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Ven fit le premier pas, la porte se refermant derrière-lui dans un grincement, puis un bref mais surprenant claquement métallique qui résonna dans les profondeurs. Une fois celle-ci close, la lumière lui sembla soudainement plus rare. Aucune fenêtre, aucune autre issue, un chemin étroit. Eh bien, il ne fallait pas être claustrophobe ici ! Les escaliers qu'il descendait prudemment étaient tout de même éclairés par la lueur de bougies. Le plateau qu'il avait entre ses mains réduisait sa visibilité. Ce n'est que lorsqu'il atteignit le bas des marches que le silence fut rompu par un bruit de papier froissé.

Il venait d'atteindre un bureau occupé par une jeune femme dont la chevelure brune était nouée en chignon. Il n'en distingua que cela pour les premiers instants. Visiblement, elle était attelée à trier de la paperasse avec attention, la tête fortement inclinée, si bien que les lunettes rondes qu'elle portait dissimulait la majeure partie de son visage. Mais après une poignée de secondes, elle en leva finalement le nez. Cette Saint Patrick agitée devait l'avoir épuisée, devinait-il aisément en observant les cernes sous ses yeux noisette et son visage plutôt fatigué.

- Salut ! Je viens rendre visite à un prisonnier, expliqua-t-il en posant le plateau sur le bureau.
- Bonjour, répliqua-t-elle mollement, sûrement usée par sa tâche. Vous avez une autorisation ?


Ventus plongea la main dans l'une de ses poches et en ressortit une feuille pliée en deux, qu'il lui présenta.

- Oui, par la générale Cissneï en personne.


Son interlocutrice la lui prit d'entre les mains, s'arrêta quelques instants afin de la lire en diagonale, puis la lui rendit avant de se lever de sa chaise. Elle sortit un trousseau de clés et ouvrit une seconde porte métallique, l'invitant silencieusement à la suivre dans la prochaine salle. Celle-ci était mieux éclairée que la pièce précédente par des torches murales en quantité suffisante. Elle ignora les deux hommes qui gardaient les lieux, occupés à apporter leur repas aux différents prisonniers. Ven prit tout de même le temps de les saluer d'un signe de main, sans s'attarder à l'entrée.

Il la suivit d'un pas hésitant, observant les différentes grilles, distinguant une partie de chaque cellule du couloir. Les prisonniers étaient souvent sur leurs lits. Le jeune homme tressaillit lorsqu'un gémissement s'éleva de la cellule sur sa gauche, ce qui ne manqua pas d'agiter le contenu du plateau qu'il avait reprit avant de suivre cette femme. L'homme qui y demeurait était prostré, assailli par le temps lourd, long, insupportable de son incarcération. L'inconfort s'invitait toujours plus sur le visage du jeune homme à mesure qu'il progressait dans le couloir.

Rien qu'en s'imaginant la douleur de leur situation, Ven en avait l'estomac noué. Il ne pouvait se visualiser lui-même ainsi, seul dans un espace clos, sans pouvoir distinguer la lumière du jour. Loin de ses amis, rongé par l'ennui de chaque seconde écoulée, sans pouvoir sortir. Privé de sa liberté. Être dans une telle situation lui paraissait totalement insoutenable. Sa place n'était définitivement pas ici, mais il avait bien fait de venir. Le fil de ses pensées fut coupé par son accompagnatrice qui s'arrêta au niveau de la septième cellule, détachant une clé de son trousseau avant de la lui présenter.

- N'oubliez pas de me rendre la clé en partant, lui rappela-t-elle avant de tourner les talons.


Ventus serra anxieusement la clé entre ses doigts. Le garçon n'avait pas la moindre idée de la façon dont il devrait parler. Cesse de t'inquiéter, se raisonna-t-il avant de se décider à déverrouiller la grille. Il se tourna tout en ouvrant la porte, pénétrant la cellule de dos afin de conserver un peu de surprise et de mystère, puis referma derrière lui.

- TADAAAA ! Lança-t-il joyeusement de façon sonore en se retournant.


