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Elle aimait la beauté. Elle aimait la lumière. Voir les écailles refléter des nuances de couleur qui semblaient ne jamais avoir existé auparavant. Elle se laissait porter par un courant chaud, les yeux vers l'azur de la surface de l'eau. Elle entendait de toute part des rires et des musiques. Comme il semblait que le Consulat s'était parfaitement intégré à Atlantica. Plusieurs fois elle bouscula sans le vouloir quelques sirènes auprès desquelles elle s'excusa.

-Excusez-moi ! Je... Je ne regardais pas du tout où j'allais. C'est idiot mais...

Ils riaient, souriaient à ses excuses, comme si ça n'avait pas d'importance et qu'ici tout était différent. Abigaëlle se sentait épanouie. Elle n'avait plus ses problèmes habituels en tête. Elle ne songeait plus à ses parents et leur chagrin, à son avenir, à Vesper, toujours Vesper, ou même à Maxence... Leurs existences glissaient comme l'eau sur son torse et ses nageoires, avec douceur mais sans rencontrer d'obstacle.

Au loin, elle apercevait Atlantica. Elle était venue sans raison particulière, pas sur demande de ses professeurs en tout cas. Un récital devait avoir lieu environ une heure plus tard dans ce Palais splendide. Cela lui laissait le temps de découvrir. Elle rencontra plusieurs poissons de tailles différentes, de formes différentes. Elle les avait étudié dans ses livres mais là encore il semblait que les livres ne lui avaient pas tout appris.

Une grand ombre la plongea soudainement dans une atmosphère plus sombre, elle et des dizaines de mètres autour. Elle leva les yeux pour apercevoir une immense baleine qui se déplaçait paisiblement avec son enfant près d'elle. Elle sourit et lui fit un petit signe comme s'il était possible que le petit l'aperçoive.

Elle rencontra des marchands ambulants vendant toutes sortes de choses originales : des objets très banals des terriens sans réelle valeur, des nourritures qui lui semblaient, à elle en tout cas, exotiques, de belles fleurs à mettre dans les cheveux, des bijoux de corail.

D'humeur heureuse, elle s'acheta un long collier de coquillages nacrés et s'amusa ensuite à le faire virevolter dans l'eau.

Elle arriva dans le magnifique édifice. Tout le monde semblait pouvoir y venir, personne pour vous arrêter ou vous dire que vous n'étiez pas assez bien. Il y avait des gardes, ça oui, mais rien de gênant ou d'inquiétant. Un brouhaha général retentissait devant l'enthousiasme partagé de la foule. Elle ne savait pas vraiment si tout le monde était là pour la même raison mais la perspective d'une bonne musique devait être au cœur des attentions à Atlantica.

Elle s'approcha d'un bar où on servait un met vert présenté en fleur et elle se convainquit qu'il n'était pas de bon ton de décider que quelque chose était mauvais sans y avoir goûté. Puis elle entreprit de se promener dans les lieux découvrant qu'il y avait une multitude de couloirs et de puits de lumière dans ce château doré.
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Atlantica, merveille des océans et du Consulat. C’est ce que s’imaginait le Démon, plongeant lui-même dans ses eaux pour la première fois.

Depuis qu’il possédait ce corps, il avait hérité de ses souvenirs et des autres désagréments. Comme la dernière fois, il se retrouvait loin de la beauté d’un triton. À croire que ce genre de banalité n’était pas pour lui. Un regret ? La Bête ne le voyait pas ainsi. Il s’agissait, simplement, de la vie et de ce qui l’entourait.

Si l’un des Démons de la Terre du Feu devait ressembler à une vision de cauchemar et cela, même dans ses mondes où la magie était si forte qu’elle pouvait le changer ? Soit.

Rapidement habitué, Namtar usait de ses huit tentacules pour se propulser dans les eaux du Consulat. Avançant par saccades, avalant les distances et passant aux côtés des créatures sous-marines. Quelconques poissons devaient ignorer qui il était réellement, il fallait dire que la Coalition Noire n’avait jamais réellement été contre leurs malheurs. Il y avait bien ce temple d’Étro, ou l’attaque d’un navire… Rien qui ne puisse mettre le peuple de Triton en péril.

Et puis, c’était bien avant que les représentants du Consulat ne viennent exiger ce pacte de non-agression. Death et le Démon avaient juré de le respecter, ce n’était pas en ce jour qu’il allait le briser.

Étrangement, la Bête avait besoin de… Calme.

La Cité du Crépuscule était un enfer depuis l’ouverture du chantier et que Jack avait les Gardes Noirs sous sa tutelle. Les discussions incessantes, les machineries qui s’activaient sans relâche et les entrainements à répétition. Ce n’était pas le silence qu’il était venu chercher ici. Qui aurait pu croire un instant que les poissons étaient capables de faire autant de bruit et de jouer d’autant d’instrument, à moins que tout ceci soit les efforts du Consulat.

À tout bien y réfléchir, Namtar se moquait de la réponse à sa question.

Nonchalamment, dépassant un couple de sirène, il se dirigeait aux portes du Palais. Un brillant édifice, crevant les fonds marins de toute sa brillance et sa splendeur. Au fond de lui, la Bête eut bien du mal à y cacher son dégoût. Triton, un autre Roi envahissant l’univers. Peut-être était-ce l’une des uniques raisons pour laquelle il briserait le pacte, à moins qu’il n’en arrive à vomir son dégoût à l’instant où le récital commencerait.

Voir cet homme, sur son trône, s’entêtant dans ses richesses et exigeant de ses propres filles à être les vedettes de ce spectacle ridicule.

Peut-être que c’était la raison pour laquelle il regrettait d’être venue.

Le Démon ne se faisait pas arrêter par les gardes, heureusement. Néanmoins, il voyait bien les regards converger vers lui. Que ce soient ceux des convives ou de ceux ayant à garantir la sécurité. Il offrait son plus beau sourire, affichant son œil blanc et son bras en moins sous une certaine fierté. Où il s’agissait d’une preuve que, non, il n’y avait rien à craindre de lui.

Il n’était pas armé, pas encore.

Conservant cette nonchalance, parfait à l’apparence du poulpe qu’il était en ce lieu, il divaguait entre les invités. Un rassemblement de banalité sous la tutelle d’un Roi ayant été assez stupide pour offrir son pouvoir en l’échange d’une gamine trop idiote.



