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La chaleur va le tuer.

C’est ce que pense le fauve de tout son cœur. Assis sur un muret, il regarde droit devant lui. Et le pire ? Le pire, c’est que ce n’est que le matin.

A perte de vue, c’est une grande étendue d’eau, visiblement sans fin. S’étirant jusqu’à l’horizon, dans une cacophonie de vague et de clapotis. D’une couleur aussi azur et brillante qu’un saphir. Presque autant que sa fourrure, il pourrait sans problème disparaître de la vue de tous, s’il allait nager là-bas.

Le soleil se lève au loin, illuminant le ciel dans des teintes d’oranges particulièrement sublime. Mais le fauve, n’a pas de yeux pour cet événement de toute beauté. Pas plus qu’il n’en a pour les plages au sable d’or, démarrant à même le pied de son muret.

Il est à la Costa Del Sol depuis à peine un jour, et sa perplexité est des plus totale. Il a bien reçu des billets lui permettant le voyage. Une chambre a bien été réservé pour lui dans un hôtel. Et pourtant, il n’a strictement rien demandé. Si c’est un piège, il tarde vraiment à refermer les mailles de son filet. Et si c’est un cadeau, alors, pourquoi ? Pourquoi lui ?

Il ne sait pas, rien n’a de sens.

Une mouette vient le survoler, son cri rappelant un rire. Elle se moque peut-être de lui, de son incompréhension ? Ou bien de son malaise quant à l’environnement ? Il est un ronso après tout, un fauve de deux mètres vivant dans les montagnes glacées de la terre des dragons. La plage dorée et les cocotiers, ce n’est décidément pas fait pour lui.

Depuis son arrivé à la Costa Del Sol, jusqu’à ce matin même, il avait gardé continuellement son armure sur lui. Les plaques à la couleur rouge n’aidant à rien à combattre une chaleur bien trop étouffante. Il c’était finalement résigné ce matin à abandonner son bien à l’hôtel.N'en reste qu'un simple short de cuir, celui qu’il porte habituellement sous son attirail de métal. Son torse quand à lui, est à nue, mais il ne s’en est jamais réellement senti pudique. Il a une fourrure après tout, et depuis son arrivé, il a bien croisé des humains se promenant sans t-shirt. Qu’on ne vienne pas lui reprocher quoi que ce soit. Comme d’habitude, il a attiré bien des regards. Les hybrides sont rares dans le coin, et un félin bleu cornu de deux mètres n’est pas le plus discret du monde. C’est sans compter sur son bras, toujours en bandoulière. Souvenir douloureux de son entraînement de magie, encore trop récent.

Il n’y a pas grand monde pour l’instant, l’heure est encore jeune. Quelques lève-tôt ont déjà commencé à poser leurs serviettes sur la plage. D’ici quelques heures, ce sera surement bondé.

Le fauve se retourne un instant, sa queue se balançant de droite à gauche dans le vide.

La promenade derrière lui commence elle aussi à se peupler. Principalement des couples, marchant main contre coude, susurrant des mots doux.

L’œil unique du fauve se plisse, cherchant la moindre personne louche, le moindre signe d’un complot à grand échelle. Le moindre indice pouvant expliquer ce voyage inattendu.

Rien, rien du tout. Des humains en maillot de bain, des rires, des sourires, et un sentiment vacancier. Il est dans un monde balnéaire, à quoi s’attendait-il donc ?

« Hiiiiii ! Au voleur ! » entend-il soudainement au loin.

Il se redresse immédiatement, toisant de sa hauteur la source du remue-ménage.

« Ah mais non ! Mais c’est un malentendu madame ! J’le jure ! Oui oui, je le jure ! »

Le visage du ronso, pourtant impassible en temps normal, vient afficher la mine la plus désabusé qu’il lui soit possible.

