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Zanni



Identité

  • Nom  :Zanni.

  • Prénom :Zanni.

  • Titre  :Flûtiste Pourpre.

  • Âge :Inconnu. Semble être une jeune adulte.

  • Camp :Mercenaire ? Au moins pour l’argent.

  • Monde d'Origine : Cité des Rêves.

  • Race  : Humain ?

  • Grade désiré : Laissé à la discrétion du juge.




Physionomie


Le masque sourit toujours. Si un jour, le bout de céramique couvrant le visage de la flûtiste pourpre venait à changer de forme, il n’aurait plus de raison d’être. Un faux visage qui sourit tout le temps, qui fait ce qu’on lui demande. Et pourtant, ce loup transmis des comédies aux farces n’est pas sans faille. Cette face souriante, sans maquillage ni dessin et qui reste pourtant moins pâle que sa véritable peau, c’est la Zanni qui ressort encore et toujours. Et pourtant, on peut apercevoir sa moue dans la béance souriante du faux visage. Les ouvertures en croissant des yeux laissent ses iris lumineuses ressortir dans l’obscurité, plongées dans une sclère noire troublante. Ses cheveux long, moult fois maltraités par les rustres seigneurs et dames qui employèrent ses services, cachent le reste de son visage, tant et si bien que le seul indicateur de son teint de peau semble être le peu de cou visible qui n’est pas couvert du col de sa pellegrina. Un cou fin qui semble quelque peu meurtri par les nombreuses et dangereuses cascades entraînées par son métier, ainsi que quelques tentatives d’exécution publique de la part de sadiques souverains. Son chapeau est typique des pitres de sa profession, ressemblant à deux longs bonnets liés ensembles pendant des deux côtés de sa tête, terminés par des grelots dont le carillon ne l’empêche étrangement pas de se faufiler délicatement afin d’apparaître là où on ne l’attend pas… si faufilement il y a. Scindé symétriquement en un côté pourpre clair et un plus sombre, ce couvre-chef ne tombe jamais de sa tête quand bien même ses acrobaties et pirouettes s’enchainent devant les décadents qui l’observent bouche bée. Un minois morose caché par un masque jovial, un galure ridicule pour annoncer son rôle à l’assemblée.

Passons de portrait à buste. Quand bien même les témoignages d’une flûtiste pourpre datent, ses vêtements sont quelques peu modernisés. Sa pellegrina, une petite cape à col, recouvre ses épaules et une courte partie de ses avant-bras, eux-même couverts par une chemise noire que l’on reconnaît prise aux prestidigitateurs de notre temps, pointues au niveau des épaulettes. Ses manches ne cachent aucune carte, aucune pièce, rien qui servirait à ses tours de passe passe. Ouvert, ce haut laisse apparaître une chemise pourpre aux boutons larges, plutôt serrée sans être coupe-souffle. Ses mains sont couvertes de gants de la même couleur que cette dernière, soigneusement brodés. D’un matériau inconnu, son costume peut se tordre sans jamais se déchirer. Les seuls dégâts que l’on y causent proviennent d’autres que Zanni, et la bouffonne prend toujours soin de les ramener impeccable lors de futures confrontations. Pas une trace de boue ou de sang, pas une seule coupure ou fente. La présentation avant tout.

Mais si c’est bien son style qui assura les grands nombres d’entrées, sa survie dépendit davantage de son allure. L’athlétisme et la souplesse requis par ses danses et ses figures forgea un corps hautement désirable, accentué par sa chemise mais également par des braies noires plutôt moulantes. Si elle ne se dandine pas en marchant et possède essentiellement un langage corporel loin de la sensualité féminine, elle sait très bien que son corps pourrait faire se retourner quelques tête si elle daignait se fondre dans la masse des roturiers des quartiers les plus populaires. Mais Zanni ne sait que trop bien s’y faire pour aller d’un endroit à un autre sans se faire remarquer, malgré ses vêtements bien trop atypiques, et ses souliers dorés qui rendent ses cascades encore plus impressionnantes. Voilà la vue d’ensemble de cette bouffonne qui semble survivre à travers les âges.

