Irelia Alishina
Irelia Alishina
La Danseuse

Feuille de personnage
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le Mer 15 Jan 2020 - 16:29

Au pied de la scène, un spectacle musical s’innovait alors que les minutes défilaient et tendaient à l’infini de la course d’une trotteuse. Pourtant, qu’importe la puissance des accords ou les mélopées s’élevant de l’Erhu en se mélangeant au sifflement d’une paire de Xiao. Il y avait, parcourant les lattes de la scène, le fracas de l’orchestique des suppléantes du Shisan.

Hypnotisant le regard, elles s’accaparaient les mélodies à un point tel que les musiciens s’en retrouvaient relégués à l’ombre que la pièce projetait à leur encontre.

Elles n’étaient plus que quatre, frappant de leurs pas le bois et parcourant le final d’un dernier acte. L’ultime répétition pour Irelia, le préambule vers lequel tendre pour les danseuses. Accaparant les points cardinaux, elles s’avançaient en une ronde et se pointaient l’une et l’autre. Les longs habits, travail des artisans de la ville, semblaient scintiller sous l’alchimie des flammes.

D’imposante suite, s’en allant des poignets de chacune, glissait en harmonie avec la démarche. Elles étaient toutes souriantes, offrant la joie de cette représentation à son public encore restreint. Brièvement, l’annonce sourde du Bianqing ordonnait le passage.

La corolle se divisait, la rêveuse quittait son point et s’accaparait les devants. L’imposante robe qu’elles s’étaient vu offertes s’en allait pour en offrir davantage. Elle tirait sur l’artifice caché à son buste, libérant ainsi une traine qui s’écrasait, offrant son dos à nu ainsi que les glyphes parcourant son échine dans une œuvre méconnue. Elle pivota alors sur elle-même, cachant cette exhibition et offrant une dernière perspective.

Bras tendu, la traine à son dos et la suite à ses manches se mêlaient pour s’offrir au public en une énième distraction.

Un temps infiniment court, voici qu’elle déposait son voile sur la scène d’un enchaînement en pointe tout en parcourant la distance. Une unique volte, elle s’offrait une dernière balancée et s’écroulait d’elle-même à la scène. Un visage vide, le masque de l’oubli, elle baissait son menton en l’attente d’une suite. Celle-ci ne se concluait par de nombreuses enjambées, telle une cohorte maîtrisée, une ribambelle de danseuses se déroulaient et enroulait Irelia, l’invitant à se relever et former cette nouvelle unité. Toutes s’invitaient, se partageaient, s’offraient aux techniques finales.

La musique s’éteignait, les pas s’effaçaient, les danseuses s’en allaient à la toile de fond. Une pénombre s’invitait sur la scène pour que la lumière s’offre aux places à ses devants.

- Parfait.
Aux accords des musiciens se relâchant, des danseuses se rapprochant, le maître des lieux quittait son poste d’observation. Gang et Shisan étaient l’un avec l’autre, hochant le visage par l’affirmative pendant que les filles mimaient les remerciements.

- Alishina Guinang, vous y êtes parvenue. Félicitations.
- Merci, Laoshi.

Enchaîné aux règles de ce monde, voici que la Danseuse offrait ses révérences devenues monotones.

- Vous avez tenu cette promesse, j’en suis fort heureux. Songzi Huayan devait l’être aussi, soyez en heureuse.
- Merci, Xian Cheng. Mais, si mon avis ne vous offense pas, cette réussite revient à toutes les danseuses.
- Vous avez raison… Félicitation à chacune !

Shisan souriait, s’inclinant à son tour dans une courbe moins ambitieuse avant de retourner à son hôte. Elle, Irelia, offrait l’un de ses iris divergente à ses comparses. Qiao avait une gamme de retard au commencement de chaque acte, Ting venait de se blesser et boitait, Xue s’accaparait un pas de trop lorsque l’attention retombait. Pour autant, la Danseuse taisait poliment ces mécomptes que le Loashi semblait aveugle à remarquer.

