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Arthur, les yeux dans le vague, le regard subtilement baissé malgré la dignité qu'il entend conserver. Sans les regarder, sans rien regarder sinon de haut le sol à ses pieds, des corbeaux suivent Arthur en aura de nuées ; certains sont encore noirs mais la plupart sont de cendres et de sangs. D'Erato le Fils lui-même a moins d'éclat, l'or de sa toison se fait de paille et rassie, sa peau a bien pâlie aussi. D'ailleurs, ses yeux sont bien jaunes aujourd'hui, et leurs blancs tout particulièrement rougis. Ce n'est pas lui qui est mort mais il en tremble encore. Par moment, par heures, perdu se fait le regard comme dans les vagues ; comme on écoute le chant des sirènes. Un mal bien plus grand que touts les autres maux semble alors l'envahir, par moment seulement. Un mal que le Poète chasse ardemment mais si brûlant de passion, face au deuil et à la froide mort, sa détermination brûle désormais en débris fumant. Si longtemps, si longtemps à vivre en pensant ce mal si loin de soit, si hors d'atteinte ; si imprégné dans les notions noirs du coeurs, en chacun d'entre nous. Nous pouvons tous devenir fou. Nous pouvons tous céder. Si orgueilleux de ne l'avoir jamais réalisé.
Ce mal dont je vous parle, c'est la plus grande perte, c'est la perte du sens ; ce mal dont je vous parle, on le nomme nihilisme. Quand on perd le sens, l'existence est souffrance ; la souffrance est indéniablement pur malveillance si on la prive de sens.

La fin de ce chemin, c'est de considérer l'existence même comme étant malveillante, puisque c'est d'elle que vient la souffrance. On a tous un Kefka qui sommeille en nous, une partie de nous-mêmes que l'on fait taire mais qui, au fond, pose toujours la même question… à quoi bon ? Le jour où vous n'avez pas de réponse à cette question, le désespoir et le chaos vous guette, la destruction surtout. Mais la mort n'est pas destruction, elle est autre chose. La véritée, c'est que l'existence est souffrance… dénué de sens, c'est de pur malveillance que nous parait alors tisser l'univers ; si on y met du sens ? Cela devient Tragédie. C'est tout l'art de la Tragédie que de donner un sens à la souffrance et, ainsi, chasser la malveillance.

Et c'est dans cet état d'esprit que d'Erato le Fils se présente face aux flashs et lumières électroniques en masses, des masses de gens tout simplement ; des gens et encore des gens à perte de vue sur le plus étendue boulevard du Jardin Radieux et encore des gens, toujours des gens, la plupart ayant différentes machines avec eux. Les Gummiphone se remarquent, soudain envahissant mais… il n'est pas d'humeur dans l'instant à contempler les étoiles, cette voie lactée de coeur nouvellement connecté. Que la Lumière jaillisse de cette toile, puis fatalement, son ombre aussi. Assaillis de questions, de flashs, d'exclamations et de drames théâtrales, ca crie et ça pleure encore.
A part ça, indifférent, ses corbeaux ont par leurs simples présences sauvages et effarés chassé tout et tout le monde de l'estrade ; ce fut brusque. A part ça, n'est-ce pas, le poète guette la foule d'un air dubitatif pendant que les corbeaux se répandent à mêmes les toits, rebords de fenêtres, végétations, éclairages publics ou de l'éclaireur, les caméras avec et parfois même des personnes. Une large partie, pourtant, recouvre toute l'estrade pour ne laisser qu'Arthur devant un sinistre rideau de cendres et de sangs, toile mouvante aux légions d'yeux perçants.

Ils sont là, les souvenirs du Tragédiens ; autant de gargouilles à plumes qui vous jugent à vous faire pâlir, impitoyablement… on se croirait sur le Parvis de Notre-Dame. Et qui fait office de Cathédrale ? Le temps que stupeur, parfois frayeur jusqu'à l'horreur -des cris, des larmes, un vent de chaos- se passe, d'Erato le Fils s'énerve soudain pour imposer le silence avec effroi !

« Quand bien même il revient, que croyez-vous ?! » Hurle-t-il !

« Bien dit !!! » Croassent-ils tous en coeur d'un sursaut commun et surnaturel !  

« Mon frère serait déshonoré de mourir malade sur un lit de mourant ; il peut bien mourir en vengeant sa femme si ça lui chante, quelle mort parait plus digne que celle-ci ? Le Consulat… nous… nous aurons tout. Nous aurons l'art, la beautée, la passion et le savoir, nous aurons l'amour comme la gloire, encore une fois, nous aurons tout ! Et mon grand-frère a tout sacrifié pour que nous ayons tout, lui n'a… rien… il ne profitera de rien de tout ça, il a tout sacrifié, a sacrifié sa vie toute entière pour le Consulat. Pour nous. »

Le masque du désespoir se reflète sur un bien jeune, et si triste, visage.