Mais dans sa transition d’une ménestrelle écrasée du pied par chaque puissant gentilhomme et demoiselle à une filoue capable de se défendre hardiment face à ceux qui compensaient leur manque d’humour par un tempérament explosif et un égo trop branlant. Énonçons donc comment l’art de la troubadoure fut belliqueusement adaptée pour l’aider à devenir bien plus létale. Tout d’abord, sa souplesse que l’on pourrait croire surhumaine : non contente de pouvoir faire de simples et pitoyables écarts, elle peut rivaliser avec les contorsionnistes les plus effroyablement doués pour se faufiler et se cacher dans les compartiments les plus ridiculement clos, ainsi que pour encaisser les coups brutaux qui briserait normalement ses os et sa nuque, s’ils parvenaient avant tout à l’atteindre. Passons ensuite à son agilité digne d’une athlète olympique. Capable d’enchaîner les figures avec peu d’élan, elle fait également preuve d’une excellente combinaison de visée et d’instinct pour rapidement imaginer des chemins à parcourir pour avoir l’avantage sur ses adversaires, enchaînant les prises de hauteur et les descentes vertigineuses. Aucun parcours n’est trop difficile pour elle… tant qu’aucune force surnaturelle ne s’en mêle. Sa dextérité incroyable forgée par le jonglage, la prestidigitation et les trapèzes lui permet de se suspendre à toutes les crevasses, à attrapper toutes les cordes et à éviter de s’ébrecher sur le sol après une pirouette. De là nous arrivons au langage corporel cultivé par le théâtre et la narration d’histoires contant moult personnages avec elle comme seule actrice. Bien qu’il ne paraisse pas si important dans un affrontement, un bon jeu d’acteur peut faire toute la différence dans la guerre psychologique de deux êtres en conflit, en particulier quand sa voix dans l’obscurité ronge la résistance mentale de ses adversaires et que son ombre dansante lui donne l’apparence d’un démon. Sa maîtrise de la présentation et de l’art de la scène la rend entièrement consciente de son entourage, lui permettant d’utiliser astucieusement les éléments du décors qui l’entoure. Les activités centrées sur les lancer, allant de l’innocente tarte à la crème aux multiples couteaux sur des cibles tournantes et ligotées à une roue affutèrent son adresse, en particulier quand il s’agit de jeter quelque chose, et ses petites promenades près des infirmerie et des salles de tortures lui donnèrent quelques connaissances en anatomie fort utiles pour savoir où viser afin de paralyser une source de danger, y compris définitivement. Vous l’aurez compris, la furtivité englobe la majorité de ses tactiques. Garder ses distances hormis lorsqu’il s’agit de porter le coup fatal, fuir lorsque les yeux de l’adversaire se posent sur sa personne, fatiguer son adversaire mentalement comme physiquement. Il ne lui manquerait plus que de pouvoir faire matérialiser ce qu’elle mime… si ce n’est déjà pas le cas. Zanni se doit cependant d’éviter d’entrer dans la portée de son adversaire, son corps frêle et ses vêtements sans armure ne pouvant lui offrir grande protection. Il est fort probable qu’elle prenne la fuite dès que son adversaire parvient à la toucher deux ou trois fois. Si aucun échappatoire ne se présente, elle n’a plus que ses larmes et la pitié de son adversaire pour espérer s’en sortir.




Psychologie


Zanni a depuis longtemps abandonné sa propre dignité, l’existence d’une fierté à protéger. Non pas humble, mais moultement humiliée, elle ne peut plus s’énerver face aux piques et aux flèches verbales qui pénètrent son corps déjà plus troué qu’une vulgaire passoire. Si ses mots vous semblent vils, c’est qu’elle en fut la première cible. Chaque poison verbal entra dans ses veines avant de voir le jour. Chaque parole aiguisée provient d’un métal recyclé, affiné par le passage dans son âme battue. Et pourtant, elle ne se déteste pas. Ou bien, pas autant que cette description semble vous laisser penser. Le premier à voir la rouille sur une épée est son fantassin. Pourtant, il ne cessera pas immédiatement de s’en servir. Oui, Zanni se sait en bas de la chaîne sociale, mais cela ne l’empêche certainement pas d’y entraîner les autres. Seuls ceux qui s’imaginent être supérieurs l’insupportent, les monarques comme les dieux, qui pour elle restent massacrés par Zarathustra. Vous êtes misérables, mais vous l’êtes tous ensembles. Il y a une certaine beauté dans cette médiocre égalité. Les souverains se ressemblent. Les troufions se confondent. Les mondes se valent.

Et pourtant, malgré ce triste cynisme, elle se sait incapable de laisser sa vie derrière elle. Qu’importe le manque d’intérêt total de sa présence parmi les vivants, l’importance frivole de son existence. Elle chérit son être, elle chérit le fait de n’avoir pas succombé jusque là. Elle n’a pas de fierté à défendre, mais elle a un égo à faire survivre. Et c’est le cas de tous ceux qui l’entourent. Méritent-ils autant leurs vies qu’elle mérite la sienne ? Pas sûr. Mais elle ne peut immédiatement juger les autres. Seuls leurs égocentrismes et leurs fausses grandeurs l’insupportent au plus haut point. Elle s’accorde le droit de les insulter, elle s’accorde le droit de les punir, elle s’accorde le droit de les sauver. Est-elle un être bon ? Meilleur que d’autres, pense-t-elle. Ça lui suffit amplement. Si son art égaye et lui permet de vivre, devrait-elle voir plus loin ?

