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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

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-Ah, Mademoiselle Arad.

Nos rencontres s’étant significativement rapprochées ces derniers temps, les salutations sont brèves, un petit hochement de tête de mon côté, un signe m’invitant à m’installer du sien, et nous voilà, face à face. Sans plus de préambule, je l’interroge.

-Pardonnez-moi, j’avais cru comprendre que vous me feriez savoir par missive ce que vous attendiez de moi. C’est du moins ce que vous aviez laissé entendre lors de…
-Effectivement, vous avez raison.

Elle marque une pause et appuie sa tête sur le dossier de sa chaise, semblant oublier quelques instants sa stricte dégaine. Elle croise ses mains devant son visage et appuie sa bouche dessus, apparemment pensive à ma vision.

-J’ai besoin que vous m’accompagniez quelque part. Voilà pourquoi je souhaitais vous voir en personne afin que nous organisions ce départ légèrement précipité.

Je reste interdite un instant, surprise. Voilà qui est pour le moins inattendu.

-Eh bien… Je suppose que je suis à votre disposition. Puis-je vous demander quand et où ?
-Le départ est pour demain matin. Nous nous rendrons à Agrabah à bord d’un vaisseau mis à ma disposition par la Président.
-C’est une mission faite à la demande du Président ?

Elle ouvre la bouche, comme piquée au vif, puis se retient.

-Du tout. Si c’était le cas, j’aurais fait appel à un des Turks. Et c’est justement pour des choses moins officielles que je souhaite faire appel à vous. D’autant que vous ne manquerez pas à grand monde dans votre unité.

Elle s’écarte de son bureau et se tourne dans son siège ; puis se lève affichant à ma vue son tailleur blanc cassé, ajusté à la taille et sur les hanches.

-J’ai justement demandé ma journée au Président demain, il devra se passer de ma présence et les autres suppléeront à mon absence, si vous voulez tout savoir. Prenez une tenue adaptée à Agrabah. Quelque chose de léger et confortable pour le désert mais pas outrageant. Et une tenue habillée, vous n’avez qu’à vous renseigner.

L’espace d’un instant je revois les nuits d’Agrabah, toutes ces nuits somptueuses éclairées par des lanternes aux lumières chaudes. Je me revois favorite de l’Emir de Fès, à l’horizontal la plupart du temps et obéissant à un proxénète douteux. C’était déjà il y a longtemps, plus de dix ans. Je revois aussi mon triste sort, détenue dans une cellule insalubre pour avoir été trop indiscrète. Une expérience qui m’a coûtée beaucoup mais qui m’aura au moins appris quelques petites choses sur le fait de dépendre des autres et d’attendre qu’ils daignent vous donner ce que vous méritez.

-Très bien Mademoiselle Arad. Vous pouvez y aller. Nous nous revoyons demain. Tentez d’apporter avec vous un peu de courtoisie afin de ne pas nous faire passer pour des ingrates.

Je me retiens de hausser un sourcil, on ne peut pas dire qu’elle soit la chaleur personnifiée non plus.

********************

Il est huit heures, nous sommes assises toutes les deux au milieu des vibrations et des sons provoqués par le système informatique du vaisseau. L’endroit pourrait presque donner l’impression que nous ne sommes pas dans un vaisseau s’il n’y avait ces sons. Les matières employées sont loin des meubles fonctionnels et métalliques employés presque partout au Vaisseau-Mère. Chacune est de part et d’autre du vaisseau, installée sur une grande banquette en cuir. Scarlett consulte des dossiers que je suppose être professionnels ; j’inspecte les derniers postes Gumminow de D.Va, haussant un sourcil, quelque peu sceptique sur cet enthousiasme sans doute exagéré. J’en profite pour prendre une photo à travers le hublot puis réfléchis quelques instants à ce que je pourrais écrire en légende.

-Vous en avez acheté un ?

Je me tourne vers mon interlocutrice, ne comprenant pas dans un premier temps. Puis, me doutant qu’elle parle du Gummi, je lui montre et hausse les épaules.

-Oui, je me suis dit que… allez savoir, ça pourrait me servir dans le cadre des missions. Je me dis que certaines personnes pourraient laisser échapper des informations qu’ils n’auraient pas dû…
-Le Président s’en est acheté un. J’imagine que ça doit valoir la peine…

Son attitude change à chacune de ses évocations, passant du plus grand sérieux et du dédain à une certaine fébrilité. Voilà typiquement l’information que « les gens laissent échapper et qu’ils n’auraient pas dû ». Bien sûr je ne peux pas faire grand-chose avec mais ça n’en reste pas moins intéressant. Commençant à cerner le personnage, je suppose que tout ce qui est fait par le Président est forcément la ligne de conduite à adopter et pourquoi pas l’occasion pour elle de pouvoir se rapprocher un peu plus de ce que je suppose être notre objectif commun.

