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Arthur Rainbow
Arthur Rainbow
Le Poète

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le Lun 18 Nov 2019 - 21:09
Pendant la nuit, une rose éclos tranquillement touts feux éteints… s'il arrivait quelque chose… ? Elle attendra le matin.

Plus loin, plus tard dans la matinée, c’est un vallon sauvage abrité qu'éclaire le lent matin. Au-dessus de la source, un doux laurier se penche et la Nymphe, riant suspendue à la branche, frôle d’un pied craintif l’eau froide du bassin. Ses compagnes, d’un bond à l’appel, plongent dans l’onde jaillissante où s’ébat leur chair blanche et de l’écume émergent des hanches, de clairs cheveux, un torse ou la rose d’un sein. Une gaîté divine emplit au loin les grands bois sombres. Les Chérubins et les Satyres y viennent y jouer de la harpe ou la flute de pan dans l'espoir de se rincer l'oeil tout tranquillement ; les fées à l'oeuvres sont, délicatement, en train de chatoyer la forêt et de l'apprêter pour la saison, aidés de quelques nymphes motivées.
Et tel un long ruban, voilà que se déroule les intrigantes et les amusantes en ballets aériens dont les avancées, vrilles et retournés, font doucement croitre les bois.

Toutes ces créatures qui règnent dans les forêts se plaisent encore à exciter sur les rivages des bois, des parfums ou des chants si doux que les passants rompent leurs chemins et s’induisent pour les suivre au plus obscur de ces retraites. Une influence subtile pénètre l’esprit de l’étranger, l’égarement qui s’élève en lui altère la fermeté de ses pas. Les intrigantes, amusantes, petits vilains et biens-heureux s’applaudissent de la puissance de leur séjour sur l’esprit des mortels ; tandis qu’Arthur s’avance semblable à un demi-dieu champêtre qui porte toujours quelques ivresses dans ses veines.

Nous arrivons tonitruants alors que tout le monde dort encore au doux matin sacré ; triomphants et déjà victorieux comme depuis l'aube la première lueur dorée !

C’est un fort beau chocobo ! Une large poitrine, des jambes de gazelle, dans chaque iris une fauve lueur, la queue échevelée, la crinière folle qui se déroule au vent comme une banderole sur le sol en sueur ! Des yeux fiers ! Pleins de vie ! Deux diamants illuminés d’une lumière bleue, comme un soleil dans l’eau, qui frissonne et qui bouge à tous les mouvements ; une croupe arrondie où des glands dorés pendent et de souples jarrets dont les muscles se tendent, comme des arcs d’acier ! Des serres plus polies que le jaspe ou l’écaille.

Quel roi dans son haras eut jamais qui te vaille, Ô mon noble coursier ! Tu danses sur les herbes comme une sauterelle puisqu'à chacune de tes serres est attachée une aile. Ton galop, c’est un vol ! Et quand à bonds pressés tu dévores la forêt ? L’oiseau reste en arrière et l’ombre peut à peine te suivre sur le sol mais sur ton dos moi oui !

« La bride sur les plumes de ton col ? Ah ! Va, galope noble esprit du Chocobo, à toi l’espace ! Va ! Lutte de vitesse avec le vent qui passe comme avec un rival ! Va sans crainte ! Le Monde du Printemps est grand ! Sa terre est large ! Le vent est déjà loin car trop de lenteur le charge ! Hurrah ! Mon beau chocobo ! »

Hurrah ! Des rocs aigus aux tranchantes arêtes, fais jaillir en sautant des gerbes de paillettes avec tes impitoyables serres ; brise cet horizon entre les troncs qui n’a pas une lieu et voudrait t’enfermer dans sa muraille bleue comme on fait d’un pauvre cabot. Chemins rompus, halliers, buissons, ronces et broussailles hérissant leurs stylets, entortillant leurs mailles entre grands fossés à franchir et ravins marécageux où les fées flambent entre fondrières et rochers ? Qu'importe ! Rien n’entrave ta patte qui ne sait pas fléchir.

Oh ! Comme les angelots, comme les arbres filent ! Oh ! Comme étrangement sur le ciel profilent des contours incertains ! Essor prodigieux, le sol que ton pied foule se retire sous toi comme un ruban qu’on déroule, et soudain ?! Tout est déjà lointain !


« Vois là-bas ! Tout là-bas ! Suis puis dépasse donc cette brise ! » Un instant, le Chocobo ralentit et c'est toute une cavalerie de centaure qui pour le regarder lève et penche leurs têtes entre les fourrées ; puis les montrent du doigt, les narguent, et, comme des reproches, à leurs oreilles font tinter les légions aux galops. Une seule main sur la bride puisque la vitesse de l'animal le permet… « Hop-hop ! Mon étalon doré ! Plus vite encore ! » et l'autre qui gifle l'air pour balayer feuilles, fleurs, angelots, fées et poussières dorés lors d'un vent au bruit de cri strident !
Du sort du Poète couplé à la brusque impulsion de l'étalon-faucon ; les choses sérieuses ont commencés, la course-poursuite de l'énergumène a repise de plus belle et s'est même emballée ; le Monde du Printemps tout entier à la poursuite de l'éclair aux plumes dorés.

Tagada-Tagada-Tagada !

Je suis content, c’est bien ! Le Monde du Printemps, tout confus derrière nous se cache à notre poursuite alors que nous le parcourons ! N’as-tu pas vu son œil luire à la jalousie ? Tout mon bonheur est là, toute ma poésie, mes souvenirs, ma foi, tout, avec mon tout amour ; c’est ma pâle créole, le soleil de mon cœur, mon âme, mon idole ; ma Béatrix à moi. Mais, quoi donc Noble Esprit du Chocobo ?! Impossible ! Tu faiblis… ? Çà alors ?!

