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« -Et voila ! Par Etro je ne m’attendais pas à ce que ça nous prenne autant de temps.
- Comme vous dites Mamie, merci pour l’coup de main je n’y serais pas arrivé seul.

-Allons allons c’est bien normal. Sinon à quoi serviraient les amis ? »


Pour toute réponse je lui retourne un sourire en contemplant le parchemin posé sur la table en bois devant elle. J’avais eu le nez creux en venant demander de l’aide à ma Mamie favorite pour rédiger ce foutue bout de papier. C’était une correspondance un peu risqué et on avait dû la coder un peu au cas où le papelard finirait par tomber dans de mauvaise patte, mais pas trop pour que la destinataire pige ce qu’on voulait lui dire. Et Par Etro qu’est-ce qu’on en avait chié ! Mais enfin en mêlant ses connaissances littéraires et mon esprit d’enfoiré on avait fini par aboutir à quelque chose.

M’adossant sur le dossier de la chaise  je laisse échapper un petit soupir en contemplant l’intérieur rustique de la maison de ma mamie. Une cheminée accueillante, quelques bibelots posés ça et là sur des étagères et quelques gros coussins disposés près de deux caisses en bois. Sans doute remplit de jouet pour les marmots dont elle s’occupe.  Et au milieu la table où nous sommes installés.
C’était pas grand-chose mais plus ne lui aurait pas convenu. C’était Mamie Belette et…


« -Oh Fiathen ! Vous êtes là ?

-Oups ! Désolé j’étais…dans mes pensées. Vous disiez ?

-Mh, je voulais juste vous dire que si vous vouliez je pouvais recopier la lettre au propre, pas la peine d’aller embêter ce pauvre aspirant.

-Ah c’est gentil mais je préfère que ce soit Damien. Pas que vous écriviez mal hein, mais c’est lui qui a écris la dernière lettre que je lui ai envoyé. C’est déjà suffisamment louche comme ça, si en plus l’écriture change entre les deux ça risque de ressembler encore plus à un traquenard.

-C’est vous qui voyez ma foi. Bon et sinon pour le prêtre je vous ai trouvé quelqu’un. Armand de Mirandre. Il fait surtout des offices pour les plus jeunes dans le quartier sud. D’après ce qu’on m’a dit l’annulation des escortes pour les prêtres lui aurait couté quelques semaines d’hôpital.

-Ah pas cool. Et vous pensez qu’à cause de ça il pourrait accepter de me filer un coup de main ?

-Hé bien en tout cas c’est le plus à même de vous aider que
je connaisse. Et puis il va souvent visiter les prisonniers à ce qu’on m’a dit.
-En effet il serait pas mal alors…J’irais tenter ma chance auprès de lui, merci mamie.

-Vous radotez vieille chose, attention. Et puis entre nous je suis d’accord, il est grand temps de faire quelque chose pour lui. Ah, l’eau est enfin chaude ! »


Je regarde d’un œil amusé ma belette préférée sauter de son tabouret pour aller retirer sa bouilloire de la cheminée. Etro que ça me faisait plaisir de pouvoir la voir faire ça. Je la revoyais encore il y a quoi ? Un an même pas ? Sous une tente dans des campements vétustes à se demander comment tout le monde allait passer l’hiver. Tout n’était pas rose partout mais aujourd’hui ma vieille amie était à l’abri et elle avait du thé. L’équilibre était restauré.

Alors qu’elle revient chargé de sa bouilloire et de deux tasses qu’elle entreprend de remplir mon amie reprend la parole.

« -Et en parlant d’entraide…honnêtement je trouve un peu dommage que le Sanctum n’ai rien fait pour les évènements qui se sont produit au Consulat. »

La remarque est lancée sur le ton de la conversation, sans arrière pensée, mais je ne peux pas m’empêcher de me raidir un peu, soudainement moins à l’aise. Aucun habitant de la Citadelle n’était resté insensible à l’annonce des attentats. Beaucoup avait des amis aux Jardins Radieux bien sur mais surtout tout le monde se rappelait encore trop de l’attaque de la Coalition pour ne pas compatir au sort des habitants des Citées Dorées.

« -J’comprend ce que vous voulez dire Mamie mais…bon déjà le Consulat a toute les ressources pour réparer les dégâts, ils ont pas la moitié d’une ville en cendre. Et puis on est en guerre alors…

-Certes enfin le Primarque a déclaré la guerre au Consulat depuis plus de deux ans et pour le moment on ne peut pas dire qu’il a fait grand-chose pour aller dans ce sens.

