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Huayan Song
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Matriarche Écarlate

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le Mar 1 Oct 2019 - 0:27



C’est tardivement que je m’entretiens avec mon frère sur le plan que je suis entrain de bâtir. C’est audacieux mais au final, cela ne semble que naturel que les choses se déroulent ainsi. Nous devons rester les pieds sur terre et à l’affût du moindre élément qui viendrait porter atteinte à notre intégrité.

« Tu penses vraiment qu’il march… » commence Gao avant d’être coupé par l’arrivée avec fracas de Francis dans mon bureau.

« HUAYAN ! C’EST URGENT !
- Tu pourrais frapper quand même… Qu’est-ce qu’il se p…
- ILS ONT ENLEVÉ MON FILS !
- Quoi ?! »

Je me lève de ma chaise manquant de la faire tomber en arrière. Gao est également surpris, pas nécessairement de la nouvelle mais aussi de me voir me redresser avec autant de vigueur. Francis s’approche et me donne un courrier manuscrit, manifestement en provenance de sa femme.

« Un messager vient d’arriver avec ça. Avec le temps de trajet, ça doit bien faire plus d’une semaine que mon gamin a disparu… Putain de merde ! » lâche-t-il, les yeux très émus.

Je lis le courrier de la compagne de mon acolyte de toujours. Le message est assez clair. Elle était partie de la Costa pour faire une virée shopping à Illusiopolis avec leur fils. Il y avait beaucoup de monde, elle a relâché son attention et l’enfant avait disparu. Elle a couru avec deux hommes en noir cagoulés et ils ont disparu en prenant la fuite avec une camionnette de la même couleur.

Elle demande à Francis d’intervenir au plus vite.


« Il faut qu’on y aille. Faut aller le chercher !
- Oui Francis. Il faut y aller. Tu vas partir immédiatement au vaisseau. Gao… Tu assures la sécurité en ville le temps que je revienne.
- Ne t’inquiète pas pour ici, je peux tenir sans soucis. Mais tu vas y aller comme ça ? Je veux dire, tu es une personnalité publique désormais. Tu seras reconnue. »

Je souris légèrement à cette remarque.

« Song Huayan ne va pas y aller. Heureusement, je connais quelqu’un qui a toutes les capacités nécessaires pour retrouver le fils de Francis.
- Tu penses à qui ?
- Tu verras. Francis, je prends mon matériel et je te rejoins en volant. Passe devant.
- Ok ! En route ! Vite ! »

Il disparaît en trombes du bureau. Je salue rapidement mon frère pour aller chercher ma tenue spéciale.

« Soit prudente Huayan.
- Je suis toujours prudente, mon frère. Pas de bêtises en mon absence. »

Je me dirige vers mes appartements. Cachée sous le plancher de ma chambre, une malle contenant les affaires de l’Innommable. Je change de forme. Je prends l’apparence d’un homme, humain, blanc. Cheveux longs blonds extrêmement clairs. L’air froid et inquiétant. J’enfile mes vêtements. Je garde le masque avec moi, mais je ne le mets pas tout de suite.

Je garderai cette forme pour cette mission de sauvetage. Il faut couvrir nos arrières.

Lorsque j’ai mon équipement, je me change en corbeau pour rejoindre Francis. Je le vois galoper à travers la ville avec une grande cape noire pour dissimuler son identité. Je vais arriver avant lui. Ce n’est pas grave, je préparerai le vaisseau en attendant.

J’atteins la grotte en première. J’inspecte le vaisseau, tout semble être en ordre. Francis arrive en trombes avec sa monture. Il se met à pleuvoir. Il me regarde un instant, il ne m’a jamais vu sous cette forme. Je fais réapparaître momentanément mon vrai visage pour le rassurer. Il met le cheval dans la caverne avec un peu d’eau et de foin. Nous l’attachons à une pierre et nous décollons sur-le-champ. Le voyage débute et mon acolyte ne met pas la musique.

Je sens qu’il est tendu.


« Tu peux te détendre Francis. Nous allons retrouver ton fils… Et je ferai payer personnellement ceux qui ont osé le kidnapper.
- J’espère bien. Je vais les massacrer ces enfoirés ! »

Je ne vais pas le contredire. Sous cette identité, je peux me permettre d’être bien plus implacable. Et je n’ai pas une grande sympathie pour les bandits qui kidnappent d’innocents enfants. D’autant plus lorsqu’il s’agit du fils d’un de mes plus proches collaborateurs et amis.

La Justice sera terrible pour eux.


« Tu sais où ton fils a été enlevé ?
- Dans un centre commercial où elle a l’habitude d’aller dépenser l’argent que vous me donnez. Putain… Elle pouvait pas faire gaffe franchement ? C’est Illusiopolis, pas la Costa del Sol merde !
- Nous allons aller voir le PC de sécurité. Il doit y avoir des caméras, c’est la seule piste que nous avons. »

Le vol se passe calmement. Je sens que Francis rumine sa colère. J’ai bien peur qu’il y ait beaucoup de morts dans cette affaire. Il va falloir que je le contrôle pour éviter de nous faire repérer.

Nous atterrissons à Illusiopolis. Je me change en corbeau et je laisse Francis sortir de l’astroport de la Shinra comme s’il était seul et non accompagné. Nous nous retrouvons dans une rue plus loin et nous dirigeons en direction du centre commercial.

Il fait nuit, enfin sombre, et il pleut. Une étrange atmosphère flotte sur la cité. Les néons donnent un peu de couleurs à cet environnement maussade et triste. Qu’est-ce que je ne regrette pas d’avoir quitté cette ville.

Je sors de mon sac un masque, plus passe-partout. C’est un masque de la reine du Château Disney, la femme de Mickey.


« C’est quoi cette merde ?
- C’est pour éviter de nous faire repérer et qu’on nous reconnaisse.
- Changez mon visage et on est bons non ?
- Je préfère réserver mes pouvoirs pour les cas plus utiles. Met ce masque.
- Tsss…
- D’accord ! D’accord, approche ! »

Il le garde sous son manteau. Avec une certaine précipitation -pour éviter la pluie-, on rejoint le mall. Là, je pose mes mains sur son visage. Je change ses traits pour en faire un gros homme noir.

« Mais putain t’avais que ça en réserve comme transformation ? Tu pouvais pas me faire plus mince ? Je suis toujours aussi gros !
- C’est ça ou rien mon gros : et tu mettras le masque quand même. En route ! »

Il est presque l’heure de la fermeture. Nous nous dirigeons machinalement vers un agent de sécurité qui est posté à l’intérieur.

« Bonsoir Monsieur. Mon ami et moi-même aimerions contrôler des images de vos vidéos surveillances.
- Euh… On peut faire ça mais vous êtes qui ?
- Agents de la Shinra. Vous pouvez nous laisser passer s’il vous plaît.
- Vous avez une carte ou quelque chose ? »

Je m’avance vers l’homme tout en remettant mes mèches de cheveux pâles derrière moi. Je lui murmure :

« Écoute mon petit bonhomme… Des enfants ont été enlevés dans ton centre commercial. Si tu t’opposes, je te ferais coffrer comme étant un complice. »

Je me recule et lui lance un sourire froid. Il ne réfléchit pas bien longtemps.

« Euh… D’accord, ok.  Suivez-moi, mais vous pouvez juste regarder ok ?
- Cela sera suffisant, merci. Nous sommes pressés comme vous pouvez l’imaginer. »

Nous passons par une porte. Les couloirs sont bétonnés, caractéristique de nombres centres commerciaux de la ville. On dirait que nous sommes presque dans un parking. Et l’odeur n’est pas fameuse non plus.

Nous arrivons devant une porte « Centre de sécurité ». Il nous ouvre et nous quitte là pour retourner à son poste. Un autre agent est assis devant les caméras. Il nous demande ce qu’on veut.