« Allons, courage, allons ! » Car nous sommes suivis, mon brave destrier, par les fiers centaures prêts à guerroyer. Je les sens et je sais que toi aussi… voilà tièdes à nos dos les souffles qu’ils aspirent ; ils sont enfin sur nos talons !

Que derrière tes pas en zig-zag leurs routes se ferment alors que des dizaines à la seconde s'emmêlent les pates à nous pourchasser et que des vents légers, sur ordre de ma main, se mettent tranquillement à glisser dans le décor pour s'y incruster en toute sérénité. Et nous sommes sauvés, nous touchons presque au terme ; toi qui ralentit pour que s'abaisse ma main, le simple déroulé surnaturel du vent dans ton dos nous laisse distancer la horde de centaures sans plus effort. La distance est clair, net et marqué mais ne va pas durer… et puisque je le dois, je prends alors ma voix de jeune Roi.


« Saute, vole, bondis ! Ces centaures ne peuvent rien sur moi en ce monde d’où s’exhale un parfum de fleurs, de femme et d’ambre, comme d’un paradis ! »

Oui, ton corps se déforme en virgule et tes pattes se déforment pour maintenir la cadence ; moi-même j'ai les bras si lourds et douloureux mais… nous allons conquérir Fantasia ! Alors nous ne nous n'arrêterons pas ! Nous ne le voulons pas ! Nous ne le pouvons pas ! Nous ne le ferons pas ! Et j'entends tes cris furieux de passion à l'unisson de me coeur de champion, bien décidé à me suivre dans ma mission !
Les centaures tentent de nous suivre mais ne sont pas si habiles à la manœuvre.

Pourtant, les Centaures sont à l'image des Consuls… et nous nous ressemblons, nous nous comprenons. Nous vivons de mouvements et ne connaissons pas de borne à nos pas ! Ainsi se déroule le défilée, sauvage et chaotique, dans la fierté de nos forces libres, nous errons en course-poursuite, nous étendant de toutes parts dans ces forêts sans fins. Un virage que mon chocobo suit nous emmène dans une vallée où s'engagent peu les centaures, je découvris notre jeunesse éternelle.
La jeunesse est semblable aux forêts verdoyantes tourmentées par les vents ; elle agite de tous côtés les riches présents de la vie, et toujours quelques profonds murmures règnent dans ses feuillages. Vivant avec l'abandon des fleuves, respirant sans cesse l'air expirée des belles, soit dans le lit des vallées, soit à la cime des montagnes, nous bondissons partout comme une vie aveugle et déchaînée.

Très vite, bien endurant et entêté, les Centaures doivent s'y résoudre ; dès que le Chocobo accélère et le leur impose, ils trainent en devant bien patienter que l'oiseau doré fatigue pour être attrapé ! Soudain, moi et mon destrier sommes auréolés de lucioles, encerclés par des armées de petites folles extirpés des fourrés et des ombres des forêts.

Voilà bien des yeux dont les flammes traverseraient le crépuscule ; ces subtiles et terribles mirettes, que je reconnait à leur effrayante malice ! Elles attirent, elles subjuguent, elles dévorent le regard de votre imprudent conquérant qui les contemple pleins d'émerveillements. A quels minuscules démons bienveillants dois-je d'être si brusquement entouré de mystères, de musiques, de paix et de parfums? O béatitude contagieuse ! Autant d'étoiles qui commandent la curiosité et l'admiration ; des fées, des satyres et des angelots qui sont les seuls capable de nous rattraper pour l'instant.
Ce que nous nommons généralement la vie, même dans son expansion la plus heureuse, n'a rien de commun avec cette vie suprême de Fantasia dont j'ai maintenant connaissance et que je savoure minute par minute, seconde par seconde !

Non ! Il n'est plus de minutes, il n'est plus de secondes ! Le temps a disparu ; c'est l'éternité qui règne, une éternité de délices à jamais renouvelés !

Mais un coup terrible, lourd, a retenti sous tes pas ô beau chocobo, et, comme dans les rêves infernaux, il m'a semblé que je recevais un coup de pioche dans l'estomac en même temps que toi. Car en pleine admiration, nous les avons admirés, ces drôles d'enfants surprenant. Ces amusants dont l'irruption fige la scène aux galops pour en faire une toile… nous n'avons pas suffisement ralenti pour que les centaures nous rattrape mais… quel est cette racine incurvée avec élégance, placé là comme par providence, pour te faire trébucher ?
Et quelle insolence ? Quelle puissance se détache de ces quelques nymphes que, malgré touts ses efforts, le Consulat n'intéressa pas plus que de resté à Fantasia ?!


« Non ! » La posture de l'étalon-faucon se brise, le corps tordu sur des pattes ayant pris la forme en zig-zag de leurs trajectoires furieuses. De toutes ses forces, le cavalier tente de redresser l'animal ! De le hisser jusqu'à lui pour qu'au moins, malgré qu'il s'effondre, le noble animal relève la tête ! Et le faisant, c'est son torse qui se bombe ; ses ailes qui se déploient pour le porter le temps de quelques battements maladroits. Semblant un instant cavaler dans le vide comme un noyeur tente de garder la tête hors de l'eau ; ses premiers pas à l'atterrissage sont fébriles, sa course dévie d'elle-même comme ayant sa propre volontée et, vers un chêne, se décide à envoyer l'animal s'écraser ! Sinon que déterminé, la monture se laisse y allez pour ricoché à même l'écorce.
Et d'une impulsion, l'animal passe comme torrent d'or en fusion ; les pauvres Nymphes en sont dispersés bras en l'air et jambes aux cous ! En panique, de rires et de cris offusquées de touts les côtés !