Et il présenta le plateau repas, ou plutôt son contenu au prisonnier. Il ne contenait hélas pas grand chose de plus que l'un des repas, en général pas forcément terrible devait-il avouer, de la cantine du Château Disney. Tout y était un peu serré, puisqu'elle contenait également sa portion à lui. Il était venu plutôt à la hâte, mais il avait tout de même pu préparer un petit extra pour son nouvel ami : une glace Double-Croquant qu'il avait acheté au glacier. Apparemment, ce parfum de glace avait été créé spécialement pour lui lors de son dernier passage à Disneyville, mais il était parti trop vite pour avoir une occasion d'y goûter. Une erreur qu'il comptait bien réparer, puisqu'il en avait également pris une pour lui-même.

- T'as faim ?


Dernière édition par Ventus le Sam 8 Aoû 2020 - 20:48, édité 1 fois
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Ses meilleurs souvenirs n’étaient pas dans un cachot, bien au contraire. Bien que celui-ci fut plus propre et nettement plus surveillé que celui du château de Maléfique – même s’il était difficile de faire pire.

Fabri avait cru à une blague, vraiment. C’était louable de sa part de venir procéder à l’arrestation d’un voleur récidiviste inter-mondes – mais les officiers de la Lumière n’avaient rien voulu entendre. Nom, prénom, lieu de naissance, date de naissance, raisons de la présence ici (« attraper Saint Patrick et lui mettre une race » n’avait pas été accepté, avait seulement été retenu le terme de « débattable ».)

Fouille. Toutes ses armes y étaient passées, et aussi tout ce avec quoi il pouvait essayer de se tuer. Y compris la putain d’attache de ses cheveux. (« Je vais pas me pendre avec quand même ! »). Et son médaillon qui le quittait donc pour la première fois en dix ans. Tout un plaidoyer.

L’officier en charge des détention n’avait rien voulu entendre. Au frais. On verra demain. Bonne nuit. Pense pas à utiliser la magie non plus, j’ai failli oublier.

Odieux et infâme. Ils étaient sensés être alliés. Enfin, pas alliés mais en bons termes. Il allait appeler la Générale Cissneï hein. Vraiment. (pas qu’elle en ait quelque chose à foutre)

C’était à pleurer. D’indignation, hein.

Le temps s’écoula donc. La lourdeur de l’atmosphère était palpable, et ce même s’il régnait dans cet endroit un silence de mort, Fabri pouvait presque entendre le champ qui annulait toute magie. Un peu comme le ronflement sourd d’un vaisseau, en plus insidieux. Il l’entendait sans l’entendre. Peut-être que le champ allait finir par l’entendre tenter de l’entendre.

Non, ça, c’était juste flippant.

Peut-être allait-il rater son vaisseau de demain – pensait-il, se laissant aller à des pensées plus rationnelles. Il ne savait pas vraiment ce qu’on pouvait lui reprocher, pour être honnête. Il n’avait fait de mal à personne. Même si, malgré la guerre, il avait débarqué comme ça dans le monde – le quartier général d’un groupe étranger, et dégainé armes et hurlements. Au Sanctum, il serait tombé sur le râble de quiconque aurait essayé de faire la même. Avec Force, Etro et probablement trois semaines au cachot (par lenteur administrative)

(bien fait pour sa gueule).

Des pas. Qui se rapprochaient. Ils avaient brisé le silence – affairé à songer au système carcéral du Domaine, il avait franchement oublié le champ anti-magie ou quel que fut son nom. Comme affamé par le son, son attention se rapporta sur lui. Deux personnes – qui s’arrêtèrent devant sa cellule.

Pronom possessif, oui, SA cellule, la sienne à lui bordel.

Cerbère repartit, laissant Roxas devant la porte.

« Roxas !? »

Celui-là même avec un plateau repas et des glaces. Le destructeur du Palais des Rêves, le destructeur de sans-cœur de la fête des mères, tout ça vraiment. Ca faisait des années qu’il ne l’avait pas vu – et les derniers événements…. Et bien…. C’était pas franchement rassurant de le voir compte-tenu d’eux, quoi.