« Un enfant a été enlevé il y a environ une semaine, voir un peu plus. Vous avez des images ?
- Euh… Laissez-moi regarder. »

Il pianote et cherche dans les archives. Cela a l’air de lui dire quelque chose. Il s’excite un peu sur son clavier et des vidéos commencent à apparaître sur l’écran.

« Pouvez-vous nous passer toute la scène au ralenti ?
- Yep. »

Le film commence.

On voit la femme de Francis avec son fils, elle lui tient la main. Elle rentre dans une boutique avec lui non loin de la sortie. Le gosse en a marre et va attendre sa mère devant l’entrée du magasin. Là, deux hommes surgissent de la foule. Ils portent l’enfant directement et partent en courant vers la porte ouest.

La mère court après avec des agents de sécurité et puis ils disparaissent dans la rue. Ils sont cagoulés, tout en noir. Ils ont l’air humains. Difficiles de clairement les identifier.


« Pouvez-vous suivre le déplacement de ces deux hommes avant l’enlèvement ? Ils n’ont pas pu rentrer avec une cagoule si ?
- Faudrait que je vérifie, attendez. »

Il continue de chercher en attendant je me tourne vers mon Francis noir. Il est impatient, il fulmine devant ces images. Il a peur pour son fils et veut fendre ces bandits en deux. Je ne peux que le comprendre et compatir. Si Yue se faisait enlever de la sorte, je soulèverai des montagnes comme lui pour le récupérer.

« Alors… J’ai peut-être quelque chose… Ils sont cagoulés mais regardez. »

L’agent de sécurité pointe du doigt un homme. Légèrement à l’extérieur, il semble leur donner des consignes. Les gars sont de dos, ils rentrent, on voit pas leurs visages.

« Putain, on voit rien, FAIT CHIER ! » lâche Francis avant de donner un coup de poing dans le mur, à la grande surprise du vigile.

Je réfléchis un instant… Cette tête me dit quelque chose. Je l’ai déjà vu quelque part… Au Blue Dragon !


« Je connais cet homme. On bouge. Merci monsieur pour votre assistance.
- Euh… Bah de rien. Vous êtes qui déjà ?
- Je ne peux pas être nommé. »

Nous quittons les lieux avec précipitation. Nous partons pour le Blue Dragon. Il doit déjà y avoir des clients à l’intérieur. On est trempés, il pleut comme pas possible. C’est infernal ce temps. Il pleut à Chengdu et ici aussi. La pluie c’est bien… Mais je préfère lorsque je ne suis pas juste en dessous.

Après une demi-heure de marche très rapide entre les immeubles on rejoint le fameux établissement emblématique de la ville. J’espère que je n’y croiserai pas Kurt Brown… D’un autre côté, sous cette apparence, il ne me reconnaîtrait pas.


« Francis. Tu m’attends dans la ruelle à côté.
- Pourquoi ?
- On ne peut pas se battre dans ce bar. Je vais le faire sortir et tu te chargeras de lui.
- Ok, je t’attends chef. »

Je me tourne donc vers l’accès au Blue Dragon. Prête à aller faire sortir cet homme… En espérant qu’il soit là. Francis m’interpelle avant que je rentre.

« Hey chef !
- Quoi ?
- Merci… Merci pour ce que tu fais. »

Je lui souris, tâchant d’effacer ma fausse apparence un instant pour qu’il voit mon vrai visage.

« Tu n’as pas à me remercier.  Tu ferais pareil pour moi. »

Sur ces bons mots, je rentre. Il y a déjà un peu de monde. Je ne vois pas notre homme. Mince. Cela aurait été trop beau. Je ne le connais que de visu, impossible d’y associer un nom ou des connaissances.

« Francis. Il est pas encore là. J’attends un peu à l’intérieur. Je te tiens au courant par messages télépathiques. »

Je fais attention à ne pas me trahir. Je prends une démarche d’homme. J’essaye d’être naturel. Je m’avance vers le bar. Surtout ne pas prendre un thé. Ne pas prendre de thé, ne pas prendre de thé.

« Un mojito s’il vous plaît. »

Quelle demande pitoyable. Je me déçois moi-même. J’aurai pu faire mieux.

Je m’assois et j’attends. Patiemment, l’air de rien. Naturel. Comme un simple lambda qui profite de l’ambiance jazzy du bar. Cela se remplit peu à peu.


« Vous vous appelez comment ? Je ne vous ai jamais vu ici avant. » demande le barman.

Je ne souris pas vraiment pour coller à mon image d’homme froid inaccessible.


« Aterem de Guerrenstringe, pour vous servir.
- Rudolf Godhingen. Drôle de nom ça, vous venez d’où ?
- La Cité des Rêves.
- Ah, sympathique. »

Oui, très. Maintenant lâche-moi la grappe et laisse-moi me concentrer. Je ne suis pas venue ici pour discuter inutilement de sujets inutiles.

Une heure et toujours rien. La soirée commence et les clients affluent comme d’habitude. Je commence à désespérer. Et là, je le vois. Il sort des toilettes. Il a une tête classique mais il a un nez aquilin qu’on ne peut pas oublier. C’est notre homme.

Je quitte le bar en prenant mon verre. Les gens dansent, il y a de la musique. La salle est pleine. Je vais vers lui, en tâchant de ne pas trop attirer l’attention par ma tenue très… Noire. En cuir. Et puis flûte ! Je suis un étranger et je viens d’arriver en ville. Ça suffira pour cette fois !

Je me concentre sur sa tête. Je lui donne un coup de vertiges. On va voir s’il a déjà un coup dans le nez. Il boîte un peu et se cale contre un mur. Personne ne l’aide, il ne doit pas être accompagné. Il se relève et avance un peu à tâtons.

Heureusement que je suis une âme charitable.

Je m’approche de lui et lui prend le bras :


« Vous voulez un coup de main mon vieux ? Vous êtes tout pâle et vous avez l’air bizarre ! »

Il a pas l’air bien. J’ai peut-être trop dosé au niveau de la puissance. D’un autre côté, je peux le sortir plus facilement. Je le porte à bout de bras vers l’extérieur. Je salue les gorilles de l’entrée mine de rien.

« Il ne se sent pas bien. Je vais le laisser vomir dehors plutôt que sur le parquet. »

Ils ne me répondent même pas. Les mecs bourrés, ils ne s’en préoccupent pas vraiment, tant qu’ils sont dehors. Et c’est tant mieux dans mon cas. Mon attaque plus l’alcool, ce n’est pas incroyable qu’il soit quelque peu décontenancé.

« Attendez… Posez-moi un peu là. »

« Francis, maintenant vient. »

Je me glisse dans une ruelle proche du Blue Dragon. Mon boulet vomit toutes ses tripes sur le sol. Francis arrive et lui fout un coup de poing d’une violence innée. Il tombe au sol, inconscient. Je le regarde, légèrement mécontente.

« C’est malin. Il va falloir attendre qu’il se réveille maintenant.
- J’ai pas pu m’en empêcher, pardon. »

Il le ramasse et le prend sur ses épaules. On s’éloigne pour aller un peu plus loin dans les ruelles, loin des oreilles indiscrètes, ou de potentiels témoins. Quoique sous ces apparences, on ne craint pas grand chose avec Francis.

L’odeur qui règne dans cette rue est tout bonnement épouvantable. On dirait un nid de rats crevés, c’est impossible autrement. Plusieurs bennes à ordures sont remplies. Elles débordent. Et cela fait un moment que c’est là. Nous ne sommes pas dans la plus belle partie de la ville, c’est certain.

Si Illusiopolis était une ville, nous serions dans son intestin grêle, en bout de piste.

Francis allonge le corps de l’homme par terre. Il a trouvé une batte de baseball je ne sais où. La pluie tombe sur l’individu en costume qui devient de plus en plus trempé. Il n’a pas l’air d’être très âgé. La quarantaine tout au plus. Cheveux noirs plaqués vers l’arrière. Joli costume… On dirait un neuf.


