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Cette ville est pour moi ! C’est genre… évident, non ? New-York ! Quand ! Attention, important, les jolis chéris. Quand elle n’est pas en train de se faire aspirer l’âme par un démon, quand il ne pleut pas pendant quarante jours et quarante nuits ! Bref, quand c’est juste New-York ! Oui je me suis renseignée, quand même, sur le petit bazar. Et pas que pour venir aujourd’hui. J’en ai déjà parlé dans un de mes lives, c’est vraiment un monde que je dois conquérir ! Médiatiquement parlant ! Amoureusement parlant ! Franchement, ils ont besoin de moi comme j’ai besoin d’eux et regardez ça.

Manhattan, dans l’immense avenue de Broadway, et plus précisément… Great White Way. On est cinq. On est quatre à tourner sur nous-mêmes comme des énormes touristes, en regardant toutes ces lumières, tous ces gens, ces bâtiments aussi énormes que magnifiques ! Car je ne suis pas seule ! Non jamais ! Babak est là, un peu perdu, tenant la main à Hengameh, qui m’a l’air un peu plus indifférente. Je sais que c’est une façade. Tout ça reste beau et vu d’où elle vient, vu comme elle a soutenu ses frères et sœurs pendant des années, elle doit être contente de voir qu’elle peut un peu se détendre. J’espère ?

Fahimeh tient ma main droite de ses deux mains, en s’excitant comme une puce. Jila tient ma main gauche du tout petit bout de ses tout petits doigts. À tout moment, tu crois qu’elle va me lâcher mais… aujourd’hui y a pas plus attentive que moi à mes quatre enfants presque-adoptés mais totalement aimés. Parce que Broadway, c’est magnifique, c’est beau à crever. Mais New-York, j’ai jamais vu ça. Premier gros problème qui fait que t’es pas si contente que ça d’y aller avec ta famille : les gens. C’est… franchement insupportable, limite grossier. T’en as la moitié qui courent tout le temps, qui te poussent sur le trottoir parce qu’ils vont au travail ou je sais pas. Depuis qu’on est sur Broadway, ça va un peu plus, c’est très touristique. Mais en sortant du spatioport et en prenant le métro, première fois de ma vie, sans rire c’était super angoissant.

Et alors deuxième chose : je n’ai jamais vu autant de voitures de ma vie. Illusiopolis y en a pas tant que ça. Et San Fransokyo, c’est un autre niveau. Ici, y en a énormément, tu vois une de ces pollutions sortir des pots d’échappement. Allez. C’est pas agréable. Et je sais pas, je suis peut-être parano mais j’ai peur de voir mes petits enfants paumés d’Agrabah un peu oublier qu’en ville, il faut pas marcher sur la route. Enfin.

Revenons sur le positif ! La dernière représentation de l’ultime West Side Story, avant la prochaine tournée bien sûr. J’ai tellement passé les deux derniers jours à écouter des chansons, à chanter avec les enfants, je suis dans le mood… ultime. Inarrêtable. Ca va être dingue, j’ai trop hâte. Moi, là, j’ai envie de chanter une chanson, j’ai envie que ma vie soit une comédie musicale !

Genre oui… Ca pourrait faire : Devenir une super starrrrrr, sur Broadway Boulevarrrddd. Faire mon numérooooooo dans le Broadway best show !
Bon, seul souci, à part que visiblement, j’ai aucune inspi pour créer des paroles : je chante vachement faux, quand même. Et c’est pour ça que de vrais artistes existent !
Quand on a fini de nous extasier sur les buildings, sur les lumières, sur toutes les publicités de soin dentaire, de coca-cola et de médicaments pour arrêter de grossier, qu’on dirait mon D.Rigeable… nous nous dirigeons vers l’entrée d’un magnifique théâtre, à quelques numéros de nous.


« Regarde, Di, c’est là qu’on devait descendre. C’était plus près. » me montre Hengameh en me pointant d’un geste désinvolte une station de métro. « Oui oui. » Rabat-joie ! Je… Je le savais très bien ! On a vu de super rues, heureusement qu’on est descendu un peu plus tôt !
Et à peine plus loin, il était là, le New Amsterdam Theater. Il a l’air minuscule, à peine large. Une grande enseigne en forme de building sort du bâtiment pour rappeler New-York. En-dessous, une grande affiche illuminée présente « West Side Story : l’amour n’a pas de frontière à Broadway. » Ok c’est bien là !

J’arrête les enfants.
« On a de l’avance, c’est bien. »

« Et donc… Il arrive quand ? » me demande Fahimeh, les sourcils froncés, l’air sérieux. Je… Woah. C’est un peu gênant quand t’y penses. C’est pas exactement comme ça que ça devait se passer. Je détourne le regard pour chercher parmi les passants, le bon. Tout le monde est super bien habillé. Je le savais, on a tous fait des efforts, d’ailleurs ! Bon, nous adapter à la mode d’ici, genre écharpe en froufrou, énormes bijoux, turban de maharadja sur la tête, non quand même pas. Et j’allais pas habiller Babak comme un mafioso des pires bas-fonds d’Illusiopolis. Mais j’ai attaché mes cheveux en un chignon bien soigné, avec rien qui dépasse. J’ai acheté pour l’occas’ une jolie robe noire tombant un peu plus haut que mes genoux, en dentelle, laissant voir à travers le bas de mes cuisses et laissant deviner un fin décolleté à travers le tissu. C’est pas tellement mon style. D’ailleurs le seul truc qui rappelle bien que c’est moi, c’est ma montre pas trop dans l’ambiance mais dont je peux clairement pas me passer. Et finalement, je porte des ballerines en chèvre verni, noires, avec des petits talons.
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Ok. Ok ok ok. J'etais putain de stressé. Pour de vrai. D.Va m'avait proposé un plan pour ce soir et j'etais pas bien. Depuis ma chambre d'hôtel de San Fransokyo j'avais fait la route jusqu'ici. Alors je sais que c'était que des schtosses et qu'on allait faire nous même du théâtre mais... justement c'était doublement plus stressant !

Fallait dejà que je surveille ce que je faisais moi, parce que bon... j'étais pas le plus gentleman du monde. Mais en plus je devais être convaincant. Et puis, merde je pouvais pas lui faire l'affront de...

Bon fallait que je me calme. Déjà, j'étais plutôt beau gosse. Non sans rire. J'avais acheté des fringues sympa, une petite chemise, des chaussures de ville, et puis un jean noir. J'avais pas été jusqu'au costard non plus, j'étais toujours plus à l'aise dans un style décontracté de toutes façons. Mais ça c'était la partie cool de la préparation.

J'ai... sans déconné, passé une bonne heure devant le miroir à essayer de trouver la bonne phrase. Alors on est parti de "Hey!" le truc nul à "Salut D.Va !" le truc toujours nul. Constat amer : je suis nul à chier.

J'te rassure c'était pas que ça qui me foutait les jetons, pas la vieille phrase de bonjour, pas non plus de savoir si je devais l'embrasser ou quoi, non ça c'était stressant oui. Mais c'était toute la soirée qu'etait angoissante. J'veux dire merde, c'était tout le temps du one shot. Soit ça passait soit ça cassait.

Bref, apprété mais qu'à moitié prêt je me rendais sur les lieux. New York, c'etait un mélange d'Illusiopolis en moins cool, et de la Fourmillière en moins claqué. Se retrouver là dedans c'était un pur délire. J'ai voulu la jouer réglo en prenant le métro. Je suis descendu au bout d'une station pour le bien de ce monde. J'avais envie de tuer des gens. Et v'là qu'ils se poussent pas, qu'ils puent et se collent à toi. Direct sorti de cet enfer j'ai fait un saut à Sephora.

J'ai préféré continuer à pied. Carrément. Enfin a pied, tu me connais j'aime bien tout voir alors j'ai pris de la hauteur. Dans le genre discret c'est zéro mais dans le gens j'arrive presque pas à la bourre c'est le mieux à faire.

Je te gâche le suspens, c'était trop le bordel. J'ai triché en la localisant sinon j'avais pas fini. Je suis redescendu quelques rues avant, j'me suis senti les aisselles histoire de... bon bah nickel. Et j'ai déboulé devant le théâtre truc bidule. D.Va était là devant moi. Elle m'avait pas vu et en vrai j'ai eu une pointe au coeur. Pas le truc qui te fait mal, nan le truc un peu comme dans les manèges où ton coeur se soulève.

J'le dirai qu'une fois. Mais elle était... super belle. Ses fringues lui allaient super bien, et... putain le perfect. Je me suis regardé, je l'ai regardé. J'etais pas degueulasse mais y'avait une différence. Ou alors ça venait de moi mais... bon. Le remake de la belle et le clochard.

J'ai inspiré un bon coup et.. "Hey !" que je fais en m'approchant de la petite bande souriant plutot sincérement. Je m'approche de D.Va. Y'a 3 pas entre nous. Le problème c'est que j'en refais un et y'en a plus que deux. Si t'as été au collège tu me suis jusque là. Et bordel, je fais quoi ? Je l'embrasse ou...

Ha ! Je la joue secure. Je mets ma main sur sa hanche et je m'approche en lui faisant la bise. Au pire je dirai que je savais pas devant les gosses. Ouais...


Vous êtes là depuis longtemps ?

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New-York, c'est la ville de mon coeur ! Signature
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Je sursaute quand je le vois ! Tu sais, ce… sursaut bizarre quand tu reconnais une personne et surtout quand c’est une personne qui… a un petit peu d’impact sur toi ! Et… oh. Je soupire. Ok c’est bon. J’avais mégaaaa peur qu’il vienne en training, en tenue de ville, en truc comme ça mais c’est bien. Bon c’est paaaas… Tu vois c’est pas la tenue de soirée, c’est pas le costume cravate, les boutons de manchette et le chapeau. Il a pas une jolie veste de sortie bien chère mais ! Une chemise est une chemise ! Et de toutes façons, c’est Roxas. Si je parle de Roxas, il faut pas que ce soit un autre Roxas. Selon le plan, il faut qu’on le reconnaisse et si on veut qu’il soit reconnu, c’est quand même bien qu’il ait pas l’air d’un autre gars. Donc il doit être décontracté donc écoute ! Banc… Il s’approche. Deuxième petit stress, il s’approche, il s’approche, il s’approche ! Et me tape la bise. Yes, bien. C’est… charmeur mais j’avais tellement peur qu’il m’embrasse, tu vois. Bien géré ! Il a l’air confiant, il est plutôt joli garçon, comme ça.

Dès que nos visages s’éloignent l’un de l’autre, je lui fais un grand sourire.
« Salut ! Non écoute. » Je sens mes joues s’empourprer légèrement. Ah je sais pas… J’aime bien son petit air, comme ça ! Il a l’air investi c’est plutôt pas mal ! « On vient d’arriver, quasi. Et on s’est un peu promenés, c’est une première fois pour nous tous, ici. » Je regarde les enfants pour avoir un hochement de tête. « Alors Roxas, pour rappel ! La grande, c’est Hengameh. » Je lève ma main droite pour montrer la deuxième de la famille, que je tiens toujours. « Fahimeh. » Celle-ci lui fait un grand sourire, on dirait qu’il a été créé par moi ! Je lève l’autre main pour hisser le bras de la plus petite des trois sœurs. « Jila. Et le garçon, c’est Babak ! Les amis, vous vous souvenez de Roxas ? » Non parce que je suis… franchement convaincue que les gens devraient faire ça plus souvent : rappeler le nom des personnes de leur groupe. Parce que bon, retenir le temps d’une soirée un ou deux prénoms, ok. Mais la soirée d’après, t’es du-per, t’as tout oublié !!! Les enfants disent bonjour, parce qu’ils connaissent le respect, tu vois. « T’es très bien comme ça, Roxas. » je lui fais un joli sourire et je regarde tour à tour les enfants. Je suis un petit peu gênée et j’ai le trac mais… surtout par rapport aux gosses. Le truc c’est aussi de les convaincre eux. Parce que attends, ils me voient me rapprocher de Kotetsu. Là ils vont me voir me rapprocher d’un autre mec… tout en gardant une certaine proximité avec Kotetsu ? C’est le bazar, c’est le bordel mais bon c’est pas grave.  Comme échappatoire, je vois le hall. « Go ? »

Je mets mes deux mains sur les épaules de Jila pour la pousser à suivre Hengameh. La petite est habillée, parce que bon c’est pas le monde du printemps, c’est pas le monde de l’été, c’est le monde du feu… il fait quand même un peu froid même si c’est pas les températures d’ailleurs. Moi-même je suis contente d’avoir des bas sur mes jambes. Et je pense que Jila est contente d’avoir ce pull méga long qui a l’air d’être une robe, en pilou-pilou, mais… qui fait pas cheap. C’est jaune, tout choupi, alors que dans ses cheveux, un ruban tournoi ses crolles de long en long. Oui, avec Phil, on a décidé de croller tout ça !

En marchant dans le hall, on entre dans une file naturellement formée de dizaines et dizaines de couples de personnes assez riches, assez belles et bien habillées si on aime le style d’ici ! Et pour la plupart, je… regarde leur bras. Oh ! Je me retourne vers Roxas.
« Prends mon bras. »dis-je des lèvres sans prononcer un son, en écartant légèrement mon coude de mon corps. Les gens d’ici ont l’air de faire ça, même si dans ma tête c’est surtout un truc de vrai couple déjà formé. Faisons-le, juste parce que c’est glamour ! On avance, lentement, ensemble dans cet espace magnifique, avec sur les côtés de l’allée des affiches de célèbres comédies musicales jouées ici. Nous donnons nos tickets et entrons dans un endroit trop canon. Un hôte nous accueille et nous fait traverser la salle du spectacle, dorée, immense. Au-dessus du premier niveau, il y a deux mezzanines immenses. Pas besoin de prendre des escaliers, on nous conduit à cinq rangées de l’orchestre avec une bonne vue sur l’épais rideau rouge qui cache la scène.

