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Il pleut.

Je suis accolé contre le mur, le regard perdu à travers la fenêtre. Les gouttes d’eaux glissent le long du verre, et je vois la buée qui se forme à chacune de mes expirations.

De la pluie à Illusiopolis ? Incroyable, un scoop, les plus grands journalistes de l’éclaireurs sont sur l’affaire. Ce serait presque comme dire : « Tu as vu, il fait nuit ». Mais pour une fois, je suis content de la voir. De l’entendre, de la sentir.

Il fait froid, je me recroqueville un peu. Bon sang, mais comment j’ai pu en arriver là au juste ?

Je viens de recevoir une goutte d’eau sur la tête, j’en cherche la cause. Là, l’énorme fissure dans le plafond. Je regarde autour de moi, à quoi tu t’attendais ?

C’est le dernier étage d’une cage d’escalier. Cette espèce de maison miniature sur les toits des immeubles. Celui-là est abandonné depuis longtemps, trop dangereux, trop de risque qu’il s’effondre. Ils ne viendront pas nous chercher ici, qu’il avait dit le gros truc immonde.

Je me couche sur le sol, je viens passer mes bras par-dessus mes jambes. Et je grelotte. Bon sang, si on m’avait dit un jour que j’allais regretter mon appartement aux cafards… Et pourtant… Oui, je le regrette.

Bon sang, je le regrette tellement.

Je redresse le regard vers la fenêtre un bref instant. La lumière des néons et de la rue sont toujours là. Je ne sais pas quel jour on est, je ne sais pas depuis combien de temps je vis ici.

Tout ce que je sais, c’est que ça ne reviendra jamais pareil. Faut que je quitte cet endroit, ce monde, partir loin. Mais…

Mon regard se pose sur la silhouette affaissé contre le mur, à l’opposé de la fenêtre. Il est toujours là, toujours aussi immobile.

J’arrive à m’extirper de son étreinte quand vient son sommeil. Faut croire que même pour les tarés comme lui, il a ses moments de faiblesse.

J’ai l’impression de vivre un cauchemar éveillé à chaque fois que je suis avec lui. Je vois, j’entends, je sens, mais je ne peux rien faire. Comme ces gars qui n’arrivent plus à bouger le matin.

Mais j’ai encore besoin de lui. Il veut obtenir des munnies. Qu’il le fasse cet animal ! Quand il aura réuni sa petite somme, je serais le premier à m’en servir. J’attendrais la nuit, que je puisse me débarrasser de son influence. Puis je m’en irais, je payerais autant qu’il faudra pour qu’on me sorte d’illusiopolis.

Loin des gangs, loin du Chapitre, loin de lui.

Je reporte mon regard sur lui. Sur ce… truc.

Il est toujours aussi moche, toujours aussi dégoutant, toujours aussi verdâtre. Je ne peux pas m’empêcher de sentir un haut-le-cœur à seulement repenser à tout ce qu’il a fait ses derniers jours.

Je n’ai jamais commis de crime de ma vie, jamais voulu aller contre la loi. Ça me terrifie, je veux être quelqu’un de bien. Je ne veux pas d’ennuis, je veux pas qu’on me reproche quoi que ce soit.

Mais à cause de lui ? Bon sang…

Il vole tout le temps. Des vêtements par ci, de la nourriture par là. Même des tapis de cuir et de fourrure qu’il a trouvé en s’infiltrant de force chez une pauvre grand-mère. Et tout ça pour quoi ? Pour se fabriquer de manière grossière et mal, une espèce de tunique.

Je baisse un peu le menton, me roulant un peu plus en boule.

S’il existe un paradis, un « monde final », ou je ne sais quoi. Est-ce que j’y ai ma place maintenant ?

Est-ce que je peux seulement dire que je n’y suis pour rien dans tous les crimes de ce fou ? Il ne peut pas bouger sans moi, et même si je suis bloqué…C’est comme si je les commettais moi-même. C’est de la survie, je le jure, c’est de la survie…Mais ça reste de mauvais actes.

Est-ce que… ça fait encore de moi… Quelqu’un de bien ?

Je me tourne sur le dos, et je pousse un très long soupir. Bravo Dim, de tout tes soucis, tu es en train de t’inquiéter pour ta balance morale d’après la mort. Et pas, oh, je ne sais pas…Que t’es en train de partager ta vie avec un ork ? A tout hasard.

Pff…

Je lève la main, et je viens me la passer sur le visage. Elle tremblote légèrement, je viens la serrer dans l’autre. Je la maintiens, je serre. Qu’est-ce qui m’arrive… Mon regard est immédiatement attiré par le monticule verdâtre.

Va falloir que j’y retourne. Je ne sais pas ce que ce truc a en tête pour aujourd’hui, mais je meurs de froid. Et à en juger par les bruits de mon ventre, de faim aussi.

Jusqu’à maintenant, il m’a montré qu’il était bien plus fort en survie que je ne le serais jamais mais…

C’est que temporaire, courage Dim, temporaire. Quand il aura obtenu les munnies, je m’en vais.

Et j’oublierais tout ça, comme un mauvais rêve.

Courage.
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C'est meugnon tout plein, tout en douceur et en tristesse. J'aime beaucoup ce changement de point de vue sur une même histoire. Je n'ai pas spécialement vue de fautes, Il ne se passe pas grand chose à part de la lutte morale. On sent bien qu'il déplore le tout mais qu'il cherche à se justifier. C'est bien joué, bien géré. Ca aurait pu être l'occasion de parler un peu du Chapitre, en faire un rappel pour ceux qui ne lisent pas les fiches de présentation. Savoir comment Dimitri a finis avec un Ork dans le corps. J'aimerai savoir comment se fait la transformation physique aussi (si elle a lieu) et les douleurs que ça provoque... eventuellement.

- difficulté et récompense

Très Facile : 5 points d'expérience + 50 munnies + 1 PS en symbiose.

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Lenore Caldwell, la présentation

La fiche de compétence
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