« Il se réveille cet enculé ou bien ?
- Patience. Il suffisait de frapper moins fort. »

Après quelques minutes, il bouge un peu. Il ouvre les yeux doucement. Il a le réflexe de vouloir se lever. Il est en eau. Francis arrive sur le côté et le plaque au sol avec son pied. Il le menace du bout de sa batte.

« Vous êtes qui ?! On est où là ?
- Ta gueule. Aterem, cause. »

J’échange un regard avec Francis. Pas la peine d’en faire autant. Il faut déjà vérifier que ce soit bien celui que j’ai vu.

« Nous avons vu des images d’un centre commercial où vous donner l’ordre à deux crapules de kidnapper un enfant. Dites-nous en plus, je vous prie. » demandé-je avec un ton anormalement poli en de telles circonstances.

« Je ne vois pas de quoi vous parlez, relâchez-moi ! » dit-il.

Il plonge sa main dans sa poche. Probablement pour attraper une arme. Je le paralyse, puis déboîte son bras gauche.


« Aaaaaaah ! La vache ! »

On attend qu’il finisse son petit numéro.

« Je ne le répéterai pas dix mille fois. »

Il nous regarde. Il hésite, il tremble, il fulmine de douleur. J’échange un regard avec Francis.

« On peut gagner du temps pour passer à une méthode plus… Radicale.
- Attendez ?! Quelle méthode plus radicale ?
- Laissez-moi me lâcher un peu au moins. »

Francis donne un coup de batte dans les côtes. L’homme à terre crie encore. Il est douillet.

« Attendez… Attendez… Si je parle Aterem, vous me relâchez ?
- Ça dépend de si je suis satisfait des réponses… Ou non.
- Ok, ok… Vous pouvez me remettre mon bras avant s’il vous plaît ? »

Tssss… Je fais un geste de la main et le membre se remet dans une sorte de craquement. Il grince des dents, Francis relâche un peu sa prise.

« Je suis… Personne, je suis rien. Je suis des gosses, seuls, ou avec leurs mères. Quand un bon moment se présente, j’envoie des hommes de mains pour kidnapper les cibles. Je fais rien… je fais rien…
- Vous kidnappez des enfants pour qui ?
- Je…
- La mort ou la vie ? Vous préférez quel destin ?
- D’accord, d’accord… Je travaille pour… Pour un groupe de mecs… Ils kidnappent des gosses pour les revendre ! Je sais pas où ils sont ni où ils mettent les gamins ! Pitié, je suis juste un gars qui choisit les cibles ! »

Hum… Ce doit être un employé récent. C’est une petite main, pas un chef de gang.

« Qui est l’homme qui t’as recruté ?
- Euh… Greg… Jérôme… Non, Greg le Blond ! Il est toujours au Barumba ! Je peux partir maintenant, vous me laissez Aterem ?
- Oui. »

Il se relève et je fais quelques pas en arrière. Il se redresse et nettoie en vain ses vêtements. Trempés et sales. C’en est presque pitoyable. Il nous regarde ensuite, puis baisse les yeux. Il commence par avancer pour nous quitter. Je me pousse. Francis lui barre la route avec la batte.

« Euh… Votre chef a dit que je pouvais partir.
- J’ai dit que moi je vous relâchais… Mon acolyte n’a rien dit lui.
- Bye, bye ! Enculé ! »

Francis prend de l’élan et lui assène un coup dans le visage. Il retombe au sol, le crâne en sang. Il se lâche sur lui. Les os sont entrain de s’effondrer. C’est… Violent. Un carnage.

« Francis. Il est mort. Tu sais que ça ne sert plus à rien.
- Ça me défoule. Putain de salauds, à kidnapper des gosses innocents bordel !
- Je suis d’accord. Cependant, il faut aller attraper ce « Greg », et le club en question est à une heure de marche. »

Il arrête son défoulement. Puis on repart.

« C’est bon je me suis libéré un peu.
- Au club, tu ne tues pas sans mon assentiment express. Il ne faut pas laisser les indices s’échapper.
- Je ferai de mon mieux, promis. »

Nous laissons le cadavre sous la pluie. Nous n’avons pas vraiment le temps de nous en occuper. Nous avons une enquête à mener et des enfants à retrouver. Bien que je sois bien entendu plus préoccupée par le sort du fils de Francis, je ne peux m’empêcher de penser aux autres enfants, capturés eux aussi. Il balance la batte dans une bouche d’égouts, un peu plus loin.

« Je me demande quel genre de crapules kidnappent des enfants pour les revendre…
- Cette ville est pourrie jusqu’à la moelle. »

Nous quittons rapidement les lieux et nous dirigeons vers le Barumba. Je connais cet endroit. Une boîte de nuit aux tons noirs et rouges. Ce n’est pas très loin de la maison close de Toma. Dommage que je n’aie pas le temps d’aller la saluer.

Bon alors après cette rue, il faut tourner à droite… Mince, où est Francis ?!

Je regarde autour de moi. Il n’est pas là. Je me retourne, il est à un stand de nourriture. Il prend… Un hot dog ?! A cette heure-ci ? Et maintenant surtout ?!


« Qu’est-ce que… Tu fais ?
- Je mange quand je suis stressé, merde ! » dit-il en se s’empiffrant de cette chose répugnante.

« Tu me dégoutes parfois tu sais… »
- Oh ça va, je fais une crise d’hypoglycémie avec ces conneries ! »

Incorrigible.

On se remet en route. Nous voici devant le Barumba. Les gorilles supervisent l’entrée. Une longue queue s’accumule. Et il est hors de question que je patiente avec ces attardés, j’ai des enfants à sauver moi. Je m’avance, le pas assuré et l’air naturel qui s’impose en de telles circonstances :


« Bonsoir. Je suis sur une liste.
- Bonsoir, la liste de qui monsieur ?
- Greg. Greg le Blond. »

Les agents de sécurité échangent un regard. Ils nous inspectent du regard. Il est clair que nous n’avons pas vraiment une tenue de soirée. Plus une tenue de mecs extrêmement louches. Ils nous laissent finalement passer :

« On ne veut pas d’histoire, soyez discrets avec vos copains s’il vous plaît.
- Pas d’inquiétudes. »

Musique d'ambiance:

La soirée débute sous les meilleurs auspices. Il doit être environ vingt-trois heures. La salle est déjà bien remplie. La musique est forte, trop forte. Ça sent l’alcool… Et pas que. Francis se met à côté de moi.

« On peut demander au bar s'ils connaissent cet enculé de Greg ! » crie t-il dans mes oreilles.

Je lui fais signe que oui. On se fait un passage parmi la foule pour atteindre un vaste bar dont les néons rouges rappellent ceux au plafond, et à côté des toilettes… Et ceux de l’entrée. Tout est rouge et noir ici.


« Barman ! » appelle Francis.

Je vois que son teint pâlit un peu. Je refais un coup de magie rapidement pour renforcer sa peau foncée. Autant rester cohérent jusqu’au bout.


« Oui ? Qu’est-ce que je vous sers ?
- Greg le Blond tu connais ? »

Le barman nous regarde bizarrement. Puis il se penche vers nous :

« Il est à la table au fond, là-bas. Je sais pas pourquoi vous le chercher mais faites gaffe. Il vient souvent ici pour que je sache que ce mec est putain de louche… Un peu comme vous d’ailleurs. » dit-il avant de se retirer.

Nous le regardons. Puis nous nous regardons. C’est vrai qu’on a l’air louches.


« Tu as entendu Francis ? Il est là-bas. On va aller lui poser des questions. Gentiment.
- Mais bien sûr, après vous. »

Je sors mon masque d’Innommable. Je l’enfile. Francis enfile le sien. Je ne vous cache pas que le mien est beaucoup moins… Ridicule. Mais bon, nous sommes dans l’urgence, nous faisons comme nous pouvons.

