Narantuyaa
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Barbare au rhum

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le Lun 28 Oct 2019 - 21:11


Cela devait faire un certain temps, maintenant.
Rien n’indiquait le temps qui s’échappait d’elle entre chaque torpeurs… Mais chaque fois, sa respiration était un peu plus facile.

Ses plaies, traités et bandées, s’étaient refermée.

Même les pires des hématomes se résorbaient peu à peu.


Naran passa une main sur le miroir qui bordait sa cellule. Chaque fois qu’elle levait les yeux vers la surface noire, elle comptait une cicatrice de plus.

Mais ce n’était pas les meurtrissures qui l’inquiétait le plus.

Se voyant recroquevillée au coin du cube qui lui servait d’habitat, Naran sentait invariablement une bouffée de panique claustrophobique l’envahir.

La cage était ne laissait aucune indice quant à ce qui pourrait être à l’extérieur. Pas de grillage, pas de barreau, juste cinq surfaces planes et métalliques, fermées par une sixième noire et miroitante.  

Fixer le vide de cette sixième surface ne renvoyait que les cinq autres, et elle, noircie, brisée et noueuse au fond de ce cube sombre.


Pour calmer l’angoisse, il lui fallait détourner le regard.

Fixer ses pieds, ses bleus, ses cuisses décharnées par sa convalescence…

Mais même ainsi, elle doutait parfois de la réalité des évènements. Avait elle réellement vu… Death ? Lenore, hurlante? Et ce combat, était est ce dans les bois nocturnes, ou dans ce train ?

Avait elle jamais quitté les geôles chinoises?

Peut être que tout ceci n’était qu’une invention de sa cervelle excédée. Une fantaisie, rêvée pour oublier le quotidien, ou pour survivre à l’isolement…

Mais si elle avait pu rêver des choses pareilles, pourquoi se trouvait elle maintenant bloquée ici ?


A nouveau, elle s’égarait.
Peut être y avait il quelque chose dans la nourriture, dans l’air, quelque chose qui la faisait divaguer… Quelque chose pour expliquer ce vertige constant, haletant, insupportable.


Comment savoir ? Naran comprenait à peine un moteur à vapeur… L'immensité mécanique et électronique qui l'entourait la dépassait complètement. Savoir ce qui se cachait derrières les murs plats était inconcevable.

Aucune ampoule visible, en tout cas. Ne demeurait qu’une lumière diffuse et omniprésente, qui la réveillait arbitrairement, la désorientait un bon coup, avant de s'éteindre brutalement. Le cycle qui lui paraissait à la fois trop long et trop court pour couvrir une journée - et pourtant, toute logique indiquerait qu’il s’agissait bien des jours et des nuits de son Monde.


Sa main prit appui sur la froide surface. Naran s'accroupit, puis, d’une longue et douloureuse impulsion, elle se leva.

Son souffle gronda entre ses entrailles, peu habitué à l’effort.

Même ses muscles avait pâti de sa captivité. Là où les geôles chinoises l’avais laissé plus vive que jamais, ici Naran devenait de plus en plus rachitique. Le manque d’exercice, la sédation, et les blessures, ajouté à la léthargie causée par la solitude.  

Une force de plus à combattre.


Longeant le mur miroir, Naran enchaîna péniblement les cinq enjambées qu’il lui fallait pour atteindre le mur opposé.

Aujourd’hui, ses jambes tenaient sans trembler.

La Mercenaire leva les yeux. Sa nuque craqua, réveillant ses cervicales jusqu’ici endormies.  

Au dessus d’elle, un autre mur. Comme partout autour d’elle. Mais celui ci avait au moins quelques aspérités… Ou était ce un autre mirage ?


Dernière édition par Narantuyaa le Mar 29 Oct 2019 - 18:31, édité 3 fois
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le Mar 29 Oct 2019 - 18:14
Elle s’était endormie sur le dos. Ou avait elle perdu connaissance ?

Sa tête reposait au centre du cube. Sa nuque s’était raidie - un long sommeil, peut être?

