Asuryaa s'était vu assignée une nouvelle mission. Lutter pour la lumière, c'était ce qu'elle avait décidé. Depuis toujours. Jusqu'à présent, elle n'avait pas beaucoup eu l'occasion de prouver sa valeur. Elle n'avait toujours pas affronté les "forces du mal". Mais après tout, elle n'était qu'une débutante. Ce nouveau travail, elle allait l'accomplir avec brio.


Lors de son entrevue avec la Générale Cissnei, il lui avait été demandé d'enquêter sur une attaque. C'est ainsi que la mage se dirigeait vers les Mondes de Grimm. Encore un lieu qui lui était inconnu. La jeune femme avait fait quelques recherches sur les lieux. Un territoire neutre. Elle pouvait y rencontrer amis comme ennemis, et au vu de ce qu'elle savait sur l'attaque pour le moment, à savoir une destruction totale, et pas de survivants, elle devrait surement rester sur ces gardes.


Les routes stellaires menèrent donc Asuryaa jusqu'aux Mondes de Grimm. Contrairement à sa dernière découverte, le monde des Jouets, elle garda son apparence physique. Voilà qui serait plus confortable pour travailler. La jeune femme avait atterri à l'orée de la forêt. Parfait. Il s'agissait de sa destination.


Asuryaa noua ses cheveux en son habituelle tresse, et se dirigea vers l'obscurité des arbres. Le lieu lui semblait sombre. Une aura effrayante s'en dégageait. Elle frissonna. Le crime qui y avait eu lieu devait être particulièrement horrible pour qu'elle ressente autant d'atrocités avant même d'être arrivé au bon endroit.


Voilà donc le genre de chose qui se passait dans les autres mondes. Nombreux étaient ceux touchés, elle le savait. Elle l'avait vécu. Mais pour la première fois, elle y était réellement confrontée, en tant que membre de la lumière. En tant qu'officier. Et c'était à son tour de s'occuper de ces ténèbres.


Elle avança sous la cime des arbres, déterminée à en savoir plus, et à rapporter les informations attendues. Elle emprunta le chemin de terre, rendu légèrement boueux par la pluie, qui zigzaguait entre les arbres. Il n'y avait aucun son. Un silence presque assourdissant. Les bruits de la forêt avaient laissé la place au vide. Le chant des oiseaux avait laissé place à l'unique bruissement du vent dans les feuilles.


Le chemin fut long, terne, et il était compliqué d'avancer dans ses conditions. Et lorsque Asuryaa atteint enfin les lieux du crime, elle ne fut plus si surprise de ce qu'elle y trouva. Dès le début de la mission, elle avait été accablée par l'atmosphère pesante du monde. Le secteur complet avait été ravagé. Il ne s'agissait clairement pas d'une petite attaque, d'un conflit entre plusieurs habitants de ce monde. Quelque chose d'anormal c'était produit. Et il était évident que des forces supérieures étaient en jeu.


L'habitation avait était totalement réduite en poussière. Il était difficile d'avoir une idée de ce à quoi elle avait pu ressembler avant aujourd'hui. Le sol était jonché de cadavres calcinés. Il n'y avait aucun doute sur le fait qu'une explosion s'était produite ici même. Les chasseurs qui y vivaient n'avait eu aucune chance. Le fait qu'aucun survivant n'avait pu fuir menait Asuryaa à deux théories :

  • Soit les attaquants étaient nombreux, et avait mis en place une sorte de siège.

  • Soit l'attaque avait été tellement rapide que personne n'avait eu le temps de comprendre ce qui était en train de se passer.



Mais la jeune mage n'arrivait toujours pas à comprendre ce qui pouvait pousser quiconque à attaquer une simple cabane de chasseur. La personne responsable souhaitait—elle récupérer quelque chose d'entre les mains de ces morts ? Était—ce simplement un sociopathe piquant une colère ? Que cachait donc cette attaque ?


Asuryaa s'avança jusqu'au centre des restes carbonisés de la cabane. Elle s'accroupit au centre, essayant de trouver des indices sur le mode opératoire. Elle n'y trouva que cendres et débris. Jusqu'où portait le choc enflammé ? Le lanceur de l'attaque était—il présent sur les lieux de crime, où bien avait—il quitté le monde avant la fin du massacre ? Il était très certainement était hors d'atteinte, à moins de ne posséder un bouclier imparable.


La jeune femme avança, les yeux rivés au sol. La pluie avait largement contribué à compliquer sa tâche, mais la flambée avait brûlé les herbes au sol, laissant largement la possibilité de trouver d'où venait l'attaque. Et les traces laissées semblaient former un cercle dont le centre était la cabane. Ainsi, l'élément déclencheur de la tuerie n'était pas une sorte de projection de feu. Une bombe ? Une attaque à retardement ? Il était difficile de cerner la chose.


Dans tous les cas, la générale Cissnei avait raison, il ne s'agissait pas là de sans—cœur, mais de quelque chose de bien plus puissant, et de bien plus dangereux. Il ne restait rien à tirer de cet endroit, plus personne à interroger, et plus rien à trouver. La météo non clémente avait clairement joué en faveur des coupables. Du coupable? Même cela, elle n'était pas capable de l'affirmer. Un seul homme était—il en mesure d'un tel carnage ?


Asuryaa traina les pieds, prête à rebrousser chemin. Elle n'était pas la personne la plus optimiste du monde, aussi, vu les circonstances, elle n'espérait plus grand-chose. Attendre un miracle ne servirait à rien. Toutefois, elle décida de faire un dernier tour, attentivement, afin de se donner bonne conscience. Elle analysait tout, ses cinq sens observateurs de toutes anomalies.


Et au moment où la toute jeune recrue de la Lumière allait abandonner, elle remarqua quelque chose, sur le sol, un peu à l'écart des ruines. Qu'était—ce donc ? Le sol était légèrement creusé, dans une forme circulaire. À l'intérieur, plus rien ne se distinguait. Était—ce la pluie ou son créateur qui l'avait effacé ? Cela n'avançait pas beaucoup l'affaire. Cependant, quelqu'un de plus expérimenté à la lumière pourrait peut—être en savoir davantage. Asuryaa nota la forme, la taille, la profondeur. Aucun autre signe distinctif n'était visible, mais cela était mieux que rien.


Il était temps de rentrer faire son rapport. De rapporter ce qu'elle avait vu (le désespoir d'homme innocent), d'exposer ses théories, et surtout de présenter la seule potentielle preuve trouvée.