Étrangement, les personnes respectent tout de suite mieux votre espace vitale lorsque vous avez un masque anxiogène sur vous. Et que vous êtes suivie par un gros homme avec une tête de souris débile. On avance avec plus d’aise… Jusqu’à arriver devant le fameux « groupe » de Greg.

En passant, nous sommes des ombres au milieu des ombres. Les projecteurs, la musique, les odeurs créent une confusion des sens, y compris ceux de la vue. Lorsqu’ils nous voient, c’est comme un joli rêve de débauche qui tourne au cauchemar.

Une bande de petites frappes dans de jolies costumes chers, tout propres. Ça paie bien le rapt d’enfants manifestement. On se fait arrêter par deux individus, ils n’ont pas très sympathiques de prime abord.


« T’es qui toi ? Tu veux quoi connard ? » demande t-il.

Ah. Donc déjà Greg est bien ici. C’est formidable. Il me l’indique si gentiment. C’est si agréable d’être dans les bas-fonds d’Illusiopolis, on peut diversifier son vocabulaire à une vitesse folle.


« Je veux parler à Greg. Pas à toi, chien.
- Tu m’as appelé comment là ?!
- Laisse-le, il veut peut-être me dire un truc. »

La voix assurée et l’air hautain, le fameux Greg nous offre la possibilité d’avancer d’un mètre supplémentaire, il est affalé avec deux femmes de joie -ou du moins je les identifie comme telles- dans de gros canapés VIP avec plusieurs bouteilles d’alcool devant eux. La soirée débute bien manifestement.

« Alors qu’est-ce que tu veux l’affreux ?
- J’ai une question à te poser.
- Vas-y je t’écoute. » répond-il tout en tirant une bouffée de fumée de sa cigarette.

Inutile de perdre trop de temps en discussion. Avec ces gens-là, seule la force fait parler. De vrais animaux… Et encore, les animaux savent souvent se montrer raisonnables face au danger. Et ici le danger… C’est nous.


« Où est-ce que vous emmenez les enfants kidnappés ? »

Le gars perd son sourire de petite crapule. Il semble surpris que je connaisse son petit business répugnant. Espèce d’être indigne. Il lève la main gauche, je vois certains hommes autour s’agiter. Je crains que nous ne n’ayons à faire usage de la force plus tôt que prévu.

Sans bouger, l’une de mes lames sort de ma manche et transperce la gorge de deux gardes du corps. Francis récupère un verre et l’éclate sur l’un des gorilles qui nous avait bloqué le passage avant de sauter sur l’autre pour lui asséner des coups de poing.

Un autre sort un pistolet et se met à me tirer dessus. Les balles elles, malheureusement, ne suivent pas vraiment la direction voulue par leur lanceur. Je les fais s’écraser dans les corps des hommes de main. Le chaos s’installe vite dans la boîte de nuit et le public commence à paniquer à l’écoute des coups de feu.

Je me baisse et fait un mouvement de l’esprit pour soulever la table et la renverser sur Greg le Blond. Il n’a pas encore répondu à ma question, ce petit impoli. Un de ses agents sort un couteau et se jette sur moi, je ne l’ai pas vraiment vu venir dans la confusion.

Il donne un coup horizontal au niveau de la poitrine, l’armure prend le gros des dégâts. J’ai le temps de le projeter dans les airs, Francis arrive derrière, l’attrape par la taille et bascule en arrière. Le pauvre homme voit sa tête percutée le sol avec une violence telle que sa nuque se brise.

Je fais voltiger des bouteilles de verre autour de moi que je projette sur les crânes des hommes restants. Je vois que certains ont réussi à s’enfuir, d’autres non. Greg est paralysé entre les coussins de son canapé et le sol.


« Où sont stockés les enfants ?
- Laissez-moi en vie s’il vous plaît ! Et je vous le dis !
- Je vais y réfléchir en fonction de la qualité de votre information.
- 13 Rue du Clown Noir ! Un ancien immeuble de bureau qu’on squatte avec un hangar mitoyen !
- Très bien. Maintenant tu vas aller voir ton boss et luire dire que l’Innommable va venir le tuer lui et tous ses petits copains. Donc il a intérêt à tous les amener avec beaucoup d’armes.
- Ok ! Ok ! J’y vais tout de suite !
- Tu as intérêt. »

Il part comme s’il avait vu la mort en personne, pâle et l’esprit perturbé.

« On ne le bute pas lui ?
- Plus tard Francis, plus tard… Je veux que tous ces voleurs d’enfants se rassemblent… Et nous les tuerons tous. »

En temps normal, Francis rigolerait. Mais dans le cas présent, il s’agit de son fils. Il a une certaine tenue dans l’adversité. Il est hors de question que le fils d’un de mes amis les plus loyaux disparaisse dans des circonstances si sordides. Je vais faire un exemple de cette bande de voyous sans scrupules. J’imagine déjà les gros titres de l’Éclaireur. J’espère que cela servira de leçon aux bandits d’Illusiopolis et d’ailleurs.

« On y va. »

Il s’exécute en vitesse. Les gorilles nous observent de loin, ils n’ont pas envie d’intervenir mais ils n’ont pas l’air très contents. On va sortir par la sortie de secours. Nous quittons les lieux rapidement.

Je retire mon masque une fois que nous sommes dans la ruelle adjacente au Barumba. Nous marchons en marche rapide. Tâchant de nous éloigner des lieux le plus vite possible. Nous allons frapper à pleine puissance. Ils vont payer… Jusqu’au dernier.

Je ne peux m’empêcher de faire un léger transfert affectif envers le fils de Francis. Si Yue était enlevé dans de pareilles circonstances, je serai prête à massacrer sans vergogne tous ceux qui auraient aidé à cet enlèvement.


« Tu penses qu’on arrivera à tous les tuer ? Ta mise en garde va les faire flipper, ils vont s’armer jusqu’aux dents… Et…
- Quel est le surnom d’Aterem de Guerrenstringe ?
- L’Innommable… Ah oui, ok. J’ai compris. Tu vas… Ouais ok. En vrai c’est un bon plan. Heureusement que t’es là chef. »

Je sens qu’il est peiné. Même s’il est toujours dans une colère noire pour récupérer son enfant. Je ne le comprends que trop bien et je ne veux pas le faire souffrir plus longtemps que cela. Nous allons jouer nos cartes cette nuit et nous sauverons ce petit homme.

La pluie s’arrête de tomber sur la ville. La tension est palpable dans l’air. Nos corps électriques semblent galvaniser par la pression. Comme un orage approchant de la plaine, nous nous rapprochons du 13 Rue du Clown Noir. Une rue malfamée des bas-fonds de la cité. On remet nos masques.


« Francis. Tu restes là. Je vais en éclaireur d’abord. »

Je me change en corbeau et prend mon envol pour aller observer le terrain. Nous sommes pressés, mais il faut voir si des pièges ont été prévus par les trafiquants. Je voltige du côté du hangar. Il y a du matériel et du monde dedans. Il est connecté à l’immeuble d’à côté par des portes coupe-feux et des ascenseurs. Ils doivent être une vingtaine de petites frappes dedans à vu d’œil.

De nouveaux battements d’ailes et me voici en train de longer les étages occupés de l’immeuble désaffecté. Ils contrôlent trois étages. Ils ont créé des bureaux de fortune, certainement pour gérer leurs différents dossiers… Si possible, je récupérerais ces documents. Histoire de voir qui sont les horribles acheteurs de ces pauvres enfants kidnappés. Je ne vois pas les enfants.

Soit ils sont cachés à l’intérieur du hangar, soit ils sont cachés dans l’immeuble… Ou dans un des sous-sols que je ne vois pas.