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Elle s'était quelque peu éloignée de la foule et du rassemblement de visiteurs encouragé par le récital. Elle entendait déjà le brouhaha s'éloigner de ses oreilles étrangement habituées aux sons marins et nullement gênées par une propagation différente de la voix comme c'était le cas habituellement lorsqu'elle plongeait dans un des étangs entourant le Jardin Radieux. Il restait encore les gardes bien entendu, ils avaient du être postés partout dans les lieux pour que personne ne puisse fauter à l'abri des regards.

Au fil de ses battements de nageoire, elle finit par trouver un cloître dans lequel se cachaient de toutes petites créatures marines vivant dans un écosystème préservé de tout dérangement. Abigaëlle chercha quelque chose du regard et finit par apercevoir une botaniste aquatique qui d'un geste l'invita à rester silencieuse. De tous petits poissons nageaient autour de belles plantes aquatiques de toutes tailles. Il y avait toutes sortes de fleures, de feuilles, d'algues, elles avaient toutes des couleurs extraordinaires, certaines étaient même nacrées, à l'instar de son collier de coquillages. Elle s'installa sur un muret, laissa sa nageoire contre elle et observa la scène religieusement. Un petit hippocampe l'aperçut et sursauta à sa présence. Au bout de quelques secondes, il osa pourtant s'approcher d'elle et se mettre à tourner autour de sa tête comme pour créer un carrousel.

Elle s'en amusa et approcha doucement ses doigts fins de la petite créature. Il l'effleura à peine pour ne pas lui faire mal et joua quelques instants avec lui. Elle ignorait tout de ce que la vie avait réellement à offrir dans un lieu comme celui-ci. Elle connaissait les points de vue scientifiques et très conventionnels des livres sur les fonds marins mais aucun ne prenait réellement en considération l'étude du milieu d'Atlantica. Elle trouvait cela dommage et aurait adoré en témoigner auprès des autres étudiants de sa promotion et auprès de ses professeurs.

Une sensation étrange l'affecta alors. Elle senti comme une vibration au travers de sa poitrine, comme si on lui secouait le cœur sans que son corps ne bouge. La vibration s'étendit ensuite à sa peau, à ses oreilles, mais il n'y avait toujours pas de son, et le sol, lui, restait immuable. Les choses se calmèrent et cinq secondes plus tard, le phénomène retentit de plus belle. Puis la lumière sembla vaciller, comme si on avait tamisé les lumières, comme si les murs n'émettaient plus cette lumière éclatante et naturellement magique. Par réflexe, elle se tint aux murs, effrayée.

-Qu'...qu'est-ce qui se passe ?

La botaniste, à quelques mètres de là, ne l'interrompit pas non plus, apparemment peu habituée à ce spectacle. Abigaëlle reporta aussitôt son attention vers les gardes en poste mais leurs visages alertes semblaient signaler qu'ils n'étaient au courant de rien non plus. Quelque chose n'allait pas. C'était évident.

Puis, une grande détresse fut généralement partagée lorsque tout s'éteignit. Quelques secondes de calme et puis un murmure, puis des paroles inquiètes, même des cris de terreur retentirent. Était-ce simplement la peur, la surprise de l'obscurité ou d'autres choses étaient à l’œuvre dans la foule ? Elle se releva immédiatement, constatant soudainement que les plantes continuaient d'émettre une lumière fluorescentes, elle.

Elle même n'avait pas la chance de connaître la magie et ne pouvait pas s'en servir contrairement à d'autres consuls, ou même des étudiants. Peut-être que le roi, lui, pouvait ramener la lumière dans son palais.

Pourtant, plus les secondes passaient, plus Abigaëlle se disait que quelque chose n'allait pas.
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Sur les nerfs, lui-même, le Démon reculait d’un coup de tentacule. Telle l’obscurité soudaine, la magie filtrait sur son corps jusqu’à disparaître. Du moins, c’est ce qu’il imaginait. Que ce soit Death ou Namtar, aucun n’avait eu de profonds liens avec la magie.

Outre ce que les autres s’extasiaient à lui lancer.

Surkesh, Roxas, quelques gardes lors de l’attaque du Domaine Enchanté, Lenore…

Il était tant à voir en cela le point faible de la Bête. En attendant, il n’y avait qu’un seul dans cette liste ayant parvenu à le vaincre.

Néanmoins, dorénavant tendu suite à cette expérience qui n’a jamais été des plus agréables dans sa vie, l’œil unique de Namtar passait d’un endroit à l’autre. Il faisait noir, rien de plus ou de moins et il n’y voyait rien. Quelques algues semblaient briller, mais pas suffisamment pour comprendre ce qui se passait.

Plus de musique, seulement l’inquiétude des personnes présentes dans ce lieu.

C’est alors qu’une main venait se poser sur l’épaule du Démon, celle d’un garde et ordonnant à ce que celui-ci se retourne. Dans un grognement bestial, il s’exécutait et observait. Trois hommes ?

- Que me voulez-vous.
- Veuillez quitter ce monde, maintenant. Nous vous rappelons qu’il y a…
- Oh, je vois. Il y a un problème et c’est forcément ma faute ? Laissez-moi rire.
- Nous vous demandons de partir.

Soupirant, le Démon passait sa main sur son visage avant de reprendre dans un calme incertain.

›- Vous pouvez dire à votre Roi que, je n’ai rien à voir dans la disparition de votre éclairage. Et si vous comptez faire référence au soleil noir à la Cité du Crépuscule ? Ce n’est pas de mon fait.
- Ce n’est pas ça, votre présence risque d’échauffer les esprits.

Il ricanait, longuement.

- Vous faites cela pour ma sécurité ? Vous êtes tellement sympathique…
- Pour la dernière fois.
- Pardonnez-moi, mais est-ce que votre insistance ne soit rien d’autre qu’une preuve d’agression ?

Bien, il décide de reculer et de se concerter. À croire que ce pacte se retrouve bénéfique dans ce genre de situation. Il termine par s’excuser d’une quelconque manière avant de m’abandonner, parfait. Il semblerait que le Consulat a eu au moins l’intelligence de prévenir ses gardes à ne rien tenter contre la Coalition Noire.

Libre, le Démon s’habituait lentement à la l’éclairage et se dirigeait en direction de ce qui s’apparentait être un bar. Le Roi ne devrait pas tarder à faire son apparition, cet endroit serait un lieu de choix pour ne pas avoir besoin d’y profiter.



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L'idée de se rapprocher des cris et de l'inquiétude, d'éventuels mouvements de foule ne l'enthousiasmait pas du tout à vrai dire. Mais s'il y avait quelque chose à entendre, une déclaration particulière, un problème à résoudre et où elle pourrait être utile, elle voulait être là. Elle s'apprêta à partir quand la botaniste l'attrapa par l'épaule. Elle tenait dans une de ses mains un petit sécateur et dans l'autre un grand morceau de feuille particulièrement fluorescent.

