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KARG'ORTH



Identité

  • Nom  : Murray & Ulbur

  • Prénom : Dimitri & Karg'orth

  • Titre  :  N/A

  • Âge : 20 & 11 ans

  • Camp :  Errant

  • Monde d'Origine : Jardin Radieux & Fin des mondes

  • Race  : Humain & Ork

  • Grade désiré : /




Histoire


Et voilà qu’il me fixe droit dans les yeux, bon sang, je n’ai vraiment pas besoin de ça. Inspire, expire, ait l’air sûr de toi, motivé, on lance le petit sourire.

« Monsieur… Dimitri Murray, c’est bien ça ? »

Je n’arrive pas à me focaliser ailleurs, il a de ces yeux vitreux. J’en sens des frissons me remonter l’échine. Il me sauterait dessus pour essayer de me dévorer la cervelle que ça ne me surprendrait pas.

« C’est bien ça. »


La vérité ? Premièrement, je n’ai pas envie de bosser dans ce coin miteux, deuxièmement, je déteste comment ce gars me regarde de haut en bas. Je suis sûr qu’il est persuadé de m’offrir le job de mes rêves, l’opportunité de ma vie ! Rah bon sang, j’ai besoin de fric, j’ai vraiment besoin de fric, alors… Serre les dents Dim’, tu peux le faire.

« Très bien, je vous écoute. Qu’est-ce qui vous intéresse dans ce travail ? »

La bonne blague, je vais être honnête, je suis fan de comment il fait bien attention à ses phrases, tu sens le gars qui ne se prend pas pour de la merde, vous voyez ce que je veux dire ? Et pourtant… j’ai beau regarder partout autour de moi… Tout ce que je vois, c’est un bar miteux. Alors oui, j’entends bien, y’a du parquet, les tables ne sont pas trop recyclées, et ça ne sent pas trop mauvais. En soi, si je me base sur les standards d’Illusiopolis, oui, c’est le grand luxe. Mais on n’est quand même pas au niveau de prestige d’un restaurant de la citadelle.

« Eh bien… Vous voyez… »

J’ai VRAIMENT besoin d’argent et vous étiez le seul qui ait répondu à mes envois de CV.

« … J’ai toujours voulu travailler au contact des clients. C’est le problème lorsque vous avez travaillé dans un service après-vente, les appels téléphoniques creusent la distance entre vous et les clients, on perd le côté social et vivant. J’espérais le retrouver ici en étant serveur. »

Ce ramassis de conneries… Punaise, ce qu’il ne faut pas dire.

« Votre travail chez la Shinra, parlons-en. J’ai vu que vous étiez resté là-bas pour une durée de six mois. Comment ça s’est passé ? Qu’est-ce qui vous a dissuadé d’y rester ? »


La question à peine cachée. C’est bon, tu aurais pu dire « Et donc, vous avez été viré ? », je l’aurais pas mal pris….

« Je… J’avais du mal avec l’ambiance générale. Beaucoup s’imaginent que travailler à la Shinra, c’est un rêve, on est mis dans de jolis locaux, on a une chaise avec des roulettes, ce genre de choses. Mais la vérité, c’est une ambiance de travail lourde et difficile. Les rapports entre les employés sont entièrement basés sur la compétition. »

La vérité ? On m’a viré car je n’étais pas assez réactif, soi-disant. Bah oui, c’est ce qui arrive quand on bosse dans le bas du gratin à la Shinra. Ma plus grosse faute ? J’ai demandé des congés, si si. En même temps, faut pas être un génie pour comprendre pourquoi. Virez un gars, et vous avez des centaines de prétendants qui postulent dans la seconde qui suit. Et dans le lot, sûrement que vous aurez le fichu robot qui pense et dort boulot.

« Et si vous devi… »

Je fronce les sourcils, il vient de s’arrêter d’un coup. Son regard fixe vers la vitrine de verre. Je tourne doucement la tête, j’essaye de voir ce qui l’a happé à ce point…

… OH BORDEL. Plusieurs petites frappes du gang des Blood Fists passent dans la rue, et ils regardent dangereusement vers le bar.

Oh non, venez-pas, venez-pas, venez-pas venez-pas….

… Ouf, c’est bon, ils ont continué la route. Je vois le petit gros reprendre des couleurs, je ne dois pas être en reste.

« … Et si vous deviez… me donner des qualités et défauts ? Qu’en serait-il ? »

Et voilà la question à dix mille munnies….

« Euh… »

Je déteste cette question… Qu’est-ce que vous voulez que je dise ? Vous savez bien que je vais mentir, alors pourquoi vous la posez quand même ?

« … Je suis quelqu’un de très ordonné, et… je n’ai aucun problème avec l’autorité. »


Aucun problème avec l’autorité, la bonne blague. J’ai surtout trop la trouille pour en avoir. Désobéissez à la shinra, et votre maison va se faire saisir. Désobéissez aux gangs, et vous êtes retrouvé mort d’une balle dans la tête le soir même. Dans un contexte pareil, comment vous voulez qu’il en soit autrement ?

« - Je sais prendre soin des clients, et j’ai une bonne mémoire.
- Et les défauts ?
- J’ai du mal à m’imposer mais… je travaille pour améliorer ça. »

La phrase magique débile, à réciter à la fin de chaque réponse du style.

Le gros se relève, un petit sourire sur les lèvres, dévoilant ses dents jaunies par la cigarette.

« Merci monsieur Murray, je vous recontacterai. »

Eh mince, la réponse qui veut dire « Vous ne m’intéressez pas » version poli.

Je prends une grande inspiration tandis que je me dirige vers la porte. Je me retourne, il faut bien lui dire au revoir…

« Merci pour votre temps, et j’espère avoir de vos nouvelles bientôt. »

J’hoche la tête sobrement, tandis que je sors dans la rue.  

L’obscurité règne en maître, comme toujours. La lumière des néons éclaire brièvement quelques pavés, tandis que là, dans une ruelle, un gars est visiblement en train de prendre son pied avec une autre.

Je pousse un long soupir, avant de me mettre en route.

Il me suffit d’une petite dizaine de minutes avant de pouvoir apercevoir la face miteuse de mon immeuble. Le dix-sept rue du paye ton loyer et éclate-toi bien avec les cafards. Quelle blague.

Non, vraiment, c’est une fichue blague. Regardez-moi cette façade, peinte en noir, et pourtant, il y a des marques verdâtres d’humidité à plein d’endroits. De quoi rendre jaloux un dalmatien. Sept étages, mais ce qu’ils ne disent pas, c’est que seuls les deux derniers sont habitables. Le reste ? Moisi, du moisi partout.

Mais bon, qu’est-ce que vous voulez. Quand on gagne que dalle tous les mois, faut bien trouver un chez soi.

Je pousse la porte du hall, avant de me diriger vers les boites aux lettres. J’ose à peine l’ouvrir, faites qu’il Il n’y ait pas une facture, ou je ne sais pas quoi.


Je ferme un œil alors que j’ouvre la petite boite métallique. Une enveloppe… bon…

Je la retourne rapidement, observant l’entête. Elle vient de mon père.

Je pousse le plus long soupir que je n’ai jamais poussé. Je préfère ça, je préfère mille fois ça. Je l’ouvre sans attendre, avant de la lire pendant que je remonte les escaliers.

« Salut Dimitri,

Tu ne devineras jamais où je suis ! San Fransokyo ! C’est fou hein !

Tu adorerais, imagine Illusiopolis, mais en propre, en ouvert, en grandiose. Et il y a une architecture très Terre des Dragons. Tu sais, comme chez le petit traiteur chez qui on aime aller. Dommage que je ne puisse pas visiter ! »


Pauvre papa, technicien pour la Shinra, il est trimballé de monde en monde pour faire de la maintenance. Il n’a quasi jamais de temps pour lui.

« J’espère que ça s’est bien passé ton entretien d’embauche, allez fiston, t’es le meilleur ! Je veux entendre dans ta prochaine lettre que tu es enfin sur la bonne voie pour réaliser tes rêves !

Tu es allé voir ta mère ? Je sais que ce n’est pas facile mais, elle en a besoin. Ta sœur a fait l’effort le mois dernier, tu sais que c’est compliqué pour elle aussi. »


Je serre un peu les dents.

« Elle se sent seule tu sais, le personnel soignant a beau être adorable, ce n’est pas sa famille. »

Je sais papa, je sais mais….

« Penses-y, d’accord ? Je ne vais pas rentrer à Illusiopolis avant un moment alors fais-le pour moi. »

Je m’arrête brièvement, les pieds à mi-chemin entre deux marches.

«  Prend soin de toi Dimitri, je t’embrasse.

Papa. »  


Je me masse les paupières, avant d’insérer la clef dans la porte de mon appartement. Aller voir maman, mm ? Je n’ai pas grand-chose à faire demain… On va faire l’effort.

Je reprends la route, la fatigue me guette, et j’entends l’appel au loin de mon lit….


♪  « Lune bleutée, tu me vois me tenir solitaire, sans aucun rêve dans mon cœur, sans aucun amour à réclamer… » ♪


Oh bon sang… Pourquoi, pourquoi réveil de malheur, pourquoi ?

Ma main tâtonne la table de chevet, j’ai l’esprit embrumé, perdu ailleurs. Je… je crois que j’ai rêvé d’un poulet qui parle, bordel Dimitri, mais qu’est-ce que t’as des rêves bizarres.

♪  « … Sans aucun amour à réclamer »  ♪

Rah, c’est bon, tais-toi, mais qu’est-ce qui m’a pris de mettre ça en sonnerie réveil ? Ma main finit par toucher quelque chose, c’est solide, c’est rectangulaire, ça fait de la lumière. Mon réveil.  

« Bip »

Ouf… ça y est. Je me laisse tomber sur le dos, je fixe le plafond, encore ailleurs, à mi-chemin entre le rêve et une réalité qui ne me plait pas. J’ai beau avoir baissé le store, la lumière des néons continue de s’infiltrer à travers, éclairant la pièce d’une lueur bleutée froide et austère.

Bon sang que je déteste cette ville, venez à Illusiopolis qu’elle disait la Shinra. Maman, Papa, vous ne regrettez rien j’espère ?