« Qu’est-ce que tu fous ici ? »

Son esprit se tapait un cent mètres. Maître Aqua lui avait peut-être raconté ce qui s’était passé à la Contrée du Départ. Après-tout, entre porteurs de Keyblade, ils se partageaient peut-être les dernières infos régulièrement. Ah, il y avait aussi le tournoi des Enfers où il l’avait balancée dans la gueule de Kurt – et il avait quand même perdu par la même.

Alors, oui, il avait faim. Mais est-ce que c’était vraiment la question du moment, là, bien sûr que non ! …. Quoique, manger, c’était l’acte social par excellence. Roxas n’allait pas faire exploser un monde pendant qu’il mangeait, quoi. Donc accepter ce repas – le sel et le pain métaphoriques de la paix, c’était s’engager sur le chemin de la discussion.

Non, il avait vraiment juste faim.
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Roxas... Roxas ? Ven cligna des yeux. Une fois, deux fois... Ah, bien sur. Comment avait-il pu ne pas y penser ? Ven avait pu faire sa rencontre auparavant. Toute la préparation mentale n'aurait pu rendre ce moment moins troublant. A l'exception de quelques détails tels que sa taille, il lui ressemblait tant qu'il était simple de s'y méprendre. Par ailleurs, l'erreur s'était déjà produite au Jardin Radieux. La situation n'avait alors pas été des plus faciles à gérer, le passif de son ami n'ayant pas aidé à éviter l'incident diplomatique.

Seuls quelques instants de quiétude, qui furent toutefois suffisants à créer un léger malaise du côté de l'adolescent, s'étaient écoulés depuis la question de Fabrizio. Instant de silence qui fut rompu par l'estomac du templier qui gargouilla de façon plutôt audible, répondant à sa question précédente. Ventus sourit en observant ce renversement de situation et la réaction du prisonnier. Le lit sur lequel il était installé n'avait pas bien l'air confortable. Il en eut bientôt la confirmation lorsqu'il décida de sa propre initiative d'y prendre place à ses côtés.

- Je ne suis pas Roxas, répondit-il en riant nerveusement afin de dissiper au plus vite ce malentendu. ... Mais il est bien ici, compléta-t-il en inclinant la tête vers son interlocuteur. Le garçon laissa s'écouler quelques instants pour que Fabrizio puisse digérer l'information. Je m'appelle Ventus, mais tous mes amis me surnomment Ven, se présenta-t-il, l'invitant également tacitement à utiliser ce dernier surnom pour tenter de le faire se sentir plus confortable.


Déjà, son regard vacilla vers sa glace Double-Croquant. Il se languissait de la goûter, mais ne le fit pas encore. Elle n'en serait que meilleure en faisant durer le plaisir. Il se reprit assez vite, se reportant sur son assiette, puis celle de son nouvel ami. Il s'assura que celle-ci quitte bientôt son plateau repas, non sans lui souhaiter un bon appétit. Il ne goûta pas pour le moment, préférant faire la conversation, répondant de lui-même à l'une des milles interrogations qu'il pouvait aisément imaginer Fabrizio se poser actuellement.

- Tu n'es pas le premier à nous avoir confondu,  Fabrizio, commenta-t-il sur un ton plutôt taquin, mais affichant toutefois toujours un sourire bienveillant à son interlocuteur. Tu l'as déjà rencontré ?


La question était évidemment rhétorique, la réaction précédente de Fabrizio y ayant déjà répondu, mais elle l'invitait à satisfaire sa curiosité en entrant dans les détails. Fabrizio n'était pas exactement tel qu'il se l'était imaginé. L'une de ses joues et son cou portaient les marques d'une brûlure, plus terrible qu'il n'aurait pu se l'imaginer. Ven s'était également laissé surprendre par la longueur des cheveux du soldat, qui ne lui paraissaient probablement aussi longs que parce qu'ils n'étaient pas attachés. Mais le surprenant de tout était encore un sujet à venir, inévitable, une question qu'il préféra pour le moment remettre à plus tard.
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