Kurt Brown
Kurt Brown
Le Traître

Feuille de personnage
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Grade: Maréchal
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le Dim 3 Nov 2019 - 10:24
Il faisait chaud, beaucoup trop chaud. Ça en était presque irrespirable. Un peu comme le jour où l’autre connasse l’avait enfermé dans un cabinet, sans oublier de coller un radiateur contre la porte. Il était en nage, poisseux. Ça en était à un point où sa propre odeur en était désagréable.

Ou plutôt, c’était simplement infect.

Grommelant, il tâtonnait autour de lui, cherchant près de lui pour cette canne à la con qu’il avait laissé traîner près de son lit. La sensation du bois sec, rigide, il l’avait trouvé. Dorénavant, il devait se lever de ce qu’il pensait être son lit. Un jambe, la seconde, il y avait ce tapis dégueulasse sur lequel la plante de ses pieds se posait. Un craquement ? Surement les chips du paquet qu’il avait bouffé la veille.

Si sa mère le voyait… Qu’est-ce qu’il en aurait bien à foutre ? Elle était morte depuis des années, ce n’est pas comme si l’état lamentable de son fils pouvait l’intéresser.

L’épave se levait enfin, posant la pointe du bâton sur le sol et balayant l’air devant lui. Il cognait quelque chose, un truc mou, surement ses chaussures ou quelque chose du genre. Lentement, il commençait à s’avancer. La porte était sur la gauche, à moins que ce soit la droite ? Un coup, sourd. Il avait bel et bien trouvé la porte. Baladant sa main, il trouvait finalement la clanche et poussait celle-ci à la l’appréciation d’odeur moins inconvenante.

- Incroyable, il a réussi à ce lever tout seul. Cette voix, encore et toujours la même. Comme un grand garçon
- Ta gueule, Hadrien. Répondait-il, sommairement, continuant de balayant le sol de sa canne jusqu’à trouver sa chaise.
- Pour la politesse, on repassera. L’ancien SOLDAT sifflait entre ses dents, posant quelque chose sur ce qu’il s’imaginait être la table. Tu veux manger ?
- Ouais.

Un raclement sur le sol, le bruit de quelques pas sur le sol et le crissement de la porte du frigo. Ensuite, le claquement d’une résistance et le souffle d’une flamme avant qu’un objet en métal de ne pose sur la cuisinière.

- Des oeufs ? Demandait-il, presque curieux. S’il te plait, n’essaye plus de faire des crêpes. À moins qu’il cherchait simplement à faire la discussion.
- Si tu trouves encore la force de te plaindre, bouge ton cul et viens le faire toi-même. Hadrien ne cachait pas l’aigreur dans sa voix, se contentant presque de cracher ses paroles. Des oeufs et du lard.

Le crépitement du beurre et l’odeur salé. Oui, c’était bien ce qu’il préparait. Nonchalamment, l’épave se contentait de lever les épaules et chercher après quelque chose dans sa poche. Il sentait le carton, l’ouverture était à sa place et il savait alors compter le nombre de clope qu’il avait encore. Rapidement, il extirpait le fruit de son désir et l’allumait avec un briquet.

- Au moins, t’es toujours capable de faire ça tout seul. Le bruit d’un objet en fer, une spatule, raclait la poêle. Putain, tu aurais pu chercher ailleurs si j’avais dû être ta bonniche au point d’allumer tes clopes.

Il savait pertinemment qu’il ne remerciait pas assez son ami. Et puis, merde. Il était pas du genre à exiger. C’était une pique, rien de plus. Il entendait alors le choc de la porcelaine sur le bois, un autre raclement et quelques pas dans sa direction.

- Tiens. Le bruit s’arrêtait devant lui. Les oeufs sont à droite, le lard à gauche. Tu te démerde pour couper. Un chaise raclait le sol, il venait de s’asseoir.
- … Merci.
- Le cendrier est à la même place. Il hochait la tête, tâtonnant pour écraser sa clope dans la coupole. Tu ne te laves pas les mains ?
- Non. Il empoignait alors ses couverts, attrapant les oeufs et les enfournant sans sa bouche. Il faisait un bordel pas possible en mangeant, il n’entendait rien le temps de sa mastication. C’est bon.

Hadrien soufflait du nez, posant ses mains et étirant ses bras. Il entendait le froissement du tissu de sa… Chemise ? Oui. Ça devait être ça.

- Kurt, je peux te poser une question. Il s’arrêtait de mâcher, déposant ses couverts, passant le dos de sa main sur son nez et répondant d’un hochement de tête. Tu traînes chez moi depuis cinq mois, pourquoi ?
- T’es un marrant. Ricanait l’épave, baissant la tête. Tu veux que j’aille où ?
- Tu aurais pu retourner avec elle, après le tournoi.

Il restait immobile, le regard dans le vide. Si quelqu’un n’avait pas fait attention à ses yeux blancs, il aurait pu croire qu’il fixait son assiette. Non. Simplement ? Tout était noir autour de lui et il ne savait même, pas à quoi sa gueule ressemblait sur l’instant.