-Prenez ça, pour votre sécurité.
-Vous...vous ne venez pas ?
-Je préfère rester ici.

Dans le noir, Abigaëlle distingua l'expression résolue de la botaniste. Elle voulait protéger ce cloître de toutes mauvaises intentions. Si cela pouvait sembler dérisoire pour certains, ce n'était pas du tout le cas de la jeune femme passionnée qu'elle était.

Tenant la grande feuille dans sa main, elle se mit en marche vers l'origine du vacarme. Plus elle s'approchait, plus elle pouvait distinguer les paroles des gens. Les murs, les colonnes et portes du palais arboraient désormais une apparence plutôt singulière, voire presque inquiétante sous cette lumière verdâtre.

Arrivée dans le hall principal où se tenaient la foule, plusieurs personnes se retournèrent vers elle quelques instants. Sans doute cette source de lumière devait-elle leur insuffler un peu d'espoir. Elle se faufila entre les nageoires et chercha des personnes responsables des lieux. Personne ne semblait être au courant de la situation, et à présent elle n'apercevait même plus de gardes.

Puis une voix sembla s'élever parmi les autres et il y eut comme un léger mouvement de foule. Abigaëlle s'en approcha et tenta de deviner ce qui posait problème. Une silhouette ressortait du lot, de par sa taille mais également de part ses tentacules effrayantes, en lieu et place de nageoires. Au début, elle ne comprit pas de qui il s'agissait, juste qu'il semblait menaçant. L'agitation qui tournait autour de lui finit par se dissiper rapidement à la suite de paroles prononcées qui eurent un effet providentiel. Elle n'avait pu les entendre toutefois. Elle continua de le fixer, comme d'autres sans doute puis quelques secondes plus tard, elle décida enfin d'interpeller les gardes.

-Excusez-moi. Est-ce qu'il y a un problème ?
-Je ne peux pas vous répondre mademoiselle, personne ne le peut pour le moment, nous vous demandons juste de garder votre calme.

L'homme s'apprêtait à quitter les lieux lorsque Abigaëlle l'interrompit dans sa retraite.

-Ne vaudrait-il pas mieux faire sortir tout le monde du château, s'il n'y a plus de lumière ici.
-Mademoiselle, excusez-moi, je crois que vous n'avez pas bien compris la situation. Il n'y a plus de lumière nulle part... Écoutez, au delà de ces portes, vous vous retrouveriez dans une grande étendue noire, avec quelques algues certes, mais à la merci de n'importe quel prédateur qui passerait par là, vous repérerait à l'odeur et....que vous n'auriez pas aperçu. Et ce n'est pas une petite branche lumineuse qui y changerait grand-chose. Alors le mieux est encore de rester ici.

Sur ces mots, elle ne sut quoi répondre. Il avait sans doute raison. Elle resta là quelques instants puis reporta son attention sur l'homme tentaculaire, osant s'en approcher quelque peu mais sans éveiller son attention. Et alors qu'il tournait le visage dans un certain angle, elle distingua ces traits bien connus pour avoir été médiatisé, ce visage effrayant, plus encore dans cette lumière, la représentation même du mal. Et elle ne sut quoi faire, quoi dire ou comment bouger. Elle tourna la tête et c'est tout ce qu'elle put faire. Elle ne pouvait même plus respirer. Des années qu'elle n'avait pas vu sa sœur mais lui était là, à deux mètres à peine.
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Rien ni personne ne bougeait. Les gardes reprenaient leurs places, au-devant des portes et invitaient poliment quiconque à rester dans cette splendide salle. À croire que la situation allait bientôt tourner au drame. Lui rappelant étrangement les évènements du bal, l’obligeant, trop hâtif, à fixer la seule porte d’entrée de cet endroit.

Un souvenir peu agréable.

Même si, en ce jour, il avait juré de faire payer à Roxas ? Il n’aspirait pas à le voir débouler dans cette pièce. Namtar, malgré lui, revoyait le guerrier débordant de ténèbres et faisant exploit de ce dont il était capable.

Personne n’avait été en mesure de rivaliser avec lui.

Il n’y avait eu que cette providence, la Princesse de Cœur et le Maître de la Keyblade, pour le refreiner. L’idée, à elle seule, parvenait à lui arracher un sourire. Si elle avait décidé de pointer son arme sur lui, et non Roxas ? Il ne serait pas dans ce lieu à s’inquiéter du retour d’un monstre de ténèbres.

Au moins, il aurait eu la paix jusqu’à la prochaine fois.

Maintenant que son œil s’habituait au manque de lumière, il pouvait distinguer ce qu’il trouvait devant lui. Des algues, des plantes, ce genre de connerie.

Il râlait un instant, faisant montrer quelques bulles jusqu’au plafond. Inutile de compter sur un verre, l’eau était déjà offerte aux visiteurs et aux habitants. Agacé, le Démon balayait du regard le désintérêt. Il n’avait d’autre satisfaction que d’observer les convives à ce récital, offrant ce dont la situation proposait.

Les algues remplaçaient les torches, Namtar avait au moins le plaisir d’apprendre qu’il ne serait pas conduit au bûcher au moment où les esprits s’échaufferont.

Qu’il ne soit pas le seul à s’ennuyer. Le Démon descendant de quelques centimètres et se posait à même le sol, laissant ses tentacules s’agiter. Tel un monstre, il n’était rien d’autre, il s’avançait en laissant ses membres s’insinuer et filtrer entre les convives. Ceux-ci restant à une distance respectable de l’homme qu’il était.

Un problème ?
Une femme, parmi les personnes tenant les algues fluorescentes, faisait mine de s'approcher de lui. Le Démon n'avait aucune idée de qui elle était, mais elle était la seule personne à ne pas s'écarter de son chemin.




Dernière édition par Death le Sam 25 Jan 2020 - 16:35, édité 1 fois

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En temps normal, rien ne l'aurait amenée à échanger avec un être aussi profondément plongé dans les ténèbres. Au contraire, vu ses liens houleux avec sa propre histoire, il aurait été tout naturel qu'elle prenne la fuite sans se manifester et sans demander son reste. Il était trop tard pour cela. Il l'avait remarquée, sans doute à cause de ses expressions peu naturelles et sa façon un peu hâtive de fuir le regard du leader de la Coalition. Elle tourna à nouveau ses yeux vers lui, distinguant vaguement son visage et ses yeux sombres.