On s’assied alors que les seuls artistes présents sont à cet instant les musiciens de l’orchestre, déjà présents pour accorder leur instrument. Ca prend du temps mais… j’adore. Cette chaleur qui monte en toi avant qu’une scène ne commence. Que tu sois l’artiste ou le spectateur, c’est unique. On est tous assis les uns à côté des autres, heureusement. Tout à gauche, il y a Hengameh, à sa droite Fahimeh, puis Roxas, moi, et finalement à ma droite Babak. Je passa ma main dans les cheveux du plus jeune, qui me regarde en souriant, confortablement emmitouflé dans ses habits en chanvre blanc. Je rapproche Babak de moi pour qu’il puisse appuyer sa tête contre mon bras et je regarde Roxas.


« Je suis super contente qu’on se fasse ça. J’avais vraiment envie de voir une comédie musicale, comme ça, une fois dans ma vie, dans un endroit pareil. » Je regarde toute la salle, je la dé-vo-re des yeux. Y a tellement à voir. « Et puis ce moment où t’es là, que tu attends, que t’entends les instruments… C’est incroyable, non ? Tu vas souvent voir des pièces de théâtre, des concerts ou n’importe quoi dans le genre ? »
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Ok ca va. La pression retombe d'un coup. On fait la queue, je prends le bras de D.Va à sa demande. Pour le coup ça ça va. Je suis pas mal a l'aise c'est commun. On avance et on finit par attérrir dans la salle. Pas au premier rang mais... pas loin. Le décor est sympa, c'est pas ce que je choisirais pour chez moi mais ça va c'est pas dégueu. Les autres gens s'installent, ça bouge beaucoup, ça parle aussi. D.Va elle elle est déjà à fond dedans.

Hengameh, Fahimeh, Jila, Babak... Hengameh, Fahimeh, Jila, Babak. Je répète les noms plusieurs fois pour les imprimer et pas trop avoir l'air con au moment où faudra que je les utilises. Babak c'est le mec. Il a un nom pas chiant à retenir et vu que c'est le seul mec ça va. Jila c'est la plus petite. Par contre Hengameh et Fahimeh ça se ressemble pas mal. Et si je me plante, j'vais passer pour un branle couilles. Hengameh, c'est la grande, c'est pas Fahimeh qu'est à côté de moi. Ou putain c'est l'inverse. Bordel de merde.

D.Va est vraiment très très à fond dedans. Et moi... je sais même pas c'qu'on fait concrètement ici. Une comédie musicale... sans déc, j'savais pas tellement ce que c'était. Et y'avait que le "musical" qui me semblait sauver la donne. Je préférais être honnête.


Moque-toi mais... j'ai jamais vu de comédie musicale. Je... sais pas vraiment ce que... c'est ? Je suis gêné j'ai peur de dire une connerie. Mais j'ai déjà été à un ou deux concerts ! J'aime bien !

Sauf qu'au vu des instruments ça allait pas être le même son. Allez, je faisais ça pour la bonne cause. Puis les préjugés c'était nul. Si ça se trouve ça allait être génial qui sait ?

Les gamins étaient etonnement sages. Je connaissais des gamins qui faisaient les cons non stop. Et là non, assis, pas bouger, ils criaient pas, courraient pas dans tout les sens. Au moins on allait pas les paumer et c'était déja une bonne chose.

En fait la salle, c'était comme une salle de cinéma. Donc si c'était comme au cinéma y'avait un truc a jouer. Dans ce genre de situation, si tu veux la mère, il te faut les gosses ! Je relève la tête, je cherche un chariot de mec qui donne à bouffer et...


Hey, ça vous dit un truc à manger ?

Les gamins ça aime bien manger des trucs. Puis ça aime bien quand on leur donne des trucs. 'Fin je crois, j'ai pas pu me payer le luxe d'être gamin. Je suis né, une semaine après je fracaissais du sans coeur avec Axel. Nan mais voilà, y'a des prédispositions !

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« Oui ! » disent plusieurs des enfants en même temps, en se levant de leur siège pour essayer de voir ce qu’il y avait dans les chariots. Je regarde autour de moi pour voir si les spectateurs ne sont pas en train de me juger la tronche. Bon, de toutes façons, quand tu viens avec quatre enfants, meuf, tu dois bien t’attendre à rencontrer des problèmes. Fahimeh tapote l’épaule de Roxas jusqu’à ce qu’il la regarde. « Alors ! » dit-elle comme si elle s’apprêtait à partir dans l’explication de sa vie. « Moi, je voudrais bien des cacahuètes avec du caramel autour. » Elle mime le caramel autour d’une cacahuète alors que tout le monde est déjà passé à autre chose… « Des chips ! Des chips ! Des chips ! Roxas ! Roxas ! » Je fais le plus grand chut des familles avec mon doigt pour faire taire Jila. Silencieuse, d’habitude, faut toujours se rapprocher pour comprendre ce qu’elle dit, mais alors là, c’est bon !

Hengameh fait son choix, plus silencieusement, pendant que je me penche vers Babak, une main autour de son poignet.
« Qu’est-ce que tu veux manger ? »

« Des… des pâtes. » dit-il en me regardant profondément dans les yeux. « Ah non, ça ce n’est pas possible. Des choses comme… un épi de maïs, des fruits secs, des noix de cajou, des chips. » Il dit rien. « Des biscuits. Des cacahuètes avec du caramel. Des chiques. »

« Oui des chiques. » Je hoche la tête. « Ah mais non. Tu ne peux pas, les chiques. Ce n’est pas possible avec ta religion. »

« Ah. »

« Tu veux des chips ? Des boulettes de viande ? »

« Oui, ça. »

Je soupire. Ok, ça. Je me penche vers Roxas. « Babak aimerait un sachet de boulettes de viande, si c’est du bœuf, pas du porc. »

Et les voilà tous avec leur méga commande que Roxas paie bien gentiment à un prix franchement peu abordable. Je ne prends rien parce que… je prends pas la peine de m’habiller en robe une fois par an, pour me la saloper tout de suite. « Woah. Ils ont tous pris du sucre ou du gras. » Je passe une main sur mes joues, rougissant un peu… de honte… par rapport aux quatre gosses. « Je les ai bien élevés. Ca m’apprendra à accepter n’importe quel sponsor mauvais pour la santé. » Je rigole. Je vais pas spécialement parler du fait que moi-même, je me nourris comme une sauvage à base de chips, de plats à réchauffer ou de kebabs et hamburgers.

« Regarde ! Tant qu’il y a de la lumière ! » Je montre ce qu’il y a sur le mur au-dessus de la scène. Plus précisément : une peinture en forme d’arche ! Alors je suis pas du tout calée mais… « Je me suis renseignée parce que c’est un peu la classe. Bon euh Wikipédia hein. » La peinture représente plein de femmes les unes à côté des autres, dans des habits très typés Colisée de l’Olympe, toge et tout, qui sont en train de faire tu sais pas quoi mais en gros, qui posent. « Alors le délire, c’est que chacune de ces femmes est une allégorie d’un truc. Genre y a la Mort, la Poésie, le Mensonge, la Chevalerie, la Romance, et plein d’autres. Genre tu vois la femme tout à droite avec un gros manteau noir, on dirait un corbeau, non ? Ca, je pense que c’est la mort. »  Je regarde Roxas en souriant pendant qu’il continue de regarder  la peinture. « C’est marrant, non ? ‘fin pas marrant Ahaha mais… tu crois que le mec qui a peint ça, il savait que dans d’autres mondes, t’avais tous ces guignols qui faisaient la même chose ? Genre… » Je lève les yeux pour réfléchir en mettant un doigt sous ma lèvre inférieure. « Bah Death pour la mort. Arthur Rainbow, la poésie. Le Mensonge aussi, y avait quelqu’un, je sais plus son nom ! »

Enfin moi je trouve ça marrant. Je suis… ce que je suis. Ambitieuse, frimeuse, tout ce que tu veux. J’aime les symboles, j’aime qu’on me reconnaisse, j’aime montrer des images de moi mais j’aurai jamais la prétention de me faire passer pour un truc comme le Romantisme avec un grand R.
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La mort représentée en manteau noir. C'était... pas du tout un truc prophétique mais putain ca me gênait. Je l'avais pas mis depuis le tournoi ce truc. Et... j'avais pas envie. J'avais plus envie. Enfiler ce truc c'était comme supporter le poids de mes conneries. C'était lourd. Un fardeau t'imagines même pas. Et pourtant je savais qu'a un moment ou a un autre je remettrais le costume. Un peu comme un super héros mais en version badboy.

Pour autant je me laissais aller au jeu et je regardais la fresque avec elle. Et à part le p'tit bad bah... ouais c'était quand même sympa et je me demandais d'où venait le gars qui avait fait ça. P'tete bien qu'il était pas d'ici.


Ou alors... c'est le même mec qu'a étendu son oeuvre à plusieurs mondes. Et ça ce serait vraiment ouf je pense.

C'est vrai. Nous on voyageais tout les jours. Pourquoi pas d'autres ? Pourquoi y'aurait pas un sculpteur de fou ou un artisan de renomée qui aurait fait des trucs de guedin dans tout les mondes ?

Bon, avant que ça commence je vais chercher les trucs !

Je me lève et je vais chercher le gars avec son chariot. Un mec me bouscule, ils regardent vraiment pas où ils vont c'est fou.

Bonjour ! Euh, alors, grosse commande ! Je voudrais des chips, euh... des cacahuètes enrobées de caramel, des boul... vous avez des boulettes ? Ouais ? Ok cool ! C'est au boeuf ? Parfait. Je vais vous prendre aussi un paquet de bon... bah non, D.Va était pas chaude pour qu'ils en bouffent. Et si j'en prends pour moi, ils vont en vouloir aussi. Du pop corn ça je suis chaud. Et six bouteilles d'eau.

Je paye et je récupère tout c'bordel en coincant ce que je peux où je peux. En vrai c'est limite cartoon. Je vois pas où je vais mais je réussis quand même à les rejoindre sans rien faire tomber. Je distribue leurs trucs a... vas-y test. Fahimeh, c'était les cacahuète, Jila les chips... Babak il voulait de la viande. J'donne les bouteilles d'eau aussi parce que je sais pas s'ils ont le droit de boire autre chose et je me rassieds à côté de D.Va.

J'ai pris du pop corn, si jamais t'en veux, que je dis sourire aux lèvres.

Normalement tout le monde aime le pop corn. Puis c'est cool parce que si les gamins connaissent pas au moins ils pourront goûter.

Les lumières s'éteignent, la salle s'assombrit, je bouffe du pop corn en prenant de soin de pas reproduire le même son que des travaux routiers.

Ça commence !

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Je rigole en le voyant s’éloigner. Je pense qu’il a pas tout à fait compris ce que je voulais dire avec cette histoire mais enfin ! Sa réponse reste mignonne et polie. Il a sûrement répondu pour me faire plaisir. Mais clairement, ça montre que même si lui et moi on a des points communs, genre on est jeunes, on est connus, on aime rigoler, tout ça. Bah… on n’a pas les mêmes quotidiens. Moi j’ai eu des années et des années pour rien faire, pour jouer aux jeux vidéos, pour me faire une culture pop genre… les comédies musicales, les films, les séries, tout ça. Lui, même s’il a ce petit côté businessman rigolo, avec ses Roxas II, bah… c’est surtout un guerrier. Peut-être qu’il comprend pas tout ce que je dis. En même temps, t’as vu le vocabulaire que j’utilise avec ? Non franchement, je critique pas. Et puis voilà, ici, le coup de la peinture. C’est purement de la réflexion de petite miss qui a vraiment le temps de penser à n’importe quoi. Après, j’ai des responsabilités, j’ai les enfants, j’ai la shinra, j’ai les étudiants mais c’est pas la même chose. Quand je suis chez moi ou même quand je live, je peux me détendre. C’est quoi les soirées d’un mec comme lui ? Il va pas geeker, il va pas… se taper un film, regarder une série. Au fond, ouais. J’en sais rien.

« Merci pour eux. » dis-je quand il revient. Quelques temps plus tard, les lumières s’éteignent doucement sous le son d’un dernier accord bien stylé de tous les instruments. Et c’est le silence. Le rideau se lève sous nos applaudissements. Dès qu’ils sont finis, je me penche vers Roxas, m’approche de son cou pour murmurer à son oreille : « C’est aussi la première fois que les enfants viennent voir quelque chose comme ça, si ça peut te rassurer. » En m’éloignant, ma main vient légèrement serrer son poignet affectueusement. Je suis contente d’être ici, vraiment. Avec Roxas, en plus… C’est tellement inattendu. Y a du faux là-dedans mais… mon cœur arrive bien à se convaincre qu’y a un peu de vrai quand même !

Y a des jeunes adultes qui arrivent sur la scène, habillés comme des… en vrai maintenant tu dirais qu’ils sont habillés normalement. Chemise ouverte, marcel en-dessous, jeans. Mais pour les gens d’ici, ils doivent être sûrement habillés comme des gros ouvriers. Ils sont blancs de peau, et leurs cheveux sont blonds ou roux. Important ! Là, de l’autre côté de la scène, t’as six autres gars qui arrivent. Plus basanés, bruns ou noirs de cheveux.

