Genesis Rhapsodos
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Le Tyran

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le Mar 14 Jan 2020 - 12:03
[Suite de : Mon acte ]

Le vaisseau atterrit en catastrophe parmi les collines vertes et fleuries du monde du printemps. Le Tragédien en sortit en quelques secondes, ne prenant guère le temps de couper le moteur, de refermer la rampe d’accès ou quoi que ce soit d’autre. Son vol s’achevait à peine que commençait un autre… Son aile d’un blanc cendré sortit de son omoplate dans un craquement sourd. Cela faisait des mois, peut-être des années… mais il n’y eut plus de douleur. Lorsqu’il s’envola, il ne sentit pas le poids de la maladie. Ses poumons ne souffrirent pas, non, même pas le temps d’un soupir, lors de l’effort incroyable que représentait un battement d’aile depuis la contraction de sa maladie.
Non. Il n’y avait plus de maladie.
Genesis survola les forêts, les prairies, la nature luxuriante sans les voir. Jamais ses yeux ne s’arrêtèrent sur la végétation. Il n’y avait qu’un endroit, une montagne, un volcan. Oh, il se souvenait trop bien de cette vision. Et il s’en rappela précisément à ce moment-là, alors que serrant sa rapière de sa main droite avec force, le tragédien parcourait des lieues en quelques minutes. En une précédente visite, n’avait-il pas regretté de ne pas avoir observé l’oiseau de feu ? N’avait-il pas estimé qu’il s’agirait là d’un beau moment de tragédie ?

Comment avait-il pu être aussi sot ? Comme si la tragédie était un jeu.

Non… En ce jour, il vivait sa Tragédie et ce n’était que pour cela que Melpomène lui avait révélé où se trouvait Kefka, l’immonde déchet qui avait assassiné Mizore.
Il vivait sa tragédie mais ne lui trouvait aucune beauté. Toutes ces années à parler, à vivre, à communier cet art qui, au final, s’avérait le plus laid de tous.
Et l’oiseau de feu… Si ce dernier se mettait en travers de chemin, il l’abattrait aussitôt. Pour Genesis, il n’y avait rien. Seulement la mort de Kefka.

Sa fureur ne cessait de monter en lui, atteignant des extrêmes qu’il n’aurait jamais cru possibles. Et son seul répit, il le ressentit lorsqu’il entra dans le cratère du volcan. De sa perception magique, aussitôt, il rechercha la présence de l’assassin mais en fut incapable, tant l’énergie qui grouillait au sein du volcan était immense. De la lave ? L’oiseau de feu ? Ou était-ce Kefka lui-même ?
La corneille ne se posa la question qu’une seule fois avant de chercher un accès au cœur du volcan. Kefka s’était caché ici et avait pris soin de ne pas rendre sa découverte trop facile.

Au bout de quelques minutes, Genesis distingua l’entrée par le début d’une brèche dans le cratère, bouchée maladroitement par de la roche magmatique. Il dégagea l’accès et s’y engouffra, repliant son aile sur elle-même pour entrer au sein du territoire de l’oiseau. Après un certain temps à s’enfoncer en profondeur dans le volcan, il arriva au cœur de ce dernier… Au centre du théâtre, la chambre magmatique, un véritable lac de la taille du sommet des arts dont la contenance était une lave rouge, tirant sur le noir. Autour de ce lac résistait à la chaleur une large et longue plage faite de roches magmatiques. La lumière était si faible qu’en levant les yeux, Genesis ne put distinguer le plafond, seulement deviner sa hauteur digne d’une cathédrale.

Le tragédien atterrit sur le roc, ralentissant sa chute d’un battement d’ailes, avant de faire un coup sec de son épée dans le vide.


« Kefka ! » hurla-t-il dans le vide, couvrant le grondement de la lave d’une voix enragée ! Il fit un tour sur lui-même, chercha le clown des yeux tout en criant à plusieurs reprises le nom du meurtrier. Il le tuerait, c’était certain. C’était sa seule pensée, sa seule raison de penser. L’attaquer… dès qu’il le verrait, sans le laisser raconter ses insanités. Le tuer… pas pour la cité des rêves en feu, pas pour Nanaki, ni même pour Mizore. Il le tuerait pour lui, pour ne pas exploser, pour contenir une part de ce quelque chose qui s’en allait, qui quittait son corps, minute après minute depuis qu’il avait vu sa compagne décédée.


