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Bryke Ronso
Bryke Ronso
Prêtre-Guerrier de Rai

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Sergent
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Celui qui va à la chasse... Left_bar_bleue165/200Celui qui va à la chasse... Empty_bar_bleue  (165/200)

XP :

le Sam 28 Sep 2019 - 18:00
Ces muscles l’insultent au moindre de ses mouvements.  

Comment cela aurait pu en être autrement ? Il c’était battu, et il avait perdu. La jeune mongole, adversaire de la veille, avait su le rouer de coup, le prendre par surprise par son agilité et sa vitesse.  

Envers et contre tout, il restait un fauve, il restait un ronso. Et si les poings n’avaient rien brisé, la douleur elle, n’était pas épargnée.

Son objectif n’a toujours pas changé, trouver un traducteur apte à enseigner la langue des signes aux hommes du Sanctum. Ou du moins, à Cassandra, la dirigeante des paladins. La caste que Bryke souhaite intégrer.  

Autour de lui, ce n’est que plaines et verdures. Les steppes mongoles ne manquent pas de beauté, c’est un fait, mais il y demeure une certaine monotonie. Aucun arbre pour accueillir le ronso, aucune zone d’ombre pour lui permettre de se reposer au calme. Et aucun village à perte de vue.  

Bryke s’arrête brièvement, reprenant son souffle. D’une de ses mains griffues, il vient en douceur masser son épaule droite. La douleur le ralentit.  

Il essaye également de faire du vide dans son esprit, de ce souvenir des détails de son voyage. Entre ce rituel à Raï, et les mongols, il c’était brièvement détourné de sa tâche. Et désormais, toute son attention se doit d’y être dédié.  

Iruh était un homme qui avait vécu autrefois avec son peuple. Bien que son séjour fût d’une durée modeste, il avait réussi à apprendre la langue des signes. Celle typique du clan Ronso, et celle-là même qui cause du tracas à Bryke.  

Écrivain de son métier, Iruh avait pris la route vers le nord, en direction de la Mongolie. Le lieu où le fauve se trouve désormais, mais sans plus d’indice.  

Comme une aiguille dans une botte de foin...

...Pour autant, le fauve n’avait pas chômé. Cela fait désormais de bons mois qu’il parcourt les terres, essayant de se renseigner au mieux de ses capacités. Rien, aucun résultat, une perte de temps.  

Et pourtant, envers et contre tout. Le ronso refuse d’abandonner, il refuse de rentrer bredouille. Peut-être est-ce sa fierté ? Oui...Mais pas que.  

Cette mission est en soi, une des premières que lui a donné la chef des paladins. Bryke n’étant qu’un initié, un prétendant, il la voit comme bien plus qu’une simple mission. Un test, une épreuve, un moyen de juger sa détermination.  

Autrement dit, une mission qu’il convient de ne pas échouer...

Mais là était bien le problème. Bryke n’a aucun indice sur la présence de l’individu, il n’a...qu’une théorie.  

Le rassemblement auquel il avait assisté la veille, avait vu la réunion d’une extrême majorité des clans mongols des steppes. Or, malgré cette abondance, il n’avait vu son écrivain nulle part.

Pour Bryke, c’est une chance, une opportunité. Le temps que ce groupuscule de mongols en finisse et se disperse. Tout ceux qu’il va croiser désormais, ne seront pas des clans qu’il a déjà pu voir.  

Les heures vont et viennent, et aucune trace de la moindre présence. Le ronso halète légèrement, la fatigue et la douleur continue de le tirailler. Il aimerait tant que cette mission se finisse, que sa prochaine rencontre soit la bonne, et qu’il puisse retrouver sa petite salle au sommet des remparts du château.  

Comme dit le dicton...Attention à ce que l’on souhaite...

Car en effet, au loin, vient se dessiner un lieu d’intérêt. Une petite butte marrons, seule au milieu d’une gadoue et d’une boue omniprésente, souvenir de l’orage désormais bien lointain.  

Le ronso reprend la route, cette découverte nouvelle lui redonne un semblant d’énergie. Ses grandes pattes s’enfoncent un peu plus dans l’herbe humide, tandis que chacune de ses foulées le rapproche de plus en plus près de la butte.  

Et une fois à bonne distance, il ne peut que retenir un élan de surprise.  

