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Du 01/02 au 28/02
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« On s’eeeennnuiiiieeee »

Sidhe se lamente, se permettant même une roulade sur le dos. Ses petites mains de peluche animé viennent frapper le sol, à l’image d’un enfant de six ans en plein caprice.

Autour d’eux, quelques villageois se sont arrêté. Dans un premier temps pour contempler avec curiosité l’étrange créature. Puis, pour lancer à Bryke, un regard de méfiance, de peur, et de colère. Le fauve ne leur accorde aucune importance. Il a bien compris, oui, il n’est pas le bienvenu ici.

Il fallait s’y attendre. C’est après tout, la première fois qu’il voyage si loin de la citadelle.

Il avait espéré pouvoir prendre la route du Mont Gagazet, en compagnie de Cassandra, le plus tôt possible. Mais elle avait besoin de temps. C’est la chef des paladins après tout, elle ne peut pas se permettre une disparition soudaine sans un minimum de directive.

Le regard du fauve se perd un instant autour de lui. C’est un bien petit village. Cinq maisons à tout cassé, et ce grand moulin, près du ruisseau. Un endroit rupestre et ensoleillé, la forêt est bien loin, et seul demeure tout autours, des collines et des plaines de cultures. La bourgade de Korbach, de son petit nom.

L’endroit aurait presque pu être agréable, reposant. Bien loin du vacarme des rues bondées, ou des aspirants en panique, courant dans les rues de la citadelle. Non, ici, il n’y a que le bruit du vent, des oiseaux chantant, et des feuilles virevoltant sous la brise. Le ruisseau se laisse lui aussi entendre, dans un concert de clapotis léger et mélodieux.

Oui…Cela aurait presque pu être agréable. C’était sans compter sur les locaux. Depuis son arrivé, Bryke avait tout eu. Les regards méfiants, les femmes qui ferme les volets en l’apercevant, les crachats à ses pieds. Heureusement qu’il n’est pas venu seul, accompagné d’autre membre du Sanctum, il avait pu prouver être de l’ordre.

Aurait-il subit une attaque s’il était venu seul ? Bryke le suppose. Une attaque de fourches et de torches, venant de villageois terrorisés envers un « monstre » comme lui.

« Eeeeennnnuiieeee-uuuuhh »

C’est vrai, c’est d’un calme…

La mission qu’on lui a donnée est simple. Un village est régulièrement attaqué par des bandits de grand chemin. Lui et un petit groupe du Sanctum doivent s’y rendre pour mener la garde et dissuader toute attaque.

Ça fait déjà plusieurs jours qu’ils sont là. Et il ne s’est rien passé, pas une once d’action. Pas de quoi satisfaire le Sanctum visiblement. Ils ont reçu l’information hier dans la matinée.

Une cohorte de la citadelle sont en route. Ils doivent se reposer au village, avant de reprendre la route pour une affaire tenu secrète. Visiblement, il est question d’un haut-gradé dans le tas. Suffisamment haut dans son rang pour que l’on rabâche les oreilles du petit groupe quant à l’importance qu’ils ne retrouvent pas un village en ruine.

Mission accomplit donc ?

Le fauve vient s’appuyer un peu plus contre le mur. Il s’est assis là, sur un banc perdu, adjacent à la grande route de terre.

Au moins, il les verra arrivé le premier.

« C’est calme hein ? »

Une femme s’approche de Bryke. Cheveux châtain, yeux vert, une silhouette fine. Jennay, cette fille qu’il avait rencontrée lors de ses premiers pas au Sanctum. Elle vient s’adosser, à côté du banc et de ses occupants.

« Oh oui ! C’est long ! Il se passe rien ! Tu sais ? Tu sais ? Ça manque de quoi ? Eh ? »

« Non, mais je sens que je vais bientôt le savoir. »

Sidhe se redresse d’un bond, prenant appuis sur le banc.

« Ça manque de TA-TA-TA et PAM PUNCH BANG ! Et PFIOUH PAM PAM ! »

Il mime des coups de poing, de pied, il sautille un peu partout au fils de ses onomatopées.

Bryke le regarde en coin, inexpressif.

Jennay elle, a un sourire un bref gêné.

« Oh tu sais, il faut faire attention à ce que l’on souhaite. Tu vas nous porter la poisse, et tu vas voir que lorsque le templier arrivera, il ne restera plus rien du village. »

Jennay parle un peu trop fort visiblement. A en juger par le visage horrifié d’une villageoise, passant non loin. Voilà les traits de son visage qui pâlisse à vue d’œil, tandis qu’elle retourne chez elle d’un pas hâtant.

« C’est qui d’ailleurs ce templier ? Il est fort ? Il est classe ? Il est beau ? Hein, dis dis ! » s’excite la peluche

La jeune femme secoue négativement la tête.

« Aucune idée. De toute façon, ils vont juste faire un arrêt. Je ne sais pas ce qu’ils ont eu comme mission, mais à priori, c’est plus important qu’un camp de maraudeurs. »

« On s’eennnuiiiieee »

Bryke se redresse. Sidhe commence à mettre ses nerfs à vif.

« Eh ! Où tu vas ? »

Mais le fauve ne répond pas, se dirigeant vers l’entrée du village.

Il ferme son œil unique un instant. Savourant le calme retrouvé. Laissant son odorat se perdre dans ses sens. Une odeur de printemps, une effluve humide et mousseuse, et une…

Qu’est-ce que c’est ? Il en distingue plusieurs, c’est encore loin mais ça se rapproche. Il y a un peu de tout, de l’épicé, du sucré, de l’amère. Mais une se distingue particulièrement.

La truffe du ronso s’agite un instant, prise d’un soubresaut.

Un mélange d’acier, de sueur, et de purin ?
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« Dis-le franchement, si tu me le dis maintenant je t’en voudrais pas sur E... - enfin, je te le JURE. »

Son ton était insistant, sans équivoques – ou presque. C’était peut-être le fait de jurer sur Etro ou presque qui faisait que Senrith se méfiait plus que tout. Quand Fabrizio – ah pardon, le Templier en Chef, jurait comme ça, ça finissait souvent par un coup en traître. « Je connaît mon chemin. C’est mon village natal. » répondit-elle, placidement.

Senrith, armure sur le dos, la bride de son cheval en main, fixait son supérieur dans les yeux en espérant que son mensonge passe. Son air impassible – déjà fortement aidé d’une paire d’yeux mornes hérités de sa mère, était d’ordinaire difficile à déchiffrer. Ils étaient perdus depuis trois heures.

« Alors pourquoi est-ce que ça fait trois fois qu’on voit ce rocher !
- C’est la première fois que je le vois. »

Fabrizio, lui, vivait l’aventure moins bien que sa lieutenante de fortune. Bien que lui faisant confiance, il doutait de ses capacités légendaires de traqueuse depuis quelques heures. Trois jours déjà passés à dormir dehors – et une fois dans une grange, dans un tas de foin, ça érodait tout même les amitiés les plus fortes. Il avait eu tout le temps d’assumer le fait qu’il vivrait probablement avec de la paille dans les cheveux pour le restant de ses jours. Le drame.

Deux jours dans la foret, qui avaient déjà étés éprouvants, avaient laissé place à des plaines claires et humides en cette saison qui débutait juste. Des fleurs, des cerfs – parfois, et beaucoup d’oiseaux. Les bois avaient désormais disparu dans les collines derrière eux ; d’anciennes montagnes érodées par le temps, devenues collines au sommets bleutés leur rappelait non seulement que le monde était grand mais qu’ils étaient aussi loin, très loin du château et de ses jolies plaines. Plates. Calmes. Domestiques.

Il avait laissé à Senrith l’honneur de guider la marche. Aussi sobre et déterminée qu’elle était, elle seule connaissait le chemin. Korbach avait récemment subi des attaques de malfaiteurs, même si ce n’était qu’une pierre sur leur chemin. Elle devait le mener là bas, faire une étape et poursuivre au delà pour une mission que seul le Haut-Prêtre connaissait entièrement les tenants et les aboutissants. Bien qu’en ayant confié la plupart à Fabri avant qu’il parte, cela allait de soi. C’était donc en ordre Senrith, lui-même et six Templiers qui fermaient la marche.