Mais pourquoi il l’a pris avec lui…

C’est d’un pas lent, qu’il se dirige vers la scène. Une femme et ce qui semble être son conjoint, observe une petite peluche à l’effigie d’un chat noir et blanc. Une peluche qui parle, et qui respire.

« Vous me l’avez volé ! Je vous aie vu ! » accuse la femme.

Du monde commence à se rassembler proche du couple, observant avec une curiosité grandissante.

Bryke lui, ne perd pas de temps. Il s’approche, intimidant au passage les deux victimes.

Ses mains griffues viennent se saisir du chat en peluche.

« Ah ! M’sieur ronso ! » commente Sidhe, bien trop heureux d’avoir trouvé ce qu’il pense être un allié. « Oulah, doucement, mais, qu’est-ce que vous faite m’sieur Ronso ?! »

Sidhe commence à émettre un bruit guttural des plus étranges, tandis que le fauve vient le retourner tête vers le sol. Le petit chat se fait secouer comme un prunier, laissant tomber au sol une multitude d’objets et autre bizarrerie.

Les effets rebondissent contre les pavés de la promenade dans un bruit de pièces sonnante et trébuchantes.

Il y a vraiment de tout. Des capsules de bouteilles, des billes pour enfant, quelques munnies, mais aussi, des pierres précieuses, et des toutes petites boites ouvragées.

Le fauve cligne de l’œil devant un tel spectacle. Le petit monticule est bien trop grand pour tenir dans les poches du chat en peluche.

Par quelle sorcellerie a-t-il réussi à trimbaler tout ça ?

Il a ouvert une véritable boite de Pandore visiblement. Et il ne s’attendait absolument pas à ça.

Pris au dépourvu, voilà que quelques personnes autours, observant la fontaine d’objets, viennent s’intéresser de très près aux pierres précieuses.

Mince, Bryke pensait qu’il n’y aurait que quelques babioles, et qu’il pourrait ainsi vérifier les dires de la femme.

Mais là, la situation risque de tourner au vol des effets personnels de Sidhe lui-même !

Même le couple n’ose plus rien dire devant un spectacle pareil.
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Dernière journée avant de retourner à nos affaires. Je serai bien restée un peu plus longtemps, mais malheureusement, je suis une femme très occupée.

Et je crois bien qu’un petit malin va égayer ma matinée qui commençait pourtant plutôt bien. Petit-déjeuner seule, sans Francis entrain de dévorer les réserves de l’hôtel, un bon bain relaxant, une promenade en bord de mer…

Il faut dire que pour les gens de la haute société, on fait vite le tour de la Costa. A part enchaîner les dîners mondains -rasoirs- et les soirées au casino, on s’ennuie vite. La mer redevient bien vite le centre de l’attention. Ce n’est pas un mal, mais j’ai presque hâte de rentrer chez moi. Ce n’est pas comme si j’avais pas un emploi du temps vide.

Cependant, alors que ce petit tour ennuyeux se poursuit, je tombe nez-à-nez avec une scène des plus… Pathétiques. Quelques haussements de voix, un attroupement de badauds autour d’un individu qui ressemble au plus haut point au voleur à la tire qui a malheureusement mal tourné. Il a perdu son butin en se faisant secouer par une étrange créature… Qu’est-ce que je c’est que cette chose ?

Je m’approche prudemment, curieuse. J’aperçois les objets de valeur au sol. Hum… Il y en a beaucoup. Cela va tourner la situation en bagarre pour tout voler si ça continue. Je décide de contacter Francis, il ne devrait pas être bien long pour venir.


« Francis, rejoint moi sur le front de mer. Il y a un voleur qui a perdu un gros butin… Cela risque de créer une émeute. Amène des agents de sécurité sur le chemin avec toi. Fait vite. » pensé-je.

Bien, maintenant que les autorités vont être prévenues, je peux m’en aller… Quoiqu’il y a le cas de cette créature. Je vais essayer de régler cette affaire avant que la matinée de tout le monde soit gâchée.