-Puis-je vous demander la raison de notre visite à Agrabah ? Pour savoir à quoi je dois m’attendre…
-C’est plutôt simple en fait, rien d’extravagant ou de particulièrement dangereux mais étant donné ma position et ma relative notoriété —comprenez par là que je ne suis pas totalement anonyme— je préfère être accompagnée.
-Très bien.
-Nous irons dans une soirée où tous les notables d’Agrabah se rencontrent habituellement. Je souhaite rencontrer quelqu’un qui s’y rend afin de faire l’acquisition d’une pierre extrêmement rare, un diamant noir.

Je ne peux m’empêcher de jeter un oeil vers la bague qui orne fièrement son doigt à cet instant, me demandant à quel usage cette pierre est destinée.

-Oui, je comprends mieux votre désir d’être accompagnée.

Ayant moi même été accoutumée à ce genre de soirée, je sais qu’elles sont très bien fréquentées, mais il n’en reste pas moins vrai qu’elles sont pleines de personnages riches  et pourtant dotés d’intentions parfois douteuses et sournoises.

-Nous logerons dans la villa mise à disposition par la Coalition en bordure des jardins du sultan. Puis ce soir nous irons à cette soirée. Votre présence et votre apparence auront logiquement la vertu de n’inquiéter personne. Je compte sur vous pour prêter attention aux moindres détails. Si vous constatez quelque chose d’anormal, d’inquiétant, faites le moi savoir le plus discrètement possible. Nous nous éclipserons. Je ne tiens pas à être enlevée ou être la cible d’une prise d’otage.
-Très ben. Je pense pouvoir faire cela.
-Aussi, bien que cela ne soit pas de gaieté de coeur, il serait plus aisé pour moi de vous appeler dans ces circonstances par votre prénom tout en vous vouvoyant, nous n’en sommes pas encore là. C’est Nina, n’est-ce pas ?

Je marque un temps de pause, je m’identifie évidemment de cette façon parmi mes collègues mais ce n’est qu’un nom pour moi parmi tant d’autres. Je ne me sens pas Nina, mais je ne me sens pas plus Odile. Odile c’est l’autre.

-Oui.
-Entendu. Vous pouvez m’appeler Scarlett, mais je crois pouvoir me douter que vous le faites déjà, comme tout le monde.

Je ne réponds pas, mais évidemment, comme tout le monde, je ne connais pas son nom de famille. Comme tout le monde à la Shinra, je sais qui est cette grande blonde élégante toujours équipée d’une pointe de rouge. Elle se lève devant moi et s’éloigne indifféremment.

-Je m’absente quelques instants, je ne voudrais pas abîmer mes escarpins Gucci dans la poussière.

Je reste alors seule au milieu des étoiles, reprenant mon poste gumminow là où je l’avais laissé.
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Cette chaleur, je l’avais presque oubliée. J’erre dans cette grande chambres aux motifs perses et aux couleurs chatoyantes ; de  larges ouvertures vers l’extérieur laissent passer de grands courants d’air chaud, je sens quelques grains de sable glisser sur ma peau nue. Scarlett a au moins eu l’obligeance de se montrer généreuse avec moi, c’est elle qui a la plus belle et la plus grande suite —celle qui va par défaut au Président, je suppose — mais je ne suis pas en reste.

Nous sommes très loin de la froideur de l’espace et de l’humidité de Londres, les lieux où j’ai vécu le plus longtemps.

J’entreprends d’attacher mes cheveux en un chignon assez lâche et romantique à mi-hauteur de tête. Cette coiffure a le mérite de dégager la nuque et les épaules, ce qui est essentiel pour le reste de la tenue. J’accroche mon arme de service à une bande enroulée autour de ma cuisse droite. Je sors ensuite la très longue jupe noire de mon sac et admire les broderies dorées qui ornent ce voile noir et translucides. J’enroule cette parure  à plusieurs reprises autour de mes jambes et de mes hanches et l’attache grâce à une ceinture satinée. Le résultat est assez ample pour que personne ne distingue la forme du revolver à travers.