Sen allait d’un bon pas ; même si citadine depuis un moment déjà, elle semblait garder des habitudes certaines d’une enfance dans les environs. Bride à la main également – les chevaux étant autant en difficulté que les hommes sur les petits chemins creusés par les passages, Fabri observait le régulier mouvement de la hache qu’elle portait à la ceinture. Il allait de pair avec ses pas, son souffle, sa fatigue.

« On est arrivés ! » claironna bientôt la jeune femme.

Une ou deux exclamations discrètes de la part des Templiers – Fabri se retint de tout commentaire. Il se serait plaint aussi s’il n’était pas porté officiellement garant desdits Templiers.

Une heure de marche suivit – encore une. Qui étaient-ils pour compter ? Plus aucune exclamation de Templiers alors que chaque mètre se faisait plus ardu que le précédent. Le village n’apparut que quelques temps plus tard ; un hameau, sans plus. Fabrizio ne fut pas surpris – Senrith avait toujours dit habiter dans un des endroits les plus perdus de ce monde. Tout de même ; c’était compréhensible qu’elle eut tôt fait d’aller chercher de l’embauche ailleurs.

Fabri fut plutôt surpris de trouver une figure connue à l’entrée du village. Posté là, comme un garde silencieux et radicalement déplacé dans un endroit aussi lointain. Sa fourrure bleue aussi visible que la corne sur son front. Plutôt que des mots, après un long voyage, Fabri lui adressa un signe de tête. Entendu, poli. Avec ça, il ordonna l’arrêt de la marche des Templiers, non sans satisfaction de leur part. Curieusement, la première personne qu'il voyait dans ce village avait tout sauf l'air d'un local - sans critiques évidemment. Il connaissait bien Senrith, et elle avait tout d'une humaine. Ce type, comme mentionné plus tôt, faisait bien deux mètres de haut et était couvert de fourrure. En levant les yeux, ce fut son visage qui  était peut-être le plus frappant. Un œil, un air bestial. Et bien sûr, le silence qui l'entourait. Fabri s’avança vers lui, sans hésiter une seconde de plus.

« Des soldats du Sanctum devraient être arrivés ici il y a quelque jours, vous sauriez m'indiquer leur position ? » Il ajouta, tendant sa main vers la créature en face de lui.  « Fabrizio Valeri, Templier en chef du Sanctum, ravi de vous rencontrer. »


Dernière édition par Fabrizio Valeri le Ven 7 Aoû 2020 - 18:28, édité 1 fois

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Fiche de Compétences

Spoiler :
Le courage du Paladin.
Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler Oh-shi
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Une fois n’est pas coutume, l’œil unique du fauve vient se poser sur la main tendue. Rien à faire, il trouve cette manière de faire toujours aussi idiote. Pourquoi les humains tiennent tant que ça à se serrer les coussinets pour dire bonjour ? Un simple hochement de tête, ça suffit, c’est simple, c’est efficace.

Son regard se redresse un peu plus, survolant le dis templier. Alors c’est lui le grand patron de ce groupuscule ? C’est une bien grande balafre qui lui orne le visage, une brûlure ? Visiblement, en voilà un qui a dut vivre son lots d’aventure. Une certitude renforcée par son approche sans peur à la rencontre du prêtre de Raï.

Courageux, et poli qui plus est. Le fauve hoche la tête respectueusement, avant de faire un bref signe, l’invitant à le suivre.

Ses pas le porte en direction du village, se retournant régulièrement pour s’assurer qu’il n’a perdu personne. En soit, il n’est guide de rien, les toitures sont largement visibles, mais il prend son rôle au sérieux malgré tout.

Tiens, la place du village n’est plus peuplée de la même manière qu’a son départ. Sidhe et Jennay ne sont plus là, et la majorité des membres du Sanctum avec eux. A l’image de vase communiquant, ce sont néanmoins les paysans et autre villageois qui se sont réparti les lieux.

Sans surprise, leurs regards se tournent sur le comité nouvellement arrivé.  Ici, un fermier au nez de taille prononcé, se racle la gorge plusieurs fois. Là, une fermière, aux cheveux si en bataille qu’une éternité de sommeil ne saurait mettre au jour, s’arrête. Elle était visiblement en train de chasser un poulet dodu, qui profite de l’occasion pour s’échapper au loin. La fermière pousse un hurlement d’horreur, avant de lui courir après, dans une scène des plus burlesque.

Et au fond… Un vieux bucheron aiguise sa hache, s’arrêtant bien trop régulièrement pour se débouchonner ses narines d’un index expert.

Quelques un lancent à nouveau des regards froid et virulent au fauve bleu, avant de s’illuminer d’une lueur nouvelle devant le templier et son escorte. Favoritisme ? On dirait bien.

« Qu’il est beau garçon ! »
s’exclame une jeune femme couverte de boue, à sa meilleure amie la meunière.

Bryke pousse un bref soupir. Au moins, il n’est plus le centre de l’attention, et c’est une fort bonne chose. Pour autant, il ne ralentit pas. Ses grandes foulées le rapprochent de la petite maison au toit rupestre, investis temporairement par son équipe.

Le ronso vient ouvrir la porte, accueillit immédiatement par des piaillements.

« Sidhe ! Repose ça ! »
« Eh ! Mais c’est bon ! J’fais que regarder ! Juste un coup d’œil, un tout petit ! »
« Tu vas le faire tomber ! »

Sidhe c’est visiblement hissé sur une étagère, tenant entre ses mains un bocal remplit d’une poudre colorée. Jennay lui tend la main, essayant visiblement de récupérer l’objet en question. Autour d’eux, quelques soldats du Sanctom sont en train de jouer aux cartes. Avec des paris, à en juger par les quelques munnies et une hi-potion sur la table.

Tous arrêtent leur numéro lorsque vient le templier en chef.

Si Jennay, et les autres gardes viennent se mettre au garde à vous. Sidhe lui, perd immédiatement son intérêt pour la poudre, et vient bondir jusqu’au sol. Il se précipite vers Fabrizio, dans un pas mélange de saut et de course.

« Ooooh ! Alors c’est lui le templier en chef ? »

Bryke a beau essayé de le chasser d’une patte, la peluche ne semble pas en démordre.

« Et tu t’appelles comment ? T’as tué beaucoup de sans-cœur ? T’es arrivé quoi au visage ? Mais, tu n’as pas d’épée ? Waaah ! Et c’est quoi la mission secrète ? Ah, j’suis bête, c’est secret ! J’peux avoir un indice ? Oh oh ! Devinette, tu me donne un indice, j’essaye de deviner, et tu me dis chaud ou fr… EH !»

Le fauve s’impatiente. Il vient saisir la peluche par la nuque, avant de se diriger vers la sortie. Il tourne néanmoins la tête vers le templier en chef, après tout, c’est lui désormais la plus haute autorité dans cette mission.
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Petite note qu’il se faisait à l’instant : les grandes fauves bleus ne se serraient pas la main. C’était déjà ça d’appris.

Ledit fauve bleu mena la marche jusqu’au qg de campagne – un beau nom pour qualifier l’une des maisons du patelin qui servait de point de ralliement aux Templiers présents.

« C’est tellement paumé ici, on a des missions dans d’autres mondes des fois ? »

Viveka, l’un des deux écuyers de l’équipe, avait ouvertement pris la parole alors qu’elle se baladait, nez en l’air dans le village. La réponse ne se fit pas attendre ; juste avant d’entrer dans le bâtiment, Fabri lui lança ;

« Vous deux, perdez pas la main et allez vous entraîner. » il s’adressait aussi au second écuyer – complémentaire de Viveka comme si ç’avait été prévu par Etro elle-même. « Borya, vérifie qu’elle tiend sa garde comme il faut.
- Chef, oui chef ! » C’était avec un garde-à-vous aussi tendu que la corde d’un arc que ce dernier ponctua sa phrase et embarqua sa comparse qui, sous l’ordre, ne se plaignit pas. Du moins pas de manière audible.

