Bon sang…Mais qu’est-ce qu’on fait là…
Raaah mais commence pas l’chair molle, qu’est-ce que t’as pas pigé au juste ? On, a, b’soin, d’munnies. C’tout, de l’argent, de l’or, d’trucs qui font bling bling des je sais ! Je sais ! Mais, il y a des manières bien plus chiante d’se faire de l’argent ? Ouais, j’sais ! C’pour ça, là, c’bien. P’tite protection d’client, c’dure une p’tite heure, on est bien payé. Et puis, avec un peu d’chance, ç’va mal s’passer, et on va s’marrer, eheh !

Et puis, d’quoi tu t’inquiètes ? T’es à l’intérieur d’un ORK ! Un vrai d’vrai ! On vit pour s’battre, on vit pour l’sang ! On vit pour écraser les autres ! T’crois qu’un p’tit combat ça va nous faire d’mal ? AH !


Mais, on a rien pour se défendre. Mais c’tout l’but gamin ! T’crois qu’le Jimbo, il va réagir comment si on s’ramène d’vant lui avec n’poings ? Va s’marrer ! Et moi, j’suis un ORK qui s’respecte ! On s’marre pas d’moi ! On fait c’petit boulot, on touche l’munnies, et on s’fait l’arme d’nos rêves ! Mais, je ne comprends pas. Je croyais que tu irais piller un magasin ou quelque chose comme ça Eh ? C’est c’que t’veux qu’je fasse ? Ah non ! Non non non ! Les petits boulots c’est… mieux que rien je pense ! Bah alors, qu’est-ce qu’tu m’saoule là ? Rien…

Pouah, c’long, il fiche quoi l’client au juste ? Il avait dit quoi d’jà ? Tsaaah, l’seule chose dont j’me souviens, c’est qu’je devais m’ramener ici, sur l’ruelle de l’alba…Albatros ouais, c’ça. C’bien l’ruelle qu’il parle nan ?

C’est comme d’habitude, je ne vois que ce que tu regardes. Ah oui, c’vrai. Bon bah, observe bien gamin. J’prends une grande inspiration et j’commence à r’garder autours d’moi. J’le fais bien lentement, leeeeenntement, pour qu’le chouineur il puisse bien r’garder. C’que j’vois moi, c’qu’une ruelle toute noire, pas d’lumière. C’crade, y’a d’poubelles là, et ça pue l’poisson. Oui, c’est l’arrière d’une ruelle marchande. Vu le contenu des poubelles, ça doit être juste derrière un restaurant. Là-haut, il y a quelques balcons de secours. Ça sert à évacuer les immeubles en cas d’incendie. Vu la vapeur qui s’échappe des bouches d’aérations, ça me conforte dans l’idée d’une cuisine. Pas beaucoup d’accès à la ruelle en tout cas. Le genre d’endroit où s’échange des choses pas bien légale Eh ? D’genre ? Drogue, contrebandes… Ca ne te dis rien ? Ah bah si ! C’juste que moi, d’habitude, j’la transporte c’genre d’marchandise, j’la consomme pas. Eheh, j’en ais pas b’soin, j’suis déjà l’plus fort sans ! L’plus fort gamin, l’plus fort !

En attendant… Il n’y a pas beaucoup d’ouvertures. Soit les fenêtres, soit les balcons. Soit l’entrée de la ruelle elle-même. Ouais, bah j’vois toujours pas l’gars qui nous embauche.

Ah, attend. J’sens un truc. Nah, j’entends un truc ! J’tourne l’tête vers l’entrée, personne. Tsah, ça y est, je m’ennuie tellement qu’je deviens fou !

« Pssht…T’es Karg-truc ? »

Eh ? J’redresse l’tête, mais c’est qu’ça vient d’en haut c’te p’tite voix !
Dans l’mille, y’a un humain qu’me r’garde avec d’yeux rond.


« L’unique ! » Qu’je lui répond

« Super, attend, je te fais monter »

Blang qu’fait l’échelle, tandis qu’elle descend jusqu’à moi. J’monte, et j’monte. J’me r’trouve sur l’balcon avec l’autre chair molle. Il m’regarde bizarre, tu lui fais peur, eheh.

« Je vais prévenir le patron »

Qu’il m’dit, tandis qu’va contre l’fenêtre. Il toque quelque fois, et ça s’ouvre.

« Boss, le garde du corps est là. »
« Ah parfait. »


J’tord m’babines dans un rictus, tandis qu’je vois l’gars qui sort l’tête d’la fenêtre. L’a pas changé, toujours l’cheveux rasé, toujours l’barbiche en bouc. Pas d’goûts l’gars. C’est surtout son tatouage sur la tempe que tu devrais regarder. Ça veut dire qu’il appartient à un gang d’Illusiopolis. Un chat en tribal, sur des traces de griffures, le gang des wildcat. Je m’en fiche !

« Salut l’ork. » Qu’il m’dit, en m’regardant d’haut en bas. Il y a du dégoût sur son visage.

« Oy ! »

« Bon, je t’explique comment ça va se passer. J’ai un invité dans la chambre à côté, et je vais m’entretenir avec lui pour faire un accord commercial. J’ai quelques gars à moi qui surveille l’entrée et la rue principale. Toi, ton boulot, c’est de faire le piquet devant la fenêtre, et t’assurer que personne ne passe par là. Compris ? »

« Aye. »

Oulah, eh attend ! Tu ne veux pas demander plus de choses ? C’est quoi l’accord ? Les dangers, qu’est-ce qui pourr… Nah ! C’pas mes oignons, gamin. Et c’pas l’tiens non plus. Nous, on est là pour l’fric, pas pour apprendre d’trucs. Mais… Tu t’la ferme chair molle, c’moi qui ais l’contrôle, c’moi qui fait comme j’veux !

J’pousse un p’tit grognement. Sait pas s’tenir tranquille c’fichu gamin.


« Parfait. Ça ne devrais pas durer longtemps. Une petite heure au plus. Quand c’est fini, tu reviens toquer à la fenêtre, et je te donnerais ta paye. »

L’gars perd pas d’temps, il m’fait un p’tit signe avant d’refermer l’fenêtre.

Bon bah, plus qu’à attendre.


J’me laisse r’tomber dans un coin d’balcon. C’fait un gros bruit. L’autre chair molle m’regarde, il a pas l’air à l’aise. Oooh, t’as l’trouille p’tite nature ? Eheh !

J’en profites, j’me rapproche un p’tit peu, et un p’tit peu plus. J’vois bien s’tronche, comment il commence à suer l’gamin. Il a peur d’quoi ? Qu’je l’mange ? Nah, pas quand j’suis au travail !


« Alors…Euh…Tu viens d’où ? »

Qu’il m’demande, essayant d’rediriger mon attention ailleurs. J’suis pas un idi-ork p’tit, j’sais bien c’que t’essaye d’faire. Alors j’commence à avoir l’rictus sur l’babine, j’lui montre un peu m’dents, et j’répond pas à l’question. J’le fixe à la place, eh !  

Bon sang…Arrête, qu’est-ce ça t’apporte ? Le pauvre !

Ce que ça m’apporte ? Puisque j’vais m’ennuyer pendant une heure à faire l’chien chien, autant qu’je trouve d’quoi m’amuser !

Et y’a rien d’plus drôle…Qu’faire pisser des gamins…