Genesis Rhapsodos
Genesis Rhapsodos
Le Tyran

Feuille de personnage
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le Lun 13 Jan 2020 - 18:30
[Suite de : Lettre assassine ]

Etouffant ses rêves sombres ou son sommeil noir, un bruit familier le réveilla, ainsi que sûrement plus d’un artiste dans la cité dorée, pourtant d’habitude éteinte à cette heure de la nuit. Le porte-parole du Consulat ne se posa aucune question, sinon celle concernant la fenêtre qu’il devrait ouvrir pour comprendre ce qu’il se passait sur son territoire. Le son persistait telle la sonnerie d’une école et lui rappelait tous les combats qu’il avait menés jusqu’ici. En s’approchant de la fenêtre, en ouvrant les volets de vieux bois sculpté, l’impression se confirma alors qu’encore aveugle, il sentait une intense chaleur traverser la vitre. Et si la vue de Genesis avait été fort altérée par sa maladie, il put voir, à des kilomètres de la tour de Melpomène, une colonne de flammes telle qu’il n’en avait jamais vue. Le Tragédien s’immobilisa, sans laisser son visage trahir une expression. Tian-Long était mort. Ce ne pouvait pas être Natsu Dragneel, pas… après les jours qu’il avait subis à Port Royal, le temps de s’innocenter, ce qui ne laissait vraiment qu’une personne. D’aucuns auraient sûrement parlé d’un monstre, le Feu de Notre-Dame. Genesis se hâta d’enfiler ses vêtements, un pull de la Shinra, une longue veste blanchie, piétinée par la mort, ainsi qu’un pantalon. Un tintement métallique le fit s’arrêter dans sa course. Ses yeux se baissèrent sur l’arme que lui avaient façonnée les mogs de l’Atelier, ressemblant fort à la rapière qu’il avait perdue lors de son combat contre le dragon. Une hésitation le prit quelques instants avant qu’il ne se baissât finalement pour saisir l’épée. Des années étaient passé depuis son précédent combat. Mais si Kefka était venu comme il le pensait, il serait temps de gaspiller l’énergie qui lui restait à un être dont le souvenir détruisait encore les songes de nombreux citoyens de son territoire ;

Quand il arriva devant sa porte d’entrée, celle-ci trembla violemment sous le choc du heurtoir contre sa surface. Genesis ouvrit le battant et franchit le seuil, ignorant presque les deux personnes venues l’avertir.
« Monsieur ! » s’exclama un garde. À ses côtés se tenait un consul, Mark, un des peintres du Consulat chargés de faire le portrait de chacun des mille-deux-cents consuls des cités dorées. Ce dernier semblait terriblement inquiet, davantage à la recherche d’un soutien moral que d’une personne pour partir combattre avec lui l’envahisseur.

« Nous sommes attaqués, Genesis ?»

Le Tragédien jaugea le poids de sa rapière dans sa main… Il n’aurait peut-être pas dû s’en encombrer. La magie était peut-être tout ce qui lui restait. Le garde le suivait, sans difficultés. « Montez avec moi, monsieur, j’ai fait seller un cheval. »

Genesis hocha la tête et se dirigea vers la monture du soldat, soldat dont il aurait besoin pour parvenir à monter sur une bête de cette taille. « Tu ne vas pas combattre, Genesis… Genesis, s’il te plait. »

« Le Consulat s’est toujours illustré lorsqu’il était attaqué. Les combattants se mobiliseront avec moi. » Il hésita une seconde avant de lever péniblement un pied pour le caler à l’intérieur de l’étrier. Chen Stormstout n’était pas très puissant mais il n’hésitait pas au moment de défendre ce pays. Samuel était à la Cité des rêves. Huayan Song avait des capacités, elle aussi, mais était probablement à Chengdu. Mais il y avait Medusa, il y avait Ulthane, il y avait Mizore et de nombreux gardes. « Prends quelques consuls avec toi, Mark. Trouve l’homme qui vit avec les deux princesses de cœur dans le quartier résidentiel. Il se nomme Auron, c’est un ancien mercenaire. Achète ses services pour qu’il nous aide là-bas. » dit Genesis, enfin à cheval, en tendant sa main libre vers la fumée qui succédait aux flammes. Le cavalier devant lui, puisqu’il n’était pas capable de monter seul, instigua un trot douloureux pour le consul, néanmoins concentré sur la menace. Plus que tout autre danger, le garde dut éviter des civils et consuls sortis de leur logis pour observer le nuage noir s’échapper de la zone qui venait de brûler. C’était le parc de l’Alliance faisant face à l’un des temples d’Etro construits dans la ville.

Suite au détour d’un chemin,  les deux nouveaux venus virent le paysage. Le parc aménagé pour fêter l’amitié entre le Consulat et le Sanctum, avait été rayé de la carte. De nombreux lampadaires avaient déjà été allumés, des projecteurs avaient été amenés par certains gardes pour illuminer la zone. Ainsi, chaque spectateur pouvait voir, à l’endroit où auraient dû trôner haies taillées, fontaines superbes et sculptures soignées, une zone maudite, un ou deux hectares noircis par la mort, sans arbre, sans fleurs.
Rien ne brûlait plus. Il n’y avait plus rien à consumer. Genesis vit, à l’orée de ce pays infernal, de nombreux consuls… Les cinq Futuristes, que les années ne parvenaient pas à altérer. Ghagull et ses orks, avec sa batterie de montures mécaniques. Plusieurs professeurs de l’Académie et à leurs côtés quelques étudiants en hydromancie et bien d’autres gardes.
  « Quelle chaleur. » constata le cavalier, aidant Genesis à descendre du cheval. « Ca ira, monsieur ? »
Genesis hocha la tête et ferma les yeux, une fois les deux pieds à terre. De sa perception magique, il chercha la puissance magique de Kefka… sans succès. Les traces de l’éther enflammée, suite au sort lancé ici, masquaient tout. Le Tragédien frissonna. Pourtant, il était serein quant au combat à venir, si combat venait. Kefka ne lui faisait pas peur. Il avait été vaincu à Sherwood. Et justement… « Monsieur ! Un soldat originaire de la Forêt de Sherwood était tout proche. » cria un garde, s’approchant de lui en mettant ses mains en cloche devant sa bouche. Les ordres fusaient d’un coin à l’autre de la ville, forçant chacun à crier plus fort. « Il certifie que c’était le rire de Kefka ! »