Je me redresse doucement, assis sur mon lit, les draps encore coincés entre mes jambes. Je me passe doucement les mains sur le visage. Ça vous arrive vous aussi, de vous lever le matin, de vous demander ce que vous faites dans cette vie ? De vouloir tout envoyer balader pour recommencer ailleurs ?

La tête que je dois avoir là, pathétique, à pleurnicher. Qu’est-ce que je peux y faire hein ? Je n’ai rien, quasi rien sur mon compte en banque. J’ai perdu mon boulot à la Shinra, et avec les « taxes » des gangs du coin… C’est à peine si je ne finis pas mes mois en négatif à cause d’une fichue brique de lait. Et voilà que je veux partir ailleurs, ah, la bonne blague.

Je me laisse tomber à nouveau sur le dos. Partir ailleurs… On rêve tous de ça non ? Mettez-vous à notre place, on vit tous au jour le jour, on sort tous de notre porte sans savoir si on reviendra sain et sauf. Certains prient Etro et les Eternels, d’autres préfèrent embrasser l’arme à feu qu’ils cachent sous la veste.

Je pousse un long soupir, l’heure tourne. Je me lève péniblement, je ne fais que quelques pas pour tirer le store.

Toujours la même chose, les longs gratte-ciels couverts de néons et autres publicités de mauvais goût. Quelques passants dans la rue, et des nuages sombres et noirs comme l’ébène, tournoyants. La pluie ne tardera pas, qu’est-ce qu’il pleut dans cette ville.

J’hésite à ouvrir la fenêtre, mais je me retiens. Respirer la bonne odeur d’égouts et de vomi de si bon matin ? Non merci, je passe.

J’allume la télévision, juste histoire d’avoir un bruit de fond le temps de déjeuner.

« Bonjour, très chers téléspectateurs. Aujourd’hui, nous accueillons un grand invité, un personnage haut en couleurs et de plus en plus présent sur la scène politique intermondiale. L’Éclaireur en profite pour vous rappeler qu’il n’est affilié à aucun groupe, quel qu’il soit. Nos sources, quant à elles, sont sûres et... plus que pertinentes. »

Rita de l’éclaireur, une des journalistes avec Roxanne du journal télévisé. Ça m’arrive de regarder, ils montrent de jolis paysages… parfois.

J’avale mon repas dans un geste presque mécanique. C’est fou la vie quand même, on est tellement formaté à faire encore et encore la même chose, qu’on répète les gestes sans même réfléchir.

Je me relève, je m’approche du mur de ma chambre. Le mur où j’ai accroché des cartes, des images trouvées sur le net, des photos de lieux lointains et exotiques. Je laisse ma main parcourir certaines… Si seulement. Mon regard se pose sur une des photos, une des rares qu’il me reste de mon album de famille.

Le jardin radieux, avant qu’on ne déménage. Regardez-moi ça, j’avais quoi sur cette photo, quinze ans ? Déjà cinq ans qu’on a déménagé.

Je m’en rappelle comme si c’était hier, le jardin radieux, son ciel bleu, son soleil au zénith, les nuits étoilées. Ça me manque, terriblement. Mes parents avaient décidé de suivre les propagandes de la Shinra, de quitter ce monde pour Illusiopolis. Les arguments étaient bons à l’époque, il y avait tellement de grabuge dans la basse-ville, que mes parents craignaient de me voir rejoindre un gang ou je ne sais pas quoi. La bonne blague, quand on voit ce qu’est Illusiopolis, ils nous ont bien roulé la Shinra.

Je n’ai pas changé depuis, toujours la même tête aux joues un peu creuses. Les mêmes cheveux noirs bouclés, les mêmes yeux bleu clair. Même la coupe de cheveux c’est la même, coupé mi-long, en bataille.

J’aimerais dire au moins que l’âge m’a fait faveur, mais même pas. J’ai toujours la tête et le corps maigre d’un jeune gars faiblard, les boutons d’adolescents en moins. J’imagine qu’il y a des gars qui naissent pour être imposants, et d’autre qui doivent vivre avec la tête du gars dont tu as volé le goûter.

Je me détourne, il est l’heure de m’habiller. Pas de fioriture, jean, chaussures basiques, et un t-shirt blanc. A quoi bon essayer de faire un effort, ce serait comme m’accrocher une cible « Venez donc me faire les poches » pour tous les voleurs du coin.

J’ouvre la porte de chez moi, je ferme à double tour. C’est presque si je ne me jette pas contre la porte pour vérifier qu’elle est bien fermée. Je descends les escaliers, et me voici dans la rue humide et baigné par l’obscurité. Un sans-abris me regarde, les dents jaunies, il tend son gobelet, une lueur d’espoir dans son regard.

Je n’ai rien à te donner mon pauvre gars, même quelques munnies, ça peut me payer un paquet de nouilles instantanées, c’est trop précieux pour que je les donne à un inconnu, désolé.

J’essaye de me faire discret, d’avancer les rues sombres sans trop me faire remarquer. Normalement… j’ai bien tout payé pour que les gangs me laissent tranquille mais, on n’est jamais trop sûr.

La bonne nouvelle, c’est que je me dirige vers le quartier de la tour du souvenir, un des moins craignos de la ville. Ça ne peut que s’améliorer sur la route.

Je marche et je marche, j’essaye de trouver l’équilibre divin entre baisser le regard pour ne pas offenser les membres de gang, et ne pas le baisser trop souvent pour éviter d’avoir l’air fragile et devenir une cible à racket.

La tour du souvenir se dresse au loin, immense gratte-ciel, aux écrans illuminés. Ça pourrait presque être joli, si on ne vit pas dans cette ville.

Quelques virages à droite, quelques virages à gauche, et me voilà devant l’hôpital.  

Le bâtiment est à l’image de la ville, constitué d’une face de briques noires aux fenêtres blanchâtres, éclairées par de faibles et douces lumières. Seuls les barreaux devant chacune d’entre elles, et l’immense plaque à l’entrée, dénotent de l’ordinaire.

« Hôpital Psychiatrique
Colline Du Souvenir »


Je prends une grande inspiration… C’est pour elle… et pour papa… ça va aller….

Je pousse la lourde porte avant de m’engouffrer à l’intérieur. Un hall plutôt propre, où règne l’odeur de médicaments. Cette même odeur qui envahit le moindre hôpital, pharmacie, et même clinique vétérinaire.  


Une petite brune est assise à l’accueil. Elle me regarde avec le plus grand sourire du monde. Comme si… Je ne sais pas… Comme si je venais y réserver mes futures vacances à la Costa del Sol.

« Bienvenue à L’hôpital Colline du souvenir, c’est pour une visite ?
- Euh… Oui, s’il vous plait… Dimitri Murray pour… Alicia Murray. »
- Bien sûr, vous aviez rendez-vous pour une visite ?
- … P.… pas vraiment.

Son sourire disparait quelques secondes, avant de revenir. Plus faux que jamais.

- Malheureusement monsieur Murray, les visites incongrues ne sont pas recommandées dans le cadre de nos soins. Vous comprenez que le bien-être de votre mère est notre priorité, et qu’il est…
- Ecoutez, je travaille comme un taré, je n’ai quasiment pas de temps. J’ai pu démarrer le travail plus tard aujourd’hui, et je veux en profiter. S’il vous plait…

Bien sûr, je suis en train de mentir. Je n’ai pas de travail, j’ai rien à faire de mes journées. Mais je me connais, si je ne le fais pas maintenant, je le ferai jamais. Et quand mon père va rentrer, ça va le blesser.

- Je comprends… Vous avez une pièce d’identité ?

Je fouille dans mes poches. Bah, ça a beau m’agacer sur le coup, j’imagine que c’est… rassurant. Ils prennent au moins leur boulot au sérieux, et je sais que ce n’est pas n’importe qui qui peut aller voir ma mère sans raison.

- Voilà.

Je lui tends ma carte. Dessus, un adolescent est en train de faire une tête d’enterrement. Et oui, c’est bien moi, quand je croyais encore que je faisais ma loi dans ce monde.  

- Très bien, attendez juste un instant, je vérifie que votre maman est disposée à vous recevoir. »

Elle pianote un peu sur son ordinateur, avant de redresser la tête vers moi.

- Très bien, votre maman est dans le solarium, et elle n’a pas fait la moindre crise depuis une semaine. Si vous voulez bien me suivre.

Je la suis, c’est… plutôt joli, les couloirs sont décorés de petites boiseries, il y a des plantes partout...

Ça ne me surprend pas, mon père dépense quasiment la moitié de son salaire juste pour financer l’internement de ma mère. Il ne voulait pas d’asile avec des squelettes dans le placard, comme il disait.

La petite brune entrouvre les portes donnant sur une grande salle. Un écran géant remplace le plafond, et diffuse en boucle une simulation d’un ciel ensoleillé… Ironie….


« Madame Murray ? Vous avez un visiteur. »

Ma mère est là, avec ses longs cheveux de jais lui descendant jusqu’au bas du dos. Son petit tailleur un peu chic qu’elle ne voulait jamais quitter, les yeux marron clair.

Elle tourne la tête vers moi, elle me lance un grand sourire et… l’espace d’un instant je… j’ai envie d’y croire… J’ai envie de….

« Oh… Bonjour, je suis Alicia Murray, c’est un plaisir. Et vous êtes ? »


Je serre les dents… Je sens mes yeux devenir humides. C’est fou hein… ce qu’une petite phrase, prononcée par la mauvaise personne, peut faire.

« Salut madame Murray, je suis… euh… quelqu’un qui vient vous voir souvent.
- Ah bon ? Pourtant, je jurerais que c’est la première fois que je vous vois. Vous êtes certain de ne pas me confondre avec quelqu’un d’autre ? »

Ce sourire sincère, ce ton amusé… Rien n’a changé… Elle ne se souvient pas de moi…

Je ne sais même pas comment j’arrive encore à être surpris, chaque fois c’est la même. Ça a démarré y’a quelques années, un taré du nom de Megamind a détruit la lune artificielle au-dessus de la ville. Les débris sont tombés un peu partout, dont un en plein sur notre maison. Ma mère était seule à ce moment-là, et elle a fini sous les débris. Elle y est restée un jour entier avant que les secours ne la sortent de là. C’était le jour de trop, le déclic. Maman a toujours été une femme fragile mentalement, mais ça, c’était de trop. Dans sa tête, elle s’est enfermé dans le passé, elle est revenue mentalement à un moment de sa vie où elle était heureuse, loin, très loin d’Illusipolis.