Zanni évite les foules. Elle évite les groupes d’amis, préférant ne prendre la parole que quand le masque parle à sa place. C’est la bouffonne qui s’adresse aux autres, et non la simple preneuse de bon temps. Méfiance ? Cynisme envers ce que peuvent lui apporter d’autres personnes ? Son empirisme lui dit d’éviter de se confier aux autres. Si ce n’est le désir de prouver violemment sa supériorité qui l’emporte dans les coeurs de ses pairs, alors c’est la jalousie, l’infériorité au lierre corrupteur qui s’enlace autour de la logique et prend racine dans son égo. Zanni a-t-elle quelque chose à prouver ? Plus vraiment. Elle se laisse porter par le courant, laissant les choses qui lui arrive arriver, et réagissant aussi naturellement qu’elle le puisse. Elle fuit face au danger, elle évite les discussions, elle fait ce qu’il faut pour subsister et se sustenter, tout en pondérant à quelle chute offrir à son maître du moment. La cruauté n’a aucune raison d’être.

Elle aime pourtant la lumière des projecteurs, tout comme un peintre aime peindre. Ce n’est pas l’attention qui la porte sur scène, simplement le plaisir de se moquer de ceux qui le méritent, et de faire rire ceux qui le méritent. Le plaisir de montrer tout ce que l’on a appris et de propager l’amour du théâtre et du spectacle. N’est-ce pas simplement humain que d’apprécier partager son savoir-faire ?

Zanni se sait capable de pleurer. Cela l’a sauvé plus d’une fois, ou son visage pathétique caché par un masque disgracieux s’enlaidissait d’une grimace pleine de larme, une lame pointée sous son menton, ne demandant que d’un simple mouvement d’entrer dans la gorge de la demoiselle. Sans fierté, elle pouvait tranquillement laisser ses émotions ressortir. Si son rire moqueur et son désir d’humilier le fort en profitent pour sortir sans aucune inhibition de sa gorge et de son coeur respectivement, sa pitoyable panique paralysante et sa peur de la douleur et de la mort en faisait de même. Elle ne possède aucun tact dans l’expression de ses ressentis, quels qu’ils soient, mais son tempérament généralement flegmatique la rend pourtant calme la majeure partie du temps.

Un cynisme tâché de quelques pensées optimistes et égalitaires, une philosophie qui correspond bien à sa personnalité. Elle est bien plus placide que cette description semblait dire jusque là. Ses tacles vocaux sont froids et cinglants. Elle ne s’excite pas souvent, hormis quand une vie se trouve en danger; cela n’inclue pas forcément la sienne. Pourquoi devrait-elle le perdre ? L’acceptation des bonnes comme des mauvaises choses qu’elle vivra est un but. Il lui faut parvenir à un jour, accepter sa propre fin. Que cela ne lui serve pas d’excuse pour ne plus rien faire du tout, cependant.

Quand bien même elle est parvenue à s’adapter à une majeure partie de la modernité des autres mondes, elle n’a pas encore tout appris. Si elle est honnête avec ce qu’elle pense et qu’elle n’hésite pas à le partager, il lui faut encore du temps pour comprendre que les enjeux ne sont plus les mêmes. Serait-ce un dernier grain d’égo coincé dans sa personnalité, une difficulté à accepter d’avoir tort ? De ne plus être la femme la plus intelligente de l’atrium ? Que cela disparaisse rapidement.

Rire, enfin. Rire fait toujours plaisir. Malgré ses idéaux si tristes et moroses, la comédie, quelle qu’elle soit, reste toujours quelque chose que la bouffonne adore éprouver. L’humour est la ligne droite de sa profession, et ses blagues peuvent être le summum de l’hilarité comme le plus douloureux des jeux de mots. Mais qu’importe, elle se fera au moins rire elle-même, et son audience pourra l’accompagner… à travers leurs dents. Elle ne partira pas aux éclats, mais caqueterra tranquillement avant de reprendre sa représentation. Oui, rire… rire fait tout simplement du bien.

Comme la violence.




