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Bryke Ronso
Bryke Ronso
Prêtre-Guerrier de Rai

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Sergent
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Mt Gagazet - Le poing du père Left_bar_bleue165/200Mt Gagazet - Le poing du père Empty_bar_bleue  (165/200)

XP :

le Dim 29 Sep 2019 - 19:41
Le calme de l’altitude, le blanc manteau de la neige, le vent glacé qui vient caresser sa fourrure.  

Il mentirait s'il prétendait que rien de tout ça ne lui avais manqué.  

La maison, il est enfin de retour chez lui.  

Bryke s’avance sur le sentier glaçé, virevoltant au grès des flancs de montagne. Sous lui, un vide profond et lointain, donnant sur une vallée au calme figé dans le temps. Son passage laisse derrière lui diverses empreintes de coussinets, en tout point semblable à ceux d’une bête sauvage.  

Pour autant, c’est bien peu de souvenirs qui lui viennent en tête. La route qu’il emprunte est celle qui relie le Mont Gagazet aux villages humains, à des dizaines de kilomètres de là. La route vers le monde sauvage, la route interdite aux ronsos non désireux de prendre un envol. La route qu’il n’emprunte que pour la deuxième fois de sa vie.  

La première fois était pour son départ, lorsqu’il avait décidé de chasser les sans-cornes pour de bon. Cet instant où il c’était refusé de laisser la force ennemie grandir et se développer hors des frontières ronso. Et depuis ? Pour Bryke, une éternité venait de balayer les chemins. Cela fait bien plusieurs années désormais qu’il n’est pas revenu. Et il n’aurait jamais cru que son retour serait dans un tel contexte.  

Un échec, il n’y avait pas d’autres mots. Il revenait la queue entre les jambes, ayant échoué sa mission. Trouver un traducteur Ronso et langage commun n’aura pas fait bon ménage, et sa seule piste c’est retrouvé être un corps au milieu de la boue.  

Pour autant, Bryke ne revient pas au village pour s’excuser, pas plus qu’il ne revient pour s’installer à nouveau avec les siens. A dire vrai, il aurait préféré pouvoir esquiver le village, et se rendre au sommet par un moyen détourné.  

Mais même lui, fauve de son état, ne pouvait se prétendre suffisamment agile pour daigner défier le Mont.  

Il peut d’ailleurs l’apercevoir au loin, de l’autre côté de la vallée. Imposant, grandiloquent, dans son manteau de blanc et de noir. Une montagne comme on en trouve nulle part ailleurs, si haute qu’elle en touche le ciel. Le “Père” tel qu’il était surnommé par son peuple.

Si pour le peuple tibétain et celui chinois, il n’y avait que le Mont Gagazet. S’en était une tout autre signification pour le peuple Ronso. Pour eux, le Mont Gagazet désigne le père dans son intégrité, mais chacun des villages, des étapes de voyages, portent un nom précis. Un nom en rapport avec la montagne.  

Bryke se dirige vers son village de naissance, le “Poing du père”, en rapport à sa position à flanc de montagne, mais suffisamment en altitude pour ne pas être à sa base.  

Le fauve vient saisir d’une de ses mains griffue une roche, s’en aidant pour garder l’équilibre. Une des pierres, effleuré par sa patte, vient terminer sa chute dans le vide. Il a perdu l’habitude, voilà qui risque de rendre son ascension plus compliquée que prévu.  

Il secoue la tête négativement, reprenant son chemin.  

Il ne faut pas beaucoup de temps pour qu’il puisse apercevoir les piliers de pierre sculpté, ceux-là même ornant le sentir jusqu’au Poing du père. Les quelques cordes sont toujours là, reliant chaque pilier au suivant, tandis qu’une dizaine de drapeau colorés viennent se mouvoir au grès du vent.  

Quelques pas suffisent pour qu’il atteigne l’autre côté de la vallée, s’engouffrant dans le passage entre deux flancs de montagne. La lumière se fait plus limiter un instant, le passage étroit et haut n’y laissant aucune place. C’est un vent fort qui vient le repousser, sifflant dans un hurlement à en terrifier les non-avertie. Mais Bryke insiste, avançant tour à tour une de ses pattes, traversant le passage sous l’effort.  

Et tandis que le vent tente une dernière fois de le repousser, il atteint enfin l’autre côté.  