Fabri avait rechigné à les embarquer, tous les deux. Il avait toute confiance en Borya, qui faisait littéralement partie des meubles – confié par ses parents réfugiés aux Templiers. Viveka, c’était une autre histoire. La jeune fille venait d’une bonne famille de marchands et avait été enrôlée parmi les Templiers de son propre chef, afin de s’extirper d’un quotidien ennuyeux qui, d’après toute évidence, ne la conduirait qu’à un mariage avantageux et à une vie de petite bourgeoisie. Les deux s’entendaient bien, même si Fabri voyait clairement que toute relation d’amitié entre deux gosses de treize ans se limitait à des injures, du partage de munnies pour le déjeuner et des blagues pas nécessairement drôles.

Débarrassé – les soldats de l’unité éparpillés, certains pour récolter des infos auprès des villageois, d’autres le suivant pour entrer dans la chaumière, il put enfin penser à la mission qui l’attendait.

Mais vraiment pour deux secondes. Avant qu’une bestiole lui saute à moitié dessus. Un mélange de chat et d’autre chose. Qui lançait une question. Et puis une autre. Et une autre. Et encore une autre – il n’allait pas répondre, parce que merde d’une c’était un chat et de deux qu’est-ce qu’il foutait ici !?

Il eut un mouvement de recul, mais le fauve avait pris les devant et avait attrapé la bête qui piaillait de plus belle. « Bon, à en juger par vos mises, la situation est pas encore trop sensible ? »

Des sourires gênés – une tentative de récupération de la potion fort discrète par l’un des soldats. Fabrizio n’avait pas l’intention de leur faire la leçon car tenir la garde alors qu’il n’y avait rien à faire, lui aussi y avait eu le droit. Peut-être n’était-il pas assez strict sur ce genre de chose. Il le ressentait surtout avec Viveka et Borya, comment être un commandant si lui, à l’intérieur, était encore à moitié un soldat du rang ? Il n’avait plus le loisir d’observer ses supérieurs et des connaissances plus expérimentées que lui, car ils n’étaient plus là depuis longtemps. Angeal. Heinrich.

Jennay faisait son rapport. Le Templier-en-Chef l’écoutait et acquiesçait à ses dires avec cette pensée légèrement morbide en tête qui lui donnait l’impression d’un voile ternissant quelque peu la réalité. La porte s’ouvrit, peut-être étais-ce le fauve bleu qui était de retour ?

« Des soldats de Maléfique, ils attaquent ! »

Pas de fauve, mais la jeune femme du village. Essoufflée, effrayée ; pâle au-delà de la raison. « Combien ? Proches du village ? » demanda Fabrizio en se retournant aussi sec.

La paysanne secoua la tête « Une vingtaine… je sais pas, plus peut-être… ils sont au niveau du moulin ! »

Fabri la remercia d’un signe de tête. « Restez à l’intérieur, barricadez-vous et ne sortez qu’une fois la menace éliminée. » Il sortit, rejoignant le fauve. Les soldats derrière-lui. La partie de cartes ne reprendrait pas. « Le comité d’accueil était en retard, vous avez entendu la dame, au boulot! »

Au fond de lui, une pensée plus inquiétante. Cette femme avait mentionné des soldats de Maléfique… que faisaient-ils ici, au fin fond de la campagne ? Mais surtout, la sorcière disparue, son château abandonné depuis des années… la question prenait un tout autre sens, beaucoup plus inquiétant.

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Des soldats de Maléfique ? Le fauve est des plus perplexe, qu’est-ce donc au juste ? Ce nom lui est familier, il en a très certainement entendu parler, mais où, bonne question. Un sujet suffisamment rare visiblement pour qu’il en oublie les tenants et aboutissants.

Une bousculade le sort bien vite de ses pensées. Tout autour de lui, les paysans s’activent. Les ordres du templier en chef ont visiblement été entendu. Le fauve ne peut s’empêcher un bref reniflement.  

Encore une nouvelle odeur, et cette fois, ce n’est pas le genre qu’il apprécie. Une odeur aigre, presque comme de l’encre. L’intensité augmente au fil des minutes, si bien qu’il vient se saisir la truffe un instant. Poussant un lourd grognement tandis que son regard se porte sur Fabrizio.

Quoi que ce soit, ça lui assaille son odorat. Si fort, qu’il en vient à avoir la tête qui tourne. Contre tout attente, Sidhe ne réagit pas. Il n’est qu’une peluche après tout, une peluche douée du mouvement et de la parole certes, mais ses sens ne sont pas des plus décuplés.

Sa main griffue toujours collé à son museau, il s’approche du templier en chef. Avant de faire signe à Sidhe de s’approcher. Redoublant de courage pour lâcher sa truffe, il vient signer les mudras suivants :

< Attention > < Odeur > < Encre > < Proche >

Sidhe, observant les mains, et tremblant déjà comme une feuille, s’empresse de traduire.

« Aaaah m’sieur le héros ! Bryke dis que ça sent mauvais ! Mais pas mauvais comme la mort, ça non ! Mauvais comme euh… de l’encre ! » La peluche s’arrête un instant, reportant son regard vers Bryke « Attend ! De l’encre ? C’est vachement précis quand même ! »  

Le fauve vient pourtant hocher la tête. Confirmant qu’il n’y a eu nulle erreur d’interprétation.

Mais le temps n’est pas à la discussion, et bien vite, un bruit lointain vient le confirmer. Le bruit d’épées qui s’entrechoquent.

Ni une, ni deux, le fauve suit le templier en chef vers le lieu probable de l’affrontement. Ils ne sont pas seuls, quelques soldats, inconnue de Bryke, suivent. Tandis que Jennay, munie de ses dagues, ferme la marche.

Le petit bataillon s’éloigne tandis que Sidhe, reste en retrait. Désormais seul sur la place du village, son regard se veut frénétique. Une cachette, une cachette, il doit se cacher lui aussi ! Ni une, ni deux, voilà que la peluche se jette dans une grosse botte de foin. Ça feras l’affaire, du moins, il l’espère fortement.

Du côté du ronso, le danger est désormais en vue. Niché au pied d’un moulin à vent du plus bel effet, quelques soldats sont visiblement bien occupés. Bryke y reconnait quelques individus, ceux-là même qui patrouiller tout autours, au cas où les bandits reviendraient. De toute évidence, ce n’était pas pour rien.

Le ronso vient porter sa main griffue sur son katana, tandis qu’il se prépare à charger. Mais son regard est vite attiré ailleurs.

Le templier en chef vient de s’avancer, tendant la main. Une intense lumière s’y matérialise dans un bruit cristallin, tandis qu’une bien étrange arme y fait son entrée. L’œil unique du fauve cligne brièvement. Est-ce qu’il… vient d’invoquer une arme de lumière ?

La gueule du fauve s’entrouvre un bref instant. Une expression marquée sur son visage félin, un événement plutôt rare. Non, il ne rêve pas, cet individu vient de faire apparaître une arme de lumière. Certes, la forme semblable à une clef n’a rien d’élégante, mais c’est le raisonnement spirituel qui l’emporte.

Mais son attention est bien vite requise ailleurs. Voilà qu’un des sbires de Maléfique s’approche de lui. Une créature repoussante, vêtue de haillon brun. Un visage rose, mélange étrange d’un humain et d’un porc, dans un physique des plus grossier. Ce dernier s’approche du fauve, brandissant ce qui semble être une lance rouillée.

Au loin, d’autres sbires se mettent en place. Brandissant leurs arcs pour que les flèches pleuvent sur le champ de bataille improvisé. Là où les fantassins ont des allures porcines, ces archers sont munis de becs. Atypique, et particulièrement reconnaissable. Comment ces créatures ont pu pullulé dans la forêt sans que personne ne s’en rend compte ?

Et c’est sans parler de cette odeur, affligeant l’odorat du fauve avec ténacité.

Le fauve vient parer quelques coups avec son katana, serrant des crocs à chaque impact. Son arme n’est toujours pas faite pour cet exercice, et il craint la brise au moindre impact. S’éjectant d’un bond en arrière, le fauve vient décoller du sol. D’un grand bond, il se positionne juste au-dessus d’un des porcins, avant de se laisser retomber. Katana perpendiculaire au sol.

Agile tel un félin, le fauve se réceptionne en plein sur la créature. Enfonçant sa lame dans sa nuque. La créature pousse un cri strident, tandis qu’elle commence… à Fondre.

L’œil unique de Bryke s’entrouvre sous la surprise, tandis qu’il essaye de s’éloigner d’un nouveau bond. La créature perd peu à peu ses couleurs, ne devenant qu’un visqueux et épais liquide noirâtre. Un liquide noirâtre qui colle désormais à quelques poils du ronso.