J’attache ensuite sur mes épaules, autour de mon cou et sur mes omoplates un très grand bijou en or, presque un vêtement. Je m’inspecte dans le miroir, ces écailles au niveau de mes épaules me rappellent mes plumes, je les caresse lascivement. Le contraste du noir du tissu et de ma peau pâle et dénudée au niveau du ventre est assez saisissant. En théorie, c’est tout sauf une tenue pratique, mais ce n’est à priori pas l’objectif. Ici les femmes sont de beaux objets, elles n’occupent pas une place politique officielle si ce n’est celle d’épouse ou favorite, il est donc nécessaire d’être soit la plus noble, soit la plus élégante, soit la plus intrigante.  Quel dommage que le Président ne soit pas là pour voir ce spectacle. Je m’inspecte encore quelques secondes dans la glace et sachant que l’heure approche, je sors de la chambre pour rencontrer Scarlett en bas.

A ma vue, son visage semble se décomposer, je l’observe à mon tour et détaille sa tenue. Elle arbore noblement un caftan rouge bordeaux, légèrement décolleté devant et transparent dans le dos jusqu’en bas du dos.

-Vous êtes très élégante, « Scarlett ».

J’insiste sur ce dernier nom puisqu’il semble que nous devions nous montrer plus informelles. Elle approche sa main de mes épaulettes.

-Eh bien, voilà qui est… C’est assez surprenant… On dirait de l’or véritable…

Je souris de façon énigmatique un instant. Elle semble surprise.

-Je n’ai pas les moyens pour cela.
-Le contraire aurait été inquiétant.

Et pourtant, si elle savait.

-En revanche il n’était pas nécessaire de vous « dé »vêtir autant.

Elle dit cela en désignant le bas de mon buste à découvert. Je réponds d’un léger sourire, dédaigneux et déterminé.

Nous montons toutes les deux dans un attelage qui nous conduit jusqu’à un Palais somptueux bordé d’oasis. Il fait à présent nuit et l’atmosphère s’est sensiblement rafraîchie. Scarlett descend aidée par un domestique, je lui emboite le pas et nous suivons un tapis pourpre jusqu’à l’entrée. Il y a beaucoup de bruit, beaucoup de monde.  Les coeurs sont à la fête, ce qui a le don de me mettre dans un état de sensibilité exacerbée. Il me faut un temps pour m’adapter à cette ambiance exaltée. Je sursaute quand Scarlett me saisit le bras et s’approche de mon oreille.

-Rappelez-vous, nous sommes amies, vous n’êtes en aucun cas là pour me protéger ou pour une mission. Mais si je dois être honnête… il est clair qu’à la vue votre tenue, personne n’y aurait cru.
-Oui, j’ai pensé que j’aurais l’air assez stupide et inoffensive pour que l’on m’oublie.

M’oublier ? Non peut-être pas. Sous-estimer mes compétences par contre,  sans l’ombre doute. Nous avançons alors côte à côte dans ce grand couloir entouré par les lanternes et les torches dansantes. Nous attendons quelques instant derrière une file d’invités qui attendent d’être accueillis par les hôtes. Je sens les regards discrets glisser sur les deux femmes étrangères —et de surcroit singulières— que nous sommes. Ici, il est assez peu courant pour une femme de sortir la nuit toute seule, sans être escortée par son mari, son père, ou son amant. Je croise les regards sans réserve pour leur montrer que je les observe aussi et que je ne suis pas effarouchée. Je repose ensuite mon regard sur Scarlett et constate qu’elle semble pensive. Elle tort nerveusement le cordon de sa bourse.

-Un problème ?

Elle rapproche sa bouche de mon oreille une fois encore pour ne pas inviter d’autres gens à la conversation.

-J’ai ce qui est nécessaire à ma transaction dans ma bourse. Je n’aime pas me promener avec quelque chose d’autant de valeur sur moi mais ils ont insisté pour que la transaction se fasse ici.
-Cela ressemble à un piège.
-Non, non je ne pense pas, j’ai déjà fait affaire avec eux par le passé. Je pense qu’ils préfèrent être en terrain conquis pour négocier.
-Très bien, alors arrêtez de vous énerver, ils vont finir par penser qu’ils peuvent avoir le dessus sur vous.

Si une femme laisse ne serait-ce qu’échapper une once de doute, l’homme s’y glisse insidieusement et tente de reprendre le contrôle, ici comme ailleurs. On peut aussi décider de leur laisser croire qu’ils ont le dessus un instant afin de leur faire baisser leur garde, mais c’est une autre histoire.