- Ce soir, nous offrirons la première et devant la Dame de Chengdu. L’erreur n’est pas de mise. Pour cela, vous êtes contrainte au théâtre et au repos. Ce sera tout.
- Bien, Shisan Xian Cheng.

Totalement désynchronisées, les danseuses s’en allaient de la scène, brisant le masque du spectacle en l’attente de la représentation.

Irelia, un instant fébrile, resta immobile avant de s’accommoder de sa tâche. Tournant le dos à la salle et offrant une toile différente de son échine, n’accaparant aucun intérêt tant les responsables s’en moquaient. Neuf heures devaient s’écouler, la rêveuse regrettait de n’avoir d’autres distractions que les quatre murs d’un théâtre dont elle y traînait déjà de trop.

Deux êtres lui manquaient, ni l’un et l’autre n’arpentaient les Terres des Dragons, offrant la solitude comme unique présence à l’adolescente.


* * *

- Alishina Guniang ?
- Gang Laoshi.

Il y avait encore sept heures qui cherchaient à s’écouler, la Danseuse occupait une place à l’une des fenêtres de la bâtisse, s’offrant pour seul spectacle celui des marchands en contrebas. La voix de l’instructeur parvenait à attirer l’attention de la Danseuse, bien plus intéressante que l’apport incessant de caisse à la machine à spectacle.

- Puis-je ?
Une demande silencieuse, accompagnée d’un geste de la main. Irelia se satisfaisait d’un hochement de tête, celle-ci déposée au sommet de ses genoux. Il s’avançait alors, curieux de ce qu’elle devait observer.

- Êtes-vous prête.
- Oui.
- Y parviendriez-vous.
- Oui.

Un ton monocorde, sans tension ni crainte. Elle détachait déjà le regard de ce désintérêt soudain, reprenant la monotonie de l’extérieur.

- Savez-vous ce qui vous attendra suite à cela ?
- La commémoration.

Les gouttes de pluie perlaient sur les fenêtres, hypnotisant la Danseuse, offrant le plus simple à qui s’adonnait à l’écouter.

- Bien. Puis-je vous demander quelque chose ?
- Je vous écoute.

Une nuance se glissait à cette question, une chose qu’elle n’avait pas retenue jusqu’ici et qui piquait le regard d’Irelia.

- J’aimerais y participer, orchestrer ceci, offrir mes talents à la Dame. Shisan n’en parle à personne, se murant dans le silence. Savez-vous quelque chose, n’importe, quant à ceci ?
- Mon rôle, rien de plus. Songzi Huayan ne m’en a pas parlé.

Il retournait à son silence, baissant le menton dans un crescendo sans envergure.

- Je lui en parlerai, ce soir. Elle aura besoin de toute l’aide et… Moi aussi.
Elle souriait, négligemment. Offrant un réconfort d’apparence. Une empathie soudaine, une façon de remercier ce qu’il avait offert. Même si cela n’était rien d’autre que ce qui lui avait été demandé. Une forme de devoir ? Irelia n’y pensait rien.

Le retrouver suite à cela, elle serait épargnée de nouvelle présentation.

Gang offrait une révérence, toujours aussi furtive que celles auxquelles la Danseuse s’était accommodé à offrir. Victime des traditions.

- De plus, Shisan Xian Cheng a un message à vous faire parvenir. Comme l’ordonnent les usages, le spectacle ne pourra commencer sans que la Dame ne reçoivent les remerciements quant à sa présence.
- Oui.
- Il serait de bon ton que vous vous en occupiez.

Loin de la pluie, extirpé de ce désintérêt, la Danseuse brisait sa lassitude et plongeait ses yeux vairons au plus profond du regard du professeur. Arquant un sourcil, soulevant autant de question que l’excitation de cette révélation.

- Une danse ?
- Il en va de soi.
- J’y serais seule… ?

Il hochait la tête par le positif, se relevant ensuite, passant l’un de ses pas derrière le premier et invitant Irelia à le rejoindre.