Et ils commencent à…


« Qu’est-ce qu’ils font ? » me demande Babak en s’approchant de mon épaule. « Ils font semblant de se battre. » je réponds en murmurant. D’un côté, les Jets, les fils de l’immigration irlandaise, qui viennent du monde de… euh… Bon c’est peut-être pas expliqué dans l’histoire. Et les Sharks, de l’autre, les Portoricains qui viennent de… bon bah c’est pareil. « Mais ils se battent pas là. »

Et c’est vrai que… ils se battent en dansant, en faisant des cabrioles, en jouant à saute-mouton, ce qui est… franchement étrange pour un gosse, j’imagine. « Si si. Imagine. »

« Mais « Tais-toi, trésor. »

Donc tu as ces deux gangs qui se chauffent pendant cinq bonnes minutes. Jusqu’à l’arrivée du capitaine Shrank et de son officier qui les séparent. Ce qui prend du temps aussi. Les Jets restent là et commencent à chanter une chanson, la Jet Song. Très décousue, mais avec énormément d’énergie. Je regrette pas nos places ! Et ça balance des paroles comme nous les traduisent des écrans en-dessous de la scène telles que :

Quand t’es un Jet,
T’es un Jet jusqu’au bout,
D’ta première cigarette,
Jusqu’au dernier jour de ta vie.

Quand t’es un jet,
Et que les choses tournent mal,
T’as tes frères autour de toi,
T’as ta famille autour.

Ah j’aime bien. C’est… exactement comme ça que devraient être les gangs d’Illusiopolis. Pas des espèces de gros dégueux, des proxénètes, des truands… non. Des voyous qui volent des voitures, qui racketent. Bon c’est mal aussi, mais y a un sens de l’honneur et de la famille ! Bon… enfin moi je préférerais déjà !

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Oh putain, mec c'est é-cla-té. Le début est putain de chiant j'ai peur pour la suite. On est qu'à dix minutes je dirais et j'ai déjà envie de m'barrer. La musique... je sais pas, j'veux pas être un connard alors je vais pas dire qu'elle craint mais... clairement c'est pas mon délire.

Moi j'aime quand ça bouge. J'étais ado a la cité du crépuscule, et niveau musique c'est pas sur dix tarlouzes qui font une chorale que j'ai passé mon unique été. Nan moi y'm'faut de la batterie, y'm'faut de la guitare. De l'energie. Un truc que je peux écouter dans un casque en me jetant a corps perdu contre des sans coeurs innombrables. En cassant la gueule de Seifer au Struggle, mec !

Pour autant, j'étais décidé à faire un effort. Parce que je voulais pas niquer la soirée. J'étais content d'être là, avec elle, et si elle s'éclatait eh ben une sur six c'était pas si mal. Non, allez... les filles à côté de moi avaient l'air d'être prises dedans aussi. De l'autre côté, D.Va parlait avec Bab..ak ! Ouais ! Je posai mon regard sur elle deux secondes. Jamais j'aurai pensé qu'on irait se faire une comédie musicale quand elle a voulu faire le partenariat pour mes pompes.

La comédie musicale se poursuit. Je peine vraiment à rentrer dedans. J'ai l'impression que c'est mal joué. Ces mecs là c'est loin d'être des bad boys, c'est juste une bande de trouducs payés pour faire semblant de se battre en marcel. Ça doit être pour attirer les meufs je sais pas. Après bon, j'oublie pas que ce monde est ce qu'il est. C'est à dire pas Illusiopolis.

Je replonge la main dans le pop corn et je mange, seule activité que j'ai trouvé pour faire passer le temps. Une autre chanson démarre.

C'est possible !
Qui sait ?
Quelque chose va se passer d’un jour à l’autre
Je le saurai tout de suite,
Dès que ça arrivera.
Cela pourrait arriver comme un boulet de canon tombé du ciel,
Une lueur dans l’œil,
Éclatant comme une rose !

Un truc du genre. En vrai c'est tellement con je fais même plus attention. J'avais pensé à un raté sur le début. Mais visiblement on est parti sur un bof global. Je... je montrerai pas que je m'en fous ou que j'aime pas comme j'ai dit. Et franchement, pour que je me fasse chier à prendre des pincettes faut y aller.

Serait-ce possible ? Oui c’est possible.
Quelque chose va se passer, quelque chose de bien,
Si je ne suis pas impatient !
Quelque chose va se passer, je ne sais pas quoi,
Mais ce sera splendide !

Pitié... A défaut, je préparerai un petit rire au prochain truc pour briser la poker face.

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Le Tony est bluffant. Et bon, les petites collégiales où tout le monde chante et danse, c’est sympa mais finalement, ce que je préfère, c’est peut-être les bons petits solos, duos. Un escalier de secours adossé à une fausse façade de bâtiment et que du chant. Que de l’émotion. Il est assis, tend la main vers un projecteur et chante pour un avenir meilleur. C’est moi, ça. Enfin… plutôt ce que je veux de meilleur pour Illusiopolis, pour tous ces gosses qui y vivent et qui subissent les gangs, le crime. C’est… ça fait écho. Et c’est pas la chanson la plus vocale mais j’aime l’émotion et j’aime ce petit esprit d’appel au meilleur. L’artiste me touche. Il a cette tension dans le ventre, dans la mâchoire, tu sens que même pour le truc le plus simple, il s’engage physiquement.

Finalement, les lumières s’éteignent à nouveau pour un moment du spectacle que j’aime : le changement de décor. Voir ces ombres bouger, imaginez tous les artistes bousculer le décor dans l’obscurité, c’est tellement sympa. T’imagines la vie qu’ils ont. Même si je suis contente de la mienne. Je suis dans le divertissement, y a pas plus sympa mais je me considère pas vraiment comme une artiste, plus comme une sportive. Et ça, là… c’est quelque chose. Les applaudissements cessent mais le décor bouge encore dans le noir. Je regarde Roxas.
« C’est sympa, hein ? »

Il me regarde et hoche la tête. Je ne vois pas trop son visage mais je devine. Et franchement, j’ai bien fait de proposer ça. C’est tellement pas un truc que tu l’aurais imaginé aimer… parce que c’est un guerrier, j’en parlais tantôt. Parce que tu lui imagines certainement pas un côté sensible. Mais si, pour avoir parlé quelques fois avec lui maintenant, j’ai plein de fois vu qu’il avait une sensibilité, qu’il savait apprécier la beauté d’un truc comme ça. Le truc, c’est que d’une certaine façon, c’est un showman. Il veut à tout prix faire son malin, provoquer les puissants en dessinant des conneries sur le Sommet des arts ou des trucs comme ça. Creuse un peu, pour voir. Creuse et tu verras que passer le provocateur, y a quelqu’un de malheureux qui veut un peu de tendresse.

Les lumières se rallument. Je me penche vers Roxas tout excitée !
« C’est Maria ! » Elle est là, à côté d’un personnage dont j’ai oublié le nom. Maria est devant son amie, je crois, et la supplie.

« Por favor, Anita. » Je sais pas ce que ça veut dire. « Un petit peu plus court ! »

« Arrête ça. » répond Anita, assise sur une chaise, en train de coudre une robe.

« Un doigt plus court ! Qu’est-ce que c’est, juste un doigt plus court ?»

« Déjà trop. »

« Mais c’est une robe avec laquelle je dois danser, pas une pour être à genoux devant un autel ! »

« Avec les garçons, au début tu danses, et puis tu finis à genoux. » Plusieurs personnes dans le public rigolent, on entend quelques petits cris un peu choqués. « Pourquoi ils rigolent ? » me demande Babak. « Pour rien. »

Elles discutent toutes les deux du mariage arrangé pour Maria avec Chino, ou quelque chose comme ça. Maria explique qu’elle ne ressent rien quand elle le regarde et… « Qu’est-ce qu’il t’arrive quand tu regardes Bernardo ? »

« En général, c’est quand je regarde ailleurs que quelque chose arrive. » Là je rigole et je prends même la peine d’expliquer la blague à Babak, puisque ça ne parle pas de sexe.
Enfin bon ! Maria continue de supplier. Je suis franchement étonnée, et agréablement surprise, par la durée des dialogues ; Franchement, ça prend son temps et c’est tant mieux. Ca fait moins de chanson mais pour les enfants, au moins, c’est une histoire compréhensible qui parle de mariage arrangé, d’émancipation, de rêve et d’amour ! Et puis…


« Maria est trop belle, tu trouves pas ? » dis-je en me penchant vers Roxas, une main sur son bras. Je reste comme ça quelques secondes, avant d’ajouter : « c’est quand même dingue qu’il y ait des mondes où le mariage arrangé existe. »

Une minute plus tard, Maria commence à tourner sur elle-même, à se déplacer sur la scène, alors que sa robe vole autour d’elle. Les lumières s’éteignent mais quelques secondes plus tard, se rallument sur des dizaines et dizaines de danseurs. Au début, ils dansent mais rapidement ça dégénère à cause de la présence des deux familles. Mais ça va ! Parce que la police est là et qu’une idée est lancée : les deux groupes doivent se mélanger, les filles Sharks doivent danser avec les garçons Jets et vice-versa ! Sauf que mince ! Tout dérape et finalement, les deux familles se retrouvent de nouveau séparées. Le clan de Sharks ne danse qu’avec les Sharks une danse de chez eux, pendant que les Jets font exactement la même chose. Mais tout ça, on s’en fiche.

Parce que Tony et Maria se sont vus. Ils se rapprochent…

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Si Maria était belle ? Ouais. Mais ça valait pas la robe noire.

Ouais je pige pas non plus. Avec toutes les barrières qui sont tombées entre les mondes ces dernières années, j’comprends pas que y’ait des trucs comme ça qui soient laissés faire.

J’parlais avec conviction en plus. J’sais qu’il fallait pas s’immiscer dans le truc des mondes et tout mais… Avec tout ces trucs de Coalition, de Lumière, de drapeaux différents… Au lieu de bosser là où y’avait pas besoin, c’est vrai que les groupes auraient pu bosser un peu là dess...

Rhô putain la parade nuptiale tellement cringe. J’en avais mal au coeur. J’t’explique. T’as Tony et Maria qui commencent à danser, c’est… bon ça se voit que l’Tony a de la suite dans les idées. Mais ! Maria, elle se fait emporter par sa team, ça s’engueule, ça manque de partir en couille, là j’étais dedans. Et ça se désamorce tout seul, l’action c’est pas pour tout de suite. Le faux espoir. Alors attends, je dis pas que je veux que y’ait de la baston et des explosions toutes les cinq minutes, nan. Si jamais je voulais ça, je serais reparti en mission sauver la veuve et l’orphelin. Mais, merde ! Là c’est plat à crever.

Je me redresse sur mon siège parce que je commence à avoir mal aux jambes. J’pensais pas que ça durerait aussi longtemps en vrai. Mais je commence à m’y faire. J’essaye de me faire porter par l’histoire, au moins pour que ça passe plus vite. Elle a l’air de vraiment kiffer ce truc, et j’essaye de réfléchir à pourquoi. C’est un peu comme le cinéma, mais avec des passages plus chiants où les mecs chantent. En vrai sans les chansons, ça serait mieux je trouve. Parce que ça sonne vraiment vieux et que je suis pas dans le délire.

Et voilà, c’est reparti. Le gars s’en remet pas. Il chante son truc, pour la meuf qui vient de se faire fermer sa gueule et priver de fun. Les gars, sans déconner, craquez le marcel, allez chez eux, pétez leur la gueule et sauvez la meuf si c’est que ça. Puis y’a pas une police ou un semblant d’autorité ? C’est légal de séquestrer des meufs qui veulent danser ?

J’ai, forcément pas le contexte. Je suis évidemment dépassé par tout ça, mais je trouve ça limite injuste. Déjà, parce que c’est batard, p’tête aussi parce que si les riches avaient pas fait les couilles molles avec les pauvres, l’autre mec serait pas en train de chanter.

Ah bah la revoilà ! que j’balance sans vraiment m’en rendre compte. On éclaire une tour de… d’escaliers et la Maria revient pour chanter titanic style avec le mec. Il a l’air d’aller quand même beaucoup mieux. Et enfin, ils s’embrassent. Mais truc dramatique oblige, le mec doit se barrer ! Et ils se disent au revoir, et qu’ils s’aiment et blablabla, et oh par Etro. Ces connauds vont quand même jusqu’à se chanter bonne nuit.

Je sais pas trop quoi penser. En vrai, y’a moyen de trouver ça pas trop degueu. Mais faudrait que ce soit moins vieillot. Je sais à nouveau qu’on est pas à Illusiopolis mais… y’a quoi, trois siècles entre ces deux mondes ?


La tenue du mec est quand même pas ouf. Le costume jaune ça fait un peu... Ouais perso je mettrais pas ça


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Le violon joue, annonce le thème de Tonight. Et finalement, Maria chante vraiment pour la première fois. Et… pardon. Vocalement, la raclée qu’elle met à Tony. C’est pas une compèt’ mais là… woah. Scotchant.

Tonight, tonight,
It all began tonight,
I saw you and the world went away.
Tonight, tonight,
There's only you tonight,
What you are, what you do, what you say.


Je suis sincèrement accrochée à mon siège. J’ai envie de voir comment réagissent Fahimeh et Jila à leur premier chant, à ce point iconique, en live, en vrai. Constater, ressentir la puissance et l’émotion d’une telle chanteuse. J’aime pas le lyrique mais quand tu as une voix qui te fait des notes et des écarts comme ça, sur quelque chose d’aussi joli que cette chanson. Non, c’est très différent d’une vidéo sur youtube, c’est là que tu ressens la connexion avec le chanteur. Et là où ils me tuent, tous les deux, c’est qu’au moment de chanter en duo, même quand ils se regardent, à deux centimètres du visage de l’autre, ils prennent le temps d’ajouter des regards, des mouvements de lèvre, des sourires qui rajoutent une vraie tendresse et une sincérité de guedin au morceau.

Je suis pas tellement une meuf fleur bleue, j’écoute pas tant de chanson que ça mais… ça me touche vraiment. Ici c’est moins l’histoire que ça raconte que cette décharge d’émotion, et bon, oui y a la petite larme qui commence à couler.