Nous arrivons devant une rangée d’hôtes. Un homme fait les présentations auprès du riche marchand qui organise cette soirée après que Scarlett lui a tendu l’invitation. L’hôte et sa femme s’inclinent poliment et nous faisons pareil. Ils ne représentent pas un grand intérêt en eux-mêmes, nous ne sommes pas venus pour eux.

Une fois passées les présentations, nous entrons dans une très grande salle parées de hautes colonnes et d’un plafond richement orné de moulures. Je vois Scarlett faire un signe discret à un homme qui nous rejoint rapidement, un sourire ravi non dissimulé.

-Bonsoir Scarlett.

Il baise sa main et se prépare à saisir la mienne quand je fais un léger mouvement de recul.

-Oh, à qui ai-je l’honneur ?
-C’est une amie, je lui ai demandé de venir avec moi pour me porter conseil. N’est-ce pas Nina ?
-Bien sûr Scarlett, et « tu »…sais que tu peux compter sur moi comme… je peux compter sur toi, en toute occasion.

Je regarde autour de nous,  il y a beaucoup d’invités mais pas suffisamment que pour qu’on ne puisse pas se déplacer dans la foule. Scarlett et ce Monsieur Kacem échangent quelques banalités et rires jusqu’à ce qu’elle en vienne aux faits.

-Tu sais pourquoi je suis là.
-Bien sûr ! Et les affaires ne peuvent attendre, je te l’accorde. Venez mesdames. Je vous escorte.

Nous quittons ainsi la salle principale pour emprunter un long chemin dans ce grand palais. Nous traversons des couloirs de plus en plus tamisés et garnis de très longs tapis persans où les bruits de la foule s’éteignent progressivement à mesure que le temps passe. Nous dépassons des gardes qui ouvrent les portes à notre vue sans dire mot ou sans poser de questions. Bientôt nous arrivons dans une salle où d’épaisses fumées volent au dessus des têtes. On y entend murmurer mais personne ne parle vraiment. Certains hommes sont assis autour d’un narguilé et semblent discuter tandis que d’autres sont attablés et jouent à un jeu ressemblant vaguement au backgammon. De l’or et des pierres en guise de mises sont posées sur la table.

Monsieur Kacem nous conduit sur des méridiennes un peu à part et demande qu’on nous serve à boire. Nous sommes bientôt rejoints par deux autres marchands richement vêtus.

-Scarlett, voici Hâroun de Jibal et Chahriar d’Alep. Hâroun est le fournisseur, Chahriar l’expert. Tu peux interroger quiconque ici, ses estimations et ses conseils sont les plus précis qui soient ici à Agrabah.
-Tu as toute ma confiance, Kacem, et par extension, Messieurs, je vous fais confiance également.
-Mesdames, bonsoir.

Les deux hommes s’asseyent sur d’autres méridiennes.

-D’où nous venez-vous ?

Scarlett échange un sourire entendu avec Kacem. Celui-ci répond à sa place, il est assez évident qu’il la connait assez bien.

-Scarlett est la collaboratrice d’un homme d’affaire très important à Illusiopolis.

Ce n’est pas exactement un mensonge. Rufus Shinra est bien un homme important à Illusiopolis, même s’il n’y réside pas. Je porte la petite tasse en argent à mes lèvres et trempe mes lèvres dans le liquide mentholé. Je suppose qu’il est assez logique qu’elle ne souhaite pas ébruiter son identité, même auprès d’hommes présentés comme étant de confiance. Scarlett ayant accès à des informations de haute importance, elle serait une cible de choix pour un ennemi de notre entreprise. Elle se tourne alors justement vers moi, affichant un sourire qui n’annonce rien de bon en théorie.

-Nina est danseuse du ventre dans un bar de la même ville… Mais elle est passionnée par les belles choses.

Ah. C’est assez bas, pas que cela me surprenne mais… Bon, après tout, je n’ai pas besoin d’impressionner ces hommes dont j’aurai oublié l’existence d’ici deux heures.  Il est par contre à présent évident que Scarlett est capable d’écraser gratuitement une rivale pour s’élever, et si elle a fait cela ici alors que cela n’a aucune importance, nul doute qu’elle fera de grandes choses motivée par ses sentiments. J’inspire et souris poliment.

-Oui, c’est d’ailleurs quand tu es venue pour le spectacle que nous nous sommes rencontrées.

Scarlett me dévisage, encore, puis se tourne à nouveau vers ses véritables interlocuteurs.

