a les yeux écarquillés face à l'intervention de Kuro ! Celui-ci a surgit au cours d'une attaque improbable à l'acrobatie périlleuse, et comme inspiré, le jeune homme repousse une énième ombre sans même la regarder. Ses yeux sont rivés sur le blond avec un regard fasciné… mais très vite, une grimace rageuse le reprend. L'invocateur se retourne à d'une main à chaque extrémité de son arme, bloque deux ombres qui lui bondissent dessus, en même temps et toutes griffes dehors. Leurs pointes effleurent le visage lisse de Nazik et après un instant de lutte, lui offre quelques balafres avant d'être repoussé au loin.
Malgré l'envie folle d'admirer le Kuro, c'est le besoin impérieux de garder les ombres en vue qui captive le plus le jeune homme… tandis que, du coin de l'oeil, il tâche de garder la trace du géant.

A chaque fois, très brièvement, l'invocateur n'ayant guère le temps d'admirer longuement son dernier méfait. Les ombres sont tout autour, ondule et prises de spasmes, font parfois mine de bondir. Lorsqu'elles feintent, le coeur de Nazik ne fait qu'un bond ! Et lorsqu'elles y vont pour de vrai, tout aussi alerte qu'il soit, cela le surprend néanmoins.
Désormais, le jeune homme ne réprime pas l'envie d'offrir à Kuro les mêmes regards en coin furtifs qu'il offre au Darkside.

" Pas top. " Répond Nazik bien cynique qui, malgré la fatigue, arrive de nouveau à s'amuser de la situation. Les ombres ont l'air de jauger le nouvel arrivant, n'ose pas s'en approcher pour l'instant. De quoi laisser les deux discuter un peu avant de reprendre les hostilités. Trop épuisé, finalement, l'invocateur se sent si léger et comme absent, tout en ayant assez mal pour rester énergique. Son sourire lui revient et, finalement, ça coïncidence avec l'arrivée de Kuro. " Un sans-cœur géant a sortit de nulle part… "

Peut-être est-ce la fatigue, encore une fois… Nazik ne parvient pas à dissimuler une moue embarrassée…

" …les gardes noirs se sont jetés dessus directement mais n'arrivent pas à l'abattre jusqu'ici, puis le géant s'est mis à invoquer ses congénères en nombres et balance des projectiles magiques au passage et… "

…mais parait toujours aussi amusé au coeur d'une situation qui ne s'y prête absoluement pas ! Faisant légèrement le coq, l'invocateur resserre son étreinte sur son arme et redresse celle-ci, changeant légèrement de posture. Ainsi, il parait déjà deux fois plus combatifs.

" Bref ! T'as compris l'idée, on s'amuse bien. " Lâche-t-il, bien cynique, avant de se remettre à jouer de keyblade face aux ombres revenus à l'assaut.
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