Le consul opina de la tête avant de demander, calmement, sans vraiment hausser la voix : « Qui est mort ? » Il n’attendit pas la réponse pour chercher un cadavre ou un criminel… les environs semblaient vides et… si Kefka avait voulu s’enfuir, il l’aurait sans doute fait. La certitude du combat à venir qui l’avait gagné n’était donc peut-être que lubie d’un homme à l’agonie.

« Nous ne sommes pas encore sûrs. »

Il hocha la tête et avança résolument vers l’étendue de cendres. « Genesis, la fumée ! » lui cria un consul. Il leva une main indolente et continua. Ses poumons n’étaient plus que deux cosses noires mais il savait que mourir d’asphyxie ne serait pas le fade salut qu’il espérait. Quant à la chaleur, une nouvelle fois, il ne la ressentait que trop peu, fébrile, fragile, face à d’impitoyables frissons. Serrant une épée qui ne lui servirait pas, Genesis avança vers un creux qui devait être l’emplacement d’un des lacs artificiels. Le brasier de Kefka avait tout emporté. Genesis ferma les yeux une nouvelle fois, ressentant le flux incommensurable qui tournoyait tout autour de lui. Il marcha quelques dizaines de secondes, sans être sûr de savoir quelle trace il suivait.

« Genesis. » dit une voix d’homme derrière lui. Il leva la main pour faire taire la personne et se rapprocha du centre du parc, suivi par le soldat dont le visage était couvert d’un drap humide. « Monsieur. »

« Tais-toi. » répondit sèchement le tragédien en se dirigeant vers un talus qu’il grimpa péniblement. Il se pencha et laissa sa main gauche balayer quelques cendres. Il cherchait mais… lâcha brusquement son épée pour saisir ses bras et les frictionner une petite seconde avant de se reprendre. D’où est-ce que… ? Le Tragédien leva les yeux. De plus en plus de personnes s’approchaient de lui, des consuls, des gardes, ne cessant de le regarder, ne détachant jamais leurs yeux de lui. Il les ignora, se leva et fit quelques mètres, les yeux rivés sur le sol. Alors que certaines personnes l’atteignaient presque, il déplaça un peu de cendres de son talon, les sourcils froncés. Il coupa court l’intention de la première personne parvenue à portée de voix. « Non. » dit-il fermement. « Je veux que tout le monde se taise. »

Il se pencha une nouvelle fois, posant cette fois la paume d’une main sur le sol, avant de se relever une énième fois et de marcher d’un pas décidé jusqu’à une destination, à une dizaine de mètres plus loin. Sur son chemin, un consul essaya de l’arrêter. Son épaule se heurta à la sienne. « Plus tard. »
C’était là.

Il saisit une poignée de cette terre maudite, laissant toute la poussière glisser entre ses doigts, ignorant tout ce qui avait été pour ne plus voir qu’une chose, un petit objet, encore suspendu entre son index et son majeur. Toujours aussi froid malgré la fournaise. Intact.

Un objet de bois et de glace. C’était tout. On ne lui laissait rien d’autre. Ni corps à pleurer, ni cheveux à caresser, ni visage à embrasser. La vie ne lui avait rien laissé sinon un morceau de bois et des jours trop longs.
« Genesis. » prononça une voix derrière lui, une voix familière. « Laissez-moi. » Pas de bonheur, pour le Tragédien. Pas de bonheur. Pas de fin heureuse. Seulement des poings à serrer si fort, à s’en éclater les veines, à s’en rompre les os. Où étaient les sizains ? Où étaient les masques et les rubans, à présent qu’elle était là, « elle » ? Où étaient ses frères et ses sœurs ?  La corneille et le Moulin Rouge ? Au diable… Au diable…

« Au diable… »

« Pardon ? »

Il ferma les yeux. Pas pour se recueillir. Pour savoir. Il avait trop craint ce jour pour ne pas savoir que Melpomène lui réservait autre chose. Mais cette autre chose-là, il l’accepterait, il la saisirait. Les paupières closes, une image lui apparut, comme si elle avait toujours été là, gravée dans l’obscurité. Un volcan. Genesis ouvrit les yeux sur le morceau de bois, sur ce bout de magie. « Allez tous au diable. »

Il se leva, dégageant toutes les personnes sur son chemin, et partit vers sa tour. Si elle était morte, alors tout ce feu qu’il avait toujours contenu, ces ténèbres qu’il avait retenues, cette passion dévorante qu’il avait calmée… ne connaîtraient plus de barrière, plus de limite et finalement, comme il l’avait voulu, plus la moindre morale. Une personne l’avait jadis changé, lui avait permis de devenir ce consul qui avait porté quatre cités dorées pendant des années. Sans elle…

Genesis, quelques minutes plus tard, embarqua dans son vaisseau et quitta le Jardin radieux.
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