-Et donc, l’avez-vous amené avec vous ? Je souhaiterais la voir.
-Bien entendu.

L’homme sort une bourse de sa poche et en sort un petit objet emballé dans un mouchoir en soie. Il l’ouvre et le tend vers Scarlett sans sembler s’inquiéter des gens qui nous entourent et qui pourraient espionner la scène. La secrétaire prend la pierre en main, tandis que je l’observe, tout en restant pour ma part sur mes gardes. Je sens la pression de l’arme sur ma cuisse, prête à m’en servir à tout moment. Il est évident que je n’apprécie pas Scarlett et que je ne le souhaite pas que du bien, mais s’il devait lui arriver quelque chose sous ma surveillance, il est évident que je ruinerais toute mes chances à la Shinra, ou peut-être même ailleurs. Elle continue de manipuler, de retourner et d’inspecter à la lumière des chandelles la pierre.

-Il est magnifique. C’est un diamant noir de la mine de Jibal, c’est cela ?
-En effet, il est d’une très grand pureté mais sa particularité réside surtout dans sa taille. Une fois taillé il pourrait orner un collier assez volumineux.
-Je ne pensais pas le faire sertir sur un collier. C’est un cadeau.
-Un très beau cadeau dans ce cas, pas le genre de cadeau que l’on fait à n’importe qui.

Un cadeau ? Un cadeau pour qui ? Je reporte mon attention sur elle pour déchiffrer son expression mais elle semble imperturbable.

-Dois-je comprendre que vous êtes toujours intéressée ?

Elle le manipule encore quelques instants la pierre puis affiche un air déterminé.

-Absolument. Et vous, êtes vous toujours d’accord pour le prix qui avait été convenu ?
-Nous avions un accord raisonnable, je ne reviens pas sur ses termes.

Je me lève alors et inspecte les lieux, en apparence de façon innocente mais en vérité pour m’assurer que rien de suspect n’arrive. Tout semble normal, j’aperçois du coin de l’oeil Scarlett conclure cette vente et emballer dans sa bourse le dit joyaux. Quand je la rejoins, elle serre la main des deux hommes qui quittent les lieux quelques instants plus tard.

Scarlett me confie la pierre sur mes conseils. Nous restons encore quelques temps avec Kacem afin de ne pas donner l’impression suspecte de quitter la soirée de façon précipitée. Puis nous reprenons le chemin de notre pied à terre dans le même attelage qu’à l’aller.

-Allez-y.

Le silence qui régnait dans la calèche —si l’on oublie les bruits du transport— vient d’être interrompu par Scarlett. Je me tourne vers elle, curieuse.

-Qu’y a-t-il ?
-Vous voulez le savoir, non ?
-Savoir quoi ?
-A qui est destiné le cadeau.
-Ah je… Je ne sais pas…
-Cela me semble assez évident.

A mesure que les mots sortent de sa bouche un profil masculin élégant et fort se dessine dans ma tête. Des yeux gris perdus dans les fumées d’un bureau souverain marquent ma mémoire et réveillent mon appétit naturel. Mes pupilles se dilatent mais je reste calme et je joue la carte de l’innocence.

-J’ignorais que vous aviez quelqu’un.
-Allons Nina, ne jouez pas la jeune effarouchée, cela ne trompe personne, en tout cas pas moi.

Je détourne les yeux et regarde vers la fenêtre, je crains que mes yeux prennent une teinte lumineuse révélatrice de ma condition.

-Et le Président, porte-t-il ce genre de…choses ?
-C’est pour une montre en vérité. Je lui offrirai prochainement. Le diamant fera guise de verre, un verre sombre et éclatant, absolument hors de prix mais pourquoi pas. Un cadeau exceptionnel pour…
-Pour un homme exceptionnel ?
-Le seul qui vaille le coup.

Je ris légèrement dans un soupire même si je ne peux qu’être d’accord avec elle.

-Je ne vous aurais pas cru si sentimentale.
-Je ne vous aurais pas cru si mauvaise menteuse.

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Cette fois-ci c’est moi qui m’occuperais de ta notation.

Commençons, donc.