Histoire


Triste est le sire qui bat son bouffon. Et des bouffons écrasés sous les poings, les bottes, les sceptres et les sabots, nous pouvons les compter à la place des moutons. Pendus avec les infidèles, les harlequins et les farceurs inauguraient les gibiers de potences. Ils étaient adorés, ils étaient détestés. Ils apportaient les nouvelles que personne ne daignait apporter. Ils s’humiliaient pour vivre jusqu’au jour d’après. Ils étaient les dindons de la farce et de la place publique, vivant de représentations oh si peu appréciées par les églises. L'excommunication attendait les troupes, qui suivaient lentement Molière dans sa fosse commune. Une énorme tombe sans nom, un gouffre sans fin qui engloutissait l’héritage de tous ces artistes. C’était durant le craquement de nuque d’un odieux plaisantin que naquit le bébé le plus pâle de l’histoire d’une cour d’aquitaine, accompagné des râles d’une mère qui laissait s'échapper son dernier soupir, attendant d’être remplacé par une autre génitrice d’une maison sans alliance. La controverse qui entourait les hurlements du nourrisson à l’apparence infernale visait à savoir quelle fin lui apporter. Il fut décidé le laisser être dévoré par les bêtes sauvages de la forêt environnante, jusqu’à ce qu’un autre propose de le noyer dans l’eau bénite afin d’exorciser l’emprise du malin sur leur lignée, jusqu’à ce qu’enfin un troisième décide de maudire le convoi de gitans qui voyageait sans peine au centre de la ville, à la veille d’un départ. Dans le silence de la nuit, le petit bout de chair et de malédiction fut déposé dans une des diligences afin d’apporter sa corruption et sa damnation sur cette race d’infidèle. Ce ne fut que quelques lieues plus loin qu’une vieille marionnettiste entendit le hurlement d’un rejeton affamé. Cela correspondait bien avec l’achat d’une chèvre par la petite communauté nomade, car du lait il y eut pour sustenter la graine de voyou qui venait d’être enterrée dans la caravane.

La vieille cligna de l’oeil, et voilà Zanni déjà adolescente. Solitaire au bord de l’eau, jetant des pierres au loin, enchaînant les ricochets, parlant à elle-même comme si elle s’imaginait déjà dramaturge, tâchant de lier poésie et réalisme dans ses dialogues quand bien même elle n’avait aucune chance d’apprendre à lire et à écrire dans la société féodale où son esprit se développait. Jamais ne s’attacha-t-elle aux autres gamins. Jamais elle ne sut pourquoi. Vêtue dans des morceaux de tissus trop grand pour elle, rattachée par des bouts de corde afin de ne pas laisser le premier coup de vent la dénuder, elle préférait faire sa propre histoire dans son coin. Sa seule interaction avec les autres jeunes était de simplement leur dire leurs torts en face, avant de courir pour éviter les gifles, de grimper dans les arbres et de jeter des fruits et des cailloux sur ses poursuivants. Les adultes, assez matures pour ne pas en venir aux coups, préféraient écouter tranquillement les conseils de cette fille à la peau cendrée et à la sclère entièrement noircie, si sa vision bien jeune des choses n’était pas simplement trop simplifiée pour leurs problèmes de grandes personnes. Ces derniers, cependant, la voyaient régulièrement assister à leurs répétitions, apprenant leurs tours dans sa tête et les exécutant dans son coin. Un esprit bien fertile qui ne demandait qu’à être fécond, une terre qui absorbait l’eau et la lumière et qui bientôt ferait pousser ses propre arbres. Elle pouvait déjà faire ses propres marionnettes, suivre une roue par une salto, et toucher un seau à plus de vingt mètres avec un caillou, tandis que son répertoire de voix continuer de s’agrandir jusqu’à ce qu’elle puisse imiter une famille entière. Son plus grand exploit fut d’avoir assommé un poisson bondissant hors de l’eau durant ses heures solitaires face aux lacs. Ils la savaient future prodige des saltimbanques, salmigondis de talents, destinée à égayer les foules jusqu’à ce qu’elle tombe elle aussi dans la fosse des théâtres.