-Non bien sur, mais ce serait revenir quand même sur sa décision et je ne suis pas sur qu’il puisse faire ce genre de chose.

-Vous voulez dire admettre ses erreurs ?

-Oui voilà.
Ou alors s’évader des geôles de ports-royale, briser un blocus interstellaire et détourner un vaisseau pour revenir ici. Mais ça n’arrivait probablement qu’en deuxième position.
-C’est tout de même dommage pour quelqu’un qui sert une déesse de compassion et de justice. D’autant plus que le Consulat était venu nous aider il y a trois ans.

-Je sais bien, je sais bien. Enfin de toute façon même si il avait voulu faire quoi que ce soit pas sûr qu’en face ils auraient accepté. J’ai déjà causé avec la nana qui a fait le communiqué de presse à l’éclaireur, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle nous aime pas. Probable qu’elle nous aurait demandé de dégager comme l’autre con l’a fait pour le Consulat.

-Quelle tristesse…un jour il faudra qu’on arrête de donner du pouvoir à des gens trop fier. Enfin de toute façons les blessures les plus graves ne se refermeront pas avec du mortier.

-C’est ce que j’me dis aussi, ouais. C’est à nos prêtres sur place de faire ce qu’ils peuvent.

-Oui, en espérant qu’ils n’aient pas trop de sermon funéraire à prononcer.

-Non, pis de notre côté non plus. C’est qu’avec le nombre de gens de chez nous qui sont partis là bas on risque de voir des cadavres nous revenir. Et Etro sait que ça commence à devenir difficile de trouver de la place dans notre cimetière.

-C’est vrai que le Domaine Enchantée est accueillant même dans la mort. En m’y baladant une fois j’ai même vu la tombe d’une mercenaire, en tout cas d’après l’épitaphe.

-Sérieux ? Où ça ?

-Oh, derrière la petite chapelle qui est après les remparts. Une certaine Eléonore je crois, quelque chose comme ça.

-Hé, marrant. Si ça se trouve en cherchant bien on en trouvera une d’un mec de la Coa’.

-Ma foi il y en a peut être vraiment une, oui.

-Gné ? Comment ça ?

-Hé bien régulièrement il y a une tombe qui est la cible de dégradation. Les
fleurs bleu sont arrachées, des objets rouge sont posés à proximité, des statuettes en argile qui veulent représenter Shemazaï sont mises dessus. Ce genre de chose.
-Ouah sacrément vénère en effet, c’est la tombe de quelqu’un de connu ?

-Je ne sais pas, le nom a été gratté. Mais si ça vous intéresse vous ne devriez pas avoir trop de mal à en savoir plus. Hier j’ai croisé une de vos protégées, Néréine il me semble, qui partait du cimetière les mains toutes tachées de terre. Et la tombe en question était aussi dégradée que possible.

-Néréine ? Z’êtes sur ? Elle a son caractère ok mais je la vois mal faire un truc pareil.

-Je n’en sais pas plus que vous. Mais vous ne perdriez rien à lui en toucher deux mots. »

Rien y perdre peut être mais la connaissant mais je pouvais y gagner un joli coquard. Enfin c’étais quand même curieux comme histoire, ça méritais probablement que je fouille un peu tout ça. Un détail surtout m’intéressait dans l‘immédiat.

« -J’essayerai de voir ça avec elle ouaip. Mais vous dites qu’elle avait les mains pleines de terres et qu’elle fait des statuette…Elle irait jusqu’à acheter de l’argile ? Elle doit sacrément en vouloir pour mettre sa solde là dedans.

-Oh je ne pense pas que ça lui coute bien cher. Le fond de la rivière est une terre très argileuse, elle se fournit sans doute là dedans.

-Ah ouais pas con…bon ben écoutez merci de vot’ temps. C’était très sympa mais les pieds de mes élèves vont pas s’esquinter tout seul, faut que j’y…

-Allons allons Fiathen, inutile de jouer à ça avec moi.

-Heu…comment ça ? Non mais j’ai vraiment un cours qui va commencer et j’aime mieux pas être en retards.

-Fiathen. Cela fait maintenant cinq ans que l’on se fréquente, je sais quand quelque chose vous tourmente. Depuis que vous êtes assis vous n’arrêtez pas de serrer et desserrer vos mains et vous n’arrivez pas à fixer quelque chose plus de cinq secondes. Allez, dites à votre mamie ce que vous avez sur le cœur vieux brigands. Ca vous fera du bien. »


Je grimace aux derniers mots de ma vieille belette. Elle me connaissait beaucoup trop bien.