Évidemment que j’ai les yeux humides, évidemment que je sens les larmes couler le long de mes joues. Bordel ! Mais qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça au juste ? Si Etro, dieu, ou je ne sais pas quelle divinité pourrie nous regarde de là-haut, pourquoi ? Pourquoi être aussi cruel ?

« Mais… vous pleurez ? Tout va bien ? Je peux faire quelque chose pour vous ? »

Je sens mes épaules sursauter au rythme de mes sanglots. Et j’avais dit que cette fois j’y arriverais, ah… ahah, quelle blague ! T’as l’air pathétique Dim’, complètement pathétique. Et tu sais le plus drôle ? C’est que demain, elle ne se souviendra même pas que t’es passé. Et toi… toi tu vas pleurer, et pleurer, et encore pleurer dans ton lit. T’essayeras de penser à autre chose, mais ça reviendra.

L’infirmière pose une main sur mon épaule… Je sais que c’est de la compassion mais… Je n’y arrive pas, j’y arrive juste pas !

« Je… Non, excusez-moi, je… »

Je me redresse, j’ai besoin de prendre l’air, et vite. J’ai l’impression que je vais exploser, je prends la direction de la sortie. C’était ce couloir, ou l’autre ? Je sais plus, je veux juste sortir, je ne veux pas qu’on me voit craquer, je veux pas, je veux pas.

Je suis dans le hall, allez, allez, encore un peu. J’ouvre la porte, je suis dehors, l’air, la ruelle, et l’absence de monde. Je m’adosse contre l’un des murs, et j’essaye de me contrôler. Il faut que je tienne, faut que je tienne. Allez, j’inspire, j’expire, puis je rentre à nouveau… Je peux le faire… Je peux…

Merde ! Je n’y arrive pas, je peux juste pas ! Désolé papa, j’ai essayé, je te jure, j’ai essayé ! Je me masse les yeux, j’essaye d’en chasser les larmes, mais rien à faire, elles reviennent aussitôt. Je reporte mon regard vers la façade du bâtiment. Arrête de mentir, je n’y arriverai pas, je peux pas rentrer là-dedans à nouveau.

Faut que je bouge, loin, loin de cet endroit, loin de cette façade, loin de tout ça.

Les rues défilent les unes après les autres, j’essaye de reprendre mon calme, si les autres brutes me voient avec les yeux humides je vais me faire….

« Eh… Mais si c’est pas Dimitri. »


Je me raidis, avant de me tourner doucement. Eh merde, pas eux, merde merde merde.

Ils sont cinq… vêtus de vêtements crasseux et passe partout. Mais je ne suis pas un idiot, je les ai déjà vu ces gars. Le gang du Chapitre qu’ils disent s’appeler. Des experts en chimie et science, qui n’ont rien trouvé de mieux que d’utiliser leurs connaissances pour faire des expériences. Il y a pas mal de bruit qui court sur leurs labos illégaux, certains prétendent qu’ils y conduisent des trucs illicites et que la Shinra ferme les yeux en échange des rapports de recherches. Y’en a d’autres qui leur attribuent la création de nouvelles drogues, avant de vendre la formule au plus offrant.

Personne ne sait vraiment où ils se terrent. Je sais que certains camés d’arrières rues prétendent qu’ils changent régulièrement, comme des rats. Ce qui est sûr, c’est qu’ils n’ont pas de quartier, et se permettent de réclamer des rançons de temps en temps dans les quartiers Ouest de la Dark City… comme mon quartier.

« La ville est petite tu ne trouves pas ? On se promène proche de la tour, et on tombe sur toi. »

Je le reconnais… Nixhar, une petite racaille qui adore me chercher des noises. C’est lui qui vient me réclamer la paye du gang, et il adore faire durer l’expérience plus longtemps que nécessaire. Pour mieux me connaitre qu’il dit, pour que la rançon soit un acte fraternel non dirigé par la peur, qu’il dit.

Il a toujours sa tête de petite crapule, avec ses cheveux blonds coiffé de six pots de gel. Son petit bouc parfaitement taillé, et sa boucle d’oreille unique. Et je ne parle même pas de son regard hautain, du gars qui te prend de haut. Punaise, je me serais vraiment passé de le revoir, mais alors, vraiment.

Il s’approche de moi, je me sens mal, je me sens très mal. J’ai envie de courir mais…Bordel, ravale ta salive Dimitri, ça va le faire… Il va juste te demander des munnies, et se barrer après… Inspire.

« Ça tombe bien tu vois… avec mes potes… on allait à une petite fête. »

Oh punaise, je le vois venir… Pitié, fais pas ça.

Il pose une main sur mon épaule, comme si on était les meilleurs amis du monde.

« Ça commence à faire un bail qu’on se connait, hein Dim’ ? Deux ans c’est ça ?
- Euh… Euh… Oui… D… Deux ans. »

Inspire Dimitri, expire, inspire…

« Bah écoute, tu sais quoi ? Viens. On va aller ensemble à cette fête, et c’moi qui paye la tournée.
- Mais… M…
- Non non non, pas besoin de me remercier, c’est naturel Dim’. Je te dois bien ça. Allez les gars, on y va. »

Sa prise sur mon épaule se fait un peu plus forte, tandis qu’il se met en route.

Je les suis, punaise, mais qu’est-ce que je peux faire d’autre ?! Ils sont cinq, bien répartis autour de moi, et Nixhar ne me lâche pas d’une semelle… Pire, si je me barre, ils savent où j’habite. Merde !

Les rues défilent à nouveau, mais où est-ce qu’ils m’emmènent ces cons ?

« Dis-moi Dim’, parait que t’as perdu ton boulot. Pas de chance hein, je compatis, vraiment ! »

C’est ça oui, c’est ça, prends-moi pour un con.

La promenade s’arrête après à peine quelques minutes de marche. Dans une petite ruelle aux effluves parfaites de sans-abri et d’alcool.

La porte devant laquelle ont se tient n’inspire pas confiance, brisée, abîmée. Nixhar pousse cette épave, et me fait signe d’avancer dans une révérence sur-jouée.

Le bâtiment a l’air d’un vieux garage délabré. Tellement dans un sale état qu’il menace de s’écrouler à la moindre secousse. J’ai aucun mal à imaginer, encore cette fichue lune pas vraie ? Ce n’est pas la seule maison du style, beaucoup sont ceux qui ont préféré abandonner que réparer. Pas étonnant, fichue Shinra et leurs devis hors de prix.

Je déglutis avant de m’enfoncer, j’entends Nixhar fermer la porte derrière moi. C’est une cage d’escalier, je la descends tout en frissonnant. Mais où est-ce qu’ils m’embarquent bordel…

Après plusieurs étages, c’est une porte bien plus sombre qui m’attend, en métal froid. Un digicode juste à côté, que Nixhar vient utiliser dans la foulée.

La porte s’ouvre dans un crissement sonore à en détruire les oreilles.

Un courant d’air vient me harceler d’un élément que je ne pensais pas sentir à nouveau avant un moment. L’odeur de médicaments….

Le couloir est long, fait de métal crasseux et noirâtre, éclairé par de vulgaires néons tout aussi dénués de couleur.

Nixhar a un sourire jusqu’aux oreilles, tandis qu’il me guide à l’autre bout.

… Mais c’est quoi ce complexe ?!

C’est étroit, c’est sale, c’est sombre. Plusieurs membres du Chapitre sont rassemblés dans une sorte de petit hall, tellement à l’étroit que je me perds presque au milieu de toutes ces blouses blanches. Des caisses traînent mal-rangées un peu partout, certaines sont même déjà ouverte. Il y a des fils et des câblages à ne plus savoir où posé les pieds. Trempant dans les flaques du sous-sol.

Nixhar vient me saisir le poignet, pour s’assurer que je ne m’enfuis pas au milieu de cette marée humaine.

Je me laisse guider, abasourdis, et surtout… Mais qu’est-ce qu’ils vont me faire au juste ? J’ai une petite pensée pour mon père, pour ma pauvre mère. Est-ce que je vais seulement les revoir ?

Nixhar remarque la crainte dans mes yeux, il me sourit.

« Bah alors, arrête de faire cette tronche ! T’imagines, tu vois le repaire du Chapitre là ! »

Les couloirs étroits continuent de défiler, encore et encore… J’en perds le fil.

Ce con de Nixhar ouvre une nouvelle porte et me fait rentrer à l’intérieur, je remarque que ses gorilles de compagnie ne nous suivent pas. Pas bon signe, pas bon signe du tout.

Il y a plusieurs capsules dans la salle, aux vitres transparentes. A l’intérieur, gigotent des petites créatures étranges, d’un noir de suie, aux yeux jaunes, et munis d’antennes.

« Des… Des sans-cœurs ? »

Mais… Qu’est-ce qu’ils fichent avec des sans-cœurs ?

« Faut bien les étudier… On n’éclipse pas un problème sans récolter des informations dessus. »

Il hausse les épaules de manière nonchalante, désintéressé au possible.

Je déglutis.

Une femme fait irruption dans la salle, vêtue de la traditionnelle veste de chimie, les cheveux blonds relevés en chignon. Son rouge à lèvres blanc lui donne un air étrange, bien qu’en parfaite harmonie avec le reste de sa tenue. C’est qui celle-là ?

« Nixhar ? Qu’est-ce ? »

… Elle parle de moi comme si j’étais un objet, c’est qui celle-là bon sang !

« Un gars sans importance. Tu disais que tu voulais tester avec un gars sain, j’allais pas te ramener un clodo. »

Tester ? Bordel ! Oh bordel !

Je m’agite, je panique même. Nixhar vient me saisir par les épaules à nouveau.