La voilà qui saute dans un buisson, et qui se cache dans les hautes herbes alors que sur les flaques l’entourant se reflète la couleur orange des flammes. Des brigands, bandits de grand-chemin. Des crimes qui resteront à jamais impunis. Les errants ne sont pas des citadins. Leurs mécènes ne les protègent pas. Ils ne sont pas des peintres, ils ne sont pas des renaissants. Les jarrets sont coupés, les bourses sont déliées, le bétail tiré dans un coin, avec quelques femmes et un homme maudits par leur manque de laideur. Les nourrissons sont transportés par la rivière. Cachée dans le chaos et les jeux d’ombres, l’oeil infernal de la double-orpheline se concentrait déjà sur sa fuite. Du convoi était déjà éloigné une diligence. Elle glisse entre les arbres, elle se déplace. Ses battements de coeurs ne l’emportent pas encore sur sa logique. Elle s’approche, d’obstacle en obstacle, sa forme cachée par tout ce qui l’entoure. Elle y arrive, petit à petit. Enfin, la voilà éloignée de la lumière. Prenant la place du cocher, elle fait claquer les harnais. Au galop, les étalons l’éloignent rapidement du massacre. L’éclairage s'atténue. Dans le carosse se trouve les outils qu’il lui faut. Un costume simple, des quilles, du tissu, de quoi faire du feu, quelques sacs d’écus. Un bras l’attrappe. Un ivrogne qui s’était endormi dans la voiture depuis le début. Il hurle des âneries, il s’apprête à la cogner. Elle attrappe un sac de pièce pendant de sa ceinture, elle le frappe avec. Il tombe sur le bois, elle ne s’arrête pas. L’argent si lourd et si important s’écrase contre l’os et contre la peau, enfonce l’oeil, tord le nez, jusqu’à ce que le tissu se fende et que la monnaie se disperse dans la voiture. Mais l’autre est déjà assommé, et c’est le soulier de la demoiselle qui l’achève. Les chevaux sont habitués, ils suivent le chemin sans avoir besoin de guide. Elle pousse le tas de viande froide hors de la diligence, et le laisse s’écraser sur la route, seul, à la merci des animaux sauvage. Enfin, elle peut prendre sa tête entre ses mains et hurler.

Elle se relève alors, et salue la foule qui si généreusement l’applaudit au centre de cette grande ville. Entre les roturiers sortent des spadassins en armure rouillée, des trouffions mal entraînés et pourtant bien plus nombreux qu’elle. S’imaginant déjà fuir, ils l’informent que le prince de la contrée veut l’engager dans sa cour. Elle n’a pas son mot à dire. Escortée rustrement par les lames entourant son cou et son dos, elle s’avance jusqu’à la salle du trône. Le voilà, ce monarque balourd qui voulait sa petite représentation personnelle. Croisant les doigts, il lui dit de commencer. Elle termine, il applaudit, elle est engagée, elle se félicite. Finis sont désormais la faim et le voyage ? Ils sont échangés avec le ridicule. Le masque prend tout. Le personnage est humilié. La bouffonne n’en a que faire. Peu lui chaut les mesquineries de ces courtisans prisonniers de leurs hédonismes. Mais ils s'amenuisent. Les guerres se multiplies, le devoir du sang appelle les nobles à la guerre, et ceux qui restent se troublent. La cour se fait décadente, la cour se fait violente. Le masque se fait gifler, le costume évite les lames jetées. La cité est assiégée, la porte du donjon enfoncée, les preux chevaliers en armure blanche voient le souverain malsain en train de frapper son employée. Et sous ses yeux noirs le souverain se fait sauvagement punir par la milice justicière, inconsciente de la langue de vipère qui brisa sa conscience. Il se l’était ébranlé lui-même.

Elle se relève et s’avance, à chaque pas, un nouveau mécène, un nouveau maître, une nouvelle vie dangereuse. Ils se ressemblent tous, vieux, hideux, mégalomanes, violents. Les quelques régentes accompagnant les mâles sont les mêmes, préférant claquer le gras que cogner leurs phalanges. Leurs visages plein de rides et de remords s’empire à chaque seconde. Sous le masque, le sien reste le même. Ne vieillit-elle pas ? Ou bien vit-elle trop d’aventures en une courte durée ? Sa notion du temps est bien trop trouble à son goût, tout comme son coeur face aux césars des cours. Son humour cinglant devient véritable insulte. Ses tête-à-tête avec ceux qui la complimentent tournent vite aux rumeurs. Les rumeurs forment des complots, jusqu’à ce que les injustes despotes s’entretuent eux-même. On trouve Zanni dans sa couche, on blâme son compagnon, car la bouffonne a déjà fuit. Elle ne fait cela qu’à ceux qui le méritent. Mais ils finissent par le mériter tous.

Et puis un jour, elle fait le besogne elle-même.

Un tas de parasites consanguins, ouverts comme des poissons.

C’est bizarre.

Assise sur une chaise, elle regarde sa flûte. Tout est rouge, maintenant. Seul le pourpre change les couleurs. C’était ça qu’ils ressentaient en guerroyant, dragons et chevaliers qu’ils étaient ? Noyés comme les rats d’une future épave, dans le sang contrairement à l’eau salée. Le banquet est à jamais inconsommable. Des couteaux partout. Des battements de coeur. Ses mains tremblent. Ses tempes grondent comme des tambours de guerre. Sa respiration refuse de s’atténuer. Le vertige. Le regard vide. Ses mains prennent sa tête. Elle se relève, avance vers la porte, se retourne et salue la salle. Sa révérence se termine rapidement, et elle continue à marcher vers la sortie.

