Où que j’en étais moi ? Mettre l’fessée d’siècles aux p’tits merdeux, c’fait. Réussir à escalader l’paroi de l’immeuble, c’fait. Réussir à m’laver l’sang avec l’eau qui stagne, c’bon aussi.

J’pousse un p’tit soupir d’soulagement, ç’commençais à coller, c’chiant ! Bon, j’fiche quoi maintenant ? J’regarde autours d’moi, ouep, toujours sur l’toit. L’jour s’lève jamais d’ailleurs ? C’bizarre.

Eheh, pas qu’ça m’déplaise eh ! L’truc qui est bien, avec l’nuit, c’que même l’gros gars comme moi, ç’peut être discret. Nah, j’plaisante ! Et puis, être discret, c’bon pour l’chaire molle ! Belle ambiance l’ville ! Nah, vraiment ! J’aime ! C’tout néons, c’tout noir, c’tout sale. C’me rappelle presque l’maison tout ça !

Et puis, j’sens l’bonne odeur, l’bonne odeur d’meurtre. L’bonne odeur d’la drogue et d’produits pas légal. Oh ouais, j’sens que cette ville et moi, ç’va être la grande histoire d’amour ! Torride ! Romantique ! Bestiale ! EHEH !

ARGH ! Rah ! Je l’avais presque oublié celle-là ! L’fichu balle d’mes co…
Bon sang ! J’ai mal ! Ça fait mal ! Je vais mou…Rah mais boucle-là l’chaire molle ! C’pas en chouinant qu’ça va s’arranger ! Et puis, c’quoi ça ? C’la douleur, c’bien la douleur !

J’me relève, j’sens l’sourire qui sort sur m’babines. Eheh, regarde bien gamin, ressent ! J’commence à
Bon sang mais qu’est-ce qu’il m’étirer. Ahah ! ARGH ! AHAHAHA ! Arrête ! Arrête ! Oh ouais ! T’sens combien ç’fait mal gamin ? L’balle qui est enfoncé dans notre dos ? T’la sens qui Arrête, bon sang, arrête ! gratte l’chair quand on s’étire ? ÇA ! CHAIRE MOLLE ! ÇA, c’qui dit qu’on est en vie ! Ça, faut pas qu’tu chouine quand tu l’sens ! Faut qu’tu t’marre ! Taré, t’es un taré !

J’suis un taré gamin, c’bien vrai. Mais j’vais t’dire un secret. C’monde ? C’monde est pour les tarés. L’petites chialeuses comme toi, ça survit pas, ça s’fait dévorer. Et moi, j’me fait pas manger, C’MOI QUI BOUFFE L’GENS !

EHEH, j’éclate d’rire ! J’peux pas m’en empêcher. J'me redresse, l’tête vers l’ciel tout noir, et j’me marre. C’résonne bien, c’grave, et ç’fait un bien d’fou !

Bon, c’pas tout ça, mais j’ai c’te balle à sortir d’là. Mrm…Par où aller ? Je l’aurais bien r’tiré moi-même, mais là, j’peux pas l’atteindre. L’bas du dos, tsah, fallait qu’il touche là ! Doivent bien avoir un truc pour soigner dans l’coin.


Qu’est-ce que je fais… EH gamin ! Au lieu de pleurnicher ! Où j’peux m’faire soigner ? C’est un taré, un punaise de gros taré… GAMIN ! Que… ? T’veux qu’on s’soigne ? Alors TU M’ECOUTE TOUT D’SUITE ! Un endroit pour s’faire soigner ! MAINTENANT ! Je… Je… Gnah, gnah, gnah, « je je je je ». Grouille-toi ! L’hopital…Non…On ne peut pas aller là-bas, ils… ils vous nous attendre ! Oh bon sang, ils vont nous attendre partout !

J’roule d’yeux, et j’sens l’grognement qui commence à m’remonter l’gorge ! J’claque même d’défenses. Mais t’va t’grouiller l’chair molle ? Il y a bien… Non, je… BAH ! On a pas l’temps ! Donne ton adresse, et laisse-moi gérer ! C’est… C’est un endroit caché, elle s’appelle la clinique du vieux Merlu mais… Ce n’est pas un endroit public, c’est… L’trou d’cul d’chapitre, ils y vont ? Je…Non, c’est le coin de Jimbo, s’ils y aillaient, ils… C’PARFAIT ! Où c’est ? Va s’y, dis, raconte tout à tonton Karg’orth. C’est…Où est-ce qu’on est ? Je n’arrive pas à voir, c’est…

J’pousse l’air par m’narines, c’fait d’bruit. C’que t’es agaçant gamin, tiens, r’garde mieux ! J’fais l’effort, j’bouge bien la tête, bien lentement, j’regarde partout autours d’moi.