« Relax mon gars… Tout va bien se passer Dim’, un tout petit test de rien du tout, et on te ramène à la surface, ça te va ? »

La blonde roule des yeux, avant d’ouvrir une des portes de la salle, me faisant signe de rentrer.

La poigne de Nixhar est forte, trop forte… Il me fait mal ce con !

Bordel, je veux m’en aller, je veux sortir, maintenant !

Argh ! Il vient de me donner un coup de pied, il m’a poussé dans la salle !

« Le sujet est incroyable. Toutes les personnes ayant subi une cassure sur le cœur se sont immédiatement changés en sans-cœur, mais pas lui. Je me demande si c’est dû au fait que sa race provienne de la fin des mondes… Une résistance naturelle aux ténèbres ? »

Mais de quoi elle parle ?!

La porte se referme derrière moi, une porte transparente. Je peux encore voir les deux cons, mais je ne les entends plus.

Je viens frapper plusieurs fois contre la porte, en panique mais je m’arrête… Quelque chose derrière moi…

Mon premier réflexe me force à me saisir le nez… Cette odeur… Pwah, mais qu’est-ce que c’est ?!

Une forme est affaissée au loin, mais ne semble pas bouger pour le moment.

Le grésillement audible d’un haut-parleur se laisse entendre.

« Avancez au fond de la salle je vous prie. »

Je vous prie ? Mais je t’emmerde grosse conne ! Fais-moi sortir !

J’essaye d’ouvrir la bouche, pour laisser surgir une flopée d’injures mais aucun son ne s’en échappe… J’ai la trouille, je suis mort de trouille !

Ma vision se trouble sous la panique, bon sang, bon sang !

J’arrive à me concentrer un peu plus sur la forme au loin, sa simple vision me fait déglutir et me raidir.

A première vue, on aurait pu croire à un humain… Un humain qui est tombé dans le chaudron de stéroïdes quand il était petit. Et la peau… verte ? Mais c’est quoi ce truc !

Des oreilles pointues, un crâne dégarni, un nez aplati. Il est moche en plus ! Presque autant qu’il est sale ! J’arrive à voir les plaques de crasse péniblement accrochées à sa peau, et même… Les grosses gouttes de sueur qui en dégoulinent tout du long. Avec un recul de dégoût, j’en viens à me demander si la couleur verte vient de là.

Il est tellement disproportionné que je me demande si ce n’est pas le fils caché d’un fichu gorille ! Je n’ose même pas imaginer s’il était debout !

J’essaye de redresser le regard vers le haut, ne plus me concentrer sur ces énormes mains. Bon sang ! Il aurait juste à me saisir la tête d’une d’elles pour me l’éclater comme un vulgaire ballon !

C’est même plus des lèvres, c’est des babines, et avec des dents pointues qui s’en échappent ! Oh bon sang, ne me dites pas que c’était un humain avant et que… et que….

Mes yeux se révulsent… Ils… Ils ne vont pas me changer en ça ?

Il… Il est en train de briller, de la lumière s’échappe de lui en plus, mais c’est quoi ça encore !

Il… vient de s’évaporer ? Il ne reste plus qu’une petite boule de lumière à la place de l’autre mocheté…

Je regarde la boule de lumière, je n’y comprends plus rien !

Elle virevolte légèrement, luisant de moins en moins, comme une luciole mourante.

La lumière bouge de plus en plus et… ELLE FONCE SUR MOI !

Je… JE VIENS DE LA VOIR ME TRAVERSER LA POITRINE !

Bon sang, bon sang, il faut qu’elle sorte, faut que cette chose sorte et… ARGH !

Par réflexe, ma main droite vient s’agripper à ma poitrine… Mon cœur, j’ai mal au cœur.

Ma vision se trouble de plus en plus, j’essaye de faire quelques pas.

Ma tête… est lourde, je vais perdre l’équilibre.

Je me sens tomber à la renverse, je vois lentement, comme si le temps s’était ralentis l’espace d’un instant, le carrelage de la salle s’approche de plus en plus.

Mais au moment de le heurter, je suis… ailleurs.

Je suis en train de tomber, la tête en bas, dans un océan sans fond. Les bulles s’agitent autour de moi, je sens mes cheveux onduler sous le courant et pourtant…

… Je me sens bien, je me sens paisible. C’est comme si j’étais dans un rêve ?

Mes vêtements ne sont pas mouillés, et malgré tout… je les sens onduler eux aussi au gré de l’eau.

« C’est surréaliste et pourtant… »

… … Surréaliste … …. …
… Réel… ou… fantaisie ?

« … Je préfère être ici que là-bas… »

… … … … ici là-bas
… Perdu … … songes…
… Où, quand, comment…

Je me laisse porter par la chute, tout est sombre autour de moi, c’est… si calme. Un fragment de mon esprit me hurle de m’inquiéter, je suis en train de faire une chute dans le vide… Mais rien, rien à faire, je n’arrive pas à m’en inquiéter.

Je ferme les yeux un instant, profitant de ce calme, de cette sérénité.

Je sens le courant me porter doucement, je me sens faire une rotation, lentement, en douceur.

J’ouvre lentement les yeux tandis que mon corps se redresse, mes pieds touchent un sol invisible, je reprends mes appuis.

Je regarde autour de moi, l’océan n’est plus, seule demeure une infinité de noir, je relève le regard vers l’origine de ma chute. Je me perds dans le lointain, mes cheveux continuent d’onduler, comme régis d’une volonté propre.

Le lieu m’est familier. Malgré l’obscurité, je ne me sens ni effrayé, ni même perdu. Comme si je retrouvais le palier d’une maison, sortie tout droit de mes souvenirs. Une demeure que je viens fouler à nouveau en personne.

Le sol tremble légèrement sous mes pieds, plusieurs fissures blanches apparaissent, de la lumière en jaillit en trombe.

C’est si fort, si aveuglant, que je m’en cache les yeux. Pourquoi je suis aussi calme ? Pourquoi tout ça me semble si anormalement normal ?

De la lumière, des fragments d’obscurité se détachent, se fragilisent, en libérant de plus en plus la source. Les fragments se métamorphosent et s’agitent, prenant peu à peu la forme de silhouettes d’oiseaux, s’envolant dans le lointain.

Un vitrail, je me tiens sur un vitrail. Comme ceux qu’on trouve dans les églises, comme dans les petites boutiques du quartier de la tour.

Je fais quelques pas, le bruit du verre résonnant sous mes semelles. Les couleurs sont de tous horizons, verte, bleu, rouge, jaune. Plusieurs figures géométriques en font le tour, dansant doucement sous la lumière reflétée.

Une silhouette est omniprésente au centre… Moi ? Moi-même ?

Je cligne brièvement des yeux, il y a une figure qui me ressemble comme deux gouttes d’eau. Il semble faire une chute, la main tendue vers quelque chose, les yeux clos et paisibles.

Mon regard suit la direction de la main, qu’essaies-t-il d’attraper ?

Oh…

Dessinée dans l’un des cercles géométriques, pointée par la main de la silhouette, la lune artificielle d’Illusiopolis, fracturée, laissant sombrer ses fragments partout.

Je plisse lentement les yeux, c’est quoi cet endroit ? Soyons honnête, je veux bien qu’un gars sur un coup de folie ait décidé de faire un vitrail géant à mon effigie. Mais déjà… D’un, c’est quoi son problème ? Et de deux, faudra qu’il m’explique comment il a fait pour le faire léviter dans le noir, et comment il m’y a téléporté magiquement.

Mon regard est attiré par une lumière, puissante, brillante. A l’autre bout du vitrail, comme une porte.

Je la fixe un instant, une sortie ? La sortie ?



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PART 2



Histoire


Je vais pour y faire quelques pas quand je m’arrête sur le champ. Une silhouette ? Quelqu’un vient par cette porte.

Mince, mince, mince ! Je regarde autour de moi, mais aucun moyen de se planquer quelque part, c’est plat, plat d’archi plat !

« T’mère t’as j’mais appris à fermer t’cœur aux ‘trangers ? »

C’est une voix rocailleuse et grave. La silhouette pose un pied sur le vitrail… Autour, les couleurs bougent, changent, s’agitent.

Je reconnais la silhouette, la créature du laboratoire, toujours aussi moche, toujours aussi dégoutante. Mais là… elle est vive, se tient debout, et le visage… si on peut appeler ça comme ça… débordant d’expressions.

Il me regarde avec un sourire carnassier, en coin, amusé… Non… sadique.

Bon sang, qu’est-ce que je peux faire ? Je regarde autour de moi, rien, il n’y a rien avec quoi je peux me défendre !

« R’garde, on fait com’ ça »

Il se retourne, laissant ses grandes mains verdâtres saisir les rebords de la porte de lumière. La porte s’efface lentement, l’obscurité l’envahissant du centre vers les bords. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.

« T’vu, c’mieux aye ? »

Il vient faire quelques pas vers moi, je déglutis avec difficulté, reculant à mesure qu’il s’avance. Sous chacun de ses pas, le vitrail se déforme, les couleurs vertes devenant de plus en plus dominantes dans la composition, tandis que la silhouette me représentant se transforme peu à peu, prenant les traits de l’envahisseur verdâtre.

« M… M’approchez pas ! »

Qu’est-ce que vous voulez que je dise ? Il n’a pas l’air du genre de gars à me prendre au sérieux si je beugle « Ah AH, arrière vil coquin ! »

« T’fait l’moulin av’ton cœur, faut assum’ gamin. »

Son sourire est encore plus sadique qu’avant, ses crocs en dépassant comme un vulgaire animal.

J’essaye de reculer à nouveau, mais je change d’avis… Je suis au bord, au bord du vitrail.

Lui, s’arrête simplement, le regard pétillant, comme un prédateur qui a bloqué sa proie.

« Pitié… »

C’est tout ce qui me vient en tête.

Il a un simple ricanement, prenant plaisir de mes appels.

« D’quoi t’plains gamin ? T’vas d’nir l’hôte d’meilleur »

Il vient me saisir, j’essaye de l’esquiver mais la peur me paralyse… Encore… ENCORE ET ENCORE CETTE FICHUE PEUR !

