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Le jour de gloire est arrivé.

Dans les cabinets du Hall de l’Harmonie Préservée, les servantes apportent les derniers détails à ma prestigieuse tenue. Mes cheveux ont été coiffés et dressés pour former une forme sphérique représentant le Ciel. Les plus avisés sauront reconnaître là ma maîtrise du psychisme qui me permet de faire prendre à ma chevelure des formes incroyables sans grand effort. Une multitude d’objets en or sertis de pierres précieuses habillent ma coiffure et mes oreilles. Fleurs, perles, phénix, boucles d’oreilles… Ma tête devient de plus en plus en lourde sous le poids.

Est-ce le poids symbolique du Mandat Divin qui pèse sur les épaules du souverain ?

Le maquillage recouvre mon visage, mon cou, mes épaules et même mes mains. Toutes les parties de ma peau qui seront visibles aux spectateurs sont préparées pour être présentées avec beauté et élégance. Un rouge écarlate peint mes lèvres tandis que mon fard et mes cils étirés subliment mon regard profond.

La tenue est primordiale. Je crois que c’est encore plus lourd que ce que j’avais porté lors de ma nomination au poste de Gouverneur de Chengdu. Cela paraît si loin alors que ce n’était qu’hier. Je me revois gravir les marches une à une… Les bannières, les applaudissements de la foule, la liesse populaire, les sourires… Cela m’évoque tant de joie.

Je me surprends à sourire devant les servantes qui se stoppent un instant, avant de reprendre. Elles ajustent les dernières pièces de tissu. Par-dessus mon hanfu de « base », se placent des épaulières légères avec une traîne de plusieurs mètres en plus de celle existante. Les teintures de fond rouge et ébène mettent en avant les motifs aériens, floraux et divins en fil d’or. Je porte mes talons traditionnels tandis que j’enfile mon alliance et mes griffes : la touche finale.

Lorsque tout est prêt. Les servantes sortent de la pièce, elles me laissent seules. C’est moi qui rythme la cérémonie. J’ajuste moi-même une broche en or dans mes cheveux. Tout doit être parfait, au milimètre. Ce jour est unique et n’arrivera qu’une fois dans mon existence. Je suis l’Impératrice. Je suis le Monde. Je suis la Nation. Je suis l’Empire. J’entre dans l’Histoire comme une légende.

Si mon ego est particulièrement heureux, j’avoue être assaillie par une quantité de stress sans précédent. Vais-je répondre à leurs attentes ? Vont-ils s’incliner pour assurer leur allégeance ? Vais-je gouverner avec clairvoyance ?

Toutes ces questions seront éclaircies plus tard. Au fur et à mesure des jours, des mois et des années. Je dois prendre la tête d’un empire, moi la fille de marchands. C’est ce que les historiens pourront appeler l’ascenseur social fulgurant de la famille Song. Une femme seule, gouvernée : impensable il y a peu de temps encore, et voici que maintenant, tous vont s’incliner devant moi pour disposer de mes faveurs.

Le balai des courtisans n’a pas fini de croître au fil du temps qui passe. Il faudra jouer intelligemment pour garder en ordre ce monde qui est le mien. Quel plaisir c’est que d’être en charge de protéger sa terre de naissance. Je me rends compte que je me sens à ma place dans son rôle : servir les autres. Il est vrai que je ne rechigne pas à m’occuper parfois de moi-même, mais être au service d’une cause plus grande, plus juste, plus harmonieuse : l’espoir et le sens du devoir emplissent mon âme et mon cœur d’un murmure qui appelle à accomplir un Destin unique.

Je sors du cabinet puis marche quelques pas. Au début peu assurés, ils prennent confiance au fur et à mesure que je progresse dans le hall. C’est la première fois que je porte autant de couches de vêtements et de bijoux. Je continue d’avancer en direction du Palais de la Pureté Divine, les servantes les plus haut gradés se placent de chaque côté de ma traîne. Une haie d’honneur se forme sur le chemin menant à la salle du couronnement, en tenue d’apparât et armés de longues lances dorées, ils protègent la voie de la nouvelle souveraine.

