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« On s’eeeennnuiiiieeee »

Sidhe se lamente, se permettant même une roulade sur le dos. Ses petites mains de peluche animé viennent frapper le sol, à l’image d’un enfant de six ans en plein caprice.

Autour d’eux, quelques villageois se sont arrêté. Dans un premier temps pour contempler avec curiosité l’étrange créature. Puis, pour lancer à Bryke, un regard de méfiance, de peur, et de colère. Le fauve ne leur accorde aucune importance. Il a bien compris, oui, il n’est pas le bienvenu ici.

Il fallait s’y attendre. C’est après tout, la première fois qu’il voyage si loin de la citadelle.

Il avait espéré pouvoir prendre la route du Mont Gagazet, en compagnie de Cassandra, le plus tôt possible. Mais elle avait besoin de temps. C’est la chef des paladins après tout, elle ne peut pas se permettre une disparition soudaine sans un minimum de directive.

Le regard du fauve se perd un instant autour de lui. C’est un bien petit village. Cinq maisons à tout cassé, et ce grand moulin, près du ruisseau. Un endroit rupestre et ensoleillé, la forêt est bien loin, et seul demeure tout autours, des collines et des plaines de cultures. La bourgade de Korbach, de son petit nom.

L’endroit aurait presque pu être agréable, reposant. Bien loin du vacarme des rues bondées, ou des aspirants en panique, courant dans les rues de la citadelle. Non, ici, il n’y a que le bruit du vent, des oiseaux chantant, et des feuilles virevoltant sous la brise. Le ruisseau se laisse lui aussi entendre, dans un concert de clapotis léger et mélodieux.

Oui…Cela aurait presque pu être agréable. C’était sans compter sur les locaux. Depuis son arrivé, Bryke avait tout eu. Les regards méfiants, les femmes qui ferme les volets en l’apercevant, les crachats à ses pieds. Heureusement qu’il n’est pas venu seul, accompagné d’autre membre du Sanctum, il avait pu prouver être de l’ordre.

Aurait-il subit une attaque s’il était venu seul ? Bryke le suppose. Une attaque de fourches et de torches, venant de villageois terrorisés envers un « monstre » comme lui.

« Eeeeennnnuiieeee-uuuuhh »

C’est vrai, c’est d’un calme…

La mission qu’on lui a donnée est simple. Un village est régulièrement attaqué par des bandits de grand chemin. Lui et un petit groupe du Sanctum doivent s’y rendre pour mener la garde et dissuader toute attaque.

Ça fait déjà plusieurs jours qu’ils sont là. Et il ne s’est rien passé, pas une once d’action. Pas de quoi satisfaire le Sanctum visiblement. Ils ont reçu l’information hier dans la matinée.

Une cohorte de la citadelle sont en route. Ils doivent se reposer au village, avant de reprendre la route pour une affaire tenu secrète. Visiblement, il est question d’un haut-gradé dans le tas. Suffisamment haut dans son rang pour que l’on rabâche les oreilles du petit groupe quant à l’importance qu’ils ne retrouvent pas un village en ruine.

Mission accomplit donc ?

Le fauve vient s’appuyer un peu plus contre le mur. Il s’est assis là, sur un banc perdu, adjacent à la grande route de terre.

Au moins, il les verra arrivé le premier.

« C’est calme hein ? »

Une femme s’approche de Bryke. Cheveux châtain, yeux vert, une silhouette fine. Jennay, cette fille qu’il avait rencontrée lors de ses premiers pas au Sanctum. Elle vient s’adosser, à côté du banc et de ses occupants.

« Oh oui ! C’est long ! Il se passe rien ! Tu sais ? Tu sais ? Ça manque de quoi ? Eh ? »

« Non, mais je sens que je vais bientôt le savoir. »

Sidhe se redresse d’un bond, prenant appuis sur le banc.

« Ça manque de TA-TA-TA et PAM PUNCH BANG ! Et PFIOUH PAM PAM ! »

Il mime des coups de poing, de pied, il sautille un peu partout au fils de ses onomatopées.

Bryke le regarde en coin, inexpressif.