Il me serre au niveau du cou, d’une poigne forte… Comme un crabe, j’ai beau taper et me débattre, ça ne desserre pas d’un crou !

« Tic-Tac-Tic-Tac » qu’il s’amuse à faire l’autre con !

Et c’est le BANG, il vient de me donner un coup de boule, ah, GROS CON !

Ma vision se brouille, enveloppée de plus en plus par un voile verdâtre… et je sombre à nouveau dans le noir.

J’essaye de faire quelques pas, je ne vois strictement rien, mais c’est quoi ça encore ?!

Je ne sais pas si c’est mes yeux qui s’habituent à l’obscurité mais… les contours d’un couloir se dessinent autour de moi, un couloir sans fin.

Sur les murs, plusieurs cases dans laquelle semblent défiler des films… comme des multitudes d’écrans de cinéma, étalés le long.

J’essaye de me rapprocher de l’un d’eux, aaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhh !

Une punaise de force vient de me saisir par le col, et est en train de me tirer à une vitesse folle dans le couloir, je vois les écrans défiler autours de moi dans une alternance lumière-obscurité à m’en donner des migraines pour toute la vie.

Je rêve hein, c’est pas possible, on peut pas vivre un truc aussi taré, c’est un rêve, c’est forcément un rêve !

J’essaye de fermer les yeux, mais rien… Le couloir est encore là, les écrans continuent de défiler.

Pire…

Les écrans se rassemblent à mesure de ma traversée, de plusieurs écrans, n’en demeurent que quelques uns, de plus en plus grands.

Jusqu’à ce qu’il n’en demeure plus qu’un, tout autour de moi. La taille est suffisante pour que j’aie une meilleure idée de ce dont le cinéma des trucs incompréhensibles fait l’avant-première.

C’est un monde… abandonné, perdu dans les ténèbres, des débris de roches virevoltant au gré des étoiles. Le caméraman se tient sur un des rochers, filmant ce qui semble être de dégoutants champignons géants, beaucoup trop épais et larges pour en avoir le moindre appétit.

J’essaye d’éviter de vomir, pas à cause du champignon, mais à cause de cette traversée en montagne russe du couloir qui n’en finit pas, aaaaaaaaahhhhhhhh !

Le film ne se finit pas, le champignon s’agite, prit de spasme, avant d’éclater en une gerbe de liquides visqueux, libérant en son centre, un humanoïde bodybuildé aussi verdâtre que dégoutant. C’est lui… C’est ce fou qui m’a attaqué !

Un mal de crâne commence à s’immiscer dans mon esprit… Mais bordel !

L’écran a grésillé, montrant autre chose.

Cette sale créature est encore là, mais cette fois, il se cache traque derrière un rocher, des humains qui se sont posés avec un vaisseau gummi. Il je se tient prêt, avant de foncer en beuglant comme un idiot guerrier !

La vision qui suit est à m’en retourner l’estomac, la créature vient de mordre à la clavicule un des humains, et vient de se jeter sur l’autre… Un animal ! Guerrier ! Un animal !

Le vaisseau essaye de démarrer en trombe, le conducteur qui prend ses jambes à son cou chaire molle ! mais la créature ork ! saute dans la soute et s’y cache.

L’écran change encore, mais combien de temps ça va encore durer ! J’essaye de retenir mes larmes, mauviette je sens mes yeux me piquer, de plus en plus !

Cette fois la cre… Ork ! L’ork est toujours dans le vaisseau, il je est seul, le cadavre du pilote tué dans une bouillie eheh de sang. Il est seul pas vrai, il est mourant juste affamé. Au loin, un autre vaisseau s’approche… Un vaisseau… De pirates !

Encore… changé….

Il est… j’suis encor’ là, mais… c’est différent… Il a rejoint mon équipageJ’suis vêtu d’un tricorne… d’un manteau, et il s’est laissé pousser la barbe. Il est… avec m’frères, d’aut’ pirates.
Mais ils sont mourants… P’tain d’chasseurs d’primes d’merde ! Ils les ont attrapés et…Nous z’ont vendus l’ptits cons.

Mais j’suis un ORK, dans un laboratoire, De z’expériences qu’ils disaient les chaires molles ! Ça… fracturé le cœur… J’préfère l’bouffer l’cœur, hein p’tit, et briser c’lui donzelles aussi, j’suis pas un ork compliqué moi.

Tellement… Abandonne p’tit, t’cœur est à moi mal à la tête… Encore un p’tit mini chouya peu.

Et tadaaah

BWAHAHAHAHA, ça y est ! Attention l’moches ! Karg'orth est d’retour !

Aaaaah bordel ! C’que ça m’fait d’bien ! Aaaaahahaha, ouais, ouais OUAIS.

L’ptit tas d’chaire molle, il l’a pas vu v’nir celle-là, mais quel crétin aussi !

Tu m’entends p’tit ? T’es un crétin !

Mais r’garde, on va bien s’marrer tout l’deux, on va faire d’graaaaaands trucs. C’pas beau ?

Et puis t’sais, moi j’suis un ork sympa hein, t’jours partant, t’jours l’sourire, t’jours d’bonne humeur… Bon en fait non, c’plutôt… Bwaaaaaaaaah, j’suis content ! Ou… Bwaaaaaaah, j’suis en colère.

Ouais, c’binaire, mais qu’est-ce qu’tu veux, j’m’en porte bien, et t’vas aimer ça. Oh qu’oui m’gars, t’vas aimer ça, t’peux m’le croire.

Mais on va d’jà commencer à s’barrer d’là, j’rien contre l’odeur d’médocs et d’plantes hein, mais ô j’sais pas, aller s’amuser en ville, ç’me parait bien plus drôle.

Bon, déjà, j’ouvre les yeux.

M’vision a d’mal, l’vache, c’que ça voit mal un humain. T’es un crétin, et t’es bigleux, t’as d’la chance dans l’vie p’tit.

Bref ! J’secoue la caboche un peu, toujours dans l’putain d’salle d’médecine, j’vois l’autre nunuche en train d’me fixer comme si j’étais un gros morceau d’steak devant d’worgs.

L’salle a pas bougé, toujours l’carrelage blanc pisseux, et l’lampe qui frétille, l’ont pas changé d’puis ? T-t-t-t, z’êtes pas sérieux les chaires molles, pas sérieux !

Naaaah, j’blague, j’m’en tape. J’ai d’trucs plus importants à faire, d’genre…

J’redresse mes mains devant m’visage… Pwah, des mains d’humain, c’la honte. Si mes frang-ork me voient comme ça, j’vais finir par m’en prendre plein l’gueule, on va changer ça, et vite.

V’savez c’qui est magique avec l’cœur ? Bah c’est c’que truc à la con, ça sert à tout. Ça gère l’alignement, blah blah blah, ça gère l’souvenirs, et surtout, bah ça gère l’apparence. Et v’savez c’qui est bien ? Bah c’est qu’là, c’mon cœur qui à enveloppé c’lui du petit humain.

Je regarde la nunuche avec m’plus grand sourire, bah oui, j’suis un ork séducteur moi.

Et j’laisse c’qui m’sert de cœur prendre l’relais, j’peux voir rien qu’à la tronche de la nana qu’ça fonctionne. L’corps d’gamin se mue, prenant petit à petit m’traits d’origine.

Et v’là, le gros n’ork le plus beau qu’vous avez jamais vu. J’laisse la salive m’dégouliner entre les crocs, j’passe une d’mes mains dans ma barbe, j’appuie d’l’autre sur mon nez aplatit. Aaaaaah, tout est là, c’que ça fait d’bien d’être de retour.

La nunuche m’fait une tête d’écœurement, pfeuh, grognasse ! T’sais pas c’que tu perds, j’pourrais t’faire monter au septième ciel, poupée !

Allez allez, c’pas le moment, c’est l’heure de l’pièce du siècle, avec, dans l’rôle principal, MOI.

J’fais semblant d’essayer d’me lever avec difficulté, j’fais quelques pas en avant, avant d’me saisir la tête et pousser une série d’hurlements. V’savez, j’mal, tout ça.

« WAAAAAAAAAAAAAAAAARGH ! »

Et là, et lààà, j’me laisse tomber par terre, en mode j’suis évanoui, qui s’ra l’crétin pour v’nir faire m’prince charmant ?

« Merde ! Son cœur le rejette ?! »

Ah, bah c’est la grognasse.

Je l’entends m’approcher d’ici, avec son parfum senteur poubelle d’fleuriste, tsah, ça inhibe l’viande après, et ça a mauvais goût.

Bah, c’pas grave, ç’fais bien longtemps que j’attends d’pouvoir… AH

SCHRONCH.

BWAHAHAHAHAHA, en plein d’la jugulaire d’la madame. J’sens l’goût d’fer sur l’bout d’la langue, j’sens mes défenses bien enfoncé dans son cou.

L’souvenirs, l’adrénaline, ça coule, ça coule, mais quel bonheur !

J’ré-ouvre la mâchoire, déglutissant un bon coup pour avaler l’liquide. Avant d’saisir l’cadavre à la volée.

J’vois l’gars qui est à côté, me fixe avec d’grands yeux qu’sont d’venus si gros qu’on pourrait jouer au bowling avec.

BOUCLIER HUMAIN !

J’me met à courir en tenant c’qui reste d’la grognasse ensanglantée, et m’voilà dans l’couloir.

Tous les autres m’regardent avec l’panique absolue. J’sais pas c’qui les fait paniquer l’plus, l’sang et l’cadavre, ou l’fait qu’mon outil d’Apollon a fait naître chez eux d’sentiments qu’ils avaient jamais d’vinés.

Y’en a qui sortent l’pistolets, bang bang, p’tits cons ! L’balles fusent dans tous l’sens, mais j’suis UN ORK, ç’me fait pas peur vos pétoires toute pourries, et puis, madame bibine l’cadavre m’permet d’faire une armure d’forturne ! Oui oui, l’est trop p’tite l’madame, mais eh ! C’pas si mal, c’me permet au moins d’protéger l’dos et l’nuque ! Et puis merde ! C’est l’grande classe, une cape faite d’vieille bique, c’est glamour !