Laissant mon regard se perdre dans sa petite chaumière j’essayais de trouver le courage de répondre. Ca devrait être facile pourtant, mamie Belette était ma besta’, elle avait toujours su trouver les bons mots, avoir les bons gestes au bon moment. Lorsqu’elle m’avait vu en caisse à savon pour la première fois elle n’avait pas eu  dans le regard ce mélange de dégout et de compassion que ma vue semblait inspirer à tout le monde. Non, au contraire, j’avais vu du soulagement et de la joie dans ses yeux, le plaisir de me savoir de nouveau vivant. Je savais qu’elle plus tout les autres saurait me comprendre.

Mais j’y arrivais pas.

Comme si les mots butaient sur un bouchon au fond de ma gorge, comme si mon instinct m’interdisait de prononcer ces foutues paroles. Comme si de m’entendre dire à voix haute ce qui pesait sur mon cœurs finirait par rendre mes problèmes plus tangibles, plus réels.

Sauf qu’ils étaient déjà putain de réels. La seule chose que ça changeait de me taire maintenant c’était d’éviter une fois de plus de me confronter à la réalité, ça me permettait uniquement de me voiler la face. Et j’avais promit au fond de ce foutu lit d’hôpital que ça ne se reproduirait plus.
Retournant des yeux hésitants sur ma vieille amie je pris une inspiration tremblante.


« -Je vais mourir Mamie. »

Le silence. Elle me regarda sans rien dire, le visage indéchiffrable. Puis, toujours muette, elle s’assit à côté de moi, posant simplement sa main sur mon épaule. Devinant que je n’avais pas fini de parler mais que j’avais besoin de sa force pour le faire.

La remerciant d’une pensée j’éloignai tant bien que ma la peur qui m’assaillait et je repris. La voix plus tremblante que jamais.

« -J’ai…j’ai encore fait une crise. C’était hier. J’ai eu un malaise et je…la dernière fois que ça m’est arrivé…je recommence à perdre. Et là ben… Il me reste plus rien d’autre à perdre à part…ma vie. »

L’angoisse me noue la gorge, je sens que tout mon corps se met à trembler et j’ai de plus en plus de mal à respirer. Je n’aspire plus l’air que par saccade, mes mains tremblantes se plaquent sur mon buste et je…je…

Mamie m’entoure de ses deux bras. Toujours silencieuse, toujours réconfortantes.

Mon souffle finit par se calmer et je reprends.

« -Ce que je veux dire Mamie c’est que…cette fois-ci je ferais plus comme si y se passait quedal. Je veux plus mettre la vie de personne en danger à cause des mes conneries. Alors…je…je veux pas lutter. Je vais mourir. »

Une expiration, sanglotante. Le plus dur était fait, je l’avais admis. Et d’un coup tout le reste me parut plus naturel. Pas plus facile mais plus naturel. Ma tête toujours dans les bras de ma meilleure amie je repris.

« -Mais juste…avant…lorsque je…lorsque j’pourrais plus faire c’que je fais je…j’aurai besoin de vous. J’me connais Mamie j’suis qu’un con buté et je…j’vais remettre des vies en danger alors je…j’aurai besoin
de vous. Besoin que vous m’aidiez à m’arrêter…Besoin que vous protégiez tout le monde de moi. »

Les larmes se mirent à couler sans s’arrêter sur mon visage ridé et les sanglots me forcèrent à me taire.  C’était une idée affreuse mais je devais y faire face. J’pouvais plus me faire confiance, pas sur ça. J’avais dérapé trop de fois, mis trop de vie en danger à cause de ma connerie, ça ne devait plus arriver. Lorsque mon infirmité m’empêchera de continuer à accomplir mon devoir je raccrocherais pour de bon. Et pour ça j’aurai besoin de toute l’aide possible.
Prenant une dernière inspiration je repris la parole, j’avais un dernier truc à dire.