Jennay elle, a un sourire un bref gêné.

« Oh tu sais, il faut faire attention à ce que l’on souhaite. Tu vas nous porter la poisse, et tu vas voir que lorsque le templier arrivera, il ne restera plus rien du village. »

Jennay parle un peu trop fort visiblement. A en juger par le visage horrifié d’une villageoise, passant non loin. Voilà les traits de son visage qui pâlisse à vue d’œil, tandis qu’elle retourne chez elle d’un pas hâtant.

« C’est qui d’ailleurs ce templier ? Il est fort ? Il est classe ? Il est beau ? Hein, dis dis ! » s’excite la peluche

La jeune femme secoue négativement la tête.

« Aucune idée. De toute façon, ils vont juste faire un arrêt. Je ne sais pas ce qu’ils ont eu comme mission, mais à priori, c’est plus important qu’un camp de maraudeurs. »

« On s’eennnuiiiieee »

Bryke se redresse. Sidhe commence à mettre ses nerfs à vif.

« Eh ! Où tu vas ? »

Mais le fauve ne répond pas, se dirigeant vers l’entrée du village.

Il ferme son œil unique un instant. Savourant le calme retrouvé. Laissant son odorat se perdre dans ses sens. Une odeur de printemps, une effluve humide et mousseuse, et une…

Qu’est-ce que c’est ? Il en distingue plusieurs, c’est encore loin mais ça se rapproche. Il y a un peu de tout, de l’épicé, du sucré, de l’amère. Mais une se distingue particulièrement.

La truffe du ronso s’agite un instant, prise d’un soubresaut.

Un mélange d’acier, de sueur, et de purin ?
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« Dis-le franchement, si tu me le dis maintenant je t’en voudrais pas sur E... - enfin, je te le JURE. »

Son ton était insistant, sans équivoques – ou presque. C’était peut-être le fait de jurer sur Etro ou presque qui faisait que Senrith se méfiait plus que tout. Quand Fabrizio – ah pardon, le Templier en Chef, jurait comme ça, ça finissait souvent par un coup en traître. « Je connaît mon chemin. C’est mon village natal. » répondit-elle, placidement.

Senrith, armure sur le dos, la bride de son cheval en main, fixait son supérieur dans les yeux en espérant que son mensonge passe. Son air impassible – déjà fortement aidé d’une paire d’yeux mornes hérités de sa mère, était d’ordinaire difficile à déchiffrer. Ils étaient perdus depuis trois heures.

« Alors pourquoi est-ce que ça fait trois fois qu’on voit ce rocher !
- C’est la première fois que je le vois. »

Fabrizio, lui, vivait l’aventure moins bien que sa lieutenante de fortune. Bien que lui faisant confiance, il doutait de ses capacités légendaires de traqueuse depuis quelques heures. Trois jours déjà passés à dormir dehors – et une fois dans une grange, dans un tas de foin, ça érodait tout même les amitiés les plus fortes. Il avait eu tout le temps d’assumer le fait qu’il vivrait probablement avec de la paille dans les cheveux pour le restant de ses jours. Le drame.

Deux jours dans la foret, qui avaient déjà étés éprouvants, avaient laissé place à des plaines claires et humides en cette saison qui débutait juste. Des fleurs, des cerfs – parfois, et beaucoup d’oiseaux. Les bois avaient désormais disparu dans les collines derrière eux ; d’anciennes montagnes érodées par le temps, devenues collines au sommets bleutés leur rappelait non seulement que le monde était grand mais qu’ils étaient aussi loin, très loin du château et de ses jolies plaines. Plates. Calmes. Domestiques.

Il avait laissé à Senrith l’honneur de guider la marche. Aussi sobre et déterminée qu’elle était, elle seule connaissait le chemin. Korbach avait récemment subi des attaques de malfaiteurs, même si ce n’était qu’une pierre sur leur chemin. Elle devait le mener là bas, faire une étape et poursuivre au delà pour une mission que seul le Haut-Prêtre connaissait entièrement les tenants et les aboutissants. Bien qu’en ayant confié la plupart à Fabri avant qu’il parte, cela allait de soi. C’était donc en ordre Senrith, lui-même et six Templiers qui fermaient la marche.