« Laissons-lui sa mort, de grâce, et avançons en l'honneur de son nom, que jamais il ne soit oublié durant l'éternité. En attendant, n'ayez crainte, peuples Consuls. N'ayez crainte car sachez ceci : la nuit n’est jamais complète. Il y a toujours, puisque je le dis, puisque je l’affirme, au bout du chagrin : une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée. Il y a toujours un rêve qui veille, un désir à combler,  un faim à satisfaire, un cœur généreux, une main tendue, une main ouverte, des yeux attentifs, une vie. La Vie, à se partager. »

« Jamais plus… » Croassent-ils tous en coeur…

Un temps de silence. Le temps de penser à la mort de Rivy Pikina, soeur aussi enjouée qu'adorée ; impossible à pleurer puisqu'Irélia est arrivé. De joie et peine entremêlé au moment de les perdre eux aussi. Quelque part, dans la grande famille du Consulat, on cherche tous papa et maman désormais.

« Allez tous au diable ! » Lâche-t-il comme l'on surgit !

« Tous jusqu'au dernier ! » Croassent-ils tous en coeur !  

« Voilà les dernières paroles, les dernières volontés, de la Tragédie Faite Homme. La plus grande Tragédie, c'est encore son départ et je vous le dis clairement, sincèrement : »

Si Huayan Song avait suffisement de spontanéité pour être capable de hurler, c'est en criant à tripes ouverts à la place d'une voix posée qu'elle dirait à Arthur de se taire, de ne pas le dire au-delà que ce soit vrai ou faux. Soi-disant que l'Avenir Radieux du Consulat pourrait passer pour un être ambitieux, cruel et mauvais… le secret n'est pas d'être certain que les gens ne penseront pas de travers les intentions d'un poète. Le secret c'est de n'en avoir tout simplement rien à carrer de ses histoires de médias à l'heure où l'on vient de perdre son frère et ses deux soeurs, qu'on craint encore tellement pour les autres. Les quelques autres ; le si peu qu'il reste. D'Erato le Fils se fiche bien de tout sinon de ceux qu'il aime, des consuls… et oui, quelqu'un doit annoncer la nouvelle. Mieux vaut tôt que tard, le plus illustre Porte-Parole du Consulat n'a jamais été aduler pour son empathie ou sa douceur. Il était adulé pour être le porteur de la brûlante volonté de la passion, qu'elle doive réchauffer ou brûler ; si c'est le prix à payer pour les réveiller.
Celui qui annonce les mauvaises nouvelles, habituellement, c'est Genesis Rhaspodos mais… hélas…

« Genesis Rhaspodos ne reviendra pas, ce sont les corbeaux qui me l'ont dis. Mon frère… quoiqu'il fasse, au nom de touts ses sacrifices… de grâce, qu'on lui laisse au moins sa fin ; son destin de Tragédien. »

« Il ne reviendra jamais ! » Croassent-ils tous en coeur, ponctuant l'annonce comme d'un coup de tonnerre que le timing rend particulièrement dramatique, tragique même. Et Arthur reprend comme si de rien n'était avec un ton morne, lui qui parlait de son frère comme étant déjà mort de son vivant ; ce n'était, ces derniers temps, qu'un mort cheminant encore. Péniblement.

Pourtant incapable de se battre, le Consulat vient de perdre un épouvantail capable de faire rentrer Ariez ou Roxas à la maison ; si Arthur n'est pas capable d'être se sinistre épouvantail ? Personne ne le saura. Peu importe les puissances subtiles ou dissimulées, Irélia, Neige et Pamela pourront inspirer la méfiance mais jamais la peur. Huayan Song n'est peut-être pas capable de mourir pour le Consulat mais soit, elle en fait déjà bien assez comme ça. Et c'est peut-être celle qui en fait le plus, ces derniers temps… d'aucuns disent que c'est trop. Peut-être... peut-être mais… est-ce que l'avenir radieux du Consulat peut reprocher à un Consul d'en faire trop ? Quand à la garde, nous n'attendons pas d'elle gère des entités à la puissance démentielle ; les rues sont sûrs et les criminels ne prolifèrent, qu'on aille vivre à Illusiopolis ou Port Royal avant de critiquer cette garde ! Ceux du Consulat lui doivent, par un travail quotidien, leurs civilisations.
Ce qu'on attend d'Arthur… comme Genesis avant lui… c'est de faire rentrer Death à la Citée du Crépuscule s'il vient envahir le Jardin Radieux ; c'est de chasser Roxas le jour où celui prendra ombrage ; c'est… c'est ça, être le Porte-Parole du Consulat. Et si Arthur ne le peut pas, là tout de suite, personne ne le peut.