Je me rapproche encore plus pour pouvoir prendre la parole. Je vais faire mine d’être dépositaire d’une quelconque autorité officielle pour calmer le jeu avant que cela ne dérape complètement. C’est même étonnant que les agents ne soient pas déjà là mais enfin, je ne suis plus aux commandes donc il y a du relâchement certainement.


« Qu’est-ce qui se passe ici ? » lancé-je à l’assemblée tout en déployant mon éventail pour me faire un peu d’air sous cette chaleur estivale.

« Veuillez reculer, les autorités ont été prévenues, des agents de sécurité vont tirer cette affaire au clair. Que personne ne ramasse les objets au sol ! » déclaré-je, sûre de moi.

Pour être sûre que personne ne vole rien, je déploie mon pouvoir de télékinésie sur les objets pour les garder bien ancrés dans le sol de sorte que si quelqu’un cherche à subtiliser quelque chose, il ne puisse accomplir sa volonté délinquante.

Je souris vaguement à la créature bleutée et lui parle, plus gentiment :


« Vous savez, vous pouvez maintenir cet homme au sol. Il va finir par perdre connaissance si vous le maintenez tête en bas trop longtemps, Monsieur. » conseillé-je.

Vivement que les agents arrivent pour prendre le relais, j’ai déjà envie de partir.

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La boite de Sidhedore Signat10

"So much power in the mind, Yes divine
Take your chance, you'll never be next in line"









Impératrice Céleste Éternelle Meng Tian -蒙天-, Fondatrice de la Dynastie Song, Porteuse du Mandat Divin, Reine des Hans, des Mandchous et des Peuples du Sud, Grande Magistrice des Arts Magiques, Protectrice de la Terre des Dragons, Souveraine Légitime de toutes les Terres sous le Ciel, Ambassadrice des Cités Dorées du Consulat, Consule de l’Étiquette et Dame de Chengdu






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Sans grande surprise, le couple tourne immédiatement la tête vers la nouvelle arrivante.

« Il nous a volé ! » s’exclame la dame, pointant la pauvre peluche secouée du doigt. « Lui, lui ce voleur ! »

« Mais j’ai rieeeeennn faaaaiieeueuheeeuuhh » essaye d’articuler Sidhe, toujours la tête à l’envers.

Le fauve fixe la dame un instant. Qui est-elle donc cette femme, pour sembler si sûr d’elle ? Certes, elle a bien l’air d’une femme opulente, mais rien qui ne semble indiqué un quelconque lien avec la loi. Bryke plisse lentement l’œil en la regardant, il préfère se méfier. Il a entendu parler, de ces escrocs élégants, qui semble en tout point appartenir à la classe haute. Des loups déguisés en agneaux, en est-elle une ?

Pour autant, sa main griffue s’ouvre soudainement, lâchant un Sidhe encore très déboussolé. La peluche tombe sur les fesses dans un bruit presque comique, tandis qu’il relève la tête vers son bourreau.

< Question > < Quoi > < Toi > < Fait > signe le plus vite possible le fauve.

« Mais rieeeeen, je le jure ! Ce n’est pas moi ! »

Bryke pointe du doigt les divers objets rassemblés sur le sol.

« Mais c’est à moi ça ! Oh, pauvre que je suis, humilié de la sorte ! Tragédie ! Drame ! »

Commence à sur jouer la peluche, tandis que quelques passants essayent de ramasser les quelques objets de valeurs, ni vu ni connue. Leur surprise est de taille lorsque les objets refusent de bouger du moindre millimètre.

« Je ne le vois pas… Tu l’as encore sur toi ! Rend-le moi ! » S’impatiente la dame, observant autours d’elle à la recherche de son précieux bien.

Bryke penche brièvement la tête. A en jugé par le bruit qu’a fait la peluche, tout ce qui se cachait à l’intérieur de sa fourrure est clairement étalé par terre.