La vision qui l’accueille le renvoi plusieurs années en arrière, rien ne semble avoir changé. Les diverses ruines d’un temps résolut ornes toujours le village par ci par là. Monolithe de pierre sculptés, aussi imposant et massif, comme des ruines d’une cité de géant longtemps retourné à la terre. Les quelques huttes apportent une touche de beige au milieu du blanc de la neige, et du noir des ruines. La fumée s’évadant des cheminées improvisés dépassant des toitures de cuir et de peaux.  

Bryke, pourtant d’un naturel inexpressif, ne peut retenir une légère rotation des commissures devant cette vue. Il reprend sa route, s’approchant du village.  

Alors qu’il s’approche de l’entrée, deux ronsos viennent à sa rencontre, dégainant leurs lances pour le pointer avec.

Bryke plisse lentement les yeux, avant de pointer sa corne, toujours intact malgré toute ses péripéties.  

Il connait les deux gardes, Karekh et Brako. L’un est un ronso à la fourrure couleur sable, et aux yeux bleu. L’autre est un grand gaillard à la fourrure bleu, et aux yeux jaunes. Et tous deux sont gardiens de l’entrée, ils doivent s’assurer qu’aucun sans-corne ou sans-cœur ne vienne perturber le village.  

Karekh range doucement sa lance, tandis qu’il redresse ses mains, effectuant quelques signes.  

“-Question- ; -Vous- ; -Revenir- ”

Bryke s’avance doucement, ses mains répondant à son interlocuteur.  

“-Oui- ; -Bryke- ; -Devoir- ; -Prier- ; -ô, dame de la montagne- ”

Karekh cligne légèrement des yeux, tandis que Brako regarde son collègue un instant.  

“-Question- ; -Vous- ; -Annoncer- ; -Anciens- ”

Le fauve répond d’un sobre hochement de tête. Tel en est la tradition, il faut la permission pour gravir le Père jusqu’au sommet. Même par son statut de prêtre-guerrier, Bryke n’a aucun traitement de faveur à cet égard.  

Les deux gardes s’écartent pour laisser le ronso passer. Ce qu’il fait, toujours dans ce silence omniprésent et écrasant, typique du village.  

Les différents ronsos se tournent vers lui, le jaugent brièvement. Les regards sont de tous types, de l’admiration, de la crainte, du dégoût, de la curiosité. Mais Bryke n’en a que faire, il n’est pas là pour des retrouvailles. Et tout dans sa démarche, en passant par son odeur doivent témoigner de son souhait, aucun ronso ne venant à sa rencontre.  

Bien sûr, revoir certains visages familiers lui font plaisir, mais il reste égal à lui-même. Sa mission l’importe plus, et il ne peut oublier ce dédain qu’il ressent pour tous ces fauves. Tous ces individus qui préfèrent porter des œillères et vivre paisiblement tandis que les ténèbres et les sans-cornes s’amusent en bas du Mont.  

Le silence est brisé un instant, deux ronsos s’installant dans un coin, munit d’un Priant à corde. Un instrument typique du peuple, et seule forme de musique autorisé en dehors des rituels sacrées.  

La musique des cordes pressés vient s’élever dans l’air, rappelant à Bryke qu’il a perdu son tambour, et qu’il lui en faut un autre.  

Musique des deux ronsos:

La hutte des anciens est de plus en plus proche. Les regards sur le fauve se sont éteints, chaque individu reprenant sa routine. La vie est des plus calme, les enfants jouent en silence, craignant le courroux divin. Quant aux adultes, ils s’occupent de tâche simple mais nécessaire.  

Ici, une femelle est en train de tisser un nouveau panier pour la cueillette. Là-bas, un male est en train de tailler une nouvelle lance pour la chasse. C’est une existence de besoin, de spiritualité, et du strict minimum.  

Bryke vient doucement tirer la toison de peau faisant office de porte, avant de pénétrer dans la hutte.  

La hutte est divisée en deux, par une grande cloison. Un feu imposant brûle au milieu, laissant des reflets dorés envahir la pièce. Il n’y a aucune présence pour le moment.  

Le fauve ne perd pas de temps, et vient s’installer en tailleur au centre de la hutte. La patience est une vertu très appréciée du peuple ronso, ainsi, il convient lorsqu’un invité doit rendre visite à l’improviste, d’attendre le retour des maîtres des lieux. Il aurait été très malpoli de sa part de repartir vaguer à d’autres occupations pour revenir plus tard.  