Elle se met à courir. Elle est poursuivie par des gardes, puis des brigands, puis… quelque chose d’autre. Des horreurs sombres, incompréhensibles, incroyablement stupides. Il n’était d’aucun intérêt de pondérer à ce qu’elles étaient. Elle grimpe, s’accroche aux corniches et au rebords des fenêtres, escalade les murs de Paris avec une grâce inhumaine. Les bohémiens se font poursuivre et massacrer dans les rues. La cour des miracles est occupée. La ville est en flamme. Ses poursuivants ne la lâchent pas de vue. Ils la suivent sur les toits. Les bras de Zanni l’élèvent sur une plateforme… étrange. Un oiseau de fer ? Une diligence volante ? Qu’importe ce que c’est, ce… véhicule l’emporte loin d’ici, vers l’inconnue noirceur cachée par le ciel.

La suite ?... La suite n’est pas plus importante. Des mondes tous plus différents les uns des autres. Un niveau technologique tout autant incroyable qu’il n’est inégal dans chacun de ses univers. Davantage d’horreurs eldritch qui ne pourraient faire de sens à ses oreilles. Des changements dans son costume suivent la faible sagacité quant à tout cela, mais l’expérience apportée par sa longue ou courte vie semble lui servir bien plus qu’elle n’aurait pu imaginé.




Questions diverses



1) Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ?
Imaginez-vous sur une île déserte hormis pour des sauvages désirant vous massacrer à votre moindre faux pas. Imaginez alors que vous vous trouviez en possession d’une arme à feu qui faisait de vous un être invincible. On ne pourrait plus vous attaquer sous peine d’être simplement exécuté d’une seule balle, les outils de ces cannibales ne faisant pas le poids face à la supériorité. N’est-ce pas de l’amour que vous accorderez à cette arme qui vous permet de survivre ? Voilà l’amour que Zanni portait à ses mécènes, quoi que les armes s’enchaînaient face à elle. Oui, chaque instrument de survie ne durait pas longtemps.
Mais peut-être parliez-vous de l’amour physique, charnel, qui fait pleurer les enfants et baver les adolescents ? Zanni danse des deux côtés de la scène, mais jamais ses relations ne lui permirent de ressentir quoi que ce soit. Ses préférences étaient-elles réelles, ou ne désirait-elle que créer le chaos dans les cours et les couples ? Je ne le sais pas encore.

2) Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel (nuances acceptées). Que serait-il ?
Les sophistes d’Athènes s’enorgueillait de leurs capacité à maintenir leur idéologie. Leur héritage, plus centenaire encore que les arbres, transmis de bouche à oreille dans les places publiques qui cultiverait leur mémoire des générations après leurs morts. Ainsi laissaient-ils couler un flot constant de logique réfutables et de failles ridiculement comblée, sans qu’aucun de leurs interlocuteurs ne puisse être assez sage pour contrer cette logorrhée si particulière. Surgissaient alors de leurs tanières ceux qui portaient le nom de Taons. Comme ceux qui tournaient autour des vaches et agaçaient les bestiaux, ces orateurs par leurs incessants questionnements annihilaient le raisonnement de leurs pairs assoiffés de notoriété. Disparaissant à travers avec la liberté de s’exprimer, ce rôle ne put qu’être repris par les bouffons des rois dont le rang ridicule leur permettait d’esquiver toute punition sérieuse à leurs dires. Agaçant les bovins et les pachydermes, Zanni n’est qu’un insecte qui se ferait écraser par toutes les autres bêtes de la ménagerie, et pourtant son agilité la fait esquiver leurs queues, les bouches, leurs haine et leur rage. Son plaisir mesquin d’humilier les puissants s’incarne dans ce misérable bout de bourdonnement, un désir fou qui ne peut que lui apporter des problèmes. Clairement, le taon a ses raisons que la raison ignore.

3) Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ?
Que peut-on dire de la fidélité d’un être qui n’a fait que cracher dans l’oeil de chaque dieu autoproclamé qui lui demandait de danser ? Les dieux ne valent rien face aux non-croyants. Et Zanni ne croit plus qu’en ses histoires. Elle n’avait aucune fidélité pour ses employeurs. En vérité, elle n’avait de fidélité pour aucun maître, quel qu’il soit. Son refus de l’autorité et le climat qui entoura son existence fit qu’elle comprit rapidement que sa survie lors de la prise du donjon de son monarque dépendait de sa capacité à se jeter dans les bras des vainqueurs, essorant les larmes de ses yeux et énonçant les crimes du vil être qui l’avait logé et nourri jusque là. Que ressentirait-elle si jamais un être lui parlait d’égal à égal ? Je ne le sais pas encore. Dans tous les cas, jamais son appartenance dans un groupe ne restera constante. Son allégeance aux mercenaires ne tient qu’à un fil.