Dernière édition par Genesis Rhapsodos le Lun 20 Jan 2020 - 19:40, édité 2 fois

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Le feu emporte tout 01
Kefka Palazzo
Kefka Palazzo
La Danse Folle ♪

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le Lun 20 Jan 2020 - 1:37
Le consulat… le groupe de la passion, de l’art, de la beauté… un groupe dont la philosophie est de donner du sens à des choses si futiles ! Kefka haïssait ce groupe au plus haut point, ce putain de groupuscule démagogue et pourtant le plus élitiste… même la Coalition Noire est plus juste dans sa cruauté ! Ce ne sont que des artistes, des tafioles et des dégénérés ! Ils trouvent de la beauté et du sens là où Kefka ne voit que de la laideur sans but ni utilité ! Lui voulait tout détruire… et eux ne font que construire… le serpent qui se mord la queue ? Oui mais à force de la mordre, le reptile finira par se tuer et à partir du moment où on s’en bat les reins, on ne peut qu’avoir raison ! De tous les arts du Consulat, celui que le bouffon haïssait le plus fut bel et bien la tragédie. De tous les arts, c’est le seul dont il comprenait le sens et le seul qu’il pratiquait… mais qu’est-ce que ça a de beau ?! Alors quoi ! On nait, on vit, on meurt et ça a du sens parce qu’on chiale et souffre entre temps ?! Le sens… Kefka pouvait comprendre en quoi la tragédie est réelle mais… ça n’a pas de sens ! Deux options existent alors… soit Kefka se trompe quelque part, soit ce sont tous des tarlouzes de mauvaise foi !
Et avec un sourire mauvais, les yeux en quart-de-lune à l’envers, une lueur mauvaise


« Suffisait d’y mettre du cœur… c’était ta catin ou pas ?! »

Et sans attendre, Kefka déchaina une rafale de sorts… des blocs de glaces explosant en milles éclats avant même l’impact, connectés par de vifs sorts de foudres dont les éclairs se subdivisaient par dizaines ! Puis ce fut deux boules de feux, gigantesques ; elles pourchassèrent lentement la corneille, jamais ne le toucheraient mais l’emmeneraient là où le fou dansant voulait. Or, ce n’est plus lui qui danse mais c’est bel et bien lui qui la mène cette foutue valse ! D’une vivacité effroyable aux yeux du bouffon, lévitant avec joie au-dessus de lui, il était parti pour le subjuguer. Qu’il s’approche, qu’il s’envole et gagne en altitude ! Kefka le renvoyait en-dessous de lui grâce à de puissants sorts de vent sans pourtant parvenir à l’enfouir sous la lave… et tout ça ne faisait que commencer !
Puisqu’en lévitation, l’arlequin avait tout de même une mobilité réduite… mais la corneille mettrait du temps à atteindre le sommet de la chambre magmatique… et Kefka avait une réserve magique telle que les seuls à pouvoir rivaliser… sont morts ou à deux doigts. N’est-ce pas Merlin ?

Kefka était invisible… pas ses sorts mais la chambre magmatique était pleine de magie en sommeil au naturel… et c’était dix fois pire maintenant que le bouffon se déchainait ! Quitte à en devenir fou, la folle continua de déchainer des sorts, sans raison ni but, juste décidé à tout ravager ! Détruire le monde, l’univers, la vie, la joie et le bonheur, c’est ça la thématique ! C’est ça la tragédie, la vraie ! Kefka n’aurait même pas su dire quels sorts de quelle puissance il envoyait mais… son énergie magique était incroyable et s’écoulait sans le moindre contrôle, le faisant brûler de plaisir !
Huiles et brasiers ! Glaces et foudres ! Eaux et poisons ! Vents ! Sans même viser, ces sorts déclencheraient forcément des réactions en chaines… puisque Kefka avait déployé des champs de mines sur toutes les parois de la chambre magmatique !


« TRAGEDIEN DE MERDE ! » Cracha-t-il en hurlant, pleins de mépris et d’incompréhension, les larmes aux yeux mais son effroyable rire résonnant dans l’arène !
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le Lun 20 Jan 2020 - 19:36
Un rugissement. Un rugissement était la seule chose qui pouvait encore sortir de sa bouche. Il ne criait plus, ne parlait plus, ne pleurait plus. Les gémissements étaient morts, les discours aussi. Il n’y avait que le rugissement d’une bête, d’un monstre que Mizore avait emprisonné dans un cercueil de glace. Un monstre qui enfin découvrait l’immensité de sa puissance, de cette puissance, de cette colère.
L’incroyable décharge électrique qui parcourait son corps depuis qu’il avait subi un sort de foudre de plein fouet continuait à le faire souffrir, à l’empêcher de voler convenablement. Et voler était la seule chose qu’il pouvait faire. Pleuvait de l’apogée du volcan une pluie de sorts dévastateurs. Oh comme il aurait eu du mal à rivaliser, même en un seul sort, avec le moindre de ceux-là. Il était devant un autre monstre, un dragon crachant son énergie, la moindre goutte de poison qui coulait dans ses veines comme on lance un poignard. Alors il ne pouvait qu’esquiver. Et cela le rendait fou. Plus encore que de subir une douleur aussi atroce, il souffrait de ne pouvoir l’exécuter sur le champ, de plonger ses mains dans sa poitrine, d’écraser ses boyaux dans sa poigne. Il souffrait de perdre du temps !