Un d’gars panique en m’voyant lui foncer dessus, je l’donne un gros coup d’épaule, il est propulsé contre l’mur.

En r’tard, en r’tard, j’ai rendez-vous quelqu’part, j’ai pas l’temps d’tous vous butter, j’suis en r’tard r’tard !

J’continue d’courir dans l’couloir, j’zizague comme j’peux pour essayer d’viter l’balles, bah oui hein, j’suis pas idiot, m’ci bien !

Et j’beau faire l’spectacle d’danse l’plus sensationnel d’l’année… ARGH, en plein dans l’dos, ç’fait un mal d’worg !

J’sens d’jà l’sang me couler dans l’bas, mon sang !

J’passe l’couloirs à vive allure, j’me mets même à sautiller d’un pied à l’autre, j’suis tellement content ! C’vrai quoi, j’viens de retrouver un corps, j’pu mordre une nana, et là, j’me casse du coin, c’pas l’paradis ça sérieux ?

Et à force d’courir comme un andouille, j’finis par voir l’sortie, enfin, l’porte d’la sortie.

Gros truc tout moche et tout en fer. Raaah, c’quoi c’truc à côté, un scanner ? C’fait d’la lumière et tout. C’pas d’jeu l’gars, vous voulez qu’je la d’fonce comment celle-là ?

J’regarde l’porte perplexe, en m’curant l’nez, j’entends d’jà les autres derrière.

J’prends Blondie dans l’bras, j’lui murmure d’p’tits mots doux


« C’là qu’on c’sépar’, ma belle’dame »

Bon, je l’ai d’jà dit plusieurs fois, mais moi, j’suis pas un ORK stupide eh ! L’porte, à force d’la regarder, j’finis par la reconnaître. J’en ai d’jà vu d’petites coquines d’aciers comme ça ! M’ont trimballé tellement d’fois entre plusieurs salles d’expériences, qu’je m’demande comment j’fais pour l’oublier.

C’était quoi d’jà qu’il fallait faire ? Mmm, réfléchis… S’viens-toi…

J’me surprends à rire un peu, nah, mauvais s’venir, là, j’suis en train d’me rappeler l’fois où un d’scientifiques a eu tellement l’trouille en m’transportant qu’il a manqué d’se faire d’ssus. Nah, pas c’lui là non plus… Ah, là ! Un gars qui s’fout d’vant l’truc, et qui r’garde d’dans !

J’viens saisir la tête d’la m’dame cadavre des deux mains, et j’viens la plaquer contre l’bidule qu’fait d’la lumière. Ça a l’air scanner son œil, bah voilà, suffit d’demander.

L’porte s’ouvre, j’la regarde avec l’gueule carnassier, l’dehors !

J’attends même pas qu’ce soit entièrement ouvert, j’me glisse dès qu’je peux, et j’recommence à courir.

J’suis un ork libre ! L’liberté, y’a qu’ça d’vrai !

J’remonte l’escalier comme un fou, parce que c’est c’que j’suis, un fou, un fou d’conquêtes, un fou d’violence, un fou d’richesse.

J’pousse la porte d’un bon coup d’épaule, p’tite plaque d’fer, t’croyais que t’allais m’arrêter ? AH !

L’premier réflexe que j’ai ? J’inspire un bon coup ! L’bonne odeur, l’odeur des gens qui attendent qu’une chose, s’faire éventrer. L’odeur des munnies bien au chaud dans leurs poches, l’odeur des jolies nanas qu’je vais me faire !

Bah, pas l’temps pour une p’tite pause, c’que j’ai d’taffioles au cul moi.

J’reprends ma course, j’fais exprès d’tourner dans tous les sens, passant d’petite ruelle à p’tite ruelle. Parce qu’je le dis et redis hein ! Mais j’suis pas un idi-ork, j’sais bien qu’un gars comme moi, en plus nu, bah si j’veux pas qu’ils me suivent, c’va être compliqué avec tous l’trous du cul qui peuvent indiquer par où j’vais.

AHAH, l’tronche d’passants ! Z’ont jamais vu un gars aussi beau qu’moi ou quoi ? Bah évidemment ! L’plus beau d’tous les étalons ! L’plus FORT ! L’plus ENDURANT ! L’plus INTELLIGENT !

J’claque des crocs, avant d’tordre m’babines dans un autre p’tit sourire. C’fait tellement d’bien ! AH qu’ça m’avait manqué tout ça mine d’rien !

Alors, où qu’je vais ? Ici ? Nah ! La rue à droite ?

J’freine immédiatement, c’que l’rue devant moi là, y’a au moins euh… un… deux… trois… quatre… cinq… six…

Six personnes ! Nah ! Trop d’témoins ! Marche arrière toute ! J’me retourne et j’reprends l’course. Rah mais c’est qu’ça s’ressemble quasi partout ici ! C’noir, les murs c’noir, fenêtre avec d’la lumière, trottoir noir, puis lampadaire noir encore, et encore d’noir.

J’espère pour eux qu’la pierre avec l’quelle ils ont construit leurs baraques elle était noire eh ! Parce qu’sinon, j’me reconvertis vendeur d’peinture, et j’me f’rais des couilles en or. Oh ouais, pleeeein d’or !

J’finis par arriver dans une ruelle qui a l’air à peu près déserte, BAH, ça f’ra l’affaire ! J’me laisse tomber contre un mur, l’temps d’reprendre un peu m’souffle. C’est qu’je m’suis fait l’marathon d’siècle là !

Maintenant que l’adrénaline bah elle tombe, j’commence à sentir l’picottement dans l’dos. AAARGH, mais ç’fait mal leurs conneries ! Foutues chairs-molles ! Pouvez pas utiliser des épées comme tout l’monde au lieu d’vos piou piou !

Bah, au moins, j’ai d’la chance sur un truc. C’que t’vois, les ORK, bah c’très résistant, et ç’régénère vite. Et j’dis pas ça pour m’vanter, eheh, mais l’truc physique, on s’fiche ! Enfin, l’petit truc hein, c’clair qu’si un lance-roquette m’vise, j’vais pas faire l’malin. Mais l’piou piou, et l’épée, c’va. L’magie par contre… Eurk, j’déteste l’magie ! C’pas d’jeu, nous les ORKS, on peut pas en faire, et not’ corps, bah il est capoute quand s’prend d’la magie. FICHU MAGE, L’COMBATS SONT NULS A CAUSE D’EUX !

J’donne un coup d’poing au sol sous l’colère, et puis… Bah ç’va mieux en fait ! Fallait qu’ça sorte, c’tout !

Bon, j’en étais où… AH OUAIS, l’balle dans m’dos !

RAAAAH, mais comment qu’je vais l’atteindre moi ? J’suis pas agile ! BAH, pas l’choix, j’vais devoir l’oublier et prendre un m’decin en otage pour qu’il m’la retire.

J’me redresse, bon, c’pas tout ça, mais c’que j’suis nu comme un vers d’terre. M’faudrait un truc, j’regarde autour d’moi.

Commence à pleuvoir, moi aussi j’te pisse d’ssus l’ciel !

Eh… mais c’quoi là-haut ?

Y’a d’trucs qui pendent dans l’ruelle, à partir d’premier étage. D’vêtements trop p’tits pour moi, et un gros morceau d’tissu, un drap ?

BAH, j’vais passer pour un abruti qui s’prend pour l’fantôme d’Illusiopolis version j’pas d’munnies, mais EH, c’mieux qu’rien ! Eheh !

J’me dirige vers l’mur, et j’essaye d’grimper comme j’peux. Au moins prendre appuis pour m’jeter vers le drap.

ARGH, j’suis trop lourd, j’viens d’arracher l’fil avec. BAH, j’ai l’drap, alors je m’fiche !

J’me met l’drap par d’ssus. Et j’me r’tourne pour sortir d’la ruelle.

Allez, un médecin, un médecin !

J’vois bien l’gueule qu’font les gens, bah quoi, z’avez jamais vu d’gosse s’déguiser en fantôme ? Bah c’pareil, alors r’gardez ailleurs !

J’laisse m’regard s’promener sur les enseignes. Manger, manger, sexshop… Gné héhéhé…. Manger… Encore manger…

NAH, pas d’médecin, c’pas cool ça !

J’pourrais peut-être d’mander à quelqu’un ?

J’regarde autour d’moi, et j’pointe une des chair molle du doigt.


« Eh trou d’cul ! L’est où l’toubib l’plus proche ? »

L’gars m’regarde, lève l’main, et redresse un doigt précis.

« Bwéhéhéhé. »

Ça m’fait marrer, c’pas d’ma faute. Bah en attendant, j’toujours pas m’réponse !

J’me dis que j’en attraperais bien un, qu’je l’paquerais bien contre un mur pour qu’me réponde. Mais j’vais attirer l’attention, et c’pas l’moment.

J’vais pas être poli et dire « steplait », faut pas trop m’en d’mander hein ! Ça s’fait pas chez les ORKS ! Et j’tiens à m’traditions, eh ouais !

J’reste un peu seul comme un couillon au milieu d’la rue. Bon, j’fais quoi ? J’vais pas m’promener jusqu’à trouver un m’decin au hasard ?

Bah, l’question s’pose plus ! A force d’regarder autour d’moi, j’viens d’voir une très jolie p’tite minette, qui m’fait bien envie !

L’v’là qui vient d’rentrer dans une p’tite ruelle. EHEH, c’le moment m’grand, j’ai… la … DALLE !

J’commence à rentrer dans l’ruelle à mon tour, j’la vois au loin, toujours trottinante. C’bien, y’a personne d’autre, si elle s’enfonce encore un peu, j’vais m’en faire mon d…

ARGH !

J’viens appuyer m’main contre m’poitrine. M’cœur, m’fait mal !

J… JE PEUX PAS… TE LAISSER… FAIRE CA…

Fermes-là GAMIN ! T’as perdu ! Retourne dormir dans t’larmes !

J’essaye faire quelques pas d’plus, mais l’sale gosse continue d’me faire mal.

J’serre l’poing, et vient m’frapper l’poitrine à plusieurs intervalles.

Qu’est-ce qu’tu fous sale morveux ?!