« Oh mais dites-moi… » D'un effort joint surhumain, moi et mon Chocobo ne formons plus qu'un ! Nous voilà -Le Centaure aux Plumes Dorées- qui dérape, déchirant les herbes et les racines au moment de les frotter sur plusieurs mètres sur l'air déchainé de quelques harpes. Et littéralement, les angelots en déchirent leurs cordes de leurs doigts potelés, ou d'une branche ciselée, envoyant à l'assaut leurs légions de douces sonorités sur un rythme de rock metal orchestral. Si douces qu'elles soient… tandis qu'au loin gronde le tempo des Centaures et qu'ici même résonne le coeur de Nymphes comme de Fées feignant les vierges effarouchées…toutes ces cordes torturés font sonner l'heure de délirantes festivités. En ce jour, puisque j'y débarque avec mes légions, le réveil du Monde du Printemps est bien mouvementée ! « …de touts ceux que je possède… » Mes mains lâches, des plumes ensanglantés entre mes doigts… et menaçant de chuter, ma monture sauve le rythme que je cherche à imposer !

Le noble esprit du Chocobo se cabre comme le ferait un cheval, sur la pointes de ses serres avant de battre des ailes comme un glorieux poulet d'or ; suspendu comme en train de léviter, il recule pourtant en même et par la magie d'un équilibre imposé, remplace la chute d'Arthur par une majestueuse pose déclamant des milliers de proses. Sans les mains alors qu'il pleut des plumes d'ors et de sangs sur le Centaure aux Plumes Dorées ! Royal, plus haut que tous et aux couleurs du Consulat, en portant l'emblème sur le coeur par-dessus sa toge rougeoyante ; sa pose paralyse et réduit au silence les amusantes, les farceurs, les chérubins, les coquins et les intrigantes. Ce n'est pas de son fait mais ainsi à se tenir sans les mains, le dos encore un peu en biais vers l'arrière mais loin de chuter désormais, tout cela donne l'illusion que d'Erato le Fils baigne dans l'aisance.
Comme la tension monte crescendo, c'est ainsi que de plus en plus fort et sonore -de plus en plus proche- se font les centaures furieux aux galops comme roulent l'armée de tambours ; pas une nymphe ou fée apercevant le Centaure aux Plumes Dorées sans que ses joues ne virent au rouge fusion. Quand aux Chérubins, ils furent désormais valets et servants d'Arthur, les premiers apotres à l'auréoler et à jouer en transe comme si c'était leur mission divine d'annoncer la fin des temps.

« …ne serait-ce pas là mon harem le plus chatoyant ?! »

Elles crient ! Elles protestent ! Elles sont choquées ! Elles sont effarouchées ! Elles sont brusquées ! Elles sont vexées ! Elles sont… elles sont aux anges, tout simplement !

D'orgueil se teint le sourire. Voilà les nuées en armées d’oiseaux migrateurs qui rattrapent enfin le Consul ; pauvres et esseulés sont alors cieux désertés. Puisque notre pose leur laisse le temps de nous rejoindre ! Le rythme qui structure mon opéra, la horde de centaure, sera le dernier à nous rattraper. De par les cimes des arbres résonnent enfin leurs chants perçants ; oh ! Les charmants oiseaux joyeux ! Comme ils maraudent ! Comme ils piaillent et pillent ! Où vont ces nuées de petits malicieux que tous les souffles éparpillent ? Ils vont et viennent rapidement dans un balai alors que leurs voix railles, que leurs becs lutines ; ils font rire éternellement la grande nature enfantine. Ils surgissent aux bois avec des cris -avec des chants !-, passant-fuyant, pareils aux songes.

Comme ils sont près du poète vivant, de son aurore fraîche et fabuleuse, ces gais bohémiens du vent s'en vont vers les nymphes pour taquiner leurs frimousses. Toute la terre est sous leurs yeux et les
dieux mettent, pour ces êtres purs et frêles, toute la gloire d'un triomphe mystérieux dans la légèreté de leurs ailes. De cette même légèreté censés faire des Nymphes des créatures intouchables ! Les torrents de plumes et d'airs déplacés, la menace de serres ou de becs avec les premières saignées ; tout ça finit par rassembler les intrigantes et charmantes avec les fées au près d'Arthur.
Jamais les Chérubins ne se sont déchainés comme ça aux cordes, malgré Bacchus.

Tous, néanmoins, ont vu ou appris que le Centaure aux Plumes Dorées porte l'emblème du Consulat sur son coeur… et profitant d'un moment de flottement dans l'oeil de l'orchestre sauvage en cyclone, Arthur va pour déclamer… une main sur son coeur, son emblème qu'il porte en destiné. Une autre en direction des cieux, tendus avec nonchalance… inspiré, le chocobo mime de se laisser chuter avec désinvolture, d'une lenteur extrême comme si la gravité, exceptionnellement, relâche son zèle pour pouvoir admirer la scène.
Ainsi, le Centaure aux Plumes Dorées a la posture chaloupée et se laisser allez à tomber dans la langueur… et cette main, tendu nonchalamment en direction des cieux sans vigueur… se rend coupable d'Hybris.