Sen allait d’un bon pas ; même si citadine depuis un moment déjà, elle semblait garder des habitudes certaines d’une enfance dans les environs. Bride à la main également – les chevaux étant autant en difficulté que les hommes sur les petits chemins creusés par les passages, Fabri observait le régulier mouvement de la hache qu’elle portait à la ceinture. Il allait de pair avec ses pas, son souffle, sa fatigue.

« On est arrivés ! » claironna bientôt la jeune femme.

Une ou deux exclamations discrètes de la part des Templiers – Fabri se retint de tout commentaire. Il se serait plaint aussi s’il n’était pas porté officiellement garant desdits Templiers.

Une heure de marche suivit – encore une. Qui étaient-ils pour compter ? Plus aucune exclamation de Templiers alors que chaque mètre se faisait plus ardu que le précédent. Le village n’apparut que quelques temps plus tard ; un hameau, sans plus. Fabrizio ne fut pas surpris – Senrith avait toujours dit habiter dans un des endroits les plus perdus de ce monde. Tout de même ; c’était compréhensible qu’elle eut tôt fait d’aller chercher de l’embauche ailleurs.

Fabri fut plutôt surpris de trouver une figure connue à l’entrée du village. Posté là, comme un garde silencieux et radicalement déplacé dans un endroit aussi lointain. Sa fourrure bleue aussi visible que la corne sur son front. Plutôt que des mots, après un long voyage, Fabri lui adressa un signe de tête. Entendu, poli. Avec ça, il ordonna l’arrêt de la marche des Templiers, non sans satisfaction de leur part. Curieusement, la première personne qu'il voyait dans ce village avait tout sauf l'air d'un local - sans critiques évidemment. Il connaissait bien Senrith, et elle avait tout d'une humaine. Ce type, comme mentionné plus tôt, faisait bien deux mètres de haut et était couvert de fourrure. En levant les yeux, ce fut son visage qui  était peut-être le plus frappant. Un œil, un air bestial. Et bien sûr, le silence qui l'entourait. Fabri s’avança vers lui, sans hésiter une seconde de plus.

« Des soldats du Sanctum devraient être arrivés ici il y a quelque jours, vous sauriez m'indiquer leur position ? » Il ajouta, tendant sa main vers la créature en face de lui.  « Fabrizio Valeri, Templier en chef du Sanctum, ravi de vous rencontrer. »


Dernière édition par Fabrizio Valeri le Ven 7 Aoû 2020 - 18:28, édité 1 fois

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Fiche de Compétences

Spoiler :
Le courage du Paladin.
Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler Oh-shi
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Une fois n’est pas coutume, l’œil unique du fauve vient se poser sur la main tendue. Rien à faire, il trouve cette manière de faire toujours aussi idiote. Pourquoi les humains tiennent tant que ça à se serrer les coussinets pour dire bonjour ? Un simple hochement de tête, ça suffit, c’est simple, c’est efficace.

Son regard se redresse un peu plus, survolant le dis templier. Alors c’est lui le grand patron de ce groupuscule ? C’est une bien grande balafre qui lui orne le visage, une brûlure ? Visiblement, en voilà un qui a dut vivre son lots d’aventure. Une certitude renforcée par son approche sans peur à la rencontre du prêtre de Raï.

Courageux, et poli qui plus est. Le fauve hoche la tête respectueusement, avant de faire un bref signe, l’invitant à le suivre.

Ses pas le porte en direction du village, se retournant régulièrement pour s’assurer qu’il n’a perdu personne. En soit, il n’est guide de rien, les toitures sont largement visibles, mais il prend son rôle au sérieux malgré tout.

Tiens, la place du village n’est plus peuplée de la même manière qu’a son départ. Sidhe et Jennay ne sont plus là, et la majorité des membres du Sanctum avec eux. A l’image de vase communiquant, ce sont néanmoins les paysans et autre villageois qui se sont réparti les lieux.