« La tenue du mec est quand même pas ouf. Le costume jaune ça fait un peu... »

Je laisse échapper un rire, surprise par la réflexion en plein moment de pure émotion. Ma main vient essuyer ma joue et je le regarde, en me penchant à nouveau un peu vers lui. Je le tape gentiment à l’épaule. « Crétin ! » Je rigole encore en voyant les lumières s’éteindre, en entendant une nouvelle fois le public applaudir. « J’admets qu’ici, ils partent sur des délires, niveau vêtement. » J’applaudis aussi. En vérité ça m’avait même pas choquée mais faut dire les mondes qu’on visite. Quand je suis arrivée à SF, j’ai été étonnée par les coupes de cheveux des types. Quand je suis venue à Illusio, j’ai découvert des tas de gens issus de l’immigration, tous trop trop bizarres, à première vue.

Une nouvelle scène se dessine, avec les filles portoricaines qui commencent à débattre, d’abord normalement, et puis en chanson, sur un truc qui est honnêtement… tellement d’actualité. Je
regarde Roxas. J’hésite. Je jette un œil sur les personnes derrière nous qui ont l’air tellement à fond que bon, j’ai pas l’impression que je réussirai à les déranger. Ahhh je pourrais attendre mais… Bon tant pis.

« Approche-toi. » dis-je à Roxas, en penchant ma tête le plus possible vers son siège et en rapprochant tout mon corps. Il s’approche. On est pas très loin l’un de l’autre, je peux limite sentir son souffle. Ca me rappelle le canapé sur lequel il m’a balancé son plan complètement fou. « Tu te souviens la première fois qu’on s’est parlé ? Tu m’as un peu parlé d’Illusiopolis avant. »

Je le regarde en souriant alors que les filles chantent quelque chose que je peux pas comprendre à moins de regarder la traduction sur le prompteur.

An immigrant goes to America,
Many hellos in America;
Nobody knows in America
Puerto Rico's in America.


« Toi et moi… et tellement de gens maintenant, je sais pas si tu as remarqué, on est énormément de migrants. Moi je viens du Jardin radieux. Toi tu viens d’Illusiopolis. Et voilà qu’on se retrouve dans des mondes qui n’ont rien à voir. »

Elles dansent. Juste pour elle, agitant leur jupe, laissant voir leurs dessous. Des danses de leur monde que je connais pas, avec une sensualité très différente de celle que tu trouveras à SF. J’adore. C’est hyper chaud, dans le sens… ça t’évoque l’été, la passion. C’est vraiment terrible.

« Tu aimerais retourner d’où tu viens ? Après tout ce que tu as construit ailleurs. Après tous ces liens que tu as créés.»
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La question est lourde. Mais genre vraiment, dans le sens où je m’interroge moi même. Revenir à ma vie d’avant. Sans… sans impliquer un « du coup j’ai rien fait de tout ça ». Juste, est-ce que je me plaisais là-bas. Je dirais que… oui. Mais ! Y’avait un « mais ».

J’saurais pas trop te dire. C’était… spécial, que j’dis à voix basse. L’Illusio d’avant, c’était clairement pas l’Illusio de maintenant. C’était vide à crever, y’avait vraiment personne, pas un habitant à part nous, les XIII. Et… Je sais pas ce qu’on a pu te raconter là dessus, mais c’était vraiment la secte. Ni plus ni moins. On sortait que sur ordre du Supérieur, Xemnas. Et on faisait pas des bons trucs. C’était presque tous des pourris.

J’ai pris une bonne respiration. Silencieuse, mais profonde. Je crois, que c’était la première fois qu’on m’demandait ça. Et par extension la première fois que j’en parlais vraiment.

On était les méchants, mais on se gardait bien de me le dire. J’savais pas vraiment ce que je foutais là-bas en fait. C’était comme ça et pas autrement. Je… suis pas né à Illusiopolis. Je suis « né » à la Cité du Crépuscule, quand c’était pas encore la merde. J’me rappelle d’être apparu, comme ça, clac, je claquais des doigts, et Xemnas s’est pointé et m’a nommé d’après le nom de mon … de mon double ? De mon frère ? De mon quoi en fait ? De Sora. J’étais complètement paumé, zéro souvenirs, que dalle, et il m’a embarqué à la citadelle sans vraiment me dire quoi que ce soit.

C’était juste une méthode d’enfoiré. J’avais pas eu de libre arbitre. J’avais été complètement endoctriné par leurs trucs à la con.

Et tout les jours, c’était « Roxas, va falloir que t’ailles faire ça », « Roxas, va faire truc, va faire machin ». Et moi comme un con, j’les écoutais parce que… j’connaissais pas autre chose. Ce qu’ils voulaient, c’était juste profiter de ma keyblade pour accéder au Kingdom Hearts. Pas un objectif digne du camp des gentils si tu veux mon avis. D’façon dès que quelqu’un s’intéresse à ça, ça finit en merde totale.

Pour autant y’avait pas que du mauvais là-bas. Certains étaient cools, comme Demyx. Personne avait jamais trop compris c’qu’il foutait là-bas cela dit. Le mec était tellement pas dans l’ambiance des gros méchants en train de comploter. C’mec là c’était une pépite de ce que j’me souvenais. Il en avait rien à foutre de rien, il se contentait de casser les couilles de tout les mondes avec sa Sitar à la con. A y repenser, il avait vraiment peur de rien, sauf p’tête de Larxene. Mais celle là c’était vraiment une timbrée.

Donc, c’est un non. Et l’Illusiopolis d’aujourd’hui m’attire pas plus que ça non plus. J’aime bien y aller par nostalgie sûrement, mais y vivre ? Hin hin, pas moyen. L’idée d’un refuge, c’était cool. Mais y’a rien de cadré, et désolé parce que je sais que t’es de chez eux mais… Ça a pas l’air d’être le souci de la Shinra. Seulement le tien.

Je me retournais face à la pièce, en l’espace d’une minute, tout avait changé. Comme quoi, si t’étais pas attentif t’étais vite paumé.

C’est dommage. Mais je te retourne la question ! Tu te places comment toi vis à vis du Jardin Radieux ? Tu préfères Illusiopolis ?

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La claque. Le mec me raconte ça. Et… tu sais en plus, c’est pas que du nouveau parce qu’il m’avait déjà dit des trucs alors qu’on venait de se rencontrer. Mais il me connaissait pas, du coup bah… c’était plus timide. Là, le type m’a déballé vraiment sa vie. Et sérieux, je t’avais dit quoi sur le Roxas dont personne parlait. Je te jure qu’en l’entendant, après l’émotion du Tonight, les larmes remontaient facilement. Je les contiens mais… je sens mes yeux piquer. C’est triste. Tellement triste. Naître comme ça. Se faire utiliser comme ça. Ne même pas vraiment avoir d’origine. Il vient d’Illusiopolis, de la Cité du Crépuscule et finalement, d’un mec, Sora. Bon c’est pas Tata Christine, d’accord mais voilà. C’est…

C’est West Side Story. Un des thèmes de la comédie musicale. Exactement ce dont ils parlent. Ce qu’on a gagné en partant. Et ce qu’on a perdu à tout jamais. La cité du crépuscule n’a plus rien à voir avec celle qu’il a connue. Illusiopolis est devenu un tout autre monde, habité mais franchement hanté par tout ce qui a été mal fait dans ce monde. C’est méga triste. Quand il me raconte ça, je peux pas essayer de regarder Anita raconter son amour de San Juan, c’est pas possible. Je regarde juste Roxas, qui lui me regarde aussi. J’oublie presque où on est. Y a juste le moment où il a claqué des doigts et où je me suis dit que c’était peut-être pas le bon move quand t’es dans un public silencieux mais bon. Je sais même pas quoi dire. J’ai l’impression d’avoir eu raison avant… et à la fois d’avoir été tellement à côté de la plaque. Toutes les fois où je lui parle de truc dont on se fout. Le mec a eu une vie différente de la mienne, très différente. Sincèrement, il connait que le bordel.

Quand il regarde la pièce à nouveau, je l’imite. Choquée. Franchement bouleversée. J’ai pas vraiment appris de trucs mais au risque de dire la même chose qu’avant… ça change toute ma vision que j’ai de lui, ou plutôt mon ressenti. Purée. Faut que je fasse gaffe ou je vais vraiment tomber amoureuse.


« Mais je te retourne la question ! Tu te places comment toi vis à vis du Jardin Radieux ? »

Y a une partie de moi qui regrette d’avoir posé la question parce qu’on n’est plus du tout attentifs. Je dis rien pendant quelques dizaines de secondes, alors que ma main vient chercher son poignet pour le serrer longuement alors que mon pouce vient caresser affectueusement le dos de son poing. Je suis tellement triste pour lui quand il me raconte ça que j’ai besoin de penser que je peux un peu le consoler. Ou me consoler moi.
Je regarde la scène. Les Jet sont dans un bar, en train de réfléchir à un plan pour se débarrasser des Portoricains. Et ils se disputent parce que t’en as qui sont en retard, t’as Tony qui est on sait pas où, t’en as un qui est allé voir un film.


« Le chef, Riff, dit à tout le monde qu’il faut se la jouer cool avec les Sharks. Pas genre être sympas. Mais la jouer fine. » Je fais une pause et je regarde Roxas à nouveau alors qu’une musique, la moins sympa de toutes « Cool », commence. « Le Jardin Radieux, écoute. Jamais j’y retourne. » dis-je en pestant. C’est évidemment pas vrai. Y retourner à l’occas’, pourquoi pas. « J’ai grandi là-bas et franchement, y avait aucun problème, je vivais une belle vie. Et puis le Consulat est arrivé. J’ai rien vraiment contre eux, y a eu des trucs sympas… genre tu chopes de la culture quand tu vis dans une cité dorée. Tu vas dans des musées avec l’école, tu vas voir des pièces de théâtre, t’écoutes tout le temps de la musique. C’est varié. » C’est vraiment pour ça que je me permets souvent de parler du Consulat, de leur Académie et tout. Je connais bien. J’ai vécu plein de choses là-bas, j’ai eu le temps de me faire mon opinion. « Mais c’est proprement élitiste. Non alors, si tu veux être artiste, tu vas vivre ta meilleure vie mais pour mes parents, qu’étaient pas du tout dans le milieu, cherche pas. Moi j’étais pas franchement douée pour un art ou quoi. Ils avaient plus de boulot, moi les écoles que j’avais faites en secondaire me servaient à rien pour trouver un job. »

C’est bizarre à dire quand tu me regardes mais ouais. Je suis mignonne mais je suis très petite. Pour du mannequinat, c’est foutu. Être hôtesse, serveuse ou quoi, je voulais pas et faut accepter de se faire maltraiter donc… très vite, mon physique était pas tellement un avantage. Et bon, je faisais pas attention à moi comme maintenant. « Franchement, on n’avait pas un rond. Le Consulat fait rien pour ça. Ils ont supprimé la taxe mais fallait quand même qu’on mange. Donc on est partis. »

Et en parlant de partir… Les Sharks sont arrivés dans le bar en costard, hyper cools.  Ils laissent s’en aller les filles parce que ça sent la bagarre. « Là ça va se bagarrer. »

Je regarde un peu. La chanson est finie, les danses aussi. Silence de mort.

« Ferme boutique, Doc. La racaille est là. » dit Riff, le chef des Irlandais, au barman.

« Venons-en aux affaires. » répond Bernardo, le chef des Portoricains, froidement.

« Oh, on dirait que Bernardo n’a pas appris la bienséance. »

« Je ne t’aime pas. Tu ne m’aimes pas. Abrégeons. »

« Dégage-les, Doc. » Le barman répond, fébrile « peut-être que vous pourriez juste parler tranquillement ? »

Mais ça s’embrouille. « Au moins, à Illusiopolis, même si c’était pas le monde d’Adibou, on a réussi à faire quelque chose. » Je souris à Roxas. « Tu sais, t’as souvent dit ça sur Illusiopolis, et je te critique pas. » Je continue à murmurer près de son oreille. C’est tellement long et personnel, ce qu’on se dit, qu’y a quand même une bonne partie de moi qui trouve que c’est méga intime, au final. « Genre que c’est n’importe quoi, que y a des crimes partout, que tout le monde s’en fout. En vérité, c’est pas vrai ; Y a énormément de gens bien. Et tu sais… même s’ils n’étaient pas si bien que je le pense, les habitants d’Illusiopolis, au fond… Quand je suis arrivée, quand j’ai commencé à faire des lives, quand j’ai construit ma communauté, quand j’ai créé tout ça. C’était pour eux que je jouais, que je me fringuais, que je me maquillais. Je suis devenue belle pour qu’ils m’aiment, et ils m’ont aimée donc. Même si c’était tous des sales types, tous ces gens-là, ce sont… mes gens. Je les aime trop. Alors le Jardin radieux j’en ai vraiment rien à secouer, mais Illusiopolis, je l’aime. C’est ma vraie maison. J’ai tout donné et ils m’ont donné tout ce que j’ai maintenant. »
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J’aime pas non plus le Consulat. Ça m’va, que j’réponds en souriant. C’était marrant, de se parler là comme ça, en dehors de tout truc de groupe ou quoi. Et sans déconner, j’me sentais plus vivant. Moins forcé de faire copain copain ou de haïr quelqu’un. Preuve en était, avec Chen. Il était du consulat mais, c’était un type cool ! Death, même en coulisses ça restait un enculé mais, ouais. Comme ça au gré d’une soirée, d’un moment où tu te sors de tous ces trucs de faction tu respires. Et D.Va, cette nana là, c’était une giga bouffée d’air frais. J’regretais pas d’être venu.

Et, elle continue de me raconter son truc dans l’oreille. C’est juste un murmure, mais c’est bizarre. Je sens son souffle en fait, et c’est marrant ? Ouais voilà, marrant. C’est marrant. Et j’comprends mieux c’qu’elle trouve à cette ville. Moi… quand j’y vais, c’est soit pour baigner dans l’crime avec le gang des Songes, soit c’est pour baigner dans le crime en réglant deux trois problèmes à la volée. J’y vais jamais pour discuter avec les gens comme le ferait D.Va. En fait, j’discute pas avec les gens. J’ai pas une image de mec super cool, mais j’me sentais pour autant pas si fermé que ça. J’sais pas.