Dans tous les cas, je pense commencer dans le hangar. Il y a plus de chances qu’il y ait une salle adaptée pour emprisonner des enfants que l’immeuble squatté. Je redescends vers Francis. Quelques guetteurs sont dans la rue et sur les toits alentours. Notre arrivée va vite être annoncée.


« On commence par le hangar. » lancé-je à Francis, froide et sérieuse à souhait pour coller à l’image de l’Innommable.

Lorsque nous avançons, je fais sauter les câbles électriques et les néons pour couper les différentes sources de lumière. Ainsi, les guetteurs voient des formes avancées dans la pénombre mais ne voient pas clairement qui nous sommes. La peur va commencer à s’installer.

Je profite de la création de cette obscurité pour sortir des lames. Elles flottent dans les airs comme de petits oiseaux. Telles des faucons, elles fendent le vent en direction de leurs proies pour projeter leurs corps métalliques froids à travers les gorges des guetteurs. Il y en a même un qui tombe du toit juste pour s’écraser devant nous. Une mort propre. Je regrette cependant de ne pas l’avoir entendu crier lorsqu’il a chuté.

On arrive devant les grandes portes du hangar. Je fais signe à Francis de cogner pour annoncer notre arrivée. Son poing résonne sur le métal rouillé. Ça tremble un peu. On entend des hommes qui bougent derrière. Certains parlent plus fort que d’autres. Je ne cherche pas à comprendre ce qu’ils disent.

Un homme vient ouvrir. Il entrouvre la porte. Une vieille connaissance.


« Greg le Blond ?
- Euuuh… Oui ? »

Deux détonations se font entendre. L’homme nous regarde. Avant de s’effondrer vers l’avant. Deux balles dans le torse. De la part d’un père qui cherche son fils. Peu de temps après, une fusillade débute. Plusieurs armes font feu dans notre direction. Je commence à me concentrer. Je regarde Francis, on hoche la tête. Ça va faire mal, très mal.

Je me faufile dans l’ouverture, les deux mains levées vers l’avant, j’arrête les balles une à une. Il y en a tellement que ce mur de projectiles grossit à vue d’œil. Je commence à en renvoyer en rafales. Certains se mettent intelligemment à couvert tandis que d’autres se prennent ma contre-attaque de plein fouet.

Francis en profite pour se glisser derrière moi et rejoindre une étagère sur ma gauche tout en tirant quelques balles au hasard pour se couvrir en plus de ma protection. Justement tiens, c’est intelligent ça.

Je me concentre sur les autres étagères pour faire tomber les cartons et autres boîtes qui sont dessus distraire nos chers hôtes de ce soir. Je les fais voltiger violemment dans les airs pour les écraser par terre ou contre les murs. J’arrache leurs armes à feu pour les envoyer du côté de Francis.

J’en saisis deux que j’envoie jusqu’au plafond avant de les laisser redescendre en laissant la gravité faire son œuvre. Francis se faufile sur les côtés pour nettoyer et détecter ceux qui échapperaient à ma tempête télékinétique.


« Mourrez, chiens ! » lancé-je, très théâtralement.

« Francis va bloquer l’accès sur ta gauche. Je ne veux pas que leurs renforts arrivent tout de suite. » pensé-je.

Très vite, la vingtaine de membres du comité d’accueil est morte. Le hangar se fait silencieux après un brouhaha infernal de métal et de cris humains. Ça fait du bien… Un peu de silence. Mais en fait non, la fête est vite gâchée.

Un homme immense et large sort de derrière une étagère. Ce n’est pas un humain. C’est un homme-bête de la Forêt de Sherwood, j’en suis presque sûre. Un homme-taureau, tout noir avec de grosses cornes. Il n’a pas dû mourir en étant projeter violemment contre les murs et le sol. Il a les os tenaces et un cœur bien accroché. Il me regarde avec un air de défi. Défi que je vais tâcher de relever.

Il s’élance dans ma direction, une véritable machine de guerre se jette sur moi. Il doit faire au moins deux mètres de hauteur et un mètre de large. Ses vêtements sont sur le point d’exploser à cause de la taille des muscles. Ce n’est pas un petit rigolo comme les autres lui, il a un projet, ça se voit.

Je le ralentis en premier lieu en exerçant ma puissance de télékinésie face à sa force brute.


« Putain… Attaque avec honneur sale enfoiré ! » me lance t-il.

Je le bloque, le maintiens. Il m’énerve et se faisant me rend plus fort. Je m’approche de lui en marchant. Je comptais lui donner une mort plus honorable que les autres mais en fait… Non.


« Enlever des enfants n’a rien d’honorable non plus… Je suis honorable avec ceux qui le méritent… Et tu n’en fais pas partie, petit être faible. »

Je fais glisser une de mes lames. Je la mets devant ses yeux pour qu’il la voit. Il la suit du regard et commence à avoir peur.

« Mais ne t’en fais pas. Je vais te donner une occasion d’être utile… Plus que tu ne l’as jamais été très probablement. »

Je plante la lame dans son œil droit. Je l’enfonce profondément. Au bout d’un moment, je ne sens plus de résistance. Je retire l’arme et je laisse le cadavre s’effondrer sous son propre poids.

« L’ascenseur mène vers les bureaux.
- Très bien. Fouillons le hangar pour chercher des traces des enfants.
- Déjà fait. Y a pas de sous-sols ici. Ils doivent être emprisonnés dans l’autre bâtiment. Mais ils vont être plus nombreux là-haut, c’est sûr.
- Ne t’en fais pas pour le nombre. »

Pas d’enfants ici ? Très bien. Il va falloir vraiment tous les tuer pour savoir où sont les enfants. Je me place au milieu du hangar, au milieu du carnage. Les corps dévastés par les rafales de balles et les écrasements. Les os brisés, les bras déboîtés, les jambes tordus et brisés. C’est très sale ce que nous avons fait.

Mais le pire est à venir.


« Nul ne résiste à mon Appel… » murmuré-je.

Francis me voit pour la première fois relever des morts. Les cadavres se redressent les yeux vides mais les corps galvanisés par la magie nécromantique. Il reste abasourdi. Surpris plus que choqué.


« En vrai, j’avais vu les photos de la Coupe Noire mais en vrai ça fait quelque chose…
- Je ne te demande pas d’aimer ou d’approuver ma magie Francis. Je veux juste protéger ceux que nous aimons.
- Tu as raison et c’est ce que nous allons faire. Au moins ces fils de pute l’ont mérité. En avant ! »

Soutenus par une vingtaine de corps, nous allons déferler sur les restes des forces des trafiquants comme une marée sur la grève. Nous allons nous méfier des pièges par ailleurs, à mon avis nous sommes attendus. Et lourdement.

Je fais voler les portes en métal en éclat. Un déclic se fait entendre et une explosion se déclenche. Je protège Francis et moi-même de la déflagration en orientant les flammes ailleurs. Quelques cadavres sont projetés au sol, mais ils se relèvent rapidement. Ce sont des corps frais, ils ont encore beaucoup de chair sur eux. Ils sont plus résistants.

Nous nous engouffrons dans un hall. Deux ascenseurs pour monter dont un en panne manifestement. Une porte d’accès aux escaliers. Hum… Les portes métalliques d’ouvrent. Pas de pièges dedans apparemment.

Je fais pression sur les boutons du quatorzième et seizième étages. Il est possible qu’ils coupent l’électricité ou les câbles pendant que nous sommes dedans, rendant l’opération quelque peu complexe. L’accès se referme et il part.

Sans bouger, les morts-vivants s’engouffrent dans les escaliers pour monter à toute vitesse les marches tandis que nous suivons calmement derrière avec mon acolyte. Nous faisons un peu de bruit, mais au moins s’il y a des pièges, les cadavres prendront pour nous.

Et cela ne tarde pas trop.

A partir du dixième étage, on entend des coups de feu. Ils s’arrêtent rapidement. Les morts ne se souciant guère d’un feu peu nourri. Nous avons l’avantage du nombre et de l’espace ici. Ils ne peuvent pas nous tirer dessus à cinquante dans un endroit comme celui-ci.