Ce n’est pas une simple butte, c’est un empilement de cadavres. Il y a de tout, homme, femme, enfant. D’origine chinoise visiblement, pauvres âmes.

L’œil unique du fauve se plisse légèrement devant le spectacle. Il ne sent pas encore l’odeur de la putréfaction. Quel que soit le clan qui a fait ça, ils ne doivent pas être bien loin.  

Son poing se serre lentement. Évidemment, il aimerait pouvoir punir les responsables, un tel acte ne peut être commis que par des engeances des ténèbres, que par des envoyés du nuage sombre comme on le lui avait dit au Sanctum.  

Mais il n’est pas un idiot, pas plus qu’il n’est un barbare sans cervelle. Seul face à un groupuscule, que peux-t-il faire à part mourir bêtement ? “Les cimetières sont remplis de héros“ lui avait dit Faith autrefois.  

Il ne manquera pas d’en parler à ses supérieurs néanmoins. Ces individus ne représentent certainement pas la menace la plus ténébreuse à l’horizon, mais ils seront un problème à corriger tôt ou tard.  

Le fauve fait quelques aller autours de la pile, sa main griffue venant saisir par les cheveux certains des macchabée pour mieux en observer le visage.  

Non...Iruh n’est pas présent, peut-être...peut-être y a-t-il encore une chance ?

Bryke détourne le regard un instant, fixant de son œil unique les traces au sol. La boue est témoin du passage, et semble indiquer le nord.  

Pour autant, par son devoir de prêtre, il ne peut laisser les cadavres dans un tel état. Mais que faire ? Il n’y aucun arbre autours pour obtenir des branchages, et l’herbe est trop humide pour qu’il puisse s’en servir comme combustible.

Le fauve pousse un très long soupire, voilà qui risque d’être long...

S'il ne peut pas brûler les corps, au moins peut-il les purifier par la foudre. Il en compte une dizaine, onze pour être plus exact.  

Le ronso commence son auspice, adressant silencieusement une prière à la dame de la montagne. Qu’elle puisse les guider, et leur permettre de partir en paix.  

Après quoi, il enchaîne avec une prière à Raï, puisse la foudre qu’il laissera tomber, purifier les corps, et les empêcher d’entraver les esprits.  

Doucement, il ouvre à nouveau son œil unique, avant de s’approcher. Sa démarche est lente, son pas lourd mais silencieux. Ses mains s’agitent doucement, formant en boucle, les quatre gestes. Trois signes, et la confirmation.  

Vu de loin, un nuage c’est concentré autours de lui, tandis que la foudre tombe à plusieurs reprises. Chacun des cadavres est pris de soubresauts, comme si la vie venait de les quitter une dernière fois.  

Pour Bryke, c’est une certitude. Il libère les âmes. Il est de croyance chez son peuple qu’un corps est comme un piège à loup, le cœur prisonnier à l’intérieur. Une mort acceptée par son hôte, ouvre le piège, et permet au cœur de partir. Mais une mort soudaine, ou brutale, bloque le mécanisme. La foudre, aussi sacrée soit-elle, force le mécanisme à s’ouvrir et libère le cœur prisonnier. Ce soubresaut en étant la preuve visuelle.

Haletant, extrêmement fatigué. Le ronso tombe à terre, manquant de tourner de l’œil sous l’épuisement. Il n’a pourtant lancé que quatre sorts de foudre, et il lui reste sept cadavres à purifier.  

Il n’a plus de magie dans ses veines, et il doit attendre qu’elle lui revienne. Luttant contre ses muscles pour prendre une posture de tailleur, le fauve fixe le monticule.  

Une petite voix dans sa tête lui susurre des mots, lui réclame d’abandonner les rites, pour se concentrer sur l’écrivain. Mais le fauve les rejette.  

Quel prêtre serait-il s'il se laissait aller à une telle paresse ? Comment Raï et Etro l’accueillerait-il après de si mauvais service ? Inconcevable, inimaginable.  

Bryke ferme les yeux, s’assoupissant un bref instant. C’est un vent froid qui vient le réveiller, lui rappelant que sa tâche est loin d’être fini.  

Il se redresse, reprenant ses signes, apportant les derniers sacrements foudroyants aux pauvres macchabés restants.