Je comprends. Désolé, du coup. Tu m’as dit que ça allait mais, ouais. J’me sens con de cracher sur un truc que j’connais finalement qu’à moitié. On a chacun la vision d’un côté de la médaille. C’est rigolo.

C’était p’tête ça mon problème. Je voyais c’qui allait pas, mais j’voyais pas ce qui allait. Non, je m’intéressais pas à ce qui allait. C’était une nuance fine mais notable. Mon boulot pendant longtemps c’était de gérer là où les autres le pouvaient pas. Alors forcément j’en avais vécu des épisodes qui puaient la crasse. C’était tellement présent qu’en fait, j’en avais perdu les bons côtés du truc. J’avais vécu, beaucoup. Et j’étais toujours là, à découvrir des trucs sur la vie. Et si ces quelques années, celles que j’ai pas eu, c’était justement ce qu’il m’avait manqué ?

Pour autant, aucun retour en arrière possible. C’était fait, c’était acté, c’était comme ça. Tout était « comme ça ». Mais fallait voir le côté à moitié plein du truc. Si y’avait pas eu ça, je serai peut-être pas là ce soir. Et ça aurait vraiment été dommage. En tout cas, e’m’donnait pas envie de ruminer tout ça plus que ça. J’étais… bien.

Et ça me faisait sourire tout seul comme un con. Parce que… J’sais pas comment j’en suis arrivé à là. Mais tu sais, Jecht, on en dit ce qu’on veut. Mais pour moi, c’est quand même… c’est pas mon guide spirituel ou j’sais pas quelle autre connerie tu pourrais trouver. Mais c’est pas rien non plus. Il a trouvé son juste milieu. On bosse ensemble, et il fait pas des trucs toujours jojos, comme moi. Mais il contrebalance. Parce qu’à côté de tout ça, il a sa baraque, avec sa petite vie. Et j’pense que c’est vital. Faut avoir un truc pour se détacher sinon on devient barge. Ouais, faut pouvoir se détacher de ça par moments, comme c’que j’fais maintenant.

Et j’ai complètement pas suivi l’action de la pièce. Si ouais, y’a eu bagarre et Tony est arrivé, avec son truc jaune tu peux pas l’manquer d’façon. Ils ont dansé, ils se sont bien amusés, et v’là qu’il se retrouve avec un mec à discuter de Maria j’crois. Il dit qu’il l’aime, l’autre s’inquiète pour Tony. J'me demande quand il va s'sortir les doigts du cul. P’tite musique et obscurité totale pour un changement de décor.

Je tourne la tête vers D.Va, ma main m’gratte mais, ça va, j’peux passer outre.

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Anita et Maria sont de nouveau seules dans leur boutique. Anita veut partir mais Maria traîne, dit que genre… elle a encore du boulot ou je sais pas quoi.

« Buenas noches ! » dit Tony en arrivant. Il s’immobilise devant Anita qui, forcément, est pas au courant qu’il devait retrouver Maria ce soir-là !

« C’est trop tard pour noches. Buenos Tardes. »

« Ca veut dire quoi Buenos Tardes ? » me demande Babak, alors que je suis encore super proche de Roxas. Je m’éloigne un peu de lui pour dire au garçon qu’encore une fois, je n’en sais rien. Chaque monde a un peu ses expressions et tout, et bon c’est aussi une découverte pour moi, tout ça.

« Il est juste venu pour apporter de l’aspirine, Anita ! » explique Maria.

« Tu en auras besoin, ma petite, s’ils l’apprennent. »

« Non ! Nous sommes au-dessus de tout ça ! »

« Tu es surtout au-dessus de ta propre tête ! » s’énerve Anita. Et t’as l’autre, Tony, qui répond, trop mignon mais trop bête « On est douze pieds au-dessus de la terre ! » Et bon, je ne sais pas. Anita doit être touchée par leur naïveté toute mignonne et accepte de ne rien dire à personne. Les deux se retrouvent, s’embrassent. « Nous sommes intouchables ! » explique Tony. « On est dans les airs, nous sommes magiques ! »

« La magie est aussi maléfique et noire ! » Ah beh… ça aussi on pourrait en discuter longtemps. Je me penche à nouveau vers Roxas. « J’ai pas dit que j’aimais pas le Consulat, cela dit. » Je rigole en le regardant. Ah lui par contre, tout le monde sait qu’il ne les porte pas dans son cœur. Je te parle de Monsieur ennemi public numéro 1 dans les cités dorées, que si quelqu’un le voit, il doit alerter la garde nationale. Un peu taquine, je continue de sourire alors que Tony et Maria commencent à se disputer parce qu’elle ne veut pas que Tony aille se battre, même si c’est à mains nues. Sérieux, ces gangsters tout mignons. Ils ont décidé de se battre aux poings ! Non mais je les achète, ces criminels-là, pour qu’ils viennent remplacer tous les fous qu’on se tape dans nos rues !

« Tu sais. Les enfants… je les ai pêchés à Agrabah. Eux aussi, finalement, ils ont quitté leur monde d’origine et… si tu savais dans quelle misère ils vivaient. Ils pouvaient compter les uns sur les autres, ainsi que sur une sorte de prêtresse qui s’occupait d’eux mais » je hausse les épaules. Je revois les murs en ruine, la paille à terre, leur corps plein de bleus. « je sais que c’est leurs racines. Et je veux que ça reste important dans leur vie. Je ne veux pas qu’ils oublient Agrabah mais… j’aimerais qu’ils n’y retournent pas. » Je fais une pause. Je sais pas comment expliquer ça. Y a migrer et migrer. Quand t’es adulte et que tu vas au jardin radieux parce que tu veux rejoindre le Consulat, c’est autre chose que partir de chez soi du jour au lendemain, forcé par quelque chose, quelqu’un… alors que t’es peut-être mineur comme mes quatre gamins. Quoi qu’il en soit, même si tu réussis plus tard dans cette nouvelle vie, tu viens toujours d’ailleurs. Tu le ressens. Parfois c’est une force. « Jamais. » Je souris à Roxas alors que ma main vient caresser distraitement les cheveux de Babak. « Je m’en fous. Je les rendrai pas. Même si on vient les chercher, un jour. » Je pose ma tête sur l’épaule de Roxas, les yeux sur le spectacle. « Je n’ai jamais aimé quelqu’un avant eux. Ils sont à moi. » Ca peut paraître bizarre. Il va peut-être me prendre pour une folle-dingue mais je le dis et je m’en fiche. Lui aussi, il a ses lubies, il a fait des conneries. Et bien voilà une connerie que je pourrais faire, moi. Parce que oui, y a rien qui protègera celui qui voudra me priver de Babak, Hengameh, Fahimeh et Jila. Je dis que j’ai jamais aimé personne d’autre avant. Et c’est vrai. Y a que Commor, mon coach. Seule exception.

Maria et Tony se marient, eux-mêmes, en se déguisant. C’est mignon. Je laisse ma tête contre Roxas, en espérant un peu que ça le met pas mal à l’aise. Amitié ou drague, franchement il le prend comme il veut.

Make of our hands one hand,
Make of our hearts one heart,
Make of our vows one last vow:
Only death will part us now.


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T’as raison. Puis de toutes façons ça se voit que tu les aimes, rien que dans la façon que t'as de les regarder.

Franchement c’qu’elle faisait avec les gamins, c’était cool. Parce qu’Agrabah c’était vraiment un souk pas possible. Et de c’qu’elle m’en racontait, j’pense pas qu’ils étaient si heureux. Non, ça montrait bien une chose c’est qu’elle avait un bon coeur. Puis elle était détér, ça ouais. Au moins, ils grandiraient dans un endroit sain c’était déjà ça. Mieux valait plutôt qu’excuse moi mais, plutôt qu’il finissent par chourer des trucs dans leur monde natal et qu’ils se fassent couper la main.

Les deux tourtereaux s’mariaient eux même, c’était rigolo. J’imaginais déjà la gueule de ces crétins du sanctum s’ils voyaient ça. ‘fin j’en savais rien, mais voilà, j’m’imaginais mon truc comme ça. L’primarque teubé qu’ils avaient aurait p’tête pété une durite et déclaré la guerre à New York va savoir. C’était pas étonnant qu’ils se fassent casser la gueule tout les quatre matins avec leurs idées d’merde.

Le spectacle continuait, et, j’sais pas si ça devenait de mieux en mieux ou si c’est D.Va qui rendait le truc supportable. Nan, par moments c’était marrant. Mais là, ça allait être le feu. Depuis le début y’a les deux clans qui se tirent dans les pattes, et là on commence à nous vendre de la baston. Il aura fallu une heure et quinze chansons pour qu’enfin les mecs se décident à régler leurs comptes. Mais y’a un hic. La meuf de Tony, elle veut pas qu’ils se battent, et l’mec s’est senti pousser des couilles à tel point qu’il lui a promis de stopper tout ça. J’y crois zéro. Tu vas pas me faire gober que l’pouvoir de l’amour est tellement puissant qu’il stoppe tout les conflits.

Et justement, ils se chauffent. Ils chantent un truc, un peu plus vénère qu’avant où clairement si t’as deux neurones, tu vois bien que la scène d’après ça va partir en freestyle. Les deux clans arrivent, y’en a un qui se la joue fair et qui tend la main, comme s’ils allaient pratiquer un sport. Death, jamais il te serre la main avant d’te couper en deux. C’est pas un poil réaliste mais ça va, j’accepte c’est une fiction après tout.

Mais ouais, voilà. L’autre refuse de lui serrer la main, et quelque part il à raison. Il le dit lui même, ils peuvent pas se sacquer entre eux, ça sert à rien de mettre les formes. Qu’ils se foutent sur la gueule et qu’on en finisse. Et alors la baston, j’t’en parle même pas. ‘fin si, mais… c’est une chorégraphie cheloue, c’est tout sauf une baston en fait. J’pourrais même pas te dire qui sont les gentils et qui sont les méchants parce que je suis loin d’avoir tout pigé mais bon d’façon moi j’suis team Tony comme la pièce veut te le suggérer alors… Et justement, c’mec arrive en mode, je pèse à mort, peace and love, vous battez pas on est tous des potes.

Bon, bah ça a pas raté, le clan adverse se fout de sa gueule. Il se fait traiter de poule mouillée, ce qu’est une insulte de rang… cinq au moins. Et ça part en couille. Et j’me demande si le véritable ennemi sur la scène, c’est pas le vent. Non bon attends, j’veux bien qu’les mecs se savatent pas la gueule pour de vrai parce que sinon faudrait changer d’acteurs tout les soirs. Mais bordel, le poing à trois mètres douze du nez du gars ? Ils se foutent un peu de la gueule du monde.

Je souffle du nez, ça a au moins le mérite de me faire rire. Pis t’en as un qui meurt. Il se fait fumer tout bêtement, tout le monde pète un plomb, t’as un deuxième mort et les sirènes des flics retentissent. Rideau.


Mais, c’est violent c’truc en fait. J’regarde les filles à côté, ça a pas l’air de… Attends. Y’en a une qui dort ? Je crois, j’sais pas. Boh, d’façon soit elle dort soit elle s’en branle. Mais j’pense pas, merde j’en sais rien. J’suis naze avec les gosses, même pas foutu de savoir s’ils dorment ou pas.

J’pense que ça va être la merde pour Tony. Il va se faire défoncer par Maria, c’est sûr.

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Roxas réagit plus que moi, cette fois. J’avoue que perso, c’est pas ici que le truc me chauffe à mort. Le jeu d’acteur est pas mauvais et Tony reste tout mignon mais la bagarre était pas folle. Et en-dehors de ça, c’est aussi très frustrant. Je savais que ça arriverait mais voilà, c’est toujours énervant quand tu te dis que au final… Tout ça, c’est 100% de la faute de Tony. Il voulait bien faire mais allez quoi. Les mecs, ils partent pour la faire à l’amicale, comme c’était prévu. Un règlement de compte pour savoir qui est le plus fort ! Tony vient foutre le dawa dans tout ça quand finalement, il veut qu’y ait pas de bagarre tout court. On se fiche de lui, il pète les plombs, ça devient la mêlée générale et… dans la confusion, y a des morts.

C’est énervant ! Ca aurait jamais dû arriver. Et alors bon, tu vois Tony pleurer sur les deux cadavres, mais c’est quand même toi qui as poignardé Bernardo, le frère de Maria ! Donc oui pour le coup, je suis d’accord avec Roxas au moins sur ça. Quand tu te feras baffer, Tony, tu te demanderas pas d’où ça vient !

Changement de décor, applaudissement. C’est la fin de la pièce pour le chef des Sharks et des Jets et bon, ça c’est quand même quelque chose de symbolique, je trouve. Et bon, je suis un peu triste parce que Bernardo avait un bête de style dans son petit costume cravate bien chicos ! Je me redresse, laisse un peu Roxas tranquille. Babak est en train de s’endormir. Je m’approche de lui, viens prendre sa tête entre mes mains et je le couche de manière à ce qu’il utilise mes cuisses comme oreiller, tout en faisant bien gaffe à ce qu’il mette pas ses pieds sur son voisin. Ma main vient caresser son visage et ses cheveux alors que je cherche les yeux d’Hengameh et de Fahimeh, sans succès, avec l’obscurité encore plus dingue quand la scène est dans la pénombre.

Les lumières se rallument sur une vie beaucoup plus coutumière, alors que Maria, Consuela, Rosalia et une autre sont assises sur des divans, à se faire belles, à parler de mariage. J’aime trop. C’est censé être un secret, son union avec Tony, mais elle en parle comme ça en mode « ouais je me suis marié, trop bien ».