J’sens mon emprise disparaître ! WAAAARGH PAS QUESTION !


Tu ne feras… RIEN… A … Cette… FILLE !

SALE P’TIT C…

Je tombe au sol, j’ai l’impression que je vais mourir. J’ai mal partout, j’ai mal au cœur…

Mes mains viennent se poser contre les pavés humides, je sens la salive amère déborder de ma bouche, je sens mes larmes couler le long de mes joues.

Dans un bref moment de panique, je me jette plus loin, avant de ramper jusqu’au mur. Je m’y adosse, les yeux toujours écarquillés.

C’était quoi ce bordel ? C’était quoi ce cauchemar ? J’ai rêvé, ce n’est pas possible. Ils m’ont drogué, je vois que ça, ils ont dû me droguer.

Je relève le regard, et je sens tout mon corps se raidir à nouveau.

Il est encore là… Ce monstre est encore là !

Adossé contre le mur opposé, sans vie.

Sa simple vue me fait me relever sous la panique.

BON SANG, BON SANG BON SANG BON SANG !

Je n’arrive même plus à réfléchir, je sens mon instinct prendre le relais. Je pars en courant, je fuis en courant vers l’artère principale.

Les passants me regardent tous, plus perplexes les uns que les autres.

Je dois m’enfuir, je dois partir loin de cette chose !

Je n’arrive même plus à savoir depuis combien de temps je suis en train de courir. J’ai un point de côté, et je n’arrive plus à respirer correctement.

Il faut que je m’arrête…

Etro, Dieu, n’importe qui ! Faites que je sois loin de ce monstre ! Je vous en supplie !

Je me laisse retomber contre la façade d’un magasin, tous mes membres tremblent.

Mais qu’est-ce qui s’est passé au juste ? C’est quoi ce bordel ?

Je sens mes épaules prises de soubresauts à nouveau. Encore des larmes… Encore… C’est tout ce que j’arrive à faire.

J’ai rien d’un héros, je suis pas fait pour ce genre de truc ! Je veux juste vivre normalement moi ! C’est trop demander ?

Pourquoi… Pourquoi c’est jamais simple… P…

Comme si un voile vient de se retirer, j’écarquille les yeux.

Je me revois, quelques minutes plus tôt.

Lorsque… Lorsque ce monstre a pris le contrôle. C’était pire qu’un cauchemar, je n’étais pas juste spectateur, j’étais acteur.

Toutes ses pensées, toutes ses envies. A ce moment, c’était comme si c’était les miennes.

Ce qu’il voulait faire à cette fille…

Je me relève immédiatement, je sens quelque chose remonter dans mon estomac. Bon sang !

Je régurgite dans un bruit tout aussi dégoûtant. J’entends un passant derrière moi.

« Encore un camé… »

Non… Non monsieur… J’ai été… Je suis pas… un camé…

Je me jette sur lui, je ne contrôle plus rien, c’est juste de la panique.

« Je vous en supplie ! Vous devez m’aider ! Je vous en su… »

Mon regard croise celui de l’homme. Je vois dans son regard, je vois son mépris, je vois son dégoût. Il ne me voit que comme un toxicomane en manque… en crise.

Je ne suis pas… Je…

Je relâche mon emprise sur lui.

« Allez en maison mon garçon, l’aide qu’il vous faut est là-bas. »

Je recule de quelques pas, je me sens perdu, complètement perdu.

Qu’est-ce que je dois faire ?

La shinra ? Il faut que je prévienne la shinra !

J’avance de quelques pas, avant de me raidir à nouveau.

Au loin, un homme me fixe. Cheveux blonds, six pots de gel, bouc… Nixhar…

La surprise se change bien vite en panique, je fais demi-tour immédiatement, prenant mes jambes à mon coup.

Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je peux faire ?

Je sais pas, je sais pas… je sais pas ! JE SAIS PAS !

J’essaye de courir, de courir, de changer de ruelle. Mais je sens déjà mon souffle me trahir, me dire de m’arrêter.

Je ne peux pas les laisser m’attraper ! Ils vont me tuer, c’est sûr, ils ne peuvent pas laisser un témoin en vie !

Il faut que je fuie, faut que je quitte Illusipolis ! Mais j’ai pas les munnies !

La shinra ? BON SANG, ils vont surement croire à une histoire de camé, et ils vont m’ignorer ! Comme ils ignorent TOUT le monde dans cette foutue ville !

QU’EST-CE QUE JE FAIS ?!

J’arrive plus à courir, je suis trop fatigué !

« REVIENS ICI DIMITRI ! »

MERDE ! Il est toujours là, toujours derrière moi !

Je veux pas mourir !

Je veux pas !

Mon père, ma sœur… même ma mère…

Il y a trop de choses que je ne leur ai pas dis.

Je veux pas !

Je peux pas les combattre, j’ai rien ! Pas d’arme, pas de force, pas de technique ! Rien !

Et ils vont me pourchasser, me laisseront pas partir. Même chez moi, ils vont m’y attendre !

Je m’arrête dans l’arrière allée d’un bar. Reprenant mon souffle, je place ma tête entre mes mains.

Relevant ma tête, mon regard se pose sur mes paumes. Ma vision se brouille un instant.

La créature… Je me souviens lorsque j’étais « elle ».

S’échapper du laboratoire, je ne pourrais jamais faire une chose pareille.

Lui… il pourrait survivre, il pourrait réussir à fuir Illusiopolis.

Mais t’es complètement taré Dim’, comment tu peux seulement envisager ça ?

C’est un fou furieux, un psychopathe, un monstre !

Je n’ai pas le temps de peser les pour et les contre. Je vois des hommes suspects au loin.

Bon sang, et s’ils sont du Chapitre eux aussi ? Faut que je file !

Je prends à nouveau mes jambes à mon cou.

Et… ils me suivent en courant aussi, JE LE SAVAIS !

Ils sont trois, cours, Dimitri, BORDEL COURS !

Allez ! Mes jambes ! Faut que vous teniez ! FAUT QUE VOUS TENIEZ !

J’essaye de me diriger vers l’endroit où j’ai laissé ce foutu monstre !

Je n’ai pas le choix, y’a que lui, y’a que lui qui pourra s’en débarrasser !

Qui pourra me faire survivre ! Je n’ai pas le choix !

Je sens la sueur le long de mon front. A mesure que je cours dans les rues d’Illusipolis.

Je ne fais même plus attention aux passants, je ne fais même plus attention à quoi que ce soit ! Je dois juste l’atteindre, l’atteindre et vite.

Et… et s’il n’y est plus ? Et si un idiot est déjà passé dans la ruelle ? Et si…

Je tourne à droite au prochain croisement, la ruelle ! La ruelle est là !

Encore… Encore quelques mètres… BOUGEZ LES JAMBES, BOUGEZ !

Je le vois ! Il est là ! Toujours aussi moche, toujours adossé contre le mur, là où je l’ai laissé !

Je m’en approche en panique, apposant mes deux mains sur ses épaules visqueuses, le secouant comme pour le réveiller.

« Tu dois m’aider ! Tu dois m’aider tout de suite ! »

Rien ne semble se passer, je le secoue encore plus.

Je n’ai pas pu semer mes poursuivants, ils vont arriver, d’une minute à l’autre. ALLEZ !

Allez !

Allez…

Le corps verdâtre vient éclater d’une lumière, avant de se réduire à l’état d’une boule. Enfin… Viens, viens !

Comme dans le laboratoire, cette dernière vient s’enfoncer dans ma poitrine. Mon cœur me fait un mal de chien à nouveau, et… je me sens chuter.

Je suis de retour sur le palier de verre, perdu au milieu des ténèbres, luisant d’une lumière douce et reposante. Il n’y a plus aucun son, tout s’est arrêté. Je ne ressens plus cette panique, je ne ressens plus la peur de la mort.

La créature est là, se tenant debout à quelques mètres de moi. Il croise lentement les bras, fronçant les sourcils.

« T’as d’culot, gamin. »

Je lui réponds dans une expiration, je ne sais même pas comment le lui dire.

« J’ai toujours cru que j’étais trop lâche pour essayer de m’en sortir s’il devait m’arriver quelque chose…. mais… »

Mais… j’ai eu tort. Je n’ai même pas eu le courage d’accepter la mort.

« Aye, c’est l’instinct d’survie. »

La créature s’approche de moi. Je n’essaye même pas de reculer.

Il vient poser ses mains sur mes épaules, avant de me donner un coup de boule.

Ma vision devient flou, verdâtre, je n’arrive plus à… Réfléchir.

TSAH, parce qu’tu réfléchissais ? Moi j’voyais qu’une p’tite pleureuse, pas fichue d’assumer c’propres choix !

Maintenant reste en arrière gamin. J’m’en fiche d’tes rêves, j’m’en fiche d’ta vie. C’qui compte maintenant, c’la mienne ! C’sont mes rêves ! C’sont mes envies !

J’étais un pirate autrefois. J’le r’deviendrai !

D’jà, j’vais m’occuper d’ces p’tites tapettes d’Chapitre, puis, j’trouverai un moyen d’me faire plein plein PLEIN d’munnies.

J’m’achèterai un vaisseau, puis un équipage ! Et là, là, on goûtera à l’vraie liberté !

Mais en attendant…

J’ouvre les yeux, j’suis toujours dans la ruelle. Et y’a toujours l’ciel qu’me pisse d’ssus.

P’tit tour d’passe-passe, et m’revoilà moi-même. Karg'orth, l’ork, le GUERRIER, L’VRAI !

Plus d’mains d’chairs molles, plus d’dents bonnes qu’à bouffer d’pissenlit ! J’ai m’babines, j’ma peau verte, j’ai m’oreilles pointues. J’suis moi à nouveau, et j’ai LA DALLE !

J’vois les trois p’tites chiottes qui arrivent. C’est eux qui t’ont foutu l’trouille gamin ? AH AH !


« Merde ! L’ork est là ! » qu’il beugle, l’une des chairs molles.

L’gamin m’a mis l’nerfs à m’laisser comme ça dans m’coin, v’tombez à pic !

« Oubliez pas ! Faut qu’on le capture vivant ! »

BWAHAHAHA, qu’ils croient ! V’nez essayer les nuls !