Elle avait effectivement un problème, plusieurs même, mais il aurait été impossible d'oser même seulement les verbaliser. Et quand bien même elle le ferait, cet homme n'aurait rien d'autre à lui répondre que des railleries. Car ce n'étaient pas ses affaires, et en un sens, il aurait bien raison. Etait-il responsable du fait que Vesper n'était jamais revenue à la maison, après tout ce temps, après que la Shin-ra ait abandonné le projet de la retrouver ? Aurait-elle seulement essayé de rencontrer ses parents hier sur un monde étranger que cela aurait changé beaucoup de choses, mais elle n'avait rien fait. Elle avait fui devant toute proposition, préférant laisser Maxence comme porteur de mauvaise nouvelle.

Toutes ces pensées remuaient dans sa tête, de sorte qu'elle ne pouvait totalement mentir. A vrai dire, elle n'avait jamais été douée pour le mensonge. Sans doute Vesper l'était plus qu'elle, sur ce point également. Alors que quelques secondes seulement s'étaient écoulées, la réponse sortit par elle-même. Une folie passagère. Ses nageoires l'approchèrent de l'homme et elle prononça des mots que seul lui pourrait entendre.

-Vous connaissez ma sœur je crois. Elle s'appelle Vesper.

Elle pouvait mieux voir son visage à présent. Il était effrayant, partiellement défiguré. Oui, elle aimait la beauté, la vie, mais elle parvenait également à ne pas se laisser impressionner par les choses moins évidentes de la vie : les blessures, les traumatismes, la colère, la haine. Elle pouvait également les identifier et en prendre la mesure, les respecter sans éprouver de dégoût. Car elle savait ce qu'était aimer, et elle savait ce qu'était haïr. Elle pouvait aimer Maxence au point d'irradier de bonheur et le haïr cinq minutes après ; elle pouvait  haïr Vesper au point de crier, et l'aimer le lendemain.
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À la lueur de cette plante, le Démon plissait son œil unique dans l’espoir d’y voir plus clair et y distinguer autre chose que les zones d’ombre. Offrant un portrait sombre avec les ténèbres comme unique profondeur.

Il se retenait de répondre. Avalant ses propres paroles, celles qui étaient trop brusque, violente. Accaparant le peu de quiétude que son cœur abritait encore.

Pourquoi poser la question, vous semblez déjà connaître la réponse.
La Bête reculait, évitant cette proximité qu’elle avait instaurée. Brisant le contraste que l’algue provoquait.

Dorénavant, il s’autorisait un instant de plus à l’observer, se posant ses propres questions et cherchant à comprendre cet intérêt soudain. Il ne fallait pas un œil expert pour comprendre. Cette femme, elle ressemblait à Vesper. Il y avait des airs, des similitudes, un quelque chose permettant au Démon de se faire une idée et comprendre ce qui l’avait motivé de s’approcher.

Qu’est-ce que vous voulez ?
Cela devait être, dans l’immédiat, l’unique interrogation dont le Démon ne pouvait résoudre seule. Un air abrupt, peu enclin à quelconque discussion ou forme d’échange. Namtar passait déjà trop de temps avec des idiots ne comprenant qu’un seul langage, bien loin des habitues qu’il prenait afin d’attirer les idiots à écouter ses paroles.

Et dans cette cohue, dans ce contexte où l’un et l’autre se distinguait à peine, le Démon s’en retrouvait curieux.

Au final de sa vie, de l’occupation de son corps et de ses actes immoraux… Il fallait que ce soit elle qui se présente à lui ? Il y avait tant de victimes, de personnage, s’accrochant au nom de Death comme responsable du moindre de leurs malheurs. Aujourd’hui, il allait devoir écouter les plaintes d’une personne dont-il n’était nullement responsable de son sort.

Il pouvait l’entendre hurler, cracher sa haine à son visage ou quoi que ce soit d’autres. Cela ne l’atteignait pas. Il n’y avait qu’une chose pour l’animer, le pousser à rester et observer. Il s’agissait de la rage et la haine qui pourrait embraser ce regard



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Il aurait tout aussi pu bien dire « Allez-vous en, ce ne sont pas mes affaires. » Il avait très clairement montré dans un premier temps de l'indifférence et dans un second de l'irritation. Abigaëlle se sentait légèrement désappointée par le peu de cas dont faisait preuve ce qu'il restait de cet homme.  Pas qu'elle ait pu penser qu'il aurait quelque chose à faire de la famille d'une de ses alliées, il avait déjà fait preuve d'une grande cruauté à travers les mondes et le décès de son humanité avait déjà fait le tour des mondes. Pourtant elle se serait attendue à un peu de curiosité. Non, il semblait simplement vouloir avoir la paix.

Elle se retint plusieurs secondes de prendre la fuite, mais une fois encore, elle n'avait rien d'autre à faire et il y avait toujours ce danger. Et puisqu'il avait posé une question, une seule véritable question –l'autre étant purement superflue– elle resta là. A croire qu'il la rendait responsable de cette rencontre. Que faisait un homme dans un endroit pareil ? N'était-ce pas là le plus grand non-sens. Devrait-elle s'excuser d'avoir rencontré un homme qui avait plongé sans doute encore plus lointainement sa sœur dans les ténèbres... ?

-N'allez pas croire que j'ai cherché à vous rencontrer, j'étais là totalement par hasard. Mais si vous rencontriez un des seuls derniers liens au monde qui existent avec une personne qui vous est chère ou que vous détestiez, la laisseriez-vous passer indifféremment ?

La deuxième solution était plus probable que la première, elle doutait sérieusement qu'il soit encore capable d'éprouver de l'affection pour quelqu'un. Une forme de courage s'était levée en elle, propulsé par le désespoir. En temps normal, elle n'aurait jamais cherché à contredire un homme comme lui, par peur elle aurait reculé et se serait montrée humble. De plus elle n'était pas une personne vindicative. La plupart du temps, elle pensait qu'il était préférable pour soi de laisser passer les choses et d'y repenser après, une fois calmée.

-Je n'ai pas vu Vesper depuis très longtemps, depuis beaucoup plus longtemps que vous devez la connaître à vrai dire, bien avant que vous soyez...

Devenu un monstre.

-...que vous ayez remplacé la Princesse.