« Tu te rends compte qu’elle est en train de vivre sa meilleure vie, là, sans se rendre compte qu’à côté, t’as son frère qui est mort, tué par son mari ? » Je souffle du nez. Comment c’est chaud ! Maria commence à chanter une chanson très connue : I feel pretty. Et elle atteint des notes super hautes, c’est super impressionnant, pendant que ses « potes » lui répondent en chantant limite faux, mais je crois que c’est fait exprès, en se foutant quand même un peu de sa tête. C’est pour ça que je n’ai pas d’amies filles. T’as que des problèmes. Rien qu’avec Hengameh, c’est parfois un peu la guerre, et je suis sa tutrice, donc écoute.

Dommage qu’Anita ne soit pas là. Elle est trop stylée dans son genre Je te l’avais bien dit. Pour finir la chanson, Maria tient une note hyper haute super longtemps, ce qui vaut un bon tonnerre d’applaudissements bien mérité. Nice !
« Maria ! » crie un mec dans les coulisses. Et là, même réaction pour moi comme pour l’autre dont j’ai oublié le nom : « Ah, Chino. » Et donc Ah, les problèmes. Bye bye jeunes années, Maria. Dans deux secondes, tu vas tellement déchanter. Chino arrive, couvert de sang. Et là franchement ? Bête de dialogue.

« Tu t’es battu, Chino ? » demande Maria alors que ses amies s’en vont.

« Oui, je suis désolé. »

« Ce n’est pas ton genre. Pourquoi tu as fait ça ? »

Il s’excite légèrement, regarde ses pieds alors que sa chemise dégouline de faux sang.

« Je ne sais pas trop… C’est arrivé si vite. »

« Bon, c’est pas grave, va te laver. »

« Attends non, je dois te dire. Au combat, il y a… »

« Il n’y a pas eu de combat. » le coupe Maria, sûre d’elle. Tellement naïve, c’en est touchant. Premier degré. « Si. Et… personne ne voulait que ça arrive mais. » Oui enfin va dire à Tony qui a bien foutu la guerre. « Il y a un problème ? »

« Un gros problème. »

« Dis-le vite, alors. » Tu sens qu’elle s’inquiète, qu’elle s’impatiente.

« Il y a eu un combat et… je ne sais pas comment, il y a eu des couteaux et… » il sanglote. « Et Bernardo, il a été.. »

« Et Tony ?! Qu’est-ce qui est arrivé à Tony ? Il va bien ? »

Et là, Chino, il réagit comme toute la scène, en mode : wtf, dude ? Sérieux ! Pourquoi elle parle de Tony ?! Tu vois du sang ! On te parle de couteau ! Chino pleure et il te parle de Bernardo ! Il a un truc à te dire, tu vois pas ?! Chino, il a l’air choqué. Non mais en même temps, elle a parlé de Tony à personne, surtout pas à l’homme qu’elle devait épouser !

« Il a tué ton frère. »

Et là… c’est à la fois tellement énervant et triste. Elle dégage Chino qui prend un bon gun des mifa. « Faites que ce ne soit pas vrai. » répète-t-elle. Déchirant. J’ai les sourcils froncés, je suis inquiète ! Tony arrive par la fenêtre. Là elle commence à le frapper et tout, à l’insulter d’assassin, normal. Et là il te sort :

« J’ai essayé d’empêcher ça ! J’ai vraiment essayé ! Je ne sais pas ce qui est arrivé, je… je ne voulais pas le tuer ! Mais Riff était comme mon frère et » bon moi je soupire et je lève les yeux. Non Tony, je t’aimais bien mais là c’est fini. Next. Maillon faible. Assume. A-SSU-ME ! Un couteau dans le dos d’un gars, tu l’as voulu ! C’est ta faute, c’est toi ! Et là mais… il parle d’aller se livrer  à la police, elle veut pas et… Voilà pardonné ! Franchement ça serait arrivé dans un cinéma d’Illusiopolis, wallah tout le monde aurait crié à la mort en balançant son popcorn sur l’écran. Mais ici, rien, pas de réaction du genre. Purée de bienséance !
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O...k. C’est complètement surréaliste. La meuf apprend que son frère est mort, que c’est son mec qui l’a tué. Elle l’engueule trente secondes mais non ça va c’est ok. Finalement la bonne idée c’est de se barrer d’ici avec l’assassin de ton frère. Connasse, va. Nan je m’emporte mais là ça part en couille. Le début il est long du cul, on arrive à situation un peu stylée et non, faut que ça se désamorce d’un coup d’un seul. Y’s’couchent tout les deux, tout roule. Bonne nuit je t’aime, grosse blague.

J’me redresse sur mon siège. Faut que j’pige. Y’a pas autant de personnes dans la salle pour regarder un truc aussi éclaté c’est pas possible. Y’a une subtilité, un sous texte j’sais pas un truc, s’il vous plaît quoi. ‘Fin je sais pas. J’ai que Sora comme référentiel. J’sais que si y’en a un qui y touche, même pas qui le bute, mais qui le cogne, bah… j’suis le grand frère qui va venir régler le problème. J’assume totalement le rôle. Y’a des trucs avec lesquels faut pas déconner. Mais elle pour un type qu’elle connaît depuis une heure, ça va c’est ok. Il chante bien alors ça passe. J’éxagère mais, j’trouve pas la raison logique derrière tout ça. Et quand j’pige pas, ça m’gonfle. D.Va à l’air du même avis. Je me tourne pour la regarder, elle fronce les sourcils. Ouais, on est d’accords là dessus.

Puis, fondu au noir et nouvelle scène ? Admettons. J’ai l’impression de me transformer en critique de théâtre alors que j’y connais rien mais. Là t’as deux mecs contents d’avoir échapper aux flics, qui se foutent de la gueule d’un autre flic et font les cons alors qu’un de leur pote s’est fait planter comme un clochard. Puis, ils se tapent des bonnes barres en plus. Manquerait plus qu’ils s’ouvrent une ou deux bières et qu’ils crament des palettes. Putains de mongolos. Et puis, bon, comédie musicale oblige, ils vont se faire une petite chansonette. C’est vrai, la situation s’y prête après tout.

Je décroche mais… totalement. J’ai même plus d’espoir quant à l’amélioration du truc. Tony est un enculé, Maria une grosse conne. Les potes du mec mort sont tous devenus subitement très cons. Le réalisateur s’est mouché dans le script, y’a aucune autre explication. Je soupire, vraiment.


Y’allait y’avoir de l’enjeu et tout, ils ont tout niqué en une scène C’est décevant je trouve de se faire chier à créer un truc pour le remballer en cinq minutes. C’est quoi le message derrière tout ça ?

Je regarde autour de moi, les gens sont dedans pourtant. Ça a pas l’air de leur paraître con. Tu vas voir que l’Tony à la fin il va se faire applaudir comme jamais pour avoir trahi ses potes. On nage en plein délire. Heureusement que les gosses dorment du coup, parce que niveau leçon c’est un peu naze. Heureusement que le pop corn est toujours là pour faire passer la pilule. Je recommence à taper dedans, d’façon il reste plus que ça. J’ai même pas l’envie de prendre le truc en dérision et d’attendre la prochaine connerie du scénario.

Oh putain, une autre situation arrive. On revient sur les deux amoureux qu’ont passé la nuit ensemble. Y’a j’sais plus qui qui frappe à la porte, évidemment c’est fermé… Allez, dix balles que l’Tony arrive à s’en sortir in extremis.

Au point où on en est, planquez le sous le lit, ce sera pas moins crédible.

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Je regarde Roxas, qui a l’air encore plus dégoûtée que moi, avec un sourire aux lèvres. Okkkkkkkkay ? Je m’y attendais pas, je dois dire ! Non allez. Qu’il relève le truc un peu débile, franchement si. Mais dix bonnes minutes après ? Parce que bon, je suppose que la scène qui a tout gâché, pour lui, c’est celle de Maria qui pardonne à Tony en mode Hakuna Matata. Ah bah ça me semblerait logique. Je l’imagine dans sa tête en train de se triturer le cerveau à trouver un sens à tout ça avant d’en arriver à la conclusion que c’est bien nul. Moi aussi ça m’a un peu gavée mais… perso, je réserve mon agacement sur Tony. Dans ma tête, maintenant, c’est Team Chino, clairement. Maria, elle a été bête mais je sais pas. Au fond, elle y était pas. Elle ne se rend pas compte que Tony est inexcusable, qu’il a attaqué Bernardo comme un sauvage, qu’il l’a frappé dans le dos et surtout, qu’il a complètement déraillé au tout début de la rencontre, quand on s’est un peu moqué de lui ! C’était à lui d’être le responsable de la bande. Il avait trop d’orgueil, et voilà la cata que ça a fait. Maria ne sait pas tout ça ! Elle doit imaginer que Bernardo a attaqué Tony, que ce dernier n’a pas fait attention, l’a poignardé quasiment sans faire exprès.

Je me penche une nouvelle fois vers Roxas.
« Attention à ton vocabulaire. » Je lui fais un clin d’œil. J’arrive à voir Hengameh, à gauche de Fahimeh, dormir. Seule Fahimeh tient le coup, jetant quelques regards agacés toutes les dix secondes à la grande qui, elle, ne parvient pas à rester éveillée deux heures et quarante minutes de suite dans l’obscurité. Bon allez… j’avoue que je suis un peu fière d’elle, là. Et pour Roxas… On parle moins, c’est sûr. Mais je pense que c’est parce qu’on sait qu’on s’approche de la fin de la pièce, et en bien comme en mal, on veut savoir comment ça se finit. Bien sûr, je sais certaines choses, clairement. Mais ça reste quelque chose que je veux vivre.

Ok, retour à la pièce. Anita veut rentrer, et visiblement elle a un gros truc à dire à Maria. Bon. Faisons table rase ! J’aimerais le dire à Roxas mais je sais pas, j’aime bien le fait qu’il soit un peu remonté ! Il a été bien attentif, c’est clair.
Tony s’enfuit par la fenêtre. Maria ouvre à Anita qui entre.


« Ah, tu as vu Chino ? » demande Maria pour donner le change, tu sais. « Il est parti, furieux, hier. Je me demandais si… » Mais… Anita ! Anita, je te dis ! Ma championne ! Ma pouliche ! Elle comprend tout. Elle avance vers le lit à peine refait comme le destin vers ton chemin, elle s’immobilise. Le flair de cette fille ! Rien. Silence. Pas un mot. Maria flippe. Anita, qui est juste la boss, se dirige vers la fenêtre, à la recherche d’un amant en fuite. Mais enfin, Maria assume. Elle dit bien fort. « Tu sais. »

« Et toi tu ne sais rien. » Reine de la punchline. « Tony est l’un d’entre eux. » La musique commence. Je sais pas dire quel instrument c’est mais… c’est fort grave, impressionnant ! C’est pas très harmonieux mais le texte me parle à mort. Anita s’emballe, tu sais. Elle explique que Maria doit aimer un autre homme, quelqu’un de son peuple. Je regarde la trad.

« Un homme qui tue, ne peut aimer
Un homme qui tue, n’a pas de cœur.
Et c’est cet homme que tu aimes,
et c’est homme qui a ton cœur.
Très intelligent, Maria, très intelligent !

Un homme comme lui, ne veut qu’une chose.
Quand il l’aura, il te laissera seule.
Il tuera ton amour comme il a tué le mien.
Attends de voir, Maria,
Attends de voir. »


J’aime. Ca me parle énormément. Ca contraste à fond. Anita était la seule qui pouvait comprendre l’amour qu’il y avait entre Maria et Tony. Elle a accepté de fermer les yeux. Et t’imagines ? Son mari est mort parce qu’elle a laissé le truc se faire. Bernardo, son mec, est mort, et sa protégée continue d’aimer son meurtrier. Comment c’est affreux. Eh ben moi je suis totalement d’accord avec Anita. Tu dois rester fidèle à ta famille. Un truc comme ça ? Mais comment elle ose continuer d’aimer Tony ? Maria la rejoint en chantant. Et au moins elle assume limite que finalement… elle entend ce que dit Anita, elle sait que c’est sensé, mais elle ne veut pas l’accepter. Elle dit des trucs comme :

Peu importe que cet amour soit bon ou mauvais, c’est tout ce que j’ai.
Je me fous de ce qu’il est.
Je me fous de savoir pourquoi c’est arrivé.
Je ne veux pas savoir.


C’est intéressant, en fait. Tu sais, quand t’es chez toi, tu écoutes, tu lis les paroles mais tu comprends vraiment toute l’intensité, parfois, que en regardant vraiment le truc, en t’investissant émotionnellement.
Finalement, Anita aide Maria. Elle lui dit un truc :


« Chino a un pistolet. Il a envoyé plusieurs hommes trouver Tony. »

Maria s’en va. Pfiou.
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Ok, ça va. Y’a deux trois personnages qui commencent à arrêter de déconner. Bon d’jà Maria elle est dans la merde. Y’a un flic qu’arrive et qui la questionne. Mais pas genre « où étiez vous dans la nuit du vingt-quatre au soir ? », non c’est plus du « Vous êtes cramés, donne moi le nom du mec avec qui t’as dansé on le coffre et bisou ». Et elle comprend, alors elle envoie Anita faire j’sais pas quoi. Enfin, moi en tout cas, j’comprends qu’elle l’envoie prévenir les mecs du clan rival que Tony va se faire descendre bientôt. Elle gère le flic et bim, changement de scène.

Et là, ça repart en couille. Bon, j’veux bien qu’elle soit pas la bienvenue dans l’bar de la bande à Tony parce que voilà. Mais… elle vient quand même pour sauver leur pote et elle se fait bolosser vénère. Ils se font des passes avec, ils la balancent par terre, c’est limite s’ils essuient pas leurs pompes crades sur sa robe. Le respect à c’t’heure ci, il est mort et enterré. Y’a plus rien. Mais non, ils commencent à lui monter dessus, et moi j’grince des dents. Parce que… euh… J’sais pas ? Si tu veux montrer un truc vénère, tu peux, ouais ok. Mais attends… les mecs c’est bisounoursland depuis l’début à s’faire des papouilles à la place de se battre et ça y’est y s’mettent à essayer de violer des meufs ? On passe pas d’un extrême à l’autre ?