« Il est si tôt dans la matinée… Bacchus, Dieu des Fêtes et de l'Ivresse ne peut décidément pas déjà être en train de cuver ! » Sur le passage d'Arthur Rainbow, d'Erato le Fils, les fées et les nymphes ont éveillées et colorées la nature dans la précipitation… se sont réveillés en sursauts comme en retard, ont d'abords cru à entendre le boucan qu'il était déjà l'heure de l'aurore où l'on siffle le vin divin ! Et les couleurs s'agencent de chaos et de hasard sous l'oeuvre de créatures brusqués, à peine sortit du brouillard d'un sommeil hagard.
Des troncs sont verts, des feuilles sont marrons, des racines se mélangent aux cimes et l'on perd toute notion de sol ou de plafond ; tout n'est plus qu'un labyrinthe forestier dont les couleurs ont toutes été interchangés. Si une fleur a la couleur de l'écorce, c'est qu'une écorce se fissure à l'éclat des couleurs.

C'est n'importe quoi… et je sais d'avance ce qui va se passer, je connais le destin de ce monde qui se répète sans fin. Bacchus viendra, ivre comme en fin de soirée mais commençant la prochaine dès la matinée, sans discontinuer ; est-ce que le dieu festif va tomber ? Non… il va continuer et le pourrait à jamais ; les bacchantes précèderont sa venue en tigresses. Et la fête éternelle qui se répète fini toujours par mettre en colère Jupiter ; bien que parfois, ce soit l'oiseau de feu qui s'éveille à ouïr le Printemps qui renait de plus belle… ca sera Jupiter, cette fois.
Je ferais suffisement de bruit pour énerver l'un ou éveiller l'autre de toute façon ! Et même les deux à la fois, pourquoi pas ?! La seule transition que subit Fantasia tant que j'y suis : c'est moi !


« Bacchus ! Nous avons festoyé toi et moi ! Mais la dernière fois, tu ne m'avais pas fait l'effet d'être un aussi petit joueur !!! »

« Nous aimons invinciblement. Nous aimons implacablement. Nous savons qu’il est des coeurs de neige et de rosée ; nous ? L’amour sous son pied nous tient nue et brisée pour que nous portions nos sens comme un mal infamant. » Leurs bouches gourmandes sont détendues -dentés comme cornus- et leurs hanches sont mûres ; leurs seins nus un peu tombants ont comme la lourdeur d’un fruit au moment de ployer sous le poids de leurs propres sensualités. Comme l’impur et vicié reflet de l'amour dans le miroir d’un bar de nuit qui sent bon la vinasse divine renversée, leurs corps sont toutes rayés d’ardentes meurtrissures et leurs yeux brillent d'un mal doré à me regarder… toutes à quatre pattes, agiles fauveresses, prêtes à se faire sauvagement chevaucher pire que maltraitées comme à bondir pour m'abuser sans pitié.
Telle la louve devenue matrone et plus âpre ainsi, celle qui parle dompte le troupeau.
Ses reins cambrés, elle promet par rapport aux autres d'allez bien plus puissantes ; car elle n'a qu’à pencher ma nuque pour que je sente l’odeur de tout l’amour incrusté dans sa peau.


« Nos coeurs arides sont pleins de cendre et de pierrailles ; quand nous rencontrons un homme où nos chairs sentent un roi ? Nous en frissonnons touts nos regards posés sur toi alors qu’un grand éclair descend dans nos entrailles ! Prince ou rustre ? Qu’importe, il sera dans nos bras. Simplement dans nos bras car nous haïssons les grâces puériles ; nous collerons nos bouches à tes dents, et, fébrile, nos mains t'entraineront vers nos lits larges et bas. »

Les centaures sont bientôt là, percutant furieux pire qu'une pluie d'éclairs… et j'aperçois une des bacchantes, un oiseau mort entre ses crocs qui m'observe avec la même ardeur lascive et gourmande que toutes ses comparses… quand à toutes les autres créatures, elles ne sont plus que spectatrices, mises en scènes et décors ; bacchantes et centaures seuls peuvent prétendre à une passion suffisement brûlante pour danser avec d'Erato le Fils.

« La flamme, l'ouragan d’or, passe, et, toute, vous brûlez sur ma route. Après ça ? Vos coeurs ne sont plus que lambeaux calcinés ; et du plus fol amour et du plus effréné que je viens vous imposez ? Vous vous éveillez en stupeur comme des somnambules alors que je réveille la passion comme renait le phénix au plus profond des cendres de vos entrejambes !  » Et impérieux, le noble esprit du chocobo s'avance ailes déployés, le regard meurtrier car incapable de comprendre la nature de cet affrontement. Royal, ma main coupable d'hybris s'abaisse enfin alors que se referme main sur… une arme apparut dans un flash.
Non, ce n'est pas une arme… c'est de ma peinture, c'est… un chef-d'oeuvre.


« Tout est fini ; sanglots, menaces, désespoirs. Rien n’émeut plus nos grands yeux cernés de larges bistres… »

Et le cercle de fauve se resserrant, d'une vrille tournoie le chocobo alors qu'en rodéo d'une main, Arthur balaye violemment de son allonge en tornade ! Les baccantes, si sauvages et si farouches, se replient en sursauts ! Tels des chattes, les voilà le dos rond et leurs pattes tendues, le poil hérissé jusque dans leurs longues chevelures déchirées.