La Princesse, Death, quelle importance. Cela n'avait rien changé à la vie d'Abigaëlle et de ses parents que Vesper soit à la tête d'un monde. Elle ne les avaient jamais invités à venir, pas eux. Maxence s'était imposé, lui, car il était déterminé, courageux, audacieux. Il était Maxence. Pourtant, elle savait bien que même si Vesper les avait invités, ils n'auraient pu venir tous ensemble. Mais ça aurait fait la différence pour elle, pour ses parents. Elle ne serait pas là en ce jour avec cette désagréable impression que Vesper n'avait pas fui une situation mais bien qu'elle avait choisi cette vie de vices et de cruauté enrobée de luxe et de l'amour d'un homme qu'elle ne méritait à l'évidence pas.

Alors pouvait-elle véritablement en vouloir à cette personne à peine rencontrée et dépourvue d'empathie ? Non.  Il n'était rien de plus pour elle qu'un vecteur, une façon d'accepter qu'elle avait changé, malgré elle.
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S’il en avait la conviction, le Démon aurait pu croiser les bras en écoutant les paroles de cette jeune femme. De cette Demoiselle Earl. Contrairement aux apparences, il écoutait tout ce qu’elle avait à dire sous la forme d’un certain respect.

Au fond de lui, Namtar se moquait totalement de Vesper.

Depuis qu’il était parvenu à se frayer un chemin, à s’offrir la Coalition Noire, il n’avait rien eu à faire avec elle. S’il y a une personne pour qui elle comptait, c’était à Death. Encore et toujours les souvenirs de son hôte qui venait se mêler aux siens. Au fond de cette mémoire, la Bête fouillait, cherchant à savoir ce que l’humain pensait de tout cela. Il y avait quelque chose, probablement. Le Démon ne parvenait pas réellement à comprendre ce qui les unissait et ce pourquoi Death tenait tant à elle. Ce, jusqu’à lui offrir un château.

Si vous attendez une réponse honnête de ma part…
Il détournait légèrement son regard, laissant son attention vaguer aux autres prisonniers de ce récital. Une forme d’irrespect, de désintérêt, il ne tenait pas à lui offrir ça. Le Démon se retrouvait à gagner du temps, à mûrir sa réflexion, loin de l’incivilité dont il était tant friand.

Il y a autant de personnes que je déteste qu’il y en ait qui me déteste, alors… Oui. Probablement que j’aurais agi comme vous, dans l’espoir de me rattacher à ce lien et ainsi en profiter.
Une manière polie d’insulter quelqu’un ? Namtar était loin des jeux de la sorte et il n’éprouvait pas de réel plaisir à se moquer ainsi des gens.
Il savait ce qu’il était ainsi que ça réelle valeur, inutile pour lui de rabaisser les autres.

En attendant, il éprouvait quelque chose à la mention d’Ariez. Ce nom faisait ressortir tellement de sentiment, d’appréhension, de joie. Il se souvenait avoir susurré les idées de conquête à Death et de voir celui-ci se renforcer pour l’accueillir. Il le voyait, crier à son encontre et attendant le jour pour savoir sa victoire sur celle-ci. Un moment, un court instant, ou l’humain incapable qu’il était aurait été au sommet de sa propre gloire.

Même cela, il en avait été incapable. Ce souvenir dessinant une douce mimique sur le visage immonde de la Bête.

Êtes-vous curieux d’en savoir plus sur ce qu’elle est devenue ? Depuis le temps, tout ce que vous devez partager avec elle, ce ne sont plus que des jeux d’enfants.
Il s’amusait à se taire, gagner du temps, grimper la tension dans un espoir fugace d’attirer son attention.

La personne ayant débarrassé l’univers d’Ariez, ce n’est pas le Sanctum ou un autre mensonge. C’est Vesper, elle-même, l’ayant abattu froidement d’une lame dans le dos. En récompense ? Elle a obtenu son splendide château et m’a laissé la Coalition Noire.
Depuis le temps que le secret existait, il n’avait pourtant aucune fondation solide. Seuls les abrutis pouvaient croire cette version de l’histoire. Et puis, le Démon avait l’intime conviction que la seule inconnue dans l’histoire était de savoir le nom du coalisé ayant tué Ariez. L’ironie voulait que ce soit à la sœur de la meurtrière, que la vérité revienne.



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Pourquoi avait-il changé de position ? Pourquoi changer aussi rapidement son fusil d'épaule ? Elle ne comprenait pas vraiment. Sans dire qu'il était devenu amical, il lui offrait à présent d'en savoir plus sur la vie de sa sœur. Comment refuser ? Elle but ses paroles comme une assoiffée à qui l'on donne un reste de gobelet. Une part d'elle était inexorablement déçue qu'elle ait pu en arriver jusque là ; une toute petite part en revanche se complaisait dans l'idée que Vesper était bien la personne ambitieuse qu'elle avait entraperçue.

-Je ne peux pas dire que quelqu'un que je connaisse regrette cette personne...

Le meurtre de la Princesse ne la rendait pas monstrueuse en tant que telle, c'était une mauvaise personne au départ et elle était devenue bien pire encore par après, selon les rumeurs. Évidemment, il fallait considérer qui prenait sa place après. Cette personne avait-elle rendu la vie des personnes sous le joug de la Coalition meilleure ? C'était peu probable. Elle était en train de penser tout cela face à cette seule et même personne, c'était dire comme la situation pouvait sembler irréelle.

Une question plus actuelle retenait à ce moment-là son attention, bien plus que le meurtre d'un tyran. Une situation malgré laquelle Maxence avait continué de l'aimer, tout en connaissant les faits. Sans doute se berçait-il d'illusions, sans doute lui avait-il trouvé des circonstances atténuantes. Elle avait participé à cela, d'une façon ou d'une autre. Abigaëlle ne connaissait les détails mais son innocence était une illusion.

-J'ai...besoin de savoir à quel point elle était impliquée dans « la fameuse histoire du Sanctum ».

Elle dit cela tout bas, comme une confession honteuse. Ils s'étaient quelque peu éloignés de la foule, au risque de sembler quelque peu suspects. Ils étaient en effet dans le Palais du roi Triton, lui même représentation de la religion d'Etro. Ce qui était une insulte à son égard. De plus, elle n'était pas fière de demander cela, à moitié par inquiétude d'avoir définitivement perdu l'âme de sa sœur, et à moitié pour des raisons plus discutables. Elle revoyait leurs souvenirs communs. Elle était une jeune adolescente lorsque Vesper était partie. Un jour on lui avait annoncé que sa sœur ne rentrerait plus. Elle avait longtemps pleuré, haï les responsables devant tant d'injustice.