J’aurai été Anita, j’les aurai tous envoyés se faire enculer. Enfin… c’est ce qu’elle fait. Mais j’aurai pas lâché l’info du flingue. Rien à foutre. Attends, vous êtes quinze à vouloir me sauter comme si j’étais la pute du coin, allez clairement vous faire mettre. Et tant pis pour Maria, d’façon à la base elle est pas d’accord avec le délire. Je réfléchis p’tête pas comme eux mais bon ça fout la merde. Inconcevable. Bon, y’a quand même un mec qui les engueule, ouais… J’sais pas si la sentence est à la hauteur du… crime, ouais, on peut appeler ça un quasi crime, de c’qui vient de se passer sous leurs yeux mais soit.

Et on retrouve Tony, qui lui même retrouve un mec j’saurai pas t’dire qui c’est. Le mec lui dit que Maria est morte, alors forcément il pète un plomb, ça ça va. Il appelle Chino, il tourne dans la ville pour le trouver et finit par tomber sur Maria. Je trouve que ça va un peu vite, mais pourquoi pas. Le mec est rassuré, il sait que sa meuf est vivante et ils vont pour s’étreindre. Et là, gros spoiler, t’as Chino qui tire sur Tony. En même temps ça allait forcément arriver. On te parle d’un amour impossible pendant deux heures, bon en général t’as pas d’happy end là dessus hein.

Tony s’écroule. Avec lui, tout leurs rêves de se barrer d’ici et de mener une vie normale. Maria entre en berserk, elle engueule Chino ma foi ça reste normal j’pense hein. Puis, tout le casting déboule, les mecs à Bernardo, les mecs de Tony. Les flics aussi. Tous sont autour, et Maria menace de buter tout le monde avant de vouloir s’buter elle même. Elle y arrive pas.

En même temps faut avoir une sacré paire de couilles pour réussir à passer à l’acte j’pense. Bref, elle à son moment de calme. L’matin encore elle dormait avec son mec et maintenant il était carpette sur l’sol. Un mec arrive en ninja et lui pose un ruban noir sur la tête. J’pige la symbolique, trois scènes avant c’était un truc blanc de mariage qu’elle avait, l’amour, la joie, la lumière quoi. Et maintenant que la sienne s’était éteinte. Il ne lui restait que les ténèbres. Une rage folle qui lui dévorerait le coeur et, tu sais comment ça finit quand c’est comme ça. C’est pas montré, mais j’pense qu’elle devient un sans-coeur par la suite. Sa part d’ombre grossit petit à petit et, j’me reprends ça comme un taquet de la part de la vie. La part d’ombre, ce truc qui plane au dessus de toi inlassablement et qu’attend que le bon moment pour te bouffer complètement.

Les lumières s’éteignent. Quelques secondes se passent, avant qu’elle ne se rallument. Tony est debout avec les autres. Tout le monde est là et les gens se mettent à applaudir. J’suis le mouvement et j’applaudis aussi. J’pense que y’avait quand même un meilleur réveil possible pour les gosses.


J’pensais pas que ça finirait comme ça. C’est super dur !

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Pas un bruit quand elle tombe à terre en laissant tomber son flingue. J’ai les sourcils froncés, complètement happée par la tristesse du moment, l’émotion qui en ressort. Ce serait tellement plus... reposant pour elle. Mais non. Et je sais pas pourquoi. Elle hurle sur ceux qui essaient d’approcher Tony. Là encore une fois, le public est muet, complètement. Et le voile l’entoure. Parce qu’elle n’a plus rien, parce qu’elle va passer le reste de sa vie à pleurer.

J’applaudis directement, réveillant Babak. Et comme le reste de la salle, je me lève très vite, faisant quand même attention à ce que le garçon se redresse. Il se lève lui aussi pour m’imiter, à moitié assommé par le sommeil. Fahimeh crie presque, tout en frappant comme une folle ses mains l’une contre l’autre. Je la vois pleurer. Je suis super triste moi aussi, c’est… c’est différent quand tu le vois. Tu comprends tout différemment qu’à la simple écoute des musiques. Toute la salle continue de féliciter les artistes pendant leur premier salut, ainsi qu’à leur deuxième et troisième rappel. Dans ces moments-là, tu voudrais qu’ils reviennent toujours, malgré la douleur que tu ressens aux doigts et la chaleur aux paumes. Je regarde Roxas, les joues rouges, quand tout s’achève finalement.
« Très dur, oui. Je… rah j’arrête pas de le dire mais je suis super contente. » Je tourne légèrement sur moi-même, comme une petite fille, laissant les pans de ma robe noire joliment s’envoler. « Je pensais pas que ça ferait autant d’écho en moi. » Je laisse un peu Roxas pour m’approcher de Jila, de me pencher vers elle et de l’embrasser sur la joue. « C’était trop bien ! » dit-elle. C’était aussi trop long pour elle, la plus jeune de la famille mais enfin. Ils auraient pu mettre un entracte. Sur le papier, c’était prévu, d’ailleurs ! Fahimeh vient d’elle-même dans mes bras pour me dire à quel point elle a kiffé toute la pièce. Elle commence à déballer plein de moments qu’elle a adorés, donc plein que pour le coup moi j’ai pas appréciés. Avec son imagination, elle a bien saisi le principe des bagarres et y a trouvé du sens, bon. Je l’écoute, je lui réponds avec attention, tout en m’approchant de Hengameh, en allant dans son dos et en la serrant par la taille. Je lui murmure « T’es très belle, en robe, je ne sais pas si je te l’ai dit. »

« Non tu ne m’as pas dit. »

« Et je suis contente que tu sois venue. »

Elle sourit légèrement. Je… je suis trop plein d’amour, là. Trop bizarre, le truc était trop triste et ça finit super mal mais j’ai envie d’embrasser la fratrie et de leur dire que je les aime. Non mais… c’est d’avoir tellement parlé d’immigration, c’est sûr ! Je lâche l’aînée parce que sinon elle va être gênée et m’en vouloir pendant quinze jours. « Alors, Roxas ? Tu en as pensé quoi ? » Fahimeh le regarde fixement. Et on discute, tous les trois, alors que Hengameh va naturellement avec les petits qui discutent entre eux. Elle les tient par la main parce qu’elle est parfaite, cette gosse. Et tous ensemble, on se dirige vers le hall d’entrée et le porche devant Broadway.

Forcément : on s’intéresse d’abord au négatif ! Et le gros point, c’est cette histoire de bagarre qui finit en meurtre de la faute de Tony, et que voilà qu’il est pardonné, et nanana… Mais tu connais mon point de vue ! Roxas, il me dit ce qu’il en pense, ça me fait trop rire parce que bon, à peu de choses près, c’est la même pour moi et surprise ! Fahimeh est d’accord parce que pour elle, bon, les amoureux ça peut être bien mais


« La Seyyede nous a bien dit que la première chose, avant tout, c’était la famille. » Et oui ! Etttt oui !

« Au-delà de ça, parce que bon… ça c’est le texte qui est écrit comme ça. C’est de la faute de l’auteur mais eux, les comédiens, ils font qu’interpréter. Bref, si on oublie ce problème-là, le seul point noir c’était les bastons, ouais. Les chants t’ont plu, Roxas ? »

« T’as préféré lequel ? » renchérit Fahimeh, vraiment impliquée dans la conv’.
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Ok, c’est à ce moment là que j’suis fier de pas avoir été un gland et de pas m’être endormi en scred ou quoi. Nan, j’ai relativement suivi donc j’peux répondre et ça ça m’évite de passer pour un méga bouffon. Non puis merde, en fait… J’peux pas mentir, j’ai mis du temps mais j’ai fini par rentrer dedans. Dire que j’ai apprécié… J’dirais que j’ai passé un bon moment et, ouais, sûrement que la pièce y était quand même pour quelque chose.

Les gamins me faisaient marrer. C’était juste… des tout petits trucs, mais qu’essayaient de débattre de la pièce qu’on avait vu, bien qu’ils aient pas tout capté, bien qu’ils aient dormi aussi. Nan c’était marrant. M’enfin… Mon chant préféré.


Tonight. Le deuxième. Et pas parce que ça annonçait la bagarre qui arrivait. ‘ffectivement, j’faisais gaffe à mon vocabulaire. Mais plutôt parce que c’est à ce moment là que j’ai vraiment été pris dans l’histoire. La puissance de cette musique était vraiment sympa, ça t’annonçait du lourd pour la suite. Tu sentais que ça allait être sérieux, que y’allait y’avoir des conséquences à tout ça. Bon, c’est ce que la musique me suggérait en tout cas.

C’est vrai que c’était puissant. Mais j’pense que ça marchait d’autant mieux que y’avait eu la première version un peu avant. C’était le contraste qui faisait tout, la musique à elle seule se serait probablement pas suffit.

Après, j’avoue que, c’est pas c’que j’écoute habituellement comme musique. Mais ! C’était pas mal.


J’essayais quand même de pas lui roter un gros mensonge à la gueule. Ouais, c’était pas c’que j’écoutais. Mais c’était pas non plus de la merde en briques. Y’avait un travail derrière, c’était cohérent.

En tout cas, merci. Parce que j’pense que j’serais jamais venu de moi même, mais je regrette pas. Si tout le monde a aimé, c’est parfait !

Je posai mon regard sur le ciel étoilé. C’était même pas le spectacle en soi. Mais, jamais j’aurai pensé revenir ici un jour. J’avais pas d’affinités particulières avec ce monde, et pourtant… Il avait un côté sympa finalement. Faut dire que la dernière fois, j’m’étais pris ma première caisse tout seul en allant chercher un bouquin pour un des pédés de la Lumière. Pas… forcément un chapitre glorieux de ma carrière cela dit. Ça pouvait rester secret.


Nostalgie mise à part, y’avait match avec Illusiopolis. C’était différent et semblable à la fois. J’arrivais pas trop à expliquer. Mais si la ville était si ouf que ça, sûrement que y’aurait plein de trucs à faire ! Je regardais D.Va à nouveau, souriant. Fallait… qu’on ait l’air d’avoir un rencard. J’avais, jamais eu de rencard. Jusque là on était dans une salle donc j’prêtais pas trop attention. Mais maintenant on était dehors aux yeux de tous, et sans rentrer dans la parano psychotique… Bon bah, fallait que j’joue le jeu, et sans consignes au préalable.

Les gamins étaient claqués. On avait fait notre truc. J’pense que j’pouvais au moins tenter ça.


Tu veux que j’vous raccompagne ?

On allait sûrement au même endroit d’façon.

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« Merci à toi. » Je lui souris, tenant la main de Fahimeh, caressant distraitement le dos de celle-ci de mon pouce, les yeux rivés sur Roxas et ses grands yeux bleus. Il s’est trop bien comporté aujourd’hui ! Pas que j’avais peur… Juste que je m’attendais pas à ce que ce soit aussi bien. Et c’est pas que du faux, tu vois. Y avait beaucoup de vrai. Beaucoup d’authentique. Je l’ai senti sincère, maintenant aussi. J’apprends beaucoup de ce qu’il est, et ça c’est trop cool. Et en vrai, quand je le vois me parler de sa vie et de ses goûts, je suis super contente qu’entre nous il n’y ait qu’une amitié, qu’un partenariat commercial et une fausse liaison amoureuse en construction… et pas des rapports de groupe, des rapports de fidélité de ce genre.

Ca me permet d’être insouciante vis-à-vis de quelques facettes de sa vie et de sa personnalité. Ca me permet de retenir le meilleur du bonhomme.
« Je suis contente qu’on soit sortis tous ensemble. » Parce que bon, j’ai une vie super active mais en vérité, c’est très professionnel, en vrai. La Shinra, les Lives, l’université de SF… Je construis ma carrière, et les enfants profitent très peu de tout ce à quoi moi j’ai droit. Aujourd’hui c’était la première fois qu’ils voyageaient à bord du D.Rigeable et la première fois qu’ils quittaient San Fransokyo, par exemple. « Et… Ca me ferait plaisir qu’on fasse encore certaines choses avec les enfants » Je fais une pause avec un sourire en coin, les joues légèrement rouges… Le froid… La situation ? « les prochaines fois. » Je lui fais un clin d’œil, sentant une petite boule dans mon estomac me rappeler ce que je suis en train de faire.

Sous le porche du New Amsterdam Theater, alors que des tas de gens défilent autour de nous, sortant du théâtre, ayant les mêmes discussions que nous à peu de choses près. Il doit y avoir beaucoup de couples en rencard ici, mais beaucoup moins en rencard monté de toutes pièces.


« Non. » Je souris toujours, plus légèrement. Je le vois légèrement surpris par ma réponse. Oui ça peut sembler contradictoire. Je retiens une grimace. Je suis peut-être un poil trop parano mais c’est surtout que… je veux les meilleures images de nous deux. « Je sais me défendre. » Je lui fais un clin d’œil. « Mais tu es vraiment gentil. Les enfants, dites au revoir à Roxas ! » dis-je avec enthousiasme. Chacun d’entre eux va lui faire la bise, ça prend quelques temps. Fahimeh est assez expressive, le prend dans ses bras. À mon tour, je m’approche, viens poser un vrai baiser sur sa joue, avant de murmurer à son oreille. « Je ne veux pas qu’on nous prenne en photo, serrés les uns contre les autres dans un métro. » Je m’éloigne. C’est très pratico-pratique et pas glamour mais voilà. Si la soirée s’est passée comme prévue, quelques photos auront peut-être été prises. Des photos de lui en chemise, moi en robe, entourés d’enfants beaux comme les étoiles ! « On s’appelle ! » Un nouveau clin d’œil. Oh ça oui, on va s’appeler.