L’odeur pourtant déjà irritante, en devient plus forte. Suffisamment pour que désormais, les humains de l’expédition la sente à leur tour.

Bryke agite son pied, chassant un peu de l’étrange liquide. Pour autant…

Le mystère devra attendre, le combat ne fait que commencer.

Tandis qu’il redresse la tête, il contemple une bataille prenant de l’ampleur. Gardes contre porcins. Flèches des archers fusant sur eux.

Beaucoup d’actions, pour un si petit village…
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Il y avait quelque chose d’étrange dans ces ennemis.

Il avait ignoré Sidhe – ne réalisant pas immédiatement qu’il parlait pour Bryke. Quelque chose d’étrange s’était passé dans son cerveau alors qu’il regardait les signes de mains du fauve ; qu’il ne comprenait pas, alors que la petite voix stridente du chat lui parlait. Les deux expressions ne se rejoignaient que quelques secondes plus tard, alors que la lame de son épée fauchait un sbire de Maléfique. Là ; il eut la preuve par sa propre expérience, un peu comme un saint Thomas avec un peu de retard.

C’était ça, l’encre dont il parlait. Dont ils parlaient. Le liquide gras comme de l’huile avait giclé du corps défoncé du porc et coulait de sa lame. Un regard perplexe désormais au visage, Fabrizio reprit le combat. Il lui fallut quelques victimes de plus pour se rendre compte qu’elles fondaient et ne saignaient pas, en réalité.

Sa keyblade lui était encore bien trop étrangère, semblable à l’arme de son père qu’il avait abandonnée depuis des années déjà au profit d’une épée plus légère. Une familiarité déconcertante et un manque d’aise flagrant ; tout était trahi par le sort de feu qu’il lança à un archer, faute de pouvoir le rejoindre assez rapidement.

Ce combat n’était pas un danger pour lui, loin s’en fallait. Il avait surtout l’esprit partagé entre ces impressions des plus étranges, les informations de Sidhe – et donc de Bryke, ses propres capacités et la situation des autres soldats et des habitants.

La réalité revient le frapper sous la forme d’une flèche qui fusa à quelques centimètres de son oreille. Mauvaise idée que de penser. Mauvais plan que de rester inactif.

Il restait des ennemis et il allait s’en charger.

Fabri avait combattu les sbires de Maléfique depuis aussi longtemps qu’il était au domaine. Il ne s’attendait tout de même pas à les revoir. Maléfique avait disparu depuis des années, son château était à l’abandon. Il n’y avait aucune raison de les voir là ; c’était ça encore qui venait se rajouter à l’étrangeté de ce combat. Ça et l’odeur âcre, acide qui émanait de ces créatures à mesure qu’il les éliminait. Ça encore, et l’absence de cœurs qui s’envolaient après leur mort.

Ça lui foutait la chair de poule. Son regard s’arrêta sur l’une des créatures, fondant à même le sol, laissant derrière elle une flaque de liquide noir. Il n’y comprenait rien.

« Ils viennent forcément de quelque part, faut remonter jusqu’à la source ! »

Au fond de lui, il y avait cette espérance ; qu’ils ne soient qu’un groupe égaré de soldats. Mais ce n’était vraiment pas ce que sa logique lui disait ; alors qu’il s’assurait que les soldats suivaient et qu’il s’approchait de la lisière des bois avec, toujours comme occupation principale, l’élimination de ces bestioles.

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Le fauve, à l’image des autres soldats, suit le templier en chef sans même demander son reste. Rejoignant la lisière de la forêt, voilà qu’ils s’engouffrent aux travers des feuillages.

Fidèle à elle-même, la forêt renvoi tout de cet aspect si typique du domaine enchantée. Ses herbes verdoyantes s’entremêles d’étranges plantes aux allures rondouillardes. Tandis que les arbres s’élèvent haut, leurs branches taillées parfaitement dans des formes cubiques du plus bel effet. Et bien vite, c’est l’impasse.

Il y a bien quelques bruits porcins au loin, tel des échos d’un passé oublié. Mais l’odeur d’encre se fait de plus en plus vague, tandis que la vie agitée de la forêt s’empresse de retrouver sa place. Les oiseaux chantent, tandis que le martellement d’un pivert résonne parmi les bois.

Bryke se redresse, reportant son regard sur l’homme à la brûlure prédominante. Le prêtre-guerrier ne se sent plus inquiet, pas après l’avoir vu à l’œuvre. Le templier est clairement un adversaire formidable, et la facilité avec laquelle il a accueilli les sbires lui a fait une grande impression.

Tous les soldats regardent autours, plus nerveux que le fauve. Ils s’attendent à une embuscade, craigne la moindre attaque. C’est vaillamment, qu’ils commencent à s’éparpiller, sur leurs gardes.

Le ronso quant à lui, s’approche d’un des troncs bruns. Tendant ses mains griffues, il prend appuis sur ses pattes arrières avant de s’élancer. Grimpant à la seule force de ses bras, jouissant de son agilité féline pour mieux prendre de la hauteur. La cime de la forêt lui apparaît de plus en plus, tandis qu’il laisse son œil unique parcourir l’horizon.

Une brise le rejoint, libérée des feuillages, transportant avec elle, à nouveau, cette odeur vinaigrée. Pas de doute, il y en a encore. Se concentrant plus que de coutume, Bryke se déplace le long du tronc, pour mieux s’orienter vers la direction opposée du vent. Nord-ouest…

Il ne tarde pas à apercevoir un lieu, se démarquant entre deux cimes. Une rivière sépare la forêt en deux, tandis qu’un bâtiment semble avoir élu domicile à son contact. Difficile à dire à cette distance, mais ça a l’air d’une vieille bâtisse. Abandonné depuis bien longtemps surement.

Satisfait de sa piste, le fauve se laisse glisser le long du tronc. Le crissement de ses griffes contre l’écorce ne manquant pas de se faire entendre.

Désormais de retour au sol, il ne perd aucun temps, se dirigeant vers le templier en chef.

A bonne distance, et plus par une mauvaise habitude qu’autre chose, il commence à agiter ses mains.

< Nord > < Ouest >, < Maison > < Source > < Hypothèse > < Odeur >


La réalisation le frappe bien vite. Que ce soit par le regard confus du balafré, ou par l’absence de voix aiguë traduisant ses gestes. Sidhe est resté au village.

Bryke ne peut retenir un bref grognement dans sa gorge. Avant de sobrement pointé du doigt en direction du Nord-ouest, suivi d’un bref geste de tête.

Fidèle à lui-même, le fauve se met immédiatement en route, n’attendant pas la moindre confirmation.

Ecartant les herbes et buissons à mesure de sa progression, il finit par distinguer ladite bâtisse au loin.

Un très vieux moulin à eau. La grande roue tournoyant et grinçant au fil du courant. C’est un cliquetis mécanique qui résonne depuis l’intérieur, signe que quel que soit le mécanisme à l’intérieur, l’âge n’a pas eu raison de lui.

Le toit de chaume de la bâtisse a pris des allures verdâtres sous l’humidité et le manque d’entretien. Tandis que les pierres sont fissurées en plusieurs endroits. Pour autant, les fondations semblent tenir, et l’absence de trou béant laisse planer le mystère quant au secret du lieu.

Le fauve s’accroupit un instant, patientant, attendant le reste de ses compagnons.

Son œil aux reflets turquoises ne quitte pas le lieu.

Et a raison… Voilà qu’un nouveau sbire de Maléfique s’écarte de l’entrée. Son groin porcin reniflant bruyamment tandis qu’il regarde autour de lui. Montant la garde visiblement.
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Six signes ; tous différents de ceux que le fauve bleu avait exécutés un peu plus tôt. Ils avaient probablement tous une signification qui, à cause de l'absence de Sidhe, lui resteraient inconnus. Un moment malaisant s'insinua entre les deux combattants. "Merde..." avait-il lâché. Malheureux réflexe.

Il fallut attendre quelques minutes que les Templiers les rejoignent. Senrith s'accroupit à côté de lui dans les fourrés ; les yeux fixés sur la bâtisse.