Il y avait bien eu une injustice oui, et elle ne l'avait pas remise en cause, pas plus que la longue fuite contrainte de Vesper. Et surtout, sa tristesse. Elle ne pouvait nier que sa grande sœur avait terriblement souffert de la mort d'un homme qu'elle aimait. A l'époque, elle était encore jeune et elle n'avait pu comprendre qu'on puisse vouloir s'abandonner pour quelqu'un d'autre. A présent, elle pouvoir l'entrevoir. Elle pouvait l'imaginer, chaque jour en le voyant, quand il créait un sourire sur son visage ; et même quand rien n'allait il y parvenait. Comme si la simple idée de le rendre heureux et de le rassurer que tout irait bien  pouvait la combler elle-même. C'était sans doute naïf mais c'était comme ça qu'elle aimait, oscillant entre besoin de l'avoir pour elle et besoin de le voir heureux, même si elle-même n'était pas maîtresse de son bonheur.
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En quelques paroles, le Démon était parvenu à créer le plus grand intérêt aux yeux de cette demoiselle. Il avait envie d’en rire à gorge déployée. Cela semblait tellement facile, et cette jubilation ? Il en retirait tellement de plaisir que l’attrait de cette sortie en devenait précieux.

Peut-être qu’il n’oublierait jamais la sœur de Vesper. Quelle importance. Jamais il n’aura à la croiser au détour de cet univers, cela tendait déjà de l’improbable qu’elle se soit retrouvé ici.

En dehors de tout cela, la Bête jubilait déjà à l’idée de ce qu’il allait pouvoir raconter. Pouvait-il mentir depuis les premiers instants, l’idée serait à jamais gravé en sa mémoire. Horrible. Elle pouvait, en cet instant, faire ce dont il désirait de l’image de sa grande sœur.

Il suivait alors la Demoiselle, un coin tranquille. Il prenait alors place sur l’un des sièges et laissait ses tentacules enlacer la place assise.

Qu’est-ce que cela vous apporterait de le savoir et où est-ce que vous vous situer vraiment envers Vesper, une personne que vous aimez ou détestez ?
La réponse ? Il ne l’attendait pas réellement. Loin de s’en moquer ! Sauf que ceci ne lui apporterait que peu de chose, il était déjà maître de la discussion et des émotions de cette femme. D’une certaine façon, du moins.

Offrant son regard le plus triste, il ne lui donnait pas assez de temps pour répondre à sa première question.

Elle n’était pas dans les rues de la ville à pourchasser les citoyens de la ville, ou bien à esquiver les flammes du dragon. Elle avait un autre rôle. Sa place était dans son propre vaisseau.
Encore un plan loufoque de Death, une idée que le Démon lui avait susurrée à l’oreille afin de s’offrir l’occasion ultime à la pleine possession du corps de cet humain. Il aurait fallu être idiot pour attaquer le Sanctum avec aussi peu d’effectifs, même avec un dragon en sa possession.

Il aurait eu besoin de cet oiseau de fer, le même ayant réussi à réduire le sans-cœur au silence.

Vesper protégeait le dragon des répliques du Sanctum, visant les défenses même de la ville. Elle était plutôt douée, si mon avis vous intéresse d’une quelconque façon.
De tout ce qu’il aurait pu dire, Namtar se contentait de la vérité. Il n’avait rien à y gagner.



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Comment ne pas être désarçonnée par le sous-entendu de Death ? Bien sûr elle avait laissé entendre qu'elle désapprouvait le comportement de sa sœur mais il avait dû percevoir en elle un début de malveillance pour oser lui demander si elle la détestait. Aussi, elle éluda la question se concentrant sur les détails qu'il lui offrait sur la responsabilité lors de l'assaut du Domaine Enchanté. Était-ce étrange de se dire qu'il était préférable qu'elle protège un dragon qui était en train de tuer des centaines de gens plutôt que de les tuer elle-même ? Pour son âme, peut-être était-ce différent.

-Je me doutais de quelque chose comme cela. Je ne peux pas dire que cela me rassure mais au moins je connais la vérité...

Elle se sentait résolue à cette évocation. Détestait-elle sa sœur? Elle savait que non. Ou du moins pas comme on est convaincus de détester quelqu'un. Elle comprenait à présent qu'elle pouvait aimer et détester, espérer et abandonner. Elle espérait encore qu'un jour prochain, elles, les deux sœurs, pourraient se retrouver, discuter. Elle espérait la voir reprendre ce rôle fraternel et bienveillant qu'elle avait négligé. Mais elle savait irrémédiablement, que si ce jour devait arriver elle en souffrirait terriblement. Il ne lui était pas facile d'imaginer le bonheur de sa sœur à distance, alors qu'en serait-il si elle devait vivre avec cette vue tous les jours. Des visions intimes lui traversaient l'esprit sans qu'elle puisse les contrôler. Elle serra les poings sans s'en rendre compte. Elle voyait les regards, les caresses, les baisers échangés et cela lui serrait la gorge.

-Je me dois d'espérer qu'elle reviendra un jour... Et si ça n'arrive pas... Nous arriverons à vivre avec.

Elle ne voulait pas être le genre de personne qui nuit à l'autre. Elle aspirait à mieux. Chaque jour, elle cherchait à être plus bienveillante et présente pour les autres, douce. Elle voulait être celle qui voyait le bon côté des choses là où les autres ne peuvent le voir. Si son aînée devait revenir, alors elle serait acclamée, félicitée, vue comme l'enfant inespéré. Et pourtant, pourtant si elle les avait abandonnés. Non. Elle devait s'interdire d'en penser plus. Elle laissa échapper un rire nerveux.

-Je me doute que vous ne laisseriez pas cela arriver. Et rassurez-vous, je suis persuadée que ce n'est pas dans ses projets.

Elle ne voulait pas que Death croie que Vesper envisageait de les trahir, d'autant que c'était sans doute la chose la plus improbable. Jusque là, sa grand sœur avait toujours eu un sens de la survie assez aigu, et faire cela aurait probablement été la chose la plus stupide.

Mais dés lors que leurs factions n'étaient plus en guerre, rien n'empêchaient qu'elle puisse au moins les revoir. Elle continuait de se taire, consciente du fait que ce genre d'informations devaient totalement laisser Death indifférent.