Sans surprise, leurs regards se tournent sur le comité nouvellement arrivé.  Ici, un fermier au nez de taille prononcé, se racle la gorge plusieurs fois. Là, une fermière, aux cheveux si en bataille qu’une éternité de sommeil ne saurait mettre au jour, s’arrête. Elle était visiblement en train de chasser un poulet dodu, qui profite de l’occasion pour s’échapper au loin. La fermière pousse un hurlement d’horreur, avant de lui courir après, dans une scène des plus burlesque.

Et au fond… Un vieux bucheron aiguise sa hache, s’arrêtant bien trop régulièrement pour se débouchonner ses narines d’un index expert.

Quelques un lancent à nouveau des regards froid et virulent au fauve bleu, avant de s’illuminer d’une lueur nouvelle devant le templier et son escorte. Favoritisme ? On dirait bien.

« Qu’il est beau garçon ! »
s’exclame une jeune femme couverte de boue, à sa meilleure amie la meunière.

Bryke pousse un bref soupir. Au moins, il n’est plus le centre de l’attention, et c’est une fort bonne chose. Pour autant, il ne ralentit pas. Ses grandes foulées le rapprochent de la petite maison au toit rupestre, investis temporairement par son équipe.

Le ronso vient ouvrir la porte, accueillit immédiatement par des piaillements.

« Sidhe ! Repose ça ! »
« Eh ! Mais c’est bon ! J’fais que regarder ! Juste un coup d’œil, un tout petit ! »
« Tu vas le faire tomber ! »

Sidhe c’est visiblement hissé sur une étagère, tenant entre ses mains un bocal remplit d’une poudre colorée. Jennay lui tend la main, essayant visiblement de récupérer l’objet en question. Autour d’eux, quelques soldats du Sanctom sont en train de jouer aux cartes. Avec des paris, à en juger par les quelques munnies et une hi-potion sur la table.

Tous arrêtent leur numéro lorsque vient le templier en chef.

Si Jennay, et les autres gardes viennent se mettre au garde à vous. Sidhe lui, perd immédiatement son intérêt pour la poudre, et vient bondir jusqu’au sol. Il se précipite vers Fabrizio, dans un pas mélange de saut et de course.

« Ooooh ! Alors c’est lui le templier en chef ? »

Bryke a beau essayé de le chasser d’une patte, la peluche ne semble pas en démordre.

« Et tu t’appelles comment ? T’as tué beaucoup de sans-cœur ? T’es arrivé quoi au visage ? Mais, tu n’as pas d’épée ? Waaah ! Et c’est quoi la mission secrète ? Ah, j’suis bête, c’est secret ! J’peux avoir un indice ? Oh oh ! Devinette, tu me donne un indice, j’essaye de deviner, et tu me dis chaud ou fr… EH !»

Le fauve s’impatiente. Il vient saisir la peluche par la nuque, avant de se diriger vers la sortie. Il tourne néanmoins la tête vers le templier en chef, après tout, c’est lui désormais la plus haute autorité dans cette mission.
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Petite note qu’il se faisait à l’instant : les grandes fauves bleus ne se serraient pas la main. C’était déjà ça d’appris.

Ledit fauve bleu mena la marche jusqu’au qg de campagne – un beau nom pour qualifier l’une des maisons du patelin qui servait de point de ralliement aux Templiers présents.

« C’est tellement paumé ici, on a des missions dans d’autres mondes des fois ? »

Viveka, l’un des deux écuyers de l’équipe, avait ouvertement pris la parole alors qu’elle se baladait, nez en l’air dans le village. La réponse ne se fit pas attendre ; juste avant d’entrer dans le bâtiment, Fabri lui lança ;

« Vous deux, perdez pas la main et allez vous entraîner. » il s’adressait aussi au second écuyer – complémentaire de Viveka comme si ç’avait été prévu par Etro elle-même. « Borya, vérifie qu’elle tiend sa garde comme il faut.
- Chef, oui chef ! » C’était avec un garde-à-vous aussi tendu que la corde d’un arc que ce dernier ponctua sa phrase et embarqua sa comparse qui, sous l’ordre, ne se plaignit pas. Du moins pas de manière audible.