Le fauve reporte son attention sur la femme élégante, toujours aussi méfiant. Est-ce elle ?

Elle ou non, Sidhe n’a pas perdu de temps. S’accrochant à la jambe de l’asiatique, en chouinant d’une manière aussi aigüe qu’insupportable.

« Ma sauveuse ! Il est si méchant ! Si méchant avec moi ! Secouer comme un prunier ! Laisser derrière ! Accusé de vol et voyez comment il me traite ! Bouhouhouh ! »

Le ronso s’approche de quelques pas de l’accroche improvisé pour peluche, l’observant mieux.

Sa truffe s’agite un bref instant.

Une odeur de pivoine, sous un soupçon d’anis étoilés. Une odeur qui lui rappelle la maison, son monde d’origine, la terre des dragons. Mais ce n’est pas tout, un deuxième effluve, plus effacé, entoure la demoiselle. L’odeur de la sueur, de l’alcool bon marché, l’odeur de quelqu’un d’autre.

Non, elle ne porte pas l’odeur de la plaignante, celle qui hurle encore sur Sidhe en ce moment même. Si elle avait un collier, ou bien ne lui appartenant pas, caché quelques parts dans les plis de ses vêtements, il le sentirait.

Le fauve secoue brièvement la tête, avant de s’immobiliser soudainement. Son œil unique se porte sur un individu, par-delà l’épaule de l’asiatique.

Un jeune homme fixe l’attroupement avec une curiosité étrange. Les cheveux blonds, les yeux marrons, un short d’été selon la mode du coin. Un gamin des plus banal, passe partout. Un individu qu’on oublierait quelques minutes après l’avoir seulement rencontré. Si ce n’est… Cette étincelle dans le regard, comme admirant une de ses œuvres.

Il est, qui plus est, suffisamment loin pour pouvoir s’enfuir au moindre mouvement louche. Est-ce lui ? Le véritable voleur ?

Son œil unique se reporte à nouveau sur la femme. Si c’est bien elle qui provoque cette sorcellerie maintenant les objets au sol, alors…

Le fauve la fixe droit dans les yeux, cherchant à obtenir son attention. Avant de donner un coup de tête bref et sec en direction du jeune homme lointain.
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Mais qu’est-ce qu’il a à s’accrocher sur mes jambes lui ?!

Il y a définitivement un manque d’éducation dans la plupart des mondes existants ! Pourquoi ce malheureux s’agrippe à moi comme si sa vie en dépendait ? Nous ne sommes pas à Agrabah, personne ne va lui couper la main…

Quoique s’il continue à agir ainsi, je pourrais me laisser tenter !

Alors que je donne un léger coup de pied discret pour repousser le jeune à l’aide de mes pouvoirs psychiques, je me tourne vers la personne que semble m’indiquer avec une discrétion légendaire la créature bleutée. Un blondinet, plutôt jeune de ce je vois. Je ne comprends pas trop ce qu’il veut que je fasse.

Je ne vais pas lui courir après, je suis en talons hauts. Je ne vais pas non plus le saisir par la pensée et le fait voltiger dans les airs avant de l’écraser au sol ou le plaquer contre le mur. Je ne vais pas non plus hurler « Au voleur ! ».

Parcontre je vais prévenir Francis.


« Potentiel suspect repéré. Dépêche-toi d’arriver s’il te plaît. » pensé-je rapidement.

Le jeune homme en question, je le balaie rapidement du regard. Il a déjà dû comprendre qu’on l’avait repéré. Il n’a pas l’air excessivement pauvre, ni riche. Encore un petit voyou à la petite semaine si vous voulez mon avis…


« Vous allez arrêter de vous accrocher à ma jambe, jeune homme ? Vous me prenez pour qui ? Lâchez-moi et rester digne ! Quelle éducation ! » dis-je, légèrement irritée.

Je tourne mon regard vers l’étrange être se trouvant à mes côtés, avec un léger sourire.