C’est… le toit d’un immeuble du dark city. Cette couleur délavé et ancienne, je la reconnaitrais partout. Et…Cette puanteur, je…Bon sang, ça vient de nous ?

Concentre-toi gamin… J’perd patience… Mrm…

Là-bas, c’est… attend, attend, arrête de bouger la tête.

Tsah, j’suis en train d’obéir à c’pleurnichard, pfeuh ! Oui, si la tour du souvenir est là-bas alors…Baisse la tête, regarde la rue. J’me dirige vers l’rebord de l’immeuble, et j’regarde par d’ssus bord.

D’accord alors… Là, c’est le boulevard Rufus Shinra eh ? C’est le seul à avoir une influence aussi marqué de la terre des dragons. Là, y’a le petit traiteur. Ici, c’est une boutique de poterie. Et si je ne me trompe pas…Voilà, là-bas, ce bâtiment, c’est une maison de passe j’m’en fiche d’tout ça. L’est où t’clinique ? Il faut continuer tout droit jusqu’à la prochaine intersection, de là, il faut tour…Eh, attend !

J’en ai marre d’attendre ! T’as qu’à m’guider en direct ! J’me laisse passer par l’petit rebord. Eheh ! J’sens l’air m’passé d’ssus, c’est une jolie chute ! C’bong ! Et m’voilà qui vient d’atterrir sur une p’tite cage d’escalier. L’fer a grincé sous m’poids, tsah, même l’fer, l’est faible ici !

J’reprends, j’me met à courir, toujours vêtu avec l’drap. Eheh, l’gueule d’gens ! M’feront toujours autant marrer ! J’vois l’intersect-truc qui arrive, EH GAMIN ?


A droite, va à droite.

Tadah, j’tourne à droite, et j’continue. J’fais quand même attention eh ! J’suis pas un ORK stupide ! J’vérifie qu’je reconnais pas d’tronche d’gars d’chapitre, ils n’ont pas l’air d’être dans l’coin. A gauche j’me d’mande comment ça s’fait qu’on a pas croisé les tronches d’crotte. J’ai mis autant d’temps qu’ça à m’laver ?

Tout droit, puis, quand tu es devant le magasin général, c’est à gauche.

Marf ! C’dommage, j’aurais bien éclaté quelques têtes d’plus. J’sais pas, l’bruit était sympa, j’veux le réentendre ! Je crois que c’est là, le bâtiment gris. Eh ? Ça ? Mais ça ressemble à rien !

C’est le but… Ils ne veulent pas attirer l’attention. Suffit de regarder la façade. Ça ressemble plus au vieil immeuble résidentiel. Pas de pancarte, aucun store qui est relevé. Ils savent que la Shinra ne doit pas savoir qu’ils sont là. Je n’aurais jamais rien deviné si je ne vivais pas dans le coin. Mais quand on voit autant de personnes blessés rentrer et sortir d’une même porte, ont fini par…

Fermes-là gamin. Je m’en fiche d’tes histoires.

J’me dirige direct vers l’porte. J’serre m’gros poing, et j’viens frapper.

Tsah, personne qu’vient ? J’suis têtu moi ! C’pas une porte qui va m’faire la loi ! J’frappe à nouveau, et j’frapperais autant d’fois qu’il faudra !
Ils ne sont peut-être pas là tu… Je t’ai dit quoi l’chaire molle ? Tu t’la fermes !

J’redresse m’poing pour r’mettre un p’tit coup quand finalement, l’porte s’ouvre ! Ah, j’failli attendre !

C’est une p’tite humain qui
Pitié, ne penses pas à plutôt pas mal ! J’aime l’cheveux mi-long comme ça, et puis, couleur noisette ! Ah…AHAH ! J’faim ! Arrête…Bon sang…Arrête… EHEHEH, j’vois bien comme elle m’regarde l’coquine !

« Et t’es qui au juste ? » Qu’elle m’demande l’grognasse ! Alors moi, bah, j’fais m’plus grand sourire de séduct-ORK ! Ah v’là, j’crois que ça marche pas, regarde son expression, elle est dégouté TSAH !

« J’veux d’soins. »

Parce que c’est ça un ORK, ça sait c’que ç’veut !