En passant, je regarde les corps meurtris par notre force de zombies. Certains y ont perdu des doigts. D’autres des yeux. Quelle horreur. La nécromancie n’est pas une belle magie. Elle est utile et c’est bien pour cela que je m’y intéresse mais… Moi-même, je ne l’utilise qu’en cas de … Nécessité et nullement par plaisir. C’est là où je jalouse les femmes comme Pamela Isley qui elle peuvent faire des choses magnifiques avec les plantes.

D’un geste, leurs cadavres se relèvent et viennent grossir nos rangs. Ils poursuivent les autres continuant d’avaler les marches comme des forcenés.


« PUTAIN C’EST QUOI CE… » crie une voix avant d’être submergée.

« DES ZOMBIES ! FUYEZ ! » hurle une autre.

« MARCO ?! QU’EST-CE QUE… ! » s’exclame un homme.

Nous arrivons au quatorizème niveau. Nous faisons voler les portes en éclats et là, le tir est plus fourni. Plusieurs morts-vivants tombent au sol, déchiquetés par les balles des fusils mitrailleurs du gang. Je crée un écran de protection télékinétique pour conserver des forces vives. J’arrache ensuite certaines armes permettant aux cadavres ambulants de se jeter sur les ennemis.

Francis fait une roulade au sol avant de se jeter lui aussi sur un membre du gang. Il lui assène plusieurs coups de poing suivis d’un uppercut. Le gars tombe raide. Un autre vient, le père en colère lui saisit la nuque et lui brise nette.

De mon côté, je contrôle les balles. J’essaye d’en bloquer le plus possibles. Ça s’accumule de plus en plus, je préfère les laisser tomber au sol plutôt que de les renvoyer pour sauvegarder des ressources. Je sors deux lames que je projette vers des tireurs un peu plus éloigner. On s’engouffre dans un long couloir. On arrache les portes, on relève les morts au fur et à mesure, on fouille partout.

Il faut retrouver ces enfants.


« Il y a rien à cet étage ! Faut qu’on monte ! » me signale Francis.

On retourne aux escaliers. Là, j’entends un talkie-walkie qui fonctionne.


« Lorenzo ? Lorenzo ?! LORENZO ?! Y se passe quoi en-dessous bordel ?! »

Je saisis l’appareil sur l’un de mes soldats. Le pauvre, la carotide ouverte, son corps continue vaguement de saigner, tâchant de plus en plus son costume. C’est assez… Immonde. Je me concentre sur le combiné.

« Lorenzo est mort, et tous vos petits copains avec. On arrive. Vous allez tous mourir. » lancé-je aussi froide que la glace.

Je lâche l’objet par terre.


« Va avec les morts dans les escaliers, je vais passer par l’extérieur pour grimper, on va les prendre à revers. »

Francis hoche la tête et se dirige vers les accès.

« Serviteurs, tuez tous les vivants des étages supérieurs, sauf les enfants et Francis. Ne me décevez pas. » pensé-je avant de voir la horde reprendre son chemin de mort.

Je cours en direction des fenêtres brisées, je saute pour flotter dans les airs. Je longe discrètement la paroi. D’un geste, je fais sauter une grande vitre et je me glisse à l’intérieur. J’entends déjà des tirs nourris. Je m’y dirige.

L’étage a été complètement vidé. Il ne reste plus qu’une vaste dalle avec quelques colonnes, des vitres et deux trois bureaux simples installés par les trafiquants, il me voit donc venir assez vite. Ils divisent certains tirs pour me viser aussi. Laissant les morts-vivants prendre les balles et se charger d’une partie d’entre eux.

D’un autre geste, je brise toutes les vitres de l’étage. Je joins les mains comme si je souhaitais pousser vers l’avant. Une tempête de bris de verres se forme et s’abat alors sur les ennemis et les cadavres ambulants. Francis restant à couvert manifestement. Les cris de douleur sont intenses… Jusqu’à ce que le silence revienne.


« Putain, chef, pourquoi t’as pas utilisé ça à la Bataille de Chengdu ? » me demande Francis, presque épaté de ma performance.

C’est simple Francis.


« Les gens morts pour Chengdu avaient de l’honneur et étaient des gens bien. Jamais je n’aurais souillé leurs corps en les relevant d’entre les morts. » commencé-je tout en fouillant les tiroirs des quelques bureaux présents.

« Ce qui n’est pas le cas de ces pourritures voleurs d’enfants. » conclu-je en récupérant quelques notes.

Je crois que c’est une liste de clients. Je la glisse dans une de mes poches. Nous irons voir cela plus tard.


« Il nous reste un étage. Cette fois-ci, il va falloir en garder en vie. Il faut connaître la localisation des enfants. »

Francis hoche la tête.

Je fais changer de stratégie, les morts-vivants resteront un moment dans la cage d’escaliers, et nous irons au devant avec Francis. Peut-être qu’ils seront prêts à négocier leurs vies misérables en échange de la libération des enfants.

On arrive devant les portes du seizième étage.


« 3.
- 2.
- 1.
- C’est parti. »

J’ouvre l’accès et un déferlement de balles arrive sur nous. On se met à couvert derrière les parois de béton. Ça fuse violemment.

« On va vous fumez bordel ! »

« Vous êtes qui putain ?! »

J’entends comme un objet rond qui rebondit dans notre direction. Je baisse mon regard : une grenade. Les petits farceurs. Je fais un geste de la main et l’objet repart vers son lanceur inconnu. Une explosion retentit. Plusieurs cris aussi. Le feu s’arrête.

« Messieurs ! Peut-être pourrions-nous négocier ? »

On nous tire à nouveau dessus.

« Je crois qu’ils ont fait leur choix.
- Ouais. C’est parti. »

Je claque des doigts et les morts-vivants arrivent de l’étage inférieure. Lorsqu’ils passent le seuil des portes, nous sortons avec eux. Je projette plusieurs lames tandis que je dévie les fusils des défenseurs. Francis plaque un homme au sol pour l’immobiliser.

Un des trafiquants saute carrément de la fenêtre pour échapper aux mains sordides des morts-vivants, très bientôt, il ne reste plus personne debout, sauf… Un. Un grand homme, avec une épée. Il tranche une tête de zombie en deux, la séparant de son corps. Il n’est pas en armure, mais il a de nombreuses protections. Il a l’air d’avoir certaines connaissances.


« Vous avez tué mes hommes, presque tous. Pourquoi ? Qui vous envoie ?
- Personne. Nous voulons juste sauver les enfants que vous avez enlevé. Où sont-ils emprisonnés ?
- Battez-moi en duel. Si vous gagnez, je vous dis où ils sont. Si je gagne… Vous partez d’ici.
- D’accord. »

Je relâche ma poigne sur les cadavres ambulants. Ils tombent par terre comme des mouches. Une petite hécatombe de trafiquants… J’ai vu pire. Je m’avance un peu.

« Quel est ton nom ?
- David Beninf. T’es l’Innommable de la Coupe Noire c’est ça ? Je t’ai vu à la télé.
- Alors, tu sais que tu vas mourir.
- T’as pas gagné la coupe que je sache. »

Ce n’est pas faux.

Dommage qu’il ne soit pas comme Kurt Brown alors.

Francis le charge à mains nues. Je me prépare à l’immobiliser, mais il me prend par surprise et génère une boule de feu qu’il lance vers moi. Je plonge sur le côté pour rouler sur le sol pour esquiver. Francis essaye de le frapper, mais l’autre se dégage en mettant mon acolyte en respect avec sa lame.

Je me relève, j’envoie un javelot de glace sur lui. Il le fend avec sa lame. Francis en profite pour lui mettre un gros coup de pied dans les reins. Le chef des trafiquants a mal mais a l’air de tenir et il fait une sorte de coup de pied qui renverse mon allié par terre.