Elle leva les yeux et constata que la situation n'avait pas changé. Elle porta à nouveau attention à la salle et constata que les gens s'étaient calmés mais qu'on pouvait entendre ça et là des individus se morfondre. Elle pouvait distinguer au fond de la salle une femme allongée avec une foule de personnes autour d'elle pour la rassurer. Une multitude de plantes fluorescentes avaient été déplacée là momentanément pour éclairer un peu plus les lieux, et à dire vrai cela leur donnait un côté encore plus effrayant. Au moins, tout le monde avait à manger. Que risquaient-ils au fond ?
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Il avait bien assez torturé la sœur de Vesper. Même si le Démon ne nourrissait que peu de crainte à son encontre, il préférait ne pas se mettre la maîtresse du Château de la Bête à dos. Il avait déjà une certitude et elle était la suivante : sa sœur ne tenterait pas un seul instant de rentrer en contact avec elle.

En attendant, il en avait déjà énoncé suffisamment et n’avait pas tant envie de continuer.

Le monde présent, avec ou sans lumière, avait déjà offert bien plus que ce qu’il espérait. Avec cela, la chance était avec lui, il n’avait pas eu à subir l’ivresse ambiante à l’approche du Roi de ce palais. Si seulement il n’y avait pas eu ce pacte, il y aurait déjà envoyé Jack pour y faire régner la discipline de la Coalition Noire.

À moins que, cette fois, Namtar se contentera d’y assassiner purement et simplement son souverain. Dommage que Triton se retrouve avec sept enfants.

Sachez une chose, personne n’est esclave de la Coalition Noire. Moi ? Je n’ai jamais forcé quiconque à rester. Ils y sont tous de leur plein gré et nous n’avons jamais traqué une personne ayant déserté nos rangs.
Outre Surkesh. À l’unique différence qu’il avait un problème avec Death et que ce dernier le voulait absolument mort. Toutefois, le Démon ne cachait aucune vérité. Il n’avait jamais, au grand jamais, ordonné à quiconque de traquer un traître. La preuve en était que Bell continuait de vivre et cela, malgré la mort de sa bien-aimée.

Comme fatigué, le Démon quittait son siège et avançait de quelques centimètres, initiant son départ.

Ce serait un odieux mensonge de dire que Vesper ne me manquerait pas. Elle a forgé sa place dans ma Coalition Noire, mais je n’ai jamais interdit à quiconque de la rejoindre, elle est maître de son domaine.
Un sourire entendu de la part de Namtar. Lui, il savait pertinemment de quelle personne il faisait mention. Cette demoiselle ? Il l’ignorait. Par ailleurs, elle pouvait comprendre ce qu’elle désirait sous cette phrase. Que ce soit de la haine, de l’amour ou de la jalousie. Ensuite, il se contentait de la saluer avant de s’écarter de ce recoin.

Au revoir, et à jamais.
Le hasard avait été clément de les avoir menés à se rencontrer, cela n’arriverait sans doute plus jamais. Une compagnie agréable, à en demeurer de la distraction qu’elle avait pu apporter au Démon.

Il arrivait bien vite à l’entrée du récital, la porte qu’il avait franchie plus tôt.

Contrairement aux autres personnes présente dans la pièce, les gardes ne rechignaient pas à laisser passer le dirigeant de la Coalition Noire s’en aller. D’une certaine façon, ils étaient parvenue à se faire obéir. Il faisait toujours noir au fond des océans, rien n’était arrangé, le Démon retenait difficilement un soupir avant de s’avancer dans les ténèbres.

Après tout, c’était là que sa place se trouvait.



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Elle n'était pas assez naïve pour prendre pour acquis tout ce qu'une des plus grandes menaces à travers l'univers voulait bien lui dire. Mais bien sûr, ce qu'il disait allait dans le sens de ce qu'elle avait pu constater par elle-même. Maxence avait depuis longtemps la possibilité de se rendre au Château sans rencontrer de réels problèmes, si ce n'est une ou deux fouilles. Dire qu'elle était déçue aurait été exagéré, elle avait tout simplement et chaque jours de plus, un peu moins envie d'y croire. Alors quand il partit elle le salua poliment. Elle allait sans doute regretter cette phrase toute sa vie mais...

-Au revoir, merci pour votre honnêteté.

C'était la première fois qu'elle avait l'occasion d'entendre quelqu'un témoigner de ce qui se passait « de l'autre côté ». Oui, le Consulat avait signé un pacte de non-agression avec la Coalition. Pour autant, tous les membres de ce groupe restaient majoritairement perçus comme de réelles menaces pour la plupart des gens qui –comme elle– coulaient des jours tranquilles dans une vie assez monotone. Elle l'observa quitter les lieux sans qu'on l'en empêche, imaginant que les gardes devaient être soulagés d'être débarrassés de l'ambiance inquiétante qu'il ajoutait à la scène. Elle resta là quelques instants, cherchant ce qu'elle pouvait bien faire pour se rendre utile.

Finalement convaincue qu'elle ne pouvait être d'aucune aide à part en plaignant une des divas déjà comblée par un public assidu, elle retourna d'où elle venait, vers le cloître, décidée à y attendre que la lumière revienne. Elle tenait toujours sa feuille fluorescente qui avait quelque peu souffert de toutes ces émotions : elle était comme fanée et elle avait perdu de son éclat à force d'avoir été tortillée.

En la voyant arriver, la botaniste invita Abigaëlle à venir près d'elle.

-Vous pensez que le problème sera bientôt réglé ?
-Allez savoir, la magie ce n'est pas vraiment mon truc. En tout cas les hippocampes se sont endormis. Il faut croire que cette extinction n'est pas un problème pour tout le monde.
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Hello hello !

C’est moi qui vais noter ce rp du marathon. Comme il contient pas mal de réponses, je vais faire un petit pavé pour chaque reply. Allons-y !


Situation d’introduction. Ce qui est bien ici, c’est que tu nous fais découvrir les lieux en même temps que Abigaëlle. Ça créer un lieu assez rapidement avec elle, et on est plus impliqué quant à sa joie et son bonheur devant l’exotisme du lieu. Il y a également un côté candide touchant avec ses comparaisons régulières entre ce qu’elle a pu lire, et ce qu’elle voit en vrai.

Le seul reproche que je pourrais te faire, c’est de ne pas situer Abigaëlle un peu plus. Tu parles de Vesper et Maxence et on comprend qu’elle a un lien avec eux, mais c’est très succinct. Ne connaissant pas énormément le personnage d’Abigaëlle, j’aurais aimé avoir un peu d’info sur qui elle est, et quels sont ses liens avec les deux individus en question pour qu’elle s’en inquiète.