Malgré les arbres nets et si particuliers du Domaine, la canopée tamisait la lumière du soleil tant et si bien que cette chaumière étrange à quelques mètres de lui, du fauve bleu et des autres soldats se trouvait nimbée d'une atmosphère des plus étranges. Onirique, presque. Sa petite roue à aubes, son toit bouffé par la végétation. Un lieu hors du temps.

Sans un mot, il fit signe à Bryke ; ils allaient ensemble tuer le sbire qui gardait l'entrée pendant que les Templiers sécuriseraient les alentours de manière à ne pas se laisser surprendre. Fabri s'engageait déjà en dehors de sa cachette ; désarmé. C'était peut-être le meilleur avantage de la keyblade car, à l'instant où il y songeait, elle apparaissait dans sa main droite. Un poids qui commençait tout juste à lui être familier.

Les créatures de Maléfique ne communiquaient pas et faisaient preuve d'une intelligence peut-être déjà vue chez les espèces animales qu'elles représentaient. Des porcs, des vautours. Combien de fois avait-il pu entendre les bien-pensants du domaine leur comparer les réfugiés de Sherwood ?

Bien trop.

En trois coups de keyblade, la bestiole était finie. Un tas d'encre qui avait giclé sur le mur décrépit.

Il ouvrit la porte ; une pénombre à peine brisée par une fenêtre aux carreaux brisés dont l'ouverture était couverte d'un pan de chaume tombé du toit. Il élimina deux sbires de Maléfique de plus. Deux fantassins porcins qui finirent le crané écrasé entre une keyblade et un mur pour l'un et contre le sol pour l'autre.

Le calme revenu, le Templier en chef qui avait eu le temps de se faire une idée rapide de la pièce put s'attarder à une observation plus attentive. Une âtre éteinte depuis longtemps prenait le coin à l'est. Le sol de terre battue était couvert de tâches. De l'encre, là encore. De la moisissure aussi ; l'odeur lui était insipide et dégoutante.

Une large forme sombre obscurcissait un pan entier de la pièce ; une machine.

Keyblade désormais disparue, Fabri s'approcha silencieusement de cette chose qui trônait dans l'obscurité. La lumière ténue venant de l'extérieur était tout juste suffisante pour qu'il devine les contours de cette contraption. Un meuble de bois comme posé sur une longue table. Il reconnaissait là une presse à imprimer. Vulgaire et sans gravures ; une potence et un établi.

Cela tombait sous le sens. Même si... pas réellement.

Les créatures sentaient l'encre, certes. Il y avait une presse qui utilisait cette même encre là, juste devant lui. Mais comment des créatures pouvaient en sortir ? Il passa sa main sur le bois rugueux de la machine sans déceler la moindre trace hors-norme. Une magie qu'il n'était pas en capacité de ressentir ? Il n'était pas un mage et cela pouvait être probable que les mystères d'une source magique inconnue lui échappent. Quoi qu'il s'en fut ; il était perplexe.

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Il ne faut pas attendre longtemps pour que le fauve pénètre le moulin à son tour. Son œil unique ne perd aucun temps, observant les alentours, avant de se poser sur la machine.

Par-delà la porte encore entrouverte, les soldats du Sanctum prennent position. Bien conscient de la présence du templier en chef à l’intérieur, et de l’apprentis de Pentaghast. Les voilà qui se font plusieurs signes, avant de s’éparpiller. Rien ne s’approchera de la masure, et rien ne viendra déranger les deux combattants dans leur investigation.

Les pattes griffues du fauve ne font aucun bruit, tandis qu’il s’avance vers la machine. Il redresse la tête vers son camarade à la brûlure apparente. A en jugé par son expression, ils sont deux à ressentir de la perplexité quand au pourquoi du comment.

Une machine donc, certes. Mais de là à créer des monstres ?

Approchant son museau de la table à imprimé, sa truffe s’agite un instant. Non, aucun doute, c’est bien la même odeur que l’encre nauséabonde qui s’échappe des créatures. Comme pour confirmer un doute déjà évident, il hoche la tête vers le templier.

Le duo se sépare sur une bien courte distance. Le ronso s’éloigne de la machine, il remarque bien les feuilles vierges qui jalonnent le sol. Mais il préfère s’en désintéresser pour observer les quelques étagères mousseuses. De ses survivantes de l’abandons et de la nature, il y décerne des plaquettes de métal.

Des plaquettes en tout points similaires à celle déjà insérer dans la presse de la machine. Le fauve les observe l’une après l’autre. Des dessins, et aucune écriture. La première semble représenter un corbeau, tandis que le deuxième est à l’effigie d’un terrifiant dragon.

Des contes ? Non, des histoires du royaume ? Même lui a entendu de la part de quelques gardes, ces histoires de dragons et autre ronce qui semblent affectionner le domaine.

L’oreille du fauve s’agite d’un bref soubresaut tandis qu’un son plus fort se laisse entendre. Le son de l’eau, dans un torrent plus fort encore. Le courant de la rivière semble avoir augmenté, et bien vite, le grincement de la roue de moulin se fait plus fort, plus rapide, plus pressent.

Les rouages dans le moulin ne tardent pas à s’activer à leur tour, tournoyant encore et encore au-dessus de leurs têtes. Le CLANG sonore de la presse ne tarde pas à suivre.

Des feuilles sont visiblement en train d’être imprimé, glissant mollement hors de la machine jusqu’à atteindre le sol.

Sur les feuilles, des illustrations de créature bien récente à la mémoire des deux visiteurs. Une créature à l’allure porcine, et une créature plus aviaire.

Le fauve s’approche d’un pas lent, dégainant son arme et abordant une position de défense.

« Toujours rien à signaler dehors » se laisse entendre la voix d’un garde.

Oui, l’attaque ne viendra pas de dehors. Mais bien de dedans.

Le fauve plisse son œil unique, tandis que du papier, les dessins semblent se mouvoir d’eux-mêmes. Quittant leur support jaunit pour grandir, grossir, et prendre forme.

Bien vite, ce sont deux nouveaux gardes de Maléfique qui se dressent devant eux. Leur apparence noir et visqueuse se stabilisant pour reprendre couleur et consistance plus réaliste.
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C'était donc vrai ; l'idée qu'il n'osait pas vraiment avouer était bien réelle. Ces créatures, dont deux se tenaient devant lui prêtes à en découdre, sortaient littéralement de cette vieille presse.

Pendant que son arme apparaissait - ce qui prit peu de temps vraiment, il avait déjà collé un coup de pied à l'une des deux créatures. Avaient ensuite plu les coups ; il était inutile de parler à ces bêtes. Qu'allaient-elles dire de plus, de toutes manières ? Il avait clairement vu tous les rouages de leur création, de l'encre à la presse, à l'eau qui activait la machine... Il n'y avait plus aucun mystère que la sombre magie qui alimentait le tout.

Son instinct lui disait de détruire la machine ; de la réduire en pièce. Mais il voulait à tout prix savoir comment elle fonctionnait. Comment la magie opérait.

Un coup, puis deux l'atteignirent. L'une des créatures l'avait coincé contre un mur et avait tenté de l'empaler d'un coup de pique. Seulement, il s'était jeté sur le côté afin de sauver sa peau, plus par réflexe que par véritable tactique. Il n'y avait jamais de tactique lorsque l'on cherchait à rester en vie. La bestiole en avait profité pour le frapper directement au vissage avec le manque de sa pique.

Son salut, il le dût au fauve. A son épée qui trancha la créature de manière nette, précise et mortelle. Ramassant son amour-propre, Fabri se redressa. L'autre créature avait été éliminée par Bryke. Sans plus attendre, il s'adressa aux soldats postés dehors.

"Détruisez la roue à aubes !" en espérant qu'ils ne se posent pas trop de questions quant à un ordre aussi étrange.

Il fallut encore attendre quelques secondes avant que les soldats ne terminent leur travail ; pendant ce temps, la machine eut le temps de reprendre son travail. Lentement, la presse se rechargeait. Une aura délétère avait envahi la pièce et la machine se retoruvait nimbée d'une brume violacée.

Lentement, la presse se recouvrait d'encre et s'approchait du papier.

Puis elle ralentit, jusqu'à ce qu'elle s'arrête dans un couinement lent. Puis, plus rien.