Sa tâche finie, il reprend lentement la route. Suivant le nord, en direction des traces.  

La solitude l’envahit à nouveau, seul, au milieu de l’herbe à perte de vue. Pour la première fois depuis bien longtemps, il s’en rend pleinement compte.  

Finalement, lui, n’a jamais été seul. Il a toujours eu ses frères et sœurs de clan quand il était jeune. Dès lors qu’il a quitté le mont Gagazet, il a trouvé la compagnie de Faith. Quant à son départ pour le sanctum ? Encore une fois, il y a rencontré de nouveaux compagnons, Jen, Ildeberd...

Mais ce voyage ? Il est seul, masse de bleu perdu au milieu du vide.  

Une nouvelle butte le sort de ses pensées. Elle est lointaine, et bien plus réduite en taille.  

Le ronso s’avance vers elle, craignant déjà ce qu’il va y trouver. De nouveaux corps, certains au visage encore figé dans la douleur et la terreur.  

Les derniers d’une grande série peut-être bien ? Bryke ne saurait dire, il ne peut que fermer son œil un instant devant cette barbarie.  

Ce monde est cruel, on lui dit, et on lui répète que lumière et ténèbres ne sont qu’une seule et même pièce. Mais il ne peut se permettre de croire une telle philosophie. Comment les ténèbres peuvent-elles être nécessaire à cet destiné ? Comment une énergie poussant à de tels crimes peut-être un besoin en soi ?

Le ronso secoue négativement la tête. Le nuage des ténèbres est seul responsable de ses maux, et tant qu’il ne sera pas vaincu, cela continuera, encore et encore. Une menace que seul le Sanctum semble prendre au sérieux, à son plus grand dégoût. Quelle importance, ces guerres de territoires ? Les ressources et les richesses sont-elles si importantes face à des créatures capables de dévorer des cœurs ? Cela le dépasse.  

Bryke reprend ses devoirs aux sérieux, usant de ses signes pour laisser la foudre s’abattre. Briser le mécanisme des malheureux restant.  

Mais sa ronde est vite arrêtée...

Devant lui, ensevelis par le cadavre d’une femme. Se tient le corps sans vie d’un homme aux cheveux grisonnant. A l’embonpoint lointain, et à la barbe mal-taillé.  

L’œil unique du fauve s’écarquille tandis qu’un long grondement lui remonte la gorge. Son poing se serrant de plus bel.  

Devant lui se tient la dépouille d’Iruh, celui-là même qu’il recherche depuis maintenant presque quatre mois.  

Pris d’une intense frustration, le fauve vient rugir au ciel. Dans un son bestial et animal, incarnation de sa colère et de sa rage. Il vient tomber à genoux, serrant les poings pour en frapper le sol à plusieurs reprises.  

Avait-il été trop long ? Avait-il manqué son enquête ? Tant de possibilités quant à ce goût amer.  

Le poing frappa, et frappa, et frappa. Autant de fois que nécessaire pour évacuer la colère du ronso. Et une fois celle-ci disparu, il ne put que se résigner.  

Il a échoué, il n’y a plus de traducteurs à même d’enseigner à qui que ce soit.  

Bryke resta là un grand moment, par terre, se tenant la tête entre ses mains griffues.  

La seule envie, naissante dans son esprit, consistait à s’enfuir, loin, loin de tout. Courir sans jamais s’arrêter, loin de la honte.  

Il vient se relever lentement, tel un pantin tiré par ses ficelles. Dans un geste presque mécanique, il vient terminer les rites...offrant la foudre aux derniers.  

Ceci fait, le ronso se retourne, et commence à marcher, et marcher. Vers le lointain, vers la frontière entre Mongolie et Chine.  

Ses mouvements sont rigides, lent, paresseux. Le fauve marche sans savoir pourquoi, il a l’impression d’avoir été détroussé de sa voie.  

Peut-être la prière pourra le guider ? A-t-il seulement mieux à faire ?  

Sa destination se forme peu à peu dans sa tête, aux aléas de ses pas.  

S'il doit prier pour qu’on le guide, il se doit de le faire dans les règles. Il se doit d’y montrer ardeur et respect. Il se doit de le faire dans un temple dédié.  

Le Mont Gagazet.
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