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La comparaison avec le précédent paragraphe est obligatoire. A l’image d’Abigaëlle, Namtar arrive pour la première fois à Atlantica. Mais son comportement et sa réaction sont à l’opposé. C’est une dynamique intéressante qui évite une impression de répétitivité. D’un côté, on a la joie et l’émerveillement d’Abigaëlle, de l’autre, le dégoût de Namtar.

On se demande néanmoins ce que fait le démon. Il cherche le calme, prenant la cité du crépuscule en exemple du pourquoi. Et pour autant, même en remarquant que les poissons font de la musique et que cela va devenir bruyant, il s’y rend quand même. J’aurais apprécié comprendre un peu plus ses intentions.

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J’aime la tension qui surgit dans la deuxième partie de ton poste. Evidemment, la première chose à laquelle le lecteur pense, c’est que Death a fait quelque chose. Il est le bouc-émissaire idéal après tout !

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En lien avec le poste précédent, j’apprécie le fait que le démon est victime lui aussi. Tu n’oublies pas non plus le contexte politique, et c’est amusant de voir comment Namtar utilise le pacte.

Seul endroit qui m’a sortie de la lecture, c’est quand tu dis :
« Il termine par s’excuser d’une quelconque manière avant de m’abandonner, parfait »

Depuis le début de ce rp, tu es essentiellement en troisième personne. En soit, on comprend parfaitement qu’il s’agit là d’une pensée de Namtar. Mais comme tu es resté constant depuis le début en te positionnant comme un narrateur externe. Le changement est soudain et fait très bizarre. D’autant plus que dès le paragraphe d’après, tu repars en troisième personne.

Étonnamment, ça m’aurait moins « surpris » si tu avais mis ladite phrase en gras. Pour bien souligner qu’il s’agit d’une pensée de Namtar.

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Pas grand-chose à redire ici. Pour un rp de marathon, je trouve ça assez admirable d’avoir une trame en fond, on sent que l’action se dirige quelque part, et c’est très plaisant

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Un des grands atouts de ce forum, c’est les très nombreux évènements qui s’y passe. J’ai apprécié de retrouver la conséquence d’un de ses événements. Même quelqu’un comme Namtar a été marqué par le bal et la destruction du palais des rêves. Ça rend la chose plus réaliste, plus crédible.  

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On a enfin le lien entre Abigaëlle et Vesper, et sa raison de s’approcher de Namtar. Je vais me répéter, mais j’apprécie comment ce rp, malgré qu’il soit né durant un marathon, est au final, aussi important point de vu scénario qu’un autre. On a quand même ici une situation intéressante qui peut potentiellement avoir des conséquences.

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La description met en avant un jeu de lumière. Death, dans les ténèbres. Abigaëlle dans la lumière grâce à l’algue entre ces mains. Sympathique !

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Ce qui est intéressant ici, c’est que tu aborde un élément qui est souvent oublié dans les histoires fantastiques. Que pense la famille d’un personnage ? Il y a une plaisanterie dans Kingdom Hearts, sur le fait que les derniers mots de la maman de Sora, c’est « Le diner est prêt », puis, plus rien. Que deviennent-t-ils après le départ du protagoniste, comment le voient-il ? Ici, on en a un aperçu via Abigaëlle.

La phrase concernant l’invitation sonne très juste. Quiconque dispose d’une famille ou d’un cercle proche comprendra amplement cette exemple.  

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On sait que Namtar possède le corps de Death, mais ici, c’est la première fois que la possession revient sur le tapis de manière aussi dominante. Ça fait plaisir. C’est un des éléments cœur du personnage de Namtar, et je suis toujours friand d’avoir quelques éléments pour étoffer le mythe.

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Beaucoup de choses intéressantes dans cette conversation. Revenir sur l’épisode du bouc émissaire en fait partie.

On comprend très bien où Abigaëlle veut en venir. Elle est une sœur, elle veut savoir à quelle point Vesper a sombré, et c’est certainement la meilleure question qui peut répondre à ses inquiétudes. Je me demande également quels seront les conséquences ? Quel impact cette conversation aura sur le personnage d’Abigaëlle ? Je pense que je serais déçu si ce rp ne se pose pas comme une conséquence pour plus tard.

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Qu’est-ce qui fait un antagoniste ? Dans la majorité des cas, c’est un individu vivant pour le chaos et la destruction, serviteur fier des forces du mal, ou mégalomane conquérant.

Qu’est-ce qui fait de Namtar un bon antagoniste ? C’est ce sadisme qui lui est propre. Et tu le rends parfaitement dans ce texte. On le sent jubilé à l’idée de ce qu’il peut raconter à Abigaëlle.

Il y a une petite leçon de vie également. « Il n’y a que la vérité qui blesse ». Si Namtar avait menti pour accentuer les faits, Abigaëlle aurait potentiellement nié. Mais ici, Namtar ne ment pas, et cela se sent. Et nul doute que l’effet recherché sera atteint sans grand mal.

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Ici, je vais émettre une petite critique, mais qui n’est pas propre à Abigaëlle. Ça fait plusieurs posts où je me fais la réflexion. « Mais, ils sont toujours à Atlantica ? ». C’est vraiment la phrase « Elle pouvait distinguer au fond de la salle une femme allongée avec une foule de personnes autour d'elle pour la rassurer. » qui m’a fait tiqué.

Je me suis dit qu’on pouvait finalement, être dans n’importe quel salon.

Quitte à être dans un monde aussi particulier, j’aurais aimé voir plus de référence. Il y en avait beaucoup dans vos premiers postes, puis ça s’est arrêté dès qu’a eu lieu la conversation.

Parler des bulles autours de vous. La lumière que tient Abigaëlle doit très certainement attirer des poissons. Est-ce si facile de rester immobile assis, lorsque on est dans l’eau ? Etc

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Encore une fois, la vérité blesse plus qu’un mensonge. Le double sens de la phrase de Death vient accentuer son sadisme.

Indirectement, c’est comme s’il venait de confirmer que la sœur d’Abigaëlle ne revient pas par pur choix. Et par conséquent, qu’elle accepte pertinemment les horreurs que commet la coalitation noire.

Petit bonus pour la fin, avec toujours ce jeu de lumière, un Namtar disparaissant dans les ténèbres.

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Et dernier post !

Où je n’ai finalement pas grand-chose à redire. J’aurai aimé savoir d’où vient la coupure de lumière néanmoins ;)


Vesper : Très facile(Mini-Série) : 5 XP, 50 munnies, 1 PS en Psychisme.
Death : Très facile : 5 XP, 50 munnies, 1 PS en Dextérité. (Fallait les contrôler toute ses tentacules !)
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