« Vous avez du « flair » pour débusquer les suspects, monsieur. Je vous en prie, ramenez-le ici pour interrogatoire, je vous regarde. » dis-je, sur un ton très léger, trop chaleureux pour être vrai.

J’espère que le petit voleur court vite, la créature mi-humaine mi-féline doit se déplacer plus rapidement qu’un humain… J’imagine ?

Cela me laisse l’occasion de plus le détailler, je n’ai jamais rien vu de tel et pourtant j’en ai vu des choses. J’ai vu des esprits, des spectres, des morts-vivants, des magies sombres ou lumineuses, des lieux incroyables… Mais un homme-bête, c’est bien la première fois. Comme quoi, la Costa peut réserver quelques surprises des fois.

Cependant, la comédie a intérêt à finir vite. Je ne veux pas non plus que ma présence ici soit trop remarquée. C’est mauvais pour les affaires d’être trop visible.

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Le fauve ne peut retenir un bref regard de déception. Il y croyait, que la femme aux pouvoirs psychiques, puisse immobiliser le voyou par la pensée. Il faut croire que non, de toute évidence.

Par la dame de la montagne, que la magie des non-ronso lui semble incompréhensible. Quels sont les limites ? Que peuvent-ils faire ? Il ne comprendra jamais.

Puisque la dame est visiblement impuissante, c’est à lui de faire le sale boulot. Bien sûr, dans un autre temps, il aurait surement laissé l’individu courir, ce n’est ni son monde, ni ses oignons. Hélas, ici, si faute de coupable il y a, c’est Sidhe qui sera incommodé. Et malgré tout son agacement pour la peluche, le fauve ne peut nier une chose. Il a besoin de lui.

Laissant un bref grondement remonté dans sa gorge, le fauve s’écarte de l’élégante femme. Son œil unique se repose sur le gamin. Ce dernier fait quelques pas en arrière, près à décamper au moindre mouvement de son adversaire.

Il va falloir l’immobiliser… En temps normal, le fauve y serait allé sans sourciller. Ici néanmoins, la douleur tirant dans son épaule lui rappelle qu’il est en convalescence. Tenir et maintenir un diable gigotant aura tôt fait de lui ouvrir quelques plaies. Non, il va falloir y aller autrement.

Il va falloir user de la magie.

Bryke redresse doucement les mains, suffisamment lentement pour pas que le voleur ne prenne la fuite.

Sidhe, pourtant occupé à se moucher dans la robe de soie, redresse le regard, la bouche en rond.

« Mais mais mais ! Le docteur a dit que vous deviez plus en faire tant que… »

Mais le fauve, comme toujours, n’écoute que d’une oreille. Évidemment qu’il sait ce que le docteur a dit. Pour autant, il n’a aucune envie de se ridiculiser de un. Et de deux, de devoir attendre dans un poste de sécurité le moment où l’innocence de Sidhe sera prouvée.

C’est toujours aussi lentement que ces mains s’agitent, formant un premier mudra, puis un second, puis un troisième. Les quelques étincelles qui s’échappent entre ses griffes sont suffisamment légère pour ne pas être visible de loin. Pour l’instant, du moins…

Car en effet, tandis que le fauve redresse son index devant sa gueule, pour confirmer sa magie. Les étincelles pourtant discrètes, viennent fuser, se décupler, en direction de sa paume gauche. Ces dernières se rassemblent dans un fracas électriques, formant une boule violette et instable, une décharge.

Le voyou ne perd pas une seconde, la panique s’emporte de lui. Et il commence à courir, il n’en trouve même pas la force de crier.

Le fauve s’élance à son tour dans un grand saut, se rapprochant dangereusement de sa cible. A peine ses pattes touchent-elle le sol, qu’il se précipite à nouveau dans une ruée, brisant la distance entre lui et le voyou.

Sa main gauche vient s’appuyer contre le blondinet, l’effleurant à peine. Et pourtant, la boule violette disparait dans un fusement, pénétrant la peau du jeune homme.

