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“Naran B.”

Son regard la fixait, insensible.

“Naran bis?”

Aucune réaction.
Impatiente, Naran grimaça un instant, puis, à force de gymnastique faciale, parvint enfin à faire apparaître un sourire sur le visage de son double.

La Mercenaire caressa la forme incongrue sur ses traits abîmés.
“Va falloir faire des efforts ma belle, si tu compte un jour te faire passer pour moi…”

Pinçant les joues de son clone, elle élargit son mol sourire.
“Un peu de rouge au joues…”

La peau de sa copie rosit légèrement. Quelques ajustement, quelques minutes de plus à inspecter le visage, et ses traits prenant peu à peu vie.
“Voilààà ~ !”


Malgré tous ses efforts, Naran ne parvenait pas à faire briller les yeux de son clone. Toutefois,  elle suspectait que ses propres pupilles étaient tout aussi ternes, et haussa les épaule.
Regard excepté, donc, son double était en tout point prêt

“Première étape : La révérence.”
Naran s’éloigna, laissant trois larges enjambées entre elle et sa copie.

“Mains jointes, devant soi…”
Consciemment, Naran ferma ses poings, et les joignit devant sa poitrine.

Son double l’imita, ses mouvements raides mais déterminés.

“Et on s’incline!”
Les deux s’abaissèrent brièvement, long cheveux basculant par dessus leurs frêles épaules.


“Alors, normalement, on se présente…”
La Mercenaire réfléchi, scrutant son double. Ses sourcils se froncèrent alors qu’elle se concentrait, et sa copie ouvrit sa bouche, dévoilant une rangée de dents. Puis, après quelques étranges mouvements de langue, le clone grogna, toussa, cracha, pour finalement pousser un long cri rauque.

Mains plaquée sur les oreilles, Naran frémit.
Le bruit était insupportable.

Mais il ne dura pas. La Mercenaire se redressa, inconfortable, et foudroya son double du regard.
“Il va falloir travailler sur ta prononciation…”
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“Aaaaaa…..”

Deux minutes que son double peinait sur un seul mot. Deux minutes qu’il ne pouvait que beugler des voyelles isolées, lèvres retroussées reflétants l’effort de sa maîtresse. Deux minutes que Naran contemplait son reflet, plus incapable qu’un nouveau né.

“Pathétique.”

“Peeeehhhhh…”

Naran se redressa.
Ses omoplates la lançaient déjà. Maintenir la substance de sa copie pesait sur ses épaules : Un poids pas tout à fait matériel, glissant, collant, presque aussi insidieux que celui de la culpabilité.

Ou c’était juste qu’il commençait à faire chaud dans sa cellule.

“Pa.”
Elle forma la syllabe avec soin, analysant le mouvement bref de ses propre lèvres.

Sa copie, restée sagement assise, obéit à sa commande mentale.
“Pppa.”

Malgré sa frustration, Naran voyait un début de succès. D’un cri informe, elle en était arrivé à des syllabes presque reconnaissable...

“Té.”

“Téééééh.”

S’il lui fallait tout réapprendre, au moins sa copie se développait plus vite qu’un véritable enfant. Naran n’avait pas ici à dresser une créature, simplement à apprendre à manier une marionnette… Restait que trouver les fils n’étaient pas exactement évident.

“Ti !”
Elle haussa la voix, cherchant à varier le volume. Sous ses ordres, son double inspira, une grosse rasade d’air réchauffé par la présence de deux corps plutôt qu’un, puis expira un “Tttiiiiiiiiiiiiiiie !!” puissant et suraiguë.

La Mercenaire souri. C’était plutôt bon, comme cri. Et, avec ces essai phonétiques, le visage de son double devenait de plus en plus maniable : Il s’était mué en un rictus menaçant, froncé et difforme, là où celui de la Mercenaire était resté inquisiteur.

Elle n’avait donc pas à mener la danse…

“Ke.” Fini son double, crachant le son comme un éternuement.


Lentement, le sourire de Naran s'élargit. Puis elle repris ses efforts, fixant son propre visage.
“Pa. Té. Tiii... Ke.”

“Plus vite!”
“Pa-té-tiii-k”

“Encore!”
“Pat’é’tik’”

“Plus clair !”
“Pa-thé-ti-que !”

Exultante, Naran se rapprocha de son double. Ce dernier se leva, miroitant sans peine les mouvements de sa créatrice, avançant d’un pas, les bras mi-ouvert, et accepta son accolade.

Ainsi, soudainement, et pour la première fois depuis ce qui semblait être des années, Naran retrouva le contact d’un humain. Ce n’était pas le froid de l’armure de ses gardes; ce n’était pas le sol d’acier ou de pierre lissée, ni même le glacial miroir qui depuis des jours la narguait.