Un instant, son corps lui rappela qu’une aile ne faisait pas de lui un dieu. Il ne put la bouger, quelques instants seulement mais assez pour que sa trajectoire soit déviée. Il s’écrasa contre une paroi et bien qu’il ne touchât pas le sol, manqua d’être exterminé comme un insecte. Des flammes jaillirent de la paroi du volcan, l’enveloppèrent, rongèrent sa peau… Durant quelques secondes, il vécut le feu, il crut mourir… et chuta au sol, terrassé.

Mais ses yeux ne se fermèrent pas. Ses muscles redevinrent capables. Son énergie ressuscita. La mort n’existait plus pour lui. Elle succéderait à sa rage infinie, si jamais celle-ci venait à se consumer finalement un jour. Et alors qu’il était plus en sécurité à terre, couvert par le bruit, par les explosions élémentaires, par cette destruction que produisait Kefka, il se releva, rugissant encore et s’envola de nouveau.

Son sang avait la chaleur des flammes. Sa détermination… la sévérité des glaces. Son être tout entier vibrait, frémissait, plus intensément que le premier éclair. Et par-dessus tout, sa colère.

Les sorts le percutèrent, le détruisirent et il tomba de nouveau. Mais Genesis se releva à chaque fois… Ses habits étaient en lambeaux, ses cheveux… brûlés jusqu’à la racine. Même ses yeux semblèrent éteints depuis que Genesis voyait un tableau informe de rouge, de jaune et de noir devant lui. C’était la colère. Celle-ci avait donné un sens à sa vie et il l’avait réprimée. Aujourd’hui, elle redevenait impératrice de son âme. Elle le rendait immortel. À la mort, il survivrait, afin de détruire son ennemi.

Alors que le volcan tremblait sous ce déferlement, cette irruption de sorts dont il était bien étranger, la voix du consul s’éleva, de l’invisible… Debout, au sol, entre les cratères, les glaciers échoués, le regard braqué sur Kefka qui ne cessait jamais sa frénésie, il prononça d’une voix incroyablement sonore et lente ces quelques mots, presque une interrogation alors que les plumes de son aile se consumaient l’une après l’autre.


« Tragédien ? » Il pensa un instant à Melpomène… Et il ne ressentit plus le moindre amour, plus la moindre dévotion, pas l’ombre même de reconnaissance. Il la souhaitait morte pour cette parade, ce numéro qu’elle lui avait fait faire de sa naissance à la mort de Mizore. « Non... »

Elle n’était pas sa mère. Elle ne l’avait jamais été. La vie de Genesis avait toujours été vouée à une seule mort, à la plus grandiose des morts. Alors quelle mère souhaiterait cela à son enfant ? Comment la fin la plus cruelle qui soit pouvait être l’œuvre d’une vie ?

Une étincelle écarlate apparut dans le regard de Genesis. Bientôt, ses yeux devinrent rouges, brillèrent plus puissamment qu’une pierre précieuse. Sa pensée ne s’égara qu’une seule fois… Il songea à ce qu’il avait dit à Septimus… Laisser les ténèbres posséder son coeur. Ainsi… C’est ainsi que tout cela allait se passer.
Alors oui, il les laissa pénétrer son cœur, se répandre dans le moindre de ses recoins, avalant, rongeant la lumière. Elles parcoururent plus de chemin qu’elles ne l’avaient jamais fait, elles prirent presque le contrôle. Mais elles échouèrent. Car la colère était l’impératrice de sa vie.

Une colonne de ténèbres naquit sous ses pieds et l’emporta dans son torrent, le noya totalement, le cacha de Kefka. Durant quelques secondes la colonne monta vers le plafond de la chambre magmatique, gratta son sommet, pour au final disparaître.


« Je ne suis plus le Tragédien. »

Elle… Mila… l’avait surnommé différemment. Un nom sombre… dont on ne pouvait être fier.

« Genesis... » dit une voix incroyablement grave avec toute la semblance de celle du roi de la terre. De la fumée il émergea… Lui… Faisant plus d’une vingtaine de mètres de haut, il était un géant à la peau sombre, aux yeux de feu. Il était un monstre, ce à quoi son coeur avait toujours ressemblé. Chaque partie de son corps était recouverte d’une pièce d’armure rouge. Sa tête, qui ne pouvait être comparée à son vrai visage, même défiguré, était coiffée d’un casque antique de la même couleur. Oui. La maladie avait reculé. Il était plus fort, beaucoup plus fort.

« Le Tyran. »

Deux ailes gigantesques, ainsi déployées, occupaient une grande place dans l’âtre de la terre. Son aile gauche était faite de métal alors que son aile droite n’était qu’une étrange roue ornée de pics d’acier de la taille d’un arbre.
Une épée immense dans ses mains, il frappa d’un coup ascendant, visant Kefka au plus haut de l’endroit. Toutes les parois, toutes les roches dans le sillage de l’énorme épée furent broyées, déchirées par celle-ci. Rien ne para son coup meurtrier.


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