Je m’éloigne avec les enfants, laissant traîner quelques fois, derrière moi, un regard derrière mon épaule. Le pauvre. J’espère que je lui impose pas de prendre le métro suivant juste pour pas être dans le même que moi. Enfin bon.

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J’l’ai regardé partir deux trois secondes avant de tourner les talons moi aussi. Ouais.. Bah ouais j’suis con. Au fond de moi, c’était super bizarre. J’étais… léger. Heureux, ouais. J’me refaisais la soirée dans la tête, au fur a mesure comme si j’voulais pas que ça s’efface de ma mémoire. Parce qu’à y réfléchir, c’était quand la dernière fois que j’avais fait ça ? T’sais, sortir comme ça, avec quelqu’un, aller regarder un truc ou j’sais pas. En fait faire un truc qui n’avait rien à voir avec les Songes, ou avec les groupes ou avec quoi que ce soit. Juste un moment comme ça en dehors du temps où j’profitais simplement.

J’ai rejoint une ruelle, à l’abri des regards, et j’ai escaladé le premier building que j’ai pu trouver. J’suis monté super haut jusqu’à voir ce qu’il y avait plus bas en tout petit, puis je me suis assis au bord, les jambes battant dans le vide.

« Les prochaines fois », « On s’appelle », … Je soupirais.

Mec, j’comprenais pas vraiment tout ce qu’y s’passait. J’me repassais ses paroles en boucle, pour essayer de trouver des trucs ou des machins. J’savais pas vraiment c’que j’y cherchais en fait. C’est bon, y’avait rien. On faisait juste du cinéma, devant tout le monde pour simplement faire parler de nous. En bien, pour moi. Parce que, tu sais… Bah j’étais pas blanc comme la neige.

Mais j’sais pas. Si elle me parlait de prochaines fois, c’est que j’avais été pas trop mal. C’est sûrement qu’elle m’avait jugé bon dans mon rôle. Ouais ! D’façon, on le savait tout les deux que dans le fond c’était des grosses conneries. Tout ces petits trucs de clins d’oeil, de tête sur l’épaule, c’était pour renforcer l’illusion. Je crois.

Mais nan, mais merde. Le coup de la tête sur l’épaule ? C’tait bizarre attends. J’veux bien qu’on ait dû faire genre, mais quand même. On s’connaissait… pas plus que ça. Et elle faisait ça ? Puis, on y voyait comme à travers une pelle dans c’te salle. Qui voulais-tu qui nous voie ?

Putain, ça y’est ça me prenait la tête. Ça me prenait la tête et j’avais pas besoin de ça là maintenant. Qu’est-ce qu’il aurait dit Jecht là ? Sûrement un truc bidon, pas tellement sensé et limite beauf impliquant un cul ou des nichons. Pas grand chose qui m’aide en tout cas.

Je regardais la ville, avec toutes ses lumières. Tout paraissant infiniment petit vu de là-haut. Illusiopolis, San Fransokyo, et maintenant New York. Tout ça, ça devenait son terrain de jeu. C’était dommage qu’elle soit de la Shinra. De tout les groupes, c’est p’tête celui qu’on connaissait le moins. J’espérais au moins ne pas avoir besoin de me méfier d’elle. C’était devenu tellement courant de tomber sur des connards à chaque coin de rue, là j’serais vraiment déçu.

Et elle devait être loin maintenant, p’tête même qu’elle était déjà dans son vaisseau, en route pour aller jusque chez elle. Je commençais à redescendre, retourner me mêler à la foule, me refaire discret pour retourner jusqu’au mien, de vaisseau. M’restait encore à trouver où passer la nuit. Le canap de Jecht, j’l’avais trop saigné pour oser encore y retourner, ma piaule à la Lumière… fallait p’tête que j’pense à m’annoncer avant de songer à retourner au confort tout compris et là sans déconner vu l’heure, ça aurait que de me foutre de leur gueule.

Ouais hein, m’restait Illusio. Y’avait bien une chambre à la con dans un hôtel claqué qui devait attendre un clochard en galère. Sûrement.

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Hallo !
Ayant noté votre précédent rp ensemble et ayant fait pression pour que West Side Story soit choisi pour les 24 heures, c’est tout naturellement que je reviens vers vous pour l’heure de vérité Very Happy .

Avant de lire ça, je vais d’abord dire mes attentes, histoire de changer de mes habitudes. Pour ce rp, j’attends vraiment vraiment (beaucoup) d’être plongée dans l’atmosphère de Broadway, le monde du spectacle, de la nuit et du glamour.  Les Musical, quoi ! Une atmosphère plutôt sexy pour moi. Je sais déjà que ça correspond forcément plus à un personnage comme D.Va qu’à Roxas, mais ouais, même là j’attends que tu arrives à retransmettre ça, et franchement je pense que ça doit pas du tout être évident. J’attends aussi que vous ayez géré ça tellement bien qu’on trouve même pas ça chiant alors qu’on n’y est pas et qu’on a juste vos descriptions et vos retranscriptions pour tout support. Finalement, j’attends un tournant remarquable dans votre simulacre d’histoire, mais ça on verra !

D’emblée avec D.Va, j’apprécie que tu n’aies pas oublié de respecter l’époque que le New York de Fantasia concerne. J’en parle surtout pour le passage à propos du style vestimentaire. Tu vas me dire que t’es bien placé pour être au courant mais j’ai quand même apprécié.

Pour Roxas le départ est à la fois typique du perso, et à la fois tellement euh… attendrissant…adorable ? Tu nous fais un peu le remake du rp précédent où on te voit osciller entre être mal à l’aise parce que c’est de la comédie, et aussi parce que justement, c’en est pas tant que ça. Petite mention pour Sephora qui n’existait évidemment pas à cette époque mais bon, tu vas me dire le Moulin Rouge existait pas au temps de Quasimodo. ^^

Vous entrez dans la salle de théâtre et honnêtement des deux côtés, ça se lit super bien. Je suis pas une grande fan de longues descriptions en théorie où on s’extasie mais j’ai vraiment aimé comment vous avez retranscrit le truc, surtout de ton côté D.Va. Roxas, j’ai apprécié le côté innocent, en mode « je vais à Disney pour la première fois de ma vie ». Et toujours tes petites anecdotes qui sont là pour nous rappeler que t’as deux Roxas, le Roxas innocent qui patauge dans un premier rendez-vous, et le Roxas super badass qui est sur le front depuis 13 ans. ^^

C’est marrant parce que D.Va elle est vachement belge pour une asiatique « chique, crolle ». moi ça me fait toujours rire, ça fait authentique. Du coup ça commence et D.Va, tu réussis à nous décrire le truc à la fois de son point de vue avec ses avis, à la fois de celui des enfants mais aussi en décrivant le truc pour qu’on le visualise bien.

Evidemment, Roxas se fait chier et fait pas trop semblant mais on lui en veut pas. Le côté qui calcule tout jusqu’au rire forcé pour faire plaisir à D.Va et pas la refroidir, si ça c’est pas de la séduction pure et sincère genre, je ne sais pas ce que c’est.

Ce qui est rigolo c’est que D.Va marche complètement, je suis contente que t’aies pas fait directement la meuf qui a tout compris parce que clairement ça lui correspond pas trop je dirais, ça casserait un peu le côté naïf. Et du coup, elle est tellement enthousiaste !

Enfin, s’il y a un bon côté des choses pour Roxas, c’est qu’il a vu la robe noire qui a clairement eu son petit effet, hein ! Haha. Puis, même si au départ t’étais vraiment resté distant avec l’histoire, là on voit que tu essaies de t’y intéresser, autant toi que le personnage en fait. Pareil, encore une fois, le point de vue de Roxas est toujours désopilant mais c’est cool en fait, ça donne une deuxième lecture et ça permet de se mettre dans la peau d’un gars qui doit se battre tous les jours, regardant des mecs faire semblant de façon peu convaincante dans un rythme plutôt irréaliste.

T’inquiète D.Va, moi aussi j’aime Tonight.
Petite interlude beaucoup plus personnelle entre D.Va et Roxas où forcément ils se rendent compte qu’ils connaissent pas grand chose l’un de l’autre. J’ai aimé avoir cette petite rétrospective de Roxas qui peut effectivement rappeler d’où il vient et pourquoi il est ce qu’il est. D.Va le dit très bien encore une fois, il a une vie complètement différente, il a pas eu d’enfance, et il n’avait pas droit à une véritable identité ou même une personnalité jusqu’à ce qu’il l’impose. Un petit moment humain quoi. Et du coup on peut voir une certaine proximité s’installer entre les deux personnages. Genre, vous êtes toujours en train de rappeler que c’est « pour du faux » mais bon, quand t’as deux personnages qui jouent la proximité, collés l’un à l’autre, main sur la main, avec en plus la petite histoire qui fait mal. Dangereuuuux.

Du coup, je m’arrête dans ma lecture quand Babak interrompt ce moment de proximité pour faire remarquer qu’au prochain rendez-vous ça pourrait être cool de se passer des gosses. Je dis ça je dis rien. En vrai, je plaisante à moitié, je trouve ça cool parce que D.Va s’en sert pas uniquement en mode « oui je me fais de la pub » mais vraiment dans un côté maternel. Si elle avait voulu jouer la carte 100% glamour, elle aurait pu mais elle a préféré faire passer un bon moment aux gosses. C’est mignon.

Du coup, on avance dans l’histoire et on arrive au fameux moment de la bagarre, et c’est rigolo de voir vos personnages décrocher totalement. En vrai, dans vos réactions j’ai vu la mienne dans tellement tellement d’histoires du même genre où le héros merde grave mais le film veut te faire croire que c’est pas grave. J’ai aimé vos petits côtés révoltés, genre on voyait bien que vous vous en foutiez pas.

On avance encore, je sélectionne un peu les scènes où je trouve que c’est plus intéressant, genre pour vos personnages quoi, on arrive au final. La mort de Tony et puis la fin de Maria. J’ai beaucoup aimé comment t’as abordé le truc, t’as réussi à retranscrire la tristesse même si avec le scepticisme de Roxas, c’était clairement pas gagné. J’ai beaucoup aimé ton idée de la symbolique d’une si profonde tristesse, une rage si immense et inépuisable qu’elle en deviendrait en sans-coeur, j’ai trouvé ça très bien.

Si je devais rajouter quelque chose à comment vos personnages ont vécu le truc et y ont réagi. Bah D.Va j’ai bien aimé tout ce que tu as fait comme parallèle avec les mondes de notre univers même si on est sur du très kitsch et sur les nationalités qui ne correspondent absolument à rien pour nos personnages. J’ai bien aimé aussi la façon dont tu as inclus les enfants dans le spectacle, t’as vraiment donné une vision réaliste de la chose et tu les oubliais pas au profit de ton accompagnant.

Roxas j’ai aimé ce que t’as dit sur le contraste entre toutes les niaiseries, genre hyper prudes et tout ça, puis d’autres scènes hyper violentes où moi je me dis effectivement. « Donc pour le gars qui met en scène ça, un truc trop choquant c’est une bataille, par contre le coup des mecs qui se jettent sur Maria, ça passe. » J’ai envie de faire une comparaison avec ce qu’on voit dans des jeux vidéos japonais où la censure est toute aussi conne mais bon… Vous avez compris l’idée.

Et du coup vos véritables conclusions à ce rp je sais pas, ouais on voit bien qu’il y a une pointe de malaise et je trouve que vous le faites très bien passer là aussi. Il y a quand même une certaine ambiguïté non dissimulée. Après voilà, D.Va est pas mélancolique non plus, elle est heureuse d’avoir fait ça, mais il y a aussi certainement une forme de culpabilité dans les trucs qu’elle ressent à ce moment-là. Encore une fois, je vois pas comment ça aurait pu se passer autrement dans ce genre de jeux. C’est chaud, on va dire.

Roxas pareil, en mode plus intense. C’est lui qui a eu l’idée de ce plan et clairement il avait pas dû anticiper le truc. Pour moi, il savait au fond de lui que la fille lui plaisait bien mais il doit essayer de démêler le vrai du faux dans son comportement à elle, dans son propre comportement et dans ce qu’il ressent.

Ahaha, c’est tellement tendu. Là tu te rends vraiment compte qu’on a beau être sur du Kingdom Hearts, on peut faire des choses dangereuses, plutôt casse-gueule, avec nos personnages, sans que ça consiste à aller taper des sans-coeurs ou des mercenaires.

J’ai pas nécessairement envie d’aller plus loin dans ma conclusion, je pense que mon commentaire s’est basé sur mes remarques mais je crois avoir donné mon avis de cette façon aussi. Il ne me semble pas avoir été vraiment négative. Vous avez très bien géré le truc, le rythme était bon et je me suis pas ennuyée. Pour moi ça reste un peu fastidieux à noter parce que beaucoup de messages et on se dit qu’on n’a pas quelque chose d’intéressant à dire à chaque fois mais je me suis jamais dit que c’était lent ou lourd. Et pour le coup, vous avez géré autant l’un que l’autre. Roxas, tu m’as vraiment impressionnée sur le coup, on aurait pu s’attendre à ce que ce soit déséquilibré mais j’ai pas trouvé du tout.

En plus, on parle quand même d’un rp quasiment fait en 24H. Allez !

(D.Va pour info je crois qu’il y a un petit souci dans ta mise en page de fiche personnage mais c’est pas très grave je dirais)

D.Va Facile : 13 points d'expérience + 130 munnies + 2 PS en défense
Roxas Facile : 13 points d'expérience + 130 munnies

Vous gagnez un rapport chacun.

et par les pouvoirs magique de l'édition, je vous accorde un lien-d, pour toutes les raisons susmentionnées, cela me semble largement mérité !
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