Je trouve, que t’as quand même bien travaillé l’ambiance. Déjà. En fait, je sais pas si tu l’as travaillée, ou si elle t’es venue comme ça, en écrivant. Parce que… y’a pas tellement d’efforts, de « regardez moi, j’installe une ambiance haha », ou quoi. Non, en fait, dans ma tête de lecteur, ça m’est venu assez simplement. Assez naturellement plutôt. J’ai réussi à me faire une idée de la scène, oui, grâce aux quelques descriptions ça et là, mais non je parle vraiment d’ambiance ici. La fête, vite fait un peu cachée, où il se passe des trucs… Tu vois ce que je veux dire ?

Bref ça a bien été géré !

Je pense que le plus gros du RP c’est Scarlett. Comment elle agit, d’elle même et vis à vis de ton personnage. Déjà, premier truc. Scarlett, c’est mon PNJ. Bon, ça devient un peu le PNJ de la Shinra, autorisé d’exploitation selon ce que je décide mais, ouais, à la base c’est mon PNJ à moi.

Eh ben… J’suis plutôt content de la découvrir au fur et a mesure de tes RP. Nanani nana, déjà dit, partie visible et partie pas visible, point de vue de Rufus, truc machin. Non, ça va plus loin que ce que je t’ai dit. Parce que, tu développes vraiment le truc. C’est intéressant, ça fait prendre des directions que j’aurais pas spécialement pu penser à la base. C’est comme… un récit collaboratif ? Hein ? Du RP tu dis ? Ah bah oui !

J’aime bien quand vous êtes toutes les deux, donc. Les dialogues, sont… punchy. Tu sens la tension permanente entre les deux. C’est rigolo, ça fait sourire, ça fait froncer les sourcils… On jongle un peu entre les ressentis en fait. Tantôt, l’on en viendra à en plaindre l’une, puis viendra le tour de l’autre. « Plaindre » est un peu extrême, peut-être, mais je maintiens. Parce que… tu rends le personnage de Scarlett assez, humain. Dans le sens, authentique ? Elle est bien telle que tu la décris dans le rôle de la connasse qui a des vues sur machin, etc. Et plus encore, ton personnage qui est un sans-coeur… rebondit bien là-dessus. Y’a des problèmes qui se présentent à elle, des trucs qui l’agacent, mais tu fais pas la faute de tomber dans les réactions trop humaines. Tu respectes ta condition. Bref, un exercice périlleux mais dans lequel tu sais évoluer.

Je parle de façon générale, hein. Je l’ai pas précisé mais je prends en compte les deux RP. Parce qu’en terme quali, ils se suivent. Ouais.

Si. Oui. Un truc totalement con. Mais la scène où le Cygne se décrit. Bon, j’ai bien aimé, c’est pas la question ici. Non, ce que je veux souligner c’est que… oui, c’est totalement de la description. Tu le verras dans la plupart de mes notations, les descriptions, ça me fait chier. J’en ai… rien à branler, que t’aies des voiles magenta collector à paillettes elles-même à pois… sur ton bras. Que t’aies des lacets, en… coton, parfois rapiécés, avec du fil de têtard reluisant. Ouais, rien. A. Foutre. Du moins quand ça ne sert pas la narration, ton personnage, ou l’idée que tu veux dégager.

Non, là à nouveau, c’est cool. Tu décris, oui. Ça me dérange ? Non. Pourquoi ? Parce que tu décris que l’essentiel. Ce qui nous suffit à imaginer ta tenue, ce que tu veux montrer, quel genre. Et ça… suffit ! Et en plus y’a quand même un petit côté… hey hey. Mais ça… ^^

Non, j’ai bien aimé cette petite représentation d’un Agrabah plus secret et moins… Aladdinesque ? D’façon il est mort, CHEH. Mais oui, on se demande ce qu’il va se passer, s’il va se passer quelque chose. Finalement la transaction se déroule comme prévu. Suspens, maitrisé.

Allez… chipotons deux secondes. Y’a… 3 fautes à tout péter. J’sais que t’écris bien, j’te les cite pas. Y’aurait pas forcément d’utilité. Par contre… quand Scarlett est en plein dans la transaction et que tu te lèves pour fouiller la pièce, regarder, machin… J’sais pas. J’aurai bien vu quelqu’un te demander ce que tu foutais ? On a l’impression que tout le monde s’en fout ? M’enfin, c’est pas ça qui va tuer le RP si tu veux mon avis. C’est assez bénin.

Facile : 12 xp, 120 munnies, 2 PS en Magie !
Tu gagnes, quelque chose de magnifique !

DEUX graisn de sable. Mais… Pas n’importe quels grains de sable. Des grains de sable, BLEUS. Quelle rareté !

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Du luxe dans la poussière Dd736708773db3f50ba2
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