C’était de la vrai chair, de la vrai peau, chaude et légèrement moite comme la sienne, qui s'agrippait à elle comme elle s’y agrippait.
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Certes, il y avait quelque chose de profondément pathétique à accepter sa propre étreinte. Toutefois, dans son esprit noircit par des mois de captivité, Naran ne ressentait qu’une profonde satisfaction.

Pire… A mesure que ce toucher se révélait réel, une joie exutoire et bruyante s'éveillait en elle. Incontrôlable, sa solitude éclatait maintenant au grand jour, mue en un rire léger et plus qu’incongru.

Secouée par ce rire, terrifiée par ce sentiment qui jaillissait en nuages informes, Naran colla son front à celui de son double. Elle glissa ses doigts dans les siens, et, mains serrées, une paume pressée à cette hanche devenue squelettique, elle souleva son reflet, jouant de ce corps pour l'entraîner dans une ronde.

Sa copie riait de concert. Le son éraillé résonnait avec le sien, parfait miroir qui s’adoucit peu à peu ; et, mains liées, pieds dansants, elles voltigèrent avec elles-mêmes.


Dès leurs premier mouvement, Naran sentit poindre un vertige. Sa respiration, nuage de chaleur moite devant sa bouche encore rieuse, s'essoufflait d’un simple pas ; ses pensées, perdue dans le flou des mouvements et dans le calcul des corps, peinait à se détacher de sa tâche.

Ce n’était pas porter son poids qui la fatiguait - Au contraire, elle avait réalisé très tôt que sa copie était bien plus légère qu’elle. Plus légère qu’un enfant, d’ailleurs, comme si la gravité savait percer le secret de son clone...
Mais chaque mouvement de ce si léger double était porté par ses épaule, et chaque enjambée pesait doublement sur ses muscles déjà tendu par son entraînement matinal.

Modifier un visage et tendre des cordes vocales ne lui avait rien coûté de plus qu’une légère pression sur ses tempes ; La danse qui les unissait maintenant était autrement plus lourde sur sa psyché.

Et, voyant arriver la fin de sa chorégraphie, la danseuse sentit son ventre se serrer. Elle bondit, jambes gracieusement unies, droit vers les bras ouverts de sa copie. Cette dernière referma ses doigts autours de sa taille …
Puis, sous le poids pourtant diminué du corps de la Mercenaire, sa marionnette s’effrita.

Une demi seconde, Naran cru qu’elle tiendrait. Mais les doigts de sa copie lâchèrent prise, glissant lentement sur sa peau, enflant et diminuant en un miasme couleur chair -

Naran se retourna sur sa copie déjà résorbée, disparaissant en un point noir au milieu de sa cellule. Face à elle, une cellule vide…. Et toujours cet horrible miroir.
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Encore un épisode de Naran au pays des miroirs déformants. C'est sur que pour le coup t'as bien le temps de détailler l'apprentissage de ton sort ! C'est pas un mal. Mais je me pose la question:

Qu'en penses ceux de l'autre côté du miroir qui te voient peut être faire?

Enfin, on demandera au personnel de la shinra

En attendant! Notons ce texte. Très joli header en passant! Maintenant j'y fais attention à chacun de tes posts.

- sur le titre : La première majuscule, ok, mais la deuxième a-t-elle vraiment son utilité? pas sur.

- sur la forme comme d'habitude je n'ai rien à redire, je ne pense pas avoir vu de fautes , en tout cas, ça ne m'a pas sorti de la lecture. C'est fluide, ça se lit bien et tout seul, c'est bien

- sur les descriptions, j'ai trouver moins de détails sur les mouvements de la danse, mais ça reste toujours aussi bon. Puis a force ça dois te lasser, tu as peut être peur de te répété. Le décor lui est inexistant. Faut dire qu'il n'y a pas grand chose non plus à décrire. Je sais que tu es isolé et privée de tout mais je penses qu'ils te nourrissent quand même... qu'ils allument et éteignent peut être la lumière dans ta geôle. Des petits détails anodins pour changer un peu et rapporter un peu de fraicheur à tes textes de prisonnières, c'est une idée à réfléchir.

- le personnage et son caractère, ses émotions: c'est toujours aussi bons. On suit facilement les humeurs de Naran. Juste un petit bémol, j'aurai aimer quelques lignes de plus sur la fin. La retombée plus lourde dans la solitude, des bouffées d'angoisses de quoi comprendre que dans sa tombée dans la folie, elle va peut être vouloir créer de plus en plus souvent un clone juste pour pas être toute seule.

- l’utilisation des compétences bon, ça fait plusieurs rp que t'es dessus, j'ai rien à y redire. Va falloir passer à un autre sort!

- difficulté et récompense
Très Facile : 5 points d'expérience + 50 munnies + 1 PS en dextérité. gérer le mouvement de deux fois son propre corps, faut du doigté.

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Lenore Caldwell, la présentation

La fiche de compétence
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