Le Porte-Parole, c'est celui qui fait taire un millier de Consuls enflammés au Sénat ; juste en haussant la voix.

« Pour ce qu'il s'est passé… ce n'est, hélas, pas compliqué : Kefka est arrivé au Jardin Radieux par magie avant de lancer une Divine Comédie sur ma soeur Mizore et repartir de la même façon qu'il est arrivé. Et Genesis n'est pas partit pour cueillir des fleurs, c'est certain que le bouffon n'en réchappera pas. Qui peut résister à la fureur de mon frère en ayant assassiné sa bien-aimée ? Et avec entrain ? Et en dansant ? Et en lançant son sinistre rire dans toute sa ville ? Personne. Encore moins ce bouffon sinistre et si vil. »

Pourtant, des êtres aussi sordides que Kefka rôdent par-ci par-là dans l'univers, la plupart sont trop peu puissant pour se rendre réellement intéréssant mais dès que l'un d'eux le devient, ca donne la Guerre des Bois, à Sheerwood… ou le Palais des Cauchemars. Des êtres tel que Kefka ? Il en existe des groupes entiers que je ne saurais nommer. Tous ne sont pas aussi puissant, heureusement.
Certains, néanmoins, le sont. Les fouilles sont futiles mais pour ne pas froisser la dame, si c'est déjà terminé, il se retient de le souligner. La réunion à huit-clos aura cependant lieu… que la Danseuse en libre mouvement et l'Etiquette à pas pesé se parlent ; elles sont trop importantes, l'une comme l'autre, pour qu'on se permette de les admirer se quereller.

Quelle querelle magistrale à venir pourtant… ca serait si égoïste, malavisé et malveillant de juste… laisser la querelle se déroulée pour l'admirer ; mais de la même façon qu'on ne brûlera pas le monde au nom des funérailles de Genesis, aussi tentante que paraisse l'idée, le Poète désire crever l'abcès. Encore plus à l'heure où Arthur vient de perdre un frère et deux soeurs, sa famille se fait décimer puis semble partir pour s'entredéchirer… ? Quel mal horrible -celui qu'on nomme nihilisme- fait Arthur, quelque part dans ses recoins noirs, se dire que c'est de plus en plus en magistrale… ?
Est-ce la malédiction du Poète… même face à la mort de ses proches, même face au futur incertain… de tout même réussir à s'émerveiller de tout ça… ? Non, le despoir l'étreint, le tient et ce qui le sauve de sa folie, c'est bel et bien son chagrin.

« Mizore s'en est allé mais reste le froid glacé ; Genesis est partit mais pas la Tragédie. La douleur est toujours là, elle ne partira pas ; s'il y a une flamme chaleureuse, c'est aussi de celle qui brûle dont nait notre passion légendaire. Les temps à venir seront sombres, la Tragédie nous guette à chaque instant, attend patiemment et fier à son sens du timing légendaire, elle nous tombera dessus au pire moment. De la douleur, à chaque fois, nous serons frappé comme par l'éclair. Encore et encore, jusqu'à notre mort. A chaque fois nous devrons l'affronter, l'éprouver, la subir… certains doivent en mourir, ça ne plait à personne mais ça arrive, plus souvent qu'on ne le croit… encore et encore, nous devons survivre ou revivre face à la tyrannique Tragédie. Non pas parce que c'est la bonne chose à faire… pauvre de nous ; c'est la seule chose à faire. »

« Alors faites le ! » Croassent, impitoyables, les corbeaux.

« L’avenir, le futur, on se l’imagine tous ! Tantôt heureux ou selon notre humeur, tantôt triste… voir sans rien du tout… s’il nous intrigue tant, c’est qu’il nous fait peur. On construit notre futur grâce à notre passé mais l’adage ne dit-il pas de ne jamais regarder en arrière ? Qui croire ? Que faire pour avancer ? Ma faible expérience ne m’oriente guère. » Si jeune, l'ainé du Consulat baisse les yeux, les corbeaux s'agitant autour de lui pour masquer son désarroi et l'effacer peu à peu du décor ; pourtant, sa voix résonne encore, de plus en plus fort. « Je me pose un tas de questions, qui, comme les vôtres, resterons surement sans réponse. A moins qu'un miracle entre en action et nous donne toutes les réponses ? J’ai si peur de l’avenir qui m’est promis, j'imagine que vous aussi. J’aperçois tant de possibilités mais seule une faible poignée me ravit.

Que ferais-je si mon bonheur m’est refusé comme ce fut le cas de mon grand frère ?