« Oh ! Qui dira jamais quels cadavres sinistres gisent sans sépulture au fond de vos yeux noirs ! Ces mêmes que je m'en vais récussité. »

« Vraiment, nous sommes les amantes et n’avons point d’autre rôle. Dans nos coeurs tout est mort, quand le temps est passé. Nos passions d’hier sont comme des fruits pressés dont on jette les peaux par-dessus l'épaule. »

« Dans ce cas ! Que mon désir dans vos coeurs pénètre comme un couteau ; et parmi les amantes que vous êtes, je n'en voit pas une qui, sur les couches en feux du Consulat, devant nous ne frissonnera pas comme devant la porte ouverte de son propre tombeau. Nous vous offrirons les longs transports où les chairs épuisées s’abîment, et ressuscitent, et meurent éperdument. C’est de tant de baisers, aigus jusqu’au tourment, que vous serez à jamais pâles et martyrisées. »

Je sais trop combien vaine est la rébellion ; raison, pudeur, qui donc entrerait en balance ? Ces choses-là n'ont pas leurs places dans cette danse. Pour elles comme pour moi, ainsi les centaures et toute créature au Monde du Printemps à Fantasia ! Quand nos sens ont parlé, tout en nous fait silence et aux bruits des centaures qui galopent toujours plus proche, c'est ici même près de moi que grondent les lionnes.
Qu’importe j’irai ferme face au destin qui m’attend. Face à leurs corps charnues en feu, dans un coin de forêt écarlate, mon parfum s’allume et mon rire éclate !

La ronde des bacchantes reprend… leurs sens dorment d’un air de félins au repos… mais leur calme sournois couve déjà l’émeute. Déjà, déjà, j’entends les ronronnement de la meute et elles bondissent en ma direction !


Oh ! Le Centaure à Plumes Dorées reprend sa course, fuit comme ne s'étant jamais arrêter pour souiller quelques sources fraîches… pour regarder le ciel entre les cimes multicolores comme un petit enfant… le ciel ! Arthur est là à cavaler souriant, triomphant. Dérrière lui, rageuses et folles sous la pluie innombrable d'oiseaux qui tombent pareils à des flèches… elles tombent, en blasphémant la justice du Consul Impérieux et son armée aux becs et serres affutés ! Aveugle et sourde, hélas ! Trône sur son chocobo en fuite le Consul qui prétend écrire sa destinée, là où les habitants de Fantasia subissent les leurs.
Et leurs âmes à des plaisirs féroces condamnées… les bacchantes pleurent et pour ne point le laisser voir, ont de longs cheveux pour masquer de si tristes yeux.

Mais écoutez… voici les folles et furieuses dépravées ! Comme des torches dans la nuit jettent des feux sanglants ; ce matin, les vents dorés du Consulat ont embrasé leurs flancs ! Et, à sa suite, le Centaure aux Plumes Dorées entends ses fauves qui le suivent en monstrueuses groupies hystériques. Malheur à ceux qui passent sur la route de cet homme ou qui tentent de le suivre ! Demi-nue, et cambrée véloce à ras du sol, elles l’appellent comme des mourantes demandent à boire… déchirant tout sur leurs passages à coups de griffes et de crocs dans l'espoir de l'attraper.
Certaines finissent même les yeux parfaitement blancs, auréolés de flammes violettes sans chaleurs ; de même que leurs corps s'embrasent trop souvent sans amour à leurs coeurs que des amants ordinaires laissent froids.

« Il fuit ! Malheur à lui ! Malheur à notre amant ! »

Mais pas cet amant là !

« Oh ! Ce rêve tragique en vos coeurs soi-disant morts me parait pourtant bien vivace ! Que l’amour et la mort, vieux couple fraternel, sur mon corps se disputent pour quelques baises solennelles… »

Le Chocobo bondit, encore emporté par son élan et ridiculisant le vent, de quelques battements d'ailes se retournent pour enfin se poster en guerrier face à la meute de bacchantes qui se ruent déraisonnés sur le Centaure aux Plumes Dorées ! Une main sur sa brise, l'autre tenant son chef d'oeuvre d'artisanat Mog et le sourire bien orgueilleux à l'idée.

Elles m'offrent leurs corps ouverts… et toutes leurs sauvageries incendiaires… mais alors ? Voilà que pour gagner leurs cœurs, au grand galop sur ma monture dorée, il me fallait tant d'ardeur que tout le fer d'une armure n'aurait pas aidé… moi et ma monture face à la meute de fauves… comme deux carnassiers déterminés, enfin s’abordent de front face à face ! Ma lance pointée sur les prétendantes à mon bal, elles chargent dans le fracas du bois brisé ; la marée de chaudasses nous écorche lorsqu'elle passe mais au final, je ne suis point désarçonné, sur mon chocobo je reste fier et toujours aussi beau.
Sinon teinté d'un peu plus de rouge sanguin qui me colore en Consul Arthurien.


Et voilà ce qui achève toute une meute de Bacchante se languissant, mauvaises perdantes, dans des eaux où leurs cousines plus douces ont l'habitude de se baigner. Une nouvelle fois, Arthur l'insolent se rend coupable d'hybris, se permet même de lâcher la bride pour qu'une main libre se lève, une nouvelle fois, coupable d'hybris.

« Foudre ? » Une question réthorique lorsqu'un fin éclair traverse les eaux clairs, souillées par les fluides viciés suintant des bacchantes s'y baignant alors qu'y parcourt l'électricité. « Douce Aphrodite… »

Après un silence, le bruit reprend doucement. Arthur reconnait la ronde typique de la parade amoureuse des centaures ; dirigé de main d'ivrogne par le magistral et bedonnant Bacchus. Ainsi, sur la route, le Dieu du Vin et la horde de Centaure s'est croisé, emboitant le pas des habituelles festivités ?
Certainement pas ! D'Erato le Fils est là… ainsi, la routine du Monde du Printemps perds touts ses droits !