Un silence envahit la pièce ; la machine, toujours ensorcelée mais comme éteinte, n'imprimait plus de créatures. "On dirait une presse complètement normale..." dit le Templier en chef, en s'approchant. "Mis à part l'odeur de magie noire mais ça on va pas dire que c'est une surprise..."

Il jeta un coup d'oeil aux feuilles ; normales, sinon jaunies et couvertes d'humidité. Les plaques étaient faites en fonte ; basiques, seulement elles représentaient les soldats de Maléfique un peu comme sur des cartes de tarot.

Un tarot qui avait voulu le défigurer encore un peu plus.

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Bryke hocha sobrement la tête aux dires du templier. Si pour l’extérieur, il semble monologuer sans réel publique, le fauve écoutait chaque mot.

L’arrêt de la roue à eau a visiblement évité de justesse quelques combattants supplémentaires. Une créature rapide, deux soldats en quoi ? Cinq minutes ? La perspective d’une armée lui fit tourner la tête. Qui sait ce qu’ils ont empêché ici ?

L’œil unique du fauve se plisse brièvement, ses pensées fusant. La présence de sorcières et de fées maléfiques n’a rien d’inédits dans le domaine, et la magie entourant la presse en confirme la présence. S’ils ont détruit cette machine, peut-être y en a-t-il d’autre ailleurs. Pire encore, qui que ce soit, le responsable n’est pas ici.

Le templier-en-chef ne semble plus quitter la machine. Observant, se baissant pour mieux en contempler les secrets. Quoi qu’il découvre, ça ne règlera pas le problème.

Le fauve se détourne un instant pour se poser dans l’encadrement de la porte. Dehors, les soldats continuent de s’agiter, frappant de leurs armes contre le bois humide et anciens de la roue. Elle n’apportera plus d’eau, vu dans l’état qu’ils souhaitent la laisser.

Rien d’autre à signaler visiblement, et l’odeur d’encre ne semble plus présente. Bien, le calme est de retour vers ce village au moins.

« Sire Valeri ! » s’exclame un des soldats, s’approchant de l’entrée.

Le fauve s’écarte brièvement, lui permettant de rentrer.

« Le moulin à eau est détruit sire ! Quels sont les prochains ordres ? »

Le garde observe le templier en chef, droit, et fier. Un soldat qui aime son travail à n’en point douter.

Le fauve quant à lui, sort enfin de la bâtisse. Quelques pas le mènent vers le chemin de terre, s’éloignant en direction de la forêt. Plusieurs soldats l’observent, plus curieux qu’autre chose.

Une première minute passe, puis une deuxième… Et lorsque le fauve se décide à retourner voir où en est l’inspection du templier-en-chef, c’est une silhouette qui se présente au loin.

Surgissant du chemin forestier, une femme à la beauté fulgurante, vêtu de noir, et arborant une coiffe décorée de deux cornes.

D’aussi loin, la silhouette semble provoqué une terreur sans nom parmi les quelques soldats encore dehors.

« C’est pas possible… C’est impossible ! » commence à trembler l’un d’eux, alors qu’il tourne les talons, et se précipite vers l’intérieur du moulin.

Bien, le fauve en conclus que Fabrizio va très vite être informé.

« Qui êtes-vous ? Vous êtes ici sur mon domaine. »
énonce d’une voix claire la femme en noir.

Celle-ci c’est suffisamment approché pour que Bryke remarque quelques détails ne correspondant pas.

Évidemment que la tenue et la coiffe lui a rappelé Maléfique, l’une des sorcières les plus malfaisante à avoir existé. Et bien qu’il ne l’ait jamais affronté, les nombreuses tapisseries dépeignant les événements ne manquent pas au château.

Pourtant, sa tenue est visiblement de seconde main. Les nombreuses et grossières coutures sont hideuses dans un mauvais sens. Elle a l’air d’une femme qui se déguise… Une amatrice ? Une pseudo-sosie ?  Une fan de la sorcière qui souhaite la remplacer ?

Le fauve dégaine doucement sa lame, avant de la rapporter à sa gueule. Fermement coincé entre ses crocs, libérant ses mains, il se tient prêt à incanter.

« Je suis Maléfique, quittez immédiatement ses lieux, ou vous subirez un sort pire que la mort ! » Annonce la doublure au rabais.
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"Maléfique est de retour !!"

Un bruit qui résonna à ses oreilles. Et un choc. Une douleur sourde. C'était sa tête qui avait frappé la presse après son sursaut du au Templier qui avait débarqué en hurlant. Maugréant, il sortit de sous la machine qu'il inspectait patiemment depuis les dix dernières minutes.

"Si tu viens me déranger pour des conneries, fais-le au moins en sil-"

Le regard du Templier était sans équivoque. Le pauvre type était terrifié, son visage drainé de toute couleur. Il n'eut pas besoin de rajouter quoi que ce soit pour que Fabri sorte et voie la source de cette peur de ses propres yeux.

Et à sa vue, un frisson lui parcourut l'échine. Pendant quelques secondes, il se retrouvait face à la sorcière qui avait pourri les cœurs et les terres de ce monde. Qui l'avait ensorcelé cent ans durant.

Le fauve, lui, restait stoïque. Fabri ne sentait que peu d'appréhension émaner de lui - il se tenait en garde. Une garde bien particulière. Il semblait assez calme pour que le Templier en chef comprenne un peu plus vite. Ce n'était pas Maléfique.

"Vous quitterez mes terres. Vous les quitterez où même vos os seront réduits en cendres."

Tout était plus clair maintenant qu'elle parlait.

"Je crois que je préfère rester. Par contre si tu veux pas te rendre dans cinq secondes, y'a moyen de t'enchaîner et de te coller dans un cachot jusqu'à ce que tu finisses toi-même en cendres.
- De pathétiques boites de conserves et un gros chat..." fit la sorcière, levant les bras d'où s'échappaient des volutes violacés. "Ca ne devrait pas prendre trop longtemps..."

Il n'y avait aucune raison que cette femme soit restée inaperçue avec une forte puissance magique comme celle qu'elle prétendait avoir. Alors qu'elle incantait son sort, Fabri répéta sa sommation. Brutale, par pur énervement, mais elle l'ignora. La végétation autour d'elle se tordit et commença à pourrir. A ce moment, elle lança son sort.

Fabri eut le temps de se jeter sur le côté afin de l'éviter. Il alla exploser contre la bâtisse dans un bruit assourdissant. A terre, il ressentit l'onde de choc. La poussière vint lui brûler les yeux et la gorge.

Du petit moulin ne restait qu'un amas de cendres fumantes. Des flammèches noires brûlaient ce qui restait de la charpente ; partout, une aura sombre emplissait les sous-bois.

Fabri se redressa et fit apparaître sa keyblade. Il ne fallait donc pas prendre cette sorcière à la légère.


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La peur qui ornait jusqu’à maintenant le regard des gardes vient de s’évaporer. La vision qu’ils ont devant eux leur donne le courage, la force d’affronter l’usurpatrice. Le templier-en-chef ne recule pas lui, saisissant plus fermement sa keyblade. L’apprenti de Cassandra Pentaghast n’est pas en reste, toisant la sorcière, prêt à esquiver.

Tel une seule âme, les gardes viennent saisir leurs épées et boucliers, pour rejoindre le rang formé par les deux individus. La sorcière marque un temps, l’hésitation se lisant dans son regard. Elle essaye de garder la face, de garder cette apparence digne et froide comme elle s’imagine son idole être. Pourtant, le mouvement presque frénétique de ses prunelles trahit une confiance s’épuisant à vue d’œil.

« Fort bien, je vous maudirais tous ! » lâche-t-elle aussi sèchement que possible.

Elle se prépare à incanter une nouvelle fois, le parterre de fleurs mortes, autrefois vivace, voit des ronces les remplacer. Ces derniers deviennent de plus en plus grandes et agiles, s’agitant tel des fouets vers la ligne du Sanctum.

Le fauve ne perd pas de temps, esquivant d’un pas de côté, tandis que ses mains griffes entame leur danse.

Il serre en premier ses mains en poing, avant de les accoler l'un contre l'autre. L'index et le majeur de la main gauche, par-dessus le poing serré. "Retsu".