Des tambours, des cymbales et des clairons se mettent à résonner à travers les couloirs de la Cité Interdite. Les musiciens me suivent, annonçant mon arrivée proche. Nous passons la porte lourde pour arriver dans la cour du Palais. A mon arrivée, les soldats de l’armée lancent un cri à l’unisson :


« 华 ! »

Premier caractère de mon prénom, mais également la fleur. La fleur qui naît, éclos et grandie aux yeux de tous. Ma démarche est lente, le temps pour eux de s’incliner légèrement pour saluer mon passage. Les eunuques sont en place devant les portes du Palais. Lorsque je suis au milieu de la cour d’honneur, ils les ouvrent lentement. Des pétales de roses et de pivoines déferlent depuis les airs et tombent au rythme du vent sur la Cité Interdite, cela donne une atmosphère féérique, magique.

Les visages sont sérieux. Une cérémonie comme celle-ci n’arrive que peu souvent. Une dynastie est morte dans les flammes, une nouvelle pousse. Une chance pour de nombreuses personnes et notamment celles qui sont là aujourd’hui. Je reste concentrée sur mes pas, ma chevelure et tout ce qu’il y a autour de moi. Je ne peux pas m’arrêter et les mains jointes devant moi, je frotte un peu mon alliance.

Ma Voie n’a pas été facile, mais je l’ai trouvé. J’ai compris ma destinée et je la revendique aujourd’hui.

Le soleil brille dans le ciel, aucun nuage à l’horizon. Un soleil hivernal, froid mais chaleureux comme les pierres et les murs bordeaux de la Cité Interdite. Lorsque je suis sur le point de monter les premières marches, la musique s’arrête. Seul le bruit de mon épais talon sur les marches de pierre parvient à mes oreilles.

Une légère brise souffle à ce moment-là, attirant mon attention vers l’Est. Je relève la tête pour observer le ciel, j’aperçois de nombreux oiseaux qui arrivent en masse pour survoler la Cité Interdite. Ils viennent eux aussi en nombre pour célébrer mon ascension.


« 看  镜   中    人  朱  颜  瘦   » pensé-je brièvement, portant un léger sourire à mes lèvres.

Je reprends la montée des escaliers. Un exercice périlleux avec toutes ces couches de vêtements cérémoniaux. Un premier gong retentit me rappelant au code du rituel car même si je rythme les évènements aujourd’hui, je dois tout de même respecter le protocole.
Un second gong retentit. J’arrive presque en haut des marches. Je commence à voir les premières têtes des gardes et des membres de l’assemblée dans le grand Palais de de la Pureté Divine. J’aperçois un trône avec d’épais coussins dorés et une large armature en bois ébène. Instinctivement, je cherche des visages connus.

Je reconnais quelques personnes du sud, des fonctionnaires que j’ai déjà croisé… Ah ! J’aperçois Xupeng dans la salle, à côté du trône avec Gao. Ils sont magnifiquement vêtus eux aussi. Mon frère a une armure lourde verte avec des pierres précieuses serties à l’intérieur. Il a même rangé son éternelle broche à cheveux en bois pour une en or. Notre professeur et eunuque familial a également été apprêté pour l’occasion. Il est certes en tenue de serviteur… Mais n’importe qui peut deviner qu’il s’agit d’un serviteur de prestique : il porte une haute coiffe et de longs habits noirs. Son couvre-chef est si haut qu’il passe même par-dessus la tête de l’héritier de ma famille.

Il me fait d’ailleurs un léger signe de tête sur le côté. Je gravis une nouvelle marche et je vois une petite tête ronde qui sourit. Mon fils est là aussi. Il est sur un siège posé sur les marches du trône. Lui aussi est magnifiquement habillé dans un hanfu aux couleurs similaires aux miennes. J’aimerais qu’Haojun soit là aussi pour me voir magnifique comme je suis. Peut-être que cela lui rappellerait notre mariage.


« 看  爱 与 恨  新  又  旧 »

Je suis en haut des marches. Le nouveau cor de l’Impératrice résonne accompagné d’un gong et des instruments qui recommencent leur fanfare. Je me stoppe un instant et reprend le chemin. Lentement, je savoure le moment. J’entre enfin dans la salle. Les grands de ce monde m’observent, me jugent du regard, portent leurs espoirs, leurs craintes et leurs désirs sur ma personne.