« - Et aussi…j’veux être enterré au cimetière…dans le petit coin près du chêne, tout près de la rivière.  J’veux juste une bête croix en bois à cet endroit, et dessus…dessus juste écrit : Fiathen, templier. Rien d’autre, pas de petite phrase, pas de dernier compliment, pas de mention à ce que j’étais, ma magie ou quoi. Juste Fiathen, templier. Que…que pour les gens qui passeront par ici ça puisse être autant un vieux schnock qu’un jeune gars au regard de feu qui soit enterré là. Voilà. Vous savez et…j’sais que vous ferrez ce qu’il faut. »

Petit à petit les larmes et les sanglots s’espacèrent, elle desserra enfin son étreinte et me regarda. Simplement. Pas de récrimination inutile, pas de « ne dis pas ça voyons ! » ou de « allons ça va passer, crois en toi ». Non. Juste un regard. Un regard d’acquiescement et un petit sourire.
Un sourire triste, évidemment,  mais un sourire quand même. Car il est certaines choses contre lesquelles il est inutile de lutter, les vieux savent ça mieux que quiconque.
Finalement après un moment elle opina.

« -Bien Fiathen. Je ferais ce qu’il faut. »

Simplement ça. Merci mamie. Voilà ça c’est fait. Je sentis alors une douce tranquillité se répandre en moi.

Tranquillité qui se mua en terreur glacé lorsqu’elle reprit la parole.


« - Je…je m’approche aussi de la fin de mon parcours Fiathen. Et lorsque la faucheuse viendra me chercher j’aimerai…j’aimerai que mon corps soit enterré à Sherwood. »

Ce n’est qu’alors que je mesure tout ce qu’a dû lui couter de m’écouter en silence, de se contenter de m’épauler délicatement quand j’en avais besoin. Je n’ose pas poser mes mains tremblantes sur les siennes mais j’essaye d’afficher le même air réconfortant qu’elle, de l’écouter comme elle m’a écouté. Mais Etro que c’est dur.

« -Il y a un petit village à quelque minutes de Nottingham, Ludlow. Oh ce n’est pas grand-chose, juste quelques chaumières pas trop loin les unes des autres, c’était là que…c’est là que mon mari et mon enfant ont été enterré. Nous sommes séparés depuis longtemps à présent, mais j’aimerai que nous soyons rassemblés pour…la toute fin. »

Non.

Je ne le ferai pas car vous ne mourrez pas mamie. Il vous reste encore trop de chose à faire, trop de gens ont besoin de vos sourires, de votre présence. Vous avez pensé aux autres ?  A toutes les personnes que vous laisserez seul, démuni ? A tous ceux qui ont besoin de vous ?

A moi ?

Alors qu’un de mes remparts les plus nécessaire se fissure soudainement j’ai envie de lui dire tous ces lieux communs que j’ai été si heureux de ne pas entendre dans sa bouche. J’ai envie de la convaincre qu’elle ne mourra jamais pour m’en convaincre moi-même, d’alimenter son déni pour nourrir le mien.


« -Bien Mamie. Ce sera fait. »

Il n’y avait rien d’autre à dire. Je n’avais pas son courage mais je devais au moins essayer de l’imiter.

Réalisant alors la chance que j’ai de l’avoir à mes côtés je reprend ma tasse d’un air hésitant.
« -Il…il vous reste un peu de thé ?

-Oh je…oui bien sur, mais vous n’aviez pas un cours ?

-Ils attendront. »

Oui, ils peuvent attendre. Mais nous, combien de temps ensemble nous reste t’il ?
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Bien ! Encore un rp sous la joie, la complicité et les bonnes nouvelles ! Spoiler : non.

Alors, j’vais pas avoir beaucoup à dire pour ce texte. Outre que j’suis désolé d’avoir pris du temps à noter ET que j’ai repérer ton p’tit manège à écrire des dialogues en blanc. Par ailleurs, j’me suis posé une question et j’pense déjà avoir la réponse à celui-ci.

Est-ce que le texte devient un outil à la narration ?

Comme tu l’dis, il ne reste plus grand-chose à Fiathen avant d’passer la glace à gauche. Et, est-ce que les segments invisible à notre œil ne serait pas l’interprétation de la sourdité de Fiathen ? Enfin, comme j’le dis, j’pense avoir la réponse à ma question.

Autrement, ouais. J’aime pas mal le texte. C’est une certaine façon pour annoncer la fin du personnage, beaucoup plus humaine que les combats titanesques que nous voyons à gauche et à droite. C’est… presque poétique. J’aime bien. Enfin, j’dis pas ça parce que bientôt on n’aura plus à te lire !

Enfin, vraiment, c’était sympa.


Très Facile : 7 points d'expérience + 50 munnies + 1 PS en Magie ! D’ailleurs, il y a un papier qui traîne devant la porte… Un rapport ! N’hésite pas à demander à Primus pour savoir ce que c’est.

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