Bryke inspire et expire doucement, profitant de l’attente pour calmement méditer. Il en perd la notion du temps. Combien de minutes se sont écoulés ? D’heures ? Il ne saurait dire.  

Mais son attente est récompensée, trois vieux ronso pénètrent la hutte à leur tour. La triade s’installe en tailleur face au fauve, le fixant avec un regard sévère et couvert de reproche.  

Bryke les regarde un par un, de son seul œil valide. Les trois maintiennent le regard pendant ce qui semble être une éternité. Puis finalement, l’un d’eux se décide à lever les mains.  

Il s’agit de l’ancien Maluk Ronso, le plus vieux des trois. Sa fourrure bleutée a perdu de sa couleur, grisonnant en de nombreux endroits. Sa corne a presque tourné à la couleur noire sous le poids du temps. Tandis que son regard, autrefois d’un vert émeraude, est terni par un blanc presque similaire à celui d’un aveugle.  

“-Question- ; -Vous- ; -Finir- ; -Folie-”


Maluk plisse les yeux, fixant la réaction de Bryke. Celui-ci reste inexpressif, redressant à son tour les mains.  

“-Vous- ; -Toujours- ; -Aveugle-”  

Son œil unique se plisse à son tour

“ -Bryke- ; -Négation- ; -Ici- ; -Vous- “  

Les trois anciens laissent échapper un grondement, tandis que Bryke continue

“-Bryke- ; -Devoir- ; -Prier-”  

“-Question- ; -Pourquoi-”  


“-Bryke- ; -Besoin- ; -Conseils- ; -Quête- ”  

Les babines de Maluk commencent à vibrer sous la colère.  

“-Vous- ; -Toujours- ; -Haine-”  

“-Négation- ; -Haine”  

Le fauve prend une grande inspiration

“-Devoir-”  

Les babines de Bryke viennent lentement s’entrouvrir à leur tour

“-Devoir- ; -Anciens- ; -Négation- ; -Voir-”  

La colère dans le regard de Maluk s’enflamme.  

“Bryke est un mauvais ronso, Bryke ne veut pas comprendre !”

Le fauve entrouvre doucement les babines sous la surprise. La voix de l’ancien est puissante, lourde. Et surtout...Qu’il daigne user de cette méthode de communication ?  

Cela a le mérite de faire réfléchir le ronso. Ces actes sont-ils si mauvais à leurs yeux qu’il en arrive à user de sa voix ? Ou est-ce...

Bryke se redresse lentement, grondant à son tour. S'il montre les dents un bref instant, il se racle surtout la gorge. Lui aussi en usera, car lui aussi, considère que leur passivité est suffisamment aberrante pour justifier son usage.  

“Anciens ont peur. Anciens ne veulent rien faire. Situation jamais améliorer par ne rien faire !”  

La triade se lèvent à leurs tours pour toiser le prêtre-guerrier.  

“Bryke agit sans savoir, Bryke agit par instinct. Anciens préfèrent ne rien faire, qu’agir et faire mal.”  

 “Bryke essaye de savoir. Bryke est prêtre-guerrier de Raï, Bryke doit aider.”  

Il serre le poing, le frappant contre sa poitrine. Le grondement de ses grognements lui obstruant momentanément la gorge.  

“Bryke préfère mal faire que rien faire. Ténèbres envahissent le monde, que Ronso fassent rien ou non. Bryke refuse de voir ténèbres envahir Mont Gagazet sans avoir essayer.”

L’ancien Maluk vient indiquer d’une griffe le nord, dans un geste sec.  

“Bryke tête de pierre. Bryke veut prier ? Bryke prie. Raï seul capable de briser pierre de Bryke.”  

Le fauve faire lentement taire son grondement, avant de sobrement s’incliner. Les anciens, aussi énervé soit-ils, s’inclinent également. Ceci fait, le ronso tourne les talons et sort de la hutte.  

Il y surprend plusieurs curieux qui écoutaient visiblement, ces derniers se raidissent légèrement en le voyant les toiser. Mais le prêtre-guerrier n’en fait rien, il ne les juge pas. Dans un village où le silence est si roi, entendre des voix est un spectacle aussi grisant qu’effrayant.  

Il a la permission des anciens, et il ne compte pas s’attarder. Il prend la route vers le nord, passant par-delà la grande arche de pierre, aussi sculpté que les autres colonnes.  

Devant lui, le sentier menant au sommet du Mont, affectueusement nommé le “Bras du père” par son peuple.  

L’ascension ne sera pas aisée...
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