Le Poète file sur son chocobo, touts deux le corps portés en avant s'allongeant comme une flèche s'effile pour transpercer le vent. A leurs suites, des essaims entiers de fées et de chérubins incapable de s'arrêter de jouer ; d'aucuns dont les instruments ont rompus font les percussions sur quelques culs nus. Les bacchantes suivent forcément, pleurant ou riant, se languissant d'une course aux changements d'humeurs absurdes sans queues ni têtes ; sinon que les animaux suivent les oiseaux qui suivent Sir Rainbow.
Et puisque tout le monde doit allez à la fête de Bacchus à un moment ou à un autre au Monde du Printemps… si j'y vais en étant tout devant, ça veut dire que tout le monde me suit forcément.

Au Monde du Printemps, tout le monde finit de fil en aiguille par allez rejoindre la fête de Bacchus, organisé à l'occasion impromptue de la parade amoureuse des centaures… mais au Monde du Consulat, l'on suit Arthur Rainbow sans trop savoir pourquoi au milieu d'une forêt aux multicolores comme sortit des délires d'un peintre hystérique ! Et se faisant, le Centaure aux Plumes Dorées apportent avec lui une toute nouvelle transition d'un monde à un autre.
Le Poète s'en va, conquérant, suivis par des armées fantastiques et des conclaves féeriques ; le décor se teinte de folies surnaturelles. Emportée, fées et nymphes fleurissent la route du prodigieux Centaure à Plumes Dorées, out se colore de rouge et d'or sur le passage de ce somptueux carnaval à l'humeur estivale !

Mon chocobo ralentit car nous y arrivons presque… et un perroquet surgissant des fourrées hurlent mes mots avec des volumes sonores bien plus forts !

« Mon nom est Arthur Rainbow le Demi-Dieu puisque d'Erato le Fils ! Héraut de la Poésie et Avenir Radieux du Consulat ! Le petit frère de Genesis Rhaspodos, Tragédie Faite Homme, vient réclamer le dû de son ainé et appel les centaures jusque dans les Citées Dorées ! Mon frère n'est plus, hélas… » Longue histoire rendu courte. « …mais comme lui, je viens affronter Phil et Nessos pour prouver que nous restons dignes d'avoir les Centaures comme alliés !!! »

Probablement qu'il existe un monde dans lequel… Arthur vient, papote avec les Centaures et au nom de l'amitié bonhomme avec Genesis Rhaspodos, ils honorent la parole donnée. Sinon que… les Centaures ne se battront ni pour Genesis Rhaspodos, ni pour son groupe ; ils se battront pour moi et les miens ! Je ne viens pas me reposer sur les lauriers de mes ainés, je m'en vais les leurs arracher sans la moindre pitié !

« Phil et Nessos ! Venez braves et forts ! Venez sages et sauvages ! Venez ! Venez car c'est la Fin du Printemps qui vient avec moi, l'heure de partir… mais vous ne partirez pas chasser, contrairement à vos habitudes… cette fois vous partirez guerroyer à nos côtés ! Alors venez mes frères, venez vous battre si vous êtes des bonhommes ! Venez alors que le Prince du Consulat vient réclamer son héritage !!! »

Là-bas entre les troncs, vers l'horizon du verdoyant pays forestier… là où la rivière, lente et comme désœuvrée, laisse d'ordinaire baigné à son gué de longs défilés de nymphes ou de fées ; des chérubins et des satyres venu pour l'oeil se rincer. Là-bas ; une grande bataille autrefois sera livrée dans quelques instants.

La peur, jamais ne se lit sur leurs visages ; ils inspirent la crainte à "l'avenir radieux du Consulat", si brusquement. L'heure est venue pour Arthur d'assumer -et il le comprend comme foudroyé-, lui qui déglutit à l'idée avant de se ressaisir, se colorant les yeux de milliers d'ires d'hier et à venir. Les voir arriver provoquent des tremblements de terre, leurs venues en cavalcades sauvages fait des ravages. C'est tout un peuple qui se déplace à la fois, des clans entiers formant une redoutable armée, dont le territoire s'étant ainsi au fil de l'épée par des conquêtes cousues au fil de soie.
Deux cavaliers galopent en fer de lance pendant que tout le reste de l'armée fait la ronde pour dessiner une arène de galops et de poussières soulevés… et des centaures femelles avec, elles aussi étant venus admirer un Consul, peut-être dans l'espoir que le Centaure aux Plumes Dorées viennent les courtiser ? Il n'y a pas de peut-être ; ces deux là qui me chargent doivent être les fameux Phil et Nessos.

Enfin, nous y sommes... le Centaure aux Plumes Dorées charge face aux deux plus forts et braves guerriers de la tribue ! Deux rivaux qui n'ont jamais été départager face au plus grand challenger jamais venu de l'étranger !

Ô Muse ! Qui naguère et tout petit enfant m'a choisi pour les vers et pour le chant lyrique !  Nourrice de ce guerrier, louangeuse Érato ! Déjà d'or le chocobo aux yeux pleins d'étincelles, impatient du libre azur qui ouvre ses ailes et de ses serres légères sautent sur Phil et Nessos sans crier garde ! Seules mes mains se raccrochent encore à son plumage, et dans l'herbe fleurie que nous ravageons avec aplomb, c'est mon corps trainé en l'air comme étendard que le noble esprit du Chocobo emporte au gré de sa furie !  
Puis c'est le choc ! Penche la tête et voit, Erato ! Viens voir mes durs combats, ce grand choc en mêlée de touts nos corps entrenoués ; de leurs crinières de charbon et pourpre au vent échevelées par l'onde de choc de l'impact !  De ces blessures brisant les bras, trouant les fronts, et, comme un vin joyeux sort des vendanges mûres, le rouge flot du sang coulant sur nos peaux.