Je bondis sur mes deux jambes. Je le repousse en arrière pour l’éloigner de Francis. J’ai peur qu’il lui plante sa lame dans le ventre. Il voltige et retombe rapidement sur ses pattes. Il tend sa main vers nous et commence à générer un sort… Au début je ne vois rien mais rapidement je sens le vent se lever.


« Francis, met toi derrière moi. » pensé-je.

Les rafales commencent à grossir, je vais donc le couper dans son mouvement. Je le serre au niveau du cou et le soulève. Par instinct, il porte ses mains autour de la zone de pression comme pour desserrer… Mais c’est impossible.

Francis profite de l’occasion pour charger, lorsqu’il arrive à porter, il le tape comme un sac d’entraînement. Ça plus le manque d’air, je ne vous cache pas que ce cher chef de réseau de trafiquants ne tient pas bien longtemps. Lorsqu’il arrête de se débattre, je relâche ma poigne. Il s’écroule par terre, cherchant de l’âme.

Francis a le bon réflexe de donner un coup de pied dans l’arme. Nous l’observons tandis qu’il crache du sang. Il n’a pas l’air très bien… Et cela ne me dérange guère.


« Où sont les enfants ?
- …
- PARLE !
- Prenez l’ascenseur… Deuxième sous-sol. »

Francis se jette sur lui. Il lui matraque le visage. La gueule en sang, le mauvais homme nous quitte. Je ne vais pas m’interposer. Mon ami est un grand garçon, il gère, ça concerne son fils après tout.

« J’ai fini, on peut y aller. » me dit-il.

C’est trop sale pour un travail fait par l’Innommable. Il va falloir que je corrige un peu. Je soulève le corps par l’esprit, puis le balance par la fenêtre. Il s’écrasera en bas avec l’autre qui s’est déjà défénestré.


« On y va. »

On rejoint l’ascenseur. Il n’était donc pas piégé. C’est peut-être leur seul accès aux sous-sols. On appuie et on descend lentement. Je sens que Francis est tendu. Il est inquiet pour son fils et je ne peux que le comprendre. Nous allons le retrouver.

« On va y arriver. » dis-je pour meubler.

Les portes s’ouvrent enfin. De vieilles ampoules donnent une couleur orangée à un couloir. C’est sombre et cela est clairement vétuste.


« Francis, tu m’attends ici. Je vais voir.
- T’es sûre ?
- Garde notre seul accès connu. Je vais chercher les enfants. »

J’avance dans le couloir. J’arrive au bout, le passage de droite est effondré, celui de gauche est ouvert. Je vais sur la gauche. Quelques pas me suffisent pour arriver devant une vision qui me pince le cœur.

Une sorte de cave aménagée en prison, en cellules. Une vingtaine d’yeux brillent dans les ténèbres, les mains sur les barreaux, se demandant qui vient ce soir.


« Je vais vous libérer. Rejoignez l’ascenseur, un ami à moi vous accueillera pour remonter. Lâchez les barreaux et reculez. » indiqué-je, restant dans mon rôle.

Je fais sauter les portes une à une. Les enfants courent comme je leur ai dit. Ils ont peur. Certains sont amaigris, d’autres ont l’air un peu malades… J’espère qu’ils trouveront un meilleur endroit pour eux ensuite.

Une fois que tout le monde est à l’ascenseur, je les rejoins.

Francis porte un enfant dans ses bras. Je vois qu’il pleure un peu, soulagez d’avoir retrouvé son fils unique. J’en suis heureuse, très. On ne dit rien pour le moment, pour éviter que les autres gamins ne retiennent des informations compromettantes.

On évacue tous les enfants.

Une fois dans la rue, on les envoie loin des corps. Je contacte les autorités par une sorte de télécabine.


« Un massacre a eu lieu au 13 Rue du Clown Noir. Des enfants sont en danger, vous devriez venir vite. » dis-je, froide et impassible avec la voix d'Aterem.

Je retourne auprès des enfants.


« Les autorités vont venir vous ramener chez vos parents ou là où vous habitez. » commencé-je.

Cependant, nous sommes à Illusiopolis. Il y a une possibilité que ce soit des enfants des rues. Tout comme je n’ai pas abandonné Noah, je ne vais pas abandonner ces victimes innocentes de l’horreur des adultes.


« Qui n’a pas de maison et de parents ? » demandé-je, en reprenant mon ton réel, féminin.

Plusieurs mains se lèvent, plus que ce que je craignais. Onze sur vingt-trois. Pauvre monde.


« Francis, je vais emmener ces enfants chez mon amie Toma. Toi, retourne au vaisseau avec ton fils. Je vous rejoins après. »

Je me dirige vers le groupe d’enfants au grand complet.

« Ceux qui ont des parents, attendez ici. Les gentils vont venir vous chercher. Les autres, suivez-moi. Je vais vous protéger. » dis-je, tâchant de paraître plus tendre.

Nous disparaissons dans les entrailles d’Illusiopolis. Après plusieurs dizaines de minutes, je débarque par l’entrée secrète de la maison close de Toma. Après une rapide explication, elle accepte de garder les enfants pendant un temps. Temporairement. Mais ils seront mieux ici que dans une cave humide et délabrée aux mains des trafiquants.

Je trouverai une solution pour eux.

Je me change en corbeau et rejoint Francis à l’astroport. A peine au poste de pilotage, on décolle. Pendant le vol, j’enlève mon masque et mes changements physiques. Je fais donc la connaissance de …


« Chef, je te présente mon fils ! Francis junior ! Francis junior, je te présente ma patronne, Song Huayan ! C'est elle qui t'a sauvé !
- Enchanté mon petit.
- Bonjour madame ! Papa a beaucoup parlé de vous ! »

Cela me fait plaisir de voir le petit de mon acolyte de toujours.

Et sans m’en rendre compte, je prends la direction de la Terre des Dragons plutôt que de la Costa del Sol. Je vais les faire déménager, ils pourront se voir tous les jours comme ça.

Je ne pensais pas que l’Innommable me permettrait de pouvoir éliminer autant de criminels… J’imagine que chaque statut et situation a ses avantages. J’écoute les radios interstellaires et je tombe sur les ondes de l’Eclaireur.


« Flash Info spécial : Un gang de trafiquants d’enfants massacré à Illusiopolis ! Les autorités ont pris en charge les enfants qui ont déclaré avoir été sauvé par deux hommes dont un à la voix étrange. Aucun survivant du côté criminel n’a été retrouvé. D’après des témoignages, le responsable de cet acte de justice barbare correspondrait à l’Innommable : Le mystérieux combattant de la Coupe Noire. »

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13 Rue du Clown Noir Signat10

"Good God Get a Grip Girl, sit on down
I'm chunky yet funky and I'm snatching crowns"




Consule de l'Étiquette, Ambassadrice du Consulat en Terre des Dragons, Gouverneur et Dame de Chengdu






Chen Stormstout
Chen Stormstout
Maître brasseur

Feuille de personnage
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Grade: Commandant
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le Mar 1 Oct 2019 - 15:46
Bien, j’vais directement me lancer dans le commentaire suite à ma lecture pour ne rien en perdre. Navré, j’pense que le commentaire que tu auras ici ne risque pas de te plaire.

Dans l’ensemble ? J’ai pas mal de truc à critiquer.

Plutôt, j’ai surtout des points scénaristique dans ce texte qui m’interpelle et j’pense que ce n’est pas un mal d’en discuter.


Première chose dont j’ai envie de parler ? L’évolution de l’enquête.

Quand tu décomposes la totalité de ton enquête ? Il n’y a aucune embûche ou fausse piste. C’est, littéralement, partir d’un point A jusqu’à un point B et tu enchaînes avec le point C pour finalement arriver au point D. Est-ce que j’demande quinze péripétie, de faux indices, un endroit qui mène à rien ? Peut-être pas autant, mais j’demande d’y croire un instant et que tout ne soit pas trop facile.