Main écartés, l'index, pouce et majeur de chaque main joint par le bout des doigts et écarté. Petit doigt et annuaire de chaque main liée. "Rin"

Le ronso vient ensuite fermer ses poings, et les frapper l’un contre l’autre. Seul le pouce de chaque main est tendu, se touchant et formant un triangle inversé. "Zen"

Le prêtre-guerrier se contente de relever et ouvrir sa main droite, doigts écartés. L’électricité vient se concentrer dans sa paume, avant de se répartir. Une sorte de gantelet constitué de foudre, se superposant et dansant le long de sa paume.

D’un coin de l’œil, il observe tandis que deux soldats viennent repousser de leurs boucliers, une nouvelle liane ronce. Déviant et libérant le chemin pour permettre au templier-en-chef de s’élancer.

Sire Valeri se rue, les coups de Keyblade martelant une sorcière de toute évidence dépassé. Chaque coup de Keyblade laissant apparaître des étincelles oranges, jaillissant de chaque coup, témoignant de la puissance mais aussi de la nature particulière de son arme.

Pour une si grosse clef, faute est de constater qu’il s’élance et frappe avec une vitesse étonnante. Presque comme poussé par un vent imaginaire, guidant ses mouvements, fluidifiant chacune de ses postures.

Un dernier coup de keyblade, et le voici qui se désengage. La sorcière est en panique, reculant, tentant d’ériger de nouvelles ronces autour d’elle. Elle souhaite prendre la fuite, c’est évident.

Elle a cru que l’intimidation suffirait, que leur coopération serait désastreuse. Qu’ils se gêneraient tous dans la mêlée… Mais faute est de constater qu’il n’en est rien. Le Sanctum, éternel victime du multivers, éternellement solidaire entre eux. Seule, face à deux soldats d’élites, et leurs équipiers. Elle n’avait aucune chance.

La voie est libre, Bryke s’élance à son tour. Sa main perlant d’étincelles, grésillant dans l’air voisin. Sa paume touche la sorcière, infiltrant à l’intérieur même de sa chair, tous les volts concentrés. Cette dernière pousse un hurlement, prise de soubresauts tandis que les ronces se fanent.

Son sortilège appliqué, le fauve bondit en arrière. Son œil unique se porte sur le templier-en-chef, puis sur la sorcière.

Cette dernière est immobilisé temporairement par l’afflux électriques…

…Cible désignée d’un assaut final de l’équipe templier.
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Bryke était un combattant des plus mystérieux. Il utilisait les mêmes signes pour se battre que pour parler. Du pain béni pour les personnes qui disaient que se battre était un langage à part entière.

Pour sa part, il n'avait jamais eu trop le temps d'étudier les langues. Le combat était, en soi, quelque chose qui lui prenait trop de temps. Il débordait de curiosité pour un vaste nombre de sujets, dont celui qui régissait, en somme, toute interaction humaine. Le langage était ce qui séparait les êtres doués de savoirs précis des autres. De plus, ce dernier pouvait prendre bien des formes. Les langues parlées étaient bien plus nombreuses que le reste mais ignorer ce reste était ignorer les signes que le fauve utilisait et que Sidhe arrivait à comprendre et à traduire.

Il se faisait un but tacite d'apprendre ces signes.

Bientôt, Bryke avait mis la sorcière à terre. Immobile, stoppée net par l'électricité qui parcourait son corps. Fabri fit un signe de tête au Paladin ; bon travail.

"Ne lui faites pas plus de mal, attachez-là." il fit un signe à un mage. "Endormez-la."

La voir le corps parcouru de spasmes était dur. C'était leur ennemie et elle les avait attaqués, et elle avait lancé ses attaques contre un village innocent. Elle n'en demeurait tout de même qu'un être de chair et de sang capable de ressentir la souffrance. Son attaque n'avait pas fait de victimes, du reste, et elle ne méritait que d'être enfermée.

"Retournons au village." il s'inquiétait également du sort de Viveka et de Borya, ils n'étaient pas avec eux et étaient probablement restés monter la garde au village. Ils n'étaient que des bleusailles et leurs ordres étaient clairs en cas d'affrontement ; protéger les lignes arrières avec les soldats de l'arrière-garde. C'aurait été trop dangereux de les amener dans un pétrin pareil.

La sorcière fut ligotée et endormie. L'ordre fut également donné à quelques soldats de quadriller les environs afin de s'assurer que toutes les créatures avaient étés éliminées. Le gros de l'escouade s'en retourna vers le village afin de faire les comptes d'une mission qui semblait rondement menée.

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Le chemin jusqu’au village se fut dans un certain silence. Certes, le fauve c’est montré taciturne, mais il y a autre chose. Une émotion dans son regard, presque de la déception.

La hiérarchie est ainsi faite, et bien qu’il n’approuve pas le choix du templier-en-chef, il se questionne. Pourquoi laisser cette sorcière en vie ? N’a-t-elle pas fait acte de magie ténébreuse ? N’a-t-elle pas ensorceler une machine pour créer des créatures abjectes ? Créatures qui ont attaqué un pauvre village de fermier sans défense ? Pourquoi la laisser vivre ?

Cela le dépassait cruellement. Durant le chemin, il n’aura pas pu s’empêcher de laisser son regard parcourir la vilaine. Elle semble si fragile ainsi, attaché, endormis. Il serait si aisé de lui arracher la vie, si rapide. Un long et discret grognement vibre dans la gorge du ronso, de la frustration. Tel un chat ayant attrapé une souris, que son propriétaire force à relâcher.

Le sillage du village ne tarde pas à se laisser entrevoir, et bien vite, accourt les curieux. Bon nombre de soldats et soldates s’approche de messire Valeri, et enchaîne les questions.

Qu’est-ce qui s’est passé, y’a-t-il des blessés, quel est l’étendu des dégâts. La panoplie classique, cherchant principalement à se rassurer auprès de la figure d’autorité qu’il incarne. Bien entendu, la sorcière elle-même ne manque pas d’être remarqué, prisonnière au déguisement bien trop similaire à une autre.

De son côté, le fauve ne tarde pas à s’éloigner, s’adossant contre le mur d’une palissade de bois. Il contemple le ballet qui se joue devant l’humain à la brûlure, parfaitement décidé à ne pas l’interrompre.

« Ah ! M’sieur ronso ! » se laisse entendre une voix plus aigüe.

Sidhe ne tarde pas à s’approcher du fauve, accompagné de Jennay.

« Bon, vous êtes rentré, c’est qui ell…Maléfique ?! » elle laisse échapper un hoquet de surprise.

Le fauve se contente de secouer négativement la tête, signant avec ses mains griffues.

< Négation > < Etre > < Elle >

« Ah nan nan, c’est pas elle, il dit ! »

Jennay laisse s’échapper un profond soupir de soulagement.

« Mais elle est folle de porter des vêtements pareils ? »

Oui, folle est un adjectif qui pourrait la décrire.

Le fauve reporte son regard sur Sidhe. Ce que cela fait du bien de pouvoir communiquer à nouveau, fut-il par un moyen aussi agaçant. Il a encore causé du souci celui-là, à se plaindre que le coin est trop calme, il a invoqué une sorcière.

Cette simple idée glace le sang du prêtre-guerrier. Un Sidhe capable de provoquer des événements dès qu’il souhaite quelque chose. Non, terrible.

Les gardes viennent de s’écarter du templier-en-chef, il ne reste plus qu’une jeune femme à ses côtés, celle-là même avec qui il est arrivé.

Maintenant que la peluche insupportable est à nouveau à ses côtés, il est temps de poser la question qui le rend perplexe.

< Toi > < Suivre > < Moi >

Ordonne-t-il au chat miniature. Ce dernier ne tarde pas à la suivre, sautillant derrière lui comme monté sur ressort. De son côté, Jennay regarde les deux s’éloigner.

« J’ai dit un truc qu’il fallait pas où… ? » demande t’elle, sans toutefois recevoir de réponse.

Arrivé à bonne distance du templier, Bryke donne une tape vers Sidhe.

« Eh, aie ! Tu peux demander poliment eh ! Paaaauuuuvre de moi ! »

Bryke redresse le regard vers l’homme à la brûlure. Il a son attention ? Bien.