Ce dernier se raidit, pris d’intenses spasmes, tandis qu’il tombe au sol. Les quelques étincelles lui parcourant le corps de manière volatile ne laisse aucun doute, tandis que son corps, pourtant immobile, ne vois que ses yeux bouger frénétiquement. Il est complètement paralysé.

Le fauve se redresse, toisant sa victime avec un grondement satisfait. Ignorant la douleur vive qui vient le saisir à son épaule. Il le savait.

Mais cette fierté est de bien courte durée…

« HALTE ! LES MAINS EN L’AIR ! » hurle un agent de sécurité.

Il n’est pas seul, ils sont trois, a braqué sur le fauve des armes à feu moderne. Ils ne sont pas là pour rigoler, et n’apprécient visiblement pas la scène.

« On a une agression magique sur la promenade A, une sorte de monstre bleu. A vous. » commente l’un des agents sur son talkie-walkie.

Le ronso redresse les mains, jouant le jeu. Son regard se reporte sur Sidhe, toujours accroché aux jupons de l’asiatique.
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Une belle démonstration de force. Cette créature peut bondir, faire de la magie et se déplace avec rapidité… Un peu comme un chat, à l’exception de l’utilisation des flux magiques bien sûr.

Quel dommage que les agents de sécurité arrivent à ce moment-là sur la scène. Il va falloir clarifier la situation et ce rapidement avant que la créature bleue.


« Chef, on l’allume le bleuté ou pas ?! » me demande Francis, presque trop pressé de donner des coups de savate à notre étrange promeneur justicier.

Je lui fais signe que non de la tête.


« Arrêtez le blondinet et signale aux agents de ramasser les objets de valeur par terre. » pensé-je.

Je refais un mouvement discret de la jambe pour me libérer de l’emprise légèrement gênante de la victime présumée. Je ne suis pas ici pour passer plus de temps que cela, mais j’avoue que l’être bleu m’intéresse quelque peu : après tout, un mi-félin, mi-homme, ça ne court pas vraiment les rues.


« Les gars, mettez tout ça dans les sacs, on va tirer cette affaire au clair au poste ! Emmenez l’accusé. » indique un agent.

Puis il vient vers l’homme à terre, j’imagine que c’est le chef de la petite équipe, je ne le connais pas cependant. Lui semble m’avoir déjà vu parcontre :


« Merci Madame Song pour votre intervention. Nous allons ramasser toutes les preuves et nous demanderons aux deux témoins, soit… La chose bleue et vous monsieur. Merci de votre coopération.
- Dois-je moi-même venir au poste pour témoigner ?
- Hum… Oui mais non, Francis nous a indiqué la situation, nous vous faisons bien entendu confiance.
- Très bien, je vous remercie officier. »

Il penche un peu la tête en signe de respect puis commence avec ses hommes à mettre les preuves sous scellés tandis que la foule se disperse peu à peu. Je ne peux m’empêcher de lancer un regard quelque peu moqueur au jeune homme qui sera certainement traumatisé par sa journée.

« Vous avez eu de la chance de tomber sur moi. Vous seriez dans de beaux draps autrement... Vous venez d’où, vous et votre ami l’homme bleu ? » demandé-je, curieuse d’en savoir un peu plus avant de partir rejoindre mes occupations.

C’était sans compter l’arrivée de Francis.


« Bon chef, c’est pas que j’aime pas faire de sport, mais vous m’avez un peu coupé dans les dégustations de bonnes tapas… On va s’en jeter un petit dans le godet, vous et moi ?
- Certainement pas Francis. » dis-je, tout en observant les deux voyageurs étranges.

Soudain l'idée que les deux voyageurs aient potentiellement accusé pour de faux le jeune homme me vînt à l'esprit. J'espère qu'ils n'auraient pas osé faire cela, car cela revient à me manipuler et je n'aime pas beaucoup ça... Mais au moins cela les rendrait intéressant, au-delà de leur "exotisme" supposé.