4) En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. Citez quelques unes de vos relations amicales.
Nombreux furent les souverains qui crurent bon de voir en cette tragique troubadoure une véritable amie. Leurs gourdins, leurs couteaux et leurs fouets contrastaient avec leurs désirs de sussurer leurs secrets dans l’oreille de l’être qui valait moins que chaque autre personnage de la cour. Zanni n’a jamais réciproqué l’adoration sadique de ses maîtres. Et elle n’eut jamais de collègues avec qui tisser des liens. Son expertise dans sa matière, son charisme exceptionnel rendaient le reste de la troupe de la cour royale chômeurs. Elle était la madame loyale, l’entrée, le plat, le dessert, le clou du spectacle. Comment devenir ami avec ceux qui finissaient par inévitablement partir ? Quand les caravanes finissaient en feu, il n’y avait plus de place pour faire copain-copain. Quand les châteaux s’ajoutaient au brasier, il était temps de chercher un autre mécène. Les incendies étaient tous les mêmes à ses yeux, et les tyrans de même.

5) Quelle est la devise de votre personnage ? S'il y en a plusieurs, donnez les toutes.
Les spectacles de tout troubadour demande une certaine continuité, un semblant de suite. Cultiver cette impression demande des répétitions, dans les gags, dans les blagues, des punchlines qui reviennent et tournent dans les esprits. De toutes ces phrases damnées, “le masque sourit toujours” semble être sa favorite. Une exquise petite faille dans sa personnalité ? Un moyen de communiquer une détresse cachée ? Je ne le sais pas véritablement. Si je puis émettre mon avis, il semblerait qu’elle apprécie grandement les questionnements que cette étrange affirmation engendre chez ses spectateurs.
“Triste est le sire qui bat son bouffon” semble être une autre de ses phrases sortant de sa bouche à la même fréquence d’un insatisfait entrant dans un bordel. Évitant les responsabilités, elle se cachait sous son rôle de pitre pour cracher son venin sur ceux dont l’intelligence devraient dépasser la sienne. Mais hélas, hélas ! leurs égos étaient les seuls à dépasser son entendement. Tenant leurs mères par la queue, leurs agressivités suivaient, et voilà le gourdin qui s’abat sur la pauvre Zanni qui ne faisait que pointer les failles dans leurs jugements. Cette phrase de sûreté n’était que son échappatoire à la punition qui grondait sur son ogive, son échine et sa croupe. Il semble qu’à présent, elle préfère laisser sa grâce la séparer des poings de son bourreau, son cri s'immisçant entre ses pleurs devenant à présent un rire moqueur. Cette phrase représente désormais l’incarnation de sa logique centrée sur le manque d’importance des puissants et des maîtres. Ils ne valent pas mieux qu’elle.

6) Vis à vis de votre façon d'écrire, quels sont vos points forts et points faibles ?
Pour une raison ou une autre, malgré mon manque total de planification, je parviens toujours à remplir les plot holes, reboucler les fils scénaristiques oublier et prétendre après un sensationnel twist que oui, ce gag il y a deux ans était définitivement du foreshadowing. On m’a régulièrement dit que je parvenais à donner une certaine vie à me personnages à cause de mon imagination très cinématique donnant des descriptions mentales et physiques permettant facilement de s’imaginer la scène. Et j’aurais pas mal de vocabulaire, aussi.
J’en douterais si j’étais vous.
En terme de point faible, ce qui saute aux yeux est mon grand plaisir à glisser dans les failles des systèmes de RP, à compliquer par ma philosophie à deux balles des conflits manniquéens et mon immense flemme qui fait que j’ai parfois pas envie de continuer un RP pendant deux semaines avant de soudainement pouvoir répondre plusieurs jours d'affilée avec des gros posts. Dans les points faibles un peu plus subjectifs, on peut dire que mon manque d’envie de rappeler les actions du personnage d’en face ou des plot points de deux RPs avant. Pourquoi ? Parce que je préfère garder ma propre fluidité, le RP que j’aimerais lire, quand bien même les autres préfèreraient avoir leur mémoire rafraîchie plus régulièrement. Ah, et je m'emmêle aussi dans la concordance des temps parfois.