« Bonjour, s’il vous plait, merci. Ça te dis un truc peut-être ? »

Mrm, j’commence à pas être content, c’fini jamais bien quand j’suis pas…AH ! Bah voilà, elle vient de s’écarter pour m’laisser entrer ! C’bien, m’grande, c’bien…

« Papa ? Encore un blessé. »

Elle m’fait signe de m’arrêter, ah ! Comme si j’allais l’f… Tu…Bon sang…Reste…là… Raaah mais t’commence à m’saoulé gamin. J’te laisse un peu sortir pour quelques minutes, et ça y est, t’sens poussé des ailes ! Raaaah ! Arrête d’me paralyser, ç’marchera pas. Tu…Es…Trop…Faible ! J’essaye d’faire un pas, puis un autre. Mais c’est qu’il arrive vraiment à m’ralentir cet abruti !

« Ah, vraiment ? »

« C’pas un humain par contre. »

« Ah oui ? Un hybride ? »

« Non, on dirait plus un truc sorti d’Halloween. »

« Ah…Eh bien, ce serais une première de refuser quelqu’un n’est-ce pas ? Amène-le. »

BWAAAARGH RETOURNES TE COUCHER GAMIN ! REGARDES, J’FAIS UN PAS, ET ENCORE UN, AHAHA, CA SERT A RIEN C’QUE TU FAIS !

Et v’là qu’la grognasse r’vient dans la salle, elle m’fait signe de venir. Là, t’va m’lâcher ? Elle m’fait signe de venir !
Bon sang, tiens-toi à Ouais ouais ouais !

J’me dirige vers où elle va, maintenant que l’autre chouineur a arrêté d’me gêner. J’arrive dans une toute p’tite salle. Y’a du matériel dans l’coin, mais c’tellement l’bordel qu’on s’croirait dans ma piaule.

J’vois toujours la jolie fille. Mais y’a pas qu’elle. Y’a aussi un vieux schnoc, EH ! Mais c’est un cul-de-jatte ! Et là, y’a deux tables. Une vide, et une avec un mec d’ssus.

« Bordel, mais c’quoi ce truc ! » Qu’il s’permet d’me dire l’gars sur l’table.

J’le regarde, j’fais un p’tit bruit avec m’babines.

« Quoi, t’veux un bisou ? »

Eheh, sa tronche. C’toujours l’même avec l’petit malin comme lui. Ça fait l’malin, ça essaie d’te faire réagir. Mais si t’les prend par surprise, ils t’regardent comme d’couillon et savent plus quoi dire. Crétin !

L’cul-de-shnoc par contre, il m’regarde avec l’petite étincelle dans l’regard. J’vois bien qu’il a jamais vu d’ork c’lui là ! J’vais lui donner l’spectacle d’sa vie, j’viens bander l’muscles comme faut. C’ça p’tite chaire molle, admire !
Bon sang…J’ai honte…BWAHAHAHA.

« Eh bien, bonjour. On me surnomme le vieux Merlu dans le coin. »

« Moi, c’est Dim…Tsah ! Karg’orth ! Et j’suis un ORK ! »

« Ah, un ork vous dites ? C’est…La première fois que je vois votre espèce. »

« Ouais, ouais, j’avais r’marqué. Bon, t’soignes l’gens doc ? J’ai une balle dans m’derrière. »

« Eh doc ! J’étais là en premier ! »

« Oui, mais les soins ont déjà été effectué sur ta personne. Tu dois attendre que ça fasse effet. »

L’doc s’approche d’moi, m’fait signe de m’assoir sur l’table. C’que j’fais.

« Ah oui, et elle ne vous a pas loupé. Vous avez les munnies ? »

Eh ? Parce qu’faut payer en plus ? C’est clandestin, il faut bien qu’il…Marf ! J’fouille dans m’poches, j’en tire c’que j’trouve. Enfin, plutôt tout c’que j’ai put piqué dans l’poche d’gars d’Chapitre.

« …Vous ne roulez pas sur l’or n’est-ce pas ? »

« Ouais, j’suis à la rue. »

« Bon, ça suffira. »

Il m’prend tout l’munnies d’Chapitre. Bah ! Et v’là qui m’passe dans l’dos. Y’a l’autre type qu’me regarde d’puis l’table en face. Bah quoi, t’veux m’portrait ?

« Excusez-moi, ça risque de faire très mal. »

Eh ? Pas assez de munnies pour payer l’anés…Ah !

« BWAHAHA, AHAHA, AHAHAH ! EHEHEHE ! BWEHAHA ! »

Ah ouais, il plaisantait pas l’vieux ! C’fait un mal d’chien !