Fabri avait rechigné à les embarquer, tous les deux. Il avait toute confiance en Borya, qui faisait littéralement partie des meubles – confié par ses parents réfugiés aux Templiers. Viveka, c’était une autre histoire. La jeune fille venait d’une bonne famille de marchands et avait été enrôlée parmi les Templiers de son propre chef, afin de s’extirper d’un quotidien ennuyeux qui, d’après toute évidence, ne la conduirait qu’à un mariage avantageux et à une vie de petite bourgeoisie. Les deux s’entendaient bien, même si Fabri voyait clairement que toute relation d’amitié entre deux gosses de treize ans se limitait à des injures, du partage de munnies pour le déjeuner et des blagues pas nécessairement drôles.

Débarrassé – les soldats de l’unité éparpillés, certains pour récolter des infos auprès des villageois, d’autres le suivant pour entrer dans la chaumière, il put enfin penser à la mission qui l’attendait.

Mais vraiment pour deux secondes. Avant qu’une bestiole lui saute à moitié dessus. Un mélange de chat et d’autre chose. Qui lançait une question. Et puis une autre. Et une autre. Et encore une autre – il n’allait pas répondre, parce que merde d’une c’était un chat et de deux qu’est-ce qu’il foutait ici !?

Il eut un mouvement de recul, mais le fauve avait pris les devant et avait attrapé la bête qui piaillait de plus belle. « Bon, à en juger par vos mises, la situation est pas encore trop sensible ? »

Des sourires gênés – une tentative de récupération de la potion fort discrète par l’un des soldats. Fabrizio n’avait pas l’intention de leur faire la leçon car tenir la garde alors qu’il n’y avait rien à faire, lui aussi y avait eu le droit. Peut-être n’était-il pas assez strict sur ce genre de chose. Il le ressentait surtout avec Viveka et Borya, comment être un commandant si lui, à l’intérieur, était encore à moitié un soldat du rang ? Il n’avait plus le loisir d’observer ses supérieurs et des connaissances plus expérimentées que lui, car ils n’étaient plus là depuis longtemps. Angeal. Heinrich.

Jennay faisait son rapport. Le Templier-en-Chef l’écoutait et acquiesçait à ses dires avec cette pensée légèrement morbide en tête qui lui donnait l’impression d’un voile ternissant quelque peu la réalité. La porte s’ouvrit, peut-être étais-ce le fauve bleu qui était de retour ?

« Des soldats de Maléfique, ils attaquent ! »

Pas de fauve, mais la jeune femme du village. Essoufflée, effrayée ; pâle au-delà de la raison. « Combien ? Proches du village ? » demanda Fabrizio en se retournant aussi sec.

La paysanne secoua la tête « Une vingtaine… je sais pas, plus peut-être… ils sont au niveau du moulin ! »

Fabri la remercia d’un signe de tête. « Restez à l’intérieur, barricadez-vous et ne sortez qu’une fois la menace éliminée. » Il sortit, rejoignant le fauve. Les soldats derrière-lui. La partie de cartes ne reprendrait pas. « Le comité d’accueil était en retard, vous avez entendu la dame, au boulot! »

Au fond de lui, une pensée plus inquiétante. Cette femme avait mentionné des soldats de Maléfique… que faisaient-ils ici, au fin fond de la campagne ? Mais surtout, la sorcière disparue, son château abandonné depuis des années… la question prenait un tout autre sens, beaucoup plus inquiétant.

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Des soldats de Maléfique ? Le fauve est des plus perplexe, qu’est-ce donc au juste ? Ce nom lui est familier, il en a très certainement entendu parler, mais où, bonne question. Un sujet suffisamment rare visiblement pour qu’il en oublie les tenants et aboutissants.

Une bousculade le sort bien vite de ses pensées. Tout autour de lui, les paysans s’activent. Les ordres du templier en chef ont visiblement été entendu. Le fauve ne peut s’empêcher un bref reniflement.  