- Il nous reste peu de temps, mais suffisamment pour que vous le mémorisiez. Du moins, j’espère.
- Rien de plus simple.

Elle bondissait, quittant son perchoir et faisant face à l’apprentissage. Il y avait encore sept heures, celles-ci venaient d’imaginer une façon de s’écouler.


* * *

Les heures étaient passées, le soleil venait de décliner et les lanternes guidaient les spectateurs à rejoindre la salle. Dans le fond, entre les quatre piliers délimitant la scène, la Danseuse se retrouvait à son éternel rituel.

Une robe différent, unique, hommage du Tiao Jia Guan qu’elle offrait déjà à ses épaules.

Le rouge ocre, souvenir des bannières du Consulat ainsi qu’un blanc nacré à la traine de ses poignets. Irelia respirait longuement, dessinant le parcours que l’encre imposait à son échine. D’un geste froid, paradoxale à son expression, elle déployait l’éventail à la couleur unique et venait cacher ses traits.

Enivré par la fierté, figé par l’attente. Imaginait-elle le regard des danseuses à sa suite ? Elle s’en fichait. Que pouvait prononcer Quiao, Ting ou Xue. Outre des banalités guidé par la jalousie.

Tel un pianiste et son métronome, le regard d’Irelia fixait la scène en l’attente de l’orchestre.

Un rien, les à-coups sur une corde pincée, le silence se rependait sous le brouhaha quand les musiciens démarraient leur art dénué de félicitation. Sifflement et tambour, gendarme de ses pas, la rêveuse s’invitait à la vue de tous. Une voix s’élevait, celle de Shisan à l’encontre d’un public d’inconnu, elle n’y en offrait que son intérêt à ce qui l’animait.

Visage couvert, elle avançait d’un pas leste, oscillant à la mélodie et dont le bras libre de l’éventail sublimait la traine à la suivre. Un tissu volant, accompagnant le mouvement en canon jusqu’à ce qu’elle s’offre en bout de scène. Un bras a la hanche, le second au mystère de son visage, elle dégageait l’une de ses révérences les plus amples à la seule personne comptant à ses yeux différents et au maître de l’endroit.

L’accueil finalisé, les pas de la Danseuse glissaient aux sens opposés, accompagnant la fuite de nouveau mouvement ample et offrant le visage souriant d’une jeune femme.

Jouant de cette traine, harmonisant ce décalage par le jeu de l’éventail, Irelia glissait sur le plancher et offrait ses gestes à qui le désirait. Deux sifflements succincts, la note trop lourde d’une corde, elle rythmait cette mélodie criarde à l’annonce de ses mouvements. Gang Laoshi avait été clair, ceci ne serait plus qu’une minute consacrée et il désirait à ce que la Dame de Chengdu n’en soit pas gênée.

Tournant à son tour, glissant ses traines à sa pirouette, le poignet occupé de la Danseuse glissait et offrait le symbole de la famille. Le lotus s’élevait vers les cieux, prospérité et gloire, tournant en spirale quand la pointe du pied de la rêveuse vrillait en lieu et place avec son corps. Une dernière note, simple, concluait cette mise en avant. Ordonnant l’arrêt à l’adolescente qui s’en retrouvait le menton pointant le sol, laissant croire à l’humilité pendant que sa respiration se saccadait.

Elle se figeait, patience, tenant compte des mœurs et redressant ses airs pour les masquer au-devant du symbole marqué.

Ainsi offert à la Dame, Irelia donnait sa révérence et s’enfuyait en dehors de la scène. Il n’en fallait pas plus et encore moins, voici qu’elle pouvait s’atteler à la représentation, quitte à s’impatienter jusqu’à ce que la véritable exhibition puisse se dérouler. Elle qui, depuis tant de temps, répétait celle-ci ? Ça en devenait une banalité.


Huayan Song
Huayan Song
L'Impératrice

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le Mer 15 Jan 2020 - 20:15
Coucou, c’est Tata Huayan.