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Aussi expressif qu’est le regard d’une peluche, celui de Sidhe est sans-appel…

« Mais… C’est à moi… C’est… » Se lamente le chat en fixant les divers agents de sécurité ramassant ces possessions. « Eh ! Mais, je les récupère quand ? Eh ? S’il vous plait ? Question, j’ai une question ! Quand est-ce que je les récupère ? Dis ? Dis ? »

« Vous irez au poste de sécurité, et vous les récupérez là-bas. »

Comme pris d’une énergie soudaine, le voilà qui vient sautiller autours des agents. Relâchant de ce fait la jambe de l’élégante asiatique.

Seul le fauve bleu garde son attention fixé sur elle. Il baisse les bras, de toute évidence, ce n’est plus nécessaire. Son œil unique ne la quitte pas du regard. Qui est-elle ? Si à l’origine, cette question lui avait effleuré l’esprit. Ici, elle en occupe tout l’espace. De toute évidence, quelqu’un de suffisamment important pour que sa simple parole ne soit pas questionnée. Mais aussi pour qu’elle puisse donner des ordres comme si le lieu lui appartenait.

Est-ce cela ? Est-elle une des propriétaires de ce monde ? Comme le roi Stéphane est propriétaire du domaine enchanté ?   Quoi qu’il en soit, une femme aussi puissante, il préfère éviter d’avoir des liens avec.

Quant à la question de cette femme… Son regard dérive sur Sidhe. Ce dernier relevant la tête immédiatement, comme s’il avait été invoqué magiquement par-delà les dimensions, s’approche d’un pas rapide.

« D’où on vient ? D’où on vient ? » s’excite tout seul la peluche, se désintéressant immédiatement des agents.

Bryke ne peut retenir une brève expression. Sa truffe frémit un instant, tandis que ses babines s’étirent légèrement. Il prie, il prie Etro, la dame de la montagne, peu importe l’éternel. Pourvu que cette peluche agaçante ne révèle pas des informations compromettantes.

« On vient du Domaine Enchanté ! » S’écrie fièrement la peluche. « Moi, c’est Sidhe ! Grand traducteur de l’illustre, le puissant, le grand, le beau, et très méchant aspirant de dame Cassand… »

Pourquoi fallait-il toujours qu’il en fasse des tonnes… Bryke n’a juste plus de patience. Il vient saisir la peluche d’une main griffue pour mieux le foudroyer du regard.

« Mais c’est vrai ! Ce n’est pas parce que tu es en vacance que tu dois faire prout prout avec tes titres hein ! Aspirant du paladin en chef, ce n’est pas rien ! Faut être fier m’sieur ronso ! Oh ! Je sais ! Tu n’as pas confiance en toi ? Mais, il faut croire en soi-même ! C’est pas… »

Cette fois, s’en est trop… Le fauve vient feuler un instant sur la peluche, l’intimidant de se taire. Le résultat semble faire son effet, à en juger par l’apparente pose rigide qu’elle aborde désormais.

Son œil aux reflets de jade se pose à nouveau sur l’asiatique. Quel piètre spectacle cette peluche de malheurs vient d’offrir. Envers et contre tout, la première chose qui vient à l’esprit du fauve, c’est l’image. L’image qu’ils renvoient du Sanctum, et autant dire qu’elle n’est pas bien élégante.

Bryke relève ses mains, offrant quelques signes à l’intention de Sidhe.

< Toi > < Excuse > < Insolence > < Possession > < Toi >


Avant d’indiquer d’un coup de tête ladite femme.

Surement à cause du regard noir comme seul le fauve en a le secret, Sidhe vient prendre une inspiration.

« Je m’excuse d’avoir été insolent. »

De son côté, le ronso vient s’incliner poliment à la mode de chez lui. C’est sobre, mais la posture y est.
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