Au dessus d’elle, les trous du plafond dansaient en ronde.
Elle avait dû heurter sa tête en tombant…

D’un geste brusque, Naran essuya la bave qui avait séché à la commissure de ses lèvres. Sa main manqua de frapper sa pommette, mais elle réussit in extremis à en garder le contrôle.

Elle leva alors son bras.
Tendue devant elle, paume ouverte, cinq doigts étalés avec comme fond le plafond.


Avec un peu d’imagination, elle pourrait se croire encore dans la plaine, à regarder les étoiles. Sauf qu’ici, les étoiles étaient ces trous noirs qui perçaient les cieux.

Une trace d’usure marquait un usage répété. De l’eau ? C’était peut être pour la laver. Elle, ou la cellule ? Ils en aurait fini avec elle bien assez tôt… Pas qu’elle comptait résister tout interrogatoire : Simplement, elle n’avait rien de valeur à leur dire.

Tout ce qu’elle savait des Mercenaires, la Shin Ra le savait déjà.

Leur avantage était trop énorme, trop absurde…


Pour une fois, Naran ne chercha pas à se lever. Pourquoi se laisser dicter sa vie par les lumières invisibles de ses ravisseurs ?

Allongée au centre de sa cellule, elle se laissa bercer.


Sa respiration, laborieuse même à l’arrêt.

Le sang qui battait à ses tempes.

Le craquement de l’acier.

Le tintement d’une pièce de métal contre une autre.

Un bourdonnement lointain.  


Et cette sensation de vertige, d’euphorie.
Rien n’était sûr, mais… Naran en était de plus en plus convaincue.

Elle était prisonnière d’un vaisseau.

Ironique.

Naran avait été fascinée par ces monstres de métal. En avait souhaité un depuis…. Depuis qu’elle avait fait son tout premier voyage.

Voeux accordé : La voici dans son propre vaisseau. Elle n’en contrôlait rien, mais, pour ce qui est des cinq mètres cubes qu’elle occupait, il lui était tout dédié. Jusqu’à ce qu’elle perde son utilité auprès de la Shin Ra, en tout cas.


Le vrombissement du moteur était à peine audible; tout juste deviné, entre les crissements métalliques et l'écho moite de multiples espaces creux. D’expérience, ça signifiait que la locomotive était loin… Mais pour qu’elle soit si éloigné, la taille présumé du vaisseaux devenait vertigineuse.

Possible que les moteurs soient juste plus silencieux. Des engins hyper-efficaces, bien différent de ceux des vieux coucou que la Shin Ra accordait aux Mercenaires.


Aux limites de son ouie, Naran croyait percevoir un second son. Un second moteur, un engin dédié à tout autre chose ?

Ou peut être était-ce seulement son oreille interne qui lui jouait des tours.


Quoi d’autre pouvait-elle tirer des tréfond de ce vaisseau ?

Allongée, figée face à son plafond trouvé, Naran se ferma les yeux.

Son nez, encore encombré par un hématome, ne lui transmettait rien. La Mercenaire savait de toute façon que sa cellule empestait qu’une seule chose: Elle même.

De ses yeux, elle ne tirerait rien de plus que l’image trouble du plafond. Naran se plongea donc dans le noir orangé que lui procurait ses paupières fermées.

Restaient ses doigts, collé au sol moite et froid. Imaginait-elle cette douce vibration ? La prisonnière plaqua ses paumes sur le métal. Elle mesura son souffle, et, peu à peu, oublia le froid qui collait à sa peau, les égratignures qui maculait ses phalanges, la faim qui broyait son abdomen…

Le bourdonnement d’un moteur n’était pas qu’une illusion. Toute sa cellule vibrait en mesure, presque imperceptiblement. C’était une certaineté : Naran était bien dans un vaisseau… Un vaisseau en plein vol.

Mais il y avait quelque chose d’autre. Un fin murmure, doux, curieux, trop aléatoire pour être causé par un moteur, trop proche pour être le bruit des sans coeurs qui polluent les voies stellaires.