Encore une nouvelle odeur, et cette fois, ce n’est pas le genre qu’il apprécie. Une odeur aigre, presque comme de l’encre. L’intensité augmente au fil des minutes, si bien qu’il vient se saisir la truffe un instant. Poussant un lourd grognement tandis que son regard se porte sur Fabrizio.

Quoi que ce soit, ça lui assaille son odorat. Si fort, qu’il en vient à avoir la tête qui tourne. Contre tout attente, Sidhe ne réagit pas. Il n’est qu’une peluche après tout, une peluche douée du mouvement et de la parole certes, mais ses sens ne sont pas des plus décuplés.

Sa main griffue toujours collé à son museau, il s’approche du templier en chef. Avant de faire signe à Sidhe de s’approcher. Redoublant de courage pour lâcher sa truffe, il vient signer les mudras suivants :

< Attention > < Odeur > < Encre > < Proche >

Sidhe, observant les mains, et tremblant déjà comme une feuille, s’empresse de traduire.

« Aaaah m’sieur le héros ! Bryke dis que ça sent mauvais ! Mais pas mauvais comme la mort, ça non ! Mauvais comme euh… de l’encre ! » La peluche s’arrête un instant, reportant son regard vers Bryke « Attend ! De l’encre ? C’est vachement précis quand même ! »  

Le fauve vient pourtant hocher la tête. Confirmant qu’il n’y a eu nulle erreur d’interprétation.

Mais le temps n’est pas à la discussion, et bien vite, un bruit lointain vient le confirmer. Le bruit d’épées qui s’entrechoquent.

Ni une, ni deux, le fauve suit le templier en chef vers le lieu probable de l’affrontement. Ils ne sont pas seuls, quelques soldats, inconnue de Bryke, suivent. Tandis que Jennay, munie de ses dagues, ferme la marche.

Le petit bataillon s’éloigne tandis que Sidhe, reste en retrait. Désormais seul sur la place du village, son regard se veut frénétique. Une cachette, une cachette, il doit se cacher lui aussi ! Ni une, ni deux, voilà que la peluche se jette dans une grosse botte de foin. Ça feras l’affaire, du moins, il l’espère fortement.

Du côté du ronso, le danger est désormais en vue. Niché au pied d’un moulin à vent du plus bel effet, quelques soldats sont visiblement bien occupés. Bryke y reconnait quelques individus, ceux-là même qui patrouiller tout autours, au cas où les bandits reviendraient. De toute évidence, ce n’était pas pour rien.

Le ronso vient porter sa main griffue sur son katana, tandis qu’il se prépare à charger. Mais son regard est vite attiré ailleurs.

Le templier en chef vient de s’avancer, tendant la main. Une intense lumière s’y matérialise dans un bruit cristallin, tandis qu’une bien étrange arme y fait son entrée. L’œil unique du fauve cligne brièvement. Est-ce qu’il… vient d’invoquer une arme de lumière ?

La gueule du fauve s’entrouvre un bref instant. Une expression marquée sur son visage félin, un événement plutôt rare. Non, il ne rêve pas, cet individu vient de faire apparaître une arme de lumière. Certes, la forme semblable à une clef n’a rien d’élégante, mais c’est le raisonnement spirituel qui l’emporte.

Mais son attention est bien vite requise ailleurs. Voilà qu’un des sbires de Maléfique s’approche de lui. Une créature repoussante, vêtue de haillon brun. Un visage rose, mélange étrange d’un humain et d’un porc, dans un physique des plus grossier. Ce dernier s’approche du fauve, brandissant ce qui semble être une lance rouillée.

Au loin, d’autres sbires se mettent en place. Brandissant leurs arcs pour que les flèches pleuvent sur le champ de bataille improvisé. Là où les fantassins ont des allures porcines, ces archers sont munis de becs. Atypique, et particulièrement reconnaissable. Comment ces créatures ont pu pullulé dans la forêt sans que personne ne s’en rend compte ?

Et c’est sans parler de cette odeur, affligeant l’odorat du fauve avec ténacité.

Le fauve vient parer quelques coups avec son katana, serrant des crocs à chaque impact. Son arme n’est toujours pas faite pour cet exercice, et il craint la brise au moindre impact. S’éjectant d’un bond en arrière, le fauve vient décoller du sol. D’un grand bond, il se positionne juste au-dessus d’un des porcins, avant de se laisser retomber. Katana perpendiculaire au sol.