J’éclate d’un grand rire, m’font bien marrer l’petits !

J’vois bien à leurs tronches qu’ils sont déconcertés, ç’me laisse l’temps d’mieux les r’garder.

Alors… Lui, l’a un couteau. Lui, une batte cloutée, joli. Et l’dernier, un bidule qui paralyse, tazer ? BAH, on s’en fiche d’comment ça s’appelle !

C’qui faut r’tenir d’tout ça… c’est… qu’JE VEUX LA BATTE CLOUTEE, ELLE EST TROP COOL !

A la une, à la deux, à la trois !

J’me rue vers l’gars avec mon futur joujou, j’esquive d’un pas sur l’côté l’ptit fils du tazer.

ARGH ! J’sens qu’le couteau s’planté dans m’cuisse ! Après l’balle, voilà un autre truc à faire soigner dès qu’j’en finis avec c’minables !

J’viens saisir l’avant-bras d’gars à la batte avec m’main gauche, et j’tire. Ça lui tend l’bras, c’parfait ! V’là le coucou d’mon poing droit, en plein dans son coude.

CRACK, et c’est déboité EHEH !

Il vient lâcher l’batte, que j’récupère direct.

J’la saisit à deux mains, et l’utilise pour dévier l’nouveau coup d’gars au poignard. Une fois mais pas deux ! J’suis un ORK d’qualité, j’me fais pas avoir deux fois ! Eh non !

VLAM fait l’batte cloutée dans sa moche p’tite tête. L’bruit est plaisant, l’bruit d’clous et d’la chair, l’tout avec l’déchirement d’la peau. AH, qu’ça m’avait manqué !

V’là qu’il tombe au sol mort, et d’un d’moins.

A qui l’tour ? Ah, à toi !

J’me précipite vers c’lui au tazer avant qu’il puisse r’charger. Et j’le rue d’coups, l’plus vite possible.

Voilà qu’il s’effondre au sol, vraiment pas résistants ces chairs molles !

L’bruit d’la batte est trop plaisant, d’même qu’le liquide qui gicle partout. C’du bonheur pour mes oreilles, alors qu’est-ce qu’je fais ?

Bah j’continue ! Encore un coup, et encore un, et encore encore un ! EHEH !

L’pauvre gars ressemble plus à rien. Mais moi, ç’me fait rire, et surtout, plus important…

Ça terroriste l’gars restant ! J’le vois à son regard, oh ouaaais, ce p’tit moment de « C’est quoi c’psycho ? » dans son regard.

D’vrait plus tarder à prendre l’fuite maintenant !

Ah v’là, suffisait d’demander. L’est en train d’partir en courant !

« BWEHEHEHE »

Qu’je me marre bien mine d’rien !

J’me redresse, r’gardant l’carnage autour d’moi. J’suis sûr qu’ça fait bien longtemps qu’les gars d’coin auront pas vu une scène d’crime pareille !

J’me passe doucement l’paluche sur le front, c’est qu’j’ai d’rouge partout sur moi. Ça colle, c’chiant !

J’redresse la tête vers la pluie, ça va mettre un bon moment pour m’nettoyer tout ça. Et j’crois pas m’souvenir avoir vu d’rivière ou d’point d’eau dans l’coin.

D’toute façon, j’ai intérêt à m’faire discret. Un grand gaillard couvert d’sang, j’vais m’faire arrêter vite fait.

Et puis bon, j’beau être l’plus beau et l’plus fort des ORKS, contre un p’tit gang entier, m’faudra un p’tit peu d’aide.

J’reporte mon r’gard vers les néons d’la rue principale, au loin d’la ruelle.

Oh… qu’on va bien s’marrer…  





Questions diverses



1) Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ?
Autant Dimitri que Karg’orth le peuvent. Mais elle ne sera pas similaire. Dimitri est quelqu’un de romantiques, qui aime la fidélité. Là où Kar’gorth se lassera vite, et n’arrivera jamais à se satisfaire d’une seule relation.

2) Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel (nuances acceptées). Que serait-il ?
Dimitri serait un Armadillo, une créature peureuse et passive, qui se roule en boule au moindre danger. Karg’orth serait un Ratel, vicieux, violent, et endurant.

3) Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ?
Dimitri est plutôt solitaire, il serait capable de trahir par pure lâcheté. Bien qu’il le regretterait toute sa vie par la suite. Karg’orth adore la camaraderie, mais il n’a aucun scrupule à mettre ça de côté pour peu que cela devienne gênant.  

4) En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. Citez quelques-unes de vos relations amicales.
Dimitri n’a pas vraiment d’amis proche, il a perdu de vue ceux qu’il avait au jardin radieux. Et depuis son arrivé à Illusiopolis, il n’a jamais réussi à s’en faire à nouveau.
Karg’orth a tissé ses amitiés lorsqu’il a rejoint un équipage de pirate. Il s’est entendu plutôt bien avec la majorité d’entre eux, étant aussi avide. Hélas, ils ont tous perdu la vie. Pour autant, l’ork ne les pleurs pas, il se contente des bons souvenirs.  


5) Quelle est la devise de votre personnage ? S'il y en a plusieurs, donnez les toutes.

Dimitri : « BON SANG ! »
Kharg’orth : « AH ! On va s’marrer ! »

6) Vis à vis de votre façon d'écrire, quels sont vos points forts et points faibles?
Toujours les mêmes qu’avec Bryke. J’ai souvent des idées, je sais quoi faire ou comment orienter la trame de mes personnages. Au niveau de mes difficultés, c’est mon niveau de français, et toutes les fautes que je peux commettre.

7) Pourquoi incarner ce personnage ?
Une thématique qui est omni-présente dans KH, c’est la perte de soi. Terra, Ventus, Riku, Xion. Tant de perso qui ont subi ce thème de plein fouet. Je voulais moi aussi, apporter ma pierre à l’édifice. Et comme je trouvais une possession trop classique, je me suis dit, pourquoi ne pas faire un Symbiote du cœur ? Ajouté à ça que les orcs sont ma race favorite tout univers confondu, et que j’ai vu qu’il y en avait déjà un sur le forum, et voilà !

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Salut !
Désolé pour le retard, commençons !

Alors je vais faire un commentaire assez global. J'ai lu sur mon gsm, ça m'a pris du temps, je n'ai pas fait une lecture dans le détail. Déjà, je dois dire qu'il n'y a... pas franchement de fautes d'orthographe, ou alors vraiment très peu. Je n'y ai pas fait attention spécialement mais je n'ai pas du tout été gêné, et ça c'est chouette. Ensuite, comme je le dis souvent, tu as choisi la bonne méthode. Faire histoire + caractère + physique au sein d'un rp, c'est vraiment le must. Ici, tu ne sépares pas du tout les trois, ce qui est franchement approprié. De plus en plus de personnes le font sur le forum mais clairement, il y a quelques années, c'était pas du tout dans les mœurs ! On a évolué dans le bon sens.

Bon. Les descriptions sont toujours super bien intégrées à ton rp. Le caractère est très détaillé, très bien expliqué, que ce soit pour Murray ou Karg'orth. Le physique est un peu plus survolé mais reste suffisant. On comprend le gros du truc. Et son histoire précédant tout cet épisode est bien expliquée aussi. T'en fais pas des tonnes, son histoire est très simple.
Je vais être assez clair d'entrée de jeu, en lisant ta fiche, j'ai très vite été vraiment convaincu. L'entretien d'embauche arrive dès le début pour me faire croire que ça va être une description sous la forme d'un interrogatoire. Non pas vraiment. La narration est plus instructive, plutôt chouette. La visite chez la mère est vraiment super. Le personnage est touchant. Sa rencontre avec le gang du Chapjtre est très bien. J'aime beaucoup l'idée du gang. Et alors, j'ai vraiment adoré le moment où Murray voit le passé de Karg'orth, où les phrases se changent sous le coup de l'impact de l'ork sur son cœur. Super idée. C'est confus, c'est classe, c'est assez brillant comme idée.

Concrètement… à ce moment-là de ta fiche, je pensais te mettre général. Mais ce sera seigneur. Parce que la suite est… très sympa mais, je ne sais pas, j'ai été moins transporté par le délire. En fait j'avoue que j'ai tellement aimé le moment où les paroles de l'un et de l'autre se confondent;, que j'espérais vraiment que tu écrirais désormais comme ça, à part quand l'un ou l'autre prend plus le contrôle. Et… au moment où l'ork a pris le contrôle, finalement, ce qui était une idée de dingue a laissé place à quelque chose d'intéressant mais de beaucoup plus classique. Oui c'est pas de la possession mais… un mental qui prend l'ascendant sur un autre puis qui se fait renverser… c'est un jeu tout de même fort fort classique. C'est pas mal pour autant. Je dis souvent qu'il faut faire quelque chose d'intéressant, pas spécialement d'original. Et en cela, ta fiche est parfaite.

Ici, je ne fais même pas vraiment une critique. Dans ma tête, c'est davantage que tu as frôlé le général plutôt que "raté le général".

Bon je ne sais pas si je suis clair. Sinon, je dois dire que tu intègres super bien ton personnage à KH et à Kanak. Déjà, tu vas pêcher le background canon de Ghaz'kull, donc ça c'est génial. Ensuite, comme tu le dis dans ta réponse aux questions, on est vraiment sur un thème KH avec cette idée de symbiose de deux cœurs. Même la maman qui a Alzheimer va super bien avec KH, dans la clinique du souvenir près de la tour du souvenir… dans un monde profondément lié à la mémoire. Bon vraiment j'ai pas de défauts à souligner vraiment.

Plusieurs choses dans ta fiche sont assez classiques, déjà vues. Je pense à l'entretien d'embauche et le regard très critique des questions qui te sont posées… Je pense à la symbiose des deux cœurs… mais écoute, voilà, ça reste super. C'est pas un mal en soi.

Bref. J'ai vraiment beaucoup aimé ta fiche. Elle va devenir un Seigneur référent comme l'est celle de Ioan.

Donc… Fiche validée et toutes conneries du style.

_______________________________
Dimitri et Karg'orth  Signatureprimus
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