< Question > < Négation > < Tuer > < Elle >

« Il demande pourquoi l’avez pas tué, la vieille folle ! » Traduit Sidhe
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Il était désormais temps de répondre aux questions de ses subordonnés - Senrith lui fit par la même un rapport détaillé sur l'attaque des sbires de la Maléfique au rabais. De toute évidence, quelques égratignures et les sbires restants éliminés. L'échange d'informations fut rapide ; les questions plus pressantes des Templiers prirent un peu plus de temps. D'où venaient les sbires - Maléfique avait disparu, même son château se retrouvait vide et mort depuis la disparition des ronces !

La sorcière avait été appréhendée et était désormais emmenée loin des regards curieux des soldats et des villageois. Les créatures avaient étés éliminées et leur source détruite. La situation était sous contrôle.

Il n'aurait pas pensé qu'une question vienne de la part du fauve. Qui regarder, Bryke, ou l'interprète ? Même si Fabri avait regardé Sidhe alors que celui-ci avait traduit les dires du fauve bleu, ce fut directement à ce dernier qu'il s'adressa.

"Et ne jamais savoir d'où elle sort ?" pour lui, la question était évidente.

Cette sorcière était la source même de ces soldats d'encre ; pourquoi l'éliminer et ainsi perdre la possibilité de connaître ses raisons d'agir ? Elle pouvait en avoir des dizaines. Elle pouvait avoir été l'élève de Maléfique elle-même ! Cela ne semblait que peu probable, mais dans un monde où un dragon pouvait attaquer un beau matin sans crier gare, le Templier en chef n'était plus à ça près, au niveau des surprises.

"Il n'y a aucun intérêt à la tuer !" s'exclama-t-il. "Sauf si vous sauriez me dire d'où viennent ses pouvoirs et quelles sont ses raisons de créer des sbires de Maléfiques - et là encore, on ne va pas simplement la balancer dans un puits !"

Plus que de simplement critiquer les décisions de son supérieur, Bryke remettait en cause une logique qui semblait couler de source pour Fabri. Il n'avait pas à s'expliquer sur ses raisons de garder la sorcière en vie. Il était son supérieur, les ordres étaient les ordres et ce même s'ils n'appartenaient pas au même ordre. Le Templier leva les yeux au ciel.

" A quel moment vous avez cru bon de discuter mes ordres ? Nous interrogerons la sorcière, point final."

Il ne se sentait pas vraiment de parler en détail de la notion d'insubordination. Les mots étaient au bord de ses lèvres - empreints de colère. Mais ils semblaient bien trop durs et inutiles.

"Maintenant, si vous avez quelque chose à rajouter, faites-le." il glissa un regard froid à Sidhe. "Le cas échéant, vous pouvez disposer."

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Le fauve baisse progressivement les oreilles, de toute évidence, les propos lui déplaisent énormément. A moins ce que ce ne soit le haussement de voix soudain ? Auquel il ne s’attendait pas ? Ce n’était qu’une question, une véritable question.

Discuter les ordres ? Il ne se serait pas exprimer de la même manière si tel en avait été le cas. A dire vrai, il n’aurait même pas pris la peine de paralyser la sorcière. Il avait pris la décision de ne pas la tuer lui-même, laissant le templier en chef décider.

Son œil unique se plisse lentement. Qu’est-ce que c’est que cette manie des humains de tenir tant à comprendre ? Qu’est-ce que cela apporte, de savoir si oui ou non, elle a fait toute cette mascarade pour une raison ? Qu’est-ce que ça apporte au juste ? Elle est responsable, et c’est un fait. N’a-t-elle pas attaqué des membres du Sanctum ? N’a-t-elle pas usé de sorcellerie ténébreuse ? C’est impardonnable !

Presque dans une certaine ironie au vu de ses mœurs. Le fauve trouve l’idée de prison, d’interrogation, bien plus cruel que la mort elle-même. Le concept de prisonnier n’est pas quelque chose qui puisse être seulement imaginé par son peuple. Laisser ainsi un individu, seul dans une cellule miteuse, à pourrir au fil du temps… Cela ne le surprend guère quand on lui raconte ces histoires, ces prisonniers qui en perdent l’esprit.

Et tout ça, pour quoi ? Pour découvrir le pourquoi du comment ? Non, le fauve n’y croyait plus lui, à ce genre de justification. Peut-être l’étincelle dans son regard en dis long, plus que n’importe quel mot le dirait.

Les humains ont peur de tuer. Ils s’inventent justification et excuses, pour ne pas avoir de sang sur les mains. Et ça, le fauve en est persuadé. La colère soudaine de Fabrizio devant sa question ? Il l’interprète comme tel. Un humain acculé, incapable de reconnaître cette peur. Tandis que le fauve, fidèle à lui-même dans son égo, s’improvise autant interprète, enquêteur, que juge.

A l’ultime question du templier, le fauve n’ajoute rien. Il se contente de tourner les talons dans un reniflement audible, avant de s’éloigner au loin.

Sidhe quant à lui, se retourne vers l’humain à la brûlure, s’inclinant un nombre frénétique de fois.

« Oh lalala, je suis désolé ! Je ne suis pas d’accord avec lui hein ! Moi je traduis, je traduis juste ! Vous faites un super travail ! Oui oui ! Vraiment ! Interroger c’est important, les informations, qu’est-ce qu’on ferait sans ! »

Le fauve lui, n’a pas attendu la peluche. A bonne distance, il s’accroupit dans un coin, commençant à se tailler les griffes.

La mission est visiblement close, d’ici peu, ils rentreront au domaine.
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Le fauve s'était éloigné ; Fabrizio soupira longuement. Avec lui, la pression s'en était allée aussi sec. Il ne restait que le petit chat - un chat des plus étranges mais ses oreilles ne pouvaient leurrer qui que ce fut.

"C'est pas de ta faute, Sidhe." lui répondit-il. Le félin se confondait en excuses. "Tu n'es pas obligé d'être d'accord avec nos méthodes, et lui non plus."

Il observait le fauve bleu de loin ; leur premier contact avait été absolument déplorable, cela ne servait à rien de le nier. Rien d'irréparable, pensait-il. Cependant, il pensait aussi aux raisons de ce désaccord ; il semblait que c'était bien plus qu'une divergence d'opinion. Bryke venait d'ailleurs, et d'ailleurs il amenait ses méthodes. Comme Fabri avait autrefois ramené les siennes de la Cité des Rêves.

Il n'observa pas le ronso longtemps - conscient que ce dernier pouvait très clairement le voir. Ce n'était vraiment pas le moment de laisser passer de fausses impressions.

"Mais peut importe, il est de notre devoir de connaître les raisons qu'a eu cette sorcière pour devenir ce qu'elle est. Qui l'a formée, si elle a des alliés quelque part. Il y a un risque, oui, mais le risque de ne rien tirer d'elle est encore plus grand."

Il salua Sidhe et prit congé de ce dernier, rejoignant ses soldats au village. Il retrouva les deux jeunes soldats qui lui firent un rapport aussi complet que possible. Viveka avait tué ses deux premiers soldats de Maléfique - même s'ils n'étaient que des copies faites d'encre, c'était un excellent résultat. Borya, lui, ne l'avait pas lâchée d'une semelle, prenant à coeur son rôle de protecteur, ce même s'il était légèrement plus petit que la jeune femme et paraissait beaucoup plus jeune.

En assistant à la suite de leur entrainement - auquel ils n'allaient pas couper même s'ils s'étaient déjà battus, les règles était les règles et c'était d'ailleurs l'occasion de revoir ce qui avait été et ce qui n'avait pas été dans leur manière de se battre, Fabri repensait encore à Bryke. Cet énergumène des plus particuliers. Tout était un mystère ; des signes qu'il utilisait à la fois pour se battre et parler à ses opinions bien tranchées sur le sujet de l'incarcération de la sorcière - dont l'interrogation attendrait probablement quelques heures encore que la situation se décante.

Il regrettait qu'ils ne partagent pas le même point de vue et qu'une première mission commune se soit passée de cette manière. L'avenir dirait s'ils étaient définitivement incapables de partager un idéal commun - chose qu'il doutait vu qu'ils croyaient en la même Déesse, au même panthéon et se battaient, somme tout, pour la même cause.


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Fiche de Compétences

Spoiler :
Le courage du Paladin.
Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler Oh-shi
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