Agile tel un félin, le fauve se réceptionne en plein sur la créature. Enfonçant sa lame dans sa nuque. La créature pousse un cri strident, tandis qu’elle commence… à Fondre.

L’œil unique de Bryke s’entrouvre sous la surprise, tandis qu’il essaye de s’éloigner d’un nouveau bond. La créature perd peu à peu ses couleurs, ne devenant qu’un visqueux et épais liquide noirâtre. Un liquide noirâtre qui colle désormais à quelques poils du ronso.

L’odeur pourtant déjà irritante, en devient plus forte. Suffisamment pour que désormais, les humains de l’expédition la sente à leur tour.

Bryke agite son pied, chassant un peu de l’étrange liquide. Pour autant…

Le mystère devra attendre, le combat ne fait que commencer.

Tandis qu’il redresse la tête, il contemple une bataille prenant de l’ampleur. Gardes contre porcins. Flèches des archers fusant sur eux.

Beaucoup d’actions, pour un si petit village…
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Il y avait quelque chose d’étrange dans ces ennemis.

Il avait ignoré Sidhe – ne réalisant pas immédiatement qu’il parlait pour Bryke. Quelque chose d’étrange s’était passé dans son cerveau alors qu’il regardait les signes de mains du fauve ; qu’il ne comprenait pas, alors que la petite voix stridente du chat lui parlait. Les deux expressions ne se rejoignaient que quelques secondes plus tard, alors que la lame de son épée fauchait un sbire de Maléfique. Là ; il eut la preuve par sa propre expérience, un peu comme un saint Thomas avec un peu de retard.

C’était ça, l’encre dont il parlait. Dont ils parlaient. Le liquide gras comme de l’huile avait giclé du corps défoncé du porc et coulait de sa lame. Un regard perplexe désormais au visage, Fabrizio reprit le combat. Il lui fallut quelques victimes de plus pour se rendre compte qu’elles fondaient et ne saignaient pas, en réalité.

Sa keyblade lui était encore bien trop étrangère, semblable à l’arme de son père qu’il avait abandonnée depuis des années déjà au profit d’une épée plus légère. Une familiarité déconcertante et un manque d’aise flagrant ; tout était trahi par le sort de feu qu’il lança à un archer, faute de pouvoir le rejoindre assez rapidement.

Ce combat n’était pas un danger pour lui, loin s’en fallait. Il avait surtout l’esprit partagé entre ces impressions des plus étranges, les informations de Sidhe – et donc de Bryke, ses propres capacités et la situation des autres soldats et des habitants.

La réalité revient le frapper sous la forme d’une flèche qui fusa à quelques centimètres de son oreille. Mauvaise idée que de penser. Mauvais plan que de rester inactif.

Il restait des ennemis et il allait s’en charger.

Fabri avait combattu les sbires de Maléfique depuis aussi longtemps qu’il était au domaine. Il ne s’attendait tout de même pas à les revoir. Maléfique avait disparu depuis des années, son château était à l’abandon. Il n’y avait aucune raison de les voir là ; c’était ça encore qui venait se rajouter à l’étrangeté de ce combat. Ça et l’odeur âcre, acide qui émanait de ces créatures à mesure qu’il les éliminait. Ça encore, et l’absence de cœurs qui s’envolaient après leur mort.

Ça lui foutait la chair de poule. Son regard s’arrêta sur l’une des créatures, fondant à même le sol, laissant derrière elle une flaque de liquide noir. Il n’y comprenait rien.

« Ils viennent forcément de quelque part, faut remonter jusqu’à la source ! »

Au fond de lui, il y avait cette espérance ; qu’ils ne soient qu’un groupe égaré de soldats. Mais ce n’était vraiment pas ce que sa logique lui disait ; alors qu’il s’assurait que les soldats suivaient et qu’il s’approchait de la lisière des bois avec, toujours comme occupation principale, l’élimination de ces bestioles.

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