Que ce soit plus qu’un simple « Blabla/mort/blabla/baggare, mort/blablablabla/grosse bagarre »

Donc, voilà. Pour ce qui est de l’enquête, j’suis clairement sur ma faim et j’trouve que pour toi, c’est un peu faible. J’y crois pas trop et j’trouve que les personnes interrogé (les deux membres du réseau) on exactement la même logique. C’est dommage, c’est vraiment plan-plan.


Ensuite, le déplacement en général

C’est un truc que, j’imagine, que nous empruntons instinctivement des jeux vidéos avec le syndrome des maps.

On passe d’un endroit à l’autre sans transission.

Surtout qu’ici, tu passes de deux lieux-dits jusqu’à une adresse sans que nous tombions dans la question du « où est-ce que ça se trouve ? ». Est-ce que c’est nécessaire ? Dans une idée d’enquête, j’ai envie de dire oui. Pour quelles raisons ? Simplement que, la difficulté de l’idée doit venir de retrouver le gang.

Surtout que, oui. D’accord. Huayan à passé deux ou trois ans à Illusiopolis ? Répond honnêtement à cette question : « Si j’te donne le nom d’un bar à Paris, ou le nom d’une rue, est-ce que tu est capable de me dire où est-ce que ça se trouve ? ». Moi, j’connais la réponse, j’en serais incapable. Que ce soit du village de mon enfance, de Liège, de Bouillon (ou j’taff depuis 1an et demi) ou de Namur (ou j’ai été étudiant pendant 1an) ? J’en serais incapable.

D’autant que, en soit ? C’est pas grand-chose à rajouter. Tu fais une blague sur l’achat du hot-dog ? Tu peux faire un micro-dialogue sur le fait de demander ton chemin à un gamin


Comment est-ce que ça se passe, finalement ?

Ceci, j’sais que c’est totalement un point de vue et je venais d’en parler dans le commentaire de Agon avec son entraînement à La Salle.

Mon souci dans ce rp, c’est que je n’ai vue que deux endroit où j’pouvais totalement imaginer les actions de Huayan. Pour le reste ? Ça ne reste que des mouvements, des gestes et des effets direct. Pour ma part, et je ne m’en cache pas, j’aime pas cette méthide pour la simple raison que ça donne vraiment le ton de « Je m’en moque ». Tout c’passe et ça s’passe. Voilà tout.

Oui, j’aime en avoir plus, mais j’ai juste eu l’impression à cette lecture que tout ce passait autour de Huayan parce que ça devait s’passer. Le Psychisme est cette puissante de contrôler la réalité et d’y imposer sa volonté, et j’ai malheureusement très peu ressenti cela dans le texte.


Au final, ça s’passe comment ?

Là, j’vais parler de la difficulté que j’vais donner à cette exploit. Comment est-ce que j’choisis ? Bien souvent, c’est en voyant le parcours, la difficulté qui s’exprime aux personnages. Et comme j’le dis jusqu’ici, j’ai un sentiment de « facilité » tout au long du texte. Le seul moment où ça se complique pour Huayan ? C’est sur le chef de gang et ça reste limité dans l’idée où Francis est dans l’histoire.

Vraiment, j’sais pas encore quelle difficulté j’vais te donner pour ta récompense.

Et j’vais en venir sur une discussion.

Souvent, les gens pour exprimer la difficulté d’un combat, il utilise la réalisation « Shonen ». Il y a bagarre, tu gères le truc plus ou moins, le boss passe en deuxième phase, tu te fais péter la gueule mais tu t’en sors avec le pouvoir de l’amitié. Dans ce genre de cas ? Il se trouve que la difficulté arrive réellement au moment de la seconde phase du boss. Pas que c’était facile avant, mais c’était pas compliqué.

L’autre extrême ? C’est le cas où ton personnage en galère du début à la fin, en mode martyr. J’ai déjà fait ça avec mes personnages, mais ce n’est pas une méthode en or non-plus. En fait, il n’y a pas de bonne méthode.

Tout ce que j’demande, c’est d’y croire et d’avoir ce sentiment de difficulté.

Là, j’ai vue une Huayan qui pétait des culs par dizaine et repart chez elle avec une tenue froisée.

C’est pas agréable à lire, mais j’ai vraiment eu ce sentiment à la fin du texte.

Alors, oui, Huayan commence à avoir un total de PS pas dégueulasse. Pourtant ? Ça ne veut pas dire que le personnage n’est jamais en difficulté. J’pense à un Jecht qui, lors de son voyage en Perse, à manqué de ce faire défoncer la gueule par un sans-coeur. Natsu ? Lors de l’event de Port-Royal, il se donnait la contrainte d’une blessure pour donner le change de « ouais, j’suis balaise mais j’vais me faire potentiellement latter le cul ». Même Roxas à des moments de galère avec ses sept-cents PS tout rond.

Ce que j’veux dire par là, c’est qu’il ne faut pas laisser le système dicter le rp. Ici, j’ai vraiment ce souci de Huayan qui balaie tout sans réelle difficulté et c’est dommage. Ça me donne le sentiment que tout ce serait passé sans souci et j’avais cette tension du fils de Francis qui pouvait déjà avoir disparu.


Une dernière et puis j’arrête

Là, j’ai envie de parler d’un point de narration, loin de tout ce que j’raconte depuis tout à l’heure.

Simplement que j’ai le besoin de croire en la quête qui se déroule devant moi.

Ici, il y a de l’enjeu ! C’est le fils de Francis qui à été kidnappé et il faut le retrouver ! Sauf que, j’ai pas eu de sentiment d’empathie pour Francis à un seul instant. J’ai pas eu cette rage du père qui a perdu son fils et qui cherche à le retrouver. En fait, j’trouve que le récit est tellement articulé sur l’enquête et de ce débarrasser du gang que nous oublions totalement le sentiment humain de la situation.

J’vais dire un cliché de film, mais c’est ce qui manque pour moi afin d’y croire.

C’est simplement que Francis parle de son fils lors des transitions entre les points-clés du récit. Qu’il raconte une histoire sur lui et ce qu’ils ont fait, qu’il avait oublié que c’était une petite chose fragile ou encore de sa culpabilité sur cet enlèvement. Au final ? Si t’es le patron de Francis, il est h24 au travail et il voit jamais le gosse. C’est un père absent, impuissant et qui doit s’en vouloir terriblement. Sauf que ? Je n’ai rien de tout ça.

Et c’est dommage, c’est clairement un acte manqué.


Donc, une conclusion ?

Oui, j’ai dit tout ce que j’avais à dire dans ce texte. Malheureusement, comme j’le disais, ce sera pas un commentaire sympa et clairement un truc qui sera chiant à lire.

Alors, j’fais quoi ? J’te donne deux lignes pour dire que c’était quand même bien ? Le prend pas mal, mais j’vais pas le faire ici. Tu connais tes qualités, j’en parle assez souvent. Mais, ici, j’ai vraiment ressenti un manque ou un truc qui n’était pas là selon tes propres habitudes. La gestion des pnj et de leur caractère ? C’est ton point fort. Ici, comme j’le dis juste au-dessus, c’est en-dessous de ce que tu m’habitues.

Donc, voilà. J’vais pas citer les points positifs car ils sont là et j’imagine que tu les connais. Mais, vraiment, j’espère que tout ceci te donnera de vrai piste, une lecture différent, un schéma de construction différent parce que tu as déjà traité des sujets similaires et bien mieux qu’ici. Tout ce que tu as fait là, j’pense que ça aurait gagné à être coupé dans une série de rp plutôt que dans un seul.

Voilà, j’ai un peu prêt tout dit ! Encore navré.


Normal : 20 points d'expérience + 200 munnies + 3 PS en Vitesse.

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