Pas tout à fait un son: C’était une sensation entre le bruit et l’image, quelque chose d’étouffé et de lointain, distinguable qu’à la frontière entre un sens et un autre.

Elle sentit un frisson désagréable remonter le long de sa colonne vertébrale.


Naran se redressa brutalement. Son corps se tordit, son visage vrillant vers le miroir qui fermait sa cellule. Elle ouvrit deux yeux rageurs sur la même surface noire et miroitante qu’elle avait si longtemps fixé.

La lumière reflétait toujours ne noirceur insondable, dont on ne distinguait que vaguement sa forme difforme de sa cellule froide.

Pourtant, Naran en était certaine.


Quelqu’un l’épiait.
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le Mer 30 Oct 2019 - 19:38
Trois murs.
Trois murs et un miroir.



La lumière l’avait tiré d’un rêve. Encore abrutie, Naran se redressa.

Elle sentait la peau de sa nuque se hérisser. La présence était revenue, immobile derrière le miroir.

Avant qu’elle puisse agir, un claquement bref retentit sur sa droite. Le bas d’un mur s’était fendu d’une ouverture rectangulaire: Quelques pouces de hauteurs, une coudée de large… Naran s’en approcha lentement.

Un plateau compartimentalisé, chargé de trois îlots de nourriture, était niché dans l’alvéole.
La Mercenaire s’en saisi.


Elle examina longuement le contenu, puis, grimaçant d’avance, goûta. C’était…

Elle avait trop faim pour s’attarder sur le goût.

Tour à tour, elle dévora une gelée jaune et vaguement amère, une purée où stagnaient quelques morceaux farineux; puis trois rectangles bruns et secs, qui s’assirent lourdement sur son estomac.

Un verre restait, à la gauche du plateau : Naran le vida d’un trait.

Laver son palais de tout arrière goût de bile était un confort qu’elle n’espérait plus. Satisfaite, au moins sur ce point, elle s’assit, et expira longuement.


Elle tenait toujours le plateau dans ses mains. Ce n’était ni du métal, ni du bois, mais une texture nouvelle, légère, lisse et poisseuse. L’objet était arrondi sous tous ses angles, surement pour éviter qu’elle s’en serve comme arme. Malgré tout, l’usure avait légèrement effrité l’un des bord, devenu filandreux.

En plus de son analyse, Naran nettoya consciencieusement le plateau, ne perdant pas une miette des étrangetés qu’on lui proposait. Son palais asséché ne put déceler aucun poison - mais c’était loin d’être une garantie.


Son regard revint finalement au miroir.

La présence était toujours là. Immobile… Quoique. Naran était persuadé de l’avoir sentit frissonner.



Peu importait.


Maintenant qu’elle avait le ventre plein, Naran pouvait enfin faire un peu d’exercice sans craindre de s’évanouir.

Et, après un bref répit pour digérer, c’est ce qu’elle entrepris.


Gracieusement, lentement, comme une floraison tardive et particulièrement fragile, elle se leva.

D’abord assise, jambes et bras croisés, puis courbée, s’appuyant d’abord sur ses mains puis uniquement sur ses pieds, elle tendit puis relaxa tout les muscles de ses doigts de pieds à sa nuque. Ses bras s’ouvrirent devant elle, ses poignets encore rougis par les fers tournant pour présenter au miroir une paume blême.

Son cou était peut être le plus endolori; mais, intraitable, Naran dodelina doucement sa tête, ignorant tant la douleur que le vertige. Elle monta sur ses pointes, failli tomber, se repris, serrant les dents et gardant les bras ouverts et sa pose hautaine.

Puis, aussi fluidement qu’il lui était possible, elle répéta le processus : Se repliant lentement en une boule de membres croisés, puis se déployer de toute sa hauteur.


L’exercice, d’une simplicité déconcertante, la laissa pourtant haletante.


En face d’elle, derrière le miroir, elle pouvait sentir la présence se rapprocher.


Naran repris ses exercices, cette fois souriante.


Trois murs et une fenêtre.
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