- Non. Il murmurait presque sa réponse. Pourquoi faire ? Tu crois que j’avais envie de lui imposer… Ça ? Il se reculait, faisant crisser la chaise, se dévoilant d’un geste des mains. Elle mérite mieux.
- Alors, tu préfères me l’imposer. Il ricanait. Kurt, j’te connais. Évite de me prendre pour un con, merci.

Il pouvait se porter pâle, rassemblant ses maigres souvenir. Le noir, simplement le noir et Lenore qui lui racontait des trucs à l’oreille. Il était presque sourds, ou il ne voulait simplement pas l’écouter. Il y avait cette phrase qui tournait dans sa tête, en boucle. Ce cauchemars, aussi. Mais, il était persuadé d’un truc, il voulait pas continuer comme ça.

Kurt c’était dégager de l’étreinte de la mercenaire, il y a cinq moins, avait ensuite reculé d’un pas en fixant la position de Lenore avec son regard vide. Le temps de lui demander pardon et de se téléporter ailleurs.

- Déjà, d’où t’es capable de faire ça. Hadrien brisait le silence. J’ai vu tes combats, belle épreuve de force. Sauf que te déplacer comme ça ? J’avoue avoir été surpris quand tu t’es retrouvé au milieu de mon appart.
- Hadrien. Il prenait la parole, mollement. Tu ne sais pas ce que j’ressens.
- S’il te plait, évite ce refrain avec moi. L’ancien SOLDAT s’agaçait. Tu me le répète depuis cinq mois.
-

Il voulait se lever, lui coller son poing dans la gueule. Sauf que ? Avec sa chance, il allait s’étaler comme une merde.

- Quand j’ai quitté Lenore, j’ai espérer me retrouver dans un laboratoire de Stacy, face à un clochard avec un canif ou même une bande de sans-coeur. Il soupirait. J’avais envie de me rendre à Oerba pour me faire écraser par une tortue géante ou bouffer par un corbeau. Il se redressait. Sauf que ? C’est sur toi que c’est tombé.
- Arrête.
- Tu voulais ta réponse, non ? Il hochait la tête. Tu trouves que j’suis en train de vivre ?

Il se relevait, vivement, faisant tomber sa chaise en arrière. Le bruit résonnait dans la pièce, sa canne devait aussi se retrouver au sol.

- Personne n’a envie de s’occuper d’un handicaper, d’un putain d’aveugle. Tu vois, une meuf qui traîne son gars par la main et le retient avant qu’il ne pose son pied dans de la merde ? Il se redressait, mollement, loin de sa posture habituelle. Il passait le dos de sa main sur son nez. Maintenant, j’suis rien de plus qu’un boulet. Autant me tirer une balle, maintenant.
- Ah ouais ? Il entendait un froissement, un poids lourd et un claquement sur la table. Vas-y.
- Tu te foU de ma gueule ?

Il entendait alors un ricanement, la chaise qui bougeait et les bruits de pas. Il venait se positionner à côté de lui et attrapait sa main, agrippant l’arme et l’enfonçant dans la paume.

- Là ? Tu n’as pas besoin d’une arme pour te flinguer, transformes-toi en fumée et disparaît dans la clim. L’arme se chargeait, il entendait le déclic du chien du pistolet. Tu veux juste te lamenter son ton sort, et là ? C’est moi qui subit ton état de merde.
- Ta gueule, Hadrien.
- Tu te rases plus, tu te laves plus et tu fais rien d’autre que de poser ton cul sur un canapé. Il levait le bras, posant le canon contre la tempe du déchet. Cette vie ? C’est celle que tu as choisi. Le froid du canon se mêlait à la sueur de Kurt. Si, vraiment, t’es au bout ? Tire. Il relâchait son emprise. T’inquiètes pas pour moi, je trouverai un nettoyeur pour cette merde et j’irais même te creuser une jolie tombe.

Il refait fixe, le canon de l’arme sur la tempe à écouter. Lentement, des larmes perlaient à ses yeux et voilà qu’il s’effondrait sur lui-même.

- Tu vois, c’est pas encore ton heure. Il sentait la présence d’Hadrien, récupérant l’arme et faisant sauter la douille et déchargeant le pistolet. Alors, tu vas me faire plaisir et prendre une douche et te raser. Tu ressembles à rien avec une barbe. Il s’éloignait, le bruit de ses pas résonnaient. S’il faut, j’veux bien te foutre à poil pour faire disparaître cette odeur.
- Quoi…?
- Je blague. Il ouvrait une porte, le raclement du bois si caractéristique. Tu te démerde. Il faut que j’aille travailler. La porte se refermait lentement. Ce soir, si je te sens avant de te voir, c’est moi qui presse la détente.
- Trop aimable…

La porte claquait, le silence retombait dans l’appartement d’Illusiopolis. Lentement, Kurt cherchait après sa canne et se levait ensuite. Tout était noir. Soupirant, sa peau crachait de la fumée noire afin de distinguer le vent de sa magie. Il repérait alors la chaise, celle qu’il ramassait péniblement avant de s’asseoir de nouveau.

Machinalement, il reprenait ses couverts. Les oeufs à droite, le lard à gauche.
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