J’ai beaucoup aimé ce rp, même s’il y a de petites fautes d’inattention. Cela ne gâche cependant pas le beau tableau que tu dresses avec une Irelia des plus concentrée.

Je salue, une fois encore, l’importance des détails que tu apportes via tes recherches sur la Chine : je pense notamment aux noms des instruments, des attributs de l’opéra traditionnelle. Pour ceux qui ne le sauraient, le « Tiao jia guan » est une coiffe que l’on porte lors des performances artistiques au théâtre ou à l’opéra. Elles peuvent avoir des couleurs ou des formes variées selon la région ou le genre d’opéra.

Les « grands » styles d’opéra chinois sont les opéras pékinois, sichuanais (Chengdu donc), de Suzhou et de Guangzhou (Canton). Il en existe une infinie d’autres, mais ils ont soit disparu, ou sont si attachées à une région précise qu’ils ne sont pas connus.

Je vais en profiter pour souligner les fautes mineures pour ensuite me concentrer sur les aspects positifs majoritaires. Ce sont vraiment des détails, mais on dit « guniang » et non « guinang ». Je sais que c’est déjà beaucoup d’efforts de s’immerger dans une culture et une langue que l’on ne connaît pas. Je souligne également que les danseuses qui accompagnent Irelia sont sensées être des professionnelles disciplinées : là elles font un peu amatrices tout de même par leurs fautes et leurs comportements. Mais bon, ça passe on va dire.

Sinon pour le positif, soit le reste !

Un rp bien rythmé, plaisant à lire. Le respect de l’ORDRE de nomination à la chinoise : Song Huayan, Gang Laoshi, Shisan Xian Cheng. Continue ainsi ! C’est bien écrit, avec un lexique que choisi avec soin : y a de l’harmonie, y a de la danse, y a de l’élégance !

Bref, un vrai plaisir. Sans compter l’intérêt d’Irelia pour ce qu’elle fait. On sent qu’elle est investie par la chose. Et c’est d’autant plus intéressant de voir la différence d’interprétations des personnages entre les « Fils et Filles des Muses » et les consuls comme Huayan ou d’autres qui le sont devenus un peu dans l’adversité des choses parfois.

On note également qu’Irelia est intéressée par la danse, mais pas nécessairement par une représentation en public. Peut-être qu’elle va y prendre goût, mais en attendant, elle est juste passionnée par son art et ne voit peut-être pas encore l’intérêt de le montrer à une foule en délire.

J’ai hâte de pouvoir commencer la représentation réelle avec les accompagnements au chant. Le schéma d’un opéra traditionnel ne sera pas vraiment respecté mais c’est un spectacle exceptionnel qui s’annonce. Irelia accompagnera par la danse les acteurs (et donc chanteurs d’opéra) et honnêtement avec ce que tu as déjà écrit, je pense que ce sera quelque chose de particulièrement formidable !

Hâte de voir tout cela en action. Je regrette presque que ce soit bientôt la fin de l’apprentissage d’Irelia en Terre des Dragons. J’aimais bien ces rps.

A très vite et continue d’écrire ainsi avec la jeune Irelia !

Notation :

• Facile : 10 points d'expérience + 100 munnies + 1 PS en DEX et 1 PS en PSY.

Je te laisse modifier ta fiche mon petit chou.

_______________________________
Tiao Jia Guan Signat10

"Good God Get a Grip Girl, sit on down
I'm chunky yet funky and I'm snatching crowns"






Impératrice Céleste Éternelle Meng Tian -蒙天-, Fondatrice de la Dynastie Song, Porteuse du Mandat Divin, Reine des Hans, des Mandchous et des Peuples du Sud, Grande Magistrice des Arts Magiques, Protectrice de la Terre des Dragons, Souveraine Légitime de toutes les Terres sous le Ciel, Ambassadrice des Cités Dorées du Consulat, Consule de l’Étiquette et Dame de Chengdu








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