Le chocobo a les deux pattes qui craquent et son équilibre est précaire, alors qu'il bat des ailes pour rester en l'air après avoir lacérée et perforés leurs deux faces patibulaires… il ne tiendra pas longtemps en vol ; et ma lance dorée agite ses estocs en éclairs avec une âme vengeresse sur les flancs. Avant même de toucher terre, le chocobo se dissipe en lucioles d'ors.

Moi aussi en train de chuter, le temps me parait suspendu… et je tends la main dans l'espoir de le caresser une dernière fois ; on ne me laisse pour cette fois que de le regarder partir, les yeux dans les yeux. Nous nous sommes compris, ma gloire sera la sienne et comme moi, il ne regrette rien. Contrairement à moi, il a tant donné à l'accomplissement de cette mission que… ma réussite, c'est la sienne ; mes récompenses de missions lui seront toutes entières octroyés.
Et je ferais ériger une statue du Noble Esprit du Chocobo.


« Lalilalialia-Hic!-lalalalaaaaaaaa ♪ Aaaaaaaaaaaaaaarthuuuuuuuuuuuuur ! Le Centaure aux Plumes D-Hic!-orées ! Hou-hou !  ♪ »

Et tout ce que pour lui la Grèce eut de beaux noms. Et la voix des forêt répètent leurs éternels chansons. Et le rauque tambour, les sonores cymbales, les hautbois tortueux et les doubles crotales qu’agitent en dansant sur son bruyant chemin toute sa faune. Le voilà, sa coupe à la main : toujours ivre, toujours débile, chancelant. Pas à pas cheminant sur son âne indolent pas moins ivre que lui ; la démarche chaloupée tangue comme en pleine tempête. Son amphore est d'une envergure pareille à la sienne, ce qui ne l'empêche pas de la soulever d'une main dans l'ivresse tel un surhomme ! Et son âne fait une monture idéal pour le peu que l'on soit un enfant de cinq ans ; la pauvre bête ploie sous le poids de son maitre et, prise de fulgurance, fonce dans des directions et d'autres !
Ce ne sont ni des gouttes, ni des litres… ce sont des rivières de bordeaux qui s'étendent de-ci de-là, embarquant nos trois belligérants qui boivent la tasse du nectar du divin ; pour ensuite en rire d'accolades de franches et viriles amitiés !

Que dire sinon qu'à peine arrivée, Bacchus n'eut d'yeux que pour le jeune et bel éphèbe, son âne pourtant incapable d'avancer droit ! Il fallut attendre de le voir percuter un arbre, et se faire ensevelir de pommes, pour qu'enfin le chaos laisse de nouveau la place aux rires, puis aux danses, puis aux chants. Néanmoins, malgré l'ivresse, Arthur Rainbow doit garder l'esprit clair… c'est son seul espoir d'affronter directement Jupiter et l'Oiseau de Feu. Pourquoi ? Pour voir ce qui arrive aux transitions de Fantasia lorsque les responsables de celle-ci sont vaincus.
En attendant, malgré l'ivresse et l'immense langueur qui envahit son âme -cet infini paresse qu'il combat comme il peut-, toute la fresque des scène de joies et de liesses après la tempête à lieu.

Si Bacchus parvient à le charmer, et il y arrive toujours, le poète finira complètement ivre à danser et s'enivrer sans savoir ni comment ni pourquoi ni quand ni qui ni où ; tel est le pouvoir du nectar divin de cette déité festive. Incontrôlable et sauvage, il saoule de gré ou de force touts ceux qu'il approche ; l'ivresse qui s'échappe rouge de sa gigantesque amphore tord jusqu'aux arbres eux-mêmes ! Seuls les Dieux sont capables de boire le même vin que Bacchus en espérant pouvoir garder un semblant de raison.
Peut-être que les demi-dieux en sont capables puisqu'Arthur… ne perd pas complètement notion… peut-être parce que par deux fois il en déjà bu par le passé. Sans doute sa résistance a-t-elle augmenté ?

D'Erato le Fils pâlit et reste là figé de craintes, il n'est plus ce tonitruant personnage qui renverse tout le décor. A partir du moment où Bacchus, un véritable Dieu, débarque… tout demi-dieu qu'il se pense, le petit Arthur ne peut qu'être un personnage comme un autre de la scène. Il lui faudra attendre… attendre que cette transition passe… et revenir voir les Centaures à la case départ, bien qu'ils se rappelleront que cette journée mémorable à eu lieu.

Tout le Monde du Printemps s'en rappellera, jusqu'à Bacchus lui-même. Ils accepteront forcément de venir vivre aux Citées Dorées après ça. C'était tout simplement trop épique !  