Je vous dirais d'allez tous au diable avant d'allez m'entretuer avec le dernier détraqué en date. Le jour n'est jamais entier. Puisque je le dis, puisque je l'affirme, il y aura toujours une Ariez ou un Kefka ; un Xehanort ou un Asem ; il y aura toujours quelqu'un de malveillant, quelque part… qui viendra un jour à nous, nous l'affronterons ou nous le subirons. Peu importe le prix, de toutes ces malveillances dénués de sens nous ferons des Tragédies Grandioses, car c'est ce que nous a appris Genesis Rhaspodos. »


Sur un dernier croassement en coeur se clot la conférence de presse, sinistre et venu d'outre-tombe à en déchirer l'âme ; quelques âmes égarés furent châtiés par la fureur, se déchirant d'agonie. Le malaise parvient depuis l'éther et le Poète s'en va disparaitre dans des nuées de corbeaux aux plumes de cendres et de sangs. Du discours du Poète, le Consulat tremble encore… il n'y aura, pour l'instant, nul réconfort.
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Arthur me fait de la peine. Le voir si malheureux et si touché me fait monter les larmes aux yeux. Tout seul, ouvrant son cœur et sa peine face à tous ces gens. Il est accablé mais il a le devoir de leur parler. De les rassurer tous. Des centaines de gens veulent l'entendre. Des gens qui ont besoin de l'entendre.

J'ai écouté ses mots de poète. Un vrai calvaire. J'étais émue. J'ai du me retenir de lui sauter dans les bras.  Arthur a quelque chose de vrai, de sincère. Quelque chose qui me touche. Quelque chose de plus authentique et spontané que la dame de la terre des dragons. Les mots de son discours à elle n'avaient fait que m'effleurer. Ils avaient renforcé mes craintes.    

Le discours d'Arthur se termine. Il commence à peine à se détourner. Je fonce. Je ne prend pas le temps de réfléchir. Je décolle et traverse à la scène à tire d'ailes, droit vers lui. Je refuse de le laisser seul. Pas maintenant. Il a besoin de quelqu'un à ses côtés. Il a besoin de moi.

Les gardes ont à peine eu le temps d'esquisser un geste. Les corbeaux à peine eu le temps de tourner le bec dans ma direction. Je les déteste ceux là. En quelques coups d'ailes je rejoins Arthur. Avant que les gardes les plus vifs aient fini de réagir, croyant à une attaque, je me blottis dans le cou du poète. Et je le serre aussi fort que je peux.

Mon contact le fait sursauter mais il se détend presque aussitôt. D'un geste apaisé, il calme les gardes et pose sur moi une main protectrice. J'aimerais lui dire tant de choses ...

Oh non tu n'es pas seul Arthur ... Je ne peux peut-être pas te parler, je ne peux pas trouver et te dire les mots qui t'apaiseront. Mais je peux être là ...

Je vois bien que tu es triste ... Même sans ton discours je l'aurais vu. Depuis que je côtoie les humains, j'ai appris que beaucoup d'entre vous cachez vos sentiments. Je ne sais pas si vous en avez honte ou s'ils vous font peur mais vous voulez que personne ne sache ce qu'il y a en vous.

Mais pas toi Arthur. Toi tu es différent. Tes sentiments te font vivre. Tu les observes, tu les nourris, tu les fais s'épanouir.  Tu les magnifie avant enfin de nous les révéler. Et c'est triste, tellement triste de te voir aujourd'hui partager ton chagrin avec nous. Même si je n'arrive pas à pleinement le comprendre et le ressentir comme tu le ressens.

La disparition de Génésis, de Mizore et de Rivy semble laisser en toi un trou que rien ni personne ne pourra combler. Ton frère et tes soeurs ...

La famille ... Ce n'est pas un concept que je comprend. Pas entièrement. Peut être en fait que je ne le comprend pas du tout. Comment le pourrai-je ? Nous les fées nous sommes "soeurs". Surtout celles appartenant à la même caste. Nous nous aimons, nous adorons être entre nous. Mais nous sommes des centaines et des centaines. Toutes semblables.  Quand je suis partie du pays imaginaire, c'est à peine si les autres ont du remarquer mon absence et je ne leur manque probablement pas beaucoup.

Et peut être tout compte fait est-ce un bien ? Quand je vois la tristesse que tu ressens pour ceux qui t'ont quitté, à quel point ils sont irremplaçables pour toi, je me dis que dans le fond, je m'en voudrais que tu ais de la peine si un jour je devais partir aussi. Autant rester qui je suis et espérer que si le pire arrive, 'une autre fée viendra, prendra serre dans ses bras et te montrera à son tour que tout va bien et que la vie continue ...



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