Tout un empire sur mes épaules. Tout un empire à servir. Tout un empire à gouverner.

Il tient dans cette salle autant qu’il est dehors, loin dans les campagnes, par-delà les montagnes, les plaines et les déserts. Au-dessus des fleuves, des nuages et des mers, une nation entière à mener vers un avenir paisible et prospère.

Je vois enfin Francis, il est avec mes parents sur ma gauche. Ils sont tout sourires et les regards larmoyants : leur fille devient Impératrice. Personne ne leur aurait dit ça il y a un peu plus de vingt ans lorsque je suis née. Eux, les honnêtes marchands parcourant les routes des campagnes, de ville en ville, ont donné naissance au dirigeant d’une des plus grandes civilisations interstellaires.

Francis pouffe un peu de rire en me voyant. Je sais qu’il ne se moque pas, c’est plus un rire comme il sait si bien les faire : « t’exagères quand même ! ». Mais je sais qu’il aime aussi ce qu’il voit : c’est aussi un des acteurs de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Je regarde un peu le reste des invités.

Des consuls sont également présents. Certains que je connais, comme Jiahao, d’autres non. Des bannières du Consulat, de ma famille et de l’Empire flottent dans la salle, accrochées au plafond. L’assemblée est opulente, fabuleuse et riche. Les dames comme les hommes ont mis leurs plus beaux atours, comme pour gagner une place dans la légende. Peut-être même que les peintres les représenteront dans le tableau de la cérémonie.
J’arrive devant le trône. Je m’arrête un instant, je regarde Yue et je lui fais un clin d’œil complice. Il rigole un peu sur sa petite chaise pour jeune enfant. Il est vraiment adorable ! Il gigote un peu puis se calme lorsque j’écarquille un peu les yeux pour lui intimer de s’apaiser.

Je gravis les quelques marches qui me séparent du trône. Je me tourne lentement tandis que les servantes décalent ma longue traîne sur le côté gauche. Je m’assois lentement, tout en élégance pour prendre place sur cette large et profonde chaise majestueuse. J’inspire un bon bol d’air pour mesurer l’événement qui se déroule devant mes yeux.


« 看  灯   如 昼   泪  湿  透 »

Gao s’avance de quelques pas et s’installe à un mètre de moi, un peu plus bas. Il sort un long parchemin qu’il déplie devant nous tous avec lenteur et délicatesse : il ne faut surtout pas le froisser, il sera conservé dans les archives pour les siècles à venir. Il éclaircit sa voix puis débute le grand récital avec un ton très officiel :

« Nous sommes réunis ici et en ce jour pour célébrer l’avènement de la Dynastie Song et la renaissance de sa fondatrice, Song Huayan. » commence t-il.

Déjà, les rangs se meuvent doucement et légèrement pour que chacun tienne sa position attitrée pour être prêt le moment venu. J’écoute avec attention autant que mes sens sont en ébullition. Chaque sensation, chaque mot, chaque bruit, chaque son, je les vis à leur maximum. Je vois tout.


« En de sinistres heures, Song Huayan se dresse sur le trône comme un gage de prospérité et d’harmonie futures. Par la grâce, la beauté et l’intelligence, elle porte le Mandat Divin à la place de feu l’Empereur. Protectrice de notre antique civilisation, elle porte les valeurs de notre Nation bien au-delà de notre monde. » continue t-il.

La partie importante va débuter. Mon cœur palpite, il bat comme un tambour de guerre.


« Moi, Song Gao Duc du Sichuan, je me présente humblement devant cette illustre assemblée pour proclamer l’avènement d’un nouveau règne. Un règne du Bien, du Beau, du Vrai, du Juste. Des anciens aux nourrissons, du Soleil à la Lune, de l’Ouest à l’Est, des mers aux montagnes : notre monde connaît une transition sans précédent et unique en son genre. L’Histoire est en marche. Pour la seconde fois, une Impératrice se lève. »

C’est là. Malgré toute ma volonté, j’ai presque du mal à contrôler ma respiration. Je me tiens droite, je suis tendue sur le trône, mon trône… Je vois tous ces gens devant moi, des alliés pour la plupart, mais l’occasion est exceptionnelle. Je joins les mains devant moi, au-dessus de mes jambes. Près de mon ventre, cela me permet de former une sorte de protection imaginaire. Cela me calme un peu avant le grand final.