« Et voilà, je l’ai sortie. »

« Eheh…Eheh…uuh… »

« Eh bah, ça doit être la première fois que je vois un patient réagir comme ça. »

« Quel taré… »

J’me redresse sur l’table. Bah, j’vais attendre qu’il ait fini, et puis, on s’barre d’ici. Et d’là j’vais Attend, attend. L’homme en face, je crois qu’il a l’air aussi con qu’la table ? Ouais eheh, j’me disais bien aussi Non, je crois qu’il travaille pour Jimbo. C’qui Jimbo ? Enfin…Jimbo Junior, c’est le patron d’un cartel local et…

« Eh toi ! Il recrute Jimbo ? »

Bon sang mais qu’est-ce que tu fabrique ? J’vais t’expliquer un truc gamin. On est qu’nous, et on a pas d’munnies pour s’payer un vaisseau. On va s’les chopper l’sous, et bosser pour un cartel ? AH ! C’pas mal pour démarrer. On s’ra payé, on s’ra protégé si ç’tourne mal avec l’Chapitre. C’bien, c’très bien !

« Peut-être, mais pourquoi il voudrait un… truc comme toi ? »

Eheh, il croit qu’je vais m’énerver ? Nah ! J’commence à faire m’liste des avantages, en comptant sur m’doigts.

« J’suis fort et j’peux transporter d’trucs. J’suis résistant et j’peux faire bouclier humain. J’pas peur d’la mort et j’aime l’mission suicide. J’coûte pas trop cher, et j’sais piloter d’vaisseau. »


Piloter des…hein quoi ? T’es pas attentif gamin, j’ai dit « s’payer un vaisseau », pas s’payer le ticket Shinra !

L’gars en face m’regarde bien dans l’yeux. Tiens, c’marrant, il a des yeux bridés ? Soit il
vient de la terre des dragons, soit de Fransokyo. Vu la couleur de peau, je dirais plutôt Terres des dragons eh ?

Il m’regarde d’haut en bas. J’commence d’jà à étirer m’babines dans un rictus.

« C’est vrai que t’as l’air costaud…Et sacrément con »

Eheh…Eheh… Continue de le croire gamin… Sous-estime-moi. Et balance à tout l’monde qu’je suis un abruti. Qu’ça se répande, qu’ça se sache. Et lorsque viendra l’moment, j’pourrais tous vous entuber…

« Ouais…Peut-être bien que Jimbo il pourrait trouver un truc à te faire faire. »  Je l’entends murmurer bas «  Au moins, vu sa carrure, il pourra faire bouclier quand il enflamme… »

Qui s’enflamme ? Ah ! On va s’marrer…

Derrière nous, le cul-de-schnoc s’occupe d’me mettre d’produit sur l’plaie.

« E... Eheh…Et donc…AHAH…J’le rencontre où l’Jimbo ? »

L’bridé m’regarde un instant

« Je dois retourner à la planque quand le doc a fini. T’as qu’à me suivre. »

J’plisse un peu l’yeux. M’rictus s’dessine encore plus, d’viens carnassier.

« Nah, j’viendrais plus tard. J’veux juste savoir où j’peux le trouver »


Hein ? Pourquoi ? Gamin, gamin…On doit plaire à un chef d’cartel suffisamment pour qu’il veuille nous prendre. R’gardes nous, on porte un drap. Et on est blessé. On est pas crédible.  Même moi j’voudrais pas d’nous !

« C’est pas un hotel à la demande. Décide-toi ! »

« J’dis juste que j’ai d’trucs à faire avant d’le rencontrer »

J’montre mon drap-vêtement. Il hausse un sourcil l’ptit chiant.


« Bon…T’as qu’à aller à ce bar, le blue dragon. Tu demandes au barman qu’tu veux voir Jimbo pour trouver du boulot. Il s’occupera du reste. »

Il m’tend un paquet d’allumette avec l’logo d’un bar d’ssus, l’truc à écaille. Eh bah voilà, j’ai c’que j’veux.

Maintenant, on va s’planquer un p’tit moment, et on ira l’voir. Teuh teuh, j’te vois d’jà venir gamin. On va s’faire attirant, puis on va s’planquer. Si l’Jimbo il nous voit d’barquer alors qu’tout l’Chapitre nous r’cherche. Il va peut-être vouloir nous ramener là-bas. Nah, nah, on va laisser l’temps couler. On va laisser l’Chapitre s’trouver un nouveau cobaye. Et quand on s’ra plus tranquille…

… Là, on va s’marrer.