7) Pourquoi incarner ce personnage ?
En écrivain amateur (par ça je veux dire que j’ai genre trois projets de bouquins qui sont surtout des amas d’idées dans ma tête et qui, soyons honnêtes, verront peut-être jamais le jour à cause de mon manque d’organisation et de motivation) j’ai beaucoup de concepts de personnages instables. Je me suis rapidement rendu compte que trouver un arc narratif intéressant devenait très facile dans un forum RP car généralement il venait au personnage au lieu que ce soit à moi d’aller le chercher. Le concept de Zanni est plutôt ancien, et c’est genre la troisième fois que je recycle ce personnage provenant à la base principalement d’un goût pour l’esthétique des troubadours médiévaux. Sachant que des concepts cherchant à être développé par le chaos du RP, j’en ai d’autres sur d’autres forums, et que j’ai quelques connaissances qui se sont ramenées ici, je me suis dit que j’allais résu la cynique flûtiste pourpre dans cet univers que je ne maîtrise absolument pas.

(ah et j’ai une pote qui devrait faire un avatar dans les jours qui suivent mais je sais pas exactement quand donc c’est vide jusque là lel)


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Salut ! Commençons.

Je dois dire qu'en commençant ta fiche, je me suis très rapidement dit : Ah oui ?... Les mercenaires ?
Ceux qui me connaissent bien s'en doutent. Quand je lis une fiche comme celle-là, tout mon être me crie "Consulat !!!!"; Et c'est pas une critique ou un jugement mais c'est vrai que le fait d'aller chez les mercenaires est vraiment étonnant. Tu nous présentes un personnage de spectacle... à l'état brut. Il est l'image parfaite du Consul, de la personne qui devient puissante par son art. Et il a cette part sombre en lui qui renforce le tout.

Et pourquoi je parle de ça ? Parce que j'avoue que si j'avais une faiblesse à souligner, c'est le manque d'explications dans ta fiche de présentation quant aux groupes et à l'actualité; Clairement, ta fiche de présentation s'achève sur la cité en feu, ce qui équivaut à... une dizaine d'années sur le forum. Donc oui ça remonte pas mal (après, ça c'est pas hyper grave si tu dois un peu tricher sur l'âge si tu veux qu'elle reste jeune.) Et si... ce que tu écris avant le feu sur Notre-Dame est très complet, tu ne nous dis pour ainsi dire pas grand chose sur la suite. Alors bon c'est pas un mal en soi mais du coup oui. J'ai un peu du mal à comprendre le choix du groupe; Sans dire qu'il est bizarre... Une artiste qui a des accointances avec les gitans, qui vient de la Cité des rêves, on l'aurait imaginée au Consulat. (Une nouvelle fois, je ne dis pas que c'est logique qu'elle y aille. Je veux dire par là que j'aurais trouvé cool d'expliquer un peu comment elle se retrouve chez les mercenaires).

Mais entrons dans le vif du sujet. Ta fiche de présentation, je l'ai vraiment adorée. J'ai aimé ton personnage mais... j'ai vraiment adoré tes descriptions. La description physique est super précise et à la fois... très imagée. J'aime l'aspect à la fois difficile à comprendre et... finalement assez clair dans l'ensemble. Y a plein de petites phrases ici qui viennent ajouter un petit mystère à la fiche, on les lit mais... "ok c'est joli mais je suis pas sûr de comprendre." mais ça va dans l'ambiance et ça donne un tout qui, au final, est fort clair.

Même la description du style de combat est vraiment super. Et je me demandais si le caractère me plairait autant.Et... oui et non. Je trouve le physique tellement chouette que c'était dur à égaler, toutefois le caractère est vraiment super aussi. Je dirais toutefois que certaines subtilités m'échappent un peu. Genre... Elle aime prouver sa supériorité aux autres, mais d'un autre côté elle accepte d'être traîtée comme de la merde et n'est plus touchée par les insultes (ou un truc comme ça). Sans dire que c'est incohérent, je me questionnais un peu et j'ai un peu de mal à faire une synthèse de tout ça.

Et l'histoire; Alors là, super. J'adore ta manière de décrire. Passer d'une scène à une autre en une phrase. On ne comprend pas tout de suite mais... voilà. On est ailleurs, dans une autre ambiance. Je ne dirais pas que tout est dans l'émotion mais... la description est brute, impitoyable. Lourde dans le bon sens. Les mots ont un vrai poids.

Une vraie réussite, je te félicite.

Au-delà de tout ça, l'orthographe est pas toujours tip top, la conjugaison est un peu distraite. Mais voilà ça reste correct.

C'est marrant cette description des sophistes ^^. Ils en prennent toujours plein la gueule alors que c'était des penseurs de fou, des véritables pragmatiques.

Je te donne le grade de seigneur. J'ai vraiment hésité avec Général mais voilà, la règle est que si j'hésite, je donne le grade le plus faible.

Fiche validé et toutes conneries du style. N'hésite pas à me demander de l'aide s'il y a un souci pour la fiche de personnage.

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Zanni Signatureprimus
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