« Par conséquent, je proclame Song Huayan : Impératrice Céleste Éternelle Meng Tian -蒙天-, Fondatrice de la Dynastie Song, Porteuse du Mandat Divin, Reine des Hans, des Mandchous et des Peuples du Sud, Grande Magistrice des Arts Magiques, Protectrice de la Terre des Dragons, Souveraine Légitime de toutes les Terres sous le Ciel, Ambassadrice des Cités Dorées du Consulat, Consule de l’Étiquette et Dame de Chengdu ! » clame t-il fort et fier.

Électrisée par la liste de mes titres, je prends enfin appui sur mon trône et accepte enfin mon rôle. Ceci est ma place. Ceci est mon règne. Ceci est mon empire. Et au loin, le ciel dégagé annonce un règne des plus lumineux et glorieux.


« Puisse-t-elle régner à jamais ! » conclu enfin Gao.

En cœur, et dans un mouvement synchronisé, l’assemblée toute entière se met à genou pour crier en chœur :


« Puisse-t-elle régner à jamais ! »

Certains même, les militaires et les héros, sortent leurs épées pour la planter dans le sol devant eux comme pour ajouter un aspect martial à leur allégeance et leur reconnaissance de nouveau statut.

En ce jour, je renais. Je ne suis plus uniquement Huayan. J’incarne une nation toute entière en moi, ses espoirs, ses peurs et ses ambitions de paix. Je reviens sous la forme bienfaisante de l’Impératrice, la Mère rassurante qui conduira ses enfants vers un avenir meilleur en ces périodes bien sombres.


« 看  谁   来  约  黄    昏  后 »  

Je suis L’Impératrice Meng Tian. Je suis l’Empire. Je suis la Chine. Puissent les ancêtres être témoins de ma renaissance parmi le plus haut de notre civilisation. La fin d’une vie, le début d’une nouvelle, la fin et le début d’un nouveau cycle. Pour le meilleur comme pour le pire, je servirai. Des ténèbres à la lumière, à travers les tempêtes et les cieux apaisés, des tréfonds des mers au sommet des montages, je vais régir ce monde pour les Dieux.

Je me sens puissante. Je me sens maîtresse de mon existence. Je me sens forte. Je me sens belle et divine. Tous ces efforts, toutes ces souffrances ont enfin payés. Je vais pouvoir enfin revendiquer une place digne de mon rang ! Digne de mes pouvoirs, digne de mes compétences, digne de servir un destin plus grand que le sien. Mon existence devient secondaire, seul l’Empire et ses peuples comptent désormais. Que tous s'inclinent l'incarnation de la puissance impériale !

Puisse mon règne être long, les soucis passagers et la destinée flamboyante !

Que tous saluent l’Impératrice Céleste Éternelle !
HRP :
J'aimerais dédier ce RP à deux personnes en particulier.

La première, c'est en partie la responsable de cette trame par un "chiche" aux lourdes conséquences : Erik Woods. Je crois que beaucoup te remercieront haha !

La seconde, c'est ma mère qui aurait aimé lire ou m'entendre raconter les aventures de cette sacrée Huayan avec un léger sourire de " Oh, t'as pas osé faire ça quand même ? " suivi d'un " Vas-y, continue. Make them eat it. ". Malheureusement, elle n'a pas pu découvrir cette fin de trame, mais je suis sûr qu'elle l'aurait aimé.

Merci d'avoir lu ce rp !


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轮回 - Réincarnation Signat10

"I'm the light every night in your world
You revel in the glory of my beauty
Ready to watch me be legendary ?
'Cause I'm ultraluminary !"









Impératrice Céleste Éternelle Meng Tian -蒙天-, Fondatrice de la Dynastie Song, Porteuse du Mandat Divin, Reine des Hans, des Mandchous et des Peuples du Sud, Grande Magistrice des Arts Magiques, Protectrice de la Terre des Dragons, Souveraine Légitime de toutes les Terres sous le Ciel, Ambassadrice des Cités Dorées du Consulat, Consule de l’Étiquette et Dame de Chengdu








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