Dans l'espoir de prochainement s'habituer au vin de Bacchus jusqu'à s'en enivrer en gardant la raison, il sait d'avance que pour cette fois, il ne gagnera pas. Sa puissance n'est pas telle qu'elle pourrait altérer ou empêcher les transitions de Fantasia, pour l'instant. Ainsi va-t-il, résigné et bon perdent jusqu'à maintenant, se perdre dans les festivités de Bacchus… mais tout lui semble amer et parait de cendres à sa bouche ; tout de ces festivités n'est que du déjà vu. Rien sinon l'ennui profond de jouer le jeu sans plus s'y amuser, sans savoir pourquoi. On danse, on boit, on courtise, on boit, on s'enlace et on s'embrasse ou on se tabasse, on boit et, petite nouveauté, Arthur devient la popotte de Bacchus au cours de la soirée.
Et de la manière la plus humiliante qui soit, se retrouvera cloué prisonnier de son bras pleins de gras toute la soirée. Baladée comme une sorte de doudou, un fétiche, un totem, un… trophée qu'aura exhibé Bacchus toute la soirée. Rien de grave pour sa réputation, personne ici ne finit pas minable face à la fête que Bacchus impose comme une aura à l'univers autour de lui.

Arthur étouffe à moitié toute la soirée entre l'odeur chaude de vinasse à la sueur et du vin divin dont il est gavé à grandes gorgés. Nul raison dans les délires de Bacchus et pourtant, à qui ne serait pas happés dans les délires, on jurerait qu'il martyrise le petit mortel pour lui donner une leçon, sciemment. Bacchus a toujours cet air de gros bonhomme un peu benêt et son sourire reste idiot… très élargi… un sourire d'adepte hédonisme qui, cruel, vie de plaisir sans se soucier du reste.
Remonté sur son âne, le poète fixe le visage de Bacchus avec effroi et sans-dessus-dessous bousculé par les tumultes de l'âne en frénésies plus fort jamais -bizarrement-. C'est l'envers furieux d'un sourire que voit le poète.

Et… le blondinet comprend que Fantasia, à travers Bacchus, cherche à lui faire comprendre qu'il ferait mieux de rester à sa place. Ce qu'il ne compte absoluement pas faire à terme, ayant bien prévu de marcher sur les traces d'Ulthane et même de le dépasser en conquérant Fantasia. Il ne sait pas trop comment encore… alors il se contente de subir la soirée jusqu'à ce que la toute-puissance de Jupier ou de l'oiseau de feu l'en libère. En vérité, à un moment dans la soirée, il s'endort… ou alors il s'évanouit ? Dans l'idée, il n'a pas résisté par envie d'abréger un si pénible moment ; vomi par litres de-ci de-là. Il est conscient mais ne l'est pas, bourré comme un coin.
Ne lui reste plus qu'à graver ce jour mémorable en le clouant d'une bien bonne soirée ; tristement.

Dans la soirée, par mes grand’routes coutumières qui traversent forêts et vergers, je suis parti clair et léger le corps enveloppé de vent et de lumière. Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ; c’est fête et joie en ma poitrine ; que m’importent droits et doctrines ! Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux ; je marche avec l’orgueil d’aimer l’air et la terre, d’être immense et d’être fou, et de mêler le monde et tout à cet enivrement de vie élémentaire. Oh ! Les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m’enfouis dans l’herbe sombre inondés de vins où les chênes versent leurs ombrages et prennent breuvages ; je baise les fleurs sur leurs bouches de feu. Les bras fluides et doux des rivières rouges m’accueillent !

Je me repose et je repars, avec mon guide : le hasard, par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.
Il me semble jusqu’à ce jour n’avoir vécu que pour mourir et non pour vivre… oh ! Quels tombeaux creusent les livres et que de fronts armés y descendent vaincus !
Dites, est-il vrai qu’hier il existât des choses, que des yeux quotidiens aient regardé avant les miens, se pavoiser les fruits et s’exalter les roses ?
Pour la première fois, je vois les vents vermeils briller dans la mer des branchages, mon âme humaine n’a point d’âge ; Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil.
J’aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse et mes cheveux amples et blonds et je voudrais, par mes poumons, boire l’espace entier pour en gonfler ma force.
Oh ! Ces marches à travers bois, plaines, fossés où l’être chante et pleure et crie et se dépense avec furie et s’enivre de soi ainsi qu’un insensé !

Pourtant… quand on est las de se crever les yeux… de se creuser le front, de se fouiller le ventre, sans trouver de raison à rien… lorsque l’on erre fourbu d’avoir plané dans le vide des deux ? Il faut bien oublier les désirs anxieux, les espoirs avortés et dormir dans son antre comme une bête. Ou boire à plus soif comme un chantre, sans penser. Soûlons-nous, buveurs silencieux ! Oh ! Les doux opiums, l’abrutissante extase ! Bitter, grenat brûlé, vermouth, claire topaze et absinthe en lait troublé d’émeraude ? Versez ! Versez, ne cherchons plus les effets ni les causes !
Les gueules du couchant dans nos cœurs terrassés vomissent de l’horreur de nos tripes entre nos lèvres rougies comme de sang, c'est la fête ?!


« Lalilalialia-Hic!-lalalalaaaaaaaa ♪ Aaaaaaaaaaaaaaarthuuuuuuuuuuuuur ! Le Centaure aux Plumes D-Hic!-orées ! Hou-hou !  ♪ »

Malgré tout, puisque jusqu'à Bacchus lui-même chante la gloire d'Arthur même au coeur de la fête, c'est que tout le Monde du Printemps chante avec lui. Confus, le poète échappera de justesse à la toute-puissante colère de Jupiter ; un trou de mémoire en masque les péripéties.
Puisqu'il s'est réveillé au Monde du Printemps, il a probablement vécu tout un tas d'aventures au Monde de la Terre peuplé de dinosaures ! Dommage qu'ayant trop bu, on ne saura jamais.

Allez savoir combien de transitions